Mahé de La Bourdonnais, dernière victime du wokisme ultramarin

Mahé de La Bourdonnais

En pleine période électorale, l’information est passée inaperçue dans les médias de la métropole. Révélée le 11 juin par Parallèle Sud, un média indépendant, Ericka Bareigts, actuelle maire socialiste de Saint-Denis, a confirmé son intention de « déménager » la statue monumentale de Mahé de La Bourdonnais.

Installée dans le quartier touristique du Barachois où elle trône depuis le Second empire, elle a été plusieurs fois la victime de diverses dégradations, notamment lors des manifestations du Black Lives Matter. Pour l’ancienne ministre de la République, cette figure de l’histoire réunionnaise est le symbole de l’esclavage et n’a simplement plus sa place sur l’île multiculturelle de la Réunion.

Bertrand François, comte de La Bourdonnais, est un Breton des Côtes d’Armor, né en 1699 au sein d’une famille d’armateurs. C’est très naturellement qu’il va s’engager au service de la Compagnie française des Indes orientales en 1724 et s’illustrer lors de la prise de Mahé, sur la côte de Malabar l’année suivante. Un fait de gloire qui lui permet d’adjoindre le nom de cette ville indienne à son patronyme afin de rappeler à tous son exploit. Ambitieux, il crée sa propre compagnie et devient très rapidement riche, menant grand train. Un luxe qui arrive aux oreilles de Louis XV en 1733. Le roi de France décide de le nommer pour le compte de la Compagnie des Indes, gouverneur des îles Mascareignes. Une entité territoriale et stratégique pour la monarchie, située dans l’Océan indien, regroupant les comptoirs de la Grande île (Madagascar), l’île Bourbon (Réunion) et l’île de France (Maurice) où il s’installe. Très rapidement, Mahé de La Bourdonnais se révèle un administrateur de génie, développant la culture de la canne à sucre sur l’ensemble du territoire, encourageant celle du manioc car résistante aux rats et aux sauterelles, structurant et modernisant Bourbon comme l’île de France.

Le décolonialisme à l’assaut de l’ile ?

Port-Louis devient la capitale d’une colonie dont la richesse naissante plonge ses racines dans la sueur des esclavages. Les Mascareignes n’échappent au commerce triangulaire qui bat son plein, où on achète à prix d’or des Africains razziés dans les villages par des roitelets locaux. Certains points de l’Afrique de l’Ouest deviennent vite une véritable plaque tournante de ce vaste trafic humain. Un détail qui n’a pas échappé à l’ancienne députée et ministre de l’Outre-mer du président François Hollande (2016-2017). Si elle a invoqué le « déplacement » de la statue érigée en 1856, en raison d’un aménagement du square « pour en faire une vraie place publique », « la facette noire du personnage, un des maîtres de l’esclavagisme », ne « convient pas aux valeurs d’humanisme et d’égalité que nous défendons aujourd’hui » affirme Ericka Bareigts. Des propos repris par Le Quotidien, un important journal de la Réunion, qui en a fait sa principale manchette.

Doté d’un fort caractère, Mahé de La Bourdonnais s’est taillé une réputation de pourfendeur de marrons, ces esclaves en fuite, qui le poursuit encore aujourd’hui comme le confirme l’historien local Dureau Reydellet, fondateur du Cercle royaliste de Bourbon, dans une biographie qu’il a consacré au gouverneur.

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