Liberté d’information : l’arbitraire progresse

16/02/2016 – SOCIÉTÉ (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)
Le Conseil d’État valide le blocage de sites Internet sans l’accord d’un juge.
La haute juridiction administrative avait été saisie par plusieurs associations qui contestaient la légalité de deux décrets publiés en début d’année dernière, en application de la loi antiterrorisme. Ces décrets permettent de bloquer un site web sans qu’un juge ait confirmé au préalable l’illégalité du contenu.

Le recours contestait également le fait que les internautes qui souhaitaient visiter des sites bloqués soient redirigés vers un site du ministère de l’Intérieur, lui permettant de connaître les adresses de ceux qui vont sur des sites présumés dangereux et aussi d’intercepter leurs correspondances. Le Conseil d’État a rejeté ces deux propositions. Les associations se plaignent du risque d’arbitraire et d’atteinte à la liberté d’expression.

En effet, selon ce décret, le pouvoir peut du jour au lendemain décider que NOVOpress est un dangereux site faisant l’apologie du terrorisme et le bloquer sans autre forme de procès… La liberté d’information étant le préalable à la liberté d’expression, on mesure le danger de telles mesures.

‪Manif pour défendre les libertés publiques‬ : les discours

13/02/2016 – FRANCE (NOVOpress)
Retrouvez les principaux discours des intervenants à la manifestation pour défendre les libertés publiques, à Paris le jeudi 11 février 2016.
‪Béatrice Bourges,‬ Jean-Yves Le Gallou, Christine Tasin, Frédéric Pichon, Karim Ouchikh et Robert Ménard on évoqué le Général Piquemal, envoyé au ballon et qui se déballonne (peut-être sous pression), le recul des libertés publiques, le totalitarisme mou de la clique de Hollande… laissons conclure Jean-Yves Le Gallou, citant Hélie de Saint Marc : « un homme doit garder la capacité de résister, de s’opposer, de dire non. Ensuite il n’a pas à s’excuser. »






Le très discret projet de loi sur la lutte contre le terrorisme en discussion

12/02/2016 – POLITIQUE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Contrairement au projet de loi sur la déchéance de nationalité qui a focalisé, avec la démission de Christiane Taubira, l’attention des médias et de l’opinion publique, celui sur la lutte contre le terrorisme est passé sous silence. Sauf que là, il ne s’agit pas de faire doublon par rapport à des lois déjà existantes… Défendu par Valls, Cazeneuve, Sapin et Urvoas — le nouveau garde des Sceaux du régime –, le projet de loi comporte un vaste arsenal de mesures liberticides, comme la facilitation des fouilles, la traçabilité des cartes bancaires prépayées, ou encore le recours à de nouvelles techniques d’interception des communications électroniques… Noël Mamère, pourtant député antisystème en peau de lapin, y voit, je cite : « Un premier pas vers une société orwellienne ».


Autopsie de l’imposture « antiterroriste »

Source : Blog de Jean-Pierre Anselme
Alors même que l’encre de la loi scélérate, dite loi sur le Renseignement, n’est pas encore sèche, le gouvernement instrumentalise l’attaque du train Thalys Amsterdam-Paris pour promulguer de nouvelles mesures liberticides. Lesquelles promettent d’être aussi inefficaces que les précédentes. Autopsie d’une imposture.

Aveux d’impuissance

« Comme l’homme maîtrisé dans le Thalys, les derniers auteurs d’attentats en France avaient tous été fichés à un moment par les services de renseignement avant de passer à l’acte », affirmait l’AFP, le 27 août. Dans le même article, l’agence cite, « sous couvert d’anonymat, un commissaire proche des services de renseignement : “Clairement, on se pose la question de ce qu’on peut faire de plus, mais là on n’est pas loin d’être à la limite de ce que l’on peut faire.” » Même son de cloche, humour noir en plus, dans cette confession rapportée par Didier Hassoux dans Le Canard Enchaîné du 26 août ; « “Je ne sais pas ce qu’on peut faire de plus”, soupire un ponte du renseignement, “Prier peut-être ?” » Et aussi, entre autres propos édifiants cités par l’hebdomadaire : « Il n’est pas le seul à faire cet aveu d’impuissance. Un de ces collègues, plus défaitiste encore, prédit même “un prochain 11 septembre à la française où les services seront de simples spectateurs. Mais je ne veux affoler personne…” »

Fuite en avant

Depuis les attentats de janvier, le plan Vigipirate mobilise près de 20 000 hommes, selon le ministère de l’Intérieur. La moitié d’entre eux sont des militaires, soit, comme le rappelait Le Monde (avril 2015), « plus de militaires mobilisés sur le territoire français que partout ailleurs à l’étranger, où ils sont 9 500 ». Un dispositif qui n’a pas empêché l’attaque du train Thalys Amsterdam-Paris par un seul individu (déjouée par miracle grâce à l’intervention rocambolesque de passagers)… Adepte du « On en rajoute une couche, surtout quand ça ne marche pas », le gouvernement français, dans la foulée d’une réunion des « ministres européens des Affaires intérieures », samedi 29 août, vient d’annoncer « une batterie de mesures pour renforcer la sécurité des trains » : multiplication des patrouilles armées dans les gares et dans les trains, contrôle des bagages sur les Thalys et les TGV (de quelques-uns à ceux de tous les passagers d’un même train)… Gageons qu’une nouvelle « batterie de mesures » du même acabit serait prise si demain, par malheur, un attentat venait à être commis sur une piste cyclable, un des 30 000 ronds-points de l’hexagone ou dans un champ de tournesols. « Citoyens dormez tranquille, la police veille ! »

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