Italie : Les débarquements de clandestins reprennent depuis la Libye

Italie : Les débarquements de clandestins reprennent depuis la Libye

13/11/2011 – 08h30
AGRIGENTE (NOVOpress) –
C’était promis, juré : sitôt la guerre en Libye terminée, la crise de l’immigration prendrait fin. De fait, à en croire les médias, « après la chute du raïs de Tripoli et l’effondrement de son régime, les débarquements s’étaient arrêtés ». Les dernières arrivées à Lampedusa depuis la Libye (312 clandestins) remontaient au 16 août dernier. Même si le relais avait été pris presque aussitôt par la Tunisie (650 Tunisiens avaient par exemple débarqué en 48 heures les 10 et 11 septembre), la presse ne parlait plus de débarquements depuis plusieurs semaines. Les gogos commençaient presque à y croire.

La prétendue « trêve » est officiellement terminée. Un canot pneumatique chargé de 44 clandestins – les médias s’obstinent à les appeler encore « réfugiés » – a été secouru par la Marine militaire dans la nuit de vendredi, alors qu’il était à la dérive dans le canal de Sicile. Les immigrés, tous Somaliens, ont été transférés sur le patrouilleur Foscari. Ils ont raconté qu’ils étaient partis quatre jours plus tôt des côtes libyennes. Ils avaient lancé mercredi un SOS par téléphone satellitaire – car tous ces « réfugiés » sont munis de téléphones satellitaires – en se disant en difficulté.

Parmi eux, une femme partie au dernier stade de la grossesse et qui avait trouvé moyen d’accoucher sur le canot pneumatique. Elle a été immédiatement transportée en hélicoptère à l’hôpital d’Agrigente, où l’on a mobilisé pour elle tout le département de gynécologie et d’obstétrique. L’épisode a permis à la télévision régionale de tourner un reportage propre à faire pleurer dans les chaumières. Rassurons-nous, « la maman somalienne » et le bébé se portent bien. « C’est une course de solidarité pour apporter des vêtements et des couches à la petite fille nouveau-née, comme c’est déjà arrivé en d’autres occasions analogues à Lampedusa ».

Les clandestins ont été recueillis alors qu’ils se trouvaient à 55 milles au sud de Lampedusa, en zone de compétence maltaise, ce qui a créé un incident entre Malte et l’Ialie. Le port le plus proche était celui de Lampedusa. Mais Lampedusa, on s’en souvient, a été déclaré « port non sûr » depuis que les Tunisiens l’ont mise à feu et à sang fin septembre. Le Foscari a donc voulu se diriger sur La Valette mais les autorités maltaises ont refusé d’accueillir les clandestins. Comme toujours, c’est l’Italie qui a fini par céder. Le patrouilleur a fait route vers le port d’Augusta en Sicile, où il a débarqué les Somaliens hier matin. Ils seront transférés dans « le village de la solidarité » de Mineo (théâtre de violentes émeutes immigrées cet été, avec occupation de la route nationale, incendies et dégradations diverses).

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a exprimé sa gratitude à la Marine militaire italienne pour avoir secouru le bateau quoiqu’il se trouvât dans les eaux maltaises. Le Haut Commissariat a cependant déploré le retard des secours, « après deux jours de demandes d’aide lancées depuis la Méditerranée par téléphone satellitaire », ce qui a comporté de grands risques pour les clandestins.

La Tunisie continue de son côté à envoyer son contingent. Toujours dans la nuit de vendredi, les gardes-côtes ont secouru un bateau chargé de 14 jeunes Tunisiens au large du cap Teulada, au sud de la Sardaigne. Ces Nord-Africains, « transis de froid mais en bonne santé, malgré les longues heures passées en mer » (comme s’apitoie le journal local) ont été emmenés dans le centre de premier accueil de l’île. Ajoutons, pour faire bonne mesure, que, au même moment, un bateau chargé de 37 immigrés afghans, kurdes, pakistanais et turcs, accompagnés par deux passeurs, était bloqué par une vedette de la Guardia di Finanza sur les côtes du Salento.

Libye : vengeance aveugle et sanglante contre des civils

Libye : vengeance aveugle et sanglante contre des civils

31/10/11 – 17h00
TRIPOLI (NOVOpress)
— La soi-disant « libération » de la Libye, grandement aidée par les Occidentaux, montre aujourd’hui son véritable visage, celui d’un règlement de comptes entre clans et tribus se vouant mutuellement une haine féroce.

En effet, selon l’organisation de défense des droits de l’Homme, Human Rights Watch, les miliciens pro CNT mènent une véritable « épuration » contre les habitants de Touarga, ancien fief de Muammar Kadhafi.

D’après les constats de l’ONG, ces miliciens, ivres du désir de vengeance, tirent à vue sur des civils non armés, multiplient les arrestations arbitraires et pratiquent la torture sur les prisonniers.

Les faits sont si graves et si nombreux que l’ONG exhorte le nouveau gouvernement à intervenir pour rétablir le droit et placer ces milices criminelles sous le contrôle d’une autorité officielle.

Crédits photo en Une : crédits Magharebia via Flickr (cc)

Bernard Lugan : la Libye sous le pouvoir des milices islamistes. Point de situation.

Bernard Lugan : la Libye sous le pouvoir des milices islamistes. Point de situation.

[box class=info]Point de situation de la Libye au 29 octobre 2011, par Bernard Lugan. Tribune librement reprise du site bernardlugan.blogspot.com.[/box]
[box class=warning]Voir aussi : Carnet de bord d’Aymeric Chauprade (www)[/box]
Les nouvelles images du lynchage du colonel Kadhafi qui commencent à être diffusées sur le net annoncent un « hiver libyen » plein de douceurs et de mièvreries… Mais au-delà de la mort atroce de l’ancien chef de l’État libyen, quelle est la situation sur le terrain au moment où ces lignes sont écrites ?

Plus que jamais, le CNT ne représente que lui-même et c’est d’ailleurs pourquoi il demanda avec une grande insistance, mais en vain, que l’Otan maintienne sa présence. Ce pseudo gouvernement sait en effet qu’il porte un péché originel : celui d’avoir été mis en place par l’Otan, donc par les « impérialistes » et les « mécréants ». Ses lendemains vont donc être difficiles. D’autant que ses principaux dirigeants, tous d’anciens très hauts responsables de l’ancien régime et donc des « résistants de la dernière heure », commencent à être mis en accusation par certains de ces chefs de guerre qui détiennent désormais les vrais pouvoirs.

Le président du CNT, Mustapha Abd el Jalil, a déclaré que la charia serait désormais la base de la Constitution ainsi que du droit, que la polygamie, interdite sous Kadhafi, serait rétablie et que le divorce, autorisé sous l’ancien régime, était désormais illégal. Enfermé dans leur européocentrisme, les Occidentaux ont considéré que ces déclarations étaient « maladroites ». Leur erreur d’analyse était une fois de plus totale car ces propos à but interne étaient destinés à amadouer les milices islamistes auxquelles le pouvoir du CNT est suspendu. Pour mémoire, Mustapha Abd el Jalil, l’ami de BHL, était le président de la Cour d’appel de Tripoli qui, par deux fois, confirma la condamnation à mort des infirmières bulgares et en 2007, le colonel Kadhafi le nomma ministre de la Justice. En dépit de son passé kadhafiste, Abd el Jalid est pourtant respecté par certains islamistes car il est proche des Frères musulmans, mais son pouvoir ne dépasse pas son tapis de prière.

La Libye est en effet éclatée entre plusieurs zones contrôlées par des chefs de guerre jaloux de leur autonomie et prêts à s’entre-déchirer, comme en Somalie. Ces territoires ont tous une ouverture sur la mer et une profondeur vers l’intérieur pétrolier ou gazier, ce qui fait que, comme je le disais il y a déjà plusieurs semaines déjà, le pays est aujourd’hui découpé en « touches de piano ».

Benghazi est sous le contrôle de plusieurs milices islamistes, elles-mêmes éclatées en un grand nombre de petits groupes plus ou moins autonomes, mais c’est à Tripoli que se joue l’unité de la Libye.

Dans la capitale, le chef du CNT, Mustapha Abd el Jalid s’appuie sur le TMC (Tripoli Military Council) qui engerbe plusieurs milices islamistes pouvant mobiliser entre 8000 et 10 000 combattants. Le chef du TMC, originaire de Tripoli, est Abd el-Hakim Belhaj dit Abu Abdullah Assadaq. Ayant combattu en Afghanistan, ce partisan du califat supra frontalier fonda le Libyan Islamic Fighting Group dans les années 1990. Ayant fui la répression anti islamique du régime Kadhafi, il retourna en Afghanistan où il fut arrêté en 2004 puis remis à la police libyenne avant d’être libéré au mois de mars 2010, à la veille de l’insurrection de Benghazi.

Durant la guerre civile, le TMC fut armé et encadré par les services spéciaux du Qatar et il reçut une aide « substantielle » de la part de certaines unités « spécialisées » de l’Otan. Ce fut lui qui prit d’assaut le réduit de Bab al-Aziya à Tripoli. Plusieurs autres milices islamistes se partagent la ville et n’acceptent pas le leadership reconnu au TMC par Mustapha Abd el Jalil. Pour encore compliquer l’embrouille locale, le 2 octobre, fut fondé le Tripoli Revolutionists Council ou TRC, par Addallah Ahmed Naker al-Zentani, originaire de Zentan mais indépendant des milices berbères de cette dernière ville.

A Misrata, les milices se considèrent comme l’élite des révolutionnaires et leur prestige est immense depuis qu’elles ont capturé le colonel Kadhafi. Ce furent certains de leurs hommes, gentils démocrates si chers aux médias français, qui lynchèrent et sodomisèrent vivant l’ancien guide et qui, comme « trophée », emportèrent son corps dans leur ville.

Misrata est sous le contrôle du Misurata Military Council (MSR), qui engerbe plusieurs milices dont la principale est la Misurata Brigade. La situation est cependant confuse car les combattants sont divisés en plusieurs dizaines de groupes commandés par des chefs indépendants rassemblant au total plusieurs milliers d’hommes. A la différence du TMC, le MSR n’a pas besoin d’aide étrangère car il dispose d’énormes quantités d’armes pillées dans les arsenaux de l’ancienne armée.

Les miliciens de Misrata ont une forte tendance à l’autonomie et ils ne semblent pas vouloir accepter de se soumettre au CNT. De plus, ils se méfient des originaires de Benghazi. Pour pouvoir espérer prendre le contrôle de la ville, le CNT devra donc, comme à Tripoli, s’appuyer sur certaines milices contre les autres, ce qui promet bien des « incidents ». Des tentatives de rapprochement ont été faites en direction de Salim Joha, chef de l’Union on Libya’s Revolutionary Brigades, mais rien de concret ne s’est produit pour le moment. Le CNT pourrait également tenter d’amadouer Misrata en nommant Abdul Rahman Swehli Premier ministre, ce qui lui permettrait du même coup d’échapper à la main-mise des clans de Benghazi.

Autre zone ayant échappé au contrôle du CNT, le pays berbère de Zentan avec sa puissante milice ancrée sur djebel Nefuza. Ce furent les Berbères qui permirent l’assaut sur Tripoli en prenant à revers les forces de Kadhafi, opération préparée par les forces spéciales de l’Otan.

Zentan est contrôlée par le Zentan Military Council (ZMC), dont les milices arborent le drapeau amazigh. Militairement, les milices berbères sont les mieux formées de toute la Libye, leurs cadres étant d’anciens officiers libyens. Les deux principales unités berbères sont la Zentan Brigade commandée par Muktar al-Akdhar et la Kekaa Brigade, chacune forte d’environ 1000 combattants. Ces milices ont refusé de quitter Tripoli en dépit des ordres du CNT, ce qui provoqua de graves tensions. Le 3 octobre, après un ultimatum du CNT, la Brigade Kekaa se livra même à une véritable tentative d’intimidation, paradant dans Tripoli et attirant la réplique des islamistes. La guerre civile fut alors évitée de justesse, mais ce n’est que partie remise…

Ceux qui, poussés par BHL, décidèrent d’intervenir en Libye et de s’immiscer dans une guerre civile qui ne concernait en rien la France, vont désormais porter la très lourde responsabilité des évènements dramatiques qui s’annoncent et qui vont se dérouler à quelques heures de navigation de nos côtes.

Bernard Lugan – 29/10/2011

Photo en Une : capture d’écran BFM TV.

Un charnier de « pro-Kadhafi » découvert près de Syrte

Un charnier de « pro-Kadhafi » découvert près de Syrte

27/10/11 – 15h30
TRIPOLI (NOVOpress)
– La nouvelle Libye « libérée » et « démocratique », sous l’égide de la Charia, voit déjà son avènement entaché par l’ombre de sanglants crimes de guerre.

En effet, la télévision américaine Fox-News, relayant des informations de la Croix Rouge, a révélé que les corps de 267 partisans de Mouammar Kadhafi ont été découverts dans les environs de la ville de Syrte.

Les victimes ainsi découvertes auraient été exécutées d’une balle dans la tête.

Confronté à cette révélation macabre, le Conseil national de transition libyen (CNT) a annoncé l’ouverture d’une enquête sur cette exécution massive.

Mouammar Kadhafi a été massacré le 20 octobre dernier près de cette même ville de Syrte, et selon certaines sources, le colonel et son fils auraient été soumis à la torture avant d’être exécutés.

Crédit photo : B.R.Q. via Flickr (cc)

La victoire des polygames « modérés » ! Par Bernard Lugan

La victoire des polygames « modérés » ! Par Bernard Lugan

En Libye, les masques sont vite tombés : dimanche 22 octobre, à Tripoli, devant une foule enthousiaste, le président du CNT, Mustapha Abdel Jalil, a ainsi déclaré que la charia serait désormais la base de la Constitution ainsi que du droit, que la polygamie, interdite sous Kadhafi, serait rétablie et que le divorce, autorisé sous l’ancien régime, était désormais illégal.

Pour mémoire, Mustapha Abdel Jalil que le président Sarkozy a chaleureusement accueilli sur les marches de l’Elysée encore chaudes des pas du défunt colonel Khadafi, a un incontestable passé de « démocrate ». Dans les années 2000, ce sénoussiste proche des Frères musulmans présida la cour d’appel de Tripoli qui, par deux fois, confirma la condamnation à mort des infirmières bulgares. En 2007, pour le remercier de son zèle, le colonel Kadhafi le nomma ministre de la Justice, poste dont il démissionna en 2010 pour protester contre la politique anti islamiste du régime. Comme BHL ne cesse de l’affirmer, nous sommes donc bien en présence d’un islamiste « modéré »

Depuis le premier jour, j’ai soutenu que l’intervention de l’OTAN en Libye était une erreur politique reposant sur une hypocrisie et qu’elle aurait des résultats contraires aux buts recherchés. Les faits ne m’ont hélas pas démenti.

Une politique se jugeant à ses résultats, faisons un bref rappel de cet engrenage libyen qui prépara le triomphe des islamistes aujourd’hui et qui annonce l’anarchie de demain :

1) Ce fut officiellement pour protéger les civils de Benghazi que la France arracha à l’ONU le droit d’imposer une zone d’exclusion aérienne.

2) Devant l’incapacité des rebelles à entamer les défenses du régime, la France fut peu à peu contrainte de s’immiscer dans une guerre civile qui lui était totalement étrangère.

3) La situation militaire étant bloquée, la France s’est alors engagée sur le terrain, notamment, mais pas exclusivement, à Misrata et dans le djebel Nefusa.

4) Enfin, outrepassant une fois encore le mandat de l’ONU, l’OTAN porta l’estocade finale en offrant ou en livrant le colonel Kadhafi aux insurgés avec le résultat que nous connaissons.

En Tunisie, c’est à une autre « grande avancée » démocratique que nous assistons avec les forts résultats obtenus par les islamistes du mouvement Ennadha. Là encore, ce que j’écrivais au mois de décembre 2010, dès le début des évènements, s’est réalisé.

Ceux qui regardèrent la « révolution du jasmin » avec les yeux de Chimène sont donc aujourd’hui cocus. Mais ce sont des cocus contents puisque les médias leur disent qu’Ennadha a rompu avec le fondamentalisme et qu’il est désormais « modéré » prônant un islam « à la turque »…

Vu de France, une grande leçon doit être retenue : les immigrés tunisiens qui y vivent ont majoritairement voté pour les islamistes, ce qui devrait naturellement encourager ceux qui veulent accorder le droit de vote aux étrangers à persévérer dans leur entreprise suicidaire.

L’aveuglement et la bêtise n’ont d’ailleurs pas de limites car, depuis plusieurs décennies, au nom des « droits de l’Homme », religion-vérité postulée universelle, les « Occidentaux » n’ont cessé de faire fausse route dans le monde arabo-musulman où ils ont préparé la voie à l’anarchie et à l’islamisme.

Bernard Lugan

[box class=”info”] Source : Le blog officiel de Bernard Lugan. [/box]

L’Algérie refuse toute extradition de la famille Kadhafi

24/10/2011 – 20h00
ALGER (NOVOpress) –
Le journal Le Soir d’Algérie a annoncé que l’Algérie ne livrerait pas les membres de la famille Kadhafi aux nouvelles autorités libyennes. Selon un contact du journal, « l‘Algérie n’a nullement l’intention d’extrader les membres de la famille Kadhafi ni vers la Libye ni ailleurs ».

Arrivés fin août, l’épouse du colonel, Safia, sa fille Aïcha, ainsi que ses fils Hannibal et Mohamed, accompagnés de leurs enfants se sont réfugiés en Algérie, pays qui les a accueillis pour des raisons strictement humanitaires. Cette décision de ne pas extrader la famille de Mouammar Kadhafi fait suite à l’assassinat de l’ancien dirigeant libyen. « Le monde entier a vu avec quelle sauvagerie l’on a tué Kadhafi. Nous n’allons pas exposer à un péril des gens qui sont sous notre protection » a ainsi martelé le contact du quotidien insistant également sur le fait que l’Algérie est « un pays souverain, qui agit conformément à la légalité internationale. Seule l’Onu est fondée à traiter avec nous sur ce dossier ». Cette information a été transmise au Secrétaire général de l’Onu, au Conseil de sécurité, ainsi qu’au Conseil national de transition libyen.

Pendant ce temps, les hérauts de la démocratie (Sarkozy, BHL et tant d’autres) applaudissent certainement des deux mains à la décision du CNT d’adopter la charia comme source du droit en Lybie. Tout comme au respect de la règle de non-violence prônée au début du règne du CNT comme en témoigne l’assassinat du colonel Kadhafi et les exactions racistes commises à l’encontre des populations noires résidant en Libye.

La Libye « libérée » sera régentée par la Charia

La Libye « libérée » sera régentée par la Charia

24/10/11 – 13h00
PARIS (NOVOpress)
– D’une soumission à l’autre… Quelques jours après le massacre de Muammar Khadafi, le président du Conseil national de transition libyen (CNT), Mustapha Abdel Jalil a annoncé que a législation de la Libye « nouvelle » serait fondée sur loi islamique, la charia, et que toute loi contrevenant à celle-ci sera considérée comme nulle.

Les lois concernées par cette nullité sont par exemple la loi interdisant la polygamie ou celle autorisant le divorce.

Alors que les Occidentaux prétendent se réjouir de l’accession du peuple libyen à la « liberté », le premier acte du nouveau gouvernement consiste donc à supprimer les lois les plus « progressistes » adoptées par l’ancien régime.

Par ailleurs, ce retour aux règles de la Charia fait peser les plus grandes inquiétudes quand au futur de la condition de la femme en Libye.

Une situation qui, en tout cas, réjouira, le leader d’Al-Qaida Ayman al-Zawahiri qui avait appelé les Libyens à mettre en place un régime fondé sur la charia.

Crédit photo : FirastMT. Licence CC.

La mort de Kadhafi,retour à la Barbarie ? Par Yves-Marie Laulan

La mort de Kadhafi,retour à la Barbarie ? Par Yves-Marie Laulan

Il est indécent de se réjouir autour d’un cadavre, fut-il celui de votre pire ennemi. Mais cette exécution sommaire, aux allures d’assassinat, appelle bien des interrogations.

Certes, le personnage n’était guère sympathique. Rappelons la cruelle affaire des infirmières bulgares qui a longuement traîné de 1999 à 2007, les attentats de Lockerbie de décembre 1988 et du vol de l’UTA l’année suivante et de bien d’autres encore. Mais Kadhafi, terroriste repenti, avait quand même fait acte de repentance, versé des réparations et des compensations, de façon à redevenir respectable et même fréquentable aux yeux de la communauté internationale.
La Libye, Etat souverain, était représentée à l’ONU et Nicolas Sarkozy n’avait pas hésité à recevoir le colonel Kadhafi à l’Elysée en visite officielle en décembre 2007 (photo).

Et c’est le moment choisi par Nicolas Sarkozy , en prenant prétexte d’une révolte intertribale inspirée par le fameux printemps arabe, pour prendre la tête, pour des raisons toujours obscures, d’une croisade improvisée contre la Libye.

Sur le plan du droit international, notre position est difficilement défendable. La résolution 1973 arrachée à grand peine à l’ONU par Alain Juppé, souvent mieux inspiré, accordait strictement l’autorisation de procéder à des frappes aériennes, pour protéger les populations civiles, soi disant menacées de génocide par le forces libyennes. Elle ne permettait nullement d’envahir indirectement ce pays, de l’écraser sous les bombes, d’armer, de financer et de former les rebelles, afin de renverser le gouvernement du colonel Kadhafi, de le faire prisonnier et encore moins de provoquer sa mort et celle de sa famille.

A part l’exécution de Ceaucescu par les maquisards roumains en décembre 1989, de Mussolini et de sa maîtresse par les résistants communistes en 1945, l’histoire récente ne présente guère d’épisodes aussi sordides et sanglants. Même Saddam Husseim, capturé , a eu droit à un procès en bonne et due forme devant un tribunal normalement constitué avant d’être régulièrement jugé et condamné. Du point de vue du droit, cet épisode est clairement une mascarade juridique.

Yves-Marie Laulan
Yves-Marie Laulan

Sur le plan militaire, cette médiocre affaire n’a rien de bien glorieux non plus. Car il aura fallu 8 longs mois pour que les forces de l’Otan, coalisées contre la minuscule Libye , parviennent péniblement à en venir à bout. Et encore a-t-il fallu que l’armée française, exsangue et sous équipée, soit obligée, au bout de quinze jours, d’emprunter de l’essence et des munitions à l’Oncle Sam lequel, toujours obligeant, s‘est empressé au surplus de détruire les défenses anti ariennes des forces libyennes. Faute de quoi, ni les avions ni les hélicoptères de l’OTAN n’auraient pu se promener impunément dans le ciel libyen.

Notons enfin qu’à peine installées au pouvoir, les forces rebelles n’ont pas manqué de s’entre déchirer avec ardeur, ce qui promet assurément de fort mauvaises surprises dans la suite des évènements avec, en fond de toile, la perspective d’une main mise d’ Al Quaïda ou quelque autre ramification islamiste . Dans quelque temps, nous risquons fort de nous demander si nous n’avons pas sottement joué les apprentis sorciers.

Mais le pire est ailleurs. Cette exécution sommaire, commanditée, qu’on le veuille ou non, par l’occident, ne manque pas de provoquer un profond malaise, sur le plan moral cette fois. Car voilà les justiciers que nous prétendons être yeux du monde, armés du droit d’ingérence et du droit humanitaire, grands défenseurs des droits de l’homme et de la justice, abondamment pourvus de tribunaux internationaux chargés d’appliquer la justice, qui foulent impudemment aux pieds les principes moraux mêmes qu’ils prétendent imposer, par la force si besoin est, aux autres nations. La leçon ne sera pas sans doute perdue pour tout le monde.

L’honneur de la France, tant invoqué en la circonstance, n’est-il pas quelque peu écorné ? ? Faut-il réintroduire l’assassinat comme instrument de la politique étrangère et la barbarie serait-elle de retour dans les relations internationales ? Comment l’histoire va-t-elle juger ce triste épisode et ne risque-t-elle pas de se venger tôt ou tard, à notre détriment et de la pire manière.

Yves-Marie Laulan

[box class=”info”] Source : Le blog de Yves-Marie Laulan. [/box]

Crédit de la photo en haut d’article : U.S. Navy photo by Mass Communication Specialist 2nd Class Jesse B. Awalt/Released. Domaine public.
Crédit de la 2em photo de Kadhafi : DR.

Mort de Mouammar Kadhafi [vidéos]

Mort de Mouammar Kadhafi [vidéos]

20/10/2011 – 22h50
PARIS (NOVOpress) –
Le CNT (Conseil National de Transition libyen) a annoncé avoir tué ce jeudi l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi dans sa région natale de Syrte.
Selon le ministre de la Défense français, Gérard Longuet, un Mirage-2000 de l’armée française a stoppé, en l’attaquant, un convoi dans lequel Kadhafi se déplaçait, ce qui a permis au CNT de le capturer.

Vidéos très dures. Sans commentaires.

Dernière vidéo de Kadhafi vivant après sa capture par les combattants du CNT. Au milieu des Allah akbar (Allahou akbar).

 

Ci-dessous à la télévision Al Jazeera, la première vidéo de Mouammar Kadhafi mort.