Quand les géants du divertissement financent la culture de mort

Disney mort

Disney, Netflix, la Paramount… Les géants du divertissement se transforment en serviteurs de la culture de mort. Quelques jours après la décision historique de la Cour suprême des Etats-Unis, les plus grands studios hollywoodiens et les principales sociétés de streaming annoncent tour à tour qu’elles prendront des mesures pour soutenir leurs employées désireuses d’enfreindre la loi.

Nous les connaissions « antiracistes » caricaturaux, pro-LGBT et promoteurs du wokisme, nous les découvrons – sans surprise – apôtres de l’avortement. A l’image de la majorité des médias, des célébrités et des structures mondialistes, le monde du divertissement s’insurge contre le verdict de la Cour suprême de laisser à chaque Etat américain le droit ou non d’autoriser l’avortement.

Le respect des institutions est à géométrie variable, et, un an et demi après s’être scandalisés de l’attaque du Capitole par des partisans de Donald Trump qui contestaient le résultat de l’élection présidentielle, les bien-pensants de tout le pays s’unissent contre cette décision et prévoient déjà de l’enfreindre.

C’est par un communiqué à ses employés que Disney a annoncé sa position. La compagnie s’engage à leur fournir un accès « aux soins liés au planning familial », où qu’ils vivent, c’est-à-dire même s’ils résident dans un Etat interdisant l’avortement. Une bourse de voyage permettra en effet aux employés de subir l’avortement dans un Etat qui l’autorise.

Walt Disney doit se retourner dans sa tombe. Si l’homme à l’origine de la plus grosse entreprise de divertissement du monde avait ses travers, on ne peut pas enlever la noble volonté qui était la sienne, à savoir émerveiller les enfants. Désormais, la société qui porte son nom souhaite faciliter la mise à mort des petits êtres avant qu’ils puissent devenir des enfants à leur tour. L’inversion des valeurs est totale.

Rappelons par ailleurs que Disney est déjà dans le collimateur du Parlement de Floride, Etat où se trouve son plus important parc à thèmes, pour avoir fait la promotion de l’homosexualité.

La « guerre de civilisation » se déroule donc désormais au sein même des Etats-Unis, plus désunis que jamais, entre conservateurs et wokes mondialistes. Le camp pro-avortement a des soutiens particulièrement influents, Disney étant loin d’être la seule entreprise engagée dans ce mouvement. Netflix a pris une position similaire, annonçant offrir à chacun de ses employés une allocation de 10 000 dollars s’ils venaient à avoir besoin de traitements contre le cancer, de transplantations, mais aussi de soins liés « à la transition de genre » (traduction : d’opérations visant à achever la transformation des transsexuels) ou d’avortements.

Notons toutefois que, contrairement à la France, les Etats-Unis possèdent aussi des acteurs conservateurs. C’est le cas de Jon Voight, acteur à la riche carrière, de Gina Carano, actrice vue récemment dans une série Star Wars et « remerciée » après avoir pris fait et cause pour Donald Trump, ou encore de Kevin Sorbo, popularisé dans les années 90 pour son rôle dans la série Hercule. Ce dernier s’est réjoui sur les réseaux sociaux que « la vie a gagné » mais déplore aussi que « nous [vivions] dans un monde où des gens préfèrent tuer leur bébé plutôt que de ne pas avoir de relation sexuelle ». Bien résumé.

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 28 juin 2022

La Nupes (déjà) au bord de l’implosion !

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Gueule de bois pour l’extrême gauche ! Loin d’avoir obtenu la majorité promise par Jean-Luc Mélenchon, la Nupes a, qui plus est, vu le Rassemblement national obtenir beaucoup plus de députés que prévu, à tel point que le parti de Marine Le Pen pourrait bien avoir prochainement le principal groupe d’opposition à l’Assemblée nationale.

Jean-Luc Mélenchon a perdu son pari ! Au lendemain du second tour des élections législatives, le champion de l’extrême gauche et des islamistes doit se rendre à l’évidence : non seulement il ne sera pas nommé Premier ministre, hypothèse absurde qu’il tentait de faire croire – avec succès – à ses sympathisants, mais il doit désormais se battre pour conserver une place de chef dans son propre camp.

Lundi matin, il s’est adressé à la presse devant le siège de La France insoumise à Paris afin d’avancer ses pions : « Je crois que nous devons être et rester une alternative unie, autrement dit, la Nupes devrait se constituer comme un seul groupe au Parlement, de manière à ce que, sans aucune discussion possible, il soit établi qui mène l’opposition dans le pays et que dès lors nous soyons prêts à tout moment, y compris s’il y a de nouvelles élections, à présenter la candidature de la Nupes. » Des déclarations qui démontrent que son ambition reste intacte mais surtout à quel point le score du Rassemblement national l’a surpris et déstabilisé.

Sans surprise, les militants de La France insoumise ont défendu bec et ongles l’idée avancée par leur meneur. Une idée toutefois pas vraiment du goût du PS, d’EELV et du PCF. Les trois autres partis de la Nupes se sont en effet adressés directement à l’AFP peu après que Jean-Luc Mélenchon a tenté de faire une OPA sur leur mouvement, et ce afin de faire savoir qu’ils refusaient catégoriquement sa proposition, le porte-parole du PS Pierre Jouvet rappelant à cette occasion que « le contrat de coalition était très clair, il prévoyait que chaque parti ait son groupe et qu’ensuite il y ait un intergroupe ». Il y aura donc un groupe socialiste indépendant à l’Assemblée nationale, mais également un groupe écologiste et un groupe communiste.

Alain Coulombel, porte-parole d’EELV, est on ne peut plus clair : « Pas question de se fondre dans un groupe unique. » Le PCF tient un discours similaire, et, dès dimanche soir, la tête de proue Fabien Roussel, réélu dans sa circonscription du Nord, avait même évoqué les défaillances de la Nupes : « L’alliance de gauche ne parle qu’à une partie de la France, celle des villes et non celle de la ruralité. Et on voit bien que nous avons atteint des limites dans ce que nous sommes en train de faire. » Voilà de quoi fâcher encore un peu plus Jean-Luc Mélenchon à nouveau très esseulé quelques heures seulement après le verdict du scrutin.

Son combat désormais ? Que l’alliance mise en place après la présidentielle n’implose pas en un temps record.

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 21 juin 2022

Camouflet pour Emmanuel Macron, par Louis Marceau

macron

Ensemble bien plus isolé que prévu ! Emmanuel Macron ne disposera que d’une majorité relative à l’Assemblée nationale, compromettant sérieusement ses projets, notamment la réforme des retraites. Il faudra courtiser Les Républicains, déjà divisés sur la question.

« Jamais l’Assemblée nationale n’a connu une telle configuration sous la Ve République. Cette situation constitue un risque pour notre pays au vu des défis que nous avons à affronter, tant sur le plan national qu’à l’échelle internationale. »

Les propos tenus dimanche soir par le Premier ministre Elisabeth Borne ne trompent pas, ces élections législatives ont un goût de défaite pour la majorité présidentielle. Seuls 247 candidats se présentant sous l’étiquette Ensemble ont été élus, loin des 289 nécessaires pour obtenir une majorité absolue à l’Assemblée nationale. Avec une majorité relative, les députés d’En Marche, du MoDem, d’Horizons et des autres micropartis ralliés à Emmanuel Macron voient leurs plans contrariés un mois seulement après l’élection de leur champion. La réforme des retraites paraît désormais très incertaine, tout comme un retour du passe sanitaire, du moins par la voie parlementaire.

Certaines figures emblématiques du quinquennat précédant ont perdu leur place de député, tout comme certains ministres fraîchement nommés. C’est le cas de Christophe Castaner, l’éborgneur de Gilets jaunes, de Richard Ferrand, l’homme aux conflits d’intérêts, mais aussi de Brigitte Bourguignon, ministre de la Santé qui disait il y a quelques mois que « les libertés des non-vaccinés s’arrêtent là où commencent celles des vaccinés ».

Aux yeux de l’opposition, le verdict est sans appel : « La déroute du parti présidentiel est totale », assène Jean-Luc Mélenchon. Marine Le Pen, de son côté, se réjouit d’avoir fait d’Emmanuel Macron « un président minoritaire ».

Dans la soirée, nombreux étaient ceux à purement et simplement réclamer la démission d’Emmanuel Macron, à l’image de Florian Philippot : « Macron doit présenter sa démission, il faut tout remettre à plat ! Les oppositions doivent saisir ce moment historique pour dépasser les vieux clivages et construire une alternative ! » Comme l’a martelé la presse dès lundi matin, le pays paraît désormais ingouvernable, car, même en s’appuyant sur Les Républicains et les députés estampillés « divers droite », il sera ardu pour le pouvoir de faire passer ses projets.

Un mois après la déroute de Valérie Pécresse, Les Républicains ont pris une nouvelle claque, n’obtenant que 64 députés, 25 de moins que le Rassemblement national. Cela sera-t-il la fin de LR ? Il semble en tout cas que cela entraînera de nouvelles divisions au sein du parti, certains étant déjà tentés par une alliance avec la majorité présidentielle sous l’influence d’un certain Nicolas Sarkozy. Christian Jacob, toujours président du parti, affirme que LR restera au sein de l’opposition. Difficile à croire au regard des transfuges de ces dernières années et des alliances faites ici et là.

Emmanuel Macron devrait bien être pieds et poings liés et ne pourra dissoudre l’Assemblée nationale que dans un an, une éternité dans les circonstances actuelles. Les plus cyniques imaginent toutefois que le président de la République pourrait s’en sortir avec une pirouette en mettant les crises à venir sur le dos de l’opposition NUPES-RN et des Français ayant « mal voté ».

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 20 juin 2022

Chambre à part – La proportionnelle, trop belle pour être vraie

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Les élections législatives que nous suivons en ce moment donnent l’occasion de poser à nouveau ces questions fondamentales : quelles sont les chances de voir un jour revenir au moins une dose de proportionnelle dans les scrutins et qu’y gagnerait-on ? Tentative de réponse.

Trente-cinq députés pour le Front national ! En 1986, à la suite d’une promesse faite par François Mitterrand un an plus tôt, le parti patriote entrait en force à l’Assemblée grâce à la proportionnelle. Un système adopté « pour plus de représentativité » d’après la gauche, « une tactique politicienne » d’après le RPR et l’UDF. L’expérience tourna court puisque la proportionnelle fut supprimée dans la foulée par Jacques Chirac, nommé Premier ministre à la suite de la victoire de son camp lors de ce fameux scrutin. Depuis, son retour est une ritournelle clamée par les forces d’opposition, généralement la droite nationale mais aussi l’extrême gauche. Certains élus font miroiter cette mesure de temps à autre, à l’image d’Emmanuel Macron lui-même, mais, en 2022, le projet semble totalement oublié par le pouvoir.

Ramu de Bellescize, professeur de droit public à l’université de Lille, a évoqué ce mode de scrutin avec nos confrères de Boulevard Voltaire dans un entretien paru mardi et mené par Marc Eynaud. L’enseignant note pour commencer que la création d’un groupe parlementaire est primordiale car cela permet notamment d’avoir plus de temps de parole, davantage de membres dans les commissions et même de fixer l’ordre du jour une journée par mois. Des différences de taille avec ce que le Rassemblement national a connu depuis 2012, ses élus étant non-inscrits et donc totalement isolés malgré leur vigueur et leur verve.

Modifié pour les communistes

Depuis 2009, il faut en effet 15 élus minimum pour composer un groupe. Le chiffre était de 20 auparavant – et même de 30 avant 1988 – mais la règle fut modifiée pour permettre l’existence d’un groupe communiste.

Pour Ramu de Bellescize, l’un des avantages du scrutin proportionnel est « une meilleure représentation de la diversité de l’électorat » mais il note un inconvénient de taille : « Si aucune majorité ne se dégage, il y aura des coalitions On ne les connaît pas à l’avance. Cela fait perdre une partie de son sens au vote. » Plus fort encore, la proportionnelle signifierait que le pouvoir n’aurait pas de majorité absolue et devrait donc convaincre pour faire passer une loi. Dans ces conditions, « le Parlement redevient un véritable contre-pouvoir et non plus une chambre d’enregistrement ».

En faisant de la politique-fiction et en appliquant la proportionnelle aux résultats du 1er tour des élections législatives de dimanche dernier, on s’aperçoit que l’Union populaire de Jean-Luc Mélenchon aurait 148 sièges, soit un seul de moins qu’Ensemble qui réunit le parti présidentiel et ses alliés. Avec 108 élus, le Rassemblement national pourrait tout simplement être le parti le mieux représenté de France, les alliances précédemment citées présentant des profils variés et parfois désaccordés. Reconquête aurait une place non négligeable avec 25 députés.

Ces chiffres parlent d’eux-mêmes : ils désavantagent le gouvernement et, à moins qu’un parti profondément attaché à la proportionnelle n’accède au pouvoir et change le système, il paraît donc plus qu’improbable que la situation évolue, d’autant qu’Emmanuel Macron a déjà – à maintes reprises – démontré son mépris pour l’opposition.

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 16 juin 2022

Société de surveillance : toujours plus loin !

société surveillance

Oubliez votre liberté ! Après le passe sanitaire – qui, soit dit en passant, n’est pour l’heure que suspendu –, plusieurs projets pourraient bien mettre à nouveau à mal l’intimité des Européens. Les arguments donnés par les oppresseurs rendront difficile toute contestation.

« Big Brother is watching you » ! Dans son roman 1984, publié en 1949, George Orwell nous donnait un avertissement : un jour, notre « sécurité » pourrait bien être un prétexte pour les mesures les plus liberticides. En 2021, l’application du « passe sanitaire » était une nouvelle étape de contrôle de la population dans les pays occidentaux. La Chine, elle, avait mis en place depuis plusieurs années déjà un « crédit social » extrêmement intrusif, comprenant notamment un système de reconnaissance faciale.

C’est justement cette méthode de vidéosurveillance ultra-moderne (et ultra-oppressante !) qu’a proposée le maire de Nice, Christian Estrosi, le 31 mai dernier. Une information inquiétante quand on sait que l’ancien cadre de l’UMP est désormais très proche d’Emmanuel Macron.

Puisqu’il faut toujours un prétexte, Christian Estrosi utilise cette fois-ci les incidents survenus au Stade de France lors de la finale de la Ligue des Champions. Il s’attaque par ailleurs à la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés), organisme qui tente tant bien que mal d’assurer un minimum de liberté aux Français.

« Je souhaiterais qu’enfin on mette un coup d’arrêt à ce que nous interdit la CNIL, cette espèce d’institution poussiéreuse qui interdit d’utiliser la reconnaissance faciale. […] Il est difficile pour les forces de police d’interpeller, au risque d’avoir des blessés, voire des morts, 1 000 ou 2 000 personnes. Mais par contre, s’ils sont identifiés par de la reconnaissance faciale, s’ils sont interdits de stade et si on peut aller les cueillir au petit matin chez eux pour les mettre en garde à vue, l’intelligence artificielle jouera pleinement son rôle. »

Le Français moyen, en plus de se faire agresser par des délinquants qui bénéficient du laxisme de la justice, pourrait donc bien être suivi à la trace en permanence ou presque. Comme avec le passe sanitaire, nul doute que les esclaves mentaux diront que « les innocents n’ont rien à cacher ». Les amoureux de la liberté seront eux considérés comme suspects.

La Commission européenne, elle, est sur le point de s’en prendre aux systèmes de messagerie privée. Comme le révèlent nos confrères de l’OJIM (Observatoire du journalisme), l’instance continentale a publié un projet de loi qui obligerait les fournisseurs de services de communication comme Telegram et WhatsApp à vérifier automatiquement les messages de leurs utilisateurs avant qu’ils ne soient envoyés.

Une fois de plus, une noble cause justifie la mesure : la lutte contre la pédopornographie. Bien sûr, la quasi-totalité des utilisateurs, à mille lieues d’avoir de telles pratiques, seront scrutés. Qui s’opposera au projet sera immédiatement pointé du doigt.

Plusieurs organisations de défense des droits civiques ont cependant signalé les risques de cette surveillance qui serait gérée par une intelligence artificielle. Elles notent aussi que les criminels sexuels agissent essentiellement sur d’autres plates-formes, notamment sur le dark web. Ou via des réseaux politiques élitistes, comme celui de Jeffrey Epstein, bien sûr.

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 7 juin 2022

Stade de France : les mensonges de Darmanin

darmanin stade france

Gérald Darmanin persiste et signe. Au risque de provoquer un véritable incident diplomatique, le ministre de l’Intérieur maintient sa version des faits sur les événements de samedi au Stade de France, au mépris de toutes les preuves et de tous les témoignages.

Les racailles du 93 et d’ailleurs sont prévenues : le gouvernement leur laissera carte blanche ! Deux jours après la finale de la Ligue des champions, Gérald Darmanin s’est exprimé lors d’une conférence de presse, omettant totalement les coupables, accusant uniquement les victimes, restant donc dans la lignée de ce qu’il déclarait dès samedi soir (voir l’édition de Présent du 31 mai).

Le ministre de l’Intérieur a d’abord affirmé que les forces de l’ordre avaient « permis d’éviter des morts et des blessés ». Un premier point très contestable, la police ayant aspergé de gaz lacrymogène de nombreux supporters innocents, comme le prouvent des vidéos largement diffusées sur Internet. Sortir vivant d’un stade paraît, qui plus est, être la moindre des choses.

Gérald Darmanin a par ailleurs lourdement chargé le club de Liverpool, pointant notamment du doigt l’entraîneur de l’équipe anglaise, Jürgen Klopp, pour avoir appelé les fans à venir à Paris même s’ils n’avaient pas de billet. Comme le dit lui-même Gérald Darmanin, jamais à une contradiction près, des « fan zones » étaient pourtant mises en place pour eux dans la capitale et tout s’y est déroulé sans accroc.

La question des faux billets est désignée comme « le point central » des incidents, le ministre de l’Intérieur insinuant sans aucune preuve qu’une fraude massive organisée et industrielle avait été faite par le club anglais.

Pour enfoncer le clou, le « premier flic de France » s’en est pris aux amateurs de football en général, jugeant ainsi que les comparaisons entre cette finale chaotique et l’organisation prochaine de la Coupe du monde de rugby et des Jeux olympiques étaient infondées car « il n’y a manifestement que dans le football et singulièrement que dans le football avec certains clubs anglais qu’il y a ces événements ».

Des propos qui ont beaucoup fait réagir en Angleterre, chacun s’accordant là-bas – comme en Espagne et chez tous les témoins des incidents – pour qualifier Gérald Darmanin de menteur, voire l’accuser de « fraude », à l’image de Jamie Carragher, joueur iconique de Liverpool et actuel consultant pour la télévision. Le porte-parole du Premier ministre Boris Johnson s’est, de son côté, dit extrêmement déçu par le traitement infligé aux supporters de Liverpool, demandant également une enquête complète.

Répétons-le : les supporters anglais, comme de nombreux autres spectateurs présents au stade, n’ont pas été coupables des débordements mais victimes de bandes ultra-violentes.

Jules Torres, journaliste de Valeurs actuelles, a eu connaissance, via une source policière, de la nationalité des individus placés en garde à vue samedi : « Pas un Anglais et pas un Espagnol mais une majorité d’Algériens (18), Tunisiens (2), et Marocains (2). 9 Français dont 7 dont le nom est maghrébin ou africain. » Les motifs des interpellations ? « Vol avec arme, vol avec violence, recel, violences sur PDAP, violences en réunion, dégradations, tentative d’intrusion dans le stade, vol à la roulotte. »

Conclusion : pour Marine Le Pen, le ministre de l’Intérieur « ment éhontément » et est « dans le déni total ». Aux yeux d’Eric Zemmour, « Saint-Denis n’est pas Paris, et la Seine-Saint-Denis n’est plus la France depuis longtemps ». Voilà qui rappelle les propos tenus début mai par Thierry Henry. Le champion du monde 1998, désormais consultant pour des médias français et anglais, avait expliqué à ses confrères britanniques que la finale ne se tenait pas à Paris mais à Saint-Denis, que cela n’avait rien à voir et que Saint-Denis n’était pas un lieu où l’on souhaitait être…

L’exception française

Un autre élément explique en partie le désordre de samedi dernier. Depuis une dizaine d’années, les autorités françaises ont opté pour la facilité en prenant des arrêtés préfectoraux et en décrétant des interdictions de déplacement pour des matchs du championnat de France jugés « à risques », y compris lorsque cela ne concerne que quelques centaines de supporters. Difficile dans ces conditions d’être prêt à gérer un événement de grande ampleur et d’encadrer 40 000 Anglais – même quand l’écrasante majorité est pacifique – ainsi que des hordes de racailles de cité.

Notons d’ailleurs que ce problème n’existe pas en Angleterre ou en Allemagne alors que les supporters sont plus nombreux à effectuer les déplacements pour suivre leur équipe chaque week-end et qu’il y a au moins autant de matchs « à risques ».

Si les supporters français, notamment les ultras, exagèrent en faisant de cet aspect l’unique raison du fiasco de samedi, omettant la délinquance par réflexe « antiraciste », il est indéniablement à prendre en considération.

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 31 mai 2022

Stade de non-France – Finale la Ligue des champions : la racaille a gagné

football racailles

La finale de la Ligue des champions, principale compétition de football européenne, a donné lieu à d’importants débordements samedi soir à Saint-Denis. Contrairement aux affirmations de Gérald Darmanin, ce ne sont pourtant pas les amateurs de ballon rond anglais qui ont provoqué les incidents mais les innombrables racailles locales. La police a également montré ses limites.

Gestion calamiteuse, faux billets, vols et violences : le grand rendez-vous footballistique de samedi entre Liverpool et le Real Madrid a viré au cauchemar ! C’est un traitement on ne peut plus sauvage qui attendait les dizaines de milliers de supporters anglais qui avaient fait le déplacement, massés pendant des heures dans un espace restreint aux abords du stade. Tandis qu’ils patientaient dans le calme, ils ont été rejoints par des hordes de délinquants issus des quartiers voisins, certains les agressant, d’autres grimpant les grilles du stade afin d’y entrer sans ticket.

Sans aucun discernement ni aucune retenue, la police a alors projeté son gaz lacrymogène dans la foule, y compris vers les femmes et les enfants. Cerise sur le pudding pour les fans de Liverpool, nombre de billets qu’ils possédaient étaient des contrefaçons. La chasse aux faux billets a d’ailleurs privé d’accès au stade de nombreux supporters qui possédaient des tickets achetés en bonne et due forme et cette organisation chaotique a retardé le coup d’envoi du match de plus d’une demi-heure.

Dès 23 h 45, Gérald Darmanin se mettait pourtant en scène sur les réseaux sociaux, diffusant une photo de sa personne au PC sécurité du stade avec un commentaire totalement déconnecté de la réalité : « Des milliers de “supporters” britanniques, sans billet ou avec des faux billets, ont forcé les entrées et, parfois, violenté les stadiers. Merci aux très nombreuses forces de l’ordre mobilisées ce soir dans ce contexte difficile. »

Durant tout le week-end, vidéos et témoignages ont contredit cette version. Rodolfo Amaya, président du club des supporters de Liverpool en France, a déclaré qu’il avait vu des personnes billet à la main « se le faire piquer » et que l’avant-match était « très dangereux ». Mais, d’après lui, la fin de la soirée fut tout aussi effrayante : « J’ai vu des personnes isolées se faire agresser pour récupérer leurs sacs, soit se faire directement racketter. »

Une famille espagnole venue soutenir le Real Madrid a livré un récit terrible au média espagnol 20 minutos, racontant que « des centaines et des centaines de jeunes du quartier, armés de cutters, traquaient et agressaient les supporters ». Le cauchemar avait commencé dès l’arrivée dans la zone de non-droit : « Nous nous sommes garés dans le quartier et un type est arrivé, s’est mis devant nous et nous a demandé 50 euros pour protéger le van. On a fini par lui en donner 40. » Des propos corroborés par Jim Beglin, ancien footballeur professionnel qui assistait au match. « Des gangs organisés se sont mis à agresser les fans qui partaient. […] Pas un policier en vue. »

Le quotidien sportif Marca, équivalent espagnol de L’Equipe, la bien-pensance en moins, n’y est pas allé par quatre chemins : « Il est évident qu’en France, depuis quelques années, il y a un grave problème d’immigration et de ghettos. […] Le Stade de France est situé au nord de Paris, dans un territoire devenu dangereux et les autorités françaises doivent y remédier, mais pas pour le bien des Jeux. Pour le bien du pays. »

L’organisation des Jeux olympiques d’été dans la région parisienne en 2024 suscite des inquiétudes depuis samedi, notamment chez Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, qui doutent tous deux des capacités de la France à organiser des événements d’une telle ampleur. Marine Le Pen a exigé une enquête parlementaire, demande qui fait écho à celle de Joanne Anderson, maire de Liverpool. Emmanuel Macron pourrait bien traîner comme un boulet cette soirée catastrophique dont il était à l’origine, la France ayant à sa demande remplacé au pied levé la Russie pour l’organisation du match.

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 30 mai 2022

L’hôpital, nouvelle zone de non-droit ?, par Louis Marceau

hopitaux violences

La violence gagne les hôpitaux français, obligeant les établissements à prendre des mesures radicales. La réponse devra toutefois être politique.

L’information peut surprendre. A Limoges (Haute-Vienne) comme à Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence), les soignants reçoivent dorénavant des cours d’auto-défense, notamment de krav-maga, une méthode défensive de combat au corps à corps développée par l’armée israélienne et les services spéciaux israéliens.

La raison de ces formations ? Comme les rues, les transports en commun, les centres commerciaux et la plupart des lieux publics de France, les hôpitaux sont désormais régulièrement le théâtre de violences et les premières victimes ne sont autre que les soignants.

S’il faut simplement beaucoup de patience pour supporter les invectives ou les insultes d’un patient mécontent de son traitement, il faut au moins maîtriser un art martial pour parvenir à esquiver un coup de couteau.

Interruptions temporaires de travail (ITT), dépressions, démissions… Les conséquences de ces violences sont en tout cas dramatiques. Si les soignants acceptant de témoigner dans les médias restent encore très « pudiques », évoquant à demi-mot des drogués ou « des jeunes », quelques faits divers de ces dernières semaines nous en disent plus et nous apprennent que les soignants ne sont pas les seules cibles.

A Blois, une violente bagarre entre Turcs et Kurdes s’est achevée aux urgences de la ville. Une situation similaire s’était produite peu avant dans l’Essonne après des affrontements entre bandes rivales de Ris-Orangis et Grigny.

A Sète, une adolescente de 13 ans tabassée à la sortie du collège a ensuite été « intimidée » au sein même de l’hôpital où elle avait été envoyée par « des jeunes »
Les rapports terrifiants de l’Observatoire national des violences en milieu de santé

En 2020, l’Observatoire national des violences en milieu de santé (ONVS) publiait un rapport alarmant. L’organisme annonçait avoir reçu pas moins de 26 060 signalements, dont une très large majorité (81 %) pour « atteintes à la personne ». Pire encore, ces chiffres ne concernaient que 7,8 % des hôpitaux du pays, les signalements n’étant pas obligatoires mais effectués par les établissements volontaires.

Sur son site internet, l’ONVS précise que « le nombre de signalements ne reflète pas la dangerosité d’un lieu de soins mais le nombre de fois où les professionnels ont estimé utile de faire un signalement. Ceci est très variable d’un établissement à l’autre, d’un service à l’autre au sein d’un même établissement, voire au sein d’un même service de soins, d’une année à l’autre. Ils ne prétendent pas à l’exhaustivité mais présentent les incidents que les services ont tenu à signaler. »

Le rapport de 2020 était tout de même déjà plus fourni que celui publié en 2019, avec 23 360 signalements recensés cette année-là.

Depuis, le Covid est passé par là et a nettement modifié l’activité des hôpitaux. Les chiffres de 2022, s’ils sont diffusés par l’ONVS, donneront une bonne indication de l’évolution du problème, le Covid ne paralysant plus autant le pays, même si l’on n’oubliera pas les milliers de soignants suspendus car n’étant pas vaccinés.

Notons enfin que d’après l’ONVS, les services les plus touchés par les violences sont la psychiatrie – sans surprise – et les urgences.

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 24 mai 2022

« Pour le gratin médiatique il faut s’appeler Malik » – Disney et Netflix au service de « l’antiracisme »

malik disney

Une mini-série dédiée à Malik Oussekine est diffusée à partir de ce 11 mai sur Disney+. Le géant américain démontre une fois de plus son engagement politique.

« Tu t’appelais Sébastien, ton prénom n’évoque rien. Pour le gratin médiatique il faut s’appeler Malik ! » En 1997, le groupe de rock identitaire Vae Victis faisait ce constat dans une chanson dédiée à Sébastien Deyzieu, militant nationaliste mort en 1994 en tentant de fuir la persécution policière (voir notre article en page 5). Vingt-cinq ans plus tard, le nom de Sébastien est honoré par ses camarades mais est oublié par les Français et les médias, quand ces derniers ne font pas le choix de le salir.

Pendant ce temps-là, celui de Malik Oussekine, lui aussi victime de la police, est, quant à lui, immortalisé dans une série télévisée mondialement diffusée via Disney+. Ce 11 mai sortent en effet les quatre épisodes d’une heure de ce programme simplement intitulé Oussekine, qui racontera cette triste affaire en long, en large et en travers.

Le réalisateur n’est autre que le Français Antoine Chevrollier, connu pour son travail sur la série Le Bureau des légendes. Le cinéaste a expliqué à l’AFP être intéressé par « les injustices », « que ce soit à l’endroit des enfants d’immigrés ou des prolétaires de province ». Son travail n’a rien d’innocent puisque le cinéaste clame également que « le temps est venu de dépoussiérer le roman national ».

Deux poids deux mesures et culpabilisation, les deux mamelles de la propagande

En d’autres termes, un fait divers – malheureux, certes – remontant à 1986 va être réinterprété et présenté comme un « sujet de société ». Il est d’ailleurs aisé d’imaginer les conséquences de la diffusion de cette série : la victimisation de tous les Algériens va reprendre de plus belle, tout comme la diabolisation de la police, des pouvoirs publics et plus globalement des Français en général. Il n’est pas à écarter que Jean-Luc Mélenchon et ses sbires, Taha Bouhafs en tête, fassent leurs choux gras de cette histoire, comme si le drame venait de se produire et qu’il était habituel.

Disney, loin, très loin de ses traditionnelles histoires de souris, d’écureuils ou de princesses, va semer un peu plus la discorde en culpabilisant encore un peu plus les Français, pour ne pas dire tous les Blancs d’Occident. De Madrid à New York en passant par Londres, la diffusion internationale va en effet produire une bouillie idéologique de laquelle ne pourra émerger qu’un antiracisme puéril déconnecté de la réalité, digne de Black Lives Matter.

Pendant ce temps-là, les petits Français qui se font agresser, poignarder, violer et tuer chaque jour par les compatriotes de Malik Oussekine resteront dans l’anonymat. Leur malheur restera ignoré, méprisé, nié. Pour Disney+, ce n’est pas vendeur.

Le deux poids deux mesures a de beaux jours devant lui. Les autoproclamés rebelles et anarchistes ont les studios américains les plus riches et les plus puissants de leur côté.

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 10 mai 2022

L’union des patriotes ? Avec Marion Maréchal, par Louis Marceau

Marion Maréchal-Le Pen

Marion Maréchal est de retour « pour de bon » dans le combat politique et est désormais pleinement impliquée au sein de Reconquête !, puisqu’elle a annoncé mardi avoir adhéré au parti fondé par Eric Zemmour et en avoir été nommé vice-présidente exécutive. Mais l’ancien député de Vaucluse voit plus loin et a cosigné mercredi avec ses collègues Guillaume Peltier et Nicolas Bay une tribune en vue des élections législatives, tribune dans laquelle tous trois demandent une « coalition des droites » pour cette échéance, ou plus exactement une « union des patriotes ».

Leur postulat est simple : quel que soit le résultat du second tour de l’élection présidentielle, l’heure sera aux alliances, soit pour assurer une majorité présidentielle autour de Marine Le Pen, soit pour imposer une cohabitation à Emmanuel Macron afin qu’il ne dispose pas des pleins pouvoirs législatifs pour les cinq années à venir.

Si le tout jeune mouvement d’Emmanuel Macron avait réussi cet « exploit » de construire seul une majorité en 2017, il se basait sur une ligne molle et bien-pensante et bénéficiait du soutien des médias et de certains cadres de partis historiques. En cas de victoire, Marine Le Pen sera inévitablement plus attaquée que jamais et devra s’appuyer sur l’ensemble des patriotes, quels que soient leurs désaccords.

Marion Maréchal, Guillaume Peltier et Nicolas Bay imaginent donc une grande alliance entre les membres de leur parti, ceux du Rassemblement national, de Debout la France mais aussi les derniers amoureux de la France subsistant – inexplicablement, disons-le – chez Les Républicains. Pour les trois dirigeants de Reconquête !, les choses sont claires : « Les élus et cadres LR patriotes doivent désormais choisir entre la fidélité à leurs convictions ou le reniement. »

La ligne de démarcation entre LR et LREM semble de plus en plus mince et les accords entre les deux partis devraient être nombreux d’ici aux élections législatives, notamment sous l’influence d’un certain Nicolas Sarkozy.

Nouvelle étape vers une alliance

La campagne du premier tour a parfois été violente entre Eric Zemmour, Marine Le Pen et leurs défenseurs respectifs. A l’annonce des résultats, l’ancien journaliste n’a pourtant pas hésité à appeler à voter pour la candidate du RN. S’il ne s’agissait pas de la concrétisation d’une alliance, que refuse Marine Le Pen jusqu’à présent, c’était incontestablement un premier pas. Cette tribune est une nouvelle étape et, comme l’écrivent ses cosignataires, le RN va maintenant devoir opérer une véritable révolution culturelle en acceptant les alliances. La victoire est à ce prix aux yeux de Marion Maréchal et de ses collègues qui souhaitent dorénavant discuter avec les représentants des partis concernés et parler notamment des « modalités et contours que cette plate-forme de coalition pourrait prendre ».

Concrètement, cette coalition aurait pour but de « mettre à l’agenda législatif une politique de fermeté migratoire, un durcissement de la politique pénale, un véritable patriotisme économique, le soutien aux familles et à la natalité ou encore le refus de tout nouvel abandon de souveraineté vers l’Union européenne ». Voilà qui pourrait mettre tout le monde d’accord !

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 21 avril 2022

En France et aux Etats-Unis, la violence des bien-pensants

violence gauche

Il n’a pas manqué grand-chose à Jean-Luc Mélenchon pour atteindre le second tour de l’élection présidentielle. Ses militants, en rage, ont attaqué des permanences du PCF et d’EELV, accusés d’avoir trahi la gauche. Des méthodes violentes qui ne surprendront que les naïfs mais qui en disent long sur l’état d’esprit du « camp du bien ».

Grâce à Jean-Marie Le Pen, l’on connaissait depuis un moment déjà « la fiesta chez les gauchos », qu’il nous racontait en chanson. Voici que l’on découvre les « règlements de compte chez les gauchos », étalés dans la presse depuis dimanche soir. D’abords exprimées sur internet, les critiques, insultes et menaces envers les candidats et les partis ayant privé Jean-Luc Mélenchon des quelques points qui lui manquaient pour se qualifier pour le second tour se sont concrétisées dans le monde réel.

A Nantes, les permanences d’Europe Ecologie les Verts (EELV) et du Parti communiste (PCF) ont ainsi été prises pour cible. Une vitre brisée, des tags avec les inscriptions « traître » et « sac à merdes » (sic) : le message est clair, Yannick Jadot et Fabien Roussel sont considérés comme les fossoyeurs de la gauche.

A Lille, le siège de la fédération communiste du Nord a subi le même sort. Dimanche vers 21 h 30, 5 à 7 individus ont débarqué sur les lieux, insultant les militants du PCF et cassant la porte avec une bombe de protoxyde d’azote. Les victimes ont porté plainte, la secrétaire fédérale du parti communiste qualifiant même les assaillants de militants…« gauchistes » ! On ne la contredira pas !

Plusieurs tags ont par ailleurs fleuri dans les rues avoisinantes avec l’inscription « Roussel = ennemi du peuple ».

Si les diverses attaques ont été condamnées, notamment par la maire socialiste de Nantes, Johanna Rolland, La France Insoumise est restée discrète. Adrien Quatennens, bras droit de Jean-Luc Mélenchon, avait d’ailleurs mis de l’huile sur le feu en déclarant que « les voix de Fabien Roussel [leur] ont manqué incontestablement ».

Les communistes, bien que d’extrême gauche, ont certainement eu du mal à avaler la position très pro-musulmane de Jean-Luc Mélenchon. Des désaccords existent également entre eux et LFI au sujet du nucléaire, de la laïcité, de l’industrialisation et du communautarisme. Assez pour justifier un vote indépendant, mais pas au regard des nervis antifas, biberonnés à la haine des opposants politiques et habitués à l’impunité.

Aux Etats-Unis comme en France, le « camp du bien » se croit tout permis.

A l’université de Buffalo, Therese Purcell, présidente des Young Americans for Freedom, a été pourchassée par une foule estampillée « Black Lives Matter » pour avoir invité le lieutenant-colonel Allen West, un conservateur noir, à parler du racisme.

Après l’événement, environ 200 étudiants ont traqué la jeune femme sur le campus en hurlant des slogans menaçants. Therese Purcell a échappé au pire en parvenant à se cacher.

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 13 avril 2022

Les moutons à l’heure du ramadan

ramadan

Comme chaque année quand arrive le ramadan, la société française se met à l’heure musulmane avec force messages et produits à destination d’une population nombreuse. Appât du gain chez les uns, soumission chez les autres – et pour finir une acculturation de plus en plus marquée.

Qui donc effectuera la plus belle courbette ? Depuis vendredi, début du ramadan, d’innombrables personnalités, associations, entreprises et autres entités françaises et occidentales ont salué le début de cette période clé du calendrier islamique.

Si Emmanuel Macron n’a pas communiqué à ce sujet, son ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a souhaité via son compte Twitter « à tous les musulmans de notre pays un bon Ramadan ». Samedi, il déplorait avoir reçu de nombreux commentaires « un tantinet racistes » de la part de gens qui lui reprochaient d’avoir ignoré des fêtes chrétiennes ou juives, ce qu’il conteste, expliquant preuves à l’appui qu’il n’avait oublié ni Noël, ni Pâques, ni Hanouka, ni Roch Hachana. S’il fallait faire une comparaison, le ramadan serait pourtant bien plus proche du carême, qu’a totalement ignoré Gérald Darmanin. L’ancien maire de la très islamique ville de Tourcoing a donc perdu une bonne occasion de se taire et a démontré sa soumission, clamant dans son message plaintif qu’il était « fier » d’avoir salué cet événement musulman.

Parmi les personnalités politiques de premier plan à avoir également « marqué le coup », notons les noms d’Anne Hidalgo et de Christian Estrosi. Nul doute que d’autres les rejoindront, car, pendant le mois du ramadan, nombreux sont en effet les élus à être conviés à une « rupture du jeûne » par les associations islamiques de leur localité. Le prochain mandat vaut bien un couscous. En 2017, Emmanuel Macron s’était prêté à ce petit jeu peu après son élection.

Le monde de la culture, dans ses composantes les plus variées, s’est lui aussi particulièrement illustré.

Sur les réseaux sociaux, le compte officiel du musée du Louvre a publié la photo d’une belle lampe ornée « au nom du sultan Muhammad ibn Qala’un », sous le hashtag #RamadanMubarak… Non sans citer, dans un second tweet, le texte du Coran calligraphié sur la lampe.

Les magasins Cultura, quant à eux, ont mis en avant une sélection de livres pour enfants expliquant les bases de l’islam. Pour les ouvrages sur le carême, voyez avec un vendeur, mais on ne vous promet rien.

La soumission à l’islam et à ses fêtes est bien souvent un moyen pour les individus ou les organismes de jouer la carte de l’antiracisme, quitte à en faire beaucoup trop. Ainsi, les musulmans ont eu droit sur Internet aux vœux de… Bob l’éponge, héros de dessin animé pour enfants !

Enfin, le monde du football s’est lui aussi beaucoup exprimé. Parfois par soumission, comme l’a fait le club « catholique » du Celtic, basé à Glasgow. Parfois parce que le grand remplacement est passé par là et a fourni pléthore de joueurs musulmans aux clubs européens, sans oublier l’influence immense des pays du Golfe sur ce sport. Comme tous les ans, le PSG a diffusé une vidéo dans laquelle ses joueurs souhaitent en langue arabe un bon ramadan aux musulmans tandis que les joueurs du club anglais de Manchester City ont été filmés en train de manger une chorba frik (plat typique du Maghreb).

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 5 avril 2022

Europe : la guerre en Ukraine rebat les cartes

europe ukraine

La guerre en Ukraine n’en finit plus de provoquer des remous militaires et géopolitiques en Europe. Après le réarmement de l’Allemagne annoncé fin février, la France s’interroge sur la qualité de ses services de renseignement, l’Angleterre tente de faire pression sur ses anciens alliés tandis que la Suède songe à adhérer à l’Otan, ce qu’elle refusait catégoriquement jusqu’à présent. L’Europe est sens dessus dessous !

Responsable du fiasco ? Bouc émissaire ? Toujours est-il que le général Eric Vidaud, patron de la direction du renseignement militaire français depuis sept mois, a été limogé par l’état-major. C’est une information révélée mercredi par « une source interne au ministère des Armées », qui précise également que sa hiérarchie pointait du doigt son « manque de maîtrise des sujets ».

Le renseignement militaire français, contrairement à celui des Etats-Unis, ne croyait pas à l’hypothèse d’une invasion russe de l’Ukraine.

L’on pourra toutefois noter que le chef des armées, un certain Emmanuel Macron, s’est lui aussi lourdement trompé en étant l’idiot utile de Vladimir Poutine. La démarche diplomatique du président français était par ailleurs peu sérieuse, celui-ci ne ratant jamais une occasion d’apporter son soutien à l’Ukraine entre deux échanges avec le président russe.

L’Angleterre, elle aussi, semble agacée de voir les événements lui échapper. Son ancienne colonie, l’Inde, n’a en effet pas embrassé la ligne occidentale, ne votant pas la résolution de l’ONU exigeant le retrait des forces russes de l’Ukraine et n’adoptant pas la moindre sanction économique à son encontre.

Jeudi, Liz Truss, ministre britannique des Affaires étrangères, a effectué le voyage à New Delhi afin d’encourager un rapprochement entre les deux pays, promettant que cela stimulerait la sécurité dans la région et créerait des emplois. Si l’Inde collabore avec la Russie, tout comme la Chine, elle demeure rivale de son géant voisin communiste et ne peut se permettre de couper les ponts avec ses potentiels alliés occidentaux. Liz Truss et le Royaume-Uni l’ont bien compris.

L’Europe du Nord, future zone conflictuelle ?

Magdalena Andersson, Premier ministre suédois (ou Première ministre ? Je ne sais plus ce qu’on doit dire en bon français !), a déclaré mercredi lors d’un entretien télévisé qu’elle n’excluait « en aucune façon » l’adhésion de son pays à l’Otan, ajoutant qu’elle souhaitait que soit faite « une analyse approfondie des possibilités » mais aussi une analyse « des menaces et des risques ».

L’élargissement de l’Otan est en effet ce que redoute le Kremlin, qui n’hésite pas à menacer les prétendants se trouvant à proximité de son territoire, comme il l’a fait dès la fin février avec la Finlande. Or, la Suède et la Russie partagent une frontière maritime en mer Baltique.

C’est un brusque revirement pour la Suède, sa dirigeante ayant assuré au début de l’assaut russe qu’il était « crucial » que la ligne de la Suède dans sa politique de sécurité reste inchangée. Elle ajoutait le 8 mars qu’un rapprochement avec l’Otan déstabiliserait potentiellement la sécurité de l’Europe du Nord.

Les dirigeants européens, confrontés à une situation inédite depuis plusieurs décennies, naviguent à vue.

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 1er avril 2022

Volodymyr Zelensky en opération séduction au Parlement

Zelensky chard

Volodymyr Zelensky s’est adressé au Parlement. Mercredi, peu après 15 heures, députés et sénateurs s’étaient réunis pour écouter le président ukrainien, intervenant via un écran géant.

Pas de place pour les questions ou le débat ! Le président ukrainien s’est contenté de prononcer pendant un peu plus de douze minutes un discours parfaitement préparé, remplissant tous les critères de la « comm » moderne.

Après avoir évoqué les crimes commis par l’armée russe et invité – forcé ? – son auditoire à se lever pour respecter une minute de silence en mémoire des victimes, il a donc vanté les mérites de la France tout en lui demandant de faire davantage. Pour résumer son propos, la devise « liberté-égalité-fraternité » est une source d’inspiration pour les Ukrainiens mais il faut désormais les aider à l’appliquer chez eux face à l’envahisseur tandis que les ruines de Marioupol rappellent celles de Verdun.

Par ailleurs, Volodymyr Zelensky n’y est pas allé par quatre chemins, faisant de nombreuses demandes et autres appels du pied.

Il a notamment souligné que c’est sous la présidence française de l’Union européenne que devra être prise la décision au sujet de la demande d’adhésion de l’Ukraine à l’UE. Il a également réclamé « plus de soutien », notamment des armes et des chars, et demandé le départ des dernières entreprises françaises encore actives en Russie, à commencer par Renault, Leroy Merlin et Auchan.

Des réactions

Au micro de Public Sénat, Bruno Retailleau, sénateur LR de la Vendée, a évoqué un moment « historique » et « très touchant ». A ses yeux, les choses sont claires, « nous devons fournir des armes ». Une position que ne partage pas Nicolas Dupont-Aignan.

S’il valide l’idée d’apporter de l’aide humanitaire à l’Ukraine, le député refuse d’envoyer des armes, précisant qu’il fallait « créer les conditions de la paix, pas les conditions de la guerre ». Celui qui est aussi candidat à l’élection présidentielle et a reçu le soutien de Florian Philippot est allé plus loin en évoquant « un discours extrêmement dangereux » qui pourrait déboucher sur « un engrenage dramatique pour le continent ». Le risque semble effectivement réel. Nicolas Dupont-Aignan propose la neutralité de l’Ukraine ainsi que l’autonomie constitutionnelle du Donbass, comme l’exige la Russie. Les détracteurs du souverainiste ne se sont donc pas privés pour lui faire remarquer que l’Ukraine, elle aussi, tentait de défendre sa souveraineté.

Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, tous deux pointés du doigt pour leur position mesurée – d’aucuns préciseraient « juste » – envers la Russie, étaient bien présents dans l’hémicycle mais n’ont pas surréagi, privilégiant leur campagne électorale.

Dans les heures suivant l’intervention du président ukrainien, l’entreprise Renault a annoncé qu’elle suspendait dès à présent les activités de son usine de Moscou, tout comme le laboratoire pharmaceutique français Sanofi. Leroy Merlin, en revanche, poursuivra ses activités, craignant une faillite et une expropriation qui renforcerait les moyens financiers de la Russie si elle rompait ses engagements.

L’émotion est-elle la réponse à toutes les questions politiques ?

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 24 mars 2022

La Russie à la diète – Facebook et Instagram bannis de Russie : les censeurs censurés

Russie censure

Après notamment McDonald’s, KFC et Starbucks, c’est au tour de Facebook et d’Instagram – cette fois sur injonction de la justice locale – de disparaître (temporairement ?) du paysage russe. Un régime qui pourrait finalement se révéler salutaire pour une population enfin débarrassée des principaux instruments de l’impérialisme culturel américain.


Censurera bien qui censurera le dernier ! Lundi, la Russie a annoncé avoir bloqué les réseaux sociaux Facebook et Instagram, eux-mêmes adeptes de la censure et particulièrement actifs depuis le début de l’invasion de l’Ukraine.

La justice russe a suivi la demande du parquet et entériné l’interdiction des activités de la compagnie Meta, dont dépendent Facebook et Instagram, deux des réseaux sociaux les plus populaires à travers le monde. WhatsApp, également membre de cette famille virtuelle, n’est pas (encore) concerné.

Le FSB (Service fédéral de sécurité, héritier du KGB) avait appuyé cette demande en évoquant « des signes manifestes d’activité extrémiste […] dirigés contre la Russie et ses armées ».

Les instances russes réagissent à la modification des règles de modération de Facebook en Ukraine, permettant désormais aux habitants du pays de déverser leur haine sur la Russie sans encourir de sanction.

Andy Stone, responsable de la communication de Meta, ne s’était d’ailleurs pas caché de cette prise de position effectivement extrême, expliquant à l’AFP que, « en raison de l’invasion russe de l’Ukraine, nous faisons preuve d’indulgence pour des formes d’expression politique qui enfreindraient normalement nos règles sur les discours violents telles que mort aux envahisseurs russes ».

Rappelons par ailleurs que Facebook – comme la plupart des réseaux sociaux – avait déjà censuré certains médias russes, dont Sputnik et RT. Relais de la politique du Kremlin, RT n’omettait pas pour autant le point de vue adverse, diffusant les discours des leaders de l’Union européenne ainsi que de certains spécialistes hostiles à l’offensive russe.

En d’autres termes, Meta pratique depuis près d’un mois tous les amalgames qu’elle interdit à ses utilisateurs en d’autres circonstances.

Les Russes, américanisés comme les autres !

Si leurs dirigeants adoptent une posture très antiaméricaine, de nombreux Russes se sont, comme les Français et les autres Européens, totalement accoutumés aux modes venues des Etats-Unis ; Internet et les réseaux sociaux ne sont pas étrangers à ce phénomène.

La Russie possède ainsi son lot d’autoproclamés « influenceurs », ces vedettes du Web diffusant sur Instagram ou d’autres plates-formes des photos de leur vie quotidienne, faisant régulièrement la promotion de produits ou de marques.

Karina Nigay est l’une de ces influenceuses qui sévissent sur Instagram. A ses trois millions d’abonnés, peu avant la coupure de l’application dans son pays et réagissant à cette mesure, elle a diffusé une vidéo où elle apparaît en pleurs et compare sa peine à un deuil. Digne des « meilleurs » chroniqueurs de chez Cyril Hanouna ! La jeune femme annonce toutefois qu’elle migrera probablement vers Telegram, un système de messagerie, ou VK, le « Facebook russe ».

La censure russe

La guerre est synonyme de censure et la Russie la pratique également avec gourmandise. Manifestations, propos, médias et sites Internet sont scrutés et, s’ils contredisent la version officielle, censurés ou sanctionnés.

L’une des prochaines cibles pourrait tout simplement être YouTube, aux pratiques similaires à celle de Facebook.

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 22 mars 2022

30 % de clandestins extra-européens parmi les réfugiés ukrainiens ?

refugies migrants

Cela pourrait presque être drôle si ce n’était pas dramatique : un « réfugié ukrainien » sur trois débarquant sur notre sol serait en fait maghrébin ou africain. L’immigration clandestine passe un cap et le gouvernement est toujours aussi impuissant.

Nous l’indiquions dans le numéro de Présent de jeudi, 5 000 « réfugiés ukrainiens » sont d’ores et déjà arrivés en France, deux semaines après le début de l’offensive russe dans leur pays. Les Français sont généreux, prêts à fournir denrées et foyers aux femmes et aux enfants en détresse, démontrant leur solidarité envers leurs « cousins » européens. Problème, environ 30 % de ces réfugiés ne seraient pas ukrainiens mais issus du Maghreb, d’Afrique noire et d’Asie. Ce sont nos confrères du Figaro qui ont révélé le pot aux roses mardi soir, quelques heures après le lancement par le gouvernement de la plate-forme Je m’engage pour l’Ukraine, visant à organiser l’accueil des réfugiés. Voilà qui fait tache.

Ainsi donc, toujours d’après Le Figaro, se trouveraient dans cet afflux « en augmentation rapide », dixit Jean Castex, 7,5 % d’Algériens, 3,5 % d’Ivoiriens, 3,5 % de Marocains, 2,5 % d’Indiens, 2,5 % de Kirghizes, 2 % de Congolais, 1,5 % de Camerounais, 1 % de Pakistanais, ainsi que des ressortissants d’autres pays d’Afrique et quelques Chinois. Eric Zemmour, tancé pour ses réticences à accueillir des réfugiés ukrainiens, a relayé la nouvelle sur ses réseaux sociaux, la jugeant purement et simplement « inadmissible ». Le manque de sérieux dans les contrôles, voire l’absence de contrôles, suscite des interrogations et inquiète.

Des clandestins refoulés par la Pologne ?

Si l’information peut difficilement être vérifiée, il semblerait qu’il y ait dans ce contingent de clandestins de nombreux individus refoulés à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie cet hiver. Pour rappel, la Pologne accusait son voisin, mais aussi la Russie, de faire pression sur elle et sur l’Union européenne en facilitant l’arrivée des migrants à sa frontière. Ces derniers auraient donc trouvé un moyen d’accéder en Ukraine avant de profiter de la guerre et du chaos de ces dernières semaines pour gagner le sol de l’UE. S’il se disait lors des premiers jours de la guerre que les clandestins non ukrainiens (et pas seulement non blancs) étaient refoulés aux frontières, beaucoup sont passés entre les mailles du filet.

On pourra y voir une nouvelle preuve du manque d’étanchéité des frontières européennes et l’incompétence des autorités françaises, incapables de réaliser des contrôles sérieux, mais d’aucuns noteront aussi qu’il s’agit d’une conséquence des manœuvres russes et biélorusses envers les Occidentaux.

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 10 mars 2022

Melilla : l’autre invasion

immigration migrants

Pendant que les yeux sont tournés vers l’Ukraine, où l’invasion russe progresse depuis le 24 février, une autre invasion se poursuit : celle de l’Europe par des clandestins africains.

L’enclave espagnole de Melilla, sur la côte nord du Maroc, refait parler d’elle. La semaine dernière, plusieurs centaines de migrants ont franchi cette frontière terrestre entre l’Afrique et l’Union européenne. Le phénomène s’est produit pendant deux jours consécutifs, les mercredi 2 et jeudi 3 mars.

Mercredi, pas moins de 2 500 Africains ont pris d’assaut les lieux. Il s’agit tout simplement de la tentative la plus massive réalisée jusqu’à présent, preuve que le phénomène de submersion migratoire du continent redouté par les mouvements identitaires européens est toujours d’actualité et que, comme l’indiquait Eric Zemmour aux micros des journalistes militants de « Quotidien » en faisant référence à la guerre russo-ukrainienne, « la menace n’est pas à l’Est, mais au Sud ».

Pour affronter la triple clôture avec grillage d’une longueur de douze kilomètres mais aussi les forces de sécurité espagnoles, les migrants n’ont pas hésité à utiliser des crochets, des bâtons et des projectiles en tous genres. Lors de la première vague, près de 500 clandestins sont parvenus à leurs fins. Les déçus revenaient à la charge dès le lendemain et 380 d’entre eux parvenaient cette fois à fouler le sol de l’UE. 800 immigrés illégaux sont donc entrés en deux jours via Melilla, contre 1 092 pour toute l’année 2021. Notons toutefois que l’autre frontière espagnole de l’UE au nord du Maroc, Ceuta, située à 400 kilomètres de Melilla, avait été violée en mai 2021 par près de 10 000 Africains.

A la suite des événements de la semaine dernière, la préfète a déclaré qu’une telle agressivité « n’avait pas été constatée en d’autres occasions ». 27 policiers ont notamment été blessés dans l’indifférence générale.

Marine Le Pen et les cadres de Reconquête réagissent

En France, les cadres du Rassemblement national et de Reconquête ont immédiatement réagi. Marine Le Pen a par exemple noté que ces immigrés économiques étaient essentiellement des hommes, au contraire des réfugiés de guerre ukrainiens. La candidate du RN à l’élection présidentielle ne découvre pas la problématique, dénonçant ces invasions sauvages depuis de longues années. Stéphane Ravier, Jérôme Rivière, Jean-Lin Lacapelle ou encore Gilbert Collard ont relayé sur les réseaux sociaux les impressionnantes vidéos filmées à Melilla, qui illustrent parfaitement la violence de ces invasions et l’hostilité des migrants.

Si le calme est revenu dès jeudi soir, nul ne doute que ce n’est qu’une question de temps avant le prochain assaut.

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 7 mars 2022

Macron diplomate raté, opportuniste certifié, mais surtout candidat !

macron diplomatie ukraine

Emmanuel Macron fidèle à lui-même ! Dans une allocution d’une quinzaine de minutes prononcée jeudi, le président de la République a montré ses limites diplomatiques mais aussi sa malice politique.

Comme lors du discours prononcé le 24 février, Emmanuel Macron se tenait jeudi soir devant trois drapeaux. Celui de la France, naturellement, celui de l’Union européenne, sans surprise, mais aussi celui de l’Ukraine. Même si l’on peut légitimement être solidaire de la nation ukrainienne et admiratif de sa résistance militaire et populaire, voilà une décision partisane loin d’être anodine de la part d’un chef d’Etat et qui rend caduque toute prétention diplomatique.

Emmanuel Macron a par ailleurs assuré que « nous nous tenons aux côtés de l’Ukraine » et adressé « le soutien fraternel de la France » au président ukrainien Volodymyr Zelensky, précisant que ce dernier était « le visage de l’honneur, de la liberté et de la bravoure ». Certes, mais ce dernier est aussi considéré comme un ennemi par la Russie. Afficher explicitement un soutien envers lui paraît donc peu stratégique pour tenter de convaincre Vladimir Poutine d’une désescalade militaire.

La voie diplomatique est pourtant celle qu’Emmanuel Macron prétend défendre, affirmant d’ailleurs être toujours « en contact » avec les présidents des deux pays. Nul doute que la médiation française aurait été crédible si notre pays n’avait pas passé les dernières années à sanctionner et diaboliser la Russie.

Ni diabolisation, ni angélisme, voilà une posture sérieuse qui paraît impossible à tenir pour le gouvernement.

Rappelons la bourde de Bruno Le Maire qui, mardi, déclarait sur France Info que nous menions « une guerre économique et financière totale » à la Russie, un message repéré et dénoncé par Dmitri Medvedev, proche de Vladimir Poutine. En ne désavouant pas publiquement son ministre, Emmanuel Macron s’est tiré une nouvelle balle dans le pied pour ses futurs échanges avec le maître du Kremlin.

La guerre a bon dos

Emmanuel Macron n’a pas officialisé sa candidature à l’élection présidentielle mais a tout de même profité de cette allocution pour avancer ses pions et annoncer la couleur pour les temps à venir. Plus d’UE (réflexion autour de la défense européenne), plus d’OTAN (annonce du déploiement de soldats français dans les pays Baltes et en Roumanie), mais aussi une crise économique dont la cause serait essentiellement la guerre en Ukraine.

Oubliant sa politique suicidaire du « quoi qu’il en coûte » ainsi que le contexte économique mondial bouleversé par le Covid, Emmanuel Macron a donc expliqué la hausse prochaine du coût des matières premières et des énergies par la guerre fraîchement déclenchée, osant même déclarer que « notre croissance aujourd’hui au plus haut sera immanquablement affectée ». Si la guerre n’arrangera évidemment pas le problème, les prix explosaient déjà depuis de nombreux mois. La croissance actuelle n’est, quant à elle, que le retour de manivelle du désastre économique de 2020.

Si Vladimir Poutine a ridiculisé Emmanuel Macron sur la scène internationale, il lui aura bel et bien été d’une aide précieuse pour ses ambitions nationales.

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 3 mars 2022