Italie : la Mafia fait sauter un restaurant multi-ethnique

Italie : la Mafia fait sauter un restaurant multi-ethnique

06/12/2012 – 14h00
CAULONIA (NOVOpress) – Quand on commence à lire l’article de Liberazione, le quotidien du Parti de la Refondation communiste, on croit avoir affaire à une nouvelle “atrocité raciste d’extrême droite”, propre à saisir d’horreur toutes les consciences. « Ç’aurait dû être un laboratoire pour l’intégration et l’insertion. Un restaurant multi-ethnique, destiné à fournir du travail à quasi cinquante des presque 120 migrants et réfugiés politiques réfugiés à Caulonia [une petite ville de 7.000 habitants en Calabre] ainsi qu’à faire connaître à la population locale des pays et des cultures lointains à travers la table. Les portes – selon le Goel, la coopérative qui porte secours localement aux réfugiés et aux mineurs étrangers et qui avait loué le bâtiment à la municipalité – auraient dû ouvrir d’ici un mois. Mais tout est à refaire. Dans la nuit du 31 décembre, passé inaperçu parmi les éclats des pétards, un engin explosif a fait sauter les portes et réduit en morceaux l’auvent et le faux plafond ».

Ce n’est pourtant pas « l’extrême droite » qui a mis la bombe, selon le maire de Caulonia, Ilario Ammendolia, comme le président de la coopérative, Vincenzo Linarello, mais bien la ‘ndràngheta, la puissante mafia calabraise, dont le chiffre d’affaire annuel avait été estimé, il y a quelques années, à 44 milliards d’euros, plus que le produit intérieur brut de l’Estonie et de la Slovénie réunies. La coopérative Goel (nommée d’après le mot hébreu qui signifie rédempteur dans la Bible) avait été créée en 2003 par l’évêque de Locri-Gerace (et actuel archevêque de Campobasso-Boiano), Mgr Giancarlo Maria Bregantini, dans le cadre de son combat courageux contre la ‘ndràngheta. Il s’agissait d’offrir une alternative aux immigrés clandestins, qui constituent la main d’œuvre de la criminalité organisée. « La ‘ndràngheta, explique le président du Goel, paie le voyage à de nombreux jeunes puis, une fois qu’ils ont débarqué, elle les contraint à rembourser en travaillant pour les affaires des boss. Nous, avec nos projets, nous avons rompu [ou tenté de rompre, NdT] ces chaînes ». Une des actions les plus importantes porte sur le commerce des agrumes : la coopérative a passé un accord avec des supermarchés et achète directement aux producteurs les agrumes à 40 centimes le kilo, alors que les clans mafieux imposent des prix de 6 à 7 centimes, fondés sur l’exploitation systématique de milliers d’immigrés clandestins réduits en esclavage.

Depuis 2007, la coopérative, ses bâtiments et ses projets ont été attaqués pas moins de dix fois. Toujours en Calabre, cette fois dans la ville de Lamezia Terme, une bombe avait explosé devant l’entrée d’un centre pour mineurs étrangers géré par une autre communauté catholique, Progetto Sud, dans la nuit du 25 au 26 décembre : on y a également reconnu la main de la ‘ndràngheta.

Dans un communiqué, le Goel souligne que « si la ‘ndrangheta n’est pas éliminée de manière urgente, le chemin du développement sera définitivement fermé à la Calabre ». Éliminer la ‘ndrangheta, et plus généralement les réseaux mafieux d’immigration clandestine, dont les immigrés sont victimes en même temps que les Italiens, est malheureusement plus difficile que de manifester contre le racisme ou de réclamer la fermeture de CasaPound. Il n’est pas sûr que ce soit une priorité de la Goldman Sachs…

Kosovo, Loups dans la brume – De Giuseppe Ciulla et Vittorio Romano

Kosovo, Loups dans la brume - De Giuseppe Ciulla et Vittorio Romano

Kosovo, Loups dans la brume - De Giuseppe Ciulla et Vittorio Romano

En 2010 sortait l’ouvrage “Lupi nella nebbia. Kosovo: l’Onu ostaggio di mafie e Usa” (Loups dans la brume. Kosovo : l’ONU otage de maffias et USA), un excellent ouvrage de deux grands journalistes italiens. On y suit les traces des deux reporters au Kosovo, qui grâce à leur expérience sur place, mais surtout à l’analyse de documents officiels (reproduits dans le livre ) en arrivent à une thèse sans appel : le Kosovo est volontairement laissé dans le chaos, car cette déstabilisation lui permet d’être « un des foyers les plus importants pour le trafic d’armes, de drogue, d’organes d’êtres humains ».

Pour Giuseppe Ciulla et Vittorio Romano, les auteurs de ces trafics en tous genres ne sont autres que… les plus hautes personnalités politiques actuelles du Kosovo. Preuves à l’appui, les journalistes retracent les méfaits de ces anciens membres de l’UCK, l’organisation terroriste narcotrafiquante qui grâce à la guerre des Nations Unies et son administration a mis les mains sur le pays.

Parlementaires, ministres, maires, ont les mains recouvertes du sang de civils serbes, albanais pacifistes, mais aussi témoins gênants. Ils ont participé physiquement à tortures, assassinats, ou encore exportations d’organes d’êtres humains, cela pendant des années d’administration internationale et jouissant ainsi d’une impunité totale.

«Vous voulez savoir pourquoi ni l’ONU ni l’Union Européenne ne peuvent arrêter les vrais criminels au Kosovo ? La réponse est très simple : car ils devraient envoyer en prison tous les principaux leaders kosovars, les ex-guerriers de l’UCK auxquels l’ONU elle-même a confié de gouverner le pays. Ils ne peuvent pas arrêter leurs “partners”… »

La présence internationale et la déclaration d’indépendance n’ont pas amené bonheur et prospérité, mais misère et criminalité. Dont les premiers à faire les frais sont les serbes enfermés dans leurs enclaves.

Une seule petite remontrance cependant à faire au livre : l’emploi du terme « kosovars» pour identifier les albanais résidents au Kosovo. Bien qu’utilisé sans arrière-pensées par les auteurs, rappelons que ce fut une « tactique sémantique » pour justifier l’indépendance, faisant passer les albanais pour les habitants légitimes de la région, au grand dam des serbes.

Audrey d’Aguanno

Il y a dix-neuf ans était assassiné le juge antimafia Paolo Borsellino

19/07/2011 – 14h50
PALERME (NOVOpress) – L’année 1992 a été une année très dure pour les juges antimafia en Sicile. En effet, le 23 ami Giovanni Falcone (à gauche sur la photo ci-dessus) est assassiné lors d’un attentat à la bombe qui visait sa voiture et le convoi qui l’accompagnait. La femme du juge Falcone meurt également lors de cet attentat. et le 19 juillet 1992, c’est au tour de Paolo Borsellino (à droite sur la photo ci-dessus) d’être victime d’un attentat à la voiture piégée.

Tous les deux issus du quartier popualire la Kalsa à Palerme, ces juges avaient obtenu plusieurs succès et étaient à l’origine de procès contre la mafia, dont le maxi-procès de 1986, où l’on comptera 465 accusés, 360 condamnations et 2 665 années de prison cumulées par les condamnés.

En 1986, alors que Giovanni Falcone reste à Parleme, Paolo Borsellino est nommé à Marsala, dans la région sicilienne de Trapani, où il poursuit sa lutte contre la mafia.

hommage à Paolo BorsellinoLes deux juges bénéficient d’une protection polocière. Qui ne sera guère utile lors de leur assassinat.

Pour la mort de Paolo Borsellino et celle de Giovanni Falcone Salvatore, “Toto” Riina, le chef de la famille mafieuse des Corleone, purge aujourd’hui une peine de prison à perpétuité, ainsi que pour de multiples autres meurtres.

A noter que Rita Borsellino, la sœur de Paolo Borsellino, est présidente honaire depusi 2005 de l’association Libera, qui a pour objet la la gestion des biens saisies aux mafias. Notamment par le biais de coopératives qui produisent des matières premières sur les terres confisquées, afin de promouvoir la légalité.

Et un hommage à Paolo Borsellino a lieu aujourd’hui à Palerme organisé par Giovane Italia (photo ci-contre).

De même, le Progetto Cervantes (Catane, Sicile) a également tenu à honorer la mémoire de ces juges antimafia.

 

Réseaux criminels et immigration : un bateau autrichien arrêté au large de l’Italie

Réseaux criminels et immigration : un bateau autrichien arrêté au large de l'Italie

15/07/2011 – 11h00
CROTONE (NOVOpress) – L’appel d’air migratoire des pays du sud et d’Asie mineure vers l’Europe est une aubaine pour les réseaux criminels en tout genre. Le dernier exemple en date ne concerne pas Lampedusa, mais la Calabre (extrême sud de l’Italie). Selon le site DiePresse.com dans un article daté du 13 juillet, un bateau à voile autrichien avec 25 immigrants illégaux à bord a été saisi au large des côtes de la ville portuaire de Crotone, dans la région méridionale italienne de Calabre.

Il y avait, à bord du voilier « Tara » (photo), des « réfugiés » en provenance d’Afghanistan, du Pakistan et d’Irak. Les garde-côtes italiens ont fait savoir que les « immigrants » sont en bonne santé. Les deux passeurs ukrainiens qui pilotaient le voilier ont été appréhendés.

Le bateau a été repéré par un avion des garde-côtes Finlandais, qui survolaient la côte calabraise dans le cadre des contrôles européens dirigés contre l’immigration clandestine. L’opération s’est déroulée sous la supervision de l’Agence européenne pour la gestion des frontières extérieures Frontex. Un navire des garde-côtes italiens a conduit le bateau au port de Crotone.

[googlemap id=”one” width=”500px” address=”Crotone, Italie”]

[box class=info]Source : diepresse.com[/box]

Italie : démantèlement d’un réseau mafieux de trafic d’immigrants clandestins

Italie : démantèlement d’un réseau mafieux de trafic d'immigrants clandestins

07/07/2011 – 11h30
ROME (NOVOpress) –
La police italienne vient d’annoncer le démantèlement d’un important réseau de trafic d’immigrants clandestins. Une quarantaine de personnes, d’origine turque, afghane, pakistanaise et iranienne ont été arrêtées et inculpées d’ « association de malfaiteurs ayant pour objectif l’incitation à l’immigration clandestine ».

L’opération a été menée par les polices de Bologne, Ravenne (Emilie Romagne) et Lecce (Calabre) sous l’autorité de la Direction nationale anti-mafia et des parquets de Bologne et Lecce. Les trafiquants ont été interpellés dans six régions du Nord et du Sud du pays : Lombardie, Emilie-Romagne, Pouilles, Abruzzes, Latium, Pouilles et Calabre.

L’enquête avait commencé le 13 mai de l’an passé suite à l’arrivée d’un cargo dans le port de Ravenne  qui transportait 65 clandestins dont 4 enfants. Ceux-ci étaient enfermés dans un conteneur équipé de toilettes chimiques. Selon la police chargée de l’enquête, ces immigrants qui arrivaient pour la plupart de Turquie, de Grèce et de Libye, étaient «en permanence en danger de mort» compte tenu de la façon dont leur transport était assuré.

«L’opération a mis en évidence un trafic important de clandestins, en un an d’enquête environ dans la zone du Salento, dans les Pouilles, nous avons intercepté un flux de plus de 5 000 immigrés», a indiqué à l’agence Ansa, le préfet de police de Lecce.

Les trafiquants faisaient arriver les immigrants – pour la plupart des asiatiques venant d’Afghanistan, du Pakistan et d’Irak – à bord de petites embarcations en mauvais état, ou dissimulés à bord de ferries desservant les ports de l’Adriatique. Arrivés dans la péninsule italienne, ils étaient acheminés vers la France, la Belgique, l’Allemagne, l’Autriche, la Suisse et le Danemark, où ils recevaient l’aide d’associations spécialisées dans l’aide aux clandestins.

Ce réseau (parmi d’autres) montre que l’invasion par les clandestins ne se fait pas qu’à l’endroit le plus spectaculaire, Lampedusa, mais un peu partout.

Piero Grasso, le chef de la Direction anti-mafia, s’est félicité de ce succès, soulignant que c’était la première opération menée sous sa responsabilité depuis que cet organisme s’occupe également de délits liés au trafic de personnes.

Malheureusement tant qu’il n’y aura pas une vraie volonté politique d’arrêter l’invasion de l’Europe, en particulier en renvoyant les immigrés clandestins rapidement, pour un réseau de trafiquants de clandestins démantelé (au milieu de bien d’autres réseaux) un autre se constituera plus tard.