Les masques et l’ensauvagement

Juste derrière le coronavirus, la montée de la violence s’impose dans le champ médiatique. Son importance est telle qu’elle ne peut plus être tue, même par les journalistes les plus habiles à manipuler les faits pour plaire au prince.
Il leur reste, néanmoins, dans leurs besaces, quelques tours de passe-passe afin de ménager le gouvernement, telle cette pensée magique qui fait du méchant virus le responsable de cette montée d’actes répréhensibles.

Le coronavirus plus révélateur que source de violence

Certes, le confinement, par ses contraintes drastiques, a pu provoquer une augmentation de la tension au sein de la population.

Elle est flagrante, voire caricaturale, dans les territoires perdus de la France. En effet, dans ces lieux, cette tension a muté en hyper-tension qui a entraîné les « jeunes des quartiers » non seulement à ne pas respecter le confinement mais à profiter de son ambiance léthargique pour faire un peu plus de pagaille que de coutume.

Autre point, la pandémie a obligé, cet été, bon nombre d’individus d’origine africaine à ne pas retourner dans leur pays de cœur. Ceci les a contraints, en toute logique, soit à rester dans leur cité pour les moins chanceux d’entre eux, soit à envahir et faire la fête sur les côtes de la pauvre Méditerranée (demander aux Palavasiens entre autres).

Nous sommes amenés à constater que la progression de la violence n’est pas apparue n’importe où sur le territoire et qu’elle est le fruit, encore une fois, d’une population très particulière.

C’est ainsi que le coronavirus a été plus un « révélateur » de la violence sous-jacente d’une partie de la population qu’une « cause » en tant que telle de ces déviances. Nous pouvons ajouter à cela que, lorsque les médias mettent en avant l’épidémie virale pour expliquer les taux désastreux d’agressions, elles cherchent, comme à l’accoutumée, à dissimuler le vrai en faisant passer pour « exceptionnels » des faits qui s’inscrivent dans une chronicité bien malheureuse.

Mal nommer les choses, c’est ajouter du malheur au monde

La période estivale a été un palmarès de litotes ignominieuses par le choix de leur cible : l’importance de la vie humaine. Il suffit de rappeler le terme « d’incivilités » utilisé au plus haut de l’État pour qualifier des crimes de sang et des morts d’hommes.

De plus, cela fait des décennies que les gouvernements successifs, chaque fois relayés avec emphase par les médias, nous mentent sur cette question cruciale de la montée de l’insécurité en France. Par exemple, en parlant « du sentiment » d’insécurité qui la subjectivise inévitablement. Ou bien, en donnant la parole aux familles des criminels en oubliant celles des victimes.

D’autre part, nos dirigeants et leurs laquais médiatiques évitent, sans cesse, de « nommer » les sources réelles de tension. Le nom des criminels d’origine étrangère est caché le plus longtemps possible, parfois modifié en patronyme gaulois. Si d’aventure la personne incriminée a un nom bien français, celui-ci sera donné en pâture dès la première annonce, sans ambages. En ce qui concerne les rixes nocturnes banlieusardes, il s’agira d’identifier les éternels « jeunes », indifférenciés…

Bref, nous avons une conscience aiguë de ces falsifications à répétition qui sont signe de lâcheté, d’incompétence, d’irresponsabilité, de dédain pour les Français et leur avenir.

Cette occultation de la douleur, cette duplicité qui s’exprime avec une légèreté exaspérante, ce ton superficiel face aux préoccupations les plus profondes des Français et le caractère répétitif de toutes ces faussetés risquent de devenir une source de violence non négligeable au sein d’une société mise à mal par les mesures liberticides et surtout par les répercussions économiques liées au coronavirus.

Une indifférence méprisante, source de violence

Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir suprême grâce au soutien, sans précédent, de la presse mainstream et notamment people (*). Cette dernière a fait preuve récemment de sa fidélité dans sa promotion du « premier rôle » du gouvernement, cet été encore, en narrant les prouesses nautiques et facétieuses (dans le mauvais sens du terme) de son « héros » en barboteuse.

Bien plus grave, l’idéologie qui mène cette superclasse nationale cultive, en son sein, des signes de puérilité constants. De la société arc-en-ciel et festive, des rappeurs torses nus invités à l’Élysée, des tutus fluo de l’ancienne porte-parole de cette fine équipe, de l’écriture inclusive qui fait la nique au Bescherelle et à l’école de papa… Nous les voyons s’agiter dans les cours de récré où ils veulent nous entraîner pour nous empêcher de penser.

Si nous montons dans l’échelle de la gravité, ce sont les contenus de leurs lois qui révèlent leur nature « d’enfants rois » ivres de toute-puissance. Comme pour de vrais sales gamins parfaitement mal élevés, le monde qui les entoure n’est que le décor de leurs jeux, l’humain est un objet, une poupée, un jouet. Dans un tel cas de figure, il va de soi que les mesures contraignantes que l’on impose au peuple ne peuvent pas être un réel sujet pour eux.

Nous savons que les enfants n’ont pas le sens des réalités et c’est ce qui fait leur charme lorsqu’ils explorent le monde. Le souci de cette classe « dominante » est qu’elle ne cherche pas à découvrir « le vrai monde » mais à dérouler sur celui-ci ses propres vues idéologiques qu’elle tente de nous imposer.

Ceci par tous les moyens, et le meilleur, à leurs yeux, est de considérer que leurs interlocuteurs ne sont pas aptes à contre-argumenter. Pour cela, ces « enfants rois » nous infantilisent. En effet, ils ne cessent de parler de « pédagogie », cela relève du rabâchage. La crise sanitaire les a fait atteindre le paroxysme dans cette attitude méprisante et le peuple a été rétrogradé au niveau du CP où il doit apprendre à mettre son bonnet ou son masque convenablement.

Infantiliser le peuple est un mode de manipulation évident qui témoigne aussi et encore de leur incapacité à écouter et à comprendre les Français. Leur traitement des Gilets jaunes en atteste, ils n’ont su qu’instrumentaliser ces manifestations à défaut de s’arrêter sur leurs causes originelles. Ces causes économiques et sociales sont toujours là. Aggravées par la crise sanitaire, elles ne peuvent que resurgir plus vives encore. Lorsque l’on est non seulement pas entendu mais avili et, en quelque sorte, traité comme un « demeuré », les mots deviennent inutiles et les coups tombent.

Le masque, source d’irresponsabilité et de perte d’humanité

Considérer que nous sommes des êtres incapables de faire des choix, des zombis décérébrés semble, en effet, être en lien avec le regard nihiliste que porte la superclasse mondiale sur la vie humaine.

Car, nous « infantiliser » et nous envisager comme des êtres sous tutelle, c’est tout simplement nous « déshumaniser ».

Cette déshumanisation imprègne notre société. En effet, elle est bien présente dans la banalisation de l’avortement, l’infanticide au terme de la grossesse, la PMA, la prochaine GPA, l’enfant médicament, les chimères de toutes sortes, le transhumanisme… Toutes ces folies de l’enfant tout-puissant et tout « sachant » (selon leur formule exaspérante) que ces hommes de pouvoir incarnent portent inexorablement à déshumaniser l’homme.

Les tyrannies du XXe siècle ont pu faire fonctionner leur machine à persécuter car elles avaient perdu toute notion d’humanité. Les prisonniers des goulags ou des camps n’étaient plus que des matricules.

La déshumanisation conduit inévitablement à la violence.

Notre humanité, nous le savons avec Emmanuel Lévinas (**), est portée, révélée par notre visage. Celui-ci est la page où s’inscrivent notre singularité, notre force mais aussi notre « vulnérabilité » inhérente à tout être humain.

C’est par lui que nous sommes en relation avec l’autre et c’est par lui aussi que nous rappelons sans cesse à celui-ci notre humanité fragile. Lévinas va jusqu’à écrire que le visage signe « l’infini de l’autre » et que son logos est « tu ne tueras point ».

Magnifique et sensible réflexion sur l’être humain et sur sa relation avec autrui qui nous oblige à être plus qu’inquiet des effets de ces masques sur notre société que l’on décrit déjà, à juste titre, comme ensauvagée. Que va-t-il advenir ? Quel sera le sort des enfants actuels qui grandissent dans ce monde masqué sans accès aux expressions innombrables et complexes de la figure humaine et sans cet éveil aux émotions des autres qui invite au respect et au contrôle de sa propre violence ?

Les effets du port obligatoire du masque risquent d’être bien plus graves que la menace du virus qui est actuellement bien moins actif qu’au mois de mars ou nous n’avions pas de masques, jugés alors inutiles.

(*) https://lvsl.fr/medias-ont-fabrique-candidat-macron/
(**) https://www.youtube.com/watch?v=GO9CSh-4W40

Laurence Maugest

Texte repris du site Polémia

“Un mondialisme sans queue ni tête : la politique de l’âme et des racines brûlées”, par Laurence Maugest [tribune libre]

Un mondialisme sans queue ni tête : la politique de l'âme et des racines brûlées, par Laurence Maugest [tribune libre]

[box class=”info”]Tribune reproduite avec l’aimable autorisation du site Polémia. L’image ci-dessus est un dessin de Chard.[/box]

De la quête du bonheur à la recherche du confort.
Dans la mentalité dominante distillée par les média, la notion du bonheur est de plus en plus souvent réduite à celle du confort qui favorise la consommation des biens matériels. Dans ce nouveau monde fait de secousses incessantes et d’images virtuelles, la sensibilité de l’homme à l’univers qui l’entoure s’amenuise.
C’est pourtant par sa relation au monde réel que l’homme a aiguisé, au fil des siècles, sa spiritualité.

Du confort à la lourdeur
La poésie meurt étranglée par la vulgarité qui s’infiltre dans ce qui a mission d’élever l’homme : la recherche du beau est bannie dans l’art, l’amitié se cherche sur les réseaux sociaux, l’amour en PACS prêt à l’emploi est jetable, la sexualité en jeux s’achète sur la toile…

L’aboutissement de l’homme machine : le consommateur du XXIème siècle : montage en kit, mode d’emploi fourni, arc réflexe bien connu des publicistes…
Ce sont les éléments essentiels de l’être humain qui sont ainsi, circonscrits, matérialisés dans un prosaïsme grisâtre. La singularité de l’homme nait de ce qui est indéfinissable en lui. Elle constitue la sphère spécifique à l’être humain où l’on trouve la créativité, la curiosité, l’élévation, la fantaisie, l’amour. La vie affective se réduit actuellement et trop souvent au corps donc à la matière. Au bout du compte, elle en perd sa beauté, sa dignité et peut-être ainsi roulée dans la fange qu’expriment si clairement les néologismes comme « meuf, nique » qui fleurent bon le merveilleux de la rencontre amoureuse. Via l’air du temps dominant, l’amour, qui est un joli pont entre le temporel et le spirituel, quitte cet entre-deux quand il se limite au souci constant du plaisir immédiat. Il y a le temporel inscrit, comme son nom l’indique, dans le temps, enraciné et secrété par l’histoire, où l’on trouve la verticalité de la conscience du destin humain. Parallèlement, il y a le temps moderne, avec ses mots rétractés, son temps haché sous l’étau de la productivité où l’homme risque de se réduire aux réflexes basiques de sa consommation. Dans ce monde suspendu, sans racine, l’homme se monte lui-même en kit. Il s’autoconstruit et peut même autodéterminer son sexe, en cour de route, grâce à la l’idéologie du « Genre ». Son mode d’emploi est approfondi dans les écoles de publicité et de communication. Dans le cadre de ces métiers où l’on doit apprendre à « gérer » parfaitement le fonctionnement de l’humanoïde du XXIème siècle siècle, ce mutant que l’on appelle l’usager ou le consommateur.

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