Pass sanitaire : ça bataille sur les réseaux sociaux

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Les réseaux sociaux Twitter et Facebook sont devenus d’immenses champs de bataille virtuels opposant les détracteurs et les défenseurs du « pass sanitaire ». Un phénomène somme toute logique dans une époque où les contacts humains réels sont limités, contrôlés voire interdits…

Mardi 27 juillet, deux mots clés ont animé Twitter jusque tard dans la soirée, faisant oublier les Jeux Olympiques et les autres thématiques à la mode. Pour rappel, les mots clés permettent de retrouver en un clic tous les messages dédiés à un sujet précis. Il y avait ainsi #manif31juillet d’un côté et #VaccinezVous de l’autre. Le premier annonçait les nouvelles grandes manifestations prévues ce samedi 31 juillet à Paris et dans toute la France. Le tweet usant de ce mot clé le plus populaire était signé Florian Philippot, qui annonce qu’il sera à nouveau dans la rue pour lutter contre le gouvernement. Son message a été partagé un bon millier de fois et « aimé » à plus de deux mille reprises en quelques heures. Florian Philippot n’est pas le seul à s’exprimer avant les grands rendez-vous du week-end puisqu’une vidéo filmée à Pau lors d’une manifestation organisée mardi, suivie du fameux mot clé, a également connu un grand succès.

Depuis le discours tyrannique du chef de l’état, les débats et les altercations inondent les réseaux sociaux. Ainsi, le mot clé #VaccinezVous était une réponse aux opposants au pass sanitaire et cherchait à inciter un maximum de Français à se faire vacciner.

Le propos a toutefois été détourné, notamment par Jean Messiha, très actif sur Twitter, et Florian Philippot, encore lui ! Le meneur des Patriotes suggère ainsi : « #VaccinezVous contre la bêtise et l’obscurantisme : voyez l’échec des pays qui multiplient les restrictions. Ecoutez la science, non la corruption du pouvoir et les conflits d’intérêts des médecins de plateaux tv. Faites confiance au bon sens et à l’humanité qui est en vous. »

Si les réseaux sociaux ont toujours une fonction pratique, il ne s’agit plus d’espaces de liberté depuis bien longtemps et les opposants au régime y prennent des risques. Sur le plateau de LCI, le professeur Gilbert Deray, chef de service à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière, a ainsi qualifié de « criminels » ceux qui, à ses yeux, répandent de fausses informations en ligne. Le journaliste lui faisant face ne s’est pas indigné de tels propos mais a surenchéri en demandant au médecin s’il estimait que ces gens devaient subir des sanctions pénales.

Les vrais criminels semblent pourtant être dans le camp de ce médecin. Mardi soir, un nouveau mot clé apparaissait en effet sur Twitter. Il prenait le nom de Maxime Beltra, jeune homme de 22 ans décédé quelques heures après avoir été vacciné. C’est sur le réseau social Facebook que son père a donné la nouvelle à travers une vidéo vue plus de 250 000 fois. Malgré les accusations de « fake news » de la part d’un proche de LREM, la nouvelle a été confirmée et devrait échauder les esprits d’ici samedi. Là, la colère prendra une forme bien réelle.

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 26 juillet 2021

La justice contre les lanceurs d’alerte identitaires

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Le 18 juin, deux anciens militants de Génération identitaire (mouvement dissous par Darmanin en mars dernier) d’Aix-en-Provence ont été condamnés par le tribunal correctionnel de leur ville. Leur tort ? Ils avaient collé des affiches dénonçant l’immigration et l’islamisation, et appelant à la reconquête.

Les deux jeunes hommes ont écopé chacun d’une amende certes relativement symbolique à ce stade (1 500 euros dont 1 000 avec sursis pour l’un, 1 000 euros dont 500 avec sursis pour l’autre), mais ils devront également verser un euro aux ayatollahs de l’immigration massive qui s’étaient portés partie civile, c’est-à-dire SOS Racisme, la Ligue des droits de l’homme et la Coordination contre le racisme et l’islamophobie, comme une marque de soumission morale. Le procureur avait même requis cinq mois de prison avec sursis.

Les deux militants font appel et sont appuyés entre autres par l’« Association de soutien aux lanceurs d’alerte » (ASLA). Il s’agit d’une association fondée en avril 2021, peu après la dissolution de Génération identitaire, et dont l’objectif est de dénoncer les procédures judiciaires injustes envers les lanceurs d’alerte. Dans ce domaine, il y a du travail.

La première intervention de l’ASLA concernait deux autres anciens membres de Génération identitaire qui avaient – tout comme l’hebdomadaire L’Express – accusé le maire de Goussainville (Val-d’Oise), Abdelaziz Hamida, d’avoir été fiché S pour islamisme radical. L’information était exacte mais les militants identitaires et L’Express ont été condamnés au motif que l’élu avait été fiché S non pour ses propres actes mais en raison de sa proximité avec certains islamistes dangereux. Sans surprise, l’homme avait joué la carte de la victimisation et s’était présenté en défenseur des valeurs de la République. Le tribunal lui a donné raison en condamnant les lanceurs d’alerte, y compris en l’occurrence L’Express.

La porte-parole de l’ASLA n’est autre que Thaïs d’Escufon, l’ancienne porte-parole de Génération identitaire. La jeune femme est bien placée pour évoquer les persécutions judiciaires puisqu’elle fait elle-même l’objet d’attaques acharnées. Le 16 juin, quatre mois de prison avec sursis ont en effet été requis contre elle par le procureur du tribunal correctionnel de Toulouse, pour avoir déclaré en janvier 2021 dans une vidéo qu’il était « scandaleux qu’un migrant puisse traverser la frontière ». Ce qui n’est rien d’autre qu’une opinion mais en rien un acte répréhensible. C’est donc bien la liberté d’expression qui est ici visée, une fois de plus.

Ces affaires font suite à la dissolution de Génération identitaire prononcée le 3 mars dernier après un travail de sape mené par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin.

Les persécutions à l’encontre de Génération identitaire ne datent toutefois pas d’hier. On se souvient notamment des attaques à l’encontre de Romain Espino, à la suite de l’opération « Defend Europe » menée dans les Alpes en avril 2018. Sous la pression de l’hystérique « Ligue de défense noire africaine », dont l’un des membres s’était présenté sur le lieu de travail de Romain Espino, ce dernier avait fini par perdre son emploi au sein du Crédit agricole.

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 1er juillet 2021