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La démocratie en France : état des lieux

La démocratie en France : état des lieux

Article reproduite avec l’aimable autorisation de la Fondation Polémia

[box class=”info”] A la veille d’une nouvelle élection présidentielle, une des étapes les plus marquantes de la vie démocratique de la République, Louis Tode se livre à un « état des lieux ». Son analyse aborde les principaux modes de fonctionnement, que l’on connaît bien isolément, avec leurs défauts sinon leurs dévoiements, et que l’auteur a le mérite de réunir pour en préconiser quelques remèdes.
Polémia
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Nous qui donnons des leçons de démocratie à la terre entière, nous pouvons nous poser une question : comment va notre système politique ? Qu’en est-il de la démocratie en France ? Est-elle assurée par l’élite en place, ou est-elle bafouée et confisquée par une oligarchie ? Etudions cela un peu en profondeur.

Nous ne connaissons pas actuellement en France de démocratie directe ; seule la démocratie représentative compte : très peu de référendums nationaux – et encore : quand le résultat déplaît au gouvernement les députés revotent– absence de référendums locaux (villes, villages, régions, etc.). Pour certains sujets nous avons même interdit des référendums (peine de mort), et rien n’est fait pour encourager l’initiative populaire ; la commission européenne, elle, daigne à peine se pencher sur un sujet si un million d’Européens ont signé une pétition.

Nous observons ensuite un verrouillage de la démocratie par les partis politiques : ceux-ci sont devenus indispensables à quiconque souhaite un jour être élu. Les mastodontes de la Ve République se sont imposés partout, et il faut passer par leurs mailles pour accéder aux hémicycles : ils ont les réseaux, l’argent, ils font entre eux des arrangements pour n’avoir aucun vilain petit canard dans les assemblées. La plupart font des carrières, ont de multiples casquettes, ils se connaissent tous et sont tous copains : il est bien évident qu’à partir de là il est difficile d’émerger en tant que force politique nouvelle et indépendante, car on représente alors un danger, celui de prendre leur place qu’ils ont gardée bien au chaud.

Ces élus qui verrouillent tout ont aussi tourné les modes de scrutin à leur avantage : ces modes pénalisent toujours les plus faibles et empêchent, là encore, des forces novatrices d’émerger. Nous sommes par exemple passés, aux législatives, de la proportionnelle intégrale au scrutin uninominal à 2 tours : ceci a empêché toute une partie de la population d’être présente à l’Assemblée nationale. « Oui mais il faut une majorité forte pour gouverner »… Au-delà de l’incertitude de cette affirmation, pourquoi dans ce cas ne pas aller jusqu’au bout de la logique et instaurer le parti unique ?

De même, les élections européennes, qui étaient autrefois des élections nationales, ont été régionalisées. Quel en a été le résultat ? Un scrutin incompréhensible, qui a fait déserter les électeurs (30% de participation en 2009) et qui a donc affaibli les forces dissidentes.

Les élus ne souhaitent hélas pas voir une force émerger, car cela serait au détriment d’eux-mêmes.

Concernant les élections : des complications ont été ajoutées aux difficultés. Lors des élections territoriales on s’est mis à exiger que chaque candidat ait un suppléant ainsi qu’un trésorier de campagne. Lorsque l’on est un petit parti, comment peut-on trouver toutes les personnes nécessaires ? En revanche, un grand parti bien implanté a, lui, les réseaux nécessaires pour trouver ces gens. De même, lors des élections présidentielles, nous sommes passés d’une centaine de signatures de maires anonymes à 500 signatures visibles. Les partis politiques verrouillant tout, ils ont même modifié l’organisation du territoire pour avoir sous leur coupe le moindre village (réforme territoriale, intercommunalité, etc.), et pouvant par conséquent faire pression sur les maires donnant leur signature à des dissidents. De plus, avec de véritables féodalités se mettant en place, certains n’acceptent pas qu’on veuille prendre leur place et utilisent tous les moyens pour les déstabiliser (personnel municipal décollant les affiches de candidats à la mairie, moins de panneaux électoraux).

Et quid de la culture du débat, de la polémique ? Y a-t-il eu un débat en 2002 entre les candidats du second tour ? Y a-t-il eu, en 2007, loin des émissions où chaque Français demandait ce que le candidat proposait pour son petit problème, de grands débats entre candidats ?

Enfin, et c’est peut-être l’élément principal de cette problématique, souvenons-nous que tous ces élus, cette élite, majorité, opposition, etc. se retrouvent loin des assemblée filmées et visibles. La plupart de ces membres appartiennent à des associations, cercles, clubs très sélects où ils peuvent discuter et faire connaissance entre eux loin des regards du « méchant peuple ». Avec le carriérisme de la politique, ils se fréquentent et se connaissent de plus en plus, s’acoquinent, s’arrangent, font connaissance avec les journalistes, les chefs d’entreprise, les médias, les experts, les économistes, les intellectuels officiels du régime, etc. Les intérêts convergent, on arrive à se mettre d’accord sur telle ou telle force politique qui serait un danger pour ce petit monde bien au chaud dans ses salons. Il est alors aisé de lancer des opérations de discrédit sur cette force politique un peu trop dissidente, et de terroriser des gens qui s’apprêteraient à voter pour elle, leur faisant croire que ce serait le chaos si ce petit monde était chahuté.

Ainsi, quelques mesures seraient nécessaires afin d’assainir notre vie politique nationale et, accessoirement, continuer à donner des leçons de morale à toutes les nations :

  • – instaurer tout d’abord un niveau de proportionnelle significatif aux législatives (au moins 50%) ;
  • – faire appel, à l’image de la Suisse, aux référendums sur les grands sujets nationaux (sans évidemment abuser et en faire tous les matins) ainsi qu’à la démocratie directe (et non participative, ce qui est une vaste blague) au niveau local quand cela peut être nécessaire ;
  • – arrêter de confisquer la voix du peuple, et respecter son vote ;
  • – retenir le principe des mandats non cumulables et non renouvelables (ce qui permettrait d’avoir chacun qui fait sa tâche jusqu’au bout sans chercher à être démago pour être réélu, notamment le président) ;
  • – baisser les indemnités et réduire le train de vie de l’Etat, des collectivités et du Parlement, pour que la politique ne soit pas intéressée ;
  • – préserver l’anonymat des maires à la Présidentielle, et diminuer le nombre de signatures requises (faire en sorte que cela redevienne un acte administratif et non politique) ;
  • – supprimer les trésoriers de campagne, suppléants et autres contraintes folkloriques lorsque cela n’est pas nécessaire aux élections locales et territoriales :
  • – supprimer les organismes indépendants sur les comptes et les statistiques du pays ;
  • – revoir de fond en comble la répartition des pouvoirs et la décentralisation : il y a actuellement beaucoup trop d’élus, d’assemblées, etc ;
  • – limiter à un seul tour l’élection présidentielle.

La vie politique doit être assainie, elle doit respirer, éviter les carrières, optimiser une rotation afin que personne ne reste 30 ans aux commandes et confisque tout. Les représentants d’aujourd’hui n’ont rien de neuf, ce sont les mêmes depuis des décennies, et les petits nouveaux sont ceux qui marchent dans leurs pas. Il faut laisser les forces obsolètes disparaître et permettre à d’autres d’émerger. Que les élus écoutent le peuple et le représentent, au lieu de vouloir lui inculquer une idéologie.

Louis Tode

[box class=”info”] Source : Polémia. [/box]

Image : « Les représentants d’aujourd’hui n’ont rien de neuf, ce sont les même depuis des décennies, » : deux représentants de l’UMP et du Parti socialiste, brillants énarques sortis des Finances, qui n’ont pas eu le courage de s’opposer aux dépenses publiques. Crédit photo : DR.

[Tribune libre] Manipulation des masses : Dix Stratégies de Manipulation à travers les médias

[Tribune libre] Manipulation des masses : Dix Stratégies de Manipulation à travers les médias

1/ La stratégie de la distraction

Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

Exemple : saturer le débat de « comment rembourser la dette » au lieu de se poser la bonne question « pourquoi une telle dette » ou « pourquoi rembourser pareille dette à pareil coût humain » ? Saturer l’infosphère avec la situation d’endettement des Grecs pour éviter de s’intéresser à celle des anglais ou des américains…Nous bassiner avec la non-affaire Bettencourt ou le non-suspense électoral français (Sarkosy ou Hollande ? Moscovici ou Coppé ? Minc ou BHL ?) alors que nous sommes à la veille d’un nouveau conflit militaire au proche-orient impliquant des nations nucléaires…

2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions

Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

Exemple : encourager une immigration massive via, notamment l’autorisation du regroupement familial, pour détruire toute cohérence ethnique, culturelle, religieuse, bref identitaire de nations jusqu’alors régies par les mêmes valeurs civilisationnelles en présentant le chaos produit comme un paradis multiculturel sans alternative hormis l’enfermement crispé chafouin et raciste voire anti-sémite (quel rapport ? pas grave, ça marche..)

« Andrew Neather, qui rédigeait les discours de Tony Blair, Jack Straw et David Blunkett, a fait une révélation de taille, dans l’émission Question Time de la BBC. Il a en effet dévoilé que l’énorme augmentation de l’immigration durant la dernière décennie était une politique délibérée et organisée par les Travaillistes afin de modifier la constitution ethnique de la Grande Bretagne : « Outre les besoins du marché du travail, il y avait également une motivation « politique » derrière la politique d’immigration. [Les ministres entendaient] mettre le nez des conservateurs dans la diversité ». Cet apparatchik de premier rang a précisé que les dirigeants travaillistes avaient opéré secrètement, craignant que cette politique ne perturbe « la classe ouvrière qui est son vivier électoral ». Les vraies raisons, qui figuraient dans les premières versions du rapport Performance and Innovation Unit, rédigé par Downing street, ont été supprimées dans la version finale du document afin de ne pas révéler cette politique délibérée et organisée. Selon lui : « l’immigration de masse était pour le gouvernement le moyen de rendre le Royaume Uni totalement multiculturel. Cette politique délibérée a duré de 2000 au moins jusqu’au mois de mai 2008, date à laquelle on a mis en place le nouveau système de points.» Ce qui a entraîné l’arrivée, selon le think tank Migration Watch, de plus de trois millions de nouveaux immigrés. » Faits et documents 15-30/11/09

« Dans la Presse de la Manche, (16/01/12), Mgr Stanislas Lalanne, évêque de Coutances, et d’Avranches, se confie quant à ses valeurs : « L’avenir est dans le métissage. Qu’il soit culturel, éthique, philosophique, religieux ou de nationalités. Nous ne pouvons pas nous replier sur nos seules préocupations personnelles. Il y a deux solutions : celle d’avoir peur et d’opter pour le repli identitaire, et puis il y a l’ouverture et la responsabilité. La foi chrétienne nous invite à cette ouverture. » Faits et documents 15-29/02/2012.

3/ La stratégie de la dégradation

Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

Exemple : la discrimination positive (affirmative action aux US) est une disposition rompant avec l’égalité républicaine devant la loi et la non-reconnaissance des communautés ethniques et/ou culturelles en France : cette discrimination, toujours promue sous le masque vertueux de critères économiques est en fait basée sur des critères ethniques au détriment de la grande majorité des français, européens de souche ; [Tribune libre] Manipulation des masses : Dix Stratégies de Manipulation à travers les médiasainsi les départements les plus pauvres [source de la carte ci-contre : INSEE] de ce pays sont-ils systématiquement ignorés au détriment de la Seine-saint-denis ou de l’Isère, pourtant largement moins touchés par la pauvreté mais occupés par des populations allogènes en sécession avec les cultures autochtones et d’autant moins portés à l’assimilation (désormais officiellement rejeté par le conseil des sages européens (cf une note précédente)) sinon à une quelconque intégration qu’ils voient leurs revendications communautaires systématiquement reprises par les plus hautes autorités de l’état au nom de la « lutte contre toutes les formes de discrimination », de l’ « anti-racisme » ou du nécessaire « métissage » désormais prôné également par l’église catholique…

4/ La stratégie du différé

Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. […]

[box class=”info”] Source et suite sur Hoplite. [/box]

Crédit photo : Ma8thew via Wikipedia, licence CC.

Personnalités préférées des français selon le JDD et l'IFOP : l'art de la manipulation

Personnalités préférées des français selon le JDD et l’IFOP : l’art de la manipulation

07/01/2012 – 08H00
PARIS (NOVOpress) – Yannick Noah, devant Zinedine Zidane et Omar Sy. Telles sont, selon un sondage réalisé par l’IFOP pour le Journal du Dimanche, les personnalités préférées des Français pour l’année 2011

Voilà de quoi donner du grain à moudre à toute une partie de la bienpensance, qui voit dans ce sondage l’amour immodéré qu’ont les Français pour “la diversité”.

En revanche, ce qui n’est pas expliqué, c’est sur quelle base a été réalisé ce sondage : et là, surprise, les 995 personnes interrogées (sur quels critères ?)  ont eu à choisir parmi une série de 50 noms définis au préalable. Cette liste n’étant réactualisé qu’avec les personnalités de l’année ayant fait le “buzz”, il n’est donc pas incroyable de retrouver, encore et toujours, Yannick Noah en tête du sondage. On en viendrait même à se demander si les 995 personnes interrogées ne sont pas en partie les mêmes, années après années.

L’art de la manipulation médiatique n’est, avec ce sondage réalisé sur mesure à quelques mois d’échéances électorales de premier ordre, encore une fois plus à démontrer en France.

 

 

Les nouveaux chiens de garde, sortie le 12 janvier

Ci-dessous la présentation d’un film évènement intitulé “Les nouveaux chiens de garde” qui sortira le 12 Janvier et qui dénonce le système médiatique actuel.
Retrouvez également la bande-annonce ci-dessous.

“La presse se proclame contre-pouvoir. Mais qui la possède ? Comment fonctionne-t-elle ? Pourquoi ses principaux acteurs sont-ils devenus des évangélistes du marché ? Avec la crise économique que nous vivons la question est d’autant plus d’actualité. Au terme de l’enquête, on saisira la menace qu’une information orientée idéologiquement et pervertie en marchandise fait peser sur la vie démocratique.
En 1932, l’écrivain Paul Nizan publiait Les chiens de garde pour dénoncer les philosophes et les écrivains de son époque qui, sous couvert de neutralité intellectuelle, s’imposaient en véritables gardiens de l’ordre établi. Aujourd’hui, les chiens de garde sont journalistes, éditorialistes, experts médiatiques, ouvertement devenus évangélistes du marché et gardiens de l’ordre social. Sur le mode sardonique, Les Nouveaux Chiens De Garde dénonce cette presse qui, se revendiquant indépendante, objective et pluraliste, se prétend contre-pouvoir démocratique. Avec force et précision, le film pointe la menace croissante d’une information produite par des grands groupes industriels du Cac 40 et pervertie en marchandise. Premier long métrage de deux cinéastes engagés dans le débat critique des médias.”

Comment les écoles de journalisme enseignent le conformisme (Polémia)

Partis politiques, associations, entreprises, personnalités, tout le monde a besoin des médias et de ce fait personne n’ose les critiquer… C’est en partant de ce constat que Polémia, insoumis aux médias de l’oligarchie, propose aujourd’hui un point de vue critique sur ces garde-fous du système, en invitant un jeune étudiant en journalisme.

La parole à l’étudiant.

Si les journalistes ne critiquent jamais le système, c’est qu’ils vivent grâce à lui et partagent ses valeurs. Dès leur formation, c’est le conformisme et non l’esprit critique qui est enseigné. Deux facteurs prépondérants expliquent cet état d’esprit :

· La structure des écoles dont l’influence des directives publiques est très importante
· La pression du milieu et la déontologie journalistique

Structure des écoles :

Il existe 3 types d’écoles :

– CELSA (Centre d’Etudes Littéraires et Scientifiques Appliquées) : école publique détenue à 48% par l’Etat. Elle fonctionne comme les grandes écoles. Le concours d’entrée très difficile permet de recruter un profil particulier d’élite.
– Ecoles sous statut associatif, dont le diplôme est reconnu par la profession (les syndicats) et par l’Etat
– Ecoles privées, plutôt orientées vers l’information et la communication, que vers le journalisme à proprement parler.

Bien que de structures différentes, ces écoles subissent toute l’influence de l’Etat. Notamment les écoles sous statut associatif, qui s’associent aux grandes universités pour délivrer des doubles-diplômes, mais l’Etat a donc un droit de regard plus important grâce à ce partenariat.

De plus ces écoles sont soumises à différentes directives dont la « Charte de la diversité pour les médias ».

A la suite d’une enquête du CSA concernant la « diversité » dans les médias en 2009, une commission de 30 experts s’est réunie pour penser la « diversité » dans les médias, c’est-à-dire permettre aux français d’origine étrangère d’être beaucoup plus présent dans les médias. Leur but est donc de trouver les moyens facilitant à ces populations l’accès à la profession de journaliste. Donc en premier lieu aux lieux de formation.

Ces nouveaux journalistes seront les mieux à même d’entretenir et de promouvoir le système.

Suite aux conclusions de cette commission, les épreuves de recrutement pour ces écoles ont donc été changées, notamment celle de culture générale, jugée trop discriminante. « On ne recrute pas des copies mais des personnalités », dixit Science-Po. Plusieurs partenariats ont également été créés, dans cette même optique. L’Institut Supérieur de journalisme de Lille, prestigieuse école s’est associée au Bondy blog : un groupe de jeunes des banlieues voulant changer la vision qu’a la France de ces jeunes.

Toujours dans ce même objectif, on trouve des mouvements, comme la très puissante French American Foundation, qui a réfléchi sur la couverture médiatique de l’immigration. Pour l’améliorer, elle propose aux jeunes journalistes de plancher sur le thème « Médias et immigration : pour une couverture médiatique juste et équilibrée » via des concours et des bourses à gagner.

La structure même de ces écoles fabrique également la connivence des élites. Prenons Science-Po pour exemple. Un journaliste qui sort diplômé de cette école aura passé cinq ans sur les mêmes bancs que le banquier, le commercial, le politique, l’homme d’affaires et le politique. S’il a des infos compromettantes sur l’un d’entre eux, voudra-t-il les divulguer ? Mettre dans une situation embarrassante un ami ? Perdre son réseau de grande école ? Le journaliste de cette formation est donc lié au reste de l’élite et n’est pas indépendant.

Pression du milieu et « déontologie journalistique »

Les journalistes ont une très haute estime d’eux même et de leur travail. Ils considèrent qu’ils ont une responsabilité, qu’ils sont garants des valeurs du système ; « valeurs du système » qu’ils ne contestent donc jamais (humanisme, démocratie représentative, féminisme et antiracisme).

Les formateurs, les professeurs partagent cette vision du monde et ne font donc pas venir d’intervenants avec qui ils ne seraient pas d’accord idéologiquement. Les jeunes journalistes sont donc formés par des personnes qui croient aux valeurs du système et ne sont pas entrainés à ce qu’on leur expose un point de vue différent, encore moins à le prendre en compte dans leur compréhension du monde.

La déontologie journalistique, savoir ce que l’on a le devoir de dire, permet de hiérarchiser les informations, et pose la question : doit-on traiter ou non un événement ? Dans le système de valeurs humanistes, une manifestation pro clandestins a beaucoup plus d’importance qu’un rassemblement nationaliste à qui il faut de toute façon éviter de faire de la pub. Cette discrimination de l’information est le fait des salles de rédaction des grands médias qui décident de ce qui doit faire l’actualité. Les cours de déontologie des écoles permettent aux étudiants de savoir comment traiter tel ou tel sujet sensible de société. Encore une fois, les personnes formatrices ne représentent pas la diversité des opinions, mais sont toujours main-stream.

Aucun esprit critique n’est réellement demandé dans les écoles de journalisme. En effet, une remise en question d’une information n’est ni souhaitée, ni encouragée à partir du moment où elle émane d’une source officielle : AFP, Reuters ou AP, les trois principales agences de presse.

Cependant avec l’arrivée d’internet, l’omerta des médias du système sur certains sujets a été court-circuitée, permettant aux personnes intéressées par un sujet, de trouver des informations non-officielles sur le web. Mais celles-ci n’étant pas reprises dans les médias de l’oligarchie, elles ont bien peu de valeurs face aux informations officielles.

De plus, le flot continu des tweets, des infos via les réseaux sociaux et des sites d’infos alternatifs, n’est absolument pas assimilable par une seule personne et l’on se rend compte qu’il est difficile de se passer de la capacité de synthèse d’une salle de rédaction, toute orientée fût-elle.

Discussions :

Le doute ne se vend pas, il faut mieux avoir le « scoop ». Prendre du recul et des pincettes avec une information qui pourrait faire vendre dans le contexte économique actuel (perte des revenus liés à la publicité) n’est donc pas encouragé.

Situation économique. Au fil des ans, la profession de journaliste s’est largement précarisée avec une nette augmentation des pigistes. Payer un journaliste des mois pour une enquête particulière coûte trop cher, on se contente souvent de recycler l’information des agences de presse car l’investigation coûte trop cher.

Indépendance de la presse. Il faut relativiser, la presse n’a jamais été vraiment indépendante du pouvoir en place. Le problème est qu’aujourd’hui, elle fait croire qu’elle est libre et indépendante, alors qu’elle est le plus parfait serviteur du système

Polémia
26/12/2011

Le terrorisme « d'extrême droite » ou comment le mythe du « climat politique » est mis au service de l'oligarchie

Le terrorisme « d’extrême droite » ou comment le mythe du « climat politique » est mis au service de l’oligarchie

Article reproduit avec l’aimable autorisation de la fondation Polémia.

[box class=”info”] Quand un musulman se livre à un acte terroriste, les médias de la superclasse mondiale mettent en cause, non les musulmans en général, mais les seuls terroristes islamistes. Quand l’extrême gauche commet un attentat, les médias se gardent d’accuser l’idéologie de gauche. Quand un écologiste perpétue une tuerie, les médias ne criminalisent pas le mouvement écologiste. En revanche, les attentats réputés « d’extrême droite » débouchent sur des emballements médiatiques : l’objectif est de criminaliser les courants populistes coupables de créer un climat. Dans un cas l’amalgame est condamné, dans l’autre il est recommandé ! A l’aube d’une élection présidentielle propice à toutes les manipulations, Michel Geoffroy fait le point.

Polémia [/box]

 

Norvège et Allemagne : des terroristes très… électoraux

En Norvège, la tuerie organisée par Anders Behring Breivik intervient en juillet alors que les élections locales sont prévues à la mi-septembre 2011. Son geste provoque évidemment une grande émotion qui franchit les frontières de la Norvège. Dans tout le pays on défile contre la xénophobie.

Avant les attentats, le Parti du progrès avait le vent en poupe et rassemblait près de 30% des intentions de vote, alors qu’une majorité de la population (53,7%) réclamait un arrêt de flux migratoires. Après l’acte criminel de celui qui se déclarait anti-islamiste et « révolutionnaire conservateur », le Parti du progrès chute de 6 points par rapport à son score municipal de 2007, au bénéfice des conservateurs et travaillistes. L’attentat a fait oublier l’immigration ! Le fait qu’Anders Behring ait été membre du Parti du progrès jusqu’en 2006 a évidemment porté. Très obligeant d’ailleurs, ce Behring, qui a pris le soin de noircir des milliers de pages pour justifier son geste et exposer, dans un incroyable salmigondis idéologique, ses motivations. Ce qui permet de désigner en retour les mauvaises idées pousse-au-crime : l’anti-islamisme. CQFD.

Au Danemark, voisin de la Norvège, le Parti du peuple danois reculera, lui, d’un point aux élections législatives du 15 septembre 2011, alors même que c’était l’une des rares formations européennes à avoir pu imposer une législation plus restrictive sur l’immigration.

En Allemagne, alors que les tensions politiques autour de l’euro se multiplient, revoilà les « néonazis », forme particulière d’extrême droite. Une valeur sûre, ces néonazis : ils sont toujours là quand on en a besoin. La police vient donc de « découvrir » que des néonazis auraient perpétré de nombreux attentats contre des immigrés en toute impunité jusqu’à leur suicide et l’arrestation d’une complice. Noter que c’est le propre de tout criminel de nos jours : jusqu’à son crime il était en liberté, voire encore après, ce qui lui permet de récidiver… Mais là c’est plus grave : ces criminels s’en sont pris à des immigrés. Un des membres de leur groupuscule a fait, en outre, exploser leur repaire sous l’œil complaisant des caméras. Mieux que la bande à Bonnot ! Moralité : ceux qui s’en prennent à l’immigration sont des criminels en Allemagne aussi. Et les deux criminels se sont opportunément suicidés. Rappelons qu’en Allemagne, la Cour constitutionnelle de Karlsruhe a refusé en 2002 la dissolution du parti NPD alors voulue par le gouvernement : en effet, les actes criminels reprochés à ce parti avaient été commis par des agents provocateurs infiltrés par les policiers de l’Office de protection de la constitution (la police politique). Mais on prête à Angela Merkel, issue de l’Allemagne de l’Est, la volonté de rouvrir le processus.

De Copernic à Carpentras, histoire des manipulations françaises

Et en France, me direz-vous ? Petit rappel.

L’attentat contre la synagogue de la rue Copernic a lieu le 3 octobre 1980. L’attentat est tout de suite revendiqué par un mystérieux faisceau nationaliste révolutionnaire. Les médias mettent alors en scène à l’envi la FANE, Fédération d’action nationale et européenne, groupuscule fantomatique et manifestement noyauté par la police. Cette piste est fausse puisqu’on sait aujourd’hui que l’attentat a été commandité par l’une des mouvances du FPLP palestinien, également responsable d’attentats aux Pays-Bas. Mais la rumeur suffit pour dénoncer « l’extrême droite » et finalement toute la droite. On manifeste alors en scandant « Bonnet*, Giscard, complices des assassins ». L’attentat de la rue Copernic servira aussi à lancer une vaste campagne de diabolisation contre la Nouvelle Droite et Le Figaro magazine, une première du genre dans notre pays. Le fait que tout cela se produise avant l’élection présidentielle de 1981, qui verra la défaite de Valéry Giscard d’Estaing, tient évidemment au pur hasard !

La profanation du cimetière de Carpentras est perpétrée en mai 1990. Sinistre affaire, dont les protagonistes disparaîtront curieusement de mort violente ensuite. C’est aussi, bien sûr, un hasard que « ne s’explique pas » Yves Bertrand, ancien directeur des RG. Mais l’orchestration de l’affaire de Carpentras a permis de diaboliser le Front national, alors en plein développement, et de lui accoler durablement l’étiquette d’antisémitisme. Après Carpentras le piège se referme donc sur la droite qui s’interdit désormais toute alliance avec un Front national aussi diabolique.

Le 14 juillet 2002, Maxime Brunerie tente de tirer à la carabine sur le président de la République. On apprendra alors qu’il a appartenu aussi à « l’extrême droite ». Son geste intervient après le « coup de tonnerre » du 21 avril, qui voit Jean-Marie Le Pen présent au second tour de l’élection présidentielle. Comme quoi tous ces gens qui incarnent la « bête immonde » sont dangereux…

Il ne faudrait pas, bien sûr, oublier tous les skinheads et hooligans qui se prêtent gentiment et périodiquement à des émissions de télévision mettant en scène leurs provocations racistes ou néonazies ou qui tabassent un Africain au bon moment : par exemple lors d’un défilé du Front national.

Des terroristes bien médiatiques

Bien entendu, il ne viendrait à l’esprit de personne de mettre ces différentes affaires sur le même plan. Il faut notamment distinguer les faits qui sont effectivement commis par des personnes dites « d’extrême droite » de ceux qui leur sont imputés à tort, même si le traitement médiatique est le même. En outre, dans un contexte où l’insécurité et la violence civile explosent depuis le dernier quart du XXe siècle, il est statistiquement inévitable que des délits soient aussi commis par des personnes ayant des opinions politiques dites de droite extrême. Mais quand même, ces différentes affaires présentent certaines similitudes intéressantes à examiner.

D’abord, ces crimes ou ces attentats spectaculaires interviennent souvent à l’occasion d’échéance électorales importantes. Manifestement, les déséquilibrés d’extrême droite aiment faire parler d’eux en période électorale. C’est, bien sûr, le fruit du hasard.

Ensuite, ces actes sont souvent le fait d’individus ou de groupuscules à l’existence trouble et fugace. Bizarre, ce Behring, qui dit ne pas aimer les musulmans et se préparer à la guerre ethnique, mais qui tire uniquement sur… des Norvégiens.

L’amalgame politique

Enfin, ces actes sont placés sous le signe de l’amalgame politique, une différence notable avec les autres terrorismes.

En effet, quand un terroriste ou un criminel est musulman, par exemple, la première réaction des pouvoirs publics consiste justement à prévenir tout amalgame vis-à-vis de cette communauté. On a d’ailleurs forgé le concept « d’islamisme », pour éviter tout amalgame entre les gentils musulmans, tolérants et pacifiques que nous accueillons volontiers, et les méchants islamistes qui conduisent le jihad. Après le 11-Septembre, les Etats-Unis ont lancé la guerre « contre le terrorisme », mais sans mettre du tout en cause l’islam. Nuance. Mais en présence du terrorisme d’extrême droite, l’amalgame est au contraire de règle.

La fumeuse théorie du climat politique

Le système médiatique et judiciaire met en scène en permanence la théorie du « climat politique », appliquée aux seuls comportements criminels de « l’extrême droite ».

Selon cette théorie, ce serait le climat intellectuel provoqué par les partis populistes (les médias parlent, par exemple, de « lepénisation des esprits ») qui conduirait certains individus à passer à l’acte criminel.

Ainsi lors de la profanation de Carpentras, le ministre de l’Intérieur, Pierre Joxe, dénonce les coupables : « le racisme, l’antisémitisme et l’intolérance ». Donc les vrais criminels sont… des idées et d’une façon générale celles que l’on impute à « l’extrême droite » qui véhiculerait – seule – « un discours de haine et d’intolérance ». Suivez mon regard.

En d’autres termes ce n’est pas Behring qui est coupable, mais tous les Norvégiens qui sont intolérants à l’égard des musulmans et qui créent ainsi un « mauvais climat ». Ce ne sont pas ceux qui appuient sur la détente ou qui activent le détonateur qui sont coupables. Ce ne sont pas ceux qui ouvrent les portes à l’immigration musulmane. Non, ce sont ceux qui parlent, qui écrivent ou qui dans leurs votes s’inquiètent à propos de l’immigration.

On notera cependant que face au terrorisme rouge, on n’a jamais appliqué cette curieuse théorie du « climat » : on n’a jamais dit, par exemple, que les vrais responsables des attentats commis par les Brigades rouges, Action directe ou la Fraction Armée rouge, s’appelaient marxisme, lutte des classes, haine de classe ou socialisme.

Et personne ne pensa à reprocher la tuerie du conseil municipal aux Verts et à la Ligue des droits de l’homme dont l’auteur, Richard Durn, était pourtant membre et militant [Note de Novopress : Richard Durn était même un responsable de la Ligue des droits de l’homme puisqu’il était trésorier de la section de Nanterre de la Ligue des droits de l’homme.]

Diaboliser la vague identitaire

Cette approche remplit une fonction politique bien précise, en réalité. Elle vise à criminaliser les prises de position identitaires et hostiles à l’immigration qui émanent des Européens de souche.

La justice a déjà, avec le concept « d’incitation à » – à la haine raciale notamment – théorisé une arme juridique redoutable pour ce faire. Il suffit de lire la jurisprudence, abondante en la matière, pour se rendre à l’évidence : les juges ont désormais une approche très extensive du concept « d’incitation ». Le simple fait d’exprimer une opinion critique vis-à-vis de telle ou telle personne ou de tel Etat peut aujourd’hui se trouver incriminé même s’il ne débouche sur aucun acte concret.

Nous y voilà : la fonction du terrorisme « d’extrême droite » est justement de donner un contenu, si possible très médiatique, au mythe du passage à l’acte des théoriciens d’extrême droite. L’attentat terroriste est emblématique, car il suscite une juste réprobation.

La scénarisation du terrorisme d’extrême droite sert aussi à inverser une réalité politiquement incorrecte qui déplaît à l’oligarchie : les crimes et délits qualifiés de « racistes » ou « xénophobes » – c’est-à-dire dont les victimes ne sont pas européennes de souche – sont heureusement extrêmement rares en Europe, alors que les partis populistes sont en progression partout. Ce qui infirme pour le moins la prétendue théorie du « climat intellectuel ». Mais surtout, ces actes sont sans commune mesure avec l’explosion des crimes et délits qui se rencontre partout en Europe et dont sont en général plutôt victimes les autochtones.

A qui profite le crime ?

La superclasse mondiale doit aujourd’hui livrer un combat politique majeur partout en Europe : imposer la « gouvernance » que veulent les marchés – et les équipes formatées qui vont avec – à des peuples de plus en plus réticents à supporter tous les sacrifices que cela implique, en particulier une immigration de peuplement massive et durable. Ce combat, elle est de moins en moins sûre de le gagner.

Alors, dans ce contexte, la scénarisation du terroriste « d’extrême droite » joue un rôle important sinon crucial : elle permet d’instrumenter le procès de tous ceux qui refusent l’immigration de peuplement et qui se trouvent assimilés à des criminels potentiels : le « crime par la pensée », comme dans le monde orwellien, étant réputé conduire au crime de sang.

C’est sans risque, car on ne sanctionne pas en Europe « la populo-phobie », bien au contraire. En outre, on diffuse ainsi la mauvaise conscience chez les identitaires, puisqu’ils hébergeraient des monstres en leur sein. Enfin, c’est tout bénéfice politique puisque cela contribue à affaiblir les partis populistes, c’est-à-dire la seule vraie alternative à l’oligarchie.

Il faut donc être vigilant face aux emballements médiatiques auxquels donne lieu et donnera lieu le sensationnel des attentats dits d’extrême droite. Et pour cela se poser une question simple mais donc essentielle : à qui profite vraiment le crime, qui le commandite et quels intérêts sert-il vraiment ? Car les terroristes d’extrême droite ont bien mérité de l’oligarchie !

Michel Geoffroy

(*) Le ministre de l’Intérieur de l’époque.

Voir aussi :

Réflexions sur un carnage : Gare à la précipitation et aux amalgames
« Extrême droite »… de l’art de cultiver « une marque épouvantail »
Petite histoire des campagnes de diabolisation
« Je ne sais rien… mais je dirai (presque) tout » Par Yves Bertrand – Conversations politiquement incorrectes

[box class=”info”] Source : Correspondance Polémia – 25/11/2011 [/box]

Mensonges et manipulation à propos de la manifestation FLN du 17 octobre 1961 à Paris – Par B. Lugan

Mensonges et manipulation à propos de la manifestation FLN du 17 octobre 1961 à Paris – Par B. Lugan

Cinquante ans après la fin de la guerre d’Algérie, par le biais d’une machination particulièrement bien orchestrée, policiers, gendarmes mobiles, CRS et Harkis engagés le 17 octobre 1961 à Paris dans une opération de maintien de l’ordre, sont devenus des agresseurs accusés d’avoir massacré 300 manifestants algériens, d’en avoir jeté des dizaines à la Seine et d’en avoir blessé 2300.
Tous les ans depuis 1991, ceux que le FLN désigne sous le nom de « Frères des Frères », organisent à grand renfort médiatique une cérémonie à la mémoire des « Martyrs Algériens » du 17 octobre 1961. Au mois d’octobre 2000, les « Frères des Frères » ont créé l’ « Association 1961 contre l’oubli ».
Cette année, la commémoration a pris un éclat particulier avec la présence du candidat socialiste aux futures élections présidentielles lequel a lancé une rose rouge à la Seine en mémoire des manifestants qui y auraient été noyés…

Or, contrairement à ce qui est affirmé par des médias dont l’inculture est à l’égal de l’esprit partisan, le 17 octobre 1961, il n’y eut pas de massacre d’Algériens à Paris.
Revenons aux faits. Nous sommes en pleine guerre d’Algérie et le FLN qui cherche à prendre le contrôle de la communauté algérienne vivant en France organise une manifestation surprise et clandestine devant converger vers la Place de la Concorde et l’Elysée afin de montrer sa force et pour peser sur les pourparlers de paix qui ont lieu à Evian.

Assaillis de toutes parts, les 1300 hommes des forces de l’ordre rassemblés en urgence, et non 7000 comme cela est toujours dit, firent preuve d’un grand sang-froid et d’un immense professionnalisme se traduisant par un bilan des pertes « modéré » dans de telles circonstances.

Contre les affirmations des complices du FLN et des auteurs militants, les archives de l’Institut Médico-Légal de Paris (photo), la Morgue, sont pleines d’enseignements. Le Graphique des entrées de corps « N.A » (Nord-africains) par jour. Octobre 1961, nous apprend ainsi que du 1° au 30 octobre 1961, 90 corps de « NA » , Nord-africains selon la terminologie officielle de l’époque, sont entrés à l’Institut médico légal, la plupart étant d’ailleurs des victimes du FLN…

Le 17 octobre, alors que se déroulait dans Paris un soi-disant massacre, l’Institut Médico Légal n’a enregistré aucune entrée de corps de « NA ». Et pour cause, le 17 octobre 1961, de 19h30 à 23 heures, une seule victime fut à déplorer dans le périmètre de la manifestation, et ce ne fut pas un Algérien, mais un Français nommé Guy Chevallier, tué vers 21h devant le cinéma REX, crâne fracassé et dont rien ne permet de dire que ce fut par la police. En dehors du périmètre de la manifestation « seuls » 2 morts furent à déplorer, Abdelkader Déroues tué par balle et retrouvé à Puteaux et Lamara Achenoune étranglé gisant dans une camionnette, également à Puteaux.

Certes, nous dit-on, mais les morts ont été déposés à la morgue les jours suivants. Or, et une fois encore, ce n’est pas ce qu’indiquent les archives de l’IML car, entre le 18 et le 21 octobre, seuls 4 cadavres de « NA » (Nord-africains) furent admis à la Morgue :
– le 18 octobre, Achour Belkacem tué par un policier invoquant la légitime défense et Abdelkader Benhamar mort dans un accident de la circulation à Colombes.
– le 20 octobre, Amar Malek tué par balles par un gendarme.
– le 21 octobre Ramdane Mehani, mort dans des circonstances inconnues.

Soit du 17 au 21 octobre, 7 morts, dont deux seulement peuvent être imputés aux forces de police. Nous voilà bien loin des 300 morts avancés par certains… Ces chiffres prennent toute leur signification si nous nous reportons au début du mois d’octobre. Ainsi, entre le 1er et le 3 octobre, 24 corps de « N.A » entrèrent à l’IML, victimes de la guerre inexpiable que le FLN menait contre ses opposants partisans de l’Algérie française ou du MNA de Messali Hadj. Pour mémoire, de janvier 1955 au 1er juillet 1962, les tueurs du FLN assassinèrent en France métropolitaine 6000 Algériens et en blessèrent 9000.

Pour mémoire encore, le 26 mars 1962, devant la Grande Poste de la rue d’Isly à Alger, les forces de l’ordre ne firent pas preuve de la même retenue que le 17 octobre à Paris quand elles ouvrirent directement le feu sur une foule de civils français non armés, faisant entre 70 et 80 morts et 150 blessés. Sur ces victimes, réelles celles-là, la mémoire sélective a jeté le voile de l’oubli.

Bernard Lugan
18/10/2011

[1] Le numéro du mois de novembre 2011 de l’Afrique Réelle reviendra sur cette manifestation et publiera un article du lieutenant-colonel Raymond Montaner, ancien commandant de la Force Auxiliaire (Harkis de Paris) qui fut au cœur de l’évènement et qui démonte dans le détail le montage fait autour du « soi-disant » massacre des Algériens de Paris le 17 octobre 1961.

[box class=”info”] Source : Le Blog officiel de Bernard Lugan. [/box]

Crédit photo LecomteB, licence CC.

Antiracisme en Angleterre : Habiller les sorcières en rose, les fées en noir, et supprimer le papier blanc

Antiracisme en Angleterre : habiller les sorcières en rose, les fées en noir, et supprimer le papier blanc

03/09/11 – 08h00
LONDRES (NOVOpress) – Si l’on vous dit que les “antiracistes” veulent désormais interdire le papier blanc dans les écoles, votre première réaction est de croire à une blague, et pas spécialement subtile. Mais, avec le politiquement correct, la réalité est toujours au-delà de toutes les parodies.

La proposition a bel et bien été très sérieusement avancée en Grande-Bretagne par Anne O’Connor, une « consultante en petite enfance » qui a été employée par plusieurs municipalités et a récemment conçu des « documents d’égalité » pour le conseil régional du Lancashire.

Mademoiselle ou Madame O’Connor (elle a évidemment opté pour le « Ms » indéterminé qui remplace « Mrs » ou « Miss ») a rédigé pour Nursery World, le principal magazine britannique pour les professionnels de l’enfance, un « guide pratique en huit parties pour enseigner aux jeunes enfants à apprécier l’égalité et la diversité », en matière d’âge, de genre, d’orientation sexuelle, de croyances religieuses et, bien sûr, de race et d’ethnicité.

Il s’agit de lutter contre les préjugés raciaux chez les enfants dès deux ans, puisqu’ils sont capables dès cet âge « d’exprimer des vues négatives et discriminatoires sur les couleurs de peau », vues que les enseignants des maternelles doivent « les aider à “désapprendre” ». Le meilleur moyen pour cela est de créer chez les bambins des associations réflexes. « Si les enfants développent des associations positives à propos des couleurs sombres, il y a d’autant plus de chances que cette attitude soit généralisée aux personnes ».

Ms O’Connor donne des exemples précis. Il faut modifier les déguisements pour mettre aux sorcières des chapeaux roses au lieu de noirs et, inversement, habiller les fées dans des couleurs sombres plutôt que dans leurs habituelles teintes pastel. Il faut donner aux enfants du papier à dessiner d’une couleur autre que le blanc. Boîtes de peintures et crayons de couleur doivent couvrir « la gamme complète des couleurs de peau », en reflétant la diversité de l’espèce humaine. Enfin, les maîtresses doivent « être économes avec la vérité » quand les élèves leur demandent leur couleur préférée, et répondre « noir » ou « marron ».

Tout cela serait cocasse – faudra-t-il évoquer désormais l’angoisse de la page noire et récrire Mallarmé pour lui faire évoquer « le vide papier que la noirceur défend » ? – s’il ne s’agissait, ouvertement et explicitement, d’un projet de manipulation mentale digne des pires régimes totalitaires. Le politiquement correct d’il y a vingt ans avançait avec ses gros sabots, corrigeant les livres pour, par exemple, supprimer les bras blancs de la petite sirène dans les contes d’Andersen : manipulations grossières et probablement pas très efficaces. Ms O’Connor et ses pareils veulent modifier l’inconscient de la petite enfance. Ils ont aussi lancé des livres pour enfants avec « des images inclusives » (représentant la «diversité» sous toutes ses dimensions) qui apparaissent « au hasard et incidemment », de sorte que les lecteurs deviennent insensiblement « familiers avec des personnages qui peuvent leur paraître légèrement différents, avoir une apparence ou un comportement légèrement différents, ou avoir un différent type de famille, mais qui sont fondamentalement juste les mêmes ».

[box] Photo : Delphine Seyrig joue le rôle de la Fée des Lilas dans le film “Peau d’âne” de Jacques Demy (1970) [/box]

Manipulations de Goldman Sachs : encore et toujours [tribune libre]

Manipulations de Goldman Sachs : encore et toujours [tribune libre]

30/09/2011 – 18h45
WASHINGTON (NOVOpress) – Oui, la combinaison de la folle croissance démographique mondiale avec le modèle consumériste américain étendu au monde entier va générer d’effroyables pénuries et les spéculations et les conflits qui vont avec. Non, l’ère des pénuries n’est pas encore tout à fait venue… et en attendant certains se chargent de l’organiser, sans doute par esprit humanitaire bien compris en faisant des tests préalables ! L’un des éditorialistes de la “Chronique Agora”, Marc Mayor, nous livre le secret de certaines techniques employées par les prédateurs financiers de Wall Street dans un article en date du 29 septembre. (Philippe Millau)

[box class=”info”]Crédit photo  : DR [/box]

L’aluminium posait un sacré problème aux banksters de Wall Street. Il n’était pas en situation de pénurie. Les cours ne flambaient pas et Goldman Sachs ne pouvait pas s’en mettre plein les poches en spéculant ! Qu’à cela ne tienne ! L’abondance n’étant pas bien vue dans le monde du trading des matières premières, Goldman Sachs a trouvé un moyen de créer une pénurie sur l’aluminium : en le stockant longtemps. Avec la complicité du London Metal Exchange, la plus grande Bourse des métaux au monde.

▪ Combine en catimini
Pour une fois, c’est loin de la frénésie de Wall Street que Goldman a monté sa dernière combine. A Détroit, l’ancienne Mecque de la bagnole made in Etats-Unis, devenue une quasi-ville fantôme, la banque d’affaires a transformé des entrepôts en véritables usines à fric. Comment ?

En y entassant plus d’un million de tonnes d’aluminium industriel, soit près du quart des stocks mondiaux, qui ont atteint un record à cinq millions de tonnes en mai.

▪ Les loyers tombent tranquillement
Goldman encaisse donc des revenus de location, comme tout propriétaire immobilier ; à 41 cents par tonne et par jour, c’est toujours près d’un demi-million de dollars par jour ou 165 millions par année dans la poche.

Surtout que le loyer est encaissé même une fois que l’aluminium est vendu, donc plus la livraison prend du temps, plus Goldman encaisse de loyer. N’empêche que ces sommes demeurent des broutilles, pour les requins de Wall Street.

▪ Le vrai argent est produit autrement
Les entrepôts de Détroit génèrent des montagnes de cash en faisant de la rétention d’aluminium. Les règles du London Metal Exchange, la Bourse des métaux non précieux, permettent aux entrepôts de livrer une partie seulement de leurs stocks chaque jour, bien moins que ce qui entre dans ces bâtiments pour y être stocké. C’est un peu comme la combine des frères Hunt à la fin de l’année 1979, mais mise au goût du jour.

Entre janvier et fin juin de cette année, les entrepôts de Goldman (qui appartiennent à sa filiale Metro International Trade Service) ont fait rentrer 364 175 tonnes d’aluminium, alors que 171 350 en sont sorties, selon les statistiques du LME, révélées par Reuters.

Soit 42% des nouveaux stocks constitués dans le monde et 26% de l’aluminium livré sur la planète.

▪ Création d’un goulot d’étranglement artificiel = jackpot
En conservant plus longtemps le métal, Goldman Sachs crée un goulot d’étranglement. Les fabricants de canettes pour boissons et les constructeurs aéronautiques doivent attendre plus longtemps avant de recevoir leur aluminium. Conséquence : les prix sont artificiellement gonflés depuis des mois.

Manipulation des prix. Encore ! “Cela pousse les prix vers le haut pour les clients nord-américains. Et pas à cause d’une véritable pénurie sur le marché, mais pour un problème d’accès au métal… dans des entrepôts de Détroit”, déclare à Reuters Nick Madden, responsable de l’approvisionnement en aluminium chez Novelis, qui appartient à l’Indien Hindalco Industries Limited, l’un des plus importants consommateurs d’aluminium dans le monde.

Selon Madden, la dernière trouvaille de Goldman Sachs ajoute 20 $ à 40 $ au prix de l’aluminium, qui valait début septembre encore 2800 $ la tonne ; cela représente donc un surcoût de 120 à 240 millions de dollars par an pour l’industrie américaine, qui consomme plus de six millions de tonnes chaque année.

▪ Bien sûr, Goldman nage en plein conflit d’intérêts…
… en stockant d’énormes quantités de métal, tout en en faisant le commerce.

“C’est une honte, un simulacre de marché”, s’emporte Robin Bhar, analyste sur les métaux chez Crédit Agricole à Londres. “Cette situation avantage certaines entreprises et pénalise clairement les autres. C’est un souci important et je pense que les autorités de régulation devraient intervenir”.

Bien sûr, Goldman assure suivre scrupuleusement les règles du LME. Je leur fais confiance : leurs avocats sont les mieux payés du monde.

▪ Des intérêts bien compris
Quant à une intervention du régulateur, personne n’y a intérêt, et surtout pas le London Metal Exchange lui-même !

A partir d’avril 2012, le LME va doubler la quantité de métal qu’un opérateur devra livrer chaque jour, qui passera de 1 500 tonnes par jour et par ville à 3 000 tonnes ; cela ne changera rien, relèvent les analystes de Morgan Stanley dans une étude parue en juillet. Il suffira d’augmenter les quantités stockées à Détroit pour que le goulot d’étranglement se forme à nouveau.

Une solution efficace consisterait à interdire aux propriétaires de hangars de facturer des frais de location une fois que le métal a été vendu, peu importe le temps qu’ils mettent à le livrer. Mais le LME prélève 1% des coûts de location encaissés par les opérateurs comme Goldman Sachs. Plus important encore, le LME appartient aux grandes banques comme Goldman. Deux raisons qui expliquent son manque d’empressement à sévir.

▪ Zinc : même combat. Et devinez qui détient les hangars pleins de zinc ?
La même situation a déjà commencé à se reproduire sur le marché du zinc. Des entrepôts situés à La Nouvelle-Orléans abritent actuellement 61% des stocks mondiaux enregistrés par le LME.

Devinez qui possède ces hangars. Goldman Sachs bien sûr (ainsi que Glencore, l’un des principaux traders de matières premières au monde) !

En attendant, les métaux viennent de décrocher brutalement la semaine dernière. Mais cela ne changera pas la stratégie de Goldman, au contraire.

Qui est Paul Moreira, réalisateur de "Islam, antéchrist et jambon beurre" ?

Qui est Paul Moreira, réalisateur de “Islam, antéchrist et jambon beurre” ?

[box class=”info”]Extraits d’un article du site Riposte laïque[/box]

Ce lundi 5 septembre, à 22 h 30, sur Canal Plus, sera diffusée un documentaire de Paul Moreira, intitulé « Islam, antéchrist et jambon beurre ». Nous avons constaté que sur le documentaire de trois minutes qui présente l’émission, il y a Christine Tasin, qui, lors d’une conférence de presse, disait s’étonner qu’on ne puisse pas, en France,  être islamophobe.

Le 4 avril 2011, nous avions en effet eu le plaisir de faire connaissance de ce réalisateur, aux allures de dandy, manifestement très satisfait de sa personne, qui nous rappelle, avec le mythe de l’écharpe blanche qu’il porte autour du coup, le député UMP Pierre Cardo, tombeur de Michel Rocard, qui avait essayé de se faire un nom de cette manière.

Vous pouvez écouter [dans la vidéo ci-dessous, note de Novo], à partir de 32 minutes, l’échange courtois, mais sans concession, qui l’a opposé, lors de cette conférence de presse, à Pierre Cassen, durant plusieurs minutes. Paul Moreira entendait se gausser de l’apéro saucisson-pinard, et du mythe de Sylvie François. Le moins qu’on puisse dire est qu’il a été aimablement, mais fermement, renvoyé dans ses buts.

[box]Pour lire l’article en entier[/box]

Théorie du « Gender » : un crime contre l’Identité !

[Tribune libre] Théorie du « Gender » : un crime contre l’Identité !

Par Alain de Peretti.

Vous avez certainement tous entendu  parler  de la théorie du « genre » ou « gender » (cela fait plus classe en anglais…)

Pour résumer, cette théorie qui nous vient des ultra féministes américaines prétend qu’on ne nait pas homme ou femme mais qu’on le devient sous la pression (intolérable bien sûr) culturelle, mentale et physique de la société ; nos pseudos élites veulent nous imposer cette fumisterie par le biais des cours SVT ( Science de la vie et de la Terre, autrefois « sciences naturelles…)

Cette théorie nous ramène  évidemment au  vieux débat philosophique sur l’inné et l’acquis, débat qui n’a jamais été tranché de façon définitive et dans lequel nous n’entrerons pas de façon détaillée.

Il est cependant évident que les êtres humains sont déterminés de façon très importante par leur patrimoine génétique, qu’on le veuille ou non, et, parmi ces caractéristiques génétiques, la différenciation sexuelle est particulièrement facile à discerner au niveau phénotype et comportemental (le phénotype est l’expression visible des gènes). Il est à noter d’ailleurs que la science nous apprend que la différenciation sexuelle est un progrès de l’évolution des êtres vivants qu’ils soient animaux ou végétaux….  Entre autres constatations de sens commun, tous les parents ayant eu des enfants de sexe différent ont pu constater, avec la même éducation, que ces différences se voient très tôt. Il y a, comme dans toute population, des exceptions, mais c’est l’exception et cela se traduit pour un caractère donné, sur le plan statistique,  par une courbe en cloche dite courbe de Gauss. C’est valable donc également pour la différenciation sexuelle !

Bien sûr, il serait vain de nier que la culture et le milieu ambiant vont inter agir avec ces données biologiques, mais c’est la convergence de tout cela qui forge l’identité, sans laquelle les êtres humains ne seraient que des zombies sans racines et sans repères. Ces  actions extérieures de l’éducation et de la culture  ne remettent pas en cause de façon fondamentale les caractères de base.

Cette négation d’une nature humaine, pourtant observable par toute personne de bon sens, est le résultat de toutes les philosophies relativistes et constructivistes à la mode.

Elle est l’expression surtout de l’entreprise concertée de destruction  générale à l’œuvre sous nos yeux, qui voudrait faire de nous les habitants du « village planétaire », «homo economicus et festivus» soumis au métissage généralisé et obligatoire, indifférenciés sexuellement, sans passé et donc sans avenir.

Cette théorie perverse et mortifère, mise au rang de vérité intangible, est bien sûr à l’opposé de notre conception d’un être humain enraciné dans une culture et une civilisation, conscient de son identité y compris biologique, fier de son passé et de son histoire et capable de ce fait  d’affronter les défis du futur.

En conclusion, il ne faudrait pas commettre les erreurs du passé comme les habitants de Constantinople,  discutant  du sexe des anges alors que les barbares de l’islam sont à nos portes.

[box class=”info”] Source : le site du Bloc Identitaire d’Aquitaine.[/box]

« Extrême droite »… de l’art de cultiver « une marque épouvantail »

Avec les prémices de la campagne pour les présidentielles refleurissent en cet été frémissant, tels les droseras affamés dans les tourbières, les concepts épouvantails, les bûchers de l’Inquisition et les procès en sorcellerie. Vidée de sens et remplie de haine, l’accusation d’ « extrémisme de droite » est ainsi à nouveau largement utilisée pour brocarder de façon systématique tous ceux qui se situent en dehors du champ des « partis de gouvernement », bien loin donc du Fouquet’s et du Sofitel… donc extrêmement populistes, extrêmement populaires, extrêmement ordinaires.

Des mots inquiétants…

Il convenait de s’arrêter, l’espace d’un instant, sur cet étrange et vieux réflexe afin d’imaginer (ou tout au moins tenter à nouveau de le faire) la réponse qui doit lui être opposée.

Tout d’abord un passage obligé : le bref rappel historique qui contextualise mais n’instruira pas grand monde. La formule « extrême droite » est née au milieu du XIXe siècle dans les tabernacles d’une gauche fustigeant par ces mots inquiétants l’antiparlementarisme et la nostalgie de l’Ancien Régime. Nous le retrouverons bien plus tard pour qualifier les antidreyfusards, puis le défilé du 6 février 1934 qui comprenait pourtant des ligues d’horizons bien différents, depuis les Camelots du Roi jusqu’à l’Association des anciens combattants communistes !

Les deux partis phares de la collaboration, le PPF (Parti populaire français) et le RNP (Rassemblement national populaire) respectivement dirigés par Jacques Doriot (issu du Parti communiste !) et Marcel Déat (issu de la SFIO !) furent étrangement tatoués à la Libération de cette estampille sulfureuse alors même que les mouvements plus ou moins issus de « l’extrême droite » du cru XIXe s. (L’Action française de Charles Maurras ou les résistants Croix de Feu du colonel de La Rocque) avaient pour leur part assez clairement marqué leur distance avec Vichy et l’occupant.

Pas un mot sur les origines intellectuelles du national-socialisme né à l’évidence dans les éprouvettes fumeuses d’une certaine gauche. Pas un mot sur certains socialistes (parfois lumineux bien que loin des Lumières) : Proudhon, Sorel, Barrès, Vacher de Lapouge, qui ont mis, sans le vouloir vraiment, leur grain de sel à ce grand bouillon d’avant-guerre.

Tout cela fut étonnamment et définitivement « packagé » sous l’horrible et sanguinolente enseigne « d’extrême droite ». L’ombrelle diabolisante sera, bien entendu, à nouveau utilisée lors de la guerre d’Algérie pour qualifier l’OAS et la mouvance nationaliste de l’époque.

Avec le renouveau du nationalisme dès la fin des années 1970 et ses deux ou trois casseroles aux couleurs lessivées de l’Algérie française et aux sonorités un brin CIDUNATI, nous devions nous attendre (bien qu’il n’y ait pas eu de filiation véritablement établie) à une nouvelle et puissante expression de « l’art de cultiver la marque épouvantail ». Nous n’avons pas été déçus ! Et nous ne retracerons pas ici – les bons ouvrages existent sur le sujet – tout l’historique des campagnes de diabolisation auxquelles se sont ralliés, par ailleurs, la plupart des hommes politiques et intellectuels par facilité et conformisme, parfois même à leurs dépens.

Raviver le Diable, c’est mettre le Purgatoire sous pression…

La réalité qui doit être enfin posée est que ce processus est pour la gauche une prodigieuse machine à dominer le monde des idées en lui assurant de façon récurrente une redoutable capacité à choisir ses adversaires. Raviver le Diable, c’est mettre le Purgatoire sous pression et désigner le Diable, c’est procéder à l’exclusion du débat démocratique, à l’excommunication d’une partie de ses opposants. On ne discute pas avec le Diable ! Climat de délation, manichéisme, vigilance sur les dissidences, pensée sous préservatif… tout le paysage politique de droite s’est ainsi retrouvé piégé par les nouveaux Grands Inquisiteurs. Tout le paysage, car lorsqu’est prononcée la terrible formule « extrrrême drrroite », que l’on croirait sortie de la gueule d’un berger allemand en colère un soir de novembre à Birkenau, est lâché du même coup le mot « drrroite » ; en filigrane, dans la droite en général se profilerait la possibilité d’une dérive droitière voire ultra droitière donc diabolique (la vision d’un monde ultra bourgeois ou bien d’un monde fascisant serait en gestation chez ces gens de droite finalement réactionnaires et, au bout du compte intellectuellement peu fréquentables).

Nous sommes bien loin de la douceur et des cimes humanistes vers lesquelles nous propulse le circonflexe de la Gôôôche !

Au-delà des chiens de garde institutionnels et des procès d’intention caricaturaux et sectaires à la Caroline Fourest, attardons-nous sur des exemples moins grossiers mais tout aussi pernicieux. Ainsi la thématique du mariage gay brandie à présent par « les forces de progrès » peut faire partie de ces régénérateurs insidieux de la « marque-épouvantail ». En cherchant à officialiser et sacraliser ce qui mérite tout au plus un « droit à l’indifférence » sont créées les conditions de l’amalgame, toute opposition à cette revendication étant susceptible d’être vécue comme l’expression d’une certaine homophobie, penchant révélateur d’une dérive droitière latente. Le piège est tendu. Il n’y a plus qu’à attendre que les « extrémistes » de tout poil ou les « assimilés » maladroits mais bien à droite façon Brigitte Barèges s’y prennent les pieds.

La gauche a plus à gagner de ce type de régénération que de la cause elle-même qui pourrait bien, du reste, ne pas trouver l’écho escompté.

Ce drapeau que nous tend l’adversaire…

Comment, dès lors, se situer à partir d’un vocabulaire galvaudé, truqué, manipulé, au service du jihad de la bien-pensance gauchiste ? Comment accepter en guise d’étendard le drapeau que vous tend, narquois, l’adversaire !?

L’accepter par facilité de langage ou provocation n’est pas la solution : la provocation c’est, certes, la garantie de trouver un fonds de commerce mais c’est aussi la certitude de demeurer dans une niche.

Imaginons un instant une entreprise apposant sur ses produits une marque généreusement concoctée puis cédée gracieusement par son principal concurrent !

Une marque repoussoir est définitivement disqualifiée, disqualifiante, dégradante, déshumanisante. Dire de quelqu’un qu’il est « d’extrême droite » doit être désormais considéré comme une injure et devrait valoir et justifier à ce titre dès que possible une plainte en justice au même titre que l’injure « raciste ».

« Droite », « Nouvelle Droite », « Extrême Droite » sont des mots grillés dès le départ, inventés ou cultivés par l’adversaire, constamment détournés et massacrés. L’un des essais les plus brillants et décapants du XXe siècle, l’excellent Vu de droite d’Alain de Benoist salué par l’Académie française, ne venait pas de l’extrême droite pas plus d’ailleurs que de la droite ; une seule chose lui aura fait défaut : un bon titre. Car en exprimant ainsi une vision du monde au-delà de la gauche, les instruments de torture étaient offerts avec l’ouvrage à la Police de la pensée qui dès lors n’avait même plus à s’attarder sur son contenu. Nouvelle Droite, un rejeton de l’hydre enfin disponible pour relancer l’ affaire.

Comme le remarque François Bousquet : « La Nouvelle Droite est une marque déposée, mais l’initiative n’en revient curieusement pas à ses pères fondateurs ».

Se réapproprier ce que l’on est vraiment : vivent les néologismes !

Voilà donc une remarquable entreprise de marketing idéologique menée de longue date avec une constance étonnante, un terrorisme intellectuel terriblement efficace se régénérant sans cesse, qui contraint ceux qui aujourd’hui représentent une certaine avant-garde aux antipodes de l’antiparlementarisme, porteurs d’une vision du monde alternative, d’un souffle démocratique véritable et d’un sentiment d’appartenance profondément enraciné, à inventer de nouveaux mots : les mots de l’intelligence après la gauche. Identitaires, nouveaux résistants, différentialistes, éco-localistes, néo-européens, euro-protectionnistes, ou, plus intello : post-modernes ou archéofuturistes, intéressant, pas totalement satisfaisant… Il y a encore beaucoup de place au tableau pour les orages d’esprit les plus créatifs. L’heure est à la production de concepts nouveaux pour nous réapproprier ce que nous sommes vraiment et le faire savoir.

Loin des phonèmes piégés, les néologismes peuvent avoir cette incroyable capacité à montrer le monde tel qu’il vient de surgir, tel qu’il a toujours été et à préfigurer ce qu’il pourrait être.

J.H. d’Avirac

[box class=”info”]Source : Correspondance Polémia[/box]

Voir aussi :

Dictionnaire de Novlangue
Dictionnaire de la réinformation
Marine Le Pen entre diabolisation, normalisation et banalisation
Petite histoire des campagnes de diabolisation