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Hervé de Lépinau

Pour une véritable reconstruction du Front national, par Hervé de Lépinau

07/07/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Hervé de Lépinau, ancien suppléant de Marion Maréchal-Le Pen à l’Assemblée nationale, est conseiller départemental de Vaucluse et conseiller municipal de Carpentras. Aux dernières élections législatives, il a échoué à conserver la circonscription de Marion Maréchal au FN. Sur sa page Facebook, il a apporté ce matin sa contribution au débat en cours sur la refondation du Front national. Nous la publions ci-dessous dans son intégralité.

Hervé de Lépinau

Hervé de Lépinau

« L’onde de choc Macron n’en finit pas de déstabiliser quarante ans de vie politique française : le Parti socialiste et Les Républicains ne sont plus qu’un vaste champ de ruines. Le Front national donne quant à lui l’illusion d’avoir résisté au séisme : sa présidente a été qualifiée pour le second tour de l’élection présidentielle et l’entrée de huit députés Front ou apparentés à l’Assemblée nationale se traduit en chiffres par une progression du nombre de parlementaires de 300% ! Mais ces constats spectaculaires ne peuvent contredire le fait que les fondations de l’édifice frontiste sont passablement fissurées. Et en politique comme en sismologie, gare aux répliques !

J’en veux pour preuve la déperdition de voix FN entre le 1er tour de l’élection présidentielle et le 1er tour des élections législatives, qui atteint, au niveau national, près de 60 % ! Du jamais vu.

Candidat à la succession de Marion Maréchal Le Pen sur la 3ème circonscription de Vaucluse, j’ai subi ce coup de rabot : 46 % des électeurs qui avaient voté Marine au 1er tour se sont abstenus le 11 juin dernier… Et cette circonscription fait partie de celles qui ont le mieux résisté (49,33 % au 2nd tour) pour être classée parmi les dix premières.

Le constat est implacable : le Front national obtient péniblement six députés et deux apparentés là où ses espérances étaient dix fois supérieures, sans qu’il soit nécessaire d’accabler cette fois le mode de scrutin. Le fameux socle frontiste a perdu plus de la moitié de ses électeurs, c’est un fait.

Le candidat que j’ai été doit faire montre d’humilité et rechercher les causes intrinsèques de son échec électoral. Il est certain que la hargne coutumière du système médiatique n’a pas facilité les choses, mais là encore l’accuser d’être seul à l’origine de la défaite serait une preuve de mauvaise foi. J’ai ma part de responsabilité et je l’assume. Mais celle-ci est marginale au regard du phénomène général qui a balayé 98,6 % des candidats soutenus par le Front.

Les instances du parti ont annoncé l’ouverture d’un grand chantier afin de tirer les enseignements de ces scrutins décevants dans le but de réformer le mouvement. La base appelle de ses vœux une mise à plat et certainement pas un entre soi au nettoyage cosmétique. La forme du séminaire est-elle la plus adaptée alors qu’un cadre réglementaire nécessaire à ce devoir d’inventaire existe déjà ?

En droit, et conformément à l’article 10 alinéa 5 des statuts du Front national, à jour au 11 avril 2011, c’est au Comité Central de se réunir, sur convocation de la présidente, pour se prononcer sur les grandes orientations du mouvement et émettre des avis sur les sujets soumis à sa réflexion. Et au Comité Central d’être convoqué au moins une fois par an. Or, cet organe démocratique interne ne s’est pas réuni depuis des années, alors qu’il doit constituer l’ossature de toute réforme.

Et si le Comité Central n’est pas considéré comme suffisamment représentatif, il existe aussi le Conseil National institué par l’article 22, lequel est composé des membres du Comité Central, des secrétaires départementaux et régionaux, des élus aux parlements français et européen, des Conseillers Régionaux et Départementaux, des maires des villes de plus de 10 000 habitants, des membres du conseil scientifique, son bureau ou son président. Le Conseil National se réunit sur convocation du Bureau Politique ou de sa présidente au moins une fois par an. Il donne son avis sur l’orientation général du mouvement. Cette instance n’a pas davantage siégé que la première…

Hervé de Lépinau Marion Maréchal

Hervé de Lépinau et Marion Maréchal-Le Pen

Il serait dans ces conditions légitime que Marine Le Pen convoque dans les meilleurs délais soit le Comité Central, soit le Conseil National, seules instances statutaires habilitées pour tirer les conséquences des échecs électoraux successifs et définir ce que sera la ligne politique pour l’avenir dans le cadre d’un véritable débat.

Quand certains font du chantage à la scission en cas de remise en cause de cette ligne monétariste et économiste dominante dans le programme présidentiel, d’autres pourront rappeler l’importance du combat civilisationnel et culturel. Quand le discours sur l’immigration est considéré comme anxiogène, il sera rappelé que nos électeurs nous attendaient sur ce sujet, alors que la sortie de l’euro a eu l’effet d’un véritable répulsif électoral.

Et ce courant, souverainiste attaché au principe de subsidiarité, conservateur et identitaire, entrepreneuriale sur le plan économique, trop longtemps laissé sous le boisseau, trouvera un espace d’expression salutaire pour porter cette contradiction indispensable à tout débat démocratique.

Le boulevard électoral était sur notre droite et les coups de volant n’ont eu de cesse de nous conduire vers la gauche pour finir dans une impasse. Le Front national doit-il rester dans le ni droite-ni gauche ou s’assumer comme un parti de droite populaire et attaché à l’esprit d’entreprise ? Ou rejoindre la gauche souverainiste mais intrinsèquement socialiste ? Autant de questions qui ne peuvent rester plus longtemps sans réponses, au risque de ne plus retrouver ces électeurs qui nous reprochent d’avoir trahi leur confiance.

Ce souci de clarification aura aussi le mérite de permettre à chacun de se repositionner sur l’échiquier politique en recalant sa boussole idéologique pour prendre ensuite les décisions qui s’imposent.

Nous vivons une crise de civilisation (j’en veux pour preuve l’offensive pro PMA-GPA pour les couples homosexuels) et l’abstention massive signifie qu’une majorité de Françaises et de Français ne nous considèrent pas capables de relever ce défi en l’état.

Il est donc urgent de réformer notre pensée pour proposer une ligne politique claire, sans quoi la quête du pouvoir pour le bien commun restera une chimère. Encore faut-il s’en donner les moyens : c’est tout l’enjeu d’une refondation.

Hervé de Lépinau

Texte repris de la page Facebook de Hervé de Lépinau

Jérôme Rivière

Pour Jérôme Rivière, le Front national doit parler immigration et islamisation

20/06/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Jérôme Rivière a été un des porte-parole de la campagne législative du Front national. Lui-même candidat FN dans le Var, il a été battu sur cette terre droitière où le discours actuel du parti de Marine Le Pen n’a pas convaincu. Pour cet ancien député UMP des Alpes-Maritimes (2002-2007), qui fut aussi le directeur de campagne de Philippe de Villiers aux élections européennes de 2009, après la dédiabolisation, il faut « maintenant vraiment réussir le décloisonnement », ce qui passe « par des alliances conclues avec les droites qui partagent comme nous cette crainte de vagues d’immigration contre lesquelles nous voulons nous battre et cette volonté de ne pas voir la France s’islamiser ».

Au micro de Charlotte d’Ornellas de Boulevard Voltaire, Jérôme Rivière déplore qu’il n’y ait pas eu, durant ces législatives, de campagne nationale du Front national pour expliquer que

les véritables enjeux sont ceux « des vagues migratoires immenses qui se dirigent tous les jours vers la France et cette islamisation toujours plus forte ».

« C’est en mettant ces sujets-là sur la table que nous arriverons à constituer une majorité pour demain. »

Gilbert Collard

Gilbert Collard est déterminé à poser à Marine Le Pen les questions qui fâchent

19/06/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Gilbert Collard, réélu de justesse député du Gard avec 50,16 % contre 49,84 % pour l’ex-torera Marie Sara, candidate de La République en marche, entend bien parler désormais à Marine Le Pen des questions qui fâchent. « Nous ne devons pas crier victoire parce que le Front national a pris un sacré coup sur la tête. Nous devons réfléchir sérieusement au fonctionnement du mouvement et à la façon dont le Front national doit se réorganiser », a-t-il déclaré juste après sa victoire.

« Pendant cette campagne, a-t-il expliqué, j’ai constaté la peine et la déception », après le débat du second tour de la présidentielle, des électeurs gardois du FN qui avaient placé Marine Le Pen en tête au premier tour :

« Sur le terrain, nous avons vécu des difficultés inouïes, dues au débat, dues au départ de Marion, dues au comportement de certains membres qui avaient créé des dissensions. Moi, je ne vais pas le laisser passer. »

Pour Gilbert Collard, c’est aussi « une question de survie » pour le FN que de nouer maintenant des alliances avec « les Républicains qui ne font pas le trottoir ».

Et de conclure par cette phrase lourde de sous-entendus :

« J’espère que je serai entendu, sinon ben je suis un homme libre, hein »…

Eric-Zemmour

Eric Zemmour : « Les électeurs ont ramené brutalement Mélenchon et Le Pen sur terre »

16/06/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Eric Zemmour est revenu, hier matin sur RTL, sur le premier tour des élections législatives, et les scores des candidats du Front national de Marine Le Pne et de la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon. « Ils étaient les patrons, les chefs de l’opposition. Le premier parti de France, disait l’une ; la force centrale, disait l’autre. La seule alternative à Macron, prétendaient-ils tous deux. Jean-Luc Mélenchon était sûr de remplacer le Parti socialiste et de devenir le seul maître à gauche. Marine Le Pen méprisait tellement Les Républicains qu’elle ne cherchait même pas à se substituer à cette droite à moitié macronisée. »

Or « les électeurs les ont ramenés brutalement sur terre. Le Front national comme la France insoumise ont perdu huit points par rapport aux scores présidentiels de leurs leaders. […] Le Front national fait moins bien qu’en 1997, avant la dédiabolisation de l’ère Marine. »

« Les deux battus accusent de concert l’abstention. Mais l’abstention équivalente des européennes de 2014 n’avait pas empêché le Front national d’atteindre les 28 % de voix. »

Alors pourquoi un tel échec ?

« Ce qui est bien avec Marine Le Pen, c’est qu’elle n’apprend pas de ses erreurs. A la présidentielle, elle avait vitupéré le banquier Macron, et, pour les législatives, elle a dénoncé la casse sociale. Cette campagne de gauche, mélenchonienne, prouve qu’elle ne connaît pas ou ne veut pas connaître les motivations profondes de son électorat. […] Trois millions d’électeurs seulement se sont déplacés sur les sept du premier tour à la présidentielle et les dix du second. Ses élus se compteront donc sur les doigts d’une main, une punition. »

« Mélenchon, poursuit Eric Zemmour, n’est pas aussi mauvais stratège, lui n’a pas fait campagne contre le Grand Remplacement. Mais lui aussi a mal appréhendé les contours de son électorat », ce que développe l’éditorialiste avant d’en déduire très justement que

« contrairement aux fantasmes marinien et philippotien, personne n’est en mesure de rassembler les deux électorats dits populaires et populistes, car un mur culturel et identitaire les sépare irrémédiablement ».

Conclusion :

« Avec des adversaires comme cela, Emmanuel Macron peut dormir sur ses deux oreilles. »

Robert Ménard

Tout n’est pas perdu pour la droite selon Robert Ménard

15/06/2017 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) : « Si on aime la France, si on se soucie de son avenir, on va voter dimanche ! » Cet appel de Robert Ménard à aller voter advient alors que plus de la moitié des électeurs se sont abstenus lors du premier tour des élections législatives. Le maire de Béziers considère qu’il n’est jamais trop tard pour réunifier la droite afin de s’opposer au nouveau président.

Que propose concrètement le maire de Béziers ? Selon Robert Menard, le FN et les Républicains (du moins ceux de droite) n’ont plus d’autre choix que de s’unir dans un nouveau parti conservateur : « Ne pas construire des alliances, c’est se suicider. » Le FN et les Républicains, estime-t-il, doivent absolument prendre conscience que leurs électorats sont en phase sur 90 % de leurs idées respectives. L’abandon de l’électorat de droite lors de ces législatives pourrait venir d’un sentiment commun d’écoeurement chez les électeurs du FN et des Républicains. Rappelons que ce discours sur l’union des droites est largement partagé par Jacques Bompard.

Quels sont les changements à opérer au Front national ? Selon le maire de Béziers, le Front national doit abandonner l’idée de sortir de l’euro. Et de ce côté‑là les choses pourraient changer. En effet, Marine Le Pen a déclaré hier que la question serait discutée au sein du parti après les législatives. De plus, Robert Menard estime que le FN a un discours d’ultragauche en terme d’économie.

Pascal Perrineau

La gauche qui vote FN : un phénomène réel mais minoritaire

Pascal Perrineau Livre FN14/06/2017 – FRANCE (NOVOpress avec le Bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) : Le politologue Pascal Perrineau (photo) vient de publier un livre intitulé Cette France de gauche qui vote FN (Seuil). Il revient avec force chiffres sur ce phénomène qui est que des électeurs de gauche, qui se revendiquent parfois expressément comme de gauche, votent FN. En termes de flux, Perrineau estime qu’un tiers du surcroît d’électeurs que Marine Le Pen a gagnés entre 2012 et 2017 vient de la gauche. En termes de stock, ce sont cependant seulement 6 % seulement des électeurs de Marine Le Pen en avril dernier qui se disaient « plutôt de gauche ».

Pascal Perrineau le rappelle explicitement : sa thèse n’est pas que le FN est devenu un parti de gauche. En revanche, il estime que la dynamique du Front National depuis 2012 est à mettre au crédit d’une inflexion politique plus ouverte à gauche, à savoir la ligne Marine Le Pen‑Philippot. Le premier tour des législatives a confirmé que, dans les Hauts‑de‑France, le FN a pour partie remplacé le PCF et le PS dans l’électorat populaire.

Perrineau décrit là un phénomène réel mais son analyse est celle d’un politologue et non d’un stratège politique.

D’une part – et il en convient –, ces électeurs de gauche ne sont pas seulement venus au FN pour son discours social, mais aussi pour son discours sur l’immigration.

D’autre part, ce que Marine Le Pen a gagné d’un côté – cet électorat issu de la gauche –, elle l’a reperdu de l’autre côté : c’est cet électorat bourgeois et même celui des classes moyennes – ou tout simplement l’électorat âgé – qui se détourne du FN.

Ce positionnement ni droite ni gauche condamne le FN à l’isolement politique et donc à l’éternel échec. Le second tour de la présidentielle l’a montré avec fracas : l’électorat de gauche a très peu voté Marine Le Pen.

L’électorat de centre‑droit offrait davantage de réserves de voix. Mais cet électorat de centre‑droit a été dissuadé par le discours gauchisant de Marine Le Pen. Or, sans lui, aucune majorité électorale n’est possible.

Pascal Perrineau préfère quant à lui pointer le manque « de gouvernementalité » de Marine Le Pen.

Marine Le Pen

La stratégie de Marine Le Pen sous le scalpel de Patrick Buisson

Patrick Buisson La Cause du peupleBis repetita placent ! Dans La Cause du peuple – L’histoire interdite de la présidence Sarkozy (éd. Perrin), paru en 2016, Patrick Buisson se livre à une analyse sévère de la stratégie suivie par Marine Le Pen lors de l’élection présidentielle de 2012. Un point de vue utile pour apprécier les résultats de 2017.

Voici ce qu’on peut lire au chapitre XIV intitulé « L’étrange défaite », sous l’intertitre « Les bénéfices de la “droitisation” » :

Les événements, qui avaient suivi jusqu’ici le cheminement tumultueux d’un destin adverse, semblaient brusquement changer de cours. Longtemps portée par une impressionnante dynamique, la campagne de Marine Le Pen marquait le pas. En réalité, la présidente du FN inaugurait l’une de ces campagnes à contresens dont elle se ferait une spécialité par la suite, passant maître dans l’art de transformer l’or des sondages en un vil plomb électoral – soit l’opération inverse de celle que le fondateur de la dynastie était parvenu à réaliser jusqu’en 2007 sans autre moyen que la magie, d’aucuns diront la démagogie du verbe. Sous la houlette de l’ex-chevènementiste Florian Philippot, elle s’aventurait sur le terrain de l’économie où sa crédibilité était faible, voire inexistante, et délaissait ainsi les ressorts traditionnels du vote frontiste au moment où ceux-ci n’avaient sans doute jamais été aussi puissants. Ce qui suscitait au sein de son électorat un sentiment d’improvisation et de confusion.

« Heureusement qu’elle est mauvaise comme un cochon, qu’elle n’a ni le sens politique ni la culture de son père, sinon je serais très mal. Là, elle nous ouvre un espace… » observait un Sarkozy mi-amusé mi-incrédule.

Il n’avait pas tort. L’écart dans les intentions de vote, qui n’était en moyenne que de trois points en faveur du président sortant à la fin janvier, oscillait entre dix et douze points à la mi-mars. »

Cinq ans plus tard, on a vu ce qu’il en a coûté à Marine Le Pen de « s’aventurer sur le terrain de l’économie » et de « délaisser les ressorts traditionnels du vote frontiste »…

Polémia

Texte repris du site de la Fondation Polémia