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Reportage : Débrancher Mai 68 pour rebrancher la France

Cinq ans que l’on n’avait pas vu les foules qui arpentaient le pavé parisien pour protester contre le mariage homosexuel. Un an que Marion Maréchal n’avait pas fait d’apparition publique dans notre pays. Hier soir, les deux étaient réunis sous la houlette de l’association versaillaise Eveilleurs d’Espérance et du mensuel L’Incorrect, dans une immense salle au ciel étoilé du sud de Paris pour « débrancher Mai 68 ». La France de retour alors ?

Oui, celle que veut ressusciter Marion Maréchal qui s’est donné pour mission de « sortir les conservateurs de leur état de zombification et de les faire revenir à la vie » et qui sut remobiliser une assemblée nettement orpheline depuis l’élection d’un véritable enfant de 68, un certain Macron qui met en pratique tout l’héritage délétère de cette époque.

Plus de mille personnes ont fait une ovation à celle qui veut « réveiller la droite conservatrice » et débrancher Mai 68 pour de bon. Avant sa brillante intervention, un film inédit d’Arnaud Stephan sur Mai 68 a permis au public d’entendre Xavier Raufer, Malliarakis ou Gérard Leclerc donner leur version des événements et tordre le cou au discours convenu que l’on entend depuis belle lurette. Comme l’a dit avec humour André Bercoff, invité lui aussi à témoigner : « On a eu les drapeaux rouges. Maintenant les Louboutin ». C’est vache, mais tellement vrai !

Le réquisitoire de Mai 68 dressé par Jean Sévillia et Gérard Leclerc qui ont démonté tout le mécanisme aura permis à la patronne de Causeur Elisabeth Lévy de jouer la soixante-huitarde de la soirée. Autres intervenants qui ont apporté leur pierre à l’édifice, Charlotte d’Ornellas et Jacques de Guillebon, cheville ouvrière de L’Incorrect et président du conseil scientifique de l’ISSEP, la future académie de sciences politiques créée par Marion et qui permettra d’en finir avec le sectarisme et le conformisme des grandes écoles devenues des « moules à gaufres » macronistes. Bon vent et bonne route à cette nouvelle initiative.

Article paru dans Présent daté du 01 juin 2018

Mai 68, la révolution des imbéciles

A l’occasion du 50e anniversaire des événements du printemps 1968, Charles Saint-Prot, qui a récemment publié L’Etat-nation face à l’Europe des tribus (éd. du Cerf), signe un vigoureux pamphlet sous le titre évocateur Mai 68, la révolution des imbéciles (éditions de Flore).

On aura compris que ce texte n’est pas tendre à l’égard de ce que l’auteur qualifie de « chamboulement abject, un mouvement littéralement antisocial conduisant à l’institution d’un individu abstrait livré à la domination du Marché mondialisé… ». Il ajoute « Sous couvert d’un gauchisme de façade qui ne fut rien d’autre que la maladie sénile du crétinisme, Mai 68 fut le terreau d’un nouveau totalitarisme qui s’épanouit aujourd’hui avec un rare cynisme. Moins qu’une révolution, ce fut le début d’un long processus de pourrissement, de renversement des valeurs ».

On comprendra qu’aux yeux de Charles Saint-Prot, rien n’est plus urgent qu’en finir avec le mythe soixante-huitard pour remettre les idées à l’endroit. L’analyse faite par ce penseur des causes de mai 68 est particulièrement intéressante. Après avoir posé le principe qu’ « en 1789 comme en mai 1968, l’idéologie révolutionnaire n’est qu’une vision illuminée au service d’intérêts obscurs », il s’interroge sur la nature de ces intérêts. A cet égard, il rappelle ce qu’écrivait le professeur Jean Rouvier, dans son fameux ouvrage Les grandes idées politiques (1978), affirmant qu’un « lobby israélo-américain » ne fut pas étranger au déroulement de ces événements. Ainsi, tout se serait passé « dans le dos des acteurs » comme a pu le constater Régis Debray. Charles Saint-Prot soutient donc que l’agitation fut orchestrée de l’étranger pour affaiblir la France que le général de Gaulle avait relevée en proposant une vision « héroïque et futuriste ». Carnaval grotesque contre les valeurs traditionnelles, Mai 68 fut aussi « la première grande bataille des forces qui voulaient imprimer un bouleversement total de l’ordre politique et des valeurs de la société au profit de la dictature du Marché ultra-libéral et mondialisé. Bref, ce n’est pas l’imagination qui voulait prendre le pouvoir mais la finance anonyme et vagabonde ».

Rappelant l’obsession anti-française de ceux qui pensaient comme Cohn-Bendit que « le drapeau français est fait pour être déchiré », l’auteur met en cause l’idéologie antifrançaise qui est devenue la pensée dominante à l’aube du XXIe siècle au point que tant de pseudo-élites, passées du gauchisme à l’ultralibéralisme, renoncent à la France sacrifiée aux billevesées mondialistes et européistes. D’où cette conclusion sévère :

Libertaires et libéraux se retrouvent contre l’État-nation pour célébrer à satiété les vertus de la globalisation et de la construction européenne et encourager les tentations régionalo-séparatistes. Ils sont dans un même combat contre la pensée française, cet ultime môle de résistance contre les menaces de toute nature qui s’amoncellent au début du troisième millénaire. L’éternel enjeu consiste à réaffirmer le primat de l’homme, de la civilisation, des forces de la vie contre le nivellement matérialiste, les nuées cosmopolites, les forces de la mort. Et Mai 68 fut tout cela, sans apporter naturellement la moindre réponse aux interrogations du monde moderne.

En fait, c’est la question de l’avenir de la France qui est posée dans ce petit livre très utile à la formation de l’esprit public..

Michel Morès

Tribune reprise de Theatrum Belli

[Vidéo] Bernard Lugan : Mon Mai 68, vu d’en face…

12/04/2018 – INTERNATIONAL (NOVOpress)
L’universitaire de renom est, en mai 68, responsable de l’Action Française à Nanterre et chargé du service d’ordre de cette organisation royaliste. Dans un ouvrage truculent, il offre un témoignage enthousiasmant sur ces événements et sur une génération de vrais rebelles.

Répondant aux questions de Martial Bild, Bernard Lugan dessine l’état d’esprit de l’époque et la postérité de celle-ci.

Un récit amusant mais aussi un tableau sans concession d’une jeunesse d’extrême gauche qui écrivait « Interdire d’interdire » mais qui a engendré le « politiquement correct », forme la plus achevée de l’interdiction.


Nouveau livre de Bernard Lugan : “Mai 68 vu d’en face”

11/04/2018 – FRANCE (NOVOpress)
L’auteur, qui était à l’époque responsable pour l’Action française à Nanterre et chargé du service d’ordre de cette organisation, nous donne ici un témoignage sur Mai 68 vu d’en face, sous la forme de récits de différents épisodes qui dessinent l’état d’esprit d’une époque et sa postérité.

À travers une vingtaine d’anecdotes, Bernard Lugan fait entendre un ton différent sur la perception des “événements” 50 ans après. Un auteur emblématique, une voix originale sur Mai 68.

Liste des chapitres :
– Le couscous de Nanterre-La Folie
– La Corniche du lycée Henri IV
– Le réveil de la belle endormie
– Les cerises de Mai 1968
– Comment je suis entré à Sciences-Po
– Le grand escalier de la faculté de Lyon
– “Certes, les apparences sont contre nous…”
– “Prince, tu diras au Prétendant…”
– Le doyen qui ne voulait pas voir le sang couleur sur sa belle moquette
– Les fourches caudines d’Assas
– Derniers outrages gare Saint-Lazare
– Le dîner d’huitres
– Les “amis” du Père Bourdaloue
– Des anciens qui ont la pêche
– Une belle soirée place Contrescarpe

Pour le commander cliquer ici

proviseur-gwenn-compte

Des lycéens réclament des sanctions, le proviseur gauchiste s’indigne !

29/11/2016 – FRANCE (NOVOpress) : Au lycée professionnel de Paimbœuf, en Loire-Atlantique, l’esprit de Mai 68 est bien fini, côté lycéens du moins. Parce que côté proviseur, c’est l’indignation. La même indignation que quand le propre fils du proviseur avait écopé… d’un mois de placard pour s’en être pris à des policiers ! On vous raconte.

Vendredi dernier, des lycéens ont en effet manifesté aux cris de « Sanctions ! Sanctions ! », suscitant la stupéfaction de la presse locale et la vive irritation de la direction. « Scène surréaliste », écrit Ouest-France, en rapportant qu’« une petite centaine d’élèves sont regroupés devant le bureau de la proviseure avec un slogan à la bouche : “Sanctions, sanctions !“ ». Le motif de leur courroux ? « Ces lycéens de seconde, première et terminale sont en colère contre la direction de leur établissement. Ils l’estiment trop “laxiste“ vis-à-vis de certains élèves qui, selon eux, “foutent le boxon“ », poursuit le quotidien régional, qui raconte encre :

« Ils ont fouillé dans le sac d’un enseignant, ont balancé ses clés. Ils lancent des bouts de gomme, des cailloux, des chaises en classe. Les toilettes ont été dégradées, tout comme une imprimante », énumèrent les élèves. Selon eux, deux classes sont particulièrement concernées par ces incivilités. « Mais c’est tout le lycée qui trinque quand ils ferment la cafétéria après des dégradations, constate cet adolescent. On demande que les fautifs soient sanctionnés. Or, ce n’est pas le cas aujourd’hui. »

Réponse du proviseur, Mme Gwenn Compte (photo) :

« Je fais mon travail. Ma conviction est que la réponse aux problèmes se fait par le dialogue et non en coupant des têtes. L’école doit être inclusive et bienveillante. »

Elle ajoute :

« Ça me fait très peur que des élèves demandent ainsi des sanctions à l’encontre d’autres élèves. »

Mme Gwenn Compte n’aime pas les sanctions » et ça se comprend. En 2009, son fils avait écopé d’un mois de prison ferme. Il avait été reconnu coupable d’avoir lancé un projectile en direction des policiers lors du saccage de plusieurs magasins de Poitiers par une horde anticapitaliste !

Mariton

Hervé Mariton : « La droite doit livrer une bataille idéologique contre la gauche »

02/04/2016 – FRANCE (NOVOpress) : Hervé Mariton, député (LR) de la Drôme, a mis en ligne des extraits de son livre, Le Printemps des libertés (L’Archipel). Celui qui entend faire triompher une ligne libéral-conservatrice à la primaire de la droite et du centre reprend le thème qui avait fait la victoire de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007, celui du combat contre les idées de Mai 68.

« Depuis Mai 68, écrit-il dans le chapitre sur la « bataille idéologique » que la droite doit mener contre la gauche, l’amalgame de l’offre politique a été savamment orchestré par la gauche, avec des tabous qui ont fini par délégitimer la pensée conservatrice sur l’immigration, la sécurité, l’école ou même le capitalisme. Ce discours de culpabilisation a atteint sa cible : la droite a peur de penser par elle-même et d’affirmer ses valeurs. »

Il poursuit ainsi : « L’esprit de Mai 68 s’est infusé dans des pans entiers de notre société : le pédagogisme fou de l’Education nationale a imposé l’idée que l’enfant est censé reconstruire les savoirs par lui-même ; la justification sociale de la délinquance est parvenue à faire croire que le délinquant est avant tout une victime ; la sanctification de l’Autre nous a poussés à renier notre identité ; l’autoculpabilisation de notre culture rend impossible l’assimilation de nombreux immigrés ; l’étatisation de la solidarité a provoqué la déresponsabilisation des individus ; l’affirmation continuelle de droits a induit un mépris des devoirs. »

Mais c’est dans la critique du multiculturalisme qu’il est le plus pertinent, défendant des positions en rupture avec son parti :

« La gauche ne voit même pas que le modèle multiculturaliste dont elle chante les louanges constitue une fuite vers l’impossible. Elle semble ignorer une loi irréfutable de l’histoire du monde : pour que les cultures interagissent et s’enrichissent mutuellement, encore faut-il qu’elles continuent à exister. Encore faut-il que chaque individu ait pu se construire dans une culture particulière qu’il s’est approprié. Si dès notre naissance nous vivons tous dans une société multiculturelle, une telle appropriation devient presque impossible. La richesse prêtée au multiculturalisme cède trop rapidement la place au conformisme d’un a-culturalisme universel. »

Intéressant. Et qui a le mérite d’élever un débat bien terne.

Nos déconstructeurs

16/02/2016 – FRANCE (NOVOpress)
Depuis plus de trois décennies, nos politiques ont abdiqué toute idée de résistance face aux idées mondialistes et altermondialistes. Ils ont tellement bien appris leur nouvelle leçon qu’ils nous imposent à présent d’oublier ce que nous sommes !

Avec leur idéologie cosmopolite du bien vivre ensemble, la longue mémoire de la France doit s’effacer devant les valeurs idéologiques de la République, notre peuple doit se fondre dans un système communautariste, notre nation disparaître dans le multiculturalisme et notre histoire commencer avec Mai 68 et la Révolution de 1789. Tout le reste relève de l’anecdote. La crise que nous traversons n’est autre qu’identitaire et de ce fait beaucoup plus sérieuse et plus complexe qu’une simple crise économique qui peut toujours être combattue par des solutions alternatives.

Certains penseurs, plus éclairés que la moyenne des pseudo-intellectuels modernes, avancent l’idée d’un déclin inévitable. Ils déclarent souvent avec gravité, dans l’indifférence générale, que l’Europe occidentale se trouve dans un état de décadence très avancé et que nos problèmes liés à l’immigration de remplacement ne sont que les révélateurs d’une fin de cycle douloureuse. Qu’après avoir connu la force et la grandeur, l’Occident européen était à bout de souffle, étouffé par un esprit de culpabilité savamment entretenu par ceux qui veulent la mort des frontières, qu’elles soient économiques, financières, politiques ou migratoires.
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[Entretien exclusif] Charles Robin : "Mai 68 a permis la mutation du libéralisme en libéralisme-libertaire" (2/2)

[Entretien exclusif] Charles Robin : “Mai 68 a permis la mutation du libéralisme en libéralisme-libertaire” (2/2)

07/03/2015 – PARIS (NOVOpress)
Venu de l’extrême gauche – de la LCR exactement – Charles Robin est l’un des esprits les plus vifs de cette jeune génération qui a transporté sa critique sociale du champ libertaire vers le camp de la résistance anti-libérale enracinée.

Après plusieurs livres publiés en autoédition, il vient de signer aux éditions Krisis un remarquable ouvrage de synthèse sur la convergence libérale-libertaire qui a pris le contrôle de nos sociétés. Indispensable pour quiconque veut saisir les racines philosophiques de ce grand raz-de-marée qui souhaite gommer toutes les différences, les identités ; rompre toutes les filiations et les solidarités ancestrales, pour installer définitivement le règne du Même au service de la superclasse mondiale.

Si l’on peut ne pas partager toutes les options de Charles Robin, sur l’importance secondaire des identités ethniques, religieuses et culturelles dans notre société française, on ne saurait se priver d’une telle synthèse, à mettre dans notre bibliothèque aux côtés des récents ouvrages d’Alain de Benoist ou Hervé Juvin.

Propos recueillis par Pierre Saint-Servant


Mai 1968 a été un formidable point de convergence de l’extrême gauche libertaire et du capitalisme américanisé. Au-delà des slogans et de l’imagerie d’Epinal, quelle est l’importance réelle de ces « événements » ?

Dans son livre Néo-fascisme et idéologie du désir (1973), le philosophe Michel Clouscard décrivait les événements de Mai 68 comme une « contre-révolution ». Il voulait dire par là que ces événements avaient fourni au libéralisme l’occasion de sa mutation en une forme nouvelle, celle qu’il désigne sous le précieux concept de « libéralisme libertaire ».

Ainsi, à l’esprit du capitalisme autoritaire et traditionaliste hérité du fordisme et du taylorisme (marqué par la parcellisation des tâches et la mécanisation de l’industrie) allait désormais succéder un nouvel esprit du capitalisme, orienté non plus sur la répression du désir et l’interdit (incarné par le producteur), mais sur sa libération et la permissivité (incarné par le consommateur). En confondant ainsi tragiquement lutte anticapitaliste et lutte anti-autoritariste, les acteurs de Mai 68 allaient ainsi apporter une caution « libertaire » (donc « moderne ») à l’exploitation capitaliste de la liberté et du désir individuels. L’hypersexualisation de nos sociétés contemporaines (pour ce qui concerne, du moins, la présentation médiatique des choses) est évidemment symptomatique de cette opportunité du « lâcher-prise » pulsionnel pour la domination marchande. En sollicitant en permanence la participation à la machine capitaliste de notre bas-ventre, on s’assurait ainsi – si j’ose dire – de maintenir le centre gravitationnel de notre manière d’être et de notre rapport au monde en-dessous de la ceinture. Une forme paradoxale de la domination, puisqu’elle tend à convertir tous nos désirs individuels en ressource énergétique au service de l’industrie de la consommation.

Vous parlez d’économie libidinale pour caractériser l’étape d’extension du marché que nous connaissons actuellement. Que recouvre ce terme ?

Pour bien comprendre cette idée, il est absolument nécessaire de rompre avec cette opinion courante qui voudrait que toute domination politique emprunte obligatoirement les voies de l’autoritarisme et de la « soustraction de jouissance ».

En réalité, le libéralisme aura accompli cet exploit, inédit au regard de l’Histoire, d’avoir su articuler et tenir ensemble la plus complète des dominations avec la plus absolue – mais aussi la plus abstraite – des libertés pour les individus. Il aura suffi, pour ce faire, d’introduire méthodiquement dans nos esprits l’idée (héritée de la philosophie empiriste) que c’est dans la satisfaction de nos désirs pulsionnels que se manifeste le signe ultime de la liberté humaine.

Une réduction de la liberté à la pulsion, quand les Anciens voyaient justement dans la « retenue » à l’égard de ses passions et de ses affects la forme accomplie de la liberté et de la sagesse. Camus disait : « Un homme, ça s’empêche ». Autrement dit, un être humain se définit d’abord par sa capacité à dire « non », à refuser, à résister. N’est-il pas significatif, à cet égard, que le verbe « succomber » désigne à la fois le fait de céder à la « tentation » et de « rendre l’âme » ? L’économie libidinale du capitalisme – c’est-à-dire la stimulation et l’exploitation de notre libido au profit des intérêts du Marché – débordant évidemment le seul cadre de l’industrie du sexe, puisqu’il conditionne désormais l’ensemble de notre rapport à la marchandise : une marchandise déifiée, sacralisée et fétichisée, par laquelle se manifeste le règne de l’Avoir et du Signe, qui s’édifie sur les décombres de l’Être et du Sens.

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Humour pour la liberté d’expression ! - par Vincent Revel

[Tribune] Ils sont “Charlie” ? Ils sont déjà morts – par Ulysse

11/01/2015 – PARIS (NOVOpress)
Charlie Hebdo représentait la pire forme de l’idéologie libertaire qui, sous couvert de contestation et de transgression, était sanctuarisée par le pouvoir actuellement en place dont elle était l’insigne agent symbolique et moral. En une image, Charlie Hebdo, c’était le « beauf » de Cabu : ce sale franchouillard raciste moustachu dont on cherchait à faire croire qu’il était la lie de l’humanité et sur lequel on tapait sans fin comme s’il était le tortionnaire malfaisant des gentilles populations immigrées venues enrichir la France. Oui mais voilà, le moustachu cachait un barbu, et le beauf consumériste, un fanatique impitoyable. Le xénophobe d’apparat cachait un fondamentaliste et s’il arrivait à Charlie Hebdo de brocarder le second, c’était en le mettant sur le même plan que le premier ; ainsi d’une couverture à l’autre, une Marine le Pen nazifiée pouvait-elle croiser un Pape pédophile sodomite suivi d’un Mahomet explosif…

Sale beauf, sale babtou

Les prétendus défenseurs de la « liberté d’expression » n’étaient en vérité rien d’autre que les défenseurs sectaires de l’expression libertaire, et ils étaient prêts à toutes les vilénies dès lors qu’il s’agissait de conspuer ce qui contrevenait à leur propre idéologie. Ce faisant, ils ne se rendaient même pas compte, ou si peu et si mal, qu’ils entretenaient précisément les clichés racistes mêmes qu’ils prétendaient par ailleurs combattre. Car enfin, quelle différence y a-t-il entre le « sale beauf » de Cabu et le « sale babtou » des réseaux sociaux et des banlieues? Les deux, dans les yeux de leurs adversaires, n’étaient somme toute rien d’autre que des « gros porcs »…

Les prétendus défenseurs de la « liberté d’expression » n’étaient en vérité rien d’autre que les défenseurs sectaires de l’expression libertaire, et ils étaient prêts à toutes les vilénies dès lors qu’il s’agissait de conspuer ce qui contrevenait à leur propre idéologie. Ce faisant, ils ne se rendaient même pas compte, ou si peu et si mal, qu’ils entretenaient précisément les clichés racistes mêmes qu’ils prétendaient par ailleurs combattre.

Le premier était seulement l’archétype matriciel du second dont il a (entre autres facteurs) favorisé l’apparition. Ainsi, les clichés anti-racistes de Charlie Hebdo ont accompagné et avalisé les clichés racistes des « cités », qui, on expliquera pourquoi plus loin, le lui ont bien rendu.

Crachoir de la gauche cléricale

Charlie Hebdo, c’était donc cela : une grande soupe relativiste où tout ce qui ne ressemblait pas à une exigence compassionnelle humanitariste très vaguement étayée par des postulats marxistes devenait immédiatement fasciste ; où tout ce qui ne s’apparentait pas aux mouvements du cœur de belles âmes nihilistes boboïsées apparaissait alors comme les prémisses d’une dictature… En vérité, cette contestation anarcho-nihiliste de tous les ordres en cachait bien un d’ordre : celui d’un pouvoir qui subventionnait le journal et sans lequel il aurait déjà eu disparu depuis beau temps. C’est qu’au fond, Charlie Hebdo incarnait les aspirations morales (moralement anti-morales devrait-on dire) de la génération 68 qui, embourgeoisée jusqu’à l’overdose, gardait comme un animal de compagnie attendrissant cette sorte de souvenir de sa fougue transgressive de jeunesse ; une « potiche » du pouvoir, ponctuellement utile pour victimiser le patriotisme, utile parfois aussi pour servir de caution de « tolérance » universaliste lorsqu’il s’agissait de prétendre défendre un humanisme dont on se demandait bien ce qu’il avait encore à voir avec celui de Pic de la Mirandole.

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La Manif pour tous : “Un combat pour l’hégémonie culturelle”

22/11/2014 – FRANCE (NOVOpress)
Gaël Brustier, qui vient de publier “Le Mai 68 conservateur : que restera-t-il de la Manif pour tous ?”, a accordé un entretien très intéressant à la revue Les Inrocks. D’après le politologue, la Manif pour tous peut apparaître comme “un combat pour l’hégémonie culturelle”.

En voici quelques extraits :

Au début, les tenants de la Manif pour tous ne souhaitaient pas que leur mouvement ait une traduction politique.

La Manif pour tous n’est plus la propriété de l’association qui la porte. Aujourd’hui, ce sont des gens qui ont fait le choix de l’investissement politique : ils se retrouvent à Sens commun à l’UMP, derrière Jean-Christophe Fromantin à l’UDI, ou même autour de Marion Maréchal-Le Pen au FN… Il y a aussi des militants qui ont fait le choix de l’action par l’intellectuel, comme les Veilleurs de Gaultier Bès, qui se tiennent éloignés du pouvoir tout en imposant leurs thématiques. D’autres encore poursuivent leur engagement au niveau associatif. La Manif pour tous a été un mouvement social très vaste qui se traduit aujourd’hui par des stratégies différentes. Le mariage pour tous a permis de cristalliser ces tendances. Maintenant, il y a une lutte pour imposer la vision du monde des Veilleurs. C’est un combat pour l’hégémonie culturelle.

(…)

La Manif pour tous sera donc pérenne ?

Oui, tant que la gauche n’ouvre pas un front culturel. On a une gauche européenne sociale qui préfère parler de politiques publiques (policies) plutôt que de politique (politics). Ce discours-là ne peut pas battre la Manif pour tous. Beaucoup de gens sont heurtés par la société de la rentabilité dans laquelle on vit, une société du chiffre où on évalue les enfants dès 3 ans. Les conservateurs de la nouvelle génération proposent une vision du monde philosophiquement contre-révolutionnaire mais qui répond à ces aspirations-là, en rejetant le productivisme, le consumérisme, et l’économie inféodée à la finance. Ils trouvent écho dans la société.

[Lu sur le Net] La victoire de la France invisible - par Ivan Rioufol

[Lu sur le Net] La victoire de la France invisible – par Ivan Rioufol

07/10/2014 – PARIS (via le blog d’Ivan Rioufol)
Suite à la dernière Manif pour tous, l’éditorialiste Ivan Rioufol revient sur les raison du succès de ce Mai-8 de droite :

La France invisible, celle que les politiques et les médias ignorent le plus souvent, est la France méprisée. Mais c’est elle qui, grâce aux réseaux sociaux qui contournent les interdits et les censures, s’impose comme nouvelle force politique. La société civile victorieuse est décidée à faire obstacle aux “évolutions de la société” qui ne prennent pas en compte la réalité de la révolution conservatrice.

La dynamique est avec cette France d’en bas, parisienne ou provinciale, polie, bon enfant, qui a pris goût aux démonstrations de force. Seules quelques centaines de personnes ont répondu à la contre manifestation organisée dimanche matin, place de la République. Ce lundi, dans Libération, Laurent Joffrin parle d’une “procession anti-gay” et d’un “catholicisme politique” comparable à l’islam politique. Mais l’outrance, si elle dévoile le désarroi de la gauche devant une insurrection populaire qui lui échappe, ne correspond à rien.

(…)

Les politiques, à droite comme à gauche, vont devoir entendre cette France invisible qui, à l’évidence, n’entend plus le rester. Les minorités, qui imposent depuis des décennies des réformes contestables, ont négligé l’intérêt commun, jusqu’à l’affaiblir gravement. Pourquoi pas un référendum, pour vérifier l’adhésion des citoyens sur les essentiels qui constituent la nation d’un côté, la famille de l’autre ?

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L’UMP, un mort vivant : après, le Front national ? Un Mai 68 « de droite » ? Par Guillaume Faye

L’UMP, un mort vivant : après, le Front national ? Un Mai 68 « de droite » ? Par Guillaume Faye

Inutile de revenir sur l’autodestruction de l’UMP et ses détails sans intérêt, qui allient magouilles financières, détournements de fonds, combats des vieux chefs, avidité des jeunes chefs, opacité, programme politique invisible et déficient, qui part dans tous les sens. Une comédie digne de Feydeau.

Pourtant, face au pouvoir socialiste dévalué, l’UMP avait un boulevard. Mais, quand on ne possède ni talent ni idées claires, et surtout ni honnêteté civique, rien n’est possible. La plupart des dirigeants de l’UMP ne sont pas au niveau de ce que devrait être un parti de gouvernement, surtout face à la situation catastrophique de la France. Ce sont des politiciens (et non pas des politiques), au niveau de ceux des IIIe et IVe républiques moribondes ; ceux que De Gaulle avait voulu balayer. Et dire, paradoxe tragi-comique, que bien des caciques de l’UMP se réclament du ”gaullisme” …

La chance extraordinaire de la gauche au pouvoir est d’avoir en face d’elle des pieds nickelés dans un panier de crabe. Jamais on n’avait vu cette configuration : un gouvernement et une majorité au pouvoir en plein naufrage face à un parti d’opposition lui aussi en train de sombrer. Évidemment, tout le monde se demande : est-ce que le FN va tirer les marrons du feu ?

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Merci aux soixante-huitards !

Merci aux soixante-huitards !

20/03/2013- 10h00
PARIS (via Polémia) –Michel Geoffroy jette un coup d’œil désabusé sur notre société. La génération de Mai 1968 est aux commandes de notre pays, comme presque partout en Europe, et nous ne la remercierons jamais assez de tout ce qu’elle a fait pour nous

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Ultimes confessions de Delarue : les souffrances d’une éducation soixante-huitarde

16/11/2012 – 14h00
PARIS (NOVOpress) – Trois mois après la mort de Jean-Luc Delarue, animateur-producteur, le livre de Marie Bernard, « Dernières Confessions », sort en librairie. Jean-Luc Delarue évoque son aliénation à l’alcool et aux drogues (entre dix et douze mille euros dépensés par mois). Une descente aux enfers dont l’origine serait liée à une éducation libertaire désastreuse.

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Sous les pavés, le sexe

Sous les pavés, le sexe

En 1969, Clément Rosset a tout juste trente ans. Mais il est déjà un philosophe en vue, grand connaisseur de Schopenhauer, analyste de la philosophie tragique et auteur d’une très étonnante « Lettre sur les chimpanzés » (Gallimard, 1965) qui n’a pas pris une ride.

Clement RossetAujourd’hui, Clément Rosset (photo), longtemps boudé par les mandarins de la philosophie, est reconnu comme un auteur capital. Il doit cette réputation à la clarté de ses exposés et à la légèreté, l’élégance de son écriture. Ce qui est plutôt rare dans la corporation. Pour dix petits euros, offrez-vous : « Logique du pire : Eléments pour une philosophie tragique » et vous m’en reparlerez !

En 1969, Maurice Clavel demande à Rosset de collaborer aux pages « Lettres » du Nouvel Observateur. Une drôle d’idée. Voilà le loup dans la bergerie et le carnage est tel que la contribution de Rosset se borne à dix chroniques en tout et pour tout, avant qu’il soit prié d’aller chasser d’ailleurs.  Ce sont ces chroniques que les Presses Universitaires de France ont republiées, quarante ans après leur première parution, sous le titre “Une passion homicide” (1)

Le plus drôle de ces articles est sans conteste la recension de « La Révolution sexuelle » de Wilhelm Reich (1897-1957) [image en haut de l’article, cliquer sur l’image pour la voir entièrement]. Autour de 1968, ce livre, paru à Vienne en 1930, devient la référence absolue en matière de gaucho-sexualité. Et comme sous les pavés gîte le sexe, Nanterre et Censier se couvrent de références à l’éminent freudo-marxiste.

Le travail de démolition est sans appel. Rosset commence par citer Freud qui, jaugeant la démarche de Reich, estime qu’elle « culminait dans la déclaration absurde selon laquelle l’instinct de mort est un produit du régime capitaliste ». Puis il rappelle la « découverte capitale » du Dr. Reich : « Si vous empêchez un enfant de s’adonner à la masturbation (c’est Rosset qui paraphrase) il virera, politiquement à droite ! En revanche, si vous le laissez sans contrainte, le développement harmonieux de ses facultés sexuelles l’inclinera spontanément vers la gauche. »

La révolution sexuelle de Reich a toutes les allures d’une contre-révolution. Reich, c’est Orwell sur l’oreiller. Ce qu’il propose ? Une « saine sexualité » pratique entre une jeune fille « convenable » et un homme « bien », dans une « bonne chambre, avec des contraceptifs  ‘convenables’ »… Et, forcément, à l’arrivée une reproduction de garçons et de filles clonés, sexuellement performants, sans la moindre déviance !

Sous les pavés, le sexeHeureusement pour lui, Rosset signe d’un pseudonyme (Roger Crémant) car le magazine reçoit des centaines de lettres furibondes. Une romancière très en vue veut l’émasculer et le sieur Daniel Guérin – penseur immense du trotskysme français – se déclare écœuré  par ce « libelle aussi scandaleux et grossier ».

A y revenir, 40 ans après, on voit bien que mai 68 fut aussi la fête de l’intelligence…

Armand Giraud Pour Novopress France

(1) Une passion homicide. Par Clément Rosset. P.U.F., 107 p., 10 euros