Mouvement anti-pass – Pierre-Yves Rougeyron : « Jusqu’à 200.000 manifestants par semaine, du jamais vu depuis 50 ans » [vidéo]

manif pass sanitaire

01/09/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Près de 160.000 personnes ont défilé contre le pass sanitaire ce samedi 28 août, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur. Le collectif « Le nombre jaune » totalisait de son côté 319.000 personnes. Une mobilisation légèrement en baisse au regard des précédentes manifestations. Pour le ministre de la Santé Olivier Véran, il faudrait y voir la fin « des dernières réticences » face au « succès du pass sanitaire ». Qu’en est-il vraiment ?

Pour évoquer l’avenir de cette mobilisation sociale, Sputnik donne la parole à l’un des ses militants, l’intellectuel et président du Cercle Aristote Pierre-Yves Rougeyron.


Pass sanitaire – 7e samedi : mobilisation en baisse ? Détermination en hausse

manif pass sanitaire

Joie au ministère de l’Intérieur : sur tout le territoire français, il y aurait eu samedi 8 % de manifestants en moins. C’est possible. D’ailleurs, le très fiable comptage du réseau Le Nombre jaune identifie également une baisse, un peu plus importante, même : − 12 %. Les 15 000 correspondants du Nombre jaune, qui ont observé les 200 manifestations de samedi, ont toutefois compté 319 000 participants, contre 160 000 selon la place Beauvau, soit exactement le double. Mais nous ne sommes plus au niveau d’écart d’autrefois. Peu importe d’ailleurs car ce qui est impressionnant, c’est que partout en France, depuis sept semaines, en plein mois d’août, des centaines de milliers de personnes manifestent au seul cri de « Liberté ! ».

Parmi les manifestants, le nombre de vaccinés est sans doute en hausse. Ont-ils eu le choix ? Pas vraiment. La mort sociale sanctionne à la longue les récalcitrants, les indifférents, les sceptiques, les bélénophobes (qui ont la phobie des piqûres). Mais y a-t-il pour autant matière à soutenir, comme le dit Véran, que « les dernières réticences sont en train de tomber face au succès du passe sanitaire ». La détermination des participants semble plutôt croître encore. Ils se sentent les porte-parole d’une population française qui éprouve une défiance de plus en plus forte à l’égard de ses élites.

Au-delà de ces prémices de « dictature sanitaire », qui ne font certes pas de la France une nouvelle Corée du Nord, il y a la perception que nos libertés s’effilochent au quotidien. Deux cas récents, liés au débat sur la crise sanitaire, viennent relancer ce sentiment d’une perte progressive de nos libertés.

Le questionnement est à la base de l’esprit scientifique

La première affaire concerne Xavier Lemoine, le maire divers droite de Montfermeil. Il se retrouve victime d’une sorte de lynchage pour avoir écrit dans un éditorial nuancé à l’usage de ses concitoyens : « Renseignez-vous bien avant de faire vacciner votre enfant. » Est-ce donc un crime que de dire cela ? Il incite à la prudence dans la mesure où l’on déploie « de nouvelles techniques jamais utilisées massivement sur l’homme ». Il soutient que « d’autres traitements existent ». Se renseigner, être prudent, s’intéresser aussi à d’autres techniques… a-t-il touché à un dogme ? Il est possible qu’il se trompe. Il se peut qu’à la longue on s’aperçoive qu’il n’y a pas d’autre technique efficace, il se peut que des parents qui se seraient renseignés décident de continuer à utiliser le protocole choisi par le gouvernement. Ou pas. Il est possible – et même souhaitable – que les nouvelles techniques jamais utilisées massivement sur l’homme se révèlent néanmoins parfaitement efficaces. Tant mieux.

Mais aucune des questions de Xavier Lemoine n’est sacrilège. Le questionnement est à la base même de l’esprit scientifique.

Or, pour avoir écrit cela, il est traité de « dangereux et irresponsable » par les macronistes. Des voix réclament sa « démission immédiate ».

En procédant ainsi, ses censeurs ne font qu’aviver la perte de confiance. La disproportion de la réaction par rapport aux propos donne le sentiment que les pouvoirs publics cachent quelque chose, qu’il faut empêcher les gens de « chercher à comprendre ». Même s’ils n’ont pas les compétences nécessaires, même s’ils se trompent, pousser à les empêcher de « chercher à comprendre » est le plus sûr moyen de favoriser les théories les plus folles, le sentiment qu’il y a une main cachée qui dirige, comme l’écrivait Henry Coston (même s’il pensait surtout à la franc-maçonnerie, moins directement présente dans le débat actuel que sur les questions sociétales).

Critiquer le multimilliardaire Soros est antisémite

Seconde affaire : la Creuse serait en proie à une dérive nazie. Figurez-vous que des tags vaccino-sceptiques à tendance antisémite ont été découverts à Guéret. Le premier cite le multimilliardaire Soros, qui serait donc juif, selon la classification du ministère de l’Intérieur, sans se poser la question de savoir si ce n’est pas plutôt sa fondation Open Society qui est mise en cause, association qui finance tout ce qui peut contribuer à diluer les identités nationales, identités de sexe et autre. Prétendument juif, M. Soros serait de ce seul fait inattaquable.

Un second tag porte la mention « Stop pass nazzitaire » (sic). Le ministre de l’Intérieur n’y voit pas l’atteinte classique du fameux point Godwin qui, lors de tout débat qui dure, finit par une évocation (négative !) du nazisme, non, il y voit, lui, un slogan nazi ! Et quand un manifestant traite un défenseur du passe sanitaire de « collabo », Darmanin n’identifie pas une injure mais un soutien à la collaboration avec les hitlériens ! Désormais il ne sera donc plus possible de traiter quelqu’un de collabo, de SS, de nazi, car « c’est celui qui le dit qui l’est », si on comprend bien la logique de Darmanin. Tant mieux ! Mais il ne s’agit que d’une ruse darmanienne, destinée à discréditer les manifestants. Cependant, c’est lui qui se discrédite chaque jour un peu plus.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 30 août 2021

Fronde anti-pass sanitaire : «On peut s’interroger sur les chiffres du ministère de l’Intérieur»

manif pass sanitaire

23/08/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Arnaud Benedetti, rédacteur en chef de la revue politique et parlementaire, et Loïc Bonnet, président de l’association des théâtres privés en régions, reviennent sur la mobilisation de ce samedi 21 août et les conséquences de la mise en place du pass sanitaire dans certains lieux accueillant du public.

Les chiffres annoncés par le ministère de l’Intérieur ont été remis en question par plusieurs collectifs qui estiment le nombre de manifestants sous-évalué par l’exécutif.


Mobilisation anti-pass sanitaire : un mouvement qui cherche à durer [vidéo]

pass sanitaire

20/08/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Depuis l’annonce d’Emmanuel Macron de généraliser le pass sanitaire le 12 juillet dernier, la mobilisation se poursuit contre cette mesure. Selon les autorités, ils étaient encore 215 000 manifestants à défiler dans les rues en France le 14 août pour le cinquième samedi consécutif.

Malgré ces chiffres importants, le gouvernement a tenté de minimiser l’ampleur du mouvement, en comparant notamment le nombre de manifestants aux millions de Français vaccinés. Mais la détermination des anti-pass semble toujours intacte.


Manifestations contre la ségrégation vaccinale en Europe

pass sanitaire

La France est en tête de la ségrégation vaccinale en Europe et c’est là que les manifestations contre ce nouveau type d’apartheid sont les plus massives. Parmi les autres grands pays de l’UE, seule l’Italie a pour le moment suivi l’exemple de la France avec un passe sanitaire affublé de l’appellation anglaise « green pass » qui est nécessaire pour accéder à toutes sortes de services. Et c’est donc en Italie que des manifestations ont lieu le plus régulièrement pour protester contre cette ségrégation que les politiciens locaux n’arrivent pas non plus à justifier de manière logique et cohérente puisque les vaccins contre le Covid-19 ne sont pas tant supposés empêcher de contracter et transmettre le coronavirus chinois et ses variants mondiaux que de prévenir les formes graves de la maladie.

La Ligue de Salvini participant au gouvernement Draghi, c’est le parti Fratelli d’Italia de Meloni qui est le plus important instigateur de ces manifestations aux côtés de différents mouvements citoyens, même si des responsables de la Ligue y participent aussi. Le mouvement dure depuis le mois de juillet, quand ce « green pass » a été annoncé, et celui-ci étant entré en vigueur le 6 août, le samedi 7 août avaient lieu de nouvelles manifestations dans toute l’Italie pour défendre les libertés. Comme en France, certains manifestants comparent la ségrégation et le discours des politiques et des médias contre les non-vaccinés à l’ancienne rhétorique anti-juive. Toujours comme en France, ces comparaisons de type « point Godwin » sont le plus vigoureusement condamnées par la gauche qui souhaiterait en conserver le monopole. Si les manifestations sont nombreuses et fréquentes en Italie, elles n’ont toutefois pas un caractère massif puisqu’elles rassemblent généralement entre quelques centaines et quelques milliers de manifestants.

Dans le reste du monde

Le 24 juillet, d’importantes manifestations contre le passeport vaccinal et les restrictions sanitaires abusives avaient également lieu à Londres et à Dublin dans le cadre du Worldwide Rally for Freedom (Rassemblement mondial pour la liberté). Ce jour-là, des gens manifestaient pour les libertés, y compris pour la liberté de choix en matière de santé, au Royaume-Uni, en Irlande, en France, en Allemagne, en Grèce, en Lituanie, en Slovaquie, en Finlande, aux Etats-Unis, au Canada, en Australie, au Japon, en Afrique du Sud et dans plusieurs autres pays. Le prochain mouvement mondial de manifestations est prévu pour le 18 septembre prochain dans plus de 200 villes du monde entier. Le 1er août, une manifestation avait à nouveau lieu à Berlin en dépit de son interdiction. En Allemagne, c’est le mouvement Querdenker (« penseurs latéraux »), créé pour l’occasion, qui est le principal instigateur d’un mouvement de protestation également soutenu par le parti de droite Alternative pour l’Allemagne (AfD).

Plus à l’est, la Lituanie et la Slovaquie ont introduit des mesures de ségrégation vaccinale qui ont suscité un fort mouvement de contestation, avec en particulier de véritables émeutes devant le parlement lituanien à Vilnius le mardi 10 août dans la soirée. En Pologne, où les autorités parlent de plus en plus ouvertement de la possibilité d’adopter des mesures discriminatoires à l’égard des non-vaccinés, une grande manifestation préventive avait lieu à Katowice, la capitale de la région de Basse-Silésie, le samedi 7 août.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 16 août 2021

Une révolution profondément française, par Ivan Rioufol

Pour 43% des sondés, « la France devient une dictature » (JDD de ce dimanche). Ils sont 57% à refuser ce point de vue. Ce jugement est, en effet, aisément contestable : le régime n’arrête pas ses opposants, et la contestation dans la rue s’exprime sans entraves. Reste que le sentiment d’être entré brutalement, cet été, dans un nouveau modèle de société, autoritaire et liberticide, est loin d’être marginal. L’Etat hygiéniste, imposé le 12 juillet par Emmanuel Macron avec l’aval de « contre-pouvoirs » acquis à ce basculement, n’a plus beaucoup à voir avec une démocratie équilibrée. Le passe sanitaire, qui instaure la discrimination entre citoyens, peut être vu comme une régression.

Ceux qui manifestent tous les samedis depuis le 17 juillet ont raison de dénoncer cette ségrégation sanitaire et sa vision aseptisée de la Santé, érigée en valeur cardinale au détriment de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité. La dépolitisation apparente de la stratégie macronienne est un leurre : il permet au chef de l’Etat de se présenter en protecteur de son peuple, alors même qu’il a renoncé à désendetter le pays, à le réformer, à le mettre à l’abri des fractures. Je me retrouve, avec bien d’autres qui refusent ce passe de la honte, interdit de fréquenter des lieux anodins comme les bistrots ou les cinémas. Je trouve cette situation de paria, soutenue pourtant par 57% des sondés, indigne et révoltante. Ce passe ne passe pas.

La France n’est pas une dictature, c’est entendu. Mais comment se nomme ce prétendu modèle « libéral » et « démocratique » qui n’accepte que le monologue du président, la propagande d’Etat, la conformité de tous à la norme officielle ? « Le parti a toujours raison », répète en substance le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, quand il assure : « Il n’y a pas d’autre alternative ». Comment se nomme cette prétendue société « ouverte » et « tolérante », qui fait des hiérarchies entre les citoyens et attribue aux QR Codes des vertus patriotiques, comme la Loi des suspects de 1793 faisait le tri en fonction des « certificats de civisme » ?

Si l’idéologie totalitaire se caractérise par un système de pensée unique, une vérité d’Etat, une intolérance pour le pluralisme des opinions, une diabolisation de l’adversaire, un rejet des faits dérangeants, un usage immodéré de la sanction pour les questionneurs, alors le macronisme est bien une machine despotique. Et les 43% de sondés qui y voient une dictature en marche n’ont pas totalement tord. L’Etat hygiéniste, qui agite la peur et l’hystérie, fait passer les défenseurs de la Liberté, de l‘Egalité et de la Fraternité pour les ennemis de la République. La macronie a face à elle une révolution en cours. Elle est profondément française.

Ivan Rioufol

Texte daté du 15 août 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Pass sanitaire : un quatrième samedi consécutif de mobilisation aux quatre coins de France [vidéo]

pass sanitaire manif

09/08/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Pour la quatrième semaine de suite, des manifestants se sont rassemblés dans l’Hexagone pour protester contre l’extension du pass sanitaire et la vaccination obligatoire des soignants, samedi 7 août.

D’après les chiffres officiels, 237.000 personnes sont descendus dans la rue ce samedi pour un quatrième week-end de manifestation consécutif. A Paris, ils étaient 17.000 dans les rues soit 2.000 de plus que samedi dernier.



Frederick Lemarchand: «Le mouvement anti-pass sanitaire n’est pas destiné à s’éteindre» [vidéo]

pass sanitaire

05/08/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Jusqu’où ira la contestation anti-pass sanitaire en France? Alors qu’une nouvelle journée de mobilisation est prévue le 7 août prochain dans tout le pays, le sociologue Frederick Lemarchand se penche sur le message politique, anti-élites et «antilibéral», porté selon lui par les manifestants.

Pour le directeur du CERREV (Centre de recherche risques et vulnérabilités) de l’université de Caen-Normandie, la dynamique de cette contestation est une lame de fond dans des sociétés contemporaines de plus en plus «vulnérables». Entretien.


Didier Maïsto: le mouvement anti-pass sanitaire «cristallise toutes les colères et les frustrations» [vidéo]

Didier Maïsto

04/08/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Au moins 200.000 personnes manifestaient ce samedi 31 juillet dans tout le pays contre la généralisation du pass sanitaire. Une fois de plus, quelques Gilets jaunes étaient de sortie dans les rangs des manifestants. Y a-t-il un lien entre ces deux mouvements? Peut-on s’attendre à une «convergence des luttes» dans les mois à venir?

Pour y voir plus clair, Sputnik donne la parole à l’ancien patron de Sud Radio, Didier Maïsto, fervent soutien des Gilets jaunes, engagé aujourd’hui contre le pass sanitaire.


Retour sur les manifestations anti-passe obligatoire

manif pass sanitaire

Pas de congé pour les défenseurs de la liberté : samedi, plusieurs centaines de milliers voire un million de Français ont à nouveau défilé contre l’instauration du passe sanitaire. Tantôt silencieux, tantôt méprisant, le gouvernement a créé malgré lui un mouvement qui est parti pour durer…

La journée du 31 juillet 2021 fera date. Non, les Français n’ont pas – pour l’heure ! – renversé la tyrannie sanitaire, mais ils ont démontré qu’ils allaient lutter jusqu’au bout pour la liberté.

De Paris à Marseille, de Strasbourg à Vannes, en passant par Boulogne-sur-Mer, Amiens, Rouen, Saumur ou Pau, le « passe sanitaire » ne passe pas. 184 manifestations ont ainsi été organisées dans tout le pays, réunissant des centaines de milliers de personnes, voire davantage ! Si le chiffre de 204 090 de la police a été repris par les médias mainstream, rebaptisés par les manifestants « médias des milliardaires » sur les réseaux sociaux, il semble en effet que le chiffre réel soit bien plus élevé.

Comme aux grandes heures des Gilets jaunes, ces rassemblements ont momentanément brisé les barrières et rassemblé les Français. Des militants patriotes côtoyaient des sympathisants de gauche, lecteurs de Présent et de Charlie Hebdo marchaient côte à côte, tandis que de nombreuses familles battaient le pavé pour la première fois, pancartes à la main. A Nice, ce sont les pompiers qui ouvraient le cortège.

Des arrestations

Les opposants au passe sanitaire ne sont ni des fous, ni des égoïstes ni « une frange capricieuse et défaitiste », comme les qualifiait encore le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal le 18 juillet dernier, lors du premier week-end de mobilisation. Pour eux, l’heure est grave et la tension était palpable. Des affrontements entre policiers et manifestants ont eu lieu à Paris, Nantes et Toulouse, entraînant une vingtaine d’arrestations.

Les attaques et intimidations répétées du gouvernement contre une partie de la population n’ont pas éteint l’incendie, mais ont au contraire provoqué un véritable brasier que rien ne saurait éteindre, si ce n’est une improbable volte-face. Rappelons que le 4 décembre 2020, le président de la République déclarait au média Brut qu’il devrait peut-être « faire des choses dures » durant les derniers mois de son mandat « parce que les circonstances l’exigeront », et que cela rendrait impossible le fait qu’il soit candidat à sa réélection. Le passe sanitaire semble correspondre à un tel cas de figure.

Le locataire de l’Elysée, peut-être aussi inquiet qu’au mois de décembre 2018, lorsque les Gilets jaunes étaient à ses portes, n’était toutefois pas chez lui samedi après-midi, préférant le fort de Brégançon. Le président est en vacances mais les Français devraient vraisemblablement poursuivre les actions de contestation, ces prochaines semaines, en plein mois d’août. Du jamais vu !

Si le gouvernement est la cible principale des foules, les grands médias ne sont pas en reste. A Belfort, les locaux de la radio France Bleu ont été ciblés, les manifestants accusant les journalistes d’être « des collabos ». Le traitement médiatique de cette journée de contestation leur donne raison.

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 2 août 2021

Manifestations en France – La mobilisation contre l’extension du pass sanitaire ne faiblit pas

pass sanitaire

02/08/2021 – FRANCE (NOVOpress)
La mobilisation contre l’extension du pass sanitaire ne faiblit pas. Environ 204 090 personnes (sic) ont manifesté samedi 31 juillet à travers la France, selon le ministère de l’Intérieur, dont 14 250 à Paris. Au total, 184 actions ont été recensées. Le samedi précédent, ces manifestations avaient réuni 161 000 personnes, dont 11 000 dans la capitale, toujours selon la place Beauvau. Lors du premier samedi de mobilisation, le 17 juillet, 114 000 personnes avaient manifesté.

Ces chiffres sont bien évidemment sous-évalués. Mais une chose est sure : les opposans au pass sanitaire sont déterminés à poursuivre la mobilisation.

Regroupée autour des hashtags #manif31juillet et #PassDeLaHonte sur les réseaux sociaux, l’opposition aux mesures pour lutter contre le Covid-19 fédère des manifestants anti-pass sanitaire, anti-vaccins ou anti-confinement, aux revendications protéiformes. Dans les cortèges, où figurent également de nombreux « gilets jaunes », les manifestants fustigent un pass sanitaire « liberticide » et affirment marcher « contre la dictature ».



Pass sanitaire – Liberté, liberté chérie, par Maxime Tandonnet

manif pass sanitaire

La tendance médiatique est à la diabolisation des manifestants qui scandent le mot « liberté » dans la rue, présentés comme des extrémistes ou des populistes. Nous atteignons le paroxysme de l’inversion des valeurs, quand l’invocation de la liberté est jugée fascisante par nombre d’experts, commentateurs et supposés intellectuels. La question de la liberté est pourtant sérieuse. La CNIL elle-même a considéré que les mesures relatives à l’obligation du pass sanitaire représentaient « une atteinte particulièrement forte à la liberté. »

Ces paroles – d’une exceptionnelle gravité – n’ont semble-t-il guère ébranlé les murailles de la bonne conscience. Les inspirateurs, responsables ou chantres de ce dispositif affirment qu’il ne saurait être que provisoire. Qu’en savent-ils dès lors que nul n’a la moindre idée de la durée de la crise sanitaire qui se prolonge par vagues de contaminations et des futurs variants ? Un précédent est ouvert et les circonstances qui justifient le dispositif actuel ont toutes les chances de durer ou de se reproduire – indéfiniment – dans l’avenir.

L’atteinte aux libertés est en effet dévastatrice. L’obligation de décliner son identité et un laisser-passer certifiant un état sanitaire pour entrer dans un restaurant, un bar, un train, un hôpital ou un centre commercial, tous ces gestes les plus courants de la vie quotidienne, représente un phénoménal recul des droits de la personne et du libre arbitre individuel. Cela revient à exclure de la société – transformer en parias ou en sous-homme – les individus qui pour une raison ou une autre ne seront pas en mesure de présenter ce laisser-passer.

Obliger des professionnels à contrôler les laisser-passer de leurs usagers ou clients – sous peine d’une amende gigantesque de 45 000 € et d’un an de prison – engendre une société d’autosurveillance, d’embrigadement et de délation en transformant chacun en policier de l’autre. Faire de la non- vaccination un motif de licenciement, interdire l’accès aux EPHAD des non vaccinés représentent un impressionnant recul de la civilisation. Les premières victimes sont les jeunes. Pendant des mois, ils ont été écartés de la vaccination au prétexte qu’ils n’étaient pas menacés, le vaccin étant dès lors inutiles pour eux, et soudain le pouvoir exige d’eux qui aillent se faire vacciner sous la menace d’une sorte d’anéantissement social.

La vérité est que rien au monde ne permet de justifier ce basculement soudain dans une autre société bafouant la liberté quotidienne, officialisant la discrimination et l’autosurveillance policière. Les contaminations sont certes en hausse mais grâce au vaccin (notamment) diffusé sur une base volontaire, protégeant les personnes âgées et atteintes d’une comorbidité, ni les réanimations ni les décès ne sont en augmentation au regard des statistiques officielles. Dès lors qu’il est admis que le vaccin protège les personnes âgées ou fragiles et que le covid 19 n’est pas mortel pour les autres, la peur panique qui règne en ce moment sur les esprits et entraîne ce vent de folie est sans le moindre espèce de fondement.

Les véritables motivations de ce basculement n’apparaissent pas encore clairement aujourd’hui. Rien ne permet d’imaginer une sorte de « complot » planétaire dès lors que la France se singularise dans ce grand naufrage liberticide (à quelques exceptions près). La déraison politique en est sans doute la principale explication. Il faut y voir une fuite en avant autoritariste de la part de dirigeants paniqués à l’idée d’être accusés d’inaction face à la reprise épidémique, un effet paroxystique de la grande dérive narcissique : donner l’illusion de la poigne et la fermeté par des postures intransigeantes. L’obsession de la réélection présidentielle dans moins d’un an n’arrange rien…

Mais ce qui est le plus effroyable, bien plus que la dérive d’une poignée de dirigeants de circonstance, c’est l’aveuglement et la servilité qui entourent le naufrage en cours. La pensée unique fait rage dans les médias, au parlement, dans les institutions et les juridictions et même semble-t-il, une partie de l’opinion sous influence. La manière dont la France dite « d’en haut » tourne le dos à la tradition française de liberté et de respect des droits de la personne, s’accommode de cet encasernement de la vie quotidienne sans la moindre raison valable et dans la plus parfaite bonne conscience, puis s’efforce en ce moment de diaboliser ou fasciser le mot de « liberté », est le signe le plus patent de son vertigineux déclin intellectuel. Quant à l’idée folle de sacrifier la liberté au profit d’une sécurité absolue, elle est l’expression même de la lâcheté et de la soumission.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Mobilisation massive contre le pass sanitaire – Des rassemblements dans toute la France

pass sanitaire

26/07/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Après les gilets jaunes, les antipass ou antivax ? La question se pose au vue des manifestants toujours plus nombreux contre les mesures sanitaires. Samedi, ils étaient des centaines de milliers et probablement plus à la rentrée si les rassemblements se poursuivent.

Dans la manifestation parisienne de nombreuses personnes présentes brandissaient des pancartes «liberté» mais aussi «restons unis». Car ces Français en sont persuadés : le mouvement peut encore grandir.

Au total 168 actions ont été recensées par le ministère de l’intérieur. Manifestation sous le soleil à Annecy et Nice, sous la pluie à Rennes… Rassemblement massif à Paris… Alors qu’une première manifestation est partie de place de la Bastille, une seconde à l’appel de Florian Philippot se tenait place du Trocadéro. Le président des Patriotes a notamment déclaré

«S’ils n’écoutent pas, on organisera le blocage général du pays»


Manifestation contre le pass sanitaire – Florian Philippot : «On est rassemblés pour dire stop à cette tyrannie»

philippot pass sanitaire

19/07/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Plusieurs rassemblements ont été organisés ce 17 juillet contre l’extension du pass sanitaire et l’obligation vaccinale pour certains métiers.

A Paris, des centaines de manifestants sont rassemblés devant le Palais-Royal pour s’opposer au pass sanitaire. Nicolas Dupont-Aignan et Florian Philippot se sont exprimés au micro de RT France.


Covid-19 : les Français anti-vaccin et anti-pass ont manifesté dans tout le pays

pass sanitaire

19/07/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Ils se sont exprimés un peu partout en France le samedi 17 juillet. Les “anti-vax” et “anti-pass” étaient un peu plus de 100 000 dans les rues, selon le ministère de l’Intérieur.

Des Français ont manifesté dans plusieurs villes de France, samedi 17 juillet, contre l’extension du pass sanitaire et l’obligation vaccinale. À Paris, les manifestants ont convergé, comme un symbole, vers le ministère de la Santé. Ils redoutent une réduction de leurs droits. Des personnalités politiques ont également rejoint le cortège, comme Florian Philippot ou Nicolas Dupont-Aignan, tout comme des figures du mouvement des Gilets Jaunes.

À Montpellier (Hérault), 2 000 personnes se sont retrouvées place de la Comédie. “Il y a un danger pour mes droits, je vais rester enfermée chez moi”, estime une femme. À Toulouse (Haute-Garonne), les doutes persistent concernant le vaccin. “Ce vaccin il est nouveau, on a une grande base de données sur les effets à court terme, (…) par contre on n’a absolument aucun recul sur le long terme”, estime une manifestante.


Plusieurs mobilisations contre le pass sanitaire organisées dans toute la France [vidéo]

manif pass sanitaire

15/07/2021 – FRANCE (NOVOpress)
A travers le pays, où se déroulaient 53 rassemblements, les manifestants se sont mobilisés «contre la dictature» et «contre le pass sanitaire».

Ils étaient plus de 20 000 Français à manifester leur mécontentement, ce mercredi 14 juillet, contre le pass sanitaire et l’obligation de se faire vacciner.

Un millier de manifestants à Marseille (Bouches-du-Rhône), des soignants, mais aussi des anonymes sont venus dénoncer une atteinte à leur liberté. “On ne va plus avoir de liberté. Il va y avoir une espèce de ségrégation entre les Français”, estime une manifestante. Une liberté réclamée aussi à Annecy (Haute-Savoie). Des soignantes sont prêtes à perdre leur emploi. À

À Paris, des heurts ont éclatés aujourd’hui en début d’après-midi. La police a fait usage de gaz lacrymogènes pour répondre à des jets de projectile.

Yann Fontaine, clerc de notaire de 29 ans, est venu du Berry pour manifester à Paris. Rejetant l’étiquette de «complotiste», il a expliqué à l’AFP que «le pass sanitaire, c’est de la ségrégation». «Macron joue sur les peurs, c’est révoltant. Dans mon entourage, je connais des gens qui vont se faire vacciner juste pour pouvoir emmener leurs enfants au cinéma, pas pour protéger les autres de formes graves du Covid», a-t-il regretté.

A Lyon, où 1400 personnes ont manifesté, des tensions ont éclaté dans le centre-ville. Un groupe d’opposants à la vaccination a aussi forcé le portail de la préfecture de Haute-Savoie à Annecy, sans commettre d’autres dégradations.


Pays-Bas : Couv(r)e le feu – Violentes contestations contre le couvre-feu

couvre-feu manifestations

Aux Pays-Bas, le couvre-feu instauré ce week-end et prévu pour durer jusqu’au 9 février provoque de violentes contestations. Il est pourtant moins restrictif qu’un confinement et même moins strict qu’en France, courant de 21 heures à 4 h 30. L’amende en cas d’infraction est de 95 euros (135 euros en France, où 110 000 procès-verbaux ont été dressés depuis le 15 décembre).

Tout a commencé dimanche à Amsterdam avec une réunion non autorisée de 1 500 manifestants qui s’en sont pris à la police, y compris la police montée. Puis ce sont à de véritables émeutes que la police a dû faire face dimanche et lundi soir à Amsterdam, Rotterdam, Amersfoort, Geleen (près de Maastricht), La Haye, Bois-le-Duc, Eindhoven, Breda, Helmond, Haarlem… Aucune ville, grande ou petite, n’est semble-t-il épargnée. Vitrines de magasins brisées et marchandises pillées, affrontements avec la police avec pavés ou feux d’artifice, commissariats attaqués, voitures et poubelles incendiées, cette flambée de violence a incité le maire de Rotterdam, Ahmed Aboutaleb, à prendre un décret autorisant la police à multiplier les arrestations. Ce sont 250 personnes qui ont été arrêtées dimanche soir, 70 lundi soir.

Le pays n’ayant pas la réputation d’être remuant, qui sont les protestataires ? Le flou subsiste. Il semble que les appels à la contestation aient été le fait d’identitaires néerlandais, mais que – syndrome Gilets jaunes – ils aient été rejoints et débordés par l’ultragauche et les racailles toujours promptes à casser et à piller, que ce soit pour lutter contre le capitalisme ou pour chouraver des Nike et des iPhone.

Mark Rutte, le Premier ministre, a condamné une « violence criminelle [qui] n’a rien à voir avec la lutte pour la liberté. Nous ne prenons pas toutes ces mesures pour rire. Nous le faisons car nous combattons le virus et que c’est pour l’instant le virus qui nous prend notre liberté ». Mais ce combat contre le virus paraît tellement relever de décisions aléatoires, en tout cas changeantes (comme en France) que le ras-le-bol de la population finit par s’exprimer. Le port du masque à l’intérieur des lieux publics, « inutile » dans un premier temps, est devenu obligatoire le 1er décembre. Les magasins ont été fermés juste avant Noël, sans avertissement préalable… De quoi exaspérer jusqu’aux plus paisibles Bataves de Vondervotteimittiss.

A noter que les restrictions sanitaires provoquent des heurts dans d’autres pays : au Liban, à Tripoli précisément, de jeunes protestataires s’en sont pris aux autorités locales ; à Tel-Aviv, la police s’est retrouvée aux prises avec les juifs ultraorthodoxes qui protestaient contre le confinement.

Guy Denaere

Article paru dans Présent daté du 26 janvier 2021