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Emmanuelle Duverger-Ménard : « Je suis venue à l’Assemblée défendre des convictions ! »

03/07/2017 – FRANCE (NOVOpress)
Emmanuelle Ménard, élue députée grâce à une véritable union des droites, vient de faire sa rentrée à l’Assemblée nationale.

Elle réaffirme sa volonté d’être « un pont entre le FN et la droite plus classique ».

Venue défendre des sujets rattachés au territoire biterrois, elle entend aussi agir, sur le plan national, pour la protection des plus faibles, des retraités menacés par l’augmentation de la CSG, pour la sécurité, l’éducation et les valeurs familiales.

J’ai été élue sur une liste d’union des droites soutenue par six partis politiques. Pour moi, c’est très important. J’espère que je pourrai être le pont entre cette droite représentée par le Front national et la droite plus classique. J’y suis très attachée. Les contacts que j’ai pris sont bons. Il est peut-être encore un peu trop tôt, mais je pense que lorsqu’on se sera tous mis au travail, les différents députés verront que l’on connaît nos dossiers, que l’on est vigilant sur des sujets comme la sécurité, la protection des personnes les plus faibles ou les plus défavorisées.



Emmanuelle Ménard : "Je suis venue à l… par bvoltaire

Après les législatives, une majorité de Français en état de sécession ?

22/06/2017 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
A l’occasion des législatives une majorité de Français, ce sont, de facto, mis en état de sécession vis à vis de la Ve République française.

Retour sur les chiffres, rien que les chiffres

Au premier tour de l’élection législative 51 % des Français ne sont pas allés voter. 357 000 d’entre eux ont voté blanc et 156 000 ont vu leur vote compté nul. Au total, pas loin de 25 millions d’électeurs sur 47 000 000 n’ont accordé leur voix à aucun des multiples candidats qui se présentaient.

Cela signifie, par exemple que la population de Bretagne additionnée à celle de Bourgogne Franche Comté, d’Auvergne Rhône Alpes, Centre Val de Loire, Grand Est, et de Normandie, soit 6 régions sur 13 de la France métropolitaine, ne s’est pas reconnue dans le fonctionnement des institutions de la République française.

Quels sont les ratios nombre de voix, nombre de députés

Au second tour, les candidats de La République en marche remportent 306 sièges de député (sur 577) en ayant été choisis par 16 % des inscrits. Si l’on compare, avec le score global au premier tour 13 % des inscrits et au final 8 députés, cela signifie qu’avec seulement à peine moins de 3 fois plus de voix que le FN, le parti d’Emmanuel Macron obtient 38 fois plus de sièges à l’Assemblée nationale.
La France insoumise, qui obtient 17 députés, est légèrement mieux (mais très peu) lotie que le FN 3 fois moins de voix que La République en marche, mais 18 fois moins de députés.
Les Républicains (avec l’UDI) ont obtenu 113 députés avec 4,5 millions de voix au second tour et 4,2 millions au premier tour. Là encore, la comparaison nombre de députés / nombre de voix est révélatrice.
Qu’on le souhaite ou non, la France est un pays en état avancé de sécession. La rentrée pourrait être chaude…

Élections législatives : ils sont huit députés FN ! – par Caroline Parmentier

Ceux qui avaient déjà brûlé Marine Le Pen et enterré le FN devront attendre encore un peu. « A huit » comme l’a efficacement résumé Jean-Yves Le Gallou sur TV Libertés dimanche soir, « s’ils bossent bien, ils peuvent se faire entendre ».

Ils sont huit malgré un mode de scrutin fait pour les éliminer et en gagnant seuls contre tous une fois de plus malgré les nombreuses alliances républicaines LR- En Marche. Si comme c’est souhaitable Jacques Bompard et Nicolas Dupont-Aignan joignent leurs forces le plus souvent possible et pourquoi pas durablement, ils seront dix.

« Nous serons des députés de combat » déclarait Bruno Bilde samedi dans Présent tandis que Marine Le Pen assène : « Il y a une très grosse vague qui a emporté le PS et l’UMP, nous résistons. Un député FN en vaut dix. Ça vaut peut-être même vingt d’En Marche si j’en crois les profils. »

Marine Le Pen fait pour la première fois son entrée à l’Assemblée nationale après avoir remporté la 11e circonscription du Pas-de-Calais avec 58,75 % des suffrages. Louis Aliot que nous nous réjouissons de voir élu, déclarait mardi dans Présent qu’il n’aurait pas d’alliance contre lui : il remporte la mise dans la 2e des Pyrénées-Orientales en s’imposant d’une courte tête face à la candidate Modem avec 50,56 %. Bruno Bilde est élu dans la 12e du Pas-de-Calais (55,07 %) il est l’un des plus anciens conseillers de Marine Le Pen. Emmanuelle Ménard, la femme du maire de Béziers, sera le député de la 6e circonscription de l’Hérault (53,49 %). C’est son premier mandat électoral. Elle n’est pas membre du Front national mais celui-ci l’a soutenue durant la campagne. Elle est aussi la directrice du très bon site d’information de nos amis de Bd Voltaire. Sébastien Chenu est élu avec 55,35 % des voix dans la 19e circonscription du Nord. Transfuge des Républicains, ancien chef de cabinet de Christine Lagarde, ancien secrétaire général de l’UMP, ancien co-fondateur de Gay Lib, prise de guerre et symbole de la dédiabolisation, son arrivée au FN en 2014 avait été très critiquée.

Ludovic Pajot : après la plus jeune députée de l’Assemblée nationale (Marion Maréchal-Le Pen) le FN fait à nouveau entrer le benjamin de la mandature : le gagnant de la 10e circonscription du Pas-de-Calais (52,58 %) a 23 ans. A l’automne dernier, il est allé soutenir d’autres frontistes qui s’élevaient en conseil municipal contre l’accueil de migrants, ce qui avait provoqué « la nausée » du maire de Béthune mais pas de ses électeurs apparemment.

José Evrard : à Lens, conseiller départemental et ancien communiste, il remporte la 3e circonscription du Pas-de-Calais avec 52,94 %.

Gilbert Collard sauve d’un cheveu son siège dans la 2e du Gard avec 50,16 % et entame sa seconde législature avec du renfort. « Ce n’est pas concevable que j’aie eu tant de difficulté dans un coin comme le Gard avec une dynamique qui s’est arrêtée en plein vol », s’est énervé l’avocat avant de promettre un règlement de comptes avec la ligne Philippot, lequel très contesté en interne, a été battu dimanche soir.

Caroline Parmentier

Article publié dans le quotidien Présent daté du 20 juin 2017

Gilbert Collard: «Mon élection? Un premier coup de pied dans le cul au système»

19/06/2017 – FRANCE (NOVOpress)
« J’ai gagné parce que le peuple de Camargue est un peuple fier et libre. Il n’est pas tombé dans le piège de la médiatisation macronienne » a commenté Gilbert Collard.

Le député sortant réélu a ensuite menacé Emmanuel Maron promettant : « il va m’entendre ». Pour lui, le système avait « ​pris son premier coup de pied dans le cul ».



Gilbert Collard: «Mon élection? Un premier coup… par Lopinionfr

Législatives : pas de raz de marée mais une majorité absolue pour Macron

19/06/2017 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Le second tour des élections législatives a légèrement corrigé le premier. L’électorat « En Marche » semble s’être, lui aussi démobilisé, compte tenu de la victoire qui était promise au parti macroniste. En témoigne la participation, qui a encore baissé de 5 points par rapport au premier tour. Avec moins de 43,5 %, elle atteint un point bas historique.

Mais contrairement à ce qu’affirmait François Fillon pendant la campagne présidentielle, le président Macron aura une majorité confortable pour gouverner

Avec 49 % des suffrages exprimés hier, l’alliance La République En Marche – Modem aura environ 359 sièges au Palais Bourbon, soit 62 % des députés. La Rem aura même la majorité absolue des sièges sans le Modem.

L’opposition n’a pas pour autant disparu…

Et au premier chef Les Républicains et leurs alliés : avec environ 125 sièges, le centre droit représentera la première force d’opposition. Suivent les socialistes et leurs alliés (46 sièges), la France insoumise et les communistes (26 sièges ensembles) et enfin le Front National (8 sièges). Il faut y ajouter une dizaine d’élus divers.

Avec 59% des suffrages dans sa circonscription, Marine Le Pen sauve l’honneur

Elle fera son entrée à l’Assemblée, en compagnie de 4 autres députés FN du Nord Pas de Calais, ainsi que de Louis Aliot, Gilbert Collard et Emmanuelle Ménard. Il faut y ajouter Jacques Bompard et Nicolas Dupont Aignan. Pas assez pour constituer un groupe, sauf si le nombre de 15 députés requis est abaissé. A noter également que la Corse a élu 3 nationalistes sur 4 députés.

Emmanuel Macron et Edouard Philippe sont en revanche les grands gagnants

Ils ont en effet réussi à faire imploser le Parti Socialiste. Mais pas encore Les Républicains, qui résistent bien. En outre, le Sénat n’est pas encore acquis à la cause du président de la République. La majorité sénatoriale actuelle est de centre droit, mais il est possible qu’elle collabore avec le gouvernement Philippe.

Louis Aliot : “Nous espérons former un groupe à l’Assemblée”

19/06/2017 – FRANCE (NOVOpress)
C’est la première fois qu’il pénétrera dans le palais Bourbon en tant que député. Louis Aliot a été élu dans la deuxième circonscription des Pyrénées-Orientales. Il fait partie des huit candidats du Front national à entrer à l’Assemblée nationale, dépassant les deux sièges occupés dans la précédente législature par Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard

Huit sièges qui ne permettent pas au parti frontiste de constituer un groupe. Mais ce lundi 19 juin, Louis Aliot a déclaré sur RTL :

Nous espérons former un groupe à l’Assemblée avec des indépendants.

Nicolas Dupont-Aignan, élu dans l’Essonne, pourrait par exemple s’allier aux frontistes, selon les souhaits formulés par le nouvel élu.


Mis en difficulté, Jean-Frédéric Poisson plaide pour une France qui protège

14/06/2017 – FRANCE (NOVOpress avec le Bulletin de réinformation de Radio Courtoisie)
Nettement devancé par l’ex-sarkozyste puis ex-juppéiste puis ex-filloniste et désormais macroniste Aurore Bergé, soutenue par Alain Juppé, Jean Frédéric Poisson est mis en ballotage. Avec seulement 19 % des suffrages contre plus de 46 % pour Aurore Bergé, son score sera, selon toute vraisemblance, difficile à remonter !

En difficulté, le chef de file du PCD en a profité pour libérer sa pensée !

En effet, le député sortant s’est d’abord livré à un constat sans concessions : « C’est une gifle pour nous, très clairement. Je souhaite, à ce stade, vous répéter que pour nous, pour moi, c’est une baffe comme on en prend rarement en politique ».

Il poursuit : « Il est, d’une certaine manière, incompréhensible, dans ce contexte qu’après tant d’heures données au service de ce territoire, des habitants et des communes, tout le travail qui a été fourni ne soit pas reconnu dans les urnes ».

Jean Frédéric Poisson n’a toutefois pas économisé la sévérité de son analyse, pour critiquer lucidement la vie parlementaire à venir :

Nous sommes en face d’une forme de 18 brumaire démocratique, il est en train de se préparer à l’Assemblée nationale une domination sans précédent d’une formation politique dont le projet est flou, dirigé par un président de la République qui dévoile peu à peu ses intentions, qui muselle la presse, qui s’apprête à démanteler le code du travail, qui, effectivement, installe petit à petit un matraquage fiscal comme jamais nous n’en avons connu et en définitive, c’est ce projet que les Français choisissent aujourd’hui.

Face à cette perspective, Poisson esquisse sa vision politique :

Je veux une France qui protège les faibles, je veux une France qui soit attentive aux plus fragiles, je veux une France qui accompagne ses tissus locaux, dans laquelle les députés s’occupent de leur territoire parce qu’ils y sont enracinés.

Et l’ancien député de conclure par la devise de Charette : “Combattu, toujours ; battu, parfois ; abattu, jamais“.

Triomphe de Macron à l’Assemblée : vers le développement d’actions extra-parlementaires pour se faire entendre ?

13/06/2017 – FRANCE (NOVOpress)
Dans un entretien accordé au site MSN, Jean Garrigues – historien et spécialiste de l’histoire politique contemporaine –, le triomphe probable des candidats d’Emmanuel Macron est totalement inédit et pose un grave problème de représentativité.

Pour ce professeur à l’Université d’Orléans et à Sciences Po, ce succès est incomparable :

Il n’y a pas d’exemple de majorité aussi vaste sous la Ve République. Avec 70 % des sièges, selon les projections des instituts de sondage, la vague de la République En Marche (REM) est au-dessus de celle des socialistes en 1981 et des vagues bleues de la droite, en 1968 et 1993. Surtout, il y a un découplage entre le pourcentage de voix obtenues au premier tour, 32 %, et la proportion de sièges, estimée à environ 70 %. Compte tenu de l’abstention historique de ce premier tour des législatives, le parti d’Emmanuel Macron obtiendrait cette majorité écrasante avec à peine 16 % des inscrits.

Par ailleurs, Jean Garrigues prévient que le manque de représentativité des patriotes pourrait susciter le développement de manifestations extra-parlementaires :

L’introduction de la proportionnelle se justifie pleinement, notamment par la nécessité de mieux représenter les deux partis d’extrême droite et d’extrême gauche. D’autant que l’électorat d’Emmanuel Macron est plutôt celui de la France qui réussit, urbain, cadres et professions libérales. Qui va représenter la France qui souffre et qui subit les dégâts de la mondialisation? Si elle n’entre pas au Parlement, cette France va s’exprimer de façon extra-parlementaire, dans la rue ou les réseaux sociaux.

Pour lire l’interview dans son intégralité, c’est par ici.

Élections législatives : La désertion – par Guy Rouvrais

La fracture béante entre la France d’en bas et celle d’en haut, entre les bénéficiaires de la mondialisation et ses victimes, n’a pas fondu au soleil de juin, pas plus qu’elle n’a disparu en mai avec l’élection d’Emmanuel Macron. C’est la sociologie électorale qui le dit : ceux qui ont voté pour lui le mois dernier et dimanche pour ses candidats, ce sont ceux que les économistes et les têtes chercheuses du marketing et de la publicité appellent les CSP +, les bobos intégrés, comblés par la libéralisation de notre économie, jouissant de confortables revenus. En Marche leur en promet davantage.

Ils sont donc en pâmoison devant le nouveau président, ils chantent le « formidable succès » de ce premier tour. Mais les autres existent toujours, les exclus, les oubliés, les laissés pour compte de la mondialisation, qui souffrent de la condescendance des prétendues élites dont le macronisme est le dernier avatar. Ce sont ceux-là qui sont restés chez eux dimanche, aboutissant à ce triste record d’abstention sous la Ve République, plus de 51 %.

Dans ces conditions, il est indécent que les dévots du gourou Macron célèbrent une victoire bâtie sur la désertion, l’écœurement, le rejet d’un électeur sur deux. Le chef de l’Etat s’est pourtant déclaré « heureux » de ce résultat. Mais comment peut-il l’être quand tant de ses compatriotes ont dit, en boudant les urnes, combien ils étaient malheureux ? Que les vainqueurs n’oublient pas que leur quelque 32 % ne représentent finalement que 15 % des électeurs inscrits, la « majorité » est un colosse aux pieds d’argile.

Que tant de Français ne se sentent plus concernés par le gouvernement, et donc le destin de leur pays, parle plus haut et plus fort que les clameurs triomphalistes des macronistes. Pour combien de temps les premiers se contenteront-ils de cette protestation silencieuse ? Car cette indifférence dissimule aussi de la colère. Si elle ne peut pas s’exprimer à l’Assemblée nationale, c’est dans la rue qu’elle le fera, et nul ne sait jusqu’où elle peut aller quand ce qui, dans le domaine fiscal et social, était projet deviendra réalité, lorsque la majorité des godillots – et des escarpins – d’Emmanuel Macron auront voté sans barguigner tout ce qu’il leur présentera.

Sans le Front national, cette abstention eût été encore plus grande. Car ses détracteurs doivent au moins lui reconnaître ce mérite civique d’avoir ramené aux urnes les milieux populaires qui en étaient détachés. C’est un combat de chaque instant qui n’est pas toujours gagné. Quand le découragement gagne même ceux-là, alors le FN en fait les frais. Son score n’égale pas celui de Marine Le Pen, mais il y a toujours eu ce décalage à la baisse entre le scrutin présidentiel, très personnalisé, et le législatif où les candidatures sont éclatées, sachant qu’il y a une prime aux sortants, or le Front national n’en avait que deux. Il en aura sans doute davantage, ne serait-ce que Marine Le Pen dans sa circonscription. Cela dit, il reste possible pour les patriotes d’arracher des sièges encore en balance à condition que, devant la déferlante Macron, ceux qui refusent une Assemblée nationale sans opposition crédible se mobilisent immédiatement avec ardeur pour que la voix des oubliés puisse résonner fortement sous les voûtes du Palais Bourbon.

Guy Rouvrais

Article publié dans le quotidien Présent daté du 13 juin 2017

Vers une majorité écrasante pour le président à l’issue du second tour ?

12/06/2017 – FRANCE (NOVOpress avec le Bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
En préambule, il convient de souligner certaines défaites cuisantes. Ainsi, comme un symbole du naufrage du PS, Jean Christophe Cambadélis a été battu dans la 16e circonscription de Paris. De même, Benoît Hamon est éliminé dans la 11e circonscription des Yvelines. De son côté, Marine Le Pen arrive en tête dans sa circonscription du Pas de Calais avec près de 45 % des voix. En outre, dans l’Aisne, le FN est présent dans tous les duels du second tour.

Quelles seraient les conséquences sur la composition de l’hémicycle ?

A l’occasion de cette élection, il est à noter que 7 800 candidats sont en lice. 39 % des députés sortants ne se représentent pas. Cela apporte un renouvellement certain. Si les projections du premier tour se confirment, le parti de la majorité frôlerait la performance de 472 députés obtenus par la majorité de droite en 1993.
Par ailleurs, une formation politique qui n’existait pas il y a deux ans est sur le point de rafler une insolente majorité à l’Assemblée nationale, bouleversant du même coup un paysage politique longtemps figé. Le Palais Bourbon devenant, par la même occasion, une chambre annexe du palais de l’Elysée.

Enfin, à l’issue de ce premier tour, le parti dit de droite « Les Républicains » s’est enorgueilli, via son secrétaire général Bernard Accoyer, d’être à la tête de, je cite : « La deuxième force politique du pays ». L’appel à la mobilisation au second tour des principaux chefs de partis, s’il est suivi, permettra-t-il de faire mentir ces prévisions ?

Élections législatives : le Grand Remplacement !, par Nicolas Gauthier

Ce dimanche soir, ce n’est pas seulement une page qui, indubitablement, s’est tournée, mais un nouveau livre qui vient de s’ouvrir.

Première information de taille : plus d’un Français sur deux n’a pas jugé bon de se rendre aux urnes ; du jamais vu sous la Cinquième République, voire même celle l’ayant précédée. D’où qu’ils viennent, les nouveaux élus seront donc mal élus et jamais le fossé n’aura semblé aussi grand entre peuple et représentants du peuple.

La deuxième, c’est évidemment l’indéniable vague de La République en marche, même si ce jeune mouvement ne représente, malgré ses 32 %, que 15 % des électeurs inscrits et profite, évidemment, de l’effondrement du Parti socialiste, tout juste au-dessus de la barre des 10 %, alors que ce dernier était encore aux affaires il y a peu. Les Républicains, eux, sauvent à peu près les meubles, avec 21 %.

On notera, néanmoins, que nombre de ténors de ces deux formations, données pour être « de gouvernement », ont fini par se fondre en ce front libéral et libertaire, de droite et de gauche – de « droiche », dira-t-on. LREM, incarnation de cette UMPS naguère dénoncée par Marine Le Pen ? C’est à croire.

En même temps (comme dirait Emmanuel Macron), les deux principales formations populistes, La France insoumise (11 %) et Front national (14 %), tirent malgré tout leur épingle du jeu.

Même si ce chiffre demeure à méditer : 56 % des électeurs de Marine Le Pen ont boudé les urnes, alors que nombre de ceux de Jean-Luc Mélenchon se sont reportés sur d’autres candidats de gauche, communistes le plus souvent, dans leurs ultimes fiefs rouges.

Qu’en conclure ? Qu’à défaut d’alternance ou d’alternative, les Français ont opté pour le Grand Remplacement ; voire la pêche à la ligne. Et c’est là que deux France commencent à se dessiner, ligne de fracture qui n’est pas sans rappeler celle de la dernière élection présidentielle. Celle des vainqueurs de la mondialisation, jeunes urbains actifs, et dont les préoccupations identitaires sont loin de constituer l’ordinaire. Et celle des perdants de cette même mondialisation, France périphérique, France des oubliés qui, en l’occurrence, a oublié d’aller voter.

C’est cette France que Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ne désespèrent pas de mobiliser afin de leur faire reprendre le chemin des urnes ce dimanche prochain. Les bonnes idées ont toujours de l’avenir. Celle consistant à défendre le peuple en est une. Malgré les aléas et les revers : ceux qui finissent par réussir sont souvent les mêmes ayant su persévérer dans les défaites, fussent-elles à répétition.

Nicolas Gauthier

Texte daté du 12 juin et repris de Boulevard Voltaire

Législatives 2017 : la soirée du premier tour résumée en 3 minutes

12/06/2017 – FRANCE (NOVOpress)
Les sondages l’annonçaient depuis plusieurs semaines : La République en Marche est arrivée en tête du premier tour des élections législatives. Avec 32,2% des voix, le mouvement d’Emmanuel Macron se place loin devant ses concurrents.

Que faut-il retenir de ce premier tour ? Comment ont réagi les différentes figures des partis ? Et à quoi peut-on s’attendre pour le second ? Du taux d’abstention record à la déconfiture du Parti socialiste, en passant par les tentatives de mobilisation des électeurs à gauche et à droite pour constituer une véritable opposition : Résumé en images de la soirée du premier tour.



Législatives 2017 : la soirée du premier tour… par lemondefr

L’abstention, grande gagnante du premier tour

12/06/2017 – FRANCE (NOVOpress avec le Bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Moins d’un électeur sur deux a voté.
L’événement principal est la participation historiquement faible de 48,8 %, en comparaison avec celles de 2012 (57,2 %) et 2007 (60,4 %). Rappelons que pour se qualifier au 2e tour, un candidat doit obtenir les suffrages d’au moins 12,5 % des électeurs inscrits sur les listes. L’abstention étant très élevée, le seuil se porte à environ 25 %. Par conséquent, peu de triangulaires sont à prévoir, ce qui pénalise les partis comme le Front National .

Quels sont les résultats ?

Les candidats La République en Marche/Modem sont crédités de 32 % des intentions de vote, seraient en mesure d’obtenir entre 390 et 430 sièges et constitueraient une majorité absolue. LR/UDI sont à 21,5 % d’où 85 à 125 sièges ; le FN réalise un « petit » 13 % soit entre 3 et 10 sièges, ce qui ne permet pas de constituer un groupe parlementaire. La France insoumise récolte 11 % et le PS et ses alliés, en déroute, 11 %.

Les motivations sont plus nationales que locales

En effet, les Français ont clairement placé ces élections dans un contexte de politique nationale et ont davantage voté en faveur d’un député en fonction de son étiquette politique. Il semblerait qu’Emmanuel Macron, dans l’exercice de la fonction présidentielle, ait convaincu. Néanmoins, ce premier tour sonne comme une victoire en demi teinte pour LREM : en effet, compte tenu de l’abstention, le président Macron n’a récolté qu’environ 15 % des voix.

Cela affecte également la dotation de fond public attribuée aux partis

En effet, le financement public des partis politiques est calculé d’une part sur la base des voix au 1er tour, à 1,42 € par voix, d’autre part sur le nombre de parlementaires élus. Cela pourra mettre en péril certains partis politiques et donner une manne financière énorme à LREM.

David Rachline : “Nous allons nous faire entendre pendant le second tour”

12/06/2017 – FRANCE (NOVOpress)
Le sénateur-maire Front national de Fréjus était le premier invité de l’édition spécial de RTL Matin le 12 juin. Il répondait aux questions d’Yves Calvi.

David Rachline estime notamment que le mode de scrutin actuel “ne permet pas de représenter les Français” et milite pour l’introduction de la proportionnelle.

La réalité, c’est que par rapport à 2012, nous passons de 60 seconds tours à 120. Nous résistons beaucoup mieux que les autres, il y a un effondrement des Républicains et du Parti socialiste.


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Julien Sanchez, maire de Beaucaire : pourquoi il faut un groupe FN à l’Assemblée

Julien Sanchez, maire de Beaucaire, que les lecteurs [de Présent] connaissent bien pour ses courageux combats pour les crèches, contre l’arrivée des migrants mais aussi face aux syndicats gauchistes et aux commerces musulmans, est porte-parole de la campagne législative. Il nous explique pourquoi il faut un groupe FN à l’Assemblée.

Chard Législatives Julien Sanchez— Avec 11 millions de voix à la présidentielle mais un système et des médias qui essaient de vous envoyer aux oubliettes, qu’espérez-vous dimanche ?

— Nous espérons que les préoccupations des Français soient au cœur du débat politique pendant cinq ans. Pour cela, il faut qu’il y ait un groupe d’élus du Front national à l’Assemblée nationale. Si nous n’avons pas un nombre suffisamment important d’élus auprès de Marine Le Pen, les vrais sujets qui concernent en priorité la vie quotidienne des Français ne seront pas abordés et on se contentera de débats accessoires comme des sujets de société divers.

— Ne craignez-vous pas que même si vous obtenez 15 députés, le caucus soit augmenté tout spécialement pour vous, de façon à ce que le Front national n’ait pas de groupe ?

— Non, je ne crois pas, compte tenu de la situation des communistes qui vont avoir du mal à avoir plus de députés que nous. Il n’est pas exclu qu’il y ait moins de dix députés communistes à l’Assemblée vu les divisions entre les partisans de Mélenchon et le Parti communiste. Je pense que ce serait assez énorme de la part de M. Macron et de ses amis qui critiquent notamment le manque d’équité du temps de parole du CSA, de changer les règles du jeu démocratique au dernier moment. Ce serait un peu trop voyant il me semble.

— Quels sont les avantages d’un groupe ?

— Former un groupe au Palais Bourbon présente des avantages politiques et matériels indispensables au bon exercice de la mission de député.

Nous bénéficierions d’un temps de parole beaucoup plus important que Gilbert Collard et Marion Maréchal-Le Pen qui ont dû se contenter de miettes en tant que non-inscrits. Ils l’ont fait avec beaucoup de mérite mais il est difficile de peser politiquement sur le processus législatif sans le statut de groupe parlementaire.

Que ce soit pour les questions au gouvernement, les propositions de loi ou d’autres occasions importantes. Le temps d’antenne politique à la télévision dépend également de la représentativité à l’Assemblée nationale. Et les groupes bénéficient d’une enveloppe financière en fonction de leur effectif qui se traduit en moyens matériels (bureaux, salles de réunion, secrétariat) et humains.

— Comment va se comporter le front républicain En Marche-LR entre les deux tours ?

— Ils ont clairement annoncé la couleur en disant qu’ils étaient prêts à se désister les uns pour les autres, ce qui va être encore intéressant à regarder. Alors que le président Macron a donné des leçons à Vladimir Poutine il y a quelques jours sur la démocratie et la place de l’opposition en Russie, les partis politiques français comme Les Républicains, En Marche ou La France Insoumise proclament qu’il ne doit pas y avoir un seul député FN à l’Assemblée nationale.

Ils assument délibérément que 11 millions de Français n’aient pas un seul représentant et que la candidate arrivée au second tour à la présidentielle n’ait pas un seul député. C’est assez paradoxal au moment où le gouvernement présente un projet de moralisation de la vie politique.

Si même un seul député FN dérange tout le monde, cela montre bien que nous sommes la seule opposition.

— Est-ce qu’il y a une possibilité que vous formiez un groupe avec les députés de Nicolas Dupont-Aignan ?

— Il faudra voir cela à l’issue du second tour en fonction des résultats, du nombre de députés obtenus par le FN et par Debout La France. Nous ne sommes fermés à rien.

— Le préfet Bousquet de Florian qui a tenté d’arracher votre micro lors de la réunion des maires sur les migrants pour vous empêcher de parler du terrorisme devant Valls, a pris du galon sous Macron puisqu’il devient chef de la fameuse Task force de l’Elysée. Que vous inspire cette seule et unique mesure gouvernementale contre le terrorisme islamiste ?

— D’abord que le nouveau patron de la Task Force anti-Daech manque singulièrement de sang-froid ! C’est un peu étrange de voir confier l’action antiterroriste en France à quelqu’un qui n’est pas capable d’écouter un interlocuteur sans l’agresser. Je rappelle que c’était une agression physique : il m’a pris par le bras, il a essayé de me faire tomber et de m’arracher mon téléphone sur lequel était écrit mon discours.

C’est aussi quelqu’un qui n’accepte pas d’entendre que l’immigration massive a des conséquences sur le terrorisme. Ce n’est pas un bon signal.

Quand je dénonçais, il y a deux ans, les vagues de migrants qui arrivaient sur le sol français, c’est parce qu’on savait très bien et Marine Le Pen l’avait dit, que parmi ces migrants il entrerait de nombreux terroristes. On en a eu la preuve avec plusieurs des attentats perpétrés sur le sol français. Depuis rien n’a changé. On continue de faire taire les gens qui disent la vérité, de nier la réalité, d’allumer des bougies et d’éteindre la tour Eiffel.

propos recueillis par Caroline Parmentier

Entretien et dessin de Chard paru dans Présent daté du 10 juin 2017

ida de chavagnac

La lanceuse d’alerte Ida de Chavagnac veut moraliser la finance

Mariée et mère de quatre enfants, Ida de Chavagnac a été analyste financière pendant 20 ans. Licenciée pour avoir dénoncé des abus, elle est devenue lanceur d’alertes. Elle raconte son expérience dans un livre, Alerte rouge sur la banque verte. Elle se présente aux législatives dans la première circonscription de Paris sous l’étiquette Parti Chrétien-Démocrate (PCD).

Ida de Chavagnac LivreComment êtes-vous devenue « lanceur d’alertes » ?

— Je faisais de l’analyse financière depuis 20 ans dans une grande banque française. Cela consiste à donner des avis positifs ou négatifs sur les dossiers apportés par les commerciaux. Je m’occupais des demandes d’emprunts formulées par les sociétés d’assurance. En 2010, mon nouveau responsable me demandait de donner systématiquement des avis favorables. Comme je refusais, j’ai subi des pressions. Lors de mon évaluation de 2012, il m’a notifié par écrit que je devais « prendre davantage en compte les intérêts des commerciaux », qui eux sont payés à la commission. Ce qui est contraire à la déontologie, au principe d’indépendance de l’expertise financière.

J’ai vu alors ma rémunération variable supprimée. J’ai été convoquée par mon N +2. J’en ai profité pour l’alerter lui et mon N +3 sur les méthodes de mon supérieur direct, qui sont contraires à la réglementation bancaire. Ils n’ont rien fait, pas plus que le mandataire social qui a refusé de me rencontrer.

J’ai fini par me faire virer en janvier 2014. Je porte plainte pour licenciement abusif. Mais mes avocats me poussent à négocier. J’ai refusé qu’on achète mon silence et de céder à cette forme de corruption.

La loi défend totalement les lanceurs d’alertes, et je demande la nullité de mon licenciement aux prud’hommes. Et comme le but de mon alerte est de faire cesser ces faits de corruption, j’attaque au pénal.

— N’est-ce pas un peu fort de parler de corruption ?

— Non au contraire, surtout lorsque la moralisation est à la mode en politique depuis l’affaire des costumes de François Fillon. Le pauvre s’est sûrement fait avoir, mais il s’est tout de même laissé aller. Il a manqué de clairvoyance.

On est aujourd’hui dans un monde où la corruption est insidieuse

 J’en reviens à ma banque et à mon chef. Je porte plainte pour corruption active, puisqu’il m’a incitée à tricher. Et lui était victime de corruption passive de la part des commerciaux qui l’incitaient à fournir des avis favorables pour leurs clients. Même s’il ne touchait probablement pas d’argent. Mais je ne suis pas sûre qu’il en était conscient. Il n’aurait sans doute pas appelé ça comme ça. La conscience aujourd’hui est atrophiée. Les gens ont perdu le sens de l’éthique.

— Quel est le but de votre démarche ?

Mon objectif est de moraliser la finance. Il n’y a plus aucune considération pour la personne humaine. L’intérêt économique passe avant tout. J’ai pu constater des dérapages à tous les niveaux. Tout le monde les subit. Il y a des gens en dépression, et personne ne dit rien. J’estime qu’ayant tenu toute cette démarche, je me sens un devoir de témoignage.

J’ai écrit un livre, Alerte rouge sur la banque verte, que j’ai autoédité pour l’instant. J’interviens régulièrement dans des colloques, dans le but d’inciter les gens à briser le mur du silence. Je considère que la moralisation de la finance passe par une prise de conscience de chacun. Les gens sont de plus en plus malheureux dans leur environnement professionnel. Ceux qui sont encore en poste subissent le règne de la peur au sein de leurs entreprises. Or ces boîtes-là écrasent les salariés qui refusent de suivre le mouvement.

Dans mon service, les autres suivaient les directives du chef. Je passais pour la ringarde qui parlait d’endettement, de risques financiers, alors qu’il fallait être pro-business, enclin au risque… Tout un discours auquel peu de gens résistent. Ceux qui refusent la corruption doivent être éliminés.

Ma lettre de licenciement, par exemple, n’est qu’un tissu de mensonges. Ce n’est que manipulation et détournement de la loi. Heureusement que je suis stable psychologiquement, et que je peux compter sur l’appui de ma famille, parce qu’il y a de quoi se jeter dans la Seine.

— Quelles sont les mesures à prendre pour éviter aux banques de jouer avec l’argent des particuliers ?

Il faut revenir à des banques à taille humaine. Quand j’ai commencé il y a 20 ans, il y avait une autorégulation. Lorsqu’on voyait dans les journaux qu’une structure avait pris des risques inconsidérés, les gens arrêtaient de lui confier leur argent. Elle risquait alors de faire faillite. Aujourd’hui, les banques sont devenues des mastodontes, qui s’entraident et se tiennent les coudes.

Aujourd’hui, la crise qui vient est forcément systémique. Tout saute ou rien ne saute. Etats compris. Mais en l’état actuel, c’est un pousse-au-crime.

La banque où j’ai travaillé est devenue tellement grosse (un Français sur quatre y a un compte) qu’on estime qu’elle ne fera jamais faillite, et que l’Etat sera là pour renflouer les caisses.

— Qu’est-ce qui vous a motivé à vous présenter aux législatives sous l’étiquette du PCD ?

— J’ai toujours été motivée en parallèle de mon travail par toutes les questions éthiques (mariage pour tous, fin de vie, etc.). Même pendant mes périodes professionnelles difficiles, j’ai continué de tracter pour LMPT. En 2014, je me retrouve licenciée. Malgré mes dossiers avec la justice et mes rencontres avec les journalistes, il me reste encore du temps pour défendre mes convictions. Je me suis rapprochée du PCD pendant les primaires de la droite.

C’est finalement assez cohérent avec mon combat de lanceur d’alertes, contre l’ultralibéralisme et ces entreprises qui ne mettent plus l’homme au centre de l’économie. Il est temps que le politique retrouve ses droits sur la finance, pour défendre entre autres l’économie locale : les TPE, les PME, les agriculteurs… Tant que l’intérêt financier primera sur l’humain et le bien commun, on n’en sortira pas.

— Quels sont vos adversaires dans votre circonscription ?

— On m’a mise dans cette circonscription en me disant : « On te met là parce qu’on sait que tu n’as peur de rien. » Ironie de l’histoire, Pierre Lellouche, poids lourd des LR et bien implanté, s’est retiré de la course. Je me retrouve donc face à son suppléant, qui a marqué sur son tract qu’il fallait donner « une majorité claire et cohérente au Premier ministre Edouard Philippe ».

Or le gouvernement Macron représente tout ce que je combats. Il est à la fois ultralibéral économiquement, pour la mondialisation, tout en étant libertaire sur les questions éthiques.

Je suis donc la vraie candidate de l’opposition.

propos recueillis par Louis Lorphelin

Entretien paru dans Présent daté du 9 juin 2017