Jean-Luc Mélenchon, idiot utile de la stratégie d’entrisme des militants islamistes ?

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« Le vote musulman a été largement dicté par des activistes islamistes. » Dans une note adressée à quelques hauts fonctionnaires et révélée par Europe 1, le Service central du renseignement territorial (SCRT) confirme l’influence majeure des militants islamistes dans l’orientation du « vote musulman » en faveur de Jean-Luc Mélenchon. Une stratégie d’entrisme de l’islamisme dans la vie politique qui se révèle déjà payante.

Jean-Luc Mélenchon, candidat des musulmans

Selon le SCRT, les influenceurs islamistes « ont clairement tenté de peser dans la campagne ». Alors qu’en 2017, l’électorat musulman se retrouvait éclaté entre les différents candidats de gauche, les activistes islamistes ont, cette fois-ci, tenté de fédérer le « vote musulman ». Pour y parvenir, quoi de mieux que de raviver le sentiment de victimisation au sein de la communauté musulmane ? Ainsi, à quelques jours du scrutin, alors que « les fidèles se sentent stigmatisés » par un « débat quasi permanent » sur l’islam, ces activistes islamistes font de l’islamophobie d’État un argument de campagne, explique la note du SCRT. À titre d’exemple, un communiqué rédigé par des « imams et prédicateurs » anonymes et relayé par de nombreux militants proches des Frères musulmans dénonce « le contexte très difficile que vit la communauté musulmane en France qui subit une opposition islamophobe injuste ». Quelques jours plus tard, Feïza ben Mohamed, militante contre la prétendue islamophobie d’État, et soutien de l’imam Iquioussen, pointe du doigt « les perquisitions sur des milliers de familles musulmanes » et « la stigmatisation et le démantèlement du tissu associatif musulman ».

Une fois l’électorat musulman soudé, ces activistes islamistes désignent Jean-Luc Mélenchon comme leur candidat. Ainsi, début avril, le Collectif contre l’islamophobie en Europe (CCIE) publie les résultats d’une enquête menée auprès de ses abonnés. Sans surprise, le chef des Insoumis est plébiscité à hauteur de 81,1 %. Le lendemain, le même CCIE propose une « grille des positionnements de certains candidats en matière d’islamophobie ». Une nouvelle fois, Jean-Luc Mélenchon apparaît comme le mieux noté. Des militants suivis par plusieurs milliers de personnes sur les réseaux sociaux apportent également leur soutien au tribun de Marseille. Hani Ramadan, frère du sulfureux Tariq Ramadan, Vincent Souleymane, prédicateur proche des Frères musulmans ou encore Abdelaziz Chaambi, fondateur du Collectif contre le racisme et l’islamophobie (CRI) partagent auprès de leur communauté le communiqué anonyme qui appelle « les citoyens français de confession musulmane à voter dès le premier tour pour le moins pire des candidats : Jean-Luc Mélenchon ».

Or, force est de constater que cette stratégie a porté ses fruits. Selon une enquête IFOP pour La Croix/em> publiée au lendemain de l’élection, 69 % des Français de confession musulmane auraient accordé leur suffrage à Jean-Luc Mélenchon. Une hausse de 32 points par rapport à 2017.

Le « chantage » des activistes islamistes »

Mais derrière ce soutien quasi unanime des militants islamistes se cache une stratégie d’entrisme. Comme le résume l’imam Hassan Iquioussen, dans l’une de ses prédications sur le vote, la politique est affaire de « chantage ». Une théorie que les activistes de l’islam radical ont bien comprise. Face à une gauche en quête de voix, ils n’hésitent plus à proposer un vivier électoral en échange de prises de position favorables à leur vision de l’islam. Jean-Luc Mélenchon, galvanisé par son score de 2017, est l’un des premiers à avoir cédé. Mais, déjà, d’autres commencent à emprunter ce dangereux chemin. La chercheuse Florence Bergeaud-Blackler, interrogée par Marianne, avertit : « S’il se passe en France la même chose qu’en Belgique, nous allons voir se multiplier l’entrisme frériste dans tous les partis et pas seulement chez LFI ou les Verts… » Les politiques réaliseront-ils le danger d’un tel entrisme avant qu’il ne soit trop tard ?

Clémence de Longraye

Tribune reprise de Boulevard Voltaire