La « marche des libertés » fait un flop – Enfarinade et jérémiades

farine Mélenchon

Sale semaine pour Jean-Luc Mélenchon. Accusé de complotisme, contesté dans son propre camp, en chute libre dans les sondages, le Lider minimo de La France insoumise comptait sur une « grande mobilisation nationale contre les idées d’extrême droite » pour tenter de se relancer. Las, les manifestations n’ont rassemblé que quelques troupes étiques et les médias n’en ont retenu que « l’enfarinade » du candidat à l’élection présidentielle.

L’extrême gauche, qui aime jouer à se faire peur et à se croire en « résistance », organisait donc, samedi dernier, une série de défilés pour dénoncer la fameuse « menace d’extrême droite » qui est, comme chacun sait, le problème numéro un du quotidien des Français. C’est au départ de la manifestation parisienne, alors qu’il répondait aux questions des médias, que Jean-Luc Mélenchon a été « enfariné » par un individu rapidement écarté par le service d’ordre.

Prenant alors des accents dramatiques, le chef de La France insoumise a déclaré : « Il y a une grande tension. Là, je ne sais pas quel était le motif de me jeter de la farine dessus… C’est vraiment un seuil qui a été franchi. » Puis il a ajouté, avec de mâles accents : « Si vous ne me voyez pas plus ému que ça, c’est parce que ça aurait pu être pire… C’est fait pour intimider… Même si c’est pénible, il ne faut pas reculer. » Un véritable héros de la démocratie !

L’auteur présumé du jet de farine s’est présenté après les faits devant plusieurs journalistes comme un « souverainiste », « très énervé » et qui « ne croit pas au débat ». Il a été interpellé par les forces de l’ordre, ainsi qu’une seconde personne. Placés en garde à vous, ils seront jugés le 7 juillet pour violences sur personne chargée d’une mission de service public et complicité. Jean-Luc Mélenchon n’a pas porté plainte, estimant que c’était à l’Etat de le faire puisqu’il s’agissait d’« une agression contre un droit constitutionnel, celui de manifester ».

Malgré cet ajout inattendu de farine, la pâte gauchiste n’a pas levé et le bilan de la journée de mobilisation n’est guère réjouissant pour les sentinelles de la république en danger.

En effet, lancée par le député « insoumis » Eric Coquerel et le porte-parole de Génération.s Thomas Portes, la « marche des libertés » n’a réuni que 37 000 personnes dans toute la France, dont 9 000 personnes dans la capitale, selon les autorités (150 000 participants dans le pays, dont 70 000 à Paris, selon les organisateurs). Des chiffres qui frisent le ridicule lorsque l’on se rappelle que ce sont plus de cent organisations – de la CGT à l’Unef en passant par Attac, Oxfam, Youth for climate, France Nature Environnement, etc… – qui appelaient à manifester.

Face à cette déroute, on pourrait finir par penser que le bon peuple de France a d’autres préoccupations et d’autres priorités que de participer à une énième pantomime « antifasciste ». On en frémit…

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 14 juin 2021