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Macron

Emmanuel Macron : un ami qui vous veut du bien, par Jacques de Guillebon

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Jacques de Guillebon

Incarnation politique de la personnalité histrionique comme on dit de nos jours pour ne plus prononcer le trop sexiste hystérique, l’Emmanuel Macron de l’en-même-temps est devenu notre ami si rapidement. Si rapidement que ce n’en peut qu’être louche. En quelques mois de campagne, il savait tout de nos existences, de nos misères et de nos joies ; en quelques mois le banquier de Rothschild s’était fait le médecin de la France, celui qui savait mieux que nous de quoi nous avions besoin.

Il s’est imposé quand nous avons baissé imprudemment la garde devant son empathie, et immédiatement nous ne pouvions plus nous en passer. Il disait qu’il nous aimait et qu’en même temps il fallait changer ; il annonçait qu’il voulait devenir notre chef et qu’en même temps nous n’étions rien  ; il affirmait que nous étions une grande nation qui le valait bien et qu’en même temps nous n’avions pas de culture ; il disait encore que nous étions une nation riche et qu’en même temps il fallait rectifier nos APL ; il disait aussi que la démocratie était de retour et qu’en même temps il était le maître du temps.

Incorrect 4 Macron GuillebonIl faut quelque temps pour se dégager des rets des manipulateurs, et c’est d’ailleurs à ceci qu’on les reconnaît. La France qui n’en pouvait plus, blessée profondément par la médiocrité du précédent président a cru, bonne fille, pouvoir refaire sa vie avec un jeune homme bien sous tous rapports. Nul doute qu’elle va bientôt s’ennuyer dans les bras de ce faiseur qui n’est pas à la hauteur de son histoire.

Et surtout, alors que nous sommes plongés dans les mois noirs de l’hiver, comme les désignaient avec simplicité les anciens peuples, il est temps de ne pas oublier que la lumière a lui dans les ténèbres ; qu’un enfant dans le froid et l’ignorance nous est né ; ou, pour ceux qui préfèrent, que le sol demeure toujours invictus.

Il est temps de regarder autour de nous car, contrairement à notre chère France entêtée dans la perpétuation de son confort minimal, le monde a changé, les nations et les empires sont de retour. En Europe même, le consensus de la léthargie est sur le point de s’effondrer. Alors que le Rosbif se rebiffe, l’Italien réinvente des formes politiques ; à l’est, l’Autriche, la Hongrie, la Tchéquie emboitent le pas de la Pologne pour refuser le monde entièrement libéralisable que nous leur avons imposé. L’Allemagne elle-même, si lénifiante dans ses compromis idéologiques, semble se réveiller et renoncer à la mort lente qu’on lui promettait.

Les signes sont là, et bientôt la France se réveillera. Macron qui se rêvait destin finira Giscard, dans sa culture du management émolliente. Sa gestion du parc humain à la petite semaine, où l’émoi de Twitter dicte les choix politiques, est condamnée à l’essoufflement rapide. Macron, cette intelligence artificielle, est capable de gagner un tournoi de go, mais personne ne meurt pour un robot.

Il est notoire que ce qui demeure de la classe politique, particulièrement ce qui se réclame de droite, est larguée, mourant sur la Bérézina quand l’ennemi est déjà à Paris. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’on s’en passera.

La bonne nouvelle, c’est que vient déjà une génération neuve qui a appris de la défaite et de la pusillanimité de ses aînés, qui ont politiquement le pied dans la tombe.

Macron n’est qu’un moment d’hystérie, et il passe déjà comme un fantôme. Aussi, une fois encore, ne lâchons rien : après le noir venait toujours la lumière. Et reprenons le mot du poète : « Puissent les saints français qui sont ceux de la confiance / Dire qu’il ne nous arriva jamais de pécher contre l’espérance ».

Jacques de Guillebon

Editorial du n° 4 du L’Incorrect daté de décembre 2017

Jacques de Guillebon Incorrect Dissidence

Jacques de Guillebon : « Il faut déclencher une guerre nucléaire culturelle »

Jacques de Guillebon est le rédacteur en chef de L’Incorrect, mensuel de droite qui veut dynamiter le paysage médiatique français. Le 18 novembre prochain, il participera au 3e Forum de la Dissidence. Avant cet événement dédié à la refondation de la droite, il répond à trois questions pour la Fondation Polémia.

Polémia : Qu’est-ce que la droite pour vous ?

Jacques de Guillebon : Je vais me citer moi-même, ce qui est parfaitement mal élevé. Dans le premier numéro de L’Incorrect, j’ai essayé de dire en une formule ce que serait la gauche : « Tout ce qui prétend nous changer de monde sans notre accord ». De quoi l’on peut déduire que la droite serait l’inverse : ce qui respecte et le monde dans lequel nous vivons – en tant que donné, en tant qu’il nous précède – et notre liberté, qui évidemment procède du premier.

La droite est donc ce qui raisonne et agit à partir du réel, non pour s’y borner mais pour s’en élever. La droite sait ce qu’est l’homme, bon et mauvais du même mouvement, et cherche à le mener vers sa destinée supérieure sans se bercer d’idéologies.

La France et l’Europe semblent engluées dans une crise identitaire sans fin. Comment en sortir ?

Sans fin : manière de parler. Elle n’est point si longue à l’échelle de notre histoire, cinquante ans à peine. Nous en avons vu d’autres, depuis les Grandes invasions jusqu’aux Guerres de religion, en passant par la guerre de Cent ans. Nous nous en relèverons.

Ce qui est néanmoins angoissant, c’est la conjugaison des maux, celui de l’immigration qui nous grandremplace doublé de celui de la globalisation des moeurs qui nous empêche de mener la moindre politique d’assimilation parce que des Français eux-mêmes nous n’arrivons plus à faire des Français.

On en sortira de manière violente : je ne parle pas de guerre, mais d’imposition violente de notre mode de civilisation à tous les habitants d’ici. Violence symbolique, bien entendu, mais il faut être bien conscient qu’on ne peut négocier sur les moeurs. Et avoir des moeurs communes réclame d’enseigner une histoire commune, une langue commune, une métaphysique commune. Il faut déclencher une guerre nucléaire culturelle.

En quelques mots, quelle sera le teneur de votre intervention à ce 3e Forum de la Dissidence ?

J’évoquerai notre petite et humble expérience de guerre culturelle avec L’Incorrect. Comment nous reprenons ce qui est à nous et tentons de le diffuser.