Loi bioéthique : des manifestations nombreuses

Samedi 10 octobre 2020, plusieurs milliers d’opposants à la loi bioéthique, répondant à l’appel du collectif d’associations Marchons Enfants, dont La Manif pour tous et Alliance Vita, ont manifesté en France. L’opposition porte sur la procréation médicalement assistée (PMA) et la future gestation pour autrui (GPA), destinées à favoriser le désir d’enfants des milieux LGBT. Les manifestants étaient plusieurs centaines à Paris, Toulouse, Lille, Rennes, Bordeaux et Lyon. Près de 400 à Clermont-Ferrand. Les manifestations sont limitées à 1 000 personnes dans de nombreuses villes, du fait du Covid.

L’époque du commerce des ventres de femmes, pauvres bien sûr, approche. Celle des enfants sans racines et déboussolés aussi. Apparaît de surcroît, maintenant, chez certains LGBT, la revendication d’une GPA pour les hommes seuls.

Voté à l’Assemblée nationale, le projet sera examiné au Sénat à une date encore inconnue. Dans la manifestation, à Paris, la présidente de La Manif pour tous, Ludovine de La Rochère, a demandé le retrait de la loi, dénonçant la normalisation de « l’absence de père », de la « filiation fictive gérée par l’Etat » et de la privation de père « avant même la conception ».

Porter le fer lors des prochaines élections

Face aux manifestants dénonçant la future marchandisation de l’être humain, de petites contre-manifestations ont eu lieu, parfois émaillées de violences imputables, selon la police, aux groupuscules LGBT et « antifas ». Les défenseurs de la loi bioéthique l’affirment : la PMA n’ouvrira pas la porte à la marchandisation du corps féminin. Qui peut encore y croire ? L’argument n’a pas changé depuis la loi sur le mariage homosexuel. Il sert à masquer l’incessante volonté de dépasser les limites. Il y avait des familles naturelles – père, mère, enfants –, il n’est pas certain que ce soit une situation majoritaire dans un futur proche. Les enfants avaient un père, sera-ce l’exception à l’avenir ? Les tenants de ces bouleversements anthropologiques l’affirment pourtant : rien n’ira à l’encontre de l’équilibre des enfants. Qu’en savent-ils ? Il faudra au moins une génération d’enfants nés de PMA et de GPA pour en connaître les conséquences. Pour certains tenants de ces attaques contre la famille naturelle, comme l’avocate Caroline Mecary, auteur du « Que sais-je ? » PMA et GPA, les opposants seraient « une ultra minorité de fanatiques ». A l’instar de ses pairs, elle ne voit pas que la PMA et la GPA n’étaient réclamées, avant la propagande massive en leur faveur, que par une infime minorité de militants gays.

Quelle est la stratégie politique efficace maintenant ? Le combat gagnerait à se concentrer contre la GPA, un combat à la fois anthropologique, sociétal et économique. Les exemples passés des lois pour le mariage gay et de cette loi bioéthique doivent servir : la rue est-elle encore le bon lieu pour la bataille ? Rien de moins sûr. Empêcher la GPA, il y a prochainement des élections pour cela. Des élections, un véritable sondage grandeur nature et non pas ces « sondages » pro PMA-GPA assénés par des médias aux ordres.

Paul Vermeulen

Article paru dans Présent daté du 12 octobre 2020

La GPA fait sa pub en France

La gestation pour autrui a beau être interdite officiellement en France, cela n’empêche pas ses promoteurs de venir faire leur publicité dans notre pays. Dans l’indifférence générale ou presque. Ainsi La Manif pour tous vient-elle de demander l’annulation d’un salon baptisé « Désir d’enfant », qui doit se tenir les 4 et 5 septembre porte de Champerret à Paris et qui ne fait rien d’autre que promouvoir la GPA. Ledit salon est sponsorisé par des cliniques privées espagnoles, qui viennent chercher ici de nouveaux clients étrangers. Le marché est énorme et extrêmement lucratif.

Les intitulés des différentes conférences qui seront données lors de ce salon sont d’ailleurs on ne peut plus clairs : « La GPA en toute sécurité », « Le contrôle des coûts de la GPA », etc. Difficile, dès lors, de croire que le gouvernement soit réellement opposé à cette nouvelle forme d’esclavage puisqu’il laisse se dérouler de telles manifestations sur son sol.

Comme le faisait remarquer justement Ludovine de La Rochère, présidente de La Manif pour tous : « Le maintien de ce salon serait le signe d’une volonté du gouvernement d’avancer vers la banalisation et la légalisation de la GPA, c’est-à-dire le recours aux mères porteuses. L’exploitation reproductive est une nouvelle forme d’esclavage des femmes, inacceptable évidemment, quelles que soient ses modalités. »

Anne Isabeth

Article paru dans Présent daté du 27 août 2020

Reportage : Marchons enfants ! Acte II

Nouvelle réussite pour le collectif d’associations, dont la Manif pour tous et Alliance Vita. Combien étaient-ils dans la rue ? Des centaines de milliers, disent certains organisateurs, mais Albéric Dumont refuse de communiquer sur les chiffres car « les images parlent d’elles-mêmes ». Cette manifestation d’ampleur intervient deux jours avant l’examen de la loi bioéthique par le Sénat.

Le public est constitué en grande partie de jeunes et de familles venues de toute la France. Des têtes connues aussi : les députés Agnès Thill (ex-LREM), Emmanuelle Ménard, Gilbert Collard, le sénateur Sébastien Meurant, les députés européens Nicolas Bay et François-Xavier Bellamy et des personnalités tels l’évêque de Bayonne monseigneur Aillet, Louis de Bourbon duc d’Anjou, Jean-Frédéric Poisson… Selon un sondage Ifop réalisé les 9 et 10 janvier 2020, plus d’un Français sur deux réclame le retrait ou la suspension de ce projet de loi. Une attente particulièrement forte chez les jeunes qui sont 64 % à demander le retrait d’un projet qui n’est ni bio, ni éthique.

Ambiance joyeuse, pacifique mais déterminée contre ce projet de loi et ses principales mesures : la PMA sans père, la reconnaissance de la GPA, l’autoconservation ovocytaire, les chimères… La marche débute place de la Résistance, nom de circonstance pour ces Français qui résistent à la destruction de la famille, pour s’achever place de l’Opéra. « Il est où papa ? Au rayon surgelés », « Mère 1, mère 2, où est la parité ? », « Privation de papa remboursée par l’Etat », « Rentrée littéraire 2020 : la gloire de mon sperme ? », proclament avec humour des pancartes brandies par les manifestants.

Comme le rappelle la banderole de tête « Au cœur de l’écologie, l’humain », Marchons enfants ! dénonce l’artificialisation de l’humain que veut mettre en place le gouvernement à travers toutes les mesures de cette loi. Alors qu’aujourd’hui l’écologie est une notion fondamentale pour nos dirigeants, alors qu’on est conscient des dégâts causés à la nature, on voudrait manipuler l’embryon et la procréation ? Franck Meyer, du collectif des Maires pour l’enfance, s’interroge : « Pourquoi parler de développement durable sans parler de développement humain durable ? » « Est-ce que tout désir à vocation à être assouvi ? », demande Agnès Thill qui ajoute : « Est-ce que, parce qu’on peut le faire, on doit le faire ? La gauche est dans une espèce de conquête de droits à l’infini : je veux, j’ai le droit. Le problème, là, c’est que les adultes font tout ce qu’ils veulent au détriment de l’enfant. »

Emmanuelle Ménard s’insurge contre cette loi qui prive sciemment les enfants de père. « C’est scandaleux pour les générations à venir. C’est un projet de loi qui se fait au nom de l’idéologie et non au nom de l’intérêt de l’enfant. Il faut respecter ses droits. »

Ne pas abandonner le combat mais le poursuivre, rester optimiste car rien n’est encore définitif, voilà le message que les organisateurs veulent faire passer. Des « billets de banque » soufflés sur la foule, représentant le business qui se cache derrière la PMA sans père, appellent donc à deux nouveaux rassemblements dès cette semaine devant le Sénat, mardi 21 et mercredi 22 à 19 heures. On ne lâche rien ! ONLR !

Hélène Rochefort

Article paru dans Présent daté du 20 janvier 2020

Les jeunes “anti-PMA pour toutes” présents en nombre à la marche

20/01/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Lundi 20 janvier, le projet de loi bioéthique est étudié au Sénat. Parmi les mesures les plus contestées, l’ouverture de la Procréation médicalement assistée (PMA) aux lesbiennes et femmes célibataires.

Les opposants au texte battaient de nouveau le pavé à Paris ce dimanche 19 janvier pour protester contre cette étude.

Beaucoup de jeunes étaient présents dans le cortège et expliquent leur vision de la famille et leurs convictions.


Ludovine de La Rochère : « Le projet de loi bioéthique est très néfaste pour le monde de demain »

Selon un sondage IFOP pour la Manif pour tous, 51% des Français (64% chez les 18-24 ans) estiment que « compte tenu du climat social actuel, le gouvernement doit retirer ou suspendre le projet de loi bioéthique ».

Après une première mobilisation nationale de grande ampleur, le 6 octobre dernier, les opposants à cette loi manifesteront à nouveau le 19 janvier prochain.

Découvrez cette réaction de Ludovine de La Rochère.

Dans un contexte de grèves et de tensions sociales, 51% des Français estiment qu’il faut retirer le projet de loi bioéthique. Cette nouvelle vous étonne-t-elle ?

Cette nouvelle ne m’étonne pas. C’est une confirmation importante sur le fait que l’ensemble du projet de loi bioéthique paraît inacceptable à une majorité de Français. Souhaiter le retrait, c’est dire à quel point l’ensemble de ce projet est mal perçu par les Français à juste titre.
64 % de jeunes de 18-24 ans ont souhaité le retrait de ce projet de loi bioéthique.
Ils sont conscients que ce projet est délétère pour l’avenir et extrêmement néfaste pour le monde dans lequel ils vivront demain.

Comment interpréter ce sondage, dans la mesure où la quasi-totalité des sondages annoncés jusqu’ici déclaraient que 65 % des Français étaient favorables à l’extension de la PMA pour les couples de femmes et pour les femmes seules ?

Les sondages peuvent être largement médiatisés sur toute une partie des médias, extrêmement partisans en la matière. Il faut regarder l’ensemble des sondages. Les questions ainsi que leur analyse sont complexes.
De prime abord, quand on demande aux Français s’ils sont favorables au fait que la PMA soit ouverte aux couples hétéros et aux couples de femmes lesbiennes, ils disent oui spontanément, avec en tête une question d’égalité.
À l’inverse, quand on demande concrètement aux Français ce qu’ils pensent de la place de l’enfant, les réponses sont massivement différentes.
Par exemple, quand on demande aux Français : « L’enfant né par PMA a-t-il le droit d’avoir un père et une mère ? », 83 % des Français répondent oui. Autrement dit, les Français ont bien conscience que les enfants nés par PMA ont les mêmes droits que tous les enfants et qu’un père et une mère sont fondamentaux dans la vie d’un enfant.
Par ailleurs, il y a ce tout dernier sondage qui indique qu’une proportion très importante des Français souhaitent le retrait de ce projet de loi. Je vais prendre le sujet des retraites, qui n’a rien à voir.
Jusqu’à présent, les Français ont majoritairement soutenu le mouvement. Seulement 30 % des Français souhaitent le retrait du projet de loi sur les retraites.
En ce qui nous concerne, 51 % c’est très important.

À part Valeurs actuelles, aucun média ne s’est fait l’écho de ce sondage-là, alors que les autres étaient régulièrement relayés par l’ensemble de nos confrères. Comment expliquer ce traitement de l’information ?

Pour le moment, Valeurs actuelles, L’Incorrect et La Croix ont évoqué ce sondage. Il est vrai qu’on ne le retrouve pas dans l’ensemble des médias, comme cela peut être le cas pour d’autres sondages qui tendraient à faire croire que les Français sont très favorables à la PMA.
Un certain nombre de médias sont très partisans sur cette question. C’est une forme de pression exercée sur les Français. Dire et répéter « tous les Français sont d’accord ».
D’une part, les gens n’aiment pas être dans une minorité. C’est une manière d’aller vers la position prétendument majoritaire.
D’autre part, c’est aussi une manière de décourager ceux qui se croient minoritaires. La réalité n’est pas du tout celle-ci. C’est plus complexe.
Lorsqu’on rentre les applications concrètes de la PMA sans père, on voit bien que le fond de la pensée des Français n’est pas reconnaître et tenir compte des droits et surtout des besoins les plus fondamentaux des enfants. Depuis des années, une pression est exercée, surtout sur cette question.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

En finir avec les régressions progressistes !, par Ivan Rioufol

Quarante ans de délires progressistes mériteraient une ovation pour le record. Mais le tour de force ne prête pas à sourire. Il est certes réjouissant d’observer l’actuelle consternation devant les odes post-soixante-huitardes à la pédophilie et l’inceste : ces pratiques furent encouragées, jusque dans les années1980, par une gauche libérée des interdits bourgeois. Mais faudrait-il attendre encore quarante ans avant qu’une autre génération ne se frappe le front devant les inepties contemporaines autour de la théorie du genre, des modifications génétiques, des bébés à la carte ? Dans tous ces cas, l’humain n’est plus qu’un objet, un instrument, un obstacle à dépasser.

Ce dimanche, à Paris, la Manif pour tous sera à nouveau dans les rues pour dénoncer la PMA pour toutes.

Les protestataires défendront le droit de l’enfant à naître d’un père et d’une mère, comme d’autres s’indignaient de l’utilisation sexuelle des petits par des adultes. Cette France conservatrice est autrement plus réfléchie que la gauche ricaneuse et instable.

Lire ce que la psychanalyste Françoise Dolto écrivait sur les enfants en 1979 donne un aperçu des élucubrations d’une parole “éclairée”. Le Canard enchaîné a exhumé les textes de celle qui avait ses entrées dans les médias et était écoutée des parents branchés. Non contente de défendre la pédophilie et l’inceste, Dolto justifiait que le mari puisse battre sa femme : “Je dis que c’est le mari qui doit être aidé et non la femme battue. Il faut dire au mari : “Vous ne pouvez pas vivre avec cette femme”. Elles sont incapables d’entreprendre quoi que ce soit (…) ” Ceux qui, ces jours-ci, lynchent Gabriel Matzneff pour ses écrits de jadis sur son attirance perverse pour les enfants, se gardent de faire le procès de cette époque brindezingue. “La période était bêtement laxiste (…) Les idéologies nous submergeaient“, reconnaît Bernard Kouchner, cosignataire avec Daniel Cohn-Bendit et d’autres d’une pétition propédophile publiée dans Le Monde et Libération en 1977. Mais la nouvelle bande n’a pas changé.

Si les yeux s’ouvrent sur les abjections défendues par les sermonnaires d’hier, le déconnomètre reste à l’œuvre.

Ivan Rioufol

Texte daté du 16 janvier 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

La Manif Pour Tous mobilise pour la grande manifestation nationale unitaire « Marchons Enfants ! » – le 19 janvier à Paris

14/01/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Les débats en commission au Sénat ont montré l’importance du clivage au sein de la haute assemblée. Si la commission n’est pas revenue sur la PMA sans père, elle a en revanche cherché à renforcer l’interdiction de la GPA. Pour obtenir une réécriture en profondeur du texte lors des débats en séance publique qui auront lieu à compter du 21 janvier, La Manif Pour Tous appelle les Français à se mobiliser lors de la grande manifestation nationale unitaire « Marchons Enfants ! » le dimanche 19 janvier 2020 à Paris.

La commission spéciale du Sénat a étudié au pas de charge et à huis clos les 264 amendements au projet de loi bioéthique. Tout se jouera donc en séance publique où plusieurs centaines d’amendements seront débattus, notamment sur les points clés du projet de loi : la PMA sans père, la GPA, la filiation, l’autoconservation ovocytaire, les chimères…

L’issue des débats est plus que jamais incertaine. Entre une majorité sénatoriale qui diffère de celle de l’Assemblée, la liberté de vote et l’état de l’opinion, le texte risque d’évoluer fortement. C’est le cas sur la question de la GPA qui s’était déjà invitée à l’Assemblée nationale en 1ère lecture. Mais au Sénat, l’idée est plutôt de compléter le dispositif législatif pour renforcer l’interdiction de la GPA. « Cet amendement porté par Bruno Retailleau va dans le bon sens » observe Ludovine de La Rochère, Présidente de La Manif Pour Tous. « Pour lutter efficacement contre la GPA, il faut aussi et avant tout fermer la porte à la PMA sans père ou sans motif médical. Sans cela, il est illusoire de prétendre lutter durablement pour les droits des femmes et des enfants et contre le business sordide et indigne de la marchandisation humaine » poursuit-elle. Pour ce faire, des amendements de suppression de l’article 1 seront débattus en séance publique. L’attente des Français est immense : 83% d’entre eux estiment en effet que les enfants nés par PMA ont le droit d’avoir un père et une mère.

Les débats s’annoncent aussi tendus sur la question de la filiation. Les députés seront notamment appelés à revenir sur la possibilité de mentionner deux mères sur un acte de naissance. Les questions économiques seront un autre terrain du débat en séance publique. Le remboursement de la PMA sans motif médical constitue en effet un véritable détournement de la médecine et de la sécurité sociale au détriment de la santé des Français qui ne comptent plus les déremboursements de médicaments et l’augmentation du coût de la santé. Par ailleurs, en adoptant en commission spéciale un amendement pour autoriser des centres privés à conserver les gamètes, les sénateurs qui l’ont voté confirment eux-mêmes tout l’intérêt sonnant et trébuchant de l’extension de la PMA.

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Arrêts de la Cour de cassation sur la GPA : en marche vers le marché des bébés

20/12/2019 – FRANCE (NOVOpress)
Dans un communiqué de presse du 19 décembre, la Manif Pour Tous appelle – à nouveau – les Français à manifester le 19 janvier pour la dignité des femmes et le respect de l’humanité.

Ce 18 décembre 2019, la Cour de cassation a fait mine de poursuivre le raisonnement qu’elle avait suivi dans le cas du couple Mennesson : elle a de nouveau jugé en faveur de la retranscription intégrale à l’état civil français d’actes de naissance d’enfants obtenus de mères porteuses à l’étranger par d’autres couples.

Mais si la Cour de cassation avait prétexté du « temps écoulé » dans le cas des jumelles Mennesson, ce motif n’est en réalité plus valable pour les cas jugés hier. La Cour de cassation n’a même pas pris la peine, cette fois-ci, de justifier sa décision, estimant carrément qu’« une GPA légalement faite à l’étranger ne fait pas, à elle seule, obstacle à la transcription de l’acte de naissance des enfants désignant le père biologique et le père d’intention». Un revirement sans précédent.

Ce faisant, la Cour de cassation va encore plus loin que la Cour européenne des droits de l’homme : cette dernière, dans un avis rendu le 10 avril dernier à la demande de la Cour de cassation et dans une décision publiée la semaine dernière (rendue le 12 décembre 2019), indiquait que la filiation entre le parent d’intention – le conjoint du père biologique – et l’enfant pouvait être établie en passant par l’adoption. Elle évitait ainsi l’invraisemblance qui consiste à faire comme si un acte de naissance évacuant la mère, c’est-à-dire la femme qui a mis au monde l’enfant, pouvait être exact.

La Cour de cassation ne s’est pas gênée pour passer outre un principe juridique constant, fondateur du droit de la filiation : « mater semper certa est » (la mère est toujours certaine).

En outre, dans les deux cas jugés hier, la Cour de cassation n’a pas été gênée non plus par l’invraisemblance qui consiste à faire inscrire directement deux pères sur l’acte de naissance d’un enfant au lieu de passer par l’adoption, déjà plus conforme à la réalité.

Ce faisant, la Cour de cassation, qui non seulement omet de tenir compte de l’interdiction de la GPA, laquelle implique de lutter contre cette pratique, mais en outre redéfinit la filiation, outrepasse son rôle. Elle prend, en quelque sorte, le rôle du législateur.

Cependant, cette décision atteste aussi du mouvement en cours, le législateur envisageant lui-même, dans le cadre du projet de loi bioéthique actuellement débattu au Parlement, de créer une « filiation » nouvelle, fondée sur la seule volonté des adultes. Ce projet n’est pourtant pas encore voté et le processus sera encore long. La Cour de cassation ne saurait donc en principe instaurer dans les faits une « filiation » fondée sur la volonté des adultes.

Cette décision de la Cour de cassation omet de prendre en compte l’exploitation des femmes générée par la gestation pour autrui : la pratique des mères porteuses est le summum du sexisme, contre lequel les responsables actuels prétendent tous les jours lutter, aussi bien en France qu’à l’international comme l’a montré le dernier sommet du G7.

Cette décision de la Cour de cassation omet de prendre en compte l’exploitation des femmes générée par la gestation pour autrui : la pratique des mères porteuses est le summum du sexisme, contre lequel les responsables actuels prétendent tous les jours lutter, aussi bien en France qu’à l’international comme l’a montré le dernier sommet du G7.

Si le projet de loi bioéthique est voté en l’état, il créera dans la loi une « filiation » nouvelle. Et dans quelques mois, les militants favorables à l’exploitation de la femme, à l’achat d’enfants et au business international de la procréation ne manqueront pas de dire que « la situation est hypocrite : la GPA a acquis toutes les caractéristiques de la légalité, il est temps de la légaliser ».

L’urgence est immense : cette dérive vers la marchandisation humaine et le business de la fabrication d’enfants avec la PMA sans père et la GPA doit être stoppée. Elle implique un moratoire sur le projet de loi.

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La Manif Pour Tous appelle les sénateurs à interdire la PMA sans motif médical pour sécuriser l’interdiction de la GPA

05/12/2019 – FRANCE (NOVOpress)
Mardi 3 décembre 2019, à 19h, La Manif Pour Tous a été auditionnée par la Commission spéciale sur la bioéthique du Sénat, avec l’UNAF, les AFC, les Poissons Roses et Alliance Vita.
La Manif Pour Tous a pu donc souligner le lien entre la PMA sans père et sans motif médical et la GPA, c’est-à-dire la pratique des mères porteuses. Elle a invité les sénateurs à réécrire en profondeur le projet de loi bioéthique pour ne pas créer délibérément des orphelins de pères.
Rappelons également que selon une enquête IFOP, 83% Français estiment que les enfants nés par PMA doivent avoir les mêmes droits que tous les enfants et ne pas être volontairement privés de père toute leur vie.

Voici un extrait des propos introductifs de Ludovine de La Rochère, présidente de La Manif Pour Tous :

1/ Ouvrir l’AMP (Assistance médicale à la procréation) dans un contexte qui prive des enfants de père pour toujours, c’est accepter d’effacer sciemment, délibérément l’un des parents de l’enfant, c’est dire qu’il ne naît que d’un « géniteur », qui n’aurait pas d’importance pour lui, pas d’importance pour se construire.

Si l’on dit aujourd’hui qu’un enfant peut bien se passer de père parce que telle est la volonté de certains adultes, on dira évidemment, demain, que l’enfant peut bien se passer de mère, si telle est la volonté de certains adultes.

Certains osent dire, de fait, que l’AMP pour les femmes seules et les couples de femmes « n’enlève rien à personne ». En réalité, elle enlève, et pour toujours, un père à l’enfant. Un père n’est pas rien, que je sache. Et un enfant n’est pas non plus « personne ».

En l’occurrence, certains osent d’ores et déjà priver volontairement des enfants de mère, et s’en vanter comme si c’était anodin, comme le montre le dernier numéro du magazine Gala, dont un reportage vante le monde merveilleux de la GPA. Nous voilà au pays des bisounours.

2/ Légitimer l’accès à l’AMP pour des personnes a priori fécondes au motif d’un « projet parental » prépare aussi les conditions de la GPA : des couples homme-femme pour lesquels l’AMP n’est pas une solution, des hommes seuls comme des couples d’hommes peuvent avoir eux aussi un « projet parental ».

3/ Inscrire deux mères sur l’acte de naissance d’un enfant, c’est considérer qu’entre les deux femmes, il n’y aurait aucune différence entre celle qui l’a attendu et mis au monde, et sa conjointe. C’est faire comme si la maternité, l’accouchement, n’étaient rien dans la vie de la femme, rien dans la vie de l’enfant. C’est évidemment faux. C’est nier une réalité que toute mère ressent puissamment dans son corps, son psychisme, et bien au-delà de La grossesse et de la naissance.

Si la grossesse et l’accouchement ne sont rien, alors une femme qui a été enceinte et a accouché pourrait aussi ne pas être reconnue comme mère. C’est en l’occurrence le principe de la pratique des mères porteuses, que les militants pro-GPA, justement, nomment « femmes porteuses » et non « mères porteuses » : à leurs yeux, celle-ci n’a pas vécu la maternité, elle n’est pas mère !

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30 novembre et 1er décembre : 2 jours de mobilisation en France contre la PMA sans père et la GPA

21/11/2019 – FRANCE (NOVOpress)
Albéric Dumont l’avait annoncé lors de la manifestation du 6 octobre : si un dialogue ne s’ouvrait pas avec le Président de la République, si les implications et conséquences de la PMA sans père n’étaient pas enfin prises en compte, des actions d’ampleur toujours plus grandes auraient lieu le week-end du 30 novembre et le dimanche 19 janvier.

Depuis le 6 octobre, le silence est complet : pas un commentaire sur le projet de loi bioéthique ni sur l’immense opposition qui s’est exprimée. Sans doute un silence embarrassé face au succès de la manifestation, mais aussi un silence contradictoire : même dans leurs longues interviews au JDD – des 6 octobre et 10 novembre – le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre de la Santé Agnès Buzyn ne disent pas un mot de la PMA alors qu’ils répondent à des questions sur l’ensemble des réformes urgentes pour la France. Si le projet de loi bioéthique est si peu important à leurs yeux, si eux-mêmes considèrent que ce n’est pas une réforme nécessaire, raisons de plus pour retirer ce projet de loi.

Comme prévu donc, les dates annoncées seront marquées par des actions d’ampleur auxquelles Marchons Enfants vous invite à participer et notamment celle-ci :
– Le week-end du 30 novembre-1er décembre, des piquets de mobilisation pour les droits de l’enfant seront installés sur tout le territoire.

Pour ce week-end du 30 novembre, vous trouverez sur la carte en ligne sur le site de La Manif pour Tous (voir ci-dessous) tous les départements concernés par des piquets. Vous trouverez dans les jours à venir les lieux de ces piquets de mobilisation : grâce à la carte interactive, vous pouvez trouver le piquet le plus proche de vous, ainsi que l’adresse mail du responsable.

Plus d’infos sur : https://www.lamanifpourtous.fr/30-novembre-1er-decembre-piquets-de-mobilisation-dans-toute-la-france

Contre la PMA sans père : Marchons, enfants !

Enorme succès pour cette marche contre la PMA sans père et la GPA, à l’appel du collectif #MarchonsEnfants regroupant une vingtaine d’associations dont La Manif pour tous, Alliance Vita et les AFC, avec pour devise « Liberté, égalité, paternité ».

Très vite, ce dimanche 6 octobre, la place Edmond-Rostand à Paris, point de départ du cortège, s’est avérée beaucoup trop petite pour contenir la foule qui affluait. Outre les familles, toutes générations confondues, et surtout de très nombreux jeunes, des ecclésiastiques, tel Mgr Rey, et des politiques, tant issus du Rassemblement national que des Républicains, parmi lesquels Marion Maréchal, Jean Messiha, Louis Aliot, Nicolas Bay, Gilbert Collard, Emmanuelle Ménard, Jean-Frédéric Poisson, François-Xavier Bellamy, Hervé Mariton, Julien Aubert, Rachida Dati et Agnès Thill (député exclu de LREM en raison de son combat anti-PMA).

Le centre de Paris rive gauche, du Sénat à Montparnasse, s’est retrouvé envahi par une foule dense, bon enfant et pacifique, mais déterminée à défendre les droits et le bien des enfants. Les drapeaux des provinces françaises côtoyaient les drapeaux verts et rouges, couleurs de la manifestation, et des pancartes « La médecine ? C’est pour soigner ! », « Il est où ton papa ? », « Privation de papa remboursée par l’Etat », « Un vrai daron, pas des échantillons ». Pourquoi être venu, parfois de très loin, aujourd’hui ? « Il faut se battre, c’est un devoir moral, le combat n’est pas encore perdu et une loi peut toujours être abrogée par la suite » ; « si nous laissons passer la PMA, nous aurons la GPA puis le transhumanisme et l’eugénisme ».

De nombreux intervenants défilent à la tribune. Jean-Pier Delaume-Myard rappelle que « la France, pays des droits de l’homme, doit être la patrie des droits de l’enfant et non pas du droit à l’enfant ». Puis la pédiatre Anne-Sophie Biclet déclare : « Nous refusons d’être des techniciens du vivant auprès de personnes en bonne santé qui souhaitent des choses que la nature ne peut pas leur servir. » Tous sont unanimes contre le projet de loi pernicieux et destructeur de la famille actuellement débattu au Parlement. « La parité est partout dans la société mais pas dans la filiation. Nous refusons que la filiation soit privée de la parité père-mère », résume Aude Mirkovic. Au milieu de la série de discours, une minute de silence a été observée pour les orphelins à naître.

Bataille de chiffres

La fourchette est large entre ceux de la préfecture de police, ceux du cabinet Occurrence et ceux des organisateurs. Comme d’habitude, direz-vous sans doute. Certes, mais là on frise le ridicule. Qui croire ? Tout d’abord, la préfecture de police et ses 42 000 manifestants ! Elle avait tablé sur 200 000 pour valider l’itinéraire mais, la foule étant bien plus nombreuse, elle a dû demander aux organisateurs d’ouvrir des itinéraires bis. Quelle cohérence entre cette demande et son estimation officielle ?

Ensuite Occurrence, une agence de comptage dite indépendante, qui annonce un chiffre de 74 500 ? Mais comment se fier à elle alors que son patron, ami d’Aurore Bergé, député pro-PMA, a tweeté : « Aurore, à ta disposition pour t’aider ! Mon réseau, mes compétences… » De plus, prévoyant son dispositif de comptage à l’avance, elle n’a pas pu compter les manifestants déviés sur les itinéraires alternatifs. Nombreux aussi sont ceux qui n’ont pas pu atteindre Montparnasse… Les 600 000 manifestants revendiqués par les organisateurs restent donc le chiffre le plus proche de la réalité, même s’il est légèrement surestimé. Au-delà des chiffres, une chose est sûre : aucun syndicat, ni même les Gilets jaunes, n’est capable d’une telle mobilisation.

Pour Ludovine de La Rochère « cet événement était un avertissement : nous verrons quelle est la réponse du président. Ouvrira-t-il le dialogue ou restera-t-il, comme Hollande, dans le mépris ? »

Ni bio, ni éthique, cette loi est catastrophique pour la société. « Si le gouvernement s’entête et veut passer en force, il nous trouvera en travers de sa route », prévient Albéric Dumont, vice-président de La Manif pour tous. Il invite donc à réserver la date du 1er décembre en vue d’une nouvelle mobilisation. La balle est désormais dans le camp du gouvernement et d’Emmanuel Macron.

Hélène Rochefort

Article paru dans Présent daté du 7 octobre 2019

Paris : enthousiasme et engouement à la manifestation contre la PMA ce dimanche

07/10/2019 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Alors que le projet de loi bioéthique est actuellement en première lecture devant le Parlement, une manifestation ce dimanche a rassemblé ses nombreux opposants à Paris. Elle ciblait la mesure phare de ce projet de loi, l’ouverture de la Procréation Médicalement Assistée aux femmes seules et aux couples de lesbiennes.

Les manifestants ont afflué de toute la France.

À l’appel de 22 associations, en majorité chrétiennes et comprenant notamment la Manif pour tous, ce sont près de 600 000 personnes qui se sont mobilisées à Paris selon les organisateurs. Les forces de l’ordre et le cabinet Occurence mandaté par un collectif de médias annoncent avoir décompté respectivement 42000 et 74500 manifestants, soit des nombres nettement inférieurs, comme déjà lors des mobilisations de 2012.

Parmi les mobilisés, des personnalités majoritairement à droite de l’échiquier politique étaient présents.

En effet on y retrouvait des élus comme Louis Aliot, Gilbert Collard ou Marion Maréchal, mais aussi des membres des Républicains, dont notamment Hervé Mariton. Celui-ci, comme la majorité des membres de son parti, avait pourtant appelé à voter Emmanuel Macron au second tour des élections présidentielles de 2017, alors même que l’ouverture de la PMA faisait partie des promesses de campagne de celui-ci.
Plusieurs dates de futures manifestations ont été annoncées par les organisateurs de l’événement.

De nombreux manifestants se déclaraient prêts à une nouvelle mobilisation au long terme à l’image de la Manif pour Tous. Il est néanmoins peu probable que le gouvernement ayant laissé sans réponse les revendications des Gilets jaunes après une crise sans précédent récent se montre à l’écoute des opposants à la PMA. Il ne doit pas moins craindre un revirement politique de cette considérable frange de la population, qui par le passé avait pu soutenir électoralement Emmanuel Macron, celui-ci ayant obtenu 62% des votes catholiques au second tour des élections présidentielles de 2017.
Alors que le projet de loi bioéthique est actuellement en première lecture devant le Parlement, une manifestation ce dimanche a rassemblé ses nombreux opposants à Paris. Elle ciblait la mesure phare de ce projet de loi, l’ouverture de la Procréation Médicalement Assistée aux femmes seules et aux couples de lesbiennes.

Les manifestants ont afflué de toute la France.

À l’appel de 22 associations, en majorité chrétiennes et comprenant notamment la Manif pour tous, ce sont près de 600 000 personnes qui se sont mobilisées à Paris selon les organisateurs. Les forces de l’ordre et le cabinet Occurence mandaté par un collectif de médias annoncent avoir décompté respectivement 42000 et 74500 manifestants, soit des nombres nettement inférieurs, comme déjà lors des mobilisations de 2012.

Parmi les mobilisés, des personnalités majoritairement à droite de l’échiquier politique étaient présents.

En effet on y retrouvait des élus comme Louis Aliot, Gilbert Collard ou Marion Maréchal, mais aussi des membres des Républicains, dont notamment Hervé Mariton. Celui-ci, comme la majorité des membres de son parti, avait pourtant appelé à voter Emmanuel Macron au second tour des élections présidentielles de 2017, alors même que l’ouverture de la PMA faisait partie des promesses de campagne de celui-ci.
Plusieurs dates de futures manifestations ont été annoncées par les organisateurs de l’événement.

De nombreux manifestants se déclaraient prêts à une nouvelle mobilisation au long terme à l’image de la Manif pour Tous. Il est néanmoins peu probable que le gouvernement ayant laissé sans réponse les revendications des Gilets jaunes après une crise sans précédent récent se montre à l’écoute des opposants à la PMA. Il ne doit pas moins craindre un revirement politique de cette considérable frange de la population, qui par le passé avait pu soutenir électoralement Emmanuel Macron, celui-ci ayant obtenu 62% des votes catholiques au second tour des élections présidentielles de 2017.

La mobilisation contre la PMA sans père et la GPA ne fait que commencer

07/10/2019 – FRANCE (NOVOpress)
Après le succès de la manifestation de ce dimanche, la Manif Pour Tous appelle ses partisans à ne rien lâcher.

Voici le texte du communiqué de presse du 6 octobre :

600.000 manifestants, venus de tous horizons, lancent avec succès la mobilisation contre le projet de loi de bioéthique. Plus que jamais : rien n’est joué.

Devant l’affluence et la saturation du cortège, les autorités ont demandé aux organisateurs d’ouvrir des itinéraires alternatifs et aux manifestants de se rendre par tous les moyens possibles sur la place du 18 juin 1940 (Montparnasse) où des responsables associatifs, des témoins et des experts se sont relayés sur un podium pour dénoncer les conséquences du projet de loi. C’est le cœur de Paris, du Sénat à Montparnasse en passant par Port Royal qui a été envahi par une foule très dense, pacifique et déterminée à faire entendre la voix de la raison et de la justice pour les droits des enfants.

La balle est désormais dans le camp d’Emmanuel Macron et du gouvernement. La Manif Pour Tous entend continuer, avec les associations partenaires du label « Marchons Enfants ! », à faire vivre cette mobilisation citoyenne massive. « Si le gouvernement s’entête et veut passer en force, il nous trouvera en travers de sa route » a déclaré Albéric Dumont, Vice-Président de La Manif Pour Tous. Il a aussi invité les manifestants à réserver dans leurs agendas les dimanches 1er décembre, 19 janvier, 8 mars, 17 mai et 14 juin. Ces dates seront confirmées et activées en fonction de l’attitude du gouvernement. « Le choix du gouvernement est simple : être à l’écoute des Français ou reproduire la méthode de François Hollande : mépriser les Français et diviser la société » résume Ludovine de La Rochère.


Octobre noir : la colère cerne la macronie, par Francis Bergeron

Une semaine noire sans précédent se prépare

La semaine noire qui s’annonce est un événement totalement inédit. La convergence des mécontentements va se manifester dans la rue, pendant plusieurs jours. Il y a là comme la conclusion d’une pratique gouvernementale détestable, et une réponse au « en même temps » d’un système à bout de souffle après deux ans et demi à peine aux manettes.

Le 2 octobre, les policiers battront le pavé. C’est une manifestation à l’initiative d’une vingtaine d’organisations syndicales. Cette « marche nationale de la colère » est très inquiétante pour le pouvoir macronien : elle confirme le fossé qui s’est creusé entre la police et son ministre de tutelle, le malaise qui règne au sein de ce corps, constamment montré du doigt, mobilisé pour des actions répressives qui vont souvent à l’encontre de ce que pensent profondément les policiers.

Depuis quelques jours, les mouvements sociaux annoncés à partir du 5 octobre prennent de l’ampleur. Les syndicats de la SNCF et de la RATP annoncent une entrée dans la grève illimitée à cette date, pour protéger leurs avantages acquis. En principe, face à ce genre de revendication, la droite se range du côté du pouvoir, par réflexe de bon sens, et par détestation du désordre. Le samedi 5 octobre, les Français de droite pourraient toutefois se sentir parfaitement neutres dans cette confrontation, considérant que les manifestations syndicales vont sanctionner d’abord une méthode, en l’occurrence la méthode Delevoye. La réforme des retraites, qui a valu à Delevoye une promotion ministérielle, se révèle une réforme parfaitement socialiste, consistant à prendre dans la caisse des systèmes bien gérés (par exemple, les professions libérales) pour renflouer les régimes en perdition. Quant aux professions privilégiées, il n’en est pas moins utopique de croire que l’on peut rejouer la nuit du 4 Août, abolir ces privilèges, d’un simple coup de baguette magique. Il faut du temps, il faut un pouvoir fort et cohérent, bénéficiant d’un large soutien populaire, susceptible de faire pression par sa capacité de conviction. Et il faut par-dessus tout de la subtilité. Nous sommes loin du compte.

Une profonde évolution du corps social

D’autres professions, comme les infirmiers et tous les oubliés de la France des 35 heures et des quatre jeudis vont profiter de ce jour de colère sociale pour se faire entendre. Et les Gilets jaunes ? L’acte XLVII de mobilisation pourrait être extrêmement spectaculaire, dans ce contexte.

Le dimanche 6 octobre, nous aurons la grande manifestation de révolte de ceux qui ne se résignent pas à la marchandisation des corps, à l’évolution vers l’eugénisme. Il s’agit d’une révolte spirituelle, familiale, sans doute moins violente dans la forme, mais c’est certainement la plus profonde de toutes ces révoltes, car elle touche au plus intime de chacun d’entre nous. Elle sanctionne une profonde évolution du corps social. Les communautés chrétiennes, notamment, se sentent devenir étrangères dans leur propre pays, et elles résistent difficilement à la tentation d’un « repli identitaire », pour préserver leurs fondamentaux. Si la mode, dans les mots, est à l’intégration (des étrangers, des « réfugiés », etc.), nous assistons en fait à une désintégration de la société, dont les manifestations de début octobre ne constituent sans doute que des signes avant-coureurs.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 26 septembre 2019

Invité à la Convention de la droite – Gilles-William Goldnadel : «Le refus du mépris»

PMA sans père – La Manif Pour Tous estime que le gouvernement doit maintenant apporter des réponses

25/09/2019 – FRANCE (NOVOpress)
Dans un communiqué publié le 24 septembre 2019, La Manif Pour Tous estime qu’après avoir été alerté en vain sur les conséquences de la PMA sans père, le gouvernement doit désormais répondre aux interrogations et inquiétudes exprimées par les Français depuis plusieurs années.

Voici le texte du communiqué intitulé “PMA sans père : au pied du mur, le gouvernement doit maintenant apporter des réponses” :

L’heure des réponses a enfin sonné. Après avoir été alerté en vain sur les conséquences de la PMA sans père, le gouvernement doit désormais répondre aux interrogations et inquiétudes exprimées par les Français depuis plusieurs années. Resté sourd aux questions soulevées par les associations familiales, les pédopsychiatres, les juristes, les scientifiques, les philosophes…, la majorité va devoir se montrer non seulement à l’écoute mais aussi entendre les nombreuses réserves exprimées par la société civile.

Il est temps de lever les ambiguïtés entretenues par le gouvernement depuis trop longtemps. L’embarras du gouvernement suite à la publication de l’avis de l’Académie nationale de médecine s’est traduit par un amalgame scandaleux. Des ministres n’ont pas hésité à comparer la situation des enfants vivant dans des familles monoparentales avec celles d’enfants nés par PMA sans père. Heureusement, ces deux situations n’ont rien à voir. Les enfants vivants dans des familles monoparentales connaissent souvent leur père. Mais pour de multiples raisons, ils en sont séparés. Ces situations n’ont rien à voir avec le fait d’organiser la conception d’enfants volontairement privés de leur père. C’est bien ce caractère volontaire qui est au cœur du projet de loi. Qui a le droit de décider qu’un enfant peut être privé de son père avant même sa conception ? Comment l’accepter ? Comment peut-on envisager un seul instant de priver volontairement un enfant de l’amour de son père pour toute sa vie ?

Le gouvernement entretient également une ambiguïté autour de la GPA. Il affirme que ce n’est pas un sujet puisque le projet de loi ne prévoit pas la légalisation de la GPA. Mais, en même temps, il prépare une circulaire sur la reconnaissance des enfants nés par GPA dans un pays étranger. Il ne doit pas fuir ses responsabilités et être clair :

Oui ou non, le gouvernement est-il réellement opposé à la GPA ?
Oui ou non, le gouvernement est-il opposé à ce que des Français aillent faire une GPA à l’étranger ? Par souci de cohérence, et parce que la dignité des femmes n’a pas de frontières, parce que la GPA est effectivement intolérable en France, elle l’est aussi à l’étranger et nos ressortissants ne doivent pas être autorisés par la loi française à y recourir.
Oui ou non, le gouvernement est-il prêt à reconnaître les enfants nés d’une GPA à l’étranger à l’état civil, ce qui reviendrait à encourager les Français à aller faire des GPA à l’étranger et donc au développement de ce business sordide ?
Oui ou non, le gouvernement veut-il s’engager pour l’abolition universelle de la GPA, au nom de la dignité et du droit des femmes ?

Bien d’autres questions sont encore soulevées par la PMA sans père à l’occasion du débat parlementaire : la PMA post mortem, la PMA pour les personnes transgenres, l’autoconservation des ovocytes, la réponse à la pénurie de gamètes… Concrètement, comment le gouvernement entend-il garantir aux femmes que l’autoconservation des ovocytes ne va pas déboucher sur des pressions de leurs employeurs ? Comment le gouvernement peut-il garantir que la pénurie de gamètes ne va pas se traduire par la rémunération des fournisseurs de sperme ou l’achat de sperme à l’étranger ? Comment le gouvernement compte-t-il s’assurer que ce commerce des gamètes sera interdit en France, y compris sur internet ?

Enfin, le gouvernement doit cesser de chercher à museler toute forme d’opposition à son projet au nom de la recherche légitime d’un « débat apaisé ». Il y a eu plusieurs glissements forts regrettables du côté de la majorité qui cherche manifestement à réécrire l’Histoire. S’il s’est déclaré favorable, à titre personnel, à la PMA sans père, Emmanuel Macron a toujours conditionné tout projet législatif à l’existence d’un large consensus. Aujourd’hui, plusieurs ministres cherchent à remplacer ce consensus par le caractère « apaisé » du débat. C’est un tour de passe-passe grossier et indigne du gouvernement. Le Président du CCNE (Comité Consultatif National d’Éthique) a lui-même souligné, à l’issue des États généraux de la bioéthique, qu’il n’existe pas de consensus sur cette mesure. Les Français sont profondément divisés sur cette question. Comment en outre parler de débat « apaisé » lorsque ni les conclusions des États généraux de la bioéthique, ni le contenu de la mission d’information parlementaire, ni les auditions de la commission spéciale mise en place à l’Assemblée nationale n’ont été pris en compte. Comme pour les retraites, la position du gouvernement consiste à organiser un débat mais à ne surtout pas en tenir compte dans ses décisions. C’est parfaitement anti-démocratique.

La République doit protéger tous ses enfants, sans distinguer ceux qui sont nés par PMA, elle n’a pas à en priver volontairement certains de l’amour d’un père. C’est ce message d’amour qui sera porté haut et fort dans la rue lors de la manifestation unitaire sous le label « Marchons Enfants ! » qui se tiendra à Paris le dimanche 6 octobre : « Liberté ! Égalité ! Paternité ! ».

Marche contre la PMA et la GPA du 6 octobre : non aux profits sur le ventre des femmes !

« Marchons, enfants ! », contre la PMA sans père et la GPA ! Le collectif La Manif pour tous, qui fut le fer de lance de la lutte et des manifestations contre le mariage homosexuel en 2013, ainsi que nombre d’intellectuels, de militants politiques ou de simples citoyens l’avaient annoncé : le mariage dit « pour tous » allait ouvrir de fait la PMA « pour toutes les femmes ». A l’époque, le camp dit « progressiste », de centre droit comme de centre gauche, qui ne voit plus de bien commun ni de droit « de » ou de devoir « de », pas plus que de limites naturelles, mais des « droits à » (tout ce que veut la moindre minorité), l’affirmait la main sur le cœur : le mariage homosexuel ne provoquerait pas l’extension de la PMA. Comme prévu, le camp dit « progressiste », prompt à tout marchander, y compris les corps, a fait ce qu’il fait le mieux : mentir. Un mensonge d’importance et dont l’écho résonne maintenant que le gouvernement s’apprête à légiférer : c’est contre cette PMA qui ne concernera pas les couples infertiles mais des femmes qui n’en ont pas besoin sur le plan de la nature que se prépare la manifestation du 6 octobre, manifestation dont on pourra lire l’appel sur le site de LMPT.

Viendra ? Ne viendra pas ?

C’est d’égoïsme qu’il s’agit, ce que note Gilbert Collard qui a décidé de participer à la manifestation à Paris. Egoïsme des femmes homosexuelles refusant la simple nature. Egoïsme des politiques progressistes au pouvoir et de leurs amis des lobbys marchands soucieux de profits non plus sur le dos mais sur le ventre des humains.

Collard n’est pas la seule personnalité à avoir le courage d’annoncer sa présence. Il en faut, du courage, en effet, dans une société politique et médiatique où le candidat Bellamy a été matraqué pour avoir participé aux manifestations de 2013 et où un Fillon a pu être l’objet de vindictes du fait de son christianisme affiché. La France est le pays des droits de l’homme et de la liberté d’expression, ce pays qui autorise toutes les expressions sauf celles qui ne vont pas dans le sens du vent – ou du ventre, dans le cas présent.

Viendront ? Ne viendront pas ? Marine Le Pen ne sera pas présente lors de la manifestation, même si les membres du RN restent libres de marcher ou non à titre personnel. François-Xavier Bellamy qui est, ne l’oublions pas, avant tout philosophe, sera présent, conscient que la prochaine loi bioéthique vise à autoriser le dépassement de « toutes les limites ». L’ancien candidat LR aux européennes indique que la PMA puis la GPA seront humainement « notre malédiction ». La PMA « pour toutes » ne vient en effet pas seule, contrairement à ce qu’affirment les nouveaux mensonges progressistes ; elle annonce la GPA pour les couples homosexuels masculins et donc la marchandisation accrue des ventres de la pauvreté. Qui d’autre ? Pour l’instant, Nicolas Bay qui évoque une « régression majeure ». Sa présence est un signe fort, auquel il convient d’ajouter Marion Maréchal, déjà dans la rue en 2013, et qui a depuis longtemps annoncé qu’elle manifestera par refus qu’un enfant soit transformé « en produit de consommation ».

L’échec (relatif) de La Manif pour tous en 2013, les divisions du camp antiprogressiste, celles des droites, tout laisse à penser que le 6 octobre pourrait ne pas être un moment historique. Chiche ? Et si l’heure était au contraire venue de ce grand mouvement conservateur et populiste que les droites appellent de leurs vœux ?

Paul Vermeulen

Article paru dans Présent daté du 17 septembre 2019

Pour une convergence LMPT-Gilets jaunes, par Philippe Suvigny

Gilets jaunes

Le printemps 2013 et l’automne 2018 resteront attachés au souvenir de deux mouvements populaires aux espoirs déçus. Chacun a pensé pouvoir faire reculer le gouvernement, voire l’abattre. Chaque fois le gouvernement a résisté.

Rêvons un instant et transportons-nous en octobre prochain. À ce moment-là, le débat sur la PMA battra son plein, tandis que les gilets jaunes n’auront pas désarmé. Imaginons alors une foule additionnant les deux manifestations. Imaginons Paris avec deux millions de Français très en colère face à un gouvernement aux abois. Tout serait alors possible.

Revenons sur terre : un tel rassemblement est-il seulement envisageable ? Qu’y a-t-il de commun entre une France « beauf » noyautée par une extrême gauche ultra-violente et une bourgeoisie catho BCBG aussi attachée à son portefeuille qu’aux bonnes mœurs ?

Le piège est justement de tomber dans ces caricatures, volontairement véhiculées par l’oligarchie politique et médiatique. Les gilets jaunes « authentiques » des premières manifestations n’ont rien à voir avec l’extrême gauche. Quant aux cathos qui ont préféré voter Macron au mépris de leurs propres principes, ils seront absents des mobilisations contre la PMA.

En fait, et en dépit des apparences, opposants à la loi Taubira et gilets jaunes « historiques » constituent deux populations très proches, trop proches pour que l’oligarchie ait intérêt à le montrer.

La classe moyenne est la composante essentielle de chacun de ces mouvements. Certes, elle est plus rurale chez les gilets jaunes, plus citadine dans la manif pour tous. Les premiers vivent plus modestement, les seconds plus confortablement (provisoirement !). Mais, dans les deux cas, c’est cette même France qui croule sous les charges et les prélèvements. C’est cette même France qui sert de vache à lait à des millions d’assistés qui n’ont aucune volonté de s’insérer et vivent d’allocations et de trafics en tous genres. Et c’est cette même France qui supporte de plus en plus mal de voir les plus riches et les élites se dérober à leurs devoirs.

Que faut-il pour que la convergence se fasse ?

Les deux partis doivent d’abord comprendre qu’isolés, la victoire leur restera inaccessible. L’extrême gauche, avec la complicité du gouvernement, continuera à faire peser sa dictature chez les gilets jaunes. Quant à la manif pour tous, elle ne peut espérer l’emporter en se basant sur les mêmes méthodes qu’il y a cinq ans.

Chaque camp doit intégrer, au moins partiellement, les revendications de l’autre.

Les gilets jaunes doivent remonter à la cause la plus profonde des effets qu’ils déplorent, à savoir la décadence morale du pays. Les injustices matérielles qu’ils subissent ont leur source dans l’égoïsme et l’absence de principes moraux de l’oligarchie. Cette absence de principes est cause à la fois du système économique injuste de notre pays et des lois détruisant ses repères moraux et familiaux.

La bourgeoisie patriotique, fer de lance de la manif pour tous, doit être conséquente et prête à sacrifier ce qu’elle pense être ses intérêts matériels immédiats aux principes supérieurs qu’elle défend. Il est impossible de continuer à soutenir le modèle économique mondialiste et ultralibéral qui domine. En effet, ce modèle est cause d’injustices intolérables dont l’immoralité n’a rien à envier aux lois contre la famille.

Tous doivent comprendre que le remède fondamental est dans un retour aux racines chrétiennes et culturelles de notre pays.

L’oligarchie macronienne cherche délibérément à éloigner deux faces d’un même mouvement qui s’oppose à sa politique d’assassinat de la nation. Et pour cause : elle sait que leur union lui sera fatale !

À chacun d’agir en conséquence. Opposants à la PMA : tous en gilets jaunes les samedis ! Gilets jaunes : tous à Paris le 6 octobre !

Philippe Suvigny

Tribune reprise de les4verites.com