La Macronie et NUPES, une même vision du monde ?

macron

Sous réserve que le capitalisme mondialiste de la Macronie ne froisse, un jour ou l’autre, une bonne partie des électeurs de Mélenchon – car il est vrai que la PMA, la GPA et le mariage pour tous ne sont guère halal -, il s’avère néanmoins que nous décelons chez les deux finalistes aux élections législatives des accointances troublantes.
Par Laurence Maugest, essayiste.

Le mépris des Français de souche et notamment de ceux issus de la France périphérique

« Il n’y a pas de culture française » déclarait en février 2017 le futur président de la France.

Qu’il y a-t-il de plus humiliant pour un peuple d’apprendre, par celui qui s’apprête à le gouverner, qu’il n’a pas de culture ?

Macron, grand défenseur de l’Union Européenne et de ses arcanes, machines à gaz qui sécrètent les dictats qui rendent fous les agriculteurs, les pêcheurs et bien d’autres corps de métier, ne s’adresse en définitive, qu’aux personnes qui réussissent financièrement.

Ses interlocuteurs de prédilection sont les « entrepreneurs innovants » et, d’une façon générale, les personnes possédant des portefeuilles conséquents.

Ainsi, le locataire reconduit à l’Elysée ignore la majorité des Français. En fait, cet oubli n’est que mépris insupportable.

En définitive, Mélenchon, en privilégiant les personnes issues de l’immigration, son nouvel électorat, prolétariat multi couleurs de substitution, qu’il appelle de ses vœux, affiche, lui aussi, un mépris acide pour la « France périphérique » (les petits blancs qui souffrent beaucoup essentiellement en zones rurales). En juin 2018, ce dernier a été très clair sur ce sujet, en affirmant qu’il lui est impossible de vivre dans la campagne normande, entouré que de blond aux yeux bleus. CQFD, Oui, Macron et Mélenchon ont en commun le mépris de la majorité des Français.

Le dégoût de la nature et son reniement

La campagne récente mise en place par le gouvernement afin de banaliser l’homosexualité est un nouveau point d’orgue de ce prosélytisme.

Ce prosélytisme, ou Macron et Mélenchon se retrouvent allègrement et qui reçoit si peu de résistance, va jusqu’à remettre en cause l’hétérosexualité.

Cela ne semble poser aucune question. Ces rassemblements de la grande tolérance se multiplient dans les villes. Cortèges, qui ne sont, contrairement aux manifestations contre le mariage pour tous ou contre la PMA, jamais troublés par des interventions extérieures. Est-ce du mauvais esprit que de subodorer que, lors de « ces jours arc-en-ciel », les sectaires sont dans les cortèges ?

Remettre en cause l’hétérosexualité se résume à nier l’état naturel des choses. L’hétérosexualité sert, tout simplement, la perpétuation des espèces. L’homosexualité, par son caractère minoritaire et particulier, a eu, sans doute, un rôle dans l’histoire des sociétés. Les écrivains, les artistes homosexuels le prouvent. Il nous faut parler au passé, car la banalisation de l’homosexualité est en train d’écraser sa singularité.

En niant la réalité de l’état naturel des choses, les gouvernements et les instances internationales nuisent aux peuples qu’ils sont censés protéger. La mode du transgenre tente à le prouver actuellement en provoquant un tôt de suicide important chez les personnes ayant franchi le cap irrémédiable du changement de sexe.

Nier les réalités de la force de la nature revient à rejeter sa raison d’être qui a permis l’apparition et la continuation de la vie. Ce miracle quotidien qui impose les questions de la transcendance, du sens de la vie et de l’idée d’un Dieu.

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La Macronie peut-elle vaciller ?

mélenchon

Confortée par la confortable réélection (grâce notamment aux castors de la gauche « barragiste » et aux épiciers de la droite bourgeoise) de son champion, la Macronie avait retrouvé toute la morgue condescendante qui a caractérisé ses cinq premières années de règne. Elle assumait crânement les mensonges éhontés de son ministre de l’Intérieur quant aux razzias du Stade de France et applaudissait à tout rompre Elisabeth Borne invitant une handicapée à aller bosser plutôt que se plaindre. Par là, les petits minets de la start-up nation et les vieilles haridelles libérales ont peut-être péché par excès de confiance et plusieurs éléments semblent commencer à assombrir le ciel jupitérien dans l’optique des élections législatives dont le premier tour se déroule ce dimanche 12 juin. Pour divers observateurs, la large majorité prévue pourrait ne pas être au rendez-vous et l’ombre mélenchoniste se fait de plus en plus inquiétante. En effet, les candidats de l’alliance des gauches ont réalisé une indéniable percée lors du vote des Français de l’étranger et, même si la sociologie de cet électorat est trop particulière pour en tirer des conclusions générales, cela constitue néanmoins un indice qu’il serait inconséquent de négliger.

Par ailleurs, la surexposition médiatique du chef des « insoumis » l’a incontestablement installé dans le rôle de « premier opposant » (bien qu’il ne soit arrivé que troisième de l’élection présidentielle) à Emmanuel Macron et comme possible Premier ministre, créant ainsi une véritable dynamique « à la gauche de la gauche » que l’on peine à discerner ailleurs et notamment dans le camp national qui paraît, hélas, être sorti de l’équation. D’après les sondages (dont il faut certes toujours se méfier, qu’ils soient bons ou mauvais…), le RN semble marquer le pas tandis que Reconquête ne parvient pas à décoller. Dans ce contexte, on pourrait aboutir à la situation ubuesque d’un courant politique qui a rassemblé plus de 40 % des voix au second tour du scrutin présidentiel et qui ne soit finalement représenté à l’Assemblée nationale que par une dérisoire poignée d’élus. Ce n’est pas beau, juste et bon, quand même, la démocratie ?

Aux électeurs patriotes de se mobiliser pour faire échec à ce sombre scénario, bien sûr, mais, quoi qu’il en soit, c’est aujourd’hui Jean-Luc Mélenchon qui apparaît comme la menace la plus immédiate et la plus pressante pour la Macronie. A tel point qu’Oliver Véran a cru bon de monter au créneau contre ce dernier. L’ancien ministre de la Santé s’est en effet montré très critique du programme de La France insoumise et, jouant sur la peur comme il l’a toujours cyniquement fait, a promis « une crise institutionnelle qui rendrait le pays ingouvernable » si le parti présidentiel n’obtenait pas de majorité. Le désormais ministre délégué chargé des relations avec le Parlement et de la vie démocratique a également insisté sur le caractère « extrémiste » de Jean-Luc Mélenchon qui ne se serait nullement « recentré avec la NUPES ». Gageons toutefois que tous ces braves gens, une fois passée la comédie de la campagne électorale, sauront toujours se retrouver d’accord sur au moins un point, un objectif : faire disparaître les dernières traces de la France traditionnelle que nous aimons.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 9 juin 2022

Macronie : la permanence socialiste – Borne, Valls, Castaner, Guérini, Ferrand…

Macronie PS

On a beaucoup écrit et glosé sur la fin du Parti socialiste et l’effondrement de ce parc à éléphants devenu cimetière. Destruction ? Ou transformation ? Car la nomination d’Elisabeth Borne à Matignon a tout pour nous rappeler que les socialistes ont la vie dure et la carrière pas compromise. Borne incarne l’aile gauche de la Macronie, cela c’est admis. Surtout, elle est l’ancienne directrice de cabinet de Ségolène Royal. Une ancienne cadre du PS nommée par l’ancien conseiller de François Hollande lui-même ancien secrétaire du Parti socialiste ? Le cadavre a l’air bien vivant et c’est le moins que l’on puisse dire.

Pour autant, il y a urgence dans le parti de la rose. Ecartelés entre la Macronie et La France Insoumise, le PS doit choisir. C’est du moins ce qu’on serait tenté de croire. En réalité, LREM c’est le PS débarrassé de son aile gauche. C’est la consécration de la sociale-démocratie de Hollande, Valls et consorts. Ce dernier a même réussi à se faire investir par le parti de la majorité, prolongeant ses espoirs de redevenir ministre un jour. Bémol : le député sortant des Français de l’Etranger en Espagne et au Portugal ne veut pas lui laisser la place et a maintenu sa candidature. Christophe Castaner, Stanislas Guérini, Barbara Pompili, Richard Ferrand… Macron c’est Hollande en plus vendeur !

La mésaventure de Valls, c’est un petit peu l’incarnation de ce qui se déroule au PS : si un véritable pont existe entre les exfiltrés du PS et le parti de la majorité, ils sont parfois victimes d’une part des ambitions contrariées de leurs pairs mais aussi des besoins du moment d’un Président s’étant aboli du clivage gauche-droite mais obligé de composer avec ses intérêts du moment ou d’une réforme que l’opinion marque encore à gauche ou à droite.

L’autre annonce de cette nomination, c’est l’entourage. Puisqu’en arrivant à Matignon, Elisabeth Borne s’est déjà vue administrer un directeur de cabinet : Aurélien Rousseau, conseiller d’Etat et ancien directeur de l’ARS d’Ile-de-France. Vous commencez à voir le problème ? Il est marié avec Marguerite Cazeneuve, ex du cabinet McKinsey qui a conseillé le gouvernement dans la mise en place de l’absurde politique sanitaire. Elle est depuis directrice de la CNAM. D’autres précisions ? Son père, Jean-René Cazeneuve, est député LREM du Gers. Encore ? Son petit frère, Pierre Cazeneuve, est conseiller d’Etat, conseiller d’Emmanuel Macron et candidat LREM aux élections législatives. Avouons qu’avec un entourage familial pareil, Elisabeth Borne est bien encadrée ! Rien ne change en Macronie donc, le PS a la vie dure et les vieilles habitudes perdurent. Il faut croire que les Gilets jaunes n’ont pas eu l’effet escompté et que tout ce qui était reproché à la Macronie prend corps.

Au fond, derrière la réussite du clan Cazeneuve, il y a un bel exemple de méritocratie française, mais aussi la confirmation d’une certaine consanguinité du pouvoir. Dont acte.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 18 mai 2022

La Macronie fébrile !

Un vent d’inconfort souffle sur la Macronie depuis le lendemain du premier tour, si le scénario de ce dernier a très nettement tourné à l’avantage d’Emmanuel Macron le 9 avril dernier, force est de constater que le scénario du second tour n’est pas celui qu’avaient envisagé les stratèges de Jupiter.

En cause ? La réalité du terrain. Si sur le papier, l’idée d’aller dès lundi matin sur les terres de prédilection du RN à Denain dans le Nord était une bonne idée, dans les faits l’Elysée s’est aperçu qu’on ne pouvait pas prévoir les réactions spontanées des passants. Beaucoup plus complexe de paraître digne lorsque les débats ne sont pas organisés en amont dans des salles lambrissés avec des élus et « militants » triés sur le volet ! Las. Emmanuel Macron a paru fébrile, « fatigué, les yeux rouges et je dirais boosté » a témoigné sur BFM TV l’un de ceux qui l’avaient interpellé. Il faut dire qu’Emmanuel Macron a passé cinq ans dans un Elysée bunkerisé à enchaîner les affaires et les crises sociales.

Du côté de ses soutiens, on peine aussi à se faire entendre. L’agressivité de Gérald Darmanin face à Jordan Bardella en fut une preuve supplémentaire. Peu à l’aise sur ses dossiers, le locataire de la Place Beauvau a été incapable de détailler les contours de la réforme des retraites, pourtant pierre angulaire de l’hypothétique futur quinquennat Macron et seul point du programme du président candidat à peu près certain. Darmanin paye aussi son débat face à Marine Le Pen qu’il avait accusée d’être trop molle. Difficile après cette séquence d’en refaire une candidate d’extrême-droite et de jouer sur les peurs. La candidate du RN peut, sur ce thème, remercier Eric Zemmour qui fut un paratonnerre plus que bienvenu. En bref, Emmanuel Macron patine. Il faut dire que l’autre point de la stratégie, à savoir le front républicain et la diabolisation ne fonctionnent plus. Le front républicain a des allures de linceuls. Tel le petit garçon criant trop souvent au loup pour rire et regardant impuissant son troupeau se faire dévorer lorsque le loup arrive vraiment, Emmanuel Macron voit le confortable rempart contre le fascisme s’éroder et s’effondrer sur lui-même. La farce ne dure qu’un temps et les Français commencent à se lasser d’un comique de répétition trop étiré pour continuer à les divertir. Au fond, le point faible d’Emmanuel Macron c’est son bilan. L’argument Le Pen provoquant le chaos s’est totalement retourné contre lui. Casse sociale, insécurité, appauvrissement, fractures… Tout ce qu’on craignait d’un mandat Le Pen est advenu lors du mandat d’Emmanuel Macron. En fait, ce dernier a perdu l’initiative, il ne lui reste qu’à parier sur le nombre de colonies de castors restant dans le corps électoral. Seront-ils suffisamment nombreux pour établir un barrage assez haut pour contenir la vague bleu marine ? C’est se condamner à la passivité face à une candidate qui pour l’instant réalise un sans-faute et qui, pour une fois n’est pas le monstre à abattre pour la gauche mais plutôt l’un des deux monstres. Reste à savoir pour l’opinion qui est Charybde et qui est Sylla.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 15 avril 2022

L’érosion du vote Macron s’accélère – Grave malaise à l’Élysée

Macron

Depuis plusieurs semaines, il se passe quelque chose du côté de la macronie, Quoi, exactement ? Une grosse fatigue du candidat ? Une lassitude des électeurs par rapport au « en même temps », à ces coups de barre à gauche et à droite qui ne satisfont personne et agacent tout le monde ? Un bilan du quinquennat dérisoire, voire catastrophique ? Les sondages comme les réactions de l’homme de la rue laissent deviner un puissant vote de rejet.

Il y a d’abord la malchance : dommage que l’affaire McKinsey tombe au moment décisif de la campagne électorale, dommage que notre pouvoir d’achat s’effondre, dommage que l’inflation soit annoncée à 4,4 %, soit le plus fort taux de ces 35 dernières années, dommage que la délinquance ne baisse pas et que l’immigration ne soit toujours pas maîtrisée, dommage que la gesticulation présidentielle n’ait pas évité l’agression de l’Ukraine, alors même que la France présidait le Conseil de l’Union européenne, dommage que l’on déterre ses « erreurs » dans l’affaire Alstom, et dans l’affaire Ghosn…

La chance est un facteur important dans la réussite d’un président, comme dans celle d’un chef d’entreprise. Macron n’en a pas manqué, en cinq ans, mais le voici prisonnier d’une spirale de l’échec. On l’a vu encore avec son rassemblement de La Défense, sa seule réunion électorale : une salle partiellement vide, ce qui reflète une motivation altérée de ses partisans. On l’a vu avec ses terribles lapsus, comme sa condamnation de la légitime défense et ses diatribes outrancières contre « l’extrême droite », contre le « nationalisme », alors même que le monde entier est invité à se mobiliser en faveur du nationalisme ukrainien.

Comme un avion qui se met en vrille, Macron est désormais trop près du sol, c’est-à-dire trop près de l’échéance de dimanche, pour réussir un atterrissage correct.

Un extraordinaire signal pour le second tour

Les premières alertes sont venues d’un Edouard Philippe, par exemple. Puis les sondages ont commencé à enregistrer ce qui n’était jusqu’alors qu’un sentiment diffus, celui d’un quinquennat pour rien, en tout cas pour rien de bien, rien de révolutionnaire au bon sens du terme. Au début du mois de mars, alors que s’ouvrait la campagne officielle, Macron flirtait avec les 30 % de voix au premier tour. Mais depuis lors il n’a cessé de baisser, et les derniers sondages (celui de Paris Match, par exemple) le placent à 27 %, tandis que Marine Le Pen est annoncée à 23 %. 4 points d’écart, ce n’est pas rien. En principe ces chiffres n’annoncent nullement une suprématie de la candidate du RN au soir du premier tour, ni la défaite de Macron le 24 avril. Mais une autre lecture de ces chiffres est possible : celle qui tient compte des dynamiques des deux candidats. Le vote Macron s’érode, les votes Le Pen et Mélenchon progressent. Si Macron recule encore de deux points, et si Marine Le Pen progresse symétriquement, les courbes s’inverseront. Une telle inversion constituerait un extraordinaire signal pour le second tour.

Bien entendu le réveil des abstentionnistes peut théoriquement remettre en cause ces sondages prometteurs. Mais ce que l’on sait déjà, c’est que l’abstentionnisme concerne tout particulièrement les classes d’âge les plus jeunes, et les catégories socio-professionnelles en difficulté. Autrement dit un abstentionnisme qui diminuerait le vote Le Pen, alors que les électeurs de Macron se trouvent dans les catégories les plus aisées, et chez les retraités, celles où l’on vote en rangs serrés. Les sondeurs ont tenu compte de cette sociologie électorale pour définir les scores des candidats. Une éventuelle augmentation – même marginale – des votants peut donc créer la surprise dans la surprise.

Tribune reprise de Présent

Les Visiteurs en Macronie, par Clément Martin (Les Identitaires)

les visiteurs

TF1 a annoncé que la soirée électorale du premier tour des présidentielles ne durera qu’une fraction de sa durée habituelle et que sera diffusé dès 21 h 20 le film de Jean-Marie Poiré, Les Visiteurs. Cette annonce est moins anecdotique qu’il n’y paraît.

Dépolitisation et passivité politique

Ce choix témoigne tout d’abord de la dépolitisation tendancielle de la société française : l’époque où les élections constituaient un moment collectif national majeur est terminé. La vie politique est désormais un aspect tout à fait mineur de l’existence du citoyen français lambda ; les taux d’abstention croissants constatés à chaque élection le démontrent.

Selon un rapport publié par l’Institut Jean Jaurès, c’est la notion même d’ « engagement politique » qui est en crise. Les chiffres publiés sont des plus instructifs : l’engagement est perçu comme « l’implication pour une cause » par seulement 14 % des interrogés, alors même qu’une majorité de Français considère l’engagement comme quelque chose de positif, et que 63 % se considèrent eux-mêmes comme engagés. Ce paradoxe a pourtant une explication élémentaire : s’engager, aujourd’hui, ne consiste pas à participer de façon collective à la défense d’une cause ou d’un idéal par l’intégration à une organisation, mais a beaucoup plus à voir avec le fait de simplement croire en quelque chose. Autrement dit, il suffit d’avoir une opinion sur un sujet pour se considérer comme engagé ; ce qui compte, c’est moins ce que l’on fait concrètement que ce que l’on pense. Or, l’action politique est précisément la façon dont on change les choses en agissant de façon concrète et régulière. Se retrancher dans le royaume des opinions personnelles constitue bien une démission du politique de la part du peuple français.

Le macronisme comme démoralisation politique

Si l’abandon de l’engagement et de l’intérêt pour la vie politique en général sont des tendances lourdes en France, constatées depuis plusieurs décennies, difficile de ne pas analyser l’ère macroniste de notre pays comme une période d’accélération de ce désaveu pour le politique.

Toute l’histoire de l’arrivée au pouvoir, puis du règne de la macronie, est celle d’une caste politique dépolitisée comme jamais : les déclarations vides du candidat-ministre Macron font écho à ses propositions creuses de candidat-président ; les Marcheurs membres de la société civile qui ont accédé aux responsabilités politiques se sont rapidement distingués par leur ignorance, leur manque de culture, la vacuité de leur langage et leur conformisme étouffant. Mais cette dépolitisation s’est accompagnée d’une pratique du pouvoir hégémonique, ne reculant devant aucun recours pour asseoir sa domination. Électorat gérontocratique de bourgeois retraités et de parvenus, Parlement intégralement soumis à la volonté du parti, médias aux ordres, répression délirante contre tous les adversaires politiques qui ont le malheur de bouger un peu trop (Gilets jaunes, Génération identitaire, etc.), le macronisme fut sans conteste l’avènement d’une « dictature centriste » au sommet de l’État.

Mais cette dictature s’évertue par tous les moyens possibles à faire rentrer au forceps dans la conscience des Français que rien ne pourrait jamais changer – mondialisation, immigration, progressisme, démission internationale : toute l’Histoire de France est écrite par avance.

Alors, à quoi bon parler des élections, puisque son résultat en est déjà garanti ? Pourquoi donner un temps de parole à des réfractaires et des populistes, incapables d’apprécier la virtuosité du Mozart de la politique française ? Face à la « mort tiède » de la vie politique française, il faut placer nos espoirs dans un électrochoc. N’importe lequel.

Clément Martin

Texte repris du site de : Les Identitaires

D’une « guerre » à l’autre, la macronie mise sur la peur

Macron

Emmanuel Macron est ambigu dans son rôle attendu d’homme de paix. Certes, le chef de l’Etat a maintenu le contact avec Vladimir Poutine et c’est une bonne chose. Il a également contraint, mardi, Bruno Le Maire à corriger ses propos belliqueux. Le ministre de l’Economie s’était cru autorisé à rappeler la détermination de l’Europe à « livrer une guerre économique et financière totale à la Russie (…) et provoquer l’effondrement de l’économie russe ». « Le terme de guerre était inapproprié et ne correspond pas à notre stratégie de désescalade », s’est amendé Le Maire. Quelques heures plus tôt, l’ancien président russe Dmitri Medvedev avait tweeté : « Surveillez votre langage, Messieurs ! Et n’oubliez pas que les guerres économiques se transforment assez souvent en vraies guerres ». Cependant, c’est Macron qui, lundi, a choisi de nationaliser le conflit entre l’Ukraine et la Russie, en faisant passer un solennel « message aux armées » françaises.

Dans ce texte guerrier, le président explique : « Dans ce contexte de fortes tensions, la France sait pouvoir compter une nouvelle fois sur ses armées (…) Je sais pouvoir compter sur vous (…) ». Jeudi, sur TFI, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, avait pour sa part déclaré : « Poutine doit comprendre que l’Otan est une alliance nucléaire. Je n’en dirai pas plus ». Une chose est de faire savoir à l’autocrate russe qu’il s’est déshonoré en envahissant l’Ukraine, dans laquelle son armée s’enlise. Une autre est d’alimenter une montée aux extrêmes, en assurant chercher la « désescalade ». Sur le sujet si grave de la guerre et de la menace nucléaire, l’ambiguïté du « en même temps » macronien est dangereuse.

En fait, il y a une tentation, chez Macron, à théâtraliser à l’excès la crise ukrainienne, comme il a su le faire depuis deux ans avec la crise sanitaire. Il est d’ailleurs loisible de constater que la « guerre » contre le Covid, qui monopolisait les esprits et imposait un unique et intransigeant discours hygiéniste, a soudainement laissé la place à la « guerre » contre Poutine, avec un même unanimisme obligé et une semblable hystérisation des peurs.

Cette stratégie a comme effet de rendre intouchable le « chef de guerre », au risque de passer pour un traître à la nation ou un irresponsable. Les débats deviennent pratiquement inabordables, ce qui est confortable pour un président qui entend renouveler son mandat en évitant d’avoir à rendre des comptes. Les similarités entre les deux crises sont frappantes, dans l’usage politique que le pouvoir en fait : une même dramatisation, un même manichéisme, une même diabolisation de ceux qui s’interrogent sur l‘adéquation des réponses apportées.

Sur les réseaux sociaux, les fanatiques de la triple vaccination se sont convertis en fanatiques anti-Russes ! Le gouvernement lui-même s’est prêté à ce rapprochement loufoque en apposant le drapeau ukrainien sur l’application TousAntiCovid. La macronie est va-t-en-guerre car elle pense ainsi faire gagner son chef. L’incendiaire habite toujours à l’Elysée.

Ivan Rioufol

Texte daté du 2 mars 2022 et repris du blog d’Ivan Rioufol

L’indécente dérive monarchique de la macronie… par Ivan Rioufol

La dérive monarchique de la macronie est indécente. La crise sanitaire a mis en scène jusqu’à l’excès l’exercice personnel et clanique du pouvoir. Il est vrai que la Ve République se prête à l’hégémonie de l’exécutif. Cependant, depuis deux ans, les choix hygiénistes du chef de l’Etat s’imposent peu ou prou selon son bon plaisir. Les contre-pouvoirs (Conseil d’Etat, Conseil constitutionnel, Assemblée nationale, Sénat, médias) ont renoncé à leur rôle d’équilibre et de modération, en avalisant à chaque fois les limites aux libertés individuelles. Le 5 janvier, dans Le Parisien, Emmanuel Macron déclarait, tel un despote agacé par le peuple comme il le serait des mouches : « Les non vaccinés, j’ai très envie de les emmerder. Et donc on va continuer à le faire, jusqu’au bout ». Cette fois, la caste du Palais de l’Elysée s’autorise à nommer ses bons amis au Conseil constitutionnel, haute juridiction censée faire respecter la constitution.

C’est ainsi que le chef de l’Etat a proposé, mardi, le nom de la ministre Jacqueline Gourault : une femme qui n’a aucune compétence juridique mais qui est proche de François Bayrou. Quant à Richard Ferrand, président de l’Assemblée nationale et familier du président, il a suggéré le nom de Véronique Malbec. Or cette juriste fut procureur général de Rennes et à ce titre supérieur hiérarchique du procureur de Brest qui en octobre 2017, classa sans suite l’affaire des Mutuelles de Bretagne dans laquelle Ferrand était impliqué.

Ces renvois d’ascenseur ne sont certes pas nouveaux. Le président du Sénat, Gérard Larcher, s’y prête aussi quand il propose pour sa part de nommer le conseiller d’Etat François Seners, qui fut aussi son directeur de cabinet de 2014 à 2017. Reste cette permanente morgue macronienne, convaincue de sa supériorité morale et intellectuelle : une ivresse qui autorise le pouvoir à tous les abus quand il s’indiffère des soupçons de copinages ou de conflits d’intérêt. La « république exemplaire », vendue par Macron, est une plaisanterie quand elle se laisse instrumentaliser à des fins personnelles ou partisanes.

Il serait temps que des voix s’élèvent pour s’opposer à cette dérive autarcique de la macronie, qui est une insulte à la démocratie libérale. La France n’est certes pas le Canada, mais s’observe là-bas, désormais, la mise en place d’un régime d’exception prétextant des mesures d’urgence pour lutter contre les Convois de la liberté. C’est ainsi que le premier ministre, Justin Trudeau, a ressorti lundi une loi d’exception contre ceux qui contestent le passe vaccinal. Elle lui permet d’interdire des déplacements et d’imposer plus rapidement des peines de prison. Les banques peuvent, sans attendre une décision judiciaire, geler des comptes soupçonnés d’être en liens avec les manifestants qui réclament le respect des libertés. La macronie n’en est pas là. Mais elle emprunte le même chemin.

Ivan Rioufol

Texte daté du 16 février 2022 et repris du blog d’Ivan Rioufol

La fabrique de la peur, cette indécente mascarade, par Ivan Rioufol

La macronie excelle dans la fabrique de la peur. Cette politique, souvent dénoncée hier, cherche à infantiliser les citoyens en les maintenant dans un permanent état de terreur. C’est ainsi que le porte parole du gouvernement, Gabriel Attal, annonce une « cinquième vague fulgurante » de Covid. En juillet il avait prédit, en vain, un « tsunami viral ». Attal n’a pas son pareil dans l’entretien de la panique sanitaire. Le chef de l’Etat se réserve, pour sa part, de souffler sur la peur du réchauffement climatique et du populisme. Lors de sa dernière intervention, Macron a ainsi mis en garde contre « la menace nationaliste ». Ce lundi, je me réjouis de voir cette analyse de la peur développée brillamment par le géographe Christophe Guilluy dans Le Figaro. Je cite Guilluy : « La gestion de la peur (par les élites) consiste à promettre l’apocalypse qu’elle soit démocratique, écologique ou sanitaire. L’apocalypse démocratique consiste par exemple à nous faire croire depuis trente ans à l’arrivée du fascisme.

C’est du théâtre et cela permet de rabattre éternellement les indécis ou le gros bloc des retraités vers les partisans du modèle globalisé. Les citoyens auront peur du fascisme, de l’apocalypse sanitaire ou encore de l’apocalypse écologique. Toutes ces peurs permettent à des gouvernements impuissants de rabattre vers eux des citoyens qui ne votent plus par adhésion mais par crainte de l’apocalypse. Il n’y a aucune adhésion au macronisme. Seulement un vote de peur. S’il est réélu, le lendemain il s’effondrera dans les sondages ».

Cette grande mascarade repose sur une propagande et une désinformation de tous les instants. Un exemple : durant le G7 organisé par Emmanuel Macron à Biarritz fin août 2019, le président lançait un tweet paniqué, inspiré du slogan chiraquien de 2002 : « Notre maison brûle. Littéralement. L’Amazonie, le poumon de notre planète, qui produit 20% de notre oxygène, est en feu ». L’alerte présidentielle était illustrée d’une photo représentant une forêt ravagée par les flammes. Or non seulement cette photo avait été prise il y a quinze ans mais le contenu du message était faux. L’Amazonie ne produit en réalité qu’une quantité négligeable d’oxygène terrestre, et les feux de forêts sont plus importants encore en Afrique subsaharienne (Angola, Congo, Tanzanie, Zambie), voire en Sibérie. La fake news était néanmoins passée comme une lettre à la poste.

Une même intox alimente depuis près de deux ans la panique autour du Covid. Il est actuellement impossible de faire entendre des voix dissidentes sans être traité de complotiste. Dimanche soir, dans mon émission Les points sur les i, sur CNews, le professeur Christian Perronne a pu redire néanmoins ses doutes sur les « vaccins » anti-Covid et sur leurs efficacités. Mais Perronne est de ces médecins qui, parce qu’ils s’opposent à cette fabrique de la peur sanitaire, ont été bannis par le système politico-médiatique. Cette situation est profondément anormale, malsaine, indécente. L’heure des comptes arrive.

Ivan Rioufol

Texte daté du 22 novembre 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Ce mépris de classe qui habite la macronie

Les Gilets jaunes sont-ils prêts à repartir, comme en 18 ? Le 17 novembre 2018, la France des Oubliés déboulait sur les Champs Elysées. Elle allait faire trembler, un temps, les notables de la macronie. Deux ans plus tard, la nouvelle envolée du prix des carburants, ponctionné par une fiscalité gloutonne, a donné prétexte ce week-end à quelques timides réoccupations de ronds-points. Reste que le gouvernement, toujours aussi arrogant face à la classe moyenne, pourrait bien apporter l’impulsion à une dynamique populaire encore encalminée. Le dédain que montre le pouvoir pour « ceux qui ne sont rien » est un comportement ancré. Emmanuelle Wargon, ministre du logement, en a apporté l’illustration l’autre jour en critiquant la maison individuelle, cet idéal des Français. Elle-même propriétaire d’une maison de 150 m2 dans le privilégié Saint-Mandé (Val-de-Marne), Wargon a fait l’éloge du logement collectif.

Pour la ministre, les pavillons, « ce rêve construit pour les Français dans les années 70 », « ce modèle d’urbanisation qui dépend de la voiture pour les relier », sont un « non-sens écologique, économique et social ». Et d’ajouter : « Le modèle du pavillon avec jardin n’est pas soutenable et nous mène à une impasse ». Mais comment une personnalité qui se dit progressiste peut-elle faire preuve d’une telle morgue ? Vendredi, Wargon a regretté « la caricature faite de ses propos ». « Il n’est pas question d’en finir avec la maison individuelle », a-t-elle assuré.

Les propos de Wargon, qui pourraient s’entendre dans l’excès d’urbanisation des sols, ne sont pas seulement une maladresse. Ils montrent un mépris de classe. Il est porté par la nouvelle bourgeoise urbaine « éclairée ». On se souvient du ministre Benjamin Griveaux qui, en octobre 2018, désignait Laurent Wauquiez (LR) comme le « candidat des gars qui fument des clopes et qui roulent en diesel ». « Ce n’est pas la France du 21 e siècle que nous voulons », avait ajouté Griveaux, aujourd’hui disparu de la scène politique.

En octobre 2020, sur LCI, c’est l’époux d’Emmanuelle Wargon, l’urgentiste Mathias Wargon, qui expliquait à propos de ceux qui contestaient les discours anxiogènes du pouvoir sur l’épidémie de Covid : « Avant, on les entendait au bistrot (les anti-vaccins, les complotistes) Ils étaient un peu bourrés, un peu cons, et on leur disait de rentrer à la maison quand ils étaient trop bourrés… Maintenant, ils sont à la maison, ils sont bourrés, ils sont toujours aussi cons, ils sont sur les réseaux. Je n’ai pas d’autres explications (…) Moi ce qui me fait peur c’est que ces gens votent en fait ». Le nouveau parti de la Raison, que prétend être la majorité présidentielle, se résume assez bien dans ce couple Wargon, belles âmes qui tiennent les « ploucs » pour des sous-citoyens. Oui, l’imbuvable macronie pourrait bien réveiller la révolte mal éteinte des Gilets jaunes.

Ivan Rioufol

Texte daté du 18 octobre 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Comment la macronie hystérise la politique

Macron

La macronie hystérise la politique. Son discours sur la « bienveillance » est factice. C’est Gérald Darmanin qui a déclaré, à Dijon jeudi dernier : « On voit bien la marque satanique que représenterait une victoire du RN ». Quelques jours plus tôt, le chef de l’Etat avait pourtant dit : « J’appelle tout le monde au respect et au calme ». Ce week-end, à Péronne (Hauts-de-France), les réseaux sociaux ont montré un Eric Dupond-Moretti vociférant et débraillé s’en prendre, sur une terrasse de bistrot, à un élu du RN, Damien Rieu, après avoir été alpagué par François Ruffin (LFI). Déjà, le 21 juin 2018 à Quimper, Emmanuel Macron avait désigné les adversaires de l’Europe souveraine comme « une lèpre qui monte ».

Lors de ses vœux du 31 décembre de la même année, parlant des Gilets jaunes, le président avait dénoncé les « porte-voix d’une foule haineuse » accusée de s’en prendre « aux élus, aux forces de l’ordre, aux journalistes, aux juifs, aux homosexuels, aux étrangers » dans un amalgame s’apparentant à une « fake news ». Derrière le faux-nez de l’ « apaisement » se laisse voir une caste hautaine et désormais ouvertement agressive, qui n’argumente que par l’insulte et la diabolisation. Loin de donner l’exemple de la maîtrise de soi et de la cohésion nationale, la macronie attise les divisions en lâchant, dans une société inflammable, des incendiaires comme Darmanin et Dupond-Moretti.

En réalité, les mots officiels ne veulent plus rien dire sinon, de manière orwellienne, l’inverse de leur sens. La « bienveillance » LREM est un permis de cracher sur l’opposant. Pareillement, la « liberté » se rapproche de la censure quand elle est revendiquée par l’extrême gauche. Samedi, la « marche des libertés, contre les idées d’extrême droite », qui a rassemblé poussivement 120 organisations, a montré son intolérance pour le débat démocratique. Manifester contre des idées qui déplaisent est une réponse qui caractérise la dérive fascistoïde de cette gauche asséchée, qui n’existe plus que dans l’affrontement et la violence. Il est à remarquer que les « antifas », ces nouveaux fachos, n’ont pas jugé utile de perturber la procession. Il ne faut évidemment pas compter sur ces donneurs de leçons de démocratie pour s’émouvoir, par exemple, du sort de Mila, 18 ans, poursuivie par les islamistes pour avoir critiqué Mahomet. Dimanche, sur TF1, la jeune fille a confié son calvaire, qui laisse de marbre les féministes : « Même si je suis dehors, je suis en prison (…) Je vais forcément ne pas rester en vie ». Cette extrême gauche, qui dit s’inquiéter des idées d’extrême droite (sans définir ce que l’expression recouvre) avait manifesté, en novembre 2019 à Paris, avec les islamistes et leurs idées totalitaires, sexistes et judéophobes. Lors de la manifestation de samedi, Jean-Luc Mélenchon a été enfariné par un homme se présentant de gauche, mais de droite selon les médias. Le délitement ne fait que commencer.

Ivan Rioufol

Texte daté du 14 juin 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

L’idée claire, ennemie du « En même temps » macronien

La confusion mentale du gouvernement est l’enfant du « En même temps » d’Emmanuel Macron. La « pensée complexe » du président est à la source du désordre intellectuel observable au sommet de l’Etat. L’indécision née de la pratique du « cul entre deux chaises » est aggravée par la propension de la bureaucratie à produire des normes à la chaîne. Cette alliance de l’irrationalité présidentielle et d’une haute fonction publique hors sol a pondu, samedi matin, des « attestations », stupides pour des gens sensés.

L’initiative a été, certes, rapidement suspendue. Mais l’épisode vient rappeler l’urgence d’une réforme de l’Etat technocratique, et la nécessité pour les dirigeants de comprendre la vie des Français. Si un arbre se juge à ses fruits, la Macronie n’a produit, durant ces douze mois d’épidémie de Covid, que des interdits de plus en plus intrusifs et des règlements plus kafkaiens les uns que les autres. Le sommet a été atteint avec ce dernier concept de « l’enfermement extérieur », une « troisième voie » présentée jeudi par Jean Castex comme l’innovation française du moment. A ce point d’absurdité, même les mots manquent : le « confinement » new-look, développé par le premier ministre, est un terme qui a été jugé inapproprié par Macron dès le lendemain: « Je crois que le mot confinement n’est pas adapté à la stratégie présentée », a-t-il dit La coquecigrue ne sera donc pas nommée…

Les « élites » ont un tel mépris du peuple ordinaire qu’elles se méfient des solutions trop accessibles. Pourquoi faire simple quand un fonctionnaire surdiplômé peut faire compliqué, en décrétant quinze motifs de sorties avec attestations et astérisques renvoyant en bas de pages ? Louis XIV avait compris ce qui reste aujourd’hui une énigme pour ceux d’en haut : « La fonction de roi consiste principalement à laisser agir le bon sens, qui agit tout naturellement et sans peine ». Macron laisse comprendre ces derniers temps qu’il s’agacerait des lourdeurs administratives et du poids des « enfermistes », symbolisés par Olivier Véran, le ténébreux ministre de la Santé. Il n’empêche : Véran est toujours à son poste, en dépit des contre-vérités qu’il a pu dire depuis un an. Quant au cafouillage ubuesque du gouvernement, il est aussi le produit de l’entourage présidentiel. « Soyez fiers d’être des amateurs ! », avait lancé Macron, il y a un an, aux députés LREM. Le manque de professionnalisme semble être une faille plus générale. Certes, le chef de l’Etat s’est heureusement opposé, le 29 janvier, à ceux qui réclamaient un confinement drastique pour tous. Mais en prenant, cette fois, ce chemin de traverse incongru, il confond compromis et irrésolution. L’idée claire lui serait-elle devenue inatteignable ?

Ivan Rioufol

Texte daté du 22 mars 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

L’appel de la liberté, par Jean-Gilles Malliarakis

Contemplant, dans la soirée de ce 18 mars, l’affligeant cafouillage et le ton quasi dictatorial de ce pauvre Castex, on était tenté de se prendre de pitié. Face à ce chef constitutionnel d’un gouvernement déboussolé, et à son discours surabondant et désarticulé, on ne pouvait que s’interroger : qu’auraient pensé, qu’auraient fait, nos devanciers, chouans ou communards, huguenots ou ligueurs, devant un tel déni des libertés élémentaires, des autorités régionales, des responsabilités corporatives et même des principes constitutionnels de ce qui s’appelle encore une république. De ce mot, pourtant, observons combien nos communicants se gargarisent, à contre-emploi.

Au sein de la Macronie, séparation des pouvoirs, connais pas. Circulez, sous le règne des Marcheurs, il n’y a rien à voir.

Or, le pouvoir personnel sans limite ne conduit qu’au désastre.

Quand on étudie la folie maoïste, continuation revendiquée de la Terreur stalinienne, on ne peut que ressentir une perplexité et une inquiétude pour l’évolution de la France. Tous les auteurs chinois le soulignent : le délire marxiste de Mao Tsé-toung n’a pu atteindre le niveau de destruction, qui prend son envol avec le Grand Bond en avant théorisé en 1958, qu’au gré de l’emprise totalitaire que le Grand Timonier exerçait sur son entourage, sur l’appareil communiste et sur son pays. L’examen des débats et discours. Ils étaient réduits au congrès du Parti unique et au plénum de son Comité central. Les uns après les autres, tous ceux qui commencent, à partir de 1956, par émettre prudemment des réserves et des avis divergents, tels le malheureux Liu Shaoqi, tel le futur réformateur économique Deng Xiaoping ou même Zhou Enlaï, finissent par renoncer à toute critique, à s’aplatir comme des crêpes et à réaffirmer leur foi inébranlable dans le génie de leur chef bien aimé.

Il s’ensuivra la mort de 36 millions de paysans dans la seule séquence de la famine qui frappa le pays, entre 1959 et 1961, du fait de la collectivisation à marche forcée. Dix ans plus tard, entre 1966 et 1976, la révolution culturelle fera, à son tour, des dizaines de millions de victimes.

En sommes-nous arrivés à ce point ? Pas encore sans doute.

Pouvons-nous faire machine arrière ? Oui, certainement mais à condition de ne pas courber le dos.

Dans quelques jours par exemple, le 25 mars, la Grèce, commémorera le Bicentenaire du soulèvement national de 1821. La devise des insurgés est demeurée dans les mémoires et dans les cœurs de leurs descendants : la liberté ou la mort.

Qu’on ne s’y trompe pas, une telle affirmation, qui me semble aussi précieuse que ce cher « grand pays » sur un « petit territoire » [1] lui-même, n’enfermait nullement ceux qui la professaient alors dans le carcan philosophique des Illuminés de Bavière et de ces jacobins qui ont fait tant de mal à la France.

La conception grecque de la Liberté fait partie d’une identité profonde, caractéristique de l’esprit européen. La plupart de ses philosophes respectaient plus encore les mérites de l’aristocratie plutôt que les aimables mais fragiles institutions de la démocratie. Ils croyaient avant tout aux vertus du débat.

Cette vision s’accompagne aujourd’hui encore d’une très forte imprégnation religieuse. L’appel à l’insurrection de 1821, le 25 mars, fête nationale de nos jours, correspond à la fête chrétienne si belle de l’Annonciation. Autre commémoration parallèle, aujourd’hui encore, celle du 28 octobre qui esi identifiée à l’entrée dans la seconde guerre mondiale en même temps qu’à la fête orthodoxe de la Protection de la Mère de Dieu. On honore le début des conflits plus encore que la victoire car « seuls les commencements sont beaux » ainsi que nous le rappelle Heidegger.

L’appel à l’insurrection était préparé par le maintien de l’identité à l’école des prêtres, dans le secret nocturne des temples, sous le regard des icônes. Ainsi se maintint, pendant les siècles de l’obscurité ottomane, l’apprentissage de la langue et de son écriture.

Chateaubriand ne s’y trompait pas dès 1811, lorsqu’il publie son Itinéraire de Paris à Jérusalem. L’auteur contre-révolutionnaire du Génie du christianisme préfigurait alors le philhellénisme de tout le mouvement romantique naissant. Celui-ci s’engagera sans hésiter en soutien des Grecs et de tous les Balkaniques insurgés, chrétiens en butte à l’oppression de l’islamisme.

Athènes est redevenue, au XXIe siècle une grande ville, une agglomération de 4 millions d’habitants. Elle était, il y a 200 ans, décrite par Chateaubriand comme un village réduit par l’occupant à une population de bergers albanais.

Il ne faut pas attendre pareil déclin avant d’entendre, à notre tour, le fameux appel de Maurice Barrès « réveillez-vous vieille race et reprenez possession de vous-mêmes puisque vos maîtres défaillent ».

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Le souverainisme, bouée de la macronie perdue, par Ivan Rioufol

Le Covid aurait-il eu raison de la « société ouverte« , chère à la macronie ? Sa conversion apparente au souverainisme donne des gages au « parti des enracinés » dont je veux bien être un porte-parole. Le journaliste Yvan Audouard, disparu en 2004, parlait des « chiens de garde de la connerie » pour dénoncer les travers de son siècle. Leurs héritiers gardent toujours les entrées du Pouvoir. N’est-ce pas Olivier Véran, immuable ministre de la Santé, qui affirmait en février 2020 : « On ne fermera pas les frontières car ça n’aurait aucun sens » ? « Les frontières physiques n’ont pas de sens pour un virus« , avait rajouté Sibeth NDiaye, la porte-parole du gouvernement, recasée depuis chez Adecco France. Le 10 mars 2020, c’est Emmanuel Macron lui-même qui qualifiait de « mauvaise décision » le choix de l’Autriche de se fermer à l’Italie contaminée.

Il aura donc fallu près d’un an pour que l’Etat comprenne l’utilité des frontières comme protections naturelles, singulièrement en cas d’épidémie.
En effet, après l’annonce du premier ministre Jean Castex, jeudi dernier, de faire tester et de mettre sous surveillance les voyageurs venant de l’extérieur de l’Union européenne, la mesure pourrait être étendue au cœur de l’espace Schengen. « Nous envisageons de renforcer au sein de l’espace européen les mesures de contrôle« , a admis dimanche le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes.

Ce réveil tardif s’accompagne, chez Bruno Le Maire, d’un débordement d’affections soudaines pour le patriotisme économique. Au risque, comme souvent chez les nouveaux convertis, d’en faire trop dans leurs nouvelles convictions. C’est ainsi que le ministre de l’Economie, jadis défenseur du libéralisme, vient de s’opposer au « rapprochement amical » entre le Français Carrefour et le Québécois Couche-Tard, dans le domaine de la distribution alimentaire.

C’est au nom de la « sécurité alimentaire » que Le Maire a entravé cette alliance décidée par deux entrepreneurs privés, pourtant plus au fait de leurs intérêts commerciaux que l’Etat, si piètre gestionnaire. On passera sur cette paranoïa qui gagne le gouvernement, quand il croit déceler dans un pacte amical une tentative d’agression. Mais le message, ici envoyé, d’un Etat tentaculaire et intrusif n’est pas à la hauteur des enjeux. Le besoin d’enracinement, révélé par la crise sanitaire, peut faire bon ménage avec un libéralisme ordonné, libre et non faussé. En revanche, il ne s’accorde pas avec le laxisme d’Etat quand il renonce à maitriser l’immigration de masse et les sources intérieures de l’insécurité au quotidien. C’est cette « société ouverte » là qui doit fermer ses portes.

Ivan Rioufol

Texte daté du 11 janvier 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

La macrocrature, une menace pour les libertés

Plus les libertés sont attaquées par le Pouvoir, plus il jure les défendre. Ce mercredi, sur Europe 1, Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, a dit : « On n’a pas le droit d’interdire quelque chose (…) La France est un pays de liberté. Liberté, Liberté, Liberté chérie !« . Lundi, dans un entretien à la revue en ligne Le Grand Continent, Emmanuel Macron a assuré : « Le combat de notre génération en Europe, se sera un combat pour nos libertés« . Parce qu’elles sont en train de basculer ». On ne saurait mieux dire. Mais qui, sinon le chef de l’Etat en premier, est en train de mettre le pays sous l’étouffoir ? Jamais une démocratie libérale n’a été soumise à de telles intrusions étatiques. Les lois d’exception s’ajoutent aux couvre-feux et aux états d’urgence, aux prétextes de lutter contre le terrorisme ou le Covid-19.

Les libertés élémentaires d’instruire les enfants, d’aller et venir ou de se rassembler pour pratiquer un culte sont mises sous surveillance. Une journaliste de l’émission Quotidien, dirigée par Yann Barthès, a cru bien faire dans un reportage en s’étonnant, devant la police présente sur place, qu’elle n’intervienne pas pour sanctionner des catholiques, rassemblés pour prier devant le parvis de leur église interdite d’accés. Le sanitairement correct produit, comme prévu, les mêmes dénonciateurs que le politiquement correct.

En réalité, pour la macronie, les libertés ne vont pas de soi. Légitime est la méfiance actuelle à propos de la proposition de loi « sécurité globale » qui, mal ficelée, entend réglementer la diffusion d’images identifiant des forces de l’ordre. La majorité a toujours eu dans l’idée, au nom d’une chasse aux « fake news » et aux « propos haineux », de mettre les réseaux sociaux sous la menace de la censure. Ce mercredi, sur RTL, Eric Dupont-Moretti a déclaré : « J’entends que tous ceux qui diffusent la haine soient immédiatement déférés devant la justice ». De fait, le projet de loi sur le séparatisme islamiste – qui s’intitule en fait « projet de loi confortant les principes républicains » (Le Figaro, ce mercredi) – contient ce type de comparution immédiate.

Or la loi Avia, qui prévoyait déjà de sanctionner le propos haineux, a été retoquée par le Conseil constitutionnel. Il est piquant d’observer le garde des Sceaux se poser en parangon de la bienveillance, alors qu’il revendique une constante agressivité contre ceux qui le critiquent. C’est lui qui, vendredi au Parisien, a déclaré : « Marine le Pen incarne tout ce que je déteste« . Sachant que la haine n’est jamais qu’une détestation exacerbée, Dupont-Moretti serait plus inspiré en donnant l’exemple de la mesure et de la sérénité. Oui, la macrocrature est un clan sectaire qui menace les libertés.

Ivan Rioufol

Texte daté du 18 novembre 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Macronie : le poisson pourrit par la tête, par Ivan Rioufol

Il y a quelque chose de pourri au royaume de la Macronie. Tout pue la lâcheté, la traîtrise, l’intérêt clanique, le compromis avilissant. Les médias sont tellement somnolents qu’ils ne s’indignent même pas de l’effondrement de l’Etat devant les nouvelles minorités ethniques, quand elles exhibent leur couleur de peau pour exiger les excuses des Blancs. Mêmes les clandestins s’autorisent à manifester massivement. Les prétendus défenseurs de la démocratie, eux, ont déjà oublié le scandale politique, révélé l’autre jour par Eliane Houlette, procureur du parquet national financier, d’une justice en lien constant avec le pouvoir dans la chute de François Fillon, candidat favori à l’élection présidentielle de 2017.

Parallèlement, l’heureuse démolition de la loi Avia par le Conseil constitutionnel, jeudi, n’a conduit à aucune mise en cause des mouvements « antiracistes » qui, Licra en tête, ont comme objectif d’ajouter toujours plus de lois liberticides à la libre expression, afin de protéger une diversité victimaire. Et voici que l’on apprend que les 150 membres tirés au sort de la convention citoyenne pour le climat, qui ont rendu leurs conclusions dimanche, ont été cornaqués par 140 experts. Relire Marc Bloch, dans L’Etrange défaite : « Rien ne trahit plus crûment la mollesse d’un gouvernement que sa capitulation devant les techniciens« .

La pensée confuse ajoute à la crise de l’intelligence qui empêche la Macronie jacteuse de parler clair et d’employer des mots justes. Le « en même temps » présidentiel produit des coquecigrues à la chaîne. Hier, c’est la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, qui s’est emmêlée dans ses explications verbeuses en justifiant que telle infirmière, Farida C., qui lançait des projectiles contre la police, réponde de ses actes tout en déclarant : « Je ne saurais pas expliquer à mes enfants s’il est normal ou pas de jeter des pierres sur les forces de l’ordre« . En réalité, cette phrase indigne dit le doute qui s’est installé au cœur de l’Etat léthargique sur sa légitimité à affronter ceux qui ont compris l’intérêt qu’ils avaient à se plaindre d’être « discriminés » ou d’être les cibles d’une « police raciste ».

Partout où le regard se porte désormais, la violence est là au quotidien. Elle n’est plus seulement sociale. Elle est devenue raciale, identitaire, communautaire. Elle est revancharde pour ceux qui se réclament de la colonisation française passée. L’effacement de la force publique face aux affrontements entre communautés musulmanes, récemment à Dijon, n’a été qu’un symptôme d’une capitulation plus générale qui gagne, comme un virus, le sommet de l’Etat. Le poisson est en train de pourrir par la tête. La relève est urgente.

Ivan Rioufol

Texte daté du 22 juin 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol