Zemmour relève le défi des législatives dans le Var : les raisons d’un baroud d’honneur

zemmour trocadero

Éric Zemmour aurait pu rester à la tête de Reconquête et jouer les invités vedettes pour soutenir ses 550 candidats dans les circonscriptions et galvaniser ses militants partout, comme il sait le faire. Il aurait pu rester au-dessus de la mêlée, comme Jean-Luc Mélenchon, par exemple, qui ne se présentera pas. L’ancien journaliste a décidé, au contraire, d’entrer dans la bagarre. Il sera candidat dans la quatrième circonscription du Var. Il a peu de chances de l’emporter.

Zemmour a obtenu dans cette circonscription 13,25 % des voix au premier tour de la présidentielle, il est arrivé en quatrième position. Il affrontera une députée sortante macroniste et un candidat RN bien implanté. Le vote utile va à nouveau jouer contre lui, au niveau local cette fois. La marche est vraiment très haute.

Le président de Reconquête a longuement hésité. Son entourage était partagé. Certains le poussaient. D’autres estimaient qu’il avait d’autres moyens de montrer son engagement en mettant sur pied, par exemple, un laboratoire de réflexion et de formation des jeunes, en se ménageant pour les élections européennes. Et qu’il courait le risque de se carboniser. Zemmour avait, en réalité, toutes les raisons de ne pas y aller… C’est un Parisien pur sucre : il a parlé de son enfance en banlieue et de ses attaches dans la capitale mille fois pendant la campagne. Il a fait, du reste, son meilleur score à la présidentielle non pas dans le Sud mais à Paris, dans le 16e arrondissement. Il bascule à 878 kilomètres de Paris : impossible de trouver plus loin ! Zemmour n’a pas l’accent du Midi et n’a aucune expérience politique locale. Il sera guidé par le maire de Cogolin, mais il n’a pas la connaissance directe des réseaux d’influence locaux, des baronnies et il retrouvera son adversaire principal : le vote utile en faveur du candidat RN.

Le RN ne lui fera aucun cadeau. Mercredi, son président Jordan Bardella, devant la presse réunie pour la publication des listes des candidats, a eu ce petit mot d’accueil : « S’il essuie un nouvel échec, il sera obligé d’en tirer les conclusions. » Bardella a insisté sur la marginalisation de Reconquête, comme de la NUPES de Mélenchon, dans le jeu politique : « Il n’y a que nous pour nous opposer à Emanuel Macron. » Bardella ne voit toujours « aucun intérêt » à tout accord d’appareils et pense que « beaucoup d’électeurs de Zemmour se pencheront dès le premier tour sur le RN ». Bref, il a beaucoup de coups à prendre.

Mais l’ancien polémiste aime cette région. Il y passe ses vacances depuis vint ans. Surtout, « il veut montrer que le général peut monter au front, se battre sur le terrain », explique, à Boulevard Voltaire, Stanislas Rigault, le président de Génération Z, lui-même candidat aux élections législatives dans le Vaucluse. « Il veut encourager les jeunes candidats de Reconquête par l’exemple. » C’est une nouvelle bataille qu’il veut mener de face.

Zemmour l’a dit, sur place, avec ses mots. « Je ne me voyais pas mener le combat de l’arrière, je le mènerai à la tête de mes cinq cent cinquante candidats Reconquête, et il faudra, ici comme partout, répandre nos idées qui sont celles de l’avenir », a lancé le candidat à la députation. « On m’a beaucoup dit que la présidentielle était dure. C’est vrai, c’était un combat redoutable, cruel, parfois injuste. Mais j’aime aussi ce combat et je reviens ici pour le mener. »

Zemmour n’a jamais été élu : la défaite dans ce fief indéboulonnable pendant cinq mandats du maire de Saint-Tropez Jean-Michel Couve, un RPR devenu LR qui a régné 24 ans avant de laisser son fauteuil à la députée En marche ! en 2017, est logique, attendue. L’ancien journaliste ne peut donc avoir que de bonnes surprises. « Je suis venu dans le Var parce que j’aime le Var et les Varois, et mon petit doigt me dit qu’ils me le rendent bien », a-t-il encore lancé à ses partisans.

Il aurait peut-être perdu davantage en image, s’il avait filé à l’anglaise. Il y a, dans cette démarche, un baroud d’honneur, pour l’exemple, qui ne manque pas d’un certain panache. Il va tenter de montrer qu’on peut être perdant mais courageux. Il sculpte son personnage, son image, sa stature de chef de parti politique. Une démarche d’avenir. Un premier pas.

Marc Baudriller

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Nupes: peut-on faire lit commun et chambre à part? – La drôle d’union de la gauche

bouhafs melenchon

Là où à droite l’union avec l’extrême-droite est un tabou, l’union de l’ensemble des forces à la gauche de l’échiquier politique, y compris avec les extrêmes, fait l’objet d’une véritable mystique.

Au point que l’on peut avoir l’impression que l’affichage de l’union suffit à contenter l’électeur, sans qu’il soit nécessaire que le chemin soit très clair, voire même en l’absence de projet commun. Pire, affublé du manteau de l’« union de la gauche », même l’accord le plus boiteux est présenté comme l’annonce d’une victoire qui ne saurait être empêchée que par un système injuste et dévoyé. C’est ainsi que Jean-Luc Mélenchon présente la NUPES, Nouvelle Union Populaire, Ecologique et Sociale comme le troisième tour de la présidentielle, celui censé doter la France d’un gouvernement effectif, et fait semblant d’être candidat au poste de Premier ministre, afin que même les législatives soient une ode à sa personne. Or, non seulement les institutions ne sont pas conçues dans ce but, mais le leader de LFI croit tellement peu à cette histoire qu’il ne fait même pas semblant d’avoir adossé cette soi-disant union de la gauche sur un quelconque programme commun.

Intérêts bien compris…

Le problème c’est que cet accord d’appareil, bouclé à la va-vite, sur les seules bases de l’intérêt bien compris de sortants qui ne veulent pas perdre leur place, fait l’impasse sur tant de sujets de dissensions qu’il n’a pas fallu bien longtemps pour que ressorte, autour de candidatures symboliques, la poussière qui avait été mise sous le tapis. La candidature de Taha Bouhafs est devenue le révélateur gênant de la véritable nature de LFI et a mis les différents partis de gauche devant la vraie nature des leurs noces. Adrien Quatennens a beau jeu de parler des centaines de circonscriptions où les accords paraissent stables, pour essayer de faire passer le scandale autour de la candidature de Taha Bouhafs pour un épiphénomène. Elle est, au contraire, révélatrice des fractures réelles qui font de la NUPES une simple machine électorale et non un espoir politique.

Taha Bouhafs est archétypal de la dérive islamogauchiste du parti de Jean-Luc Mélenchon, proche des islamistes du CCIF et de Barakacity, c’est un identitaire qui considère que l’appartenance raciale prime sur tout et doit déterminer les comportements. C’est ainsi qu’il avait traité la policière Linda Kebbab, d’ « arabe de service », car pour lui, servir l’Etat français c’est être littéralement traître à sa race, apporter sa caution à la « persécution des musulmans ». Taha Bouhafs, c’est aussi celui qui avait provoqué l’expulsion d’Henri Pena-Ruiz de LFI. Le philosophe, spécialiste de la laïcité, avait eu le malheur de rappeler, lors des universités d’été du mouvement, en 2019, qu’en France on avait le droit et la liberté de critiquer les religions. Il a été victime d’une véritable campagne de dénigrement sur les réseaux sociaux et au sein du parti. Campagne orchestrée notamment par Taha Bouhafs. Car l’ancien candidat qui se victimise aujourd’hui est connu pour son agressivité sur les réseaux et les logiques de meute qu’il sait si bien orchestrer. Ce sont ces faits qui ont amené Fabien Roussel à s’interroger sur l’opportunité de présenter un tel personnage à la députation. “Je ne comprends pas que LFI puisse présenter sous ses couleurs quelqu’un qui a été condamné en première instance pour injure raciale”. Il n’était pas le seul à s’étonner et l’affaire Bouhafs a poursuivi tous les représentants de la LFI depuis que la candidature a été annoncée. D’Alexis Corbière à Adrien Quatennens, on ne compte plus les grands moments de solitude médiatique et les circonvolutions de langage déployées pour défendre l’indéfendable. Taha Bouhafs serait ainsi victime de calomnies ou de la haine de l’extrême-droite. Il serait harcelé parce que jeune, d’origine maghrébine et sans diplôme. Hélas, il n’est victime que de son comportement, et ce qui lui est reproché ce sont des faits, des actes, des écrits. Il est même comique d’entendre tous les leaders LFI interrogés expliquer qu’il n’a jamais été condamné pour « injure raciale » mais pour « injure publique » en oubliant que le vrai intitulé de la condamnation est « injure publique à raison de l’origine », ce qui est difficile à distinguer d’attaques racistes. La position était dure à tenir même pour des spécialistes de la malhonnêteté intellectuelle et Taha Bouhafs a été débranché pour éviter que l’on discute plus de l’islamogauchisme de la LFI que du retour de l’union de la gauche.

Mélenchon tient les banlieues communautarisées, et ne veut plus les lâcher

Sauf que la clientèle des quartiers, sensible au discours sur la « persécution des musulmans » sur lequel prospère en partie la boutique LFI, ne doit pas manquer à Jean-Luc Mélenchon s’il veut faire de ces législatives une démonstration de force. La solution est donc de lâcher Taha Bouhafs, pour préserver la mystique de l’union de la gauche et de faire porter le chapeau au PCF. Cela évite de cristalliser l’opinion sur un candidat qui illustre parfaitement la dérive racialiste et les proximités avec les islamistes de LFI d’un côté, tout en entonnant le grand air de la victimisation et de la persécution d’un jeune militant musulman sur les réseaux. Et voilà Taha Bouhafs élevé au rang de voix de « ceux qui ne sont rien », dans le même temps que le retrait de sa candidature devrait rapidement calmer le jeu et permettre de réinstaller la campagne autour de la thématique de l’élection du Premier ministre. Le problème est qu’une partie des militants LFI ne se caractérisant ni par leur sens de la modération ni par leur adhésion à la discipline de parti, Fabien Roussel et le PCF subissent de telles attaques sur les réseaux sociaux que l’on se demande si la NUPES, à peine née, tiendra jusqu’aux élections.

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Législatives : Marine Le Pen va au charbon, par Franck Deletraz

marine le pen

Alors que les grands médias de la Macronie nous serinaient depuis des jours avec son prétendu « abattement » et évoquaient même sa possible « non-participation » aux élections législatives du mois de juin prochain, Marine Le Pen est revenue dimanche matin au-devant de la scène politique nationale plus combative et plus offensive que jamais. En effet, en visite dans son « fief » d’Hénin-Beaumont, dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, où elle est candidate à sa réélection, la députée du Rassemblement national, après avoir rappelé très justement que « le combat n’est pas terminé », a entamé sa campagne électorale par de féroces – mais justes – attaques contre Macron et son « bouffon » Mélenchon.

« Le combat n’est pas terminé »

Prenant la parole au terme d’un impressionnant bain de foule, Marine Le Pen a ainsi assuré ses partisans que le combat allait continuer « parce que la politique qu’Emmanuel Macron compte mettre en œuvre est tout aussi nocive aujourd’hui qu’elle ne l’était il y a 15 jours », et qu’« il faut donc absolument faire en sorte de les empêcher de nuire, lui et ses alliés ». Disant espérer une « entrée en force à l’Assemblée nationale » des candidats RN pour mener à bien ce combat, l’ex-candidate à la présidentielle a également réaffirmé sa volonté de lutter contre « le laxisme que nous avons vu à l’œuvre depuis cinq ans en matière d’insécurité et d’immigration ».

« La fable de Jean-Luc Mélenchon »

Une intervention au cours de laquelle l’occupant de l’Elysée n’a pas été le seul à se voir vivement critiqué. En effet, évoquant l’incroyable et insupportable feuilleton médiatique de l’union des gauches autour de Mélenchon, Marine Le Pen s’est à fort juste titre exclamée : « La fable de Jean-Luc Mélenchon s’opposant à Emmanuel Macron, on va peut-être arrêter, maintenant ! Ça a duré 15 jours, ça a fait rire tout le monde… » Or, a-t-elle poursuivi, il « joue les fous du roi, il surjoue l’insolence à l’égard du président », mais « la réalité, c’est que Jean-Luc Mélenchon a fait élire Emmanuel Macron ». Ce qui, a-t-elle ajouté, « le discrédite absolument pour pouvoir se mettre dans la posture de l’opposant ». D’autre part, a encore souligné avec ironie la candidate du Rassemblement national dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, en faisant allusion aux récentes déclarations de Jean-Luc Mélenchon estimant qu’il n’avait pas besoin de se présenter à sa réélection, « pour gagner des législatives, il faudrait déjà qu’il accepte de se présenter. Ce serait un bon début… »

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 9 mai 2022

Grâce à Macron, Mélenchon en terrain conquis

Le « barrage à l’extrême droite » laisse l’extrême gauche en terrain conquis. C’est à un jeu de dupes que s’est prêté le candidat Emmanuel Macron en brandissant la menace qu’aurait fait courir Marine Le Pen pour la République et pour la France. En réalité, il y a bien un néofascisme qui vient : il montre, ici et là, sa face hideuse, sectaire, violente. Mais cette régression totalitaire se dissimule derrière les mots enrobés de La France Insoumise et de son chef, contre qui le président réélu n’a jamais jugé bon de mettre en garde. Cette bienveillance en haut lieu produit ses premiers effets : Jean-Luc Mélenchon, fort de son talent d’orateur et de stratège, mais aussi d’une caution morale usurpée, est en train de jouer habilement de la somnolence du système à son égard. Non content de s’être approprié, dimanche 1 er mai à Paris, la colère syndicale, il s’est gardé de dénoncer les casseurs « antifas », qui ont une nouvelle fois mis à sac des banques ou des commerces, pour préférer accuser la préfecture de police de les avoir laissé faire.

Or ces violences urbaines illustrent cette lèpre fascistoïde qui monte des rangs de l’ultra-gauche : celle-ci partage avec LFI et ses soutiens une même détestation du capitalisme mais aussi de la démocratie libérale et de ses règles. C’est d’ailleurs ce socle qui a persuadé le melenchonisme de s’allier également à ce qu’il croit être l’ « islam révolutionnaire », au prétexte que cette idéologie cherche à prendre sa revanche sur l’Occident et ses hégémonies. Le prolétariat qui intéresse Mélenchon n’est plus celui des « petits blancs », partis rejoindre le RN, mais celui de la « diversité ».

En fait, tout est faux dans ces usages de mots creux. Le bourrage de crâne contre l’ « extrême droite », qui a vu Macron et Mélenchon faire cause commune, a été un leurre pour faire taire une France trop française au profit de la « nouvelle France » adulée par la classe élitaire. Quant à l’ « alliance populaire » dont le leader de LFI veut être l’architecte, elle n’est que le rapprochement avec le seul peuple issu de l’immigration extra-européenne et majoritairement musulmane. Tandis que la droite de gouvernement a admis, par soumission, son interdiction de s’unir à Marine Le Pen, la gauche donneuse de leçons n’a plus aucun scrupule – hormis quelques rares honorables socialistes qui se désespèrent des lâchetés d’Olivier Faure – à s’autoriser ce qu’elle défend aux autres.

Dimanche soir, un accord en vue des législatives a été conclu entre LFI et les Verts, en attendant celui avec ce qui reste du PS. Parlant du PCF qui se laisserait désirer, Mélenchon a assuré : « Les communistes sont nos amis, nos alliés ». Ce qui se met en place est un front radicalisé des gauches qui n’acceptent pas leur défaite, et qui n’excluent pas d’en appeler à la rue, comme a pu le suggérer Clémentine Autain (LFI). Macron, qui a préservé sa réélection en activant le manichéisme, peut être tenu pour responsable de ce coup de force d’une gauche qui fourbit ses armes. Il n’est pas sûr que les Oubliés acceptent ce cocufiage.

Ivan Rioufol

Texte daté du 2 mai 2022 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Mélenchon… premier sinistre ? Le bloc contre l’union populaire

Mélenchon

Face au bloc populaire, incarné par le RN, et au front mondialiste, dont le champion est incontestablement Macron, Jean-Luc Mélenchon tente « l’union populaire ». Après avoir écrasé la gauche, il essaie de dissoudre ses concurrents dans son parti.

Jean-Luc Mélenchon l’a appelé de ses vœux. Pour contrer la politique d’Emmanuel Macron, une seule option pour le leader et candidat malheureux de la France Insoumise : l’envoyer à Matignon pour créer une alternance. Pour cela, Mélenchon n’a qu’une option : obtenir une majorité nette à l’Assemblée nationale. Fort de ses 20 % qui ont bien failli le porter au second tour, l’ancien sénateur du PS aura surtout réussi à écraser ses concurrents, renvoyant le PS aux oubliettes de l’Histoire et cassant la dynamique que les Verts avaient cru trouver en remportant plusieurs villes. Seule épine à son pied, le baroud d’honneur du Parti communiste français et de son candidat Fabien Roussel. Comme si l’ancien parti de Georges Marchais s’était souvenu qu’il était à la base l’étendard des ouvriers dont l’immense majorité a rejoint les rangs de Marine Le Pen. Roussel a eu au moins le mérite de ne pas voir comme sienne la dérive islamo-gauchiste de ses concurrents Insoumis et surtout la menace de la fin pure et simple d’un des plus vieux partis de France. Si les communistes ont l’habitude d’être accusés de trahison par la droite, il faut dire qu’ils sont peu habitués à voir cette accusation venir de la gauche. Et pourtant, aux yeux de Mélenchon et de ses lieutenants, ce sont eux qui portent la responsabilité de l’échec Insoumis au premier tour, les privant à leurs yeux des quelques voix qui manquaient au Chavez français.

Qui reste-il alors ? Le PS ? EELV ? Si de nombreux militants de ces deux partis seraient pour un rapprochement, la plupart des cadres s’y refusent. Stéphane Le Foll et Yannick Jadot savent que cette union aurait des accents de dissolution. Le Foll l’a rappelé sur France Inter : « ce serait l’effacement final » a martelé le maire du Mans dans la matinale de Public Sénat. Olivier Faure a tenu néanmoins à engager des discussions avec Jean-Luc Melenchon, une telle initiative a déjà provoqué la démission de cadres du PS. Chez Jadot, même son de cloche : s’il ne repousse pas l’idée d’une coalition, il s’oppose vertement à ce qu’elle se fasse derrière Mélenchon. Reste à l’écologiste à convaincre l’aile gauche de ses troupes menées par la caricaturale Sandrine Rousseau. Mais peuvent-ils vraiment endiguer la vague rouge-verte de celui qui les a passés à l’équarrissage, primaire populaire comprise ? En bref, Jean-Luc Mélenchon tente tout pour ravir la place d’opposant principal à Marine Le Pen, elle qui assume la stratégie inverse de ne s’allier avec personne, capitalisant sur les nombreuses voix gagnées par rapport à 2017. Si la capacité du RN à créer un groupe parlementaire en 2022 semble, enfin, une certitude, les projections lui promettant entre 80 et 120 députés semblent aujourd’hui assez optimistes au vu de la carte électorale. En définitive, il n’y a qu’un seul gagnant : Emmanuel Macron va gouverner contre une opposition qu’il aura achevé de décomposer, le risque de voir l’Assemblée nationale divisée entre un bloc macroniste et plusieurs îlots de groupes semble aujourd’hui l’hypothèse la plus probable. Jérome Sainte-Marie l’a bien résumé chez nos confrères de Boulevard Voltaire : « Si le bloc élitaire est achevé, le bloc populaire n’a pas réussi à se constituer, ceux qui disent que Macron est mal élu se trompent : il aura toutes les mains libres pour mettre en marche son programme. »

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 27 avril 2022

« Le bloc national doit s’unir et se rassembler » : Éric Zemmour en appelle au Rassemblement national, à Debout la France et aux Républicains « qui ne veulent pas s’allier à Emmanuel Macron »