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Patrick Buisson : « Les Républicains comme le FN sont dans une triple impasse »

20/11/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Patrick Buisson a accordé un long entretien à l’hebdomadaire Valeurs actuelles. Nous en publions cet extrait.

Patrick BuissonV.A. : Pourquoi la droite et le Front national se montrent-ils aujourd’hui incapables de faire émerger une véritable opposition ?

Patrick Buisson : Parce que l’un et l’autre se dérobent au bon diagnostic. L’élection de 2017 aura mis à bas leurs vieux schémas. La droite et le FN ont fait la démonstration, chacun à leur tour, de leur incapacité à reconquérir ou à conquérir le pouvoir sur la base de leurs seules forces. Faute d’avoir su opérer la nécessaire clarification idéologique, la droite ne peut plus se prévaloir du bénéfice automatique de l’alternance. Elle a perdu l’élection imperdable et à moins qu’elle ne sache se réinventer, on ne voit pas pourquoi elle ne perdrait pas les élections qui viennent.

Le FN, de son côté, faute d’avoir su construire une offre politique crédible, est resté ce qu’il a toujours été : le meilleur allié du système, son assurance vie. Englués dans des logiques d’appareils, Les Républicains comme le FN sont aujourd’hui dans une triple impasse : idéologique, stratégique, sociologique. Mais, pour rien au monde, ils ne voudront l’admettre. Je crains que cela ne débouche sur des désillusions encore plus cruelles.

Les Républicains ont entamé un véritable chantier de refondation. Par quoi doivent-ils commencer ?

Par tordre le cou aux incantations rituelles autour du “rassemblement”, mot-valise qui la leste comme un impedimentum. Le rassemblement appartient à l’ordre des moyens, ce n’est pas une fin en soi. Or, voici des lustres que, pour la droite, le rassemblement n’a pas pour objet de défendre des idées ou de promouvoir un projet, mais de servir ce désir du pouvoir pour le pouvoir que manifestent tous ceux — et ils sont, aujourd’hui, légion — qu’habite l’idée d’un destin personnel…

C’est la création de l’UMP et son principe que vous remettez en cause ?

C’est là l’erreur originelle, la faute inaugurale que continuent de payer Les Républicains. À vouloir marier les contraires sous couvert de rassemblement, l’UMP n’a jamais produit autre chose que des ambiguïtés et de l’incohérence. La droite plurielle d’Alain Juppé c’est, quinze ans après, la droite plus rien. Il est logique qu’il veuille maintenant la faire définitivement s’évaporer dans le trou noir d’« un grand mouvement central ». […]

Le départ des Constructifs ne va-t-il pas dans le sens de la clarification que vous appelez de vos voeux ?

Si la refondation se fait au nom du rassemblement de toutes les sensibilités et donc au prix de la cohérence idéologique, il n’y a rien à en attendre.

Remettre à flot le radeau de la Méduse avec l’ancien équipage du Titanic ne saurait garantir une arrivée à bon port en 2022.

Quelle stratégie pour la droite ?

Elle découle du rapport de force électoral. Il y a un antagonisme irréductible entre l’électorat libéral des grandes villes et les classes populaires, les insiders et les outsiders. Ces deux électorats ne sont pas miscibles, car leurs intérêts sont inconciliables. En revanche, la tension idéologique et sociologique entre l’électorat conservateur et l’électorat populaire est bien moindre. Il y a une propension, chez certains dirigeants des Républicains, à s’abuser volontairement sur la nature de leur électorat pour ne pas avoir à faire la politique de leurs électeurs.

La base qui a plébiscité Fillon lors de la primaire n’est pas réformatrice mais conservatrice : c’est la France provinciale des villes moyennes, qui s’est déterminée non pas sur son programme économique mais sur la vision sociétale qu’elle lui prêtait. Si bien qu’exclure ou marginaliser Sens commun équivaudrait pour ce qui reste de la droite à s’autodissoudre. À cet égard, la démission contrainte de son président n’est pas de bon augure.

Parfois, Les Républicains font penser au catoblépas, cet animal mythique, tellement stupide qu’il se dévore lui-même.

Une synthèse est-elle possible entre cet électorat conservateur et l’électorat populaire ?

Non seulement elle est possible, mais c’est la seule configuration susceptible de rouvrir à la droite les portes du pouvoir. Sans ce désenclavement de la droite par l’adjonction du vote populaire, Les Républicains sont promis à un avenir groupusculaire et crépusculaire. C’est cette alliance qui a fait le succès du RPF, en 1947, le triomphe de l’UNR, en 1958, et la victoire de Sarkozy, en 2007.

La jonction entre la France conservatrice et la France périphérique peut s’opérer naturellement à travers la défense du patrimoine immatériel que constituent l’identité nationale, l’enracinement et la transmission, le localisme et les circuits courts, le coutumier et les moeurs. Bref, tout ce que menacent la finance mondialisée et l’islam radicalisé.

L’effet Macron peut-il être un handicap durable pour la droite ?

Je ne m’illusionne en rien sur le projet global du chef de l’État, mais j’ai trop vu à quel point la droite s’empressait, une fois au pouvoir, de trahir ses engagements pour penser que son discrédit n’est que passager.

La droite paie, aujourd’hui, le mépris dans lequel elle a toujours tenu la bataille des idées et le combat culturel. Pensez-vous qu’un ministre de droite aurait eu le courage d’agir comme le fait aujourd’hui le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, en contraignant par sa politique le président du Conseil supérieur des programmes à la démission ?

Lorsqu’elle est aux affaires, la droite n’a de cesse que de donner des gages au gauchisme culturel. Il suffit de se remémorer le bilan de Luc Chatel, le ministre de Sarkozy, Rue de Grenelle : suppression de l’enseignement de l’histoire en terminale scientifique et introduction de la théorie du genre dans les manuels scolaires.

Tant qu’il y aura des dirigeants chez Les Républicains pour s’inquiéter d’une « dérive de la droite à la polonaise », Emmanuel Macron pourra nourrir les plus grandes espérances pour 2022.

À vous entendre, la présidence de Macron n’aurait que des effets désastreux pour la droite…

Pas du tout. Le phénomène Macron, qui opère la réunification politique des libéraux des deux rives, est en passe de dissiper un long malentendu historique. Il se peut qu’il mette fin à la domination de l’orléanisme, c’est-à-dire du libéralisme, sur la droite française. Du passage du capitalisme entrepreneurial au capitalisme financier, on peut attendre une fracturation irréversible entre le conservatisme et le libéralisme, entre la droite originelle et la droite situationnelle, autrement dit un centre qui a été classé à droite sans jamais pour autant être ontologiquement de droite.

Le clivage entre progressistes et conservateurs que revendique Macron est une aubaine pour une droite qui saurait redevenir elle-même au moment où il apparaît de plus en plus que le progrès est une idée du XIXe siècle frappée d’obsolescence, une idée de jeune vieux. […] »

Eric Zemmour Françafrique

Eric Zemmour : « Laurent Wauquiez va devenir général d’une armée morte »

laurent-wauquiez26/10/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Certes, Laurent Wauquiez devrait être élu à la présidence des Républicains. Mais ceux-ci, qui ont décidé hier d’exclure les Constructifs, n’ont pas pu le faire faute d’avoir atteint le quorum au bureau politique du parti ! Pas très sérieux tout ça mais, pour Eric Zemmour, très révélateur de ce qu’est devenue cette formation, peu digne héritière du mouvement construit par le général de Gaulle.

L’éditorialiste s’en est gaussé avec férocité ce matin sur RTL :

« Il était une fois un grand parti politique, un monument de l’Histoire de France. Il y avait eu dans ses rangs des ministres du général de Gaulle, et même des premiers ministres […] Certains avaient été des résistants, parfois des héros. […] Ces hommes-là tutoyaient l’histoire. »

Et puis…

« Puis ces géants ont eu des enfants qui, eux-mêmes, ont eu des descendants. Les lois de la génétique politique sont parfois imprévisibles : les géants ont donné des nains. »

Et d’enchaîner :

« Les géants se demandaient si la France devait abandonner l’Algérie française, sortir de l’Otan, approuver le traité de Maastricht. Les nains se demandent s’il faut exclure Thierry Solère ou Franck Riester […] Non seulement les Républicains traitent de sujets dérisoires, mais il n’y a plus personne pour les traiter. C’est la double peine. »

Pour Eric Zemmour, l’opposition entre deux droites irréconciliables – entre ceux qui lorgnent vers le FN et ceux qui sont proches de Macron –, est « un jeu de rôles.

« Chacun porte un masque avec une mauvaise foi qui n’a d’égale que leur manque de talent. Les Républicains n’ont plus de raison d’être car ils sont dans l’opposition à un pouvoir qui fait la politique qu’ils auraient conduite s’ils avaient gagné. L’électorat de droite l’a d’ailleurs bien compris qui rallie massivement le nouveau président. »

L’éditorialiste va plus loin et s’en explique :

« Les Constructifs et leurs alliés ministres en rajoutent en prétendant que leur cible principale, Laurent Wauquiez, va droitiser leur cher et vieux parti, qu’il va enfermer Les Républicains dans un réduit droitier identitaire en oubliant que ce sont eux qui depuis la création de l’UMP, ont enfermé la droite dans un réduit centriste et politiquement correct. »

Deux droits irréconciliables, vraiment ? Foutaise !

« Ils théorisent les deux droites irréconciliables alors qu’il devraient parler des deux centres irréconciliables, le centre qui veut aller chez Macron et le centre qui veut rester dans l’opposition. Ils font mine de soupçonner Wauquiez d’abattre la digue qui sépare les Républicains du Front national, ils ont la main sur le cœur, pendant que l’autre main dissimule leur large sourire cynique et goguenard. Ils vouent aux gémonies le groupe Sens commun, émanation politique de la Manif pour tous dont le président a osé évoquer une plate-forme commune avec Marion Maréchal-le Pen – ouh le vilain ! »

Car au final,

« Laurent Wauquiez n’osera jamais s’allier avec le Front national, il va taper sur les doigts du président de Sens commun, il va donner tous les gages qu’on voudra. »

Conclusion d’Eric Zemmour :

« La semaine prochaine, les Constructifs seront définitivement exclus, Wauquiez sera élu président d’un parti fantôme. Il découvrira alors qu’il est devenu le général… d’une armée morte. »

Robert Ménard

Robert Ménard : « Encore un effort, Marine Le Pen ! »

Robert Ménard oz_ta_droiteRobert Ménard, lors de chacune de ses interventions, Marine Le Pen semble prendre ses distances avec ce qu’était la ligne officielle de son parti ces dernières années. Vous devez applaudir…

Bien entendu. Comme vous, je constate que la présidente du Front national fait maintenant l’impasse sur la sortie de l’euro. Et je m’en félicite. J’entends même une petite musique sur le thème : voilà tout ce que nous pouvons faire sans sortir de l’euro. Une véritable révolution copernicienne pour un parti que nous expliquait jusqu’ici que rien ou presque n’était possible tant que nous n’aurions pas rompu avec la monnaie européenne… Tout cela va dans le bon sens. Puis-je vous rappeler, sans jouer au fanfaron, que, dès le lendemain de la défaite des régionales, lors du séminaire d’Étiolles, j’avais expliqué qu’il était impossible de gagner en s’obstinant à vouloir sortir de l’euro alors même que l’immense majorité des Français ne veut pas en entendre parler !

Je constate qu’aujourd’hui, Marine Le Pen reprend, jusque dans mes mots, ce que je ne cesse de dire depuis des mois. Tant mieux !

Mais ce n’est pas parce qu’une majorité des Français est opposée à la sortie de l’euro qu’ils ont raison…

Bien sûr. Mais, en l’occurrence ils sont dans le vrai. La sortie de l’euro n’est pas seulement anxiogène, elle est une erreur. Souvenez-vous avec quelle facilité George Soros avait déstabilisé la livre sterling dans les années 80. Nous prendrions le même risque en revenant au franc. L’euro nous protège de spéculateurs mal intentionnés !

Robert MénardVous êtes très pro-européen !

Absolument. N’oublions pas que l’Europe s’est déchirée pendant des décennies. Et que la construction européenne – malgré ses ratés, ses échecs, ses insuffisances, sa bureaucratie, son caractère tatillon, son arrogance technocratique… – nous a apporté la paix. Ce n’est pas rien !

C’est bien pourquoi je trouve tout à fait stupide la position de ceux – de chaque côté de l’échiquier politique – qui voudraient qu’on enlève le drapeau européen des édifices publics. Il est sur la façade de l’hôtel de ville de Béziers comme dans mon bureau de maire et il y restera. Et puis, je ne peux m’empêcher de vous rappeler qu’Arsène Heitz, à qui nous devons ce drapeau, affirma des années plus tard qu’il s’était inspiré de la « médaille miraculeuse » de la Vierge Marie… On ne va pas le bouder !

Exit la sortie de l’euro, le FN est donc sur la bonne voie…

À condition de ne pas s’arrêter en chemin. Il faut arrêter la surenchère et faire preuve de responsabilité. Il n’est pas possible de toujours promettre plus à tout le monde. En gros, de raser gratis dès la victoire acquise. Ce n’est pas sérieux. Pour être crédible, travaillons sur un programme à la fois de rupture, de bon sens et de réalisme. Et cessons de croire que l’on va reconquérir ceux qui se sont éloignés en hurlant plus fort que les amis de Mélenchon. C’est particulièrement vrai dans le domaine social.

Etre arc-bouté sur la retraite à 60 ans ou les 35 heures n’a pas de sens quand nous savons pertinemment qu’arrivés au pouvoir, nous ferons le contraire. Rompre avec les pratiques politiciennes, c’est aussi tenir un langage de vérité !

Robert MénardVous parlez de construire un grand mouvement de droite. Contre Les Républicains et le Front national ?

Je ne crois pas les uns et les autres capables de faire abstraction de leurs intérêts propres pour ne se soucier que de notre pays. Vous avez, d’un côté, Laurent Wauquiez qui ne cesse de dire et de redire que jamais, au grand jamais, il ne s’associera avec « l’extrême droite ». Et, de l’autre, des responsables frontistes qui ne veulent pas entendre parler d’alliance avec ces « traîtres » de droite. Comment voulez-vous qu’on avance et qu’on se donne les moyens de battre cette nouvelle social-démocratie qu’incarne Emmanuel Macron ?

S’il est impossible de leur faire entendre raison, construisons autre chose, en partant des citoyens, des simples citoyens.

Une fois de plus, sur la plupart des sujets qui mobilisent les Français, nos électorats pensent à peu près les mêmes choses. Expliquez-moi ce qui les sépare quand on sait que ce que dit le FN aujourd’hui ressemble comme deux gouttes d’eau au programme du RPR du début des années 80 !

Vous ne vous sentez pas un peu seul ?

Pas du tout. Loin de la classe politique actuelle ? C’est sûr. Regardez les nouveaux députés En Marche !, ils sont d’une arrogance, d’une suffisance, d’une prétention qui finiront par nous faire regretter le bon vieux notable radical-socialiste… Face à cette majorité qui incarne si peu, si mal cette France hors métropole, hors mondialisation, hors tout, il nous faut d’urgence bâtir une offre politique qui sache se faire l’écho de ce peuple dont les saillies désormais récurrentes d’Emmanuel Macron disent assez le mépris qu’il lui voue.

C’est avec ce peuple que, chaque jour, je croise, je défends, dont, chaque jour, je plaide la cause, c’est avec lui que nous construirons non pas une nouvelle alternance mais une alternative. À chacun de prendre ses responsabilités.

 

Extraits d’un entretien avec Robert Ménard
publié par Boulevard Voltaire

François Bousquet

La semaine politique avec François Bousquet : quel avenir pour la droite ?

15/10/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Pour François Bousquet, rédacteur en chef adjoint de la revue Eléments et auteur de La Droite buissonnière (éd. du Rocher), pour reconquérir le pouvoir, la droite devra endosser l’orientation social-conservatrice de Patrick Buisson, celle-là même qui a emmené Nicolas Sarkozy à l’Elysée en 2007. Une ligne que ni Marine Le Pen, ni Laurent Wauquiez, probable prochain patron des Républicains, ne semblent véritablement vouloir incarner.

Cinq mois après les élections législatives et alors que les Républicains sont en passe de se choisir un nouveau chef, François Bousquet développe sa thèse sur TV Libertés. Car après l’échec cuisant de la présidentielle, le parti est à la fois en quête d’une personnalité et d’une ligne politique qui puisse conduire à la victoire que d’aucuns considéraient comme inévitable il y a encore un an.

Nicolas Dupont-Aignan veut dialoguer avec LR et le FN

03/07/2017 – FRANCE (NOVOpress)
Nicolas Dupont-Aignan est l’invité de Dimanche en politique ce 2 juillet. Le député de l’Essonne et président de Debout La France a ainsi pu réagir aux différents sujets d’actualité.

Le quinquennat Macron se met en place. Que penser de la photographie officielle d’Emmanuel Macron ?

Ce qui me touche c’est la réalité, pas la communication. Ce qui m’intéresse, c’est comment on va faire diminuer le chômage, c’est comment on va rétablir la sécurité, c’est comment on va éviter le prochain attentat. Ce que je constate depuis des mois, c’est qu’on a mis sous hypnose le peuple français. Emmanuel Macron, c’est un produit marketing qui a été construit par des médias, par des officines, par des intérêts. On arrive maintenant à la réalité des choses. On ne peut pas bâtir tout sur le mensonge et sur la duplicité.

Nicolas Dupont-Aignan a également déclaré que le drapeau européen n’avait pas sa place à l’Assemblée : “L’Assemblée nationale, c’est le lieu de la souveraineté nationale.”

Enfin, Nicolas Dupont-Aignan a dit être prêt à « dialoguer » avec le FN et LR sans leurs « défauts » :

Je souhaite qu’on enlève les défauts du Front national et les défauts des Républicains, je souhaite qu’on donne une espérance à ces millions de Français qui ne veulent pas de la politique de monsieur Macron et qui ont vu une opposition s’évanouir ou se diviser.


Jean-Frédéric Poisson

Jean-Frédéric Poisson : « On ne sait plus ce que pensent Les Républicains »

20/06/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien-démocrate (PCD), a été battu aux élections législatives par la candidate de La République en marche (LREM), Aurore Bergé. Il s’exprime sur le plateau de TV Libertés sur ses combats, mais surtout sur la signification de la domination sans partage d’Emmanuel Macron et sur l’absence d’opposition crédible ou même tout simplement audible. Une analyse de haute tenue, comme toujours avec Jean-Frédéric Poisson, qui porte également sur l’entrée dans une ère, qu’il espère la plus courte possible, de domination de l’économie sur le politique.

Eric-Zemmour

Eric Zemmour : « Les partis ont cru tuer la Ve République, c’est la Ve qui va les tuer »

01/06/2017 – FRANCE (NOVOpress) : « Avec Hollande, c’était le mariage pour tous. Avec Macron, ce sera la Berezina pour tous », affirmait ce matin Eric Zemmour sur RTL avec le sens de la formule qui le caractérise : « Le Parti socialiste ne se remettra pas de sa noyade avec Hamon […] La rue de Solferino, décimée au sens exact du terme, sera vendue à la découpe. Aux Républicains, les chiffres promis sont un peu moins désespérants, mais la centaine de députés annoncée ne servira à rien ». Pour Eric Zemmour, « la mort des deux grands partis qui ont structuré et dirigé la Ve république depuis cinquante ans est historique ».

Une chance historique du Front national et de la France Insoumise, qui se voient déjà comme les « heureux héritiers » ? Nullement, estime Zemmour :

« Ils se leurrent. Ils n’auront que des miettes du festin. Ils sont aussi morts que les autres, mais ne le savent pas. Le Front national est atteint au cœur car Marine Le Pen a montré a qu’elle était incapable de se hisser au niveau suprême. […] Ni l’un ni l’autre ne peut rassembler une majorité contre le pouvoir. »

« Seule la conjonction macronienne, explique-t-il, est cohérente politiquement, car elle est cohérente sociologiquement. » Avant de conclure, amusé :

« Les partis ont cru tuer la Ve République, mais c’est la Ve république qui va tuer les partis. Même dans sa tombe profanée, de Gaulle se marre. »

Front républicain

Le « front républicain » fait son grand retour à l’occasion des législatives

Cela faisait longtemps. Voilà quelques semaines maintenant qu’Emmanuel Macron est président de la République et les ténors des Républicains avaient presque réussi à faire oublier leur soutien au candidat d’En Marche ! contre le Front national au second tour pour se repositionner en opposition en vue des législatives. Mais la vieille cuisine politicienne a repris ses droits et le « ni-ni » que Patrick Buisson avait réussi à imposer par le biais de Nicolas Sarkozy est définitivement enterré, au moins du côté de la classe politique.

François Baroin, chef de file des Républicains, avait en effet affirmé ce lundi que « les désistements devront faire partie de l’entre-deux tours législatif » en cas de possible victoire du Front national. Comme si le clin d’œil ne suffisait pas, l’appel du pied a suivi : « Je souhaite d’ailleurs que la réciproque soit vraie du côté d’En Marche ! comme du côté du PS », a-t-il ajouté.

La réponse n’a pas tardé à arriver, dans la bouche du porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner :

« Partout où le candidat de La République en marche (LREM), en se maintenant [au second tour], ferait prendre le risque d’une élection du Front national, partout nous retirerons notre candidat, et partout où le maintien du candidat nous permettra d’empêcher cette élection, nous nous maintiendrons. »

Depuis le premier tour et l’échec cuisant de François Fillon, la question se posait aux Républicains : elle est devenue une véritable ligne de fracture. D’abord parce que certains électeurs ont déjà fait le pas depuis longtemps. Ensuite parce que tous les ténors du parti ne sont pas d’accord : Wauquiez est partisan d’un « ni-ni », tandis que l’on se précipite dans les bras du nouveau parti vainqueur du côté de Juppé ou de NKM. Rien d’étonnant tant les Républicains étaient devenus une auberge espagnole classée à droite sans que tous soient réellement de droite. Mais c’est l’aile gauche du parti qui tient aujourd’hui les rennes, à l’heure où tous les observateurs reconnaissent une « droitisation » de l’électorat, notamment sur les questions sociales ou culturelles.

Reste à savoir comment se comporteront les électeurs et ce qu’il restera – après les législatives – des partis traditionnels. Il se pourrait que les Républicains explosent et qu’une partie se précipite dans les bras de la majorité présidentielle – si elle est obtenue – tandis que de véritables divisions doctrinales pourraient devenir encombrantes au sein du Front national. L’occasion d’une clarification nécessaire à la reconstruction d’une droite capable d’alliances et de constance dans la défense de son identité ? Espérons-le.

Marie Pommeret

Article paru dans Présent daté du 1er juin 2017

Macron Philippe

Emmanuel Macron ou la révolution du cynisme, par Alain Hasso

Monde & Vie Marion MacronIl y a plusieurs manières de faire la révolution. On peut la faire au nom d’une vision de l’homme. On peut aussi la faire au nom d’une absence totale de scrupules : le cynisme, à un certain degré, est en soi révolutionnaire.

« La présidence Macron est le produit de ceux qui ne pensent pas. De ceux qui s’imaginent que les idéologies sont dépassées, que nous n’avons plus de nécessité d’interpréter le monde, qu’il y a des faits bruts. » Cette formule d’Alain de Benoist dans un entretien avec Sputnik, l’agence russe, pourrait sans doute servir à caractériser les onze candidats à l’élection présidentielle de 2017, à l’exception peut-être de Jean-Luc Mélenchon.

Le patron de la France insoumise, étant dans l’obligation de camoufler son marxisme d’un autre âge, avait préparé son positionnement. Abandonnant l’expression « Front de gauche » qui ne lui avait guère porté chance à Hénin-Beaumont en 2012, face à Marine Le Pen, il avait tenté d’exprimer une philosophie de la vie, une attention pour « vous les gens », une nouvelle image d’une gauche réduite à sa philosophie. Voilà ce qui lui a permis de vampiriser le Parti socialiste, qu’il laisse à 6, 15 % des voix.

En face de Jean-Luc Mélenchon, aucun candidat n’a fait véritablement ce travail de renouvellement, et surtout pas celui qui se targue de renouvellement, et qui est plutôt en train de tenter une véritable OPA sur la politique française.

Champion de l’esprit libéral libertaire, Emmanuel Macron est sans doute le plus conservateur de tous les candidats, il conserve la société telle qu’elle est, en flattant encore ses travers, en faisant la promotion de tous les droits sociétaux.

[…] Il change le personnel politique ou tente de le changer, à travers un mouvement à ses initiales, En Marche, rebaptisé La République en Marche, mais c’est pour utiliser les mêmes rituels et la même langue de bois, voire – François Bayrou en sait quelque chose déjà – les mêmes coups de poignard dans le dos et le même cynisme calculateur. Il n’y aura pas d’état de grâce pour le parti d’Emmanuel Macron. Il faudra vraiment pour lui que les Législatives arrivent très vite, avant que la supercherie ne se dévoile et que l’on comprenne que, comme dit Alain de Benoist, Macron n’avait pas d’autres idées que de faire (lui) ce qui se fait et de dire (lui) ce qui se dit.

Là est le changement : autrefois, il y avait des images de l’homme, des idéologies différentes, un intérêt porté par l’animal humain à sa condition. Aujourd’hui tout se réduit à l’argent, celui que l’on peut faire sur le moment.

Emmanuel Macron n’a pas seulement plu par sa mine de gendre idéal. Il a été élu sur le prestige de cet argent-là et de son parcours Rothschild. L’argent donc ? Mais peut-être pas seulement… Il a été élu aussi sur sa bonne mine de “dégagiste”. Son principal mérite ? Il fait le ménage et parvient à imposer son attitude de gandin mal décontracté, qui sera jugée préférable au sérieux compassé de François Fillon, un François Fillon dont le sort final avait d’ailleurs sans doute été décidé à Bercy, juste après sa victoire écrasante à la primaire de la droite.

Macron est né jeune, des cendres de François Hollande, brûlant la politesse à un Manuel Valls, dont le républicanisme franco-français a été jugé décidément ringard par les électeurs de la primaire socialiste. C’est à cet extraordinaire alignement des planètes qu’il doit cette vocation de dégagiste. François Bayrou l’a réalisé : ses embrassades sont des baisers de la mort. Du reste, Macron lui-même s’en était fait une gloire. Parlant de la droite juppéiste, après la victoire de François Fillon à la primaire de la droite, il avait averti sa petite start-up : « Il faut déstabiliser cette partie de la droite qui ne se retrouve pas dans le vote Fillon. Je ne cherche pas à les faire venir, je cherche à les déstabiliser… en leur ouvrant les bras ». Quel cynisme ! Et cela vis-à-vis de la droite la plus proche de lui…

Quel est son intérêt ? Quelle est sa tactique ? Préparer le terrain pour créer une fantastique machine à gagner. Il a déjà dégagé le PS, en ne gardant que Jean-Luc Mélenchon comme adversaire, à l’extrême gauche (il parle sans cesse « des extrêmes »). Il doit maintenant s’atteler à dégager aussi la droite parlementaire, pour n’avoir plus en face de lui que le Front national… qui le fera gagner infailliblement.

Même le sigle du nouveau nom de son Parti (LR-EM) résonne comme une invitation à chiper l’identité LR. La première liste de candidats de LREM ne comporte d’ailleurs que 24 députés sortants, ils sont tous socialistes. Les 404 autres à faire partie de la première liste annoncée n’ont jamais été députés. Même Mai 68 n’était pas parvenu à un tel nettoyage ! Ces gens, issus de la société civile, trop contents de toucher leur paquet, seront totalement soumis au Parti LREM. Quel jeunisme, oui quel cynisme. Il faudra vite voter, vite : notre nouveau Président ne doute pas que l’on votera aussi pour lui aux législatives et que l’on donnera sa voix aux inconnus qu’il promeut, simplement parce qu’il leur a donné son label.

Alain Hasso

Extrait d’un article paru dans Monde & Vie n° 940 daté de mai 2017

Edouard Philippe Chard

Edouard Philippe, un premier ministre UMPS

Edouard Philippe, nouveau Premier ministre, n’a pas été choisi parce qu’il est le meilleur pour conduire les affaires du pays, parce que ses compétences, jusque-là dissimulées à nos regards, ont soudain éclaté dans le ciel politique, ni parce qu’il est le plus expérimenté ou le plus doué de sa génération. Le maire du Havre a été promu afin de dynamiter la droite libérale et LR pour accomplir le grand dessein présidentiel : la recomposition par la décomposition préalable des partis de la droite libérale.

« Recomposition », c’est le nouveau nom de l’UMPS ou, plutôt, son institualisation ; jusque-là, c’était une réalité politique et électorale de fait, c’est maintenant une réalité gouvernementale, explicitement théorisée avec un Premier ministre labellisé UMPS. On le verra davantage encore lorsque, mardi, sera publiée la liste des ministres. Macron, qui prétend vouloir « rassembler les Français », jette la discorde chez l’adversaire, il divise pour régner en suscitant une majorité à sa botte.

C’est donc Edouard Philippe mais, pour cette fonction de dynamiteur en chef, ç’aurait pu être un autre, à condition qu’il soit jeune pour accompagner le plus juvénile président de la Ve République. Jean-Louis Borloo s’y serait bien vu, a-t-on compris, mais il a été frappé par la limite d’âge, jeunisme et modernité vont, paraît-il, ensemble. En fait de modernité et de nouveauté, on voit surtout débauchage revendiqué d’un côté, opportunisme carriériste de l’autre. Car, enfin, voilà un homme qui il y a dix jours encore soutenait les candidats LR à la députation et qui, maintenant, Premier ministre et donc chef de la majorité, va s’opposer à eux en prenant la tête de leurs adversaires d’En marche.

Certes, dans la vie politique française, les retournements de veste sont innombrables, mais si prompts et si radicaux, ils sont rares ! Cela sent plus la vieille politique, c’est-à-dire pas très bon, que le renouveau.

Même avant cette nomination, des Républicains offraient leurs services à Macron, tel Bruno Le Maire et les amis d’Alain Juppé lesquels, une trentaine, viennent de signer un appel à « saisir la main tendue » du président de la République, quoique cette main ne soit tendue que pour étrangler leur parti.

Quant au maire de Bordeaux, favorable à cette recomposition, il attendra les résultats du second tour pour rejoindre la nouvelle majorité, d’ici là il soutiendra les candidats LR. Même position de François Baroin qui, à la question : « Etes-vous prêt à travailler avec Emmanuel Macron ? » a répondu : « Ça dépendra du résultat des législatives. » Drôle de chef de guerre qui est prêt à se rendre à son vainqueur avant même de combattre ! Comment la droite libérale peut-elle faire campagne dans ces conditions, ses électeurs ne voudront-ils pas plutôt voter directement pour les candidats macronistes sans transition ? C’est bien là le but du président Macron pour tenter d’obtenir la majorité absolue à l’Assemblée nationale.

Dès lors, il n’y a qu’une seule solution pour les Français qui veulent une véritable alternance, voter pour ce qui est désormais la seule opposition, le Front national, dont on est sûr que jamais ses candidats ne les trahiront au profit de Macron.

Guy Rouvrais

Article et dessin de Chard parus dans Présent daté du 17 mai 2017

Jean-Paul Garraud

Jean-Paul Garraud, ancien député UMP : « Macron fera pire que Hollande »

27/04/2017 – FRANCE (NOVOpress) : L’ancien député UMP Jean-Paul Garraud, candidat LR aux prochaines législatives dans la circonscription de Libourne (Gironde), ne votera pas pour Emmanuel Macron, quelles que soient les consignes données par Les Républicains, de Nicolas Sarkozy à Alain Juppé en passant par François Fillon, et quelles que soient les menaces proférées à l’égard de ceux qui émettraient une opinion divergente.

Jean-Paul Garraud, qui est aussi président de l’Association professionnelle des magistrats et avait fait ardemment campagne en faveur de François Fillon, l’affirme dans un communiqué : « Je ne voterai pas pour E. Macron. »

Celui qui fut membre de La Droite populaire créée par Thierry Mariani s’en explique en ces termes :

« E. Macron n’a pas la stature d’un président de la République. Il n’a pas d’expérience, pas de véritable programme. Il ne fera pas mieux que F. Hollande, il fera même pire. La France ne peut se payer le luxe d’un nouveau désastre. »

Et d’ajouter, sibyllin ou allusif selon la lecture que l’on en fait :

« La France est en danger, ce n’est pas le moment de fuir ses responsabilités. »

Christian Estrosi va-t-il demander l’exclusion de celui qui aurait pu devenir ministre de la Justice en cas de victoire de François Fillon ?

Yannick Moreau

Yannick Moreau, député (LR) de Vendée, réclame un ancrage à droite de son parti

27/04/2016 – PARIS (NOVOpress) : Dans un entretien au blog Le Rouge & Le Noir, Yannick Moreau, député (LR) de Vendée, plaide pour un ancrage à droite du parti Les Républicains :

« Je suis un homme politique de droite. Je connais mon Histoire politique et mes valeurs. Notre parti, dans sa folle course aux égos, recherche son identité. Trop souvent on entend des voix dissonantes qui lorgnent vers le centre. C’est une erreur. Nos compatriotes qui nous font confiance attendent de nous la clairvoyance et le courage. C’est ce que veulent nos militants et la très grande majorité de nos élus. Il suffit de donner la parole aux adhérents pour le constater. En 2012, la motion Droite Forte était arrivée largement en tête, bousculant tout l’establishment.

« Les dernières élections régionales ont confirmé les attentes des électeurs de droite. Ce sont bien les candidats clairement de droite qui l’ont emporté, à l’image de Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez.

Je ne suis pas un ardent partisan des primaires, mais je reconnais qu’elles peuvent donner la parole aux électeurs pour rappeler aux candidats qui nous sommes et ce que nous voulons. Dans cette perspective, je soutiens la démarche du collectif Horizon, lancé par l’UNI, La Droite Forte et Sens Commun. »

Dans ce même entretien, il s’en prend au « laïcisme forcené de certains », qui croient ainsi résoudre les problèmes posés par l’islam :

Le laïcisme forcené de certains n’est évidemment pas une solution à la radicalisation islamiste. Les seules conséquences de cette idéologie sont des attaques encore plus vives contre notre patrimoine et notre culture. Ici une église qu’on détruit, là un calvaire qu’on retire, ou encore une crèche « ostentatoire »… Après avoir fait disparaître des manuels d’histoire les apports de la chrétienté pendant des siècles en France, il s’agit maintenant de faire disparaître le patrimoine chrétien, trop visible aux yeux de certains.

La Dhimmi du jour est NKM

Source : Breizh-info
Invitée de l’émission « On est pas couché » Nathalie Kosciusko Morizet, députée et et vice-présidente des Républicains, a proposé, entre une déclaration people et une attaque sur Nadine Morano, la création d’une taxe halal bénéficiant aux musulmans de France.
Une déclaration qui a fait bondir Alain de Peretti, président de Vigilance Halal, qui sera samedi prochain (le 19 mars) en conférence en Bretagne, dans les Côtes-d’Armor, à l’occasion du congrès d’Adsav, le parti nationaliste breton. Il nous adresse une tribune libre que nous publions volontiers.

« Nathalie, elle avait un joli nom mon guide » chantait Bécaud… Mais c’était une jolie chanson romantique.
Rien de tel avec la Kosciusko Morizet, vous savez, celle qui traite avec la dernière élégance les climato-sceptiques de « connards », ce qui prouve un grand sens du débat, égérie de la classe bobo-écolo-dhimmis qui vient encore de frapper un grand coup. En effet, elle a eu une idée lumineuse, bon sang, mais c’est bien sûr ! Personne n’y avait pensé plus tôt, il faut mettre une taxe de 1 % sur la viande halal pour financer les mosquées et éviter à « l’islam de France » de dépendre de financements étrangers. Et je prends le pari que nombre de gogos vont trouver que c’est une idée géniale !

Plus sérieusement il est aisé de démontrer l’absurdité totale de cette proposition et l’inconséquence de sa créatrice, qui est le prototype du politicien de notre époque post-moderne : on n’a plus de convictions, mais on fait de la com…
Tout d’abord, la première conséquence est qu’il serait indispensable d’identifier de façon claire et fiable les viandes halal, car, dans le cas contraire, cela ferait financer, comme c’est le cas actuellement, le budget d’une religion au mépris des convictions des non-musulmans.
Il faut savoir que tous les députés qui s’étaient vu proposer par Nicolas Dhuicq, député LR, la traçabilité du mode d’abattage s’y sont opposés, et NKM faisait partie des opposants à une identification considérée comme stigmatisante ! Bel exemple de cohérence !
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Les électorats des partis de droite partagent un même désir de retour de l’autorité

17/03/2016 – POLITIQUE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Le CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences-Po) s’est penché sur le besoin d’autorité des Français, dans la perspective de l’élection présidentielle de 2017. Les résultats sont pour le moins surprenants.

Qu’entendre exactement par ce besoin d’autorité ?
Celui-ci peut recouvrir plusieurs formes. Du renforcement du pouvoir exécutif à l’augmentation des moyens de la police et de la sévérité des juges, il semble investir tous les domaines de la vie des Français.
Il faut dire que les circonstances s’y prêtent, entre la faillite d’une Union européenne et d’un l’État français dans la lutte contre le terrorisme, contre l’immigration incontrôlée et contre le chômage. C’est ainsi que le CEVIPOF a pu constater une triple augmentation de la demande d’autorité régalienne, sécuritaire et identitaire.

Sur le plan politique, cela traduit-il la nostalgie de la monarchie gaullienne ?
On peut d’ores et déjà présumer que la campagne électorale sera centrée sur l’autorité. C’est par conséquent la droite, qui l’incarne traditionnellement, qui va devoir relever le défi et trancher la question libérale. D’autant qu’une campagne axée sur ces thèmes peut se révéler stratégiquement payante. En effet, le besoin d’autorité transcende les classes sociales. L’écart entre les catégories professionnelles supérieures et défavorisées est minime selon l’étude. Ainsi, « la demande d’autorité moyenne n’oppose pas les professions en fonction de leur rang social », même si la demande identitaire est plus forte pour les classes sociales les plus pauvres.

L’étude semble contredire l’effacement apparent du clivage droite-gauche
l’Étude montre un continuum entre les différents électorats de droite sur la question de l’autorité. Si le Front National est le parti avec les sympathisants qui réclament le plus d’autorité, l’électorat LR/UDI ou DLF en est très proche. La distinction est nette avec les électorats des divers partis de gauche. L’existence d’une différence de degré et non de nature entre les électeurs du Modem et du FN laisse la porte ouverte à de nombreuses reconfigurations électorales.

Nicolas Sarkozy sera le prochain Président de la République

08/03/2016 – POLITIQUE (NOVOpress)
Le maelström politique auquel nous assistons devrait malheureusement profiter à Sarkozy. La gauche s’effondre, le FN ne peut rassembler assez pour gagner et l’ex-président manœuvre pour verrouiller les primaires des Républicains.

Le 20 décembre 2015, j’écrivais une tribune intitulée « Présidentielles 2017 : le tripartisme va-t-il bouleverser le système ? » avec un deuxième tour : François Hollande face à Marine Le Pen.
Or, nous assistons depuis quelques semaines à une véritable explosion de la Gauche où tous les camps se déchirent autour notamment du projet de loi du travail mené par Myriam El Khomri : Une tribune sanguinaire de Martine Aubry à l’encontre de Hollande.
Une pétition de l’extrême-gauche contre la Loi El Khomri, des manifestations gauchistes, doublées d’une grève de la SNCF, Manuel Valls a même menacé de démissionner s’il ne pouvait appliquer cette loi…

Par ailleurs, coté Front National, le séminaire du FN qui s’est tenu début février 2016 n’a pas vu naître de grands changements au niveau de sa ligne politique. Deux jours durant lesquels ont notamment été réaffirmés les « principes de la souveraineté nationale et de la souveraineté économique et monétaire ».
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L’élue « Les Républicains » voilée, la République violée

Source : Boulevard Voltaire
À Argenteuil, dans le trombinoscope de la mairie trône la trombine d’une élue voilée.

Pour que l’affaire ne sorte que ces jours-ci, il en aura fallu, des renoncements et des silences lourds de lâcheté.
À Argenteuil, dans le trombinoscope de la mairie trône la trombine d’une élue voilée.
Les féministes ont libéré le corps de la femme à coups de mini-jupe et de droit à en disposer librement jusqu’à la nausée, et voilà qu’aujourd’hui, dans l’indifférence totale, une élue – les Républicains —, censée représenter la République, s’affiche les cheveux masqués par un voile.

L’État s’est séparé de l’Église en 1905 et l’élue d’Argenteuil, par ce signe, revendique son appartenance à une religion.
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Bruno Le Maire, seul espoir de Hollande

24/02/2016 – POLITIQUE (NOVOpress)
Hollande poursuit sa descente aux enfers dans les sondages. Pour le dernier en date, menée par l’institut Ifop-Fiducial, seul un premier tour opposant le « président » à Bruno Le Maire lui permettrait de se qualifier pour le second tour.

D’après une enquête pour iTélé, Paris Match et Sud Radio, menée par l’institut Ifop-Fiducial, François Hollande serait devancé par la présidente du Front National, Marine Le Pen, ainsi que par un candidat de droite, que ce soit Nicolas Sarkozy, Alain Juppé ou François Bayrou.

Selon ce sondage, François Hollande ne se qualifierait pour le second tour que dans l’hypothèse d’une candidature de Bruno Le Maire pour la droite, avec 18 % des voix contre 17 à l’ancien ministre. Marine Le Pen serait en tête avec 28 %, François Bayrou obtiendrait 15 % et Jean-Luc Mélenchon 12 % des voix.

Dans l’hypothèse d’une candidature Fillon, Marine Le Pen arriverait également la première avec 28 %, devant l’ancien Premier ministre et l’actuel « chef » de l’État à égalité à 18 %. Dans ce cas, François Bayrou rassemblerait 14,5 % des voix et Jean-Luc Mélenchon 12 %.
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Sarko (re) mis en examen

17/02/2016 – POLITIQUE (Présent 8548)

Il paraît que les épreuves, loin de décourager Nicolas Sarkozy, le dynamisent. Ce qui pourrait être coup de grâce lui est coup de fouet ! On doit donc voir ces jours-ci l’ex-président se lancer avec une énergie décuplée dans la course aux primaires, puisqu’il a été mis en examen pour financement illégal de sa campagne électorale de 2012 et est devenu témoin assisté pour faux, escroquerie et abus de confiance dans l’affaire Bygmalion.
8548P1
D’ailleurs, son avocat en sortant de chez le juge s’est « réjoui ». Car, a-t-il expliqué, son illustre client n’est mis en examen « que » pour financement illégal, il n’aurait donc rien à voir avec l’escroquerie Bygmalion portant sur des dizaines de millions. Mais être témoin assisté dans cette dernière affaire ne vaut pas absolution définitive. Le statut de témoin assisté est hybride, il indique que vous n’êtes pas assez suspect pour être mis en examen, mais encore trop lié aux faits délictueux pour y être tout à fait étranger. C’est une mesure conservatoire, autrement dit une épée de Damoclès, le témoin peut être mis en examen plus tard. La justice estime donc qu’il doit rendre des comptes, à elle, certes, mais d’abord aux Français.

Quoiqu’il vienne d’écrire ses Mémoires, la défense du président de LR consiste à dire qu’il ne se souvient pas, qu’il n’était au courant de rien, qu’il n’a rien vu, rien entendu, qu’il en a seulement entendu parler quand la presse s’en est fait l’écho. C’est pourtant lui, en tant que candidat, qui a signé ses comptes de campagnes officiels. Mais il n’a rien vérifié, il faisait confiance. Si cela est avéré, il est inquiétant de voir qu’un homme qui veut de nouveau gouverner la France signe des documents les yeux fermés, en s’en remettant à d’autres auxquels il fait indûment confiance. Est-ce avec un tel personnage, qui dépense sans compter lui-même, que l’on peut espérer restaurer les finances du pays ?

Les électeurs, ceux de la primaire et les autres, ne vont pas s’embarrasser d’arguties juridiques, du distinguo entre « mis en examen » et « témoin assisté » ni même de la présomption d’innocence. Ils diront que cela confirme ce qu’ils pensent des politiciens en général : des magouilleurs aimant l’argent qu’ils utilisent pour obtenir ou conserver le pouvoir.

Pour Sarko, cela intervient après un conseil national boudé par ses concurrents, dans un parti où son autorité est contestée, et des sondages catastrophiques que le succès de son livre ne parvient pas à enrayer. Alors que le projet politique doit « engager chaque membre du parti », aucun de ses rivaux de la primaire n’en veut. Il est vrai que ce programme est constitué de tout ce qu’il n’a pas fait ou mal fait pendant son quinquennat et qu’il accomplira sans férir dans le suivant, sur l’immigration, les 35 heures, l’ISF, l’aide médicale d’urgence, etc. C’est simple : pour le connaître, il suffit de recenser les mea culpa de son livre La France pour la vie, qu’il qualifie de « retour d’expérience ». Mais les Français, eux aussi, ont un « retour d’expérience » sur son quinquennat : 74 % d’entre eux croient que Sarkozy ne tiendra pas plus ses promesses d’aujourd’hui que celles d’hier. Les tribunaux n’ont pas encore tranché mais, pour nos compatriotes, la cause est entendue.

Guy Rouvrais