L’accord de libre-échange Etats-Unis/Europe se profile

L'accord de libre-échange Etats-Unis/Europe se profile

16/04/2014 – BRUXELLES (NOVOpress via le Bulletin de réinformation)
L’accord de partenariat transatlantique entre les Etats-Unis et l’Union européenne est en cours de négociation. Le sujet ne manque pas d’intérêt puisqu’il déclasse le clivage gauche droite pour poser de véritables questions politiques.

De quand date ce projet de libre-échange ?

La genèse de ce projet est ancienne. Une première tentative avait été lancée au XIXe siècle sous Napoléon III. Elle s’est éteinte rapidement en raison d’un manque d’implication des acteurs. Un an après la chute du mur de Berlin, le projet est réapparu sous forme d’une résolution signée entre les Etats-Unis et la communauté européenne. En 1995, un agenda est fixé ainsi qu’un programme d’action approfondi. En 2003, les réserves émises par le couple franco-allemand sur l’intervention militaire en Irak avaient ralenti les négociations.

Qu’est-ce qui a permis une reprise des négociations ?

C’est la crise de 2008 qui les a accélérées car pour d’aucuns, cet accord est synonyme de croissance et d’emploi. Il permettrait une meilleure circulation des marchandises, une concurrence plus parfaite ce qui explique les mots du secrétaire d’Etat John Kerry (photo) qualifiant l’accord comme « l’un des meilleurs moyens de casser le cycle de la crise en Europe et d’avoir de la croissance ».

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L’Ukraine au centre du jeu d’influence entre l’Union européenne et la Russie

L’Ukraine au centre du jeu d’influence entre l’Union européenne et la Russie

27/02/2013 – 18h15
KIEV (NOVOpress avec le Bulletin de réinformation) – L’Ukraine ne peut pas être membre de deux unions douanières a déclaré lundi le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

La Russie a, en effet, à plusieurs reprises invité Kiev à rejoindre l’Union douanière qui regroupe également la Biélorussie et le Kazakhstan. Moscou a été jusqu’à mettre dans la balance une réduction de la facture en hydrocarbure.

Mais selon Bruxelles, cette perspective est incompatible avec la participation ukrainienne à la zone de libre échange de l’Union européenne. Chacun essaye donc d’attirer l’Ukraine dans sa zone d’influence. De son côté, Kiev souhaiterait rester au sein de la zone de libre échange tout en bénéficiant de certains avantages de l’Union douanière.

Crédit photo : Jon Harald Søby via Wikipédia, domaine public.

[Lu sur le net] “L’illusion du choc de compétitivité” par Jean-Yves Le Gallou

[Lu sur le net] "L’illusion du choc de compétitivité" par Jean-Yves Le Gallou

Maurice Allais, le seul Français prix Nobel d’économie, théoricien d’un protectionnisme intelligent.

08/10/2012 — 08h00
via Boulevard Voltaire « Choc de compétitivité » : c’est la nouvelle illusion à la mode.

Industriels et économistes (de l’offre) la réclament et le gouvernement la promet. Le débat sur le calendrier fait rage : pour aujourd’hui, pour demain ou pour les calendes grecques ? C’est pourtant une illusion de plus ! La question n’est pas de répartir autrement les charges sociales et les impôts, c’est de les diminuer. Or pour baisser les impôts, il faut réduire les dépenses. Mais pour diminuer les dépenses publiques, il faut s’attaquer aux causes structurelles de leur croissance : le libre-échange intégral et la poursuite de l’immigration.

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Mondialisation : les plus pauvres règleront la facture

Mondialisation : les plus pauvres règleront la facture

13/02/2012 – 08h00
BRUXELLES (NOVOpress) — Sans doute trop occupés par la crise, le pseudo débat électoral ou les petites phrases des uns ou des autres, nos médias semblent bien avoir passé sous silence un événement pourtant de premier plan : le sommet euro-indien de vendredi dernier. Pourtant ce dernier ne visait rien moins qu’à donner une impulsion décisive à l’accord de libre-échange sur lequel l’Inde et l’UE planchent en toute discrétion déjà depuis 2007. Le porte parole du commerce de l’UE John Clamcy estimait même que cette rencontre pourrait être décisive « pour aboutir à un accord dans les meilleurs délais ».

Selon Bruxelles, les négociations seraient déjà en phase finale, et les discussions porteraient principalement encore sur l’automobile et les pièces détachées, ainsi que les vins et spiritueux. L’accord de libre-échange vise une très large ouverture du marché, la libéralisation de presque l’ensemble des échanges commerciaux entre l’EU et l’Inde, et concerne outre les marchandises et les services, également les marchés publics et la propriété intellectuelle. Les entreprises européennes bénéficieront ainsi d’un accès illimité au marché indien (1,2 milliards d’habitants), où la présence d’une classe moyenne en forte croissance et avide de produits de consommation, laisse augurer de juteuses affaires et encore plus de perspectives d’expansion. En échange, l’Inde demande en plus de droits de douane européens réduits, que l’on supprime également des critères non monétaires, comme la conformité à des normes et d’autres règlements régissant l’importation dans les pays européens.

Le secteur agroalimentaire espère des profits considérables grâce à ce nouveau et vaste marché. Les producteurs de volailles allemands qui peinent à écouler tout ce qui n’est pas blanc de poulet, pourront enfin expédier massivement par bateau tout ce que le consommateur européen boude, tout en s’épargnant d’onéreux frais de retraitement de déchets. Et les producteurs laitiers sont également dans les starting-blocks. Les seulement 4000 tonnes de lait en poudre et 15 tonnes de fromage expédiés par les Allemands entre janvier et novembre 2011 laissent espérer une marge de croissance potentielle colossale. Sans compter que comme croit le savoir Michael Lohse, porte-parole de l’Union des agriculteurs allemands, la classe moyenne indienne est friande de charcuterie et l’alimentation made in Germany bénéficie d’une excellente réputation aussi en Inde.

Pourtant, avec sa production estimée à 112,5 millions de tonnes, l’Inde est un des premiers producteurs laitiers mondiaux. Mais presque les trois quarts de ses 70 millions de vaches appartiennent à des petits ou très petits paysans, dont la survie tient aux fortes taxes sur les importations. Un récent essai de suppression des taxes douanières à la demande de l’OMC en 1999, avait abouti à une multiplication par quarante des importations de petit-lait en un an, puis à une remise en place dans l’urgence de taxes à hauteur de 60 %.

De même, l’importation massive de cuisses de poulets européennes pourrait casser les prix et menacer la survie de millions de ces petits producteurs qui élèvent leurs volailles dans les arrière-cours.

Des ONG européennes et indiennes soulignent le fait que 90% de la population travaille dans des secteurs non structurés, et que près de 800 millions d’Indiens survivent encore avec moins de 3 Dollars par jour. Cet accord de libre-échange laisse craindre un phénomène de déclassement social massif et l’ouverture de chaines d’hypermarchés occidentales risque de ruiner des millions de commerçants des rues, de marchands forains et de propriétaires de petits commerces de toute sorte, qui en l’absence d’autre formation n’auront guère de chances de trouver un autre gagne-pain.

Il y a certes une résistance à ce projet qui cherche à s’organiser sur place et appelle à des manifestations de protestation. Chez nous une bonne vingtaine de députés européens verts et de gauche ont adressé un courrier au Commissaire du commerce de l’UE Karel De Gucht, pour le mettre en garde devant les conséquences probables de cette brutale ouverture des frontières, en réclamant une pause des négociations et une analyse des conséquences prévisibles sur des groupes de population fragiles comme les pêcheurs et les agriculteurs. Et ils protestent également contre le fait que de nombreux documents de ces négociations soient systématiquement dissimulés aux représentants de la société civile.

Mais toutes ces considérations n’intéresseront sans doute guère la masse des députés européens appelés un jour prochain à se prononcer sur cet accord.

Crédit photo : McKay Savage via Flickr (cc)