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Mamadou Libye

Mamoudzou, migrant : « Je ne peux conseiller à personne d’entrer en Libye. Vous mourrez pour rien »

12/10/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Le témoignage de Mamoudzou Oba, migrant guinéen rescapé de son passage en Libye et de la Méditerranée, est publié par le site du UNHCR, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. Il est édifiant. Depuis le Dattilo, navire des garde-côtes italien, il « prévient ceux tentés de fuir la pauvreté et les conflits en Afrique subsaharienne des dangers sur les routes terrestres et maritimes menant vers l’Europe » :

« Je ne peux conseiller à personne d’entrer en Libye. Vous mourrez pour rien, » a-t-il dit aux sauveteurs.

Mamoudzou Oba raconte « qu’il a été enlevé, privé de nourriture et battu pendant trois semaines avant de quitter la Libye » : « Il dit que les personnes sont achetées et vendues pour des montants aussi faibles que 300 dollars. »

« Si tu restes, ils viennent tous les jours te maltraiter. Un jour, un jour, un jour, ils te tueront. »

« Le témoignage de Mamoudzou, ajoute le Haut Commissariat, est corroboré par le médecin volontaire de la Garde côtière italienne, Lucia Guidolin. Elle dit que la plupart des réfugiés et migrants qu’elle a examinés suite à leur sauvetage en Méditerranée ont subi de graves sévices physiques et psychologiques. »

« Lucia Guidolin a été confrontée à un cas de ce type parmi les passagers du Dattilo. Abdullah Touré, un Ivoirien, lui a raconté qu’il avait été enlevé et torturé par des gangs de rue pendant des mois » :

« Ils nous ont menacés pour qu’on leur donne de l’argent. Sinon, ils nous tueraient. Ils ont pris une arme et ont tiré près de mes oreilles. Pan ! Pan ! Pan ! Maintenant, je n’entends plus. Je suis arrivé dans cet état aujourd’hui. »

Defend Europe 1

Opération Defend Europe face aux migrants : Génération Identitaire a trouvé le bateau !

Defend Europe 228/06/2017 – EUROPE (NOVOpress) : Dans le cadre l’opération européenne Defend Europe, Génération identitaire l’annonce : « Nous avons enfin un navire ! » Dans trente jours, annonce le mouvement, « nous allons lancer une mission de recherche d’assistance identitaire au large des côtes libyennes ». Dans une vidéo tournée devant le porte de Brandebourg, à Berlin, les jeunes identitaires européens expliquent vouloir « faire trois choses » :

« Nous voulons surveiller les navires des ONG et informer les garde-côtes libyens sur leurs agissements, Nous voulons intervenir quand ils sont dans l’illégalité et évidemment si nous recevions un signal SOS, nous sauverons les personnes en détresse et nous assurerons leur retour aux côtes libyennes, juste comme la loi le décrit. »

Ainsi, expliquent-il, « nous ferons de la Méditerranée une mer plus sûre de deux façons » :

« Premièrement, il y aura un bateau de plus pour répondre aux signaux SOS. Deuxièmement, avec notre politique du NO WAY et de rémigration, nous diminuerons le trafic d’êtres humains sur les côtes. »

Selon eux, Defend Europe est « la seule voie pour assurer la sûreté des frontières européennes et pour mettre un terme aux noyades en mer ».

Ils lancent aussi un appel aux dons :

« Nous avons maintenant besoin de lever 60 000 € pour amener notre navire en mer Méditerranée, et pour ça nous avons besoin de vous. Montrons aux médias, aux ONG et à l’Union Européenne que nous pouvons réaliser cela ensemble. Amenons le bateau patriote de sauvetage en Méditerranée ! »

Bernard Lugan

Misrata, fief des Frères musulmans, et l’anarchie libyenne, par Bernard Lugan

En Libye la guerre est désormais totale. Jusqu’à présent tous se battaient contre tous dans un climat d’anarchie duquel aucune solution ne pouvait émerger. Désormais, trois grands camps s’affrontent qui devraient peu à peu engerber les multiples forces secondaires qui mettent le pays en coupe réglée. Nous commençons donc à y voir plus clair car, c’est du rapport de force qui va s’établir entre ces trois grandes composantes que sortira la paix future et la reconstruction de la Libye.

Khalifa Haftar1) En Cyrénaïque, depuis le début du mois de mai 2014, le général Khalifa Haftar (photo), a lancé l’Opération dignité contre les milices islamistes. Aujourd’hui, il contrôle la région, à l’exception de la ville de Derna. Après les derniers attentats dirigés contre les coptes et qui furent téléguidés depuis Derna, le maréchal Sissi va appuyer encore davantage le général Haftar, avec une priorité : liquider cette poche islamiste.

Le général Khalifa Haftar est issu de la tribu des Ferjany dont le fief est la ville de Syrte, ville natale du colonel Kadhafi. Il fut avec ce dernier, un des auteurs du coup d’Etat militaire qui renversa le roi Idriss en 1969. S’il s’est ensuite brouillé avec son camarade, il n’a en revanche jamais rompu les liens avec sa tribu, ce qui le place au cœur d’une alchimie tribale stratégique située à la jonction de la Cyrénaïque et de la Tripolitaine. Il est soutenu par l’Egypte, les Emirats arabes unis et la Russie. Actuellement, il livre bataille dans le Fezzan afin d’isoler les forces de Misrata (voir l’article consacré à la bataille de Brak page 3 de ce numéro).

2) A Tripoli, le Glun (Gouvernement libyen d’union nationale) est désormais disposé à s’entendre avec le général Haftar. C’est pourquoi il est actuellement combattu par Misrata (Frères musulmans) qui serait la grande perdante d’un accord Glun-Haftar.

Alliées à de multiples composantes islamistes, les milices de Misrata occupent une partie de Tripoli, ce qui provoque l’exaspération de la population. Pour mémoire, le 15 novembre 2013, les miliciens de Misrata y avaient ouvert le feu sur une foule réclamant déjà leur départ, faisant plusieurs dizaines de morts et des centaines de blessés.

3) Misrata, ville riche, puissante, fief des Frères musulmans et tournée culturellement et politiquement vers la Turquie est une sorte de corps étranger sur le littoral libyen. De tout temps, elle a mené une politique autonome et, aujourd’hui, elle sent bien qu’elle risque d’être prise en étau entre le général Haftar et un pouvoir tripolitain reconstitué. Bien que soutenue par la Turquie et par le Qatar, sa position est fragile. Misrata a en effet contre elle, outre la population de Tripoli, les milices de Zenten, celles du djebel Nefusa, celles des Warfalla et les  tribus de la région de Syrte qui n’ont pas oublié le traitement ignominieux que ses membres réservèrent au colonel Kadhafi après qu’ils l’eurent capturé.

Comme rien ne pourra être entrepris en Libye tant que la puissance de Misrata demeurera intacte, les actuels combats de Tripoli doivent donc être suivis avec attention. En effet, si les milices de Misrata étaient chassées de la ville, une telle défaite marquerait un tournant dans le conflit libyen car deux options seraient alors ouvertes :

1) Misrata accepte de négocier. La sortie de guerre prendrait alors la forme d’un fédéralisme à trois têtes : Tripolitaine, Misrata et Cyrénaïque. Le Fezzan des Toubou regarderait vers Benghazi et celui des Touareg vers Tripoli.

2) Misrata refuse de négocier. Toutes les forces de Libye risquent alors de se coaliser contre elle et des comptes séculaires se régleront alors.

Bernard Lugan

Editorial n° 90 de L’Afrique réelle daté de juin 2017

Invasion migratoire

Italie : les ONG complices des passeurs de migrants ?

Intervenant le 22 mars devant la commission parlementaire italienne de contrôle de l’application de l’accord de Schengen, le procureur de Catane, en Sicile, a informé les députés de l’enquête en cours sur les soupçons de complicité entre les ONG européennes opérant en Méditerranée et les réseaux de passeurs libyens.

Le procureur Carmelo Zuccaro a ainsi fait savoir que dans les moments culminants, il y avait 30 navires gérés par ces ONG dont on se demande où elles trouvent l’argent (par exemple, le bateau Aquarius de l’ONG SOS Méditerranée coûte 11 000 euros par jour tandis que les navires Phoenix et Topaz coûtent 400 000 euros par mois à l’ONG maltaise MOAS). Le parquet de Catane enquête justement sur cette prolifération étrange créant un véritable corridor humanitaire entre l’Afrique du Nord et l’Italie.

Le procureur a aussi souligné la part grandissante des ONG dans les arrivées d’immigrants dans sa province de Catane (30 % des immigrants clandestins débarqués au cours des quatre derniers mois de 2016) et le nombre croissant de morts en mer accompagnant cette intensification des efforts des ONG. Ces victimes collatérales de l’activité des ONG intéressent aussi le parquet de Catane, de même que le phénomène de radicalisation de nouvelles recrues par des immigrés clandestins amenés par les ONG et travaillant dans le secteur agricole ou bien incarcérés après avoir commis des délits. Le procureur a en effet signalé des liens avérés entre certains de ces « migrants » et des organisations terroristes islamiques.

Parallèlement à ces révélations, l’amiral italien Enrico Credendino, qui commande l’opération navale EUNAVFOR Med de l’Union européenne, a lui aussi, dans un entretien publié le 17 mars par le Corriere della Sera, reproché aux ONG leur mode opératoire qui consiste à s’approcher des côtes libyennes et à signaler leur position par des signaux lumineux, avant même que des embarcations en difficulté leur aient été signalées. Ceci permet aux passeurs, comme l’avait déjà indiqué l’agence Frontex, d’attendre les bateaux des ONG avant de faire partir les canots surchargés de clandestins.

Olivier Bault

Article publié dans Présent daté du 24 mars 2017

Marine Le Pen Tchad Déby

Toutes les vidéos du voyage au Tchad de Marine Le Pen

23/03/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Marine Le Pen a effectué un voyage de deux jours au Tchad, où elle a été reçue par le président Idriss Déby, ainsi que par le président de l’Assemblée nationale, Haroun Kabadi, et elle a pu s’exprimer devant la représentation nationale tchadienne (ci-dessous).

La présidente du Front national est également allée à la rencontre des militaires français engagés dans l’opération Barkhane. Une visite placée sous le signe de la francophonie et de la lutte contre le « fondamentalisme islamique ».

ONU Migration

L’ONU appelle enfin les candidats à la migration à rester chez eux !

08/03/2017 – FRANCE (NOVOpress) : C’est un tournant considérable : l’ONU appelle les candidats à la migration à rester chez eux ! Dans un clip vidéo intitulé Dangerous Crossings (« Dangereuses traversées »), l’Agence des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR) a réuni six artistes – Maryam Mursal et Aarmaanta de Somalie, Yeshie Demalash, Dawit Nega et Tadele Roba d’Ethiopie et Hany Adel d’Egypte – qui interprètent une chanson en cinq langues différentes pour diffuser un message de sensibilisation à l’intention de ceux qui voudraient partir de chez eux en traversant la mer.

La musique a été écrite par le célèbre producteur de Hollywood George Acogny et la vidéo est dirigée par le cinéaste égyptien Amr Salama. « C’est la chanson Tahriib d’Aaarmaanta, explique l’UNHCR, qui a mené à la création de Dangereuses traversées », dont « les paroles sont issues de textes somaliens » :

« Un voyage dangereux amène la tristesse / Le cœur est effrayé / Et le corps blessé / Ici à la maison / En famille et entre amis / Il y a des mains tendues / Quand viennent les temps difficiles / Pour vous retenir « 

Ou encore :

« Partir comme ça, c’est tragique / Rester au loin, le cœur brisé / Mais malgré les risques / La marée monte, désespérée / Comme un enfant tombé du nid / Loin de la maison et de tout ce qui est familier / Combien de larmes vont couler ? / Combien de cœurs vas-tu casser ? »

Ou, toujours :

« Avez-vous reçu les nouvelles tragiques ? / Ne vous ont-ils pas fait les récits ? / Avez-vous vu les victimes ? / […] Qu’est-ce qui t’attend dans les pays étrangers ? / Mon frère, mon frère / Pourquoi devez-vous partir ? /

Mais qu’est-ce que nous sommes en train de raconter ? Dangereuses traversées, qui est en effet produit par l’ONU, ne vise qu’à sensibiliser « aux dangers de la traversée vers le Yémen en guerre via le golfe d’Aden et la mer Rouge depuis l’Afrique, soulignant les conditions déplorables et les risques croissants au Yémen ». Parce que la traversée de la Méditerranée, ce n’est pas dangereux ?

Invasion migratoire

Frontex l’avoue : le sauvetage en mer favorise l’afflux et la mort de migrants

Dans son rapport d’analyse des risques pour 2017 (Risk Analysis for 2017), Frontex constate le lien direct de cause à effet entre l’intensification des opérations de sauvetage des immigrants clandestins au large de la Libye et l’augmentation du nombre de morts en mer. L’année 2016 a battu tous les records sur la route de la Méditerranée centrale, et 89 % des immigrants en situation irrégulière nous arrivent désormais par la Libye, faisant de l’Italie la principale porte d’entrée illégale dans l’UE.

Alors que la représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, affirmait en mai 2015 que les 28 allaient casser le « business model » des passeurs libyens, Frontex confirme aujourd’hui ce que les critiques de l’époque prévoyaient et que Frontex avait déjà entrevu dans son analyse des risques pour 2016 : non seulement le modèle d’activité des passeurs n’a pas été cassé par l’UE, mais il a été bougrement renforcé.

En effet, et c’est Frontex qui le dit, les passeurs, comptant sur l’intervention rapide des secours européens et cherchant à maximiser leurs profits en augmentant le nombre d’émigrants mis à flot, expédient leurs cargaisons humaines sur des embarcations de plus en plus précaires. Et ce ne sont pas les clients qui manquent car, comme le constate toujours Frontex dans l’édition 2017 de son rapport, les populations africaines sont encouragées à émigrer en Europe par les membres de leur famille ou leurs amis qui y sont déjà parvenus et qui ont pu constater que c’est faisable malgré les dangers et que l’on s’en fait rarement rapatrier.

Autre constatation de Frontex, les passeurs ne prennent bien souvent même plus la peine d’appeler le centre de secours en mer à Rome puisqu’ils ont les numéros de téléphone des ONG et les appellent directement pour prendre RDV en mer avant de faire partir les embarcations des côtes libyennes. C’est exactement ce qu’avait dénoncé début décembre la fondation néerlandaise Gefira à partir de ses propres observations (Présent du 13 décembre, et Alain Sanders le rappelait récemment).

Que propose donc Frontex pour mettre fin à cette situation absurde ? La même stratégie qu’avec la légalisation des drogues censée ruiner les trafiquants : tout simplement de faciliter l’immigration légale ! La solution australienne qui a permis de réduire le nombre de clandestins traversant la mer dans des conditions précaires de plus de 25 000 dans les années 2012-2013 à zéro aujourd’hui n’est même pas envisagée car contraire aux « valeurs » européennes.

Olivier Bault

Article paru dans le quotidien Présent
sous le titre : « Frontex : l’effet pervers »

Immigration Libye Europe ONG

Immigration illégale depuis la Libye : ça continue de plus belle !

Réunis vendredi dernier à Malte, les dirigeants des vingt-huit pays de l’UE ont affirmé dans leur déclaration commune vouloir « casser le modèle économique des passeurs ». Ils se sont en effet rendu compte de la chose suivante : « Plus de 181 000 arrivées ont été détectées en 2016 et, depuis 2013, le nombre de décès ou de disparitions en mer atteint un nouveau record chaque année. » Faut-il se réjouir de cette prise de conscience ? Non, car elle n’a rien de nouveau et les prises de conscience de l’UE sont rarement suivies d’effet.

« La décision établissant une opération navale de l’UE afin de casser le business model des réseaux de passeurs et trafiquants en Méditerranée vient d’être prise », clamait déjà en mai 2015 Federica Mogherini, haute représentante de l’Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité. Le business model, c’est le modèle économique, et ce qui a été dit à Malte le 3 février avait donc déjà été dit près de deux ans plus tôt, avec les conséquences que l’on sait : le renforcement du dispositif naval européen au large des côtes libyennes et son effet de pompe aspirante qui en a fait un service de navette entre la Libye et l’Italie, accroissant le nombre d’immigrants et accessoirement de morts.

Sur le site de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker se félicite d’ailleurs des résultats de ce sommet informel de Malte et de l’aval donné aux propositions de la Commission « visant à mieux gérer les flux migratoires et à sauver les vies le long de la route de la Méditerranée centrale ».

Alors certes, les vingt-huit évoquent une collaboration avec le gouvernement libyen de Fayez el-Sarraj et avalent l’accord signé la veille entre M. el-Sarraj et le Premier ministre italien Paolo Gentiloni. Seulement le « gouvernement d’entente nationale » siégeant à Tripoli ne contrôle qu’une partie des côtes libyennes et, avec le foutoir mis dans ce pays en 2011 par le président français Nicolas Sarkozy et son Premier ministre François Fillon, le renforcement des garde-côtes libyens promis par l’UE ne saurait stopper l’afflux d’immigrants vers l’Europe.

Au cours du week-end qui a suivi le sommet des vingt-huit, quelque 1 500 immigrants ont été repêchés en Méditerranée par les navires européens malgré les conditions météo difficiles. Ceci amène le total des immigrants amenés en Italie par le dispositif européen à 4 500 depuis mercredi !

Tout reste donc comme avant dans cette Europe passoire et il y a urgence pour la France à récupérer la maîtrise de ses frontières.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 8 février 2017

Libye : environ 800 000 migrants attendent de passer en Europe

25/03/2016 – PARIS (NOVOpress) : Jean-Pierre Elkabbach a harcelé Jean-Yves Le Drian jusqu’à ce qu’il donne un chiffre et, à la troisième tentative, le ministre de la Défense a cédé. Il est convenu que le nombre de 800 000 migrants potentiels, attendant, en Libye, de pouvoir traverser la Méditerranée pour gagner l’Europe, est « un chiffre à peu près convenable ».

Au cours de cet entretien vérité, diffusé hier matin sur Europe 1, Le Drian a aussi évoqué l’implication de l’Etat islamique dans les filières de passeurs : « Il y a trois dangers majeurs qui existent en Libye. Le premier c’est Daech, qui a entre 4 000 et 5 000 combattants en Libye. Il faut également éviter les trafics de migrants, qui profitent d’ailleurs à Daech, et le troisième danger est le trafic d’armes. »


Jean-Yves Le Drian : “Il y a trois dangers en… par Europe1fr

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Algérie : cette guerre qui menace

Source : Boulevard Voltaire

L’Algérie est au bord d’une faillite qui “engendrerait le chaos et pousserait les Algériens à fuir vers l’Europe”.

Il y a maintenant deux ans, j’écrivais un article, en forme de bouteille à la mer, pour Boulevard Voltaire intitulé « Printemps algérien en vue, une catastrophe pour la France ? » Des troubles naissaient alors en Algérie, suite à la nouvelle élection d’Abdelaziz Bouteflika à la tête du pays. Loin de s’être arrangée, la situation du pays s’est, depuis, dégradée. En cause, notamment, la chute des cours des matières premières. Les rentes de gaz et de pétrole (60 % des recettes budgétaires d’Alger) ne rapportent plus autant qu’auparavant et la gérontocratie algérienne ne peut plus calmer la population en l’arrosant d’allocations diverses.

Mohamed Benchicou, ancien directeur du journal Le Matin, estime que l’Algérie est au bord d’une faillite qui « engendrerait le chaos et pousserait les Algériens à fuir vers l’Europe ». Une situation qui n’est pas souhaitable des deux côtés de la mer Méditerranée. Pire : l’Algérie partage une frontière avec la Libye, actuellement en guerre civile suite à la funeste opération de « démocratisation » voulue par Nicolas Sarkozy et son visiteur du soir, l’« intellectuel » Bernard-Henri Lévy.

Les forces de l’État islamique se sont considérablement renforcées lors des derniers mois, et certaines zones libyennes menacent de basculer sous le joug des armées du califat. Boualem Sansal, auteur du roman d’anticipation 2084 – La fin du monde, grand prix du roman de l’Académie française pour l’année 2015, déclarait hier au Figaro qu’un « scénario d’une escalade de la terreur sur le modèle syrien » lui paraissait tout à fait crédible. Je fais mienne sa déclaration et suis au regret de constater que ce que je prévoyais il y a deux ans pourrait n’être que modéré par rapport à ce qu’il se prépare.

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Le bobard du jour est géographique

25/02/2016 – MÉDIAS (Les Bobards d’Or/Polémia)
Quand l’AFP perd la boussole en méditerranée…
L’AFP s’affiche mauvais élève du fond de la classe. Dans la nuit du 18 au 19 avril 2015, plusieurs centaines de clandestins ont trouvé la mort « dans le canal de Sicile », qui se trouve entre la Sicile et la Tunisie. Pourtant, la carte de l’AFP montre le « lieu approximatif du naufrage » dans les eaux territoriales libyennes, au nord de Tripoli, la capitale, à plus de 500 km du canal de Sicile… Tous les médias ont rapporté l’information en déplaçant le lieu du naufrage :

Pour Le Monde : « Le décompte macabre se poursuit dans le canal de Sicile »
Pour Le Parisien, c’est aussi « dans le canal de Sicile » que le naufrage a eu lieu.
Les Échos parlent aussi de naufrage dans le canal de Sicile et précisent « au large de Lampedusa ».
Le Figaro est encore plus précis : c’est « au cœur du canal de Sicile » que le naufrage a eu lieu.

Tout ceci est géographiquement faux :
• plus de 250 km séparent le lieu du naufrage de Lampedusa
• plus de 500 km séparent le lieu du naufrage du canal de Sicile

Mais le bobard géographique présente un intérêt politique et idéologique : culpabiliser les Européens. Car si le titre avait été « Naufrage au large des côtes libyennes », l’impact aurait sans doute été tout autre, d’autant que les médias se sont empressés, dans le même temps, de crier à « l’Europe démunie » « sommée d’agir » ou encore « au pied du mur »…


NOVOpress est partenaire officiel de la 7ème cérémonie des Bobards d’Or, qui se tiendra à Paris le 14 mars prochain. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site des Bobards d’Or (bobards-dor.fr) et sur la page Facebook de l’événement.

Libye : un gouvernement de dilution de l’Etat – par Bernard Lugan

22/02/2016 – FRANCE (NOVOpress avec Bernard Lugan)

Dans une Libye disloquée par une guerre de tous contre tous, trois gouvernements s’opposent. A Tobrouk, siège la Chambre des représentants reconnue par la communauté internationale ; à Tripoli est installé le parlement de Salut national sous influence des islamistes d’Abdelhamid Belhadj et des Frères musulmans de Misrata. Quant au Gouvernement d’union nationale constitué le 19 janvier 2016 sous les pressions de l’ONU par le Conseil présidentiel de neuf membres dirigé par Fayez el-Sarraj, il n’est pas parvenu à se faire reconnaître par les Libyens. Composé de plus de trente membres, il a en effet été rejeté par les deux parlements rivaux de Tobrouk et de Tripoli.

Prié de « revoir sa copie », le 14 février, Fayez el-Sarraj a présenté un nouveau gouvernement de 13 membres plus cinq secrétaires d’Etat, dans lequel, en principe, chaque grande faction libyenne est représentée. Cependant, deux des neuf membres du Conseil présidentiel se sont opposés à sa composition. Il s’agit d’Omar lassoued (Omar Al Aswad), représentant de Zenten et d’Ali Kotrani (Ali al Gatrani) de Tobrouk qui reprochent à ce gouvernement de faire la part trop belle aux Frères musulmans de Misrata et aux islamistes de Tripoli.
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5 ans après la chute de Kadhafi, l’État islamique aux portes de l’Europe

16/02/2016 – LIBYE (NOVOpress)
Cinq ans après la chute de Kadhafi, le pays se retrouve dans une situation inédite et assez exceptionnelle. Deux gouvernement, l’un à Tobrouk reconnu pas la communauté internationale et l’autre de facto à Tripoli ; puis un troisième proposé suite aux accords conclu au Maroc.

Le chaos libyen et la situation d’Etat défaillant de la Libye ouvre grand les portes à l’implantation de l’Etat islamique qui n’a cessé de grignoter du terrain depuis son implantation dans le pays fin 2014.

Un grand merci à BHL et à Sarkozy !


Conférence sur la sécurité à Munich ou chronique de l’impuissance occidentale

16/02/2016 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)
Fondée, en 1963, afin de permettre à des ministres, à des députés ou encore à de hauts responsables militaires d’échanger sur les problèmes de politique étrangère et de défense auxquels les États-Unis et l’Europe sont confrontés, la conférence de Munich sur la sécurité a eu lieu le WE dernier.

Le début de la conférence a été marqué par une signature d’un accord sur la situation syrienne entre le secrétaire d’État américain John Kerry et le ministre des Affaires étrangères russes Sergueï Lavrov.
Tout à fait, mais il faut être prudent sur l’application de l’accord : il ne s’agit nullement d’un cessez-le-feu, mais plus d’une cessation des hostilités. En effet, le caractère définitif de l’arrêt du conflit n’est pas prévu par l’accord. Selon le texte, cet arrêt des combats interviendra après confirmation par le gouvernement syrien et l’opposition ; une perspective qualifiée par beaucoup d’ambitieuse.

Les chances de réussites de cet accord ne paraissent donc pas très élevées…
D’autant plus que même les signataires n’y croient pas vraiment. Côté américain on craint l’inaction russe. Côté russe on dénonce les divergences de discours entre le Pentagone et le département d’État. M. Lavrov a conclu « Tout cela veut dire que les États-Unis ne vont pas cesser leurs frappes aériennes, mais que la Russie doit arrêter les siennes. C’est malheureux, mais ça signifie que cet accord de Munich sera impossible à réaliser, et ce sera la faute des Américains ».

L’autre sujet de tension a été les propos de Manuel Valls sur l’accueil des migrants
En effet, celui-ci a indiqué que la France ne pourrait pas accueillir plus de 30 000 demandeurs d’asile. Sur le fond, les propos du Premier ministre n’ont pas surpris : les Allemands savent que la France ne veut pas accueillir plus de réfugiés, mais la forme est jugée inconvenante par l’entourage d’Angela Merkel.

Peut-on donc dire que tout a divisé lors de cette conférence ?
Tout sauf le constat clinique : nous n’avons jamais été aussi peu en sécurité.

Pour aller plus loin, peut-on dire que la Russie et les États-Unis sont dans une seconde guerre froide ?
En effet, James Clapper, le patron du renseignement américain, a déclaré qu’il était possible que les États-Unis et la Russie retrouvent une guerre froide. Il considère que la Russie a développé un projet de missiles croisière en violation du traité des forces nucléaires. Tout comme pendant la guerre froide, les États-Unis se servent de l’OTAN et de théâtres extérieurs pour intervenir indirectement. À ce titre, on peut rappeler que les ministres de la Défense de l’OTAN ont annoncé que l’OTAN allait renforcer sa présence militaire en Europe de l’Est afin de minimiser le risque d’une nouvelle annexion par la Russie.

Medvedev craint un califat mondial d’ici 20 ans

15/02/2016 – MONDE (NOVOpress)
‪À la conférence sur la sécurité de Munich, le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a averti ses collègues « si rien n’est fait maintenant, on vivra tous d’ici 20 ans dans un Califat mondial‬ ». Il a exhorté les États qui mènent le monde à mettre de côté leurs différends qui mènent « vers une nouvelle guerre froide » et coopérer pour lutter contre le terrorisme international.
Des propos qui donnent un relief particulier à d’autres déclarations du même Medvedev à la presse allemande : « C’est juste stupide d’ouvrir les portes européennes et d’inviter tout le monde à y entrer. […] Certains de ses réfugiés, et pas seulement quelques individus, mais probablement des milliers entrent en Europe en tant que bombes humaines pouvant exploser à n’importe quel moment »

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Libye : une situation préoccupante, mais pas d’intervention occidentale en vue

03/02/2016 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Alors que la situation ne fait qu’empirer en Libye et que l’État islamique renforce ses positions, les gouvernements semblent divisés sur la voie à suivre. Après Franco Roberti, procureur national de la Direction antimafia et antiterrorisme à Rome, Jean-Yves le Drian a évoqué dimanche dernier de possibles infiltrations djihadistes parmi les clandestins qui embarquent en Libye. Une intervention serait sérieusement à l’étude, ce que Laurent Fabius a catégoriquement infirmé hier. Cependant, des éléments des forces spéciales américaines, françaises et anglaises seraient sur le terrain « en reconnaissance ».

Pourtant, hier ne s’est-il pas tenu une grande réunion à ce sujet Rome ?
En effet, hier, le gouvernement italien a réuni à Rome les ministres des Affaires étrangères de la « coalition anti-EI ». La situation en Libye a été évoquée, mais uniquement pour aboutir à une impasse : il n’y aura aucune intervention occidentale tant qu’il n’y a pas de gouvernement légitime d’union nationale. Le défi est de taille dans un pays en proie à la guerre civile. Depuis l’intervention occidentale, en 2011, tout principe d’unité a volé en éclat, feu le colonel Kadhafi étant alors le seul à pouvoir faire coexister dans une même nation une mosaïque de près de 150 tribus et à faire de la Libye un pays prospère.
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Libye, le plan de la conquête

Source : mondialisation.ca (traduction d’un article paru dans Il Manifesto)

« L’année 2016 s’annonce très compliquée au niveau international, avec des tensions diffuses y compris chez nous. L’Italie est là et fera sa part, avec le professionnalisme de ses femmes et de ses hommes et avec l’engagement des alliés » : ainsi Matteo Renzi a-t-il communiqué aux inscrits du Pd la prochaine guerre à laquelle participera l’Italie, celle contre la Libye, cinq ans après la première.

« L’année 2016 s’annonce très compliquée au niveau international, avec des tensions diffuses y compris chez nous. L’Italie est là et fera sa part, avec le professionnalisme de ses femmes et de ses hommes et avec l’engagement des alliés » : ainsi Matteo Renzi a-t-il communiqué aux inscrits du Pd la prochaine guerre à laquelle participera l’Italie, celle contre la Libye, cinq ans après la première.

Le plan est en acte : des forces spéciales SAS — rapporte le Daily Mirror — sont déjà en Libye pour préparer l’arrivée d’environ 1000 soldats britanniques. L’opération — « dans un accord États-Unis, Grande-Bretagne, France et Italie » — impliquera 6000 soldats et marine étasuniens et européens avec l’objectif de « bloquer environ 5000 extrémistes islamistes, qui se sont emparés d’une douzaine des plus grands champs pétrolifères et, depuis le repère Isis de Syrte, se préparent à avancer jusqu’à la raffinerie de Marsa el Brega, la plus grande d’Afrique du Nord ».
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L’opération Barkhane : une illusoire ligne Maginot ?

22/01/2016 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Suite aux récents attentats de Bamako et de Ouagadougou, Jean-Dominique Merchet, journaliste spécialisé dans les questions militaires, a remis en question l’utilité de l’opération Barkhane. L’opération Barkhane c’est une mutualisation des forces françaises au Sahel dans le but d’éviter la reconstitution de foyers de djihadisme. Avec l’opération « sentinelle » en métropole, c’est une réponse du gouvernement français au terrorisme.

Ce journaliste montre qu’au regard de son coût de 700 millions par an, et de sa mobilisation de moyens, de l’ordre de 4 000 hommes et d’une quarantaine d’aéronefs, cette opération ne parvient qu’à de faibles résultats
Les récents attentats indiquent que les terroristes ont contourné l’opération Barkhane. « Barkhane est victime du syndrome de la ligne Maginot. Ces opérations empêchent l’ennemi de passer là où l’on a décidé qu’il ne passerait pas, mais il n’en a cure et prend un autre chemin » selon le journaliste.

Le spécialiste Bernard Lugan tente pour sa part de montrer les résultats positifs de Barkhane
Selon lui, suite aux réductions d’effectifs du couple Sarkozy-Morin, l’armée française n’est plus en mesure de couvrir une zone plus grande que celle de l’opération Barkhane. Or, l’opération Barkhane rend hermétique la frontière entre la Libye et le Niger, et permet d’éviter un nouvel embrasement de l’Afrique par le djihadisme : la région-pivot du lac Tchad est ainsi protégée de la menace de Boko Haram, qui pourrait ensuite embraser le Cameroun.

Deuxièmement, Lugan montre que Barkhane a eu comme résultat concret de séparer les trafiquants d’avec les djihadistes. L’action terroriste reposait essentiellement sur des réseaux de trafiquants ; ces derniers sont gênés dans leur commerce et abandonnent leurs encombrants partenaires
Pour finir, Lugan montre que le vrai résultat, c’est que les djihadistes repoussés par l’opération Barkhane se retrouvent cantonnés à la Libye et au Burkina Faso.

Malheureusement, ces deux pays sont bénéficiaires des opérations humanitaires du Qatar. Ces opérations ne sont qu’un cheval de Troie, destinée à soutenir l’effort terroriste en Afrique
En définitive, Bernard Lugan retourne donc la question : « la France peut-elle lutter contre le djihadisme ouest-africain tout en continuant à privilégier des rapports politiques et commerciaux avec un Qatar clairement à l’origine de la radicalisation des populations de la zone que nous protégeons ? »