PSG – Istanbul Basaksehir – Noir c’est noir, par Benoît Busonier

noir antiracisme

C’est un emballement dont l’époque postmoderne a le secret. Un mélange d’exacerbation identitaire, de société du spectacle, de narcissisme, et d’effet de groupe. Un cocktail désastreux pour toute société. Cet emballement a procuré à la meute un frisson de pseudo-héroïsme pendant le temps d’une soirée, au prix d’une vie et d’une carrière brisées. Récit.

Le match PSG-Istanbul a été interrompu vers la vingtième minute, à cause d’un esclandre provoqué par un entraîneur adjoint du club turc, noir de peau, qui aurait été traité de « négro » par le quatrième arbitre. Le racisme est, de fait, présent dans un certain nombre de stades italiens ou d’Europe de l’Est : il n’est pas rare que des joueurs africains y fassent l’objet de cris de singe, ce qui est moralement tout à fait condamnable. Toujours est-il que les joueurs des deux équipes se sont arrêtés de jouer, et sont allés morigéner l’arbitre qui aurait injurié l’entraîneur adjoint Pierre Achille Webó. Le scandale a pris une proportion internationale, et le monde entier via les réseaux sociaux en a profité pour participer au lynchage. Mais que s’est-il passé ?

C’est très simple, et les images vidéo ont pu reconstituer à la minute près les faits réels. Pierre Achille Webó mettait le bazar sur son banc de touche, et se comportait de manière agressive. Le quatrième arbitre, M. Sébastien Coltescu, demande aux trois autres arbitres de l’exclure. Il leur dit exactement : « Il faut exclure le joueur noir, ce n’est pas possible de se comporter comme ça ». Or, « noir » se dit « negru » en roumain. Dès lors, Pierre Achille Webó a cru être insulté et s’en est pris à l’arbitre en question, provoquant l’esclandre lamentable qui s’est ensuivi. Il s’est expliqué de manière calme et digne : Pierre Achille Webó était au milieu de gens de couleurs de peau plus claires, l’adjectif « noir » permettait de le désigner de manière efficace et sans injure particulière, à moins qu’une couleur soit considérée comme telle. Lors de la Coupe d’Afrique des nations, si un entraîneur blanc se comporte mal sur son banc et qu’il est seul de sa couleur de peau, il ne se plaint pas si on le désigne comme Blanc, parce que c’est pratique. Il aurait fait une tête de plus que son voisin, on aurait pu dire « le grand » ; s’il portait des lunettes, on aurait pu dire « le type à lunettes » ; il aurait été le seul chauve, on aurait pu dire « le chauve », etc. Crier au racisme, dans ces circonstances, c’est insulter l’arbitre.

Si, aujourd’hui, désigner un Noir au milieu d’un groupe de gens de couleurs différentes en disant « le Noir », c’est raciste, alors la vérité est raciste. Une couleur de peau n’est pas une insulte.

Le joueur qui a fait dégénérer l’incident mineur en explosion mondiale s’appelle Demba Ba. Né en France, c’est un musulman qui soutient officiellement l’organisation islamiste BarakaCity.

C’est lui qui a fait quitter le terrain à tous les joueurs. Or, dans plusieurs propos publics, il utilise le terme « Blanc » pour désigner des gens. Par conséquent, lorsqu’il explique à Sébastien Coltescu que désigner quelqu’un par sa couleur de peau est raciste, il reconnaît qu’il est lui aussi raciste. Le comble de l’abject, c’est que de nombreux officiels turcs ont parlé de crimes contre l’humanité. A en vomir : quelques semaines après avoir commencé une épuration ethnique au Haut-Karabagh, après avoir appelé « chiens » les Arméniens, Erdogan vient faire l’antiraciste. Répugnant.

Cette soirée laisse un goût amer dans la bouche : le spectacle de cette meute qui ruine la vie d’un homme de manière injuste, devant le monde entier, en manipulant un malentendu. Une curée immonde. Et qui laisse présager un avenir violent. Lorsque des phénomènes de foule incontrôlables s’agrègent sur une pauvre victime, peu nombreux sont les courageux capables de défendre le bouc émissaire girardien pris par la crise mimétique. Et le prochain, c’est peut-être vous.

Benoît Busonier

Article paru dans Présent daté du 10 décembre 2020

Les préférences étrangères du président Macron

Macron préférences étrangères

Elu en 2017 pour gouverner, Macron continue à communiquer. Une confusion qui explique le long entretien au média en ligne Brut, suivi d’échanges avec des jeunes sur le compte Snapchat du même média. Parmi les sujets abordés : l’immigration et le multiculturalisme.
Macron en a profité pour affirmer clairement sa vision de la France de demain : une France de la préférence étrangère.

Les exemples les plus éloquents ? « Ce que je veux faire, c’est pouvoir remettre l’enseignement de l’arabe : l’une des langues les plus parlées par ces jeunesses dans leur famille, pour éviter que ce soit détourné par d’autres mais aussi pour reconnaître cette part. » L’arabe a quatre millions de locuteurs en France. Pour Macron, « on a en quelque sorte refoulé les langues étrangères de celles et ceux issus d’autres pays ou qui appartenaient à des diasporas, c’est vraiment un processus de refoulement ». Il a même insisté : « Quand vous connaissez l’arabe ou que votre famille parle l’arabe en France, c’est une chance pour la France. Cela a quelque chose à apporter pour notre pays, pour connaître la littérature, l’enseigner à d’autres, pour pouvoir voyager, commercer, rendre le pays plus fort. On apprend tous des langues étrangères. » Considérer que l’arabe est « une chance pour la France », alors que beaucoup des attentats perpétrés sur le sol français l’ont justement été par de jeunes musulmans, les fameuses « chances pour la France », vieille expression qui a amplement démontré sa fausseté, ressemble à une provocation.

Le président a par ailleurs encouragé « la population et les universitaires à constituer une liste de 300 à 500 noms de personnalités historiques noires ou arabes d’ici mars 2021 afin de rebaptiser des noms de rues ou dresser de nouvelles statues », donnant ainsi quitus aux revendications des minorités ethniques, indigénistes et racistes noires. Un comité scientifique, une vingtaine de personnes de la gauche culturelle, a été constitué, proposant les premiers noms : le premier musulman à avoir intégré Polytechnique, par exemple. Lino Ventura aussi, qui ne semblait pourtant ni Noir ni Arabe. La proposition est d’ailleurs raciste : Macron n’évoque pas les Asiatiques, pas plus les bouddhistes.

Selon Brut, l’entretien avec le chef de l’Etat aurait été suivi par plus de sept millions de jeunes, tandis que sa retransmission sur les chaînes d’information aurait rassemblé six millions de personnes. Il y aurait eu « 100 millions » d’interactions sur Snapchat (messages éphémères). C’est à relativiser car les jeunes zappent. Parmi tous ces gens, combien sont allés sur Brut et sur Snapchat juste pour voir, avant de passer à autre chose ? Par ailleurs, sauf les proches de Macron, tant parmi les politiques que les médias, personne n’a été convaincu par cette intervention, ni dans la manière ni dans les propos tenus. Vendredi dernier, c’est Macron le démagogue qui parlait aux « jeunes ».

Paul Vermeulen

Article paru dans Présent daté du 7 décembre 2020

Vaccins — Les personnes âgées comme cobayes ? Ça va piquer !

vaccins covid

Très attendue par les journalistes des grands médias, qui étaient impatients de découvrir le nom de « Monsieur Vaccination », la conférence de presse consacrée jeudi soir par Jean Castex et Olivier Véran à la présentation de la « stratégie » de vaccination du gouvernement contre le Covid-19 aura, à défaut d’avoir donné des informations réellement nouvelles, surtout conforté, hélas, deux de nos principales craintes : d’abord, que l’exécutif est dans l’incapacité totale de garantir la non-toxicité des vaccins qu’il entend nous inoculer ; ensuite, que nos personnes âgées serviront finalement de cobayes aux grands laboratoires pharmaceutiques.

Après avoir dévoilé en grande partie son plan de vaccination mardi, le Premier ministre en a donc détaillé les modalités pratiques. En tête de ces objectifs : la vaccination, dès le mois de janvier, d’un million de seniors résidents des EHPAD et de professionnels de ces établissements. Puis, en février, celle des personnes vulnérables, rendues fragiles par leur âge ou leurs pathologies, soit 14 millions de personnes. Un choix qui pourrait paraître des plus justifiés, étant donné que nos anciens sont les plus menacés par ce virus. Mais qui, en réalité, pose un vrai problème éthique quand on sait que l’essentiel des informations dont nous disposons sur l’efficacité et l’éventuelle toxicité des vaccins qui seront utilisés émane des agences de communication des grands laboratoires pharmaceutiques qui les ont mis au point…

Un prudent « Monsieur Vaccination »

Assez révélatrice aura d’ailleurs été la relative prudence observée jeudi soir par le professeur Alain Fischer, le fameux « Monsieur Vaccination », nommé le jour même à la tête du « Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale » en raison, nous dit-on, de sa réputation d’« immunologue éminemment respecté mondialement ». Ce qui est sûrement vrai quand on sait que ce professeur Fischer, ex-collaborateur de Martine Aubry lors des primaires socialistes de 2011 et signataire d’une tribune appelant à faire barrage à Marine Le Pen entre les deux tours de l’élection présidentielle en 2017, est un proche de Macron… Plus inquiétant : l’éminent immunologue a été conseiller d’Agnès Buzyn, lorsque celle-ci occupait le ministère de la Santé ! Bref, en attendant, Alain Fischer aura au moins eu le mérite de reconnaître d’emblée que « le recul à ce jour sur l’efficacité de ces vaccins ne dépasse pas deux à trois mois », et que « les données ne sont pas encore complètes pour savoir à quel point ces vaccins sont efficaces sur les personnes les plus à risques ».

D’autre part, chargé de présenter les « quatre types » de vaccins qui seront proposés à la population au cours des prochains mois, Fischer a notamment rappelé que deux d’entre eux, ceux de Pfizer et de Moderna, consistaient en une injection d’« ARN messager » : technique dont nous avons évoqué les risques dans Présent (voir notre édition datée du 13 november), et dont il a lui-même reconnu jeudi qu’elle « est complètement nouvelle » et « n’a jamais été utilisée à grande échelle chez l’homme » !

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 4 décembre 2020

Gestion de l’épidémie de COVID-19 : le rapport au vitriol de la Commission d’enquête

COVID-19

« Pilotage défaillant », « gestion chaotique », « manque d’anticipation » ou encore « lourdeurs bureaucratiques et administratives » : ceux qui, comme nous, s’attendaient à ce que la Commission d’enquête parlementaire de l’Assemblée sur la gestion de la crise du COVID-19 rende des conclusions particulièrement accablantes pour l’Etat n’auront pas été déçus du voyage. En effet, voté mercredi par tous les députés à l’exception – ô surprise ! – de ceux du MoDem et de LREM, le rapport de 200 pages présenté par le député LR Eric Ciotti, au terme de six mois d’investigations et de 53 auditions, a comme qui dirait un goût de vitriol amplement justifié.

Un pays totalement « désarmé »

Premier constat effectué par les membres de la Commission : celui d’un pays totalement « désarmé » face à la crise sanitaire parce que l’Etat s’est, depuis une décennie, fixé « d’autres priorités » et a laissé « s’épuiser les stocks stratégiques jusqu’à arriver à la pénurie ». Citant l’exemple ô combien symbolique des masques, le rapport souligne ainsi que cette baisse constante des stocks « semble s’être opérée dans l’indifférence ou l’ignorance du pouvoir politique ». Même chose pour les « exercices pandémies » qui avaient été mis en place dans les années 2000 : au fil des ans, constate la Commission, ceux-ci se sont espacés pour s’arrêter définitivement à partir de 2013… Evoquant ensuite notre système de soins, « que l’on pensait solide et qui s’est retrouvé démuni », le rapport pointe alors du doigt un « hospitalo-centrisme qui a contribué à aggraver des tensions déjà exacerbées par l’affaiblissement structurel du système de santé », et dénonce tout particulièrement « l’indifférence de l’exécutif » face au drame des EHPAD lors de la première vague de l’épidémie.

Une « gestion chaotique » de la crise

Mais, au-delà de cette incroyable impréparation, la Commission d’enquête dénonce surtout une « gestion chaotique » de la crise, avec « d’innombrables retards » pris dès le début de celle-ci. Citant l’exemple de l’Italie, le rapport souligne ainsi : « alors que le pays connaît une vague épidémique qui précède celle de la France de 10 à 12 jours » et que « les premières mesures de confinement y sont instaurées dans une dizaine de villes dès le 21 février », la France « ne sera confinée que le 17 mars, soit 24 jours plus tard » ! Quant au retard avec lequel les tests ont été mis à disposition, les membres de la Commission rappellent que, le 17 mars, la France n’avait encore effectué que 13 000 tests, soit « vingt fois moins que l’Allemagne qui, à la même date, en avait réalisé plus de 250 000 » ! Bref, indique encore le rapport, « de manière générale, tout au long des premières semaines de la crise sanitaire, les Français ont assisté à une succession précipitée de décisions prises au pied du mur, alors qu’elles étaient indispensables ». Et ce n’est pas fini, observe avec consternation la Commission : la deuxième vague épidémique associée à la forte hausse de la demande de tests « a provoqué une embolie du système de dépistage et finalement une mise en échec de la stratégie gouvernementale “Tester, tracer, isoler” alors que l’enjeu d’enserrer le dispositif de dépistage dans les délais les plus courts possible était pourtant posé dès le mois de mai » !

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 3 novembre 2020

Les condés feront du ski…, par Etienne Defay

stations ski covid

… Et ils seront bien les seuls ! Habitué aux décisions unilatérales et absconses (pour rester courtois), le gouvernement a opté pour l’ouverture des stations de ski mais pour la fermeture des remontées mécaniques. Autant vous dire qu’ils seront peu nombreux à travailler les ischio-jambiers en chaussures de ski sur des milliers de mètres de dénivelés positifs. On serait bien tenté de leur proposer de troquer ski et snowboard contre une paire de raquettes ou de skis de fond pour crapahuter sur les plateaux du Vercors mais les refuges de haute montagne sont fermés.

Inutile de préciser que les professionnels des sports d’hiver sont furieux mais surtout apeurés. Déjà mis à mal par la rareté des chutes de neige, les stations de ski font grise mine et la révolte gronde. Le maire de la commune de Chatel a d’ailleurs recouvert sa mairie de drapeaux suisses. Allusion à la politique helvétique pour qui il est hors de question de renoncer à cette manne économique. Une situation qui s’explique aussi par le fait que l’enclave helvète est située hors de l’Union européenne et son armée de technocrates zélés. L’Autriche et la France ont donc plié devant les exigences allemandes et la peur du COVID.

Une décision qui risque de pousser les Français à partir skier en Suisse ? C’était compter sans notre Monsieur déconfinement national qui habite pour un temps à Matignon. Le Premier ministre Jean Castex a enfilé son costume de garde-frontière en avertissant les Français : tout individu surpris en train de revenir du ski à l’étranger sera mis huit jours à l’isolement. On croit rêver. Nous qui pensions avoir atteint les sommets en termes d’infantilisation et de coercition, notre cher gouvernement a adopté le même code couleur que les pistes de ski. On commence tranquillement sur la piste verte et on finit en hors piste après la noire. Las. Nos moniteurs nationaux ne manquent pas d’inventivité. Une députée a proposé, en désespoir de cause, de décaler les vacances d’hiver et de printemps pour permettre à la population d’aller skier. Déjà, on remercie cette élue d’imaginer qu’on peut décaler la totalité des vacances de nos concitoyens pour une poignée de frontaliers et de privilégiés qui ont les moyens d’aller skier (prix moyen pour une semaine de ski pour quatre personnes ? Entre trois et cinq mille euros).

L’enjeu n’est donc pas tant de protéger le droit des Français à aller skier. L’enjeu est davantage de sauver tout un secteur de notre économie mais aussi notre liberté face à un pouvoir qui ne sait plus quoi inventer en matière de loi liberticide. Qu’un conseil scientifique et technocratique aussi à l’aise dans la réalité qu’un dromadaire sur une luge puisse décider unilatéralement à la place des citoyens est très inquiétant, qu’elle se traduise par un pataquès digne d’un mauvais remake des « Bronzés font du ski » rajoute une touche d’humour macabre à ce drame qui se transforme lentement mais sûrement en tragicomédie. A quand un haut-commissariat aux chaussures de ski ? s’interroge avec ironie l’éditorialiste du Point Sophie Coignard. On en rirait presque si la blague ne durait pas depuis aussi longtemps. •

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 2 décembre 2020

Décapitation de Samuel Paty – La tardive prise de conscience d’une prof nîmoise

Samuel Paty

Comment ne pas songer, en lisant la lettre ouverte que vient d’adresser à ses collègues une enseignante nîmoise suite à la décapitation de Samuel Paty par un djihadiste, au grand Bossuet et à sa célèbre citation nous rappelant que « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes » ? En effet, en reconnaissant dans cette lettre s’être elle-même battue pendant des années « pour le multiculturalisme et l’intégration » à l’école, et avoir notamment « défendu il y a vingt ans les menus sans porc à la cantine », cette enseignante en réseau d’éducation prioritaire à Nîmes ne nous rappelle pas seulement le rôle décisif joué (pour des raisons idéologiques) par les enseignants et leurs syndicats dans l’islamisation de l’école publique, mais aussi leur prise de conscience pour le moins tardive de la gravité de cette menace.

« Une attitude de déni coupable »

Ayant enfin réalisé que « les hommages et autres minutes de silence ne sauraient suffire », cette enseignante invite ainsi ses collègues à s’interroger sur ce qui doit changer « dans [leur] relation à [leurs] élèves et à leurs familles pour que Samuel Paty ne soit pas mort pour rien ». Ainsi, écrit-elle, « face à la montée de l’idéologie islamiste, nous faisons trop souvent […] preuve d’un manque de lucidité, voire d’une attitude de déni coupable ». Et l’enseignante de citer alors toute une série de situations auxquelles elle a été confrontée. Comme cette classe verte, au cours de laquelle sur une classe de 30 enfants, 20 steaks hachés ont été jetés parce que la viande n’était pas hallal. Ou encore cette fois où une mère venue inscrire son enfant a refusé de serrer la main du directeur, au prétexte que celui-ci était un homme…

« La peur de passer pour des fachos »

Les cas se multiplient, les exemples s’accumulent, sans pourtant jamais ébranler un seul instant les belles convictions mondialistes et droits de l’hommistes de ces enseignants majoritairement acquis à la gauche et au multiculturalisme. Or, comme le confie dans sa lettre cette institutrice nîmoise, « je me demande aujourd’hui de quoi j’ai été l’instrument ». En effet, écrit-elle, « en 2015, j’ai commencé à m’interroger : les mamans du quartier étaient accablées comme nous face à l’horreur du Bataclan. Mais aucune n’est venue à la grande marche à Nîmes alors que, nous, l’équipe de l’école les attendions. Je me suis dit “Elles sont sur une autre planète”. Celle où l’islam est une grille de lecture tellement forte que l’humanisme, la République et ses lois n’ont pas de poids dans les pratiques quotidiennes ». Et l’enseignante d’observer alors : « Je ne veux condamner personne, mais je me dis que la bienveillance n’est pas l’acceptation de tout ». Avant de conclure : « La peur de passer pour des fachos nous pousse à arrondir les angles. Ma lettre c’est un simple appel à la lucidité. Il a fallu cette violence contre un enseignant pour que je me dise “Ou tu fais quelque chose ou tu changes de travail”. On a perdu de notre aura, de notre responsabilité. Le respect, l’autorité, ça se construit. Ce n’est plus un a priori. »

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 1er décembre 2020

Restauration et Covid-19 – Cauchemar en cuisine : Les filières d’excellence française « flinguées » par des mesures absurdes

covid restaurants

Marseille, Perpignan, Nantes, Nîmes, Lyon, Toulouse ou encore Grenoble : ils ont été plusieurs milliers, dont une majorité écrasante de restaurateurs, à avoir répondu ces derniers jours aux appels à manifester lancés par l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie et autres organisations, pour crier leur colère et leur immense désespoir face aux nouvelles mesures imposées par le gouvernement en vue du prochain déconfinement. Des mesures le plus souvent sans queue ni tête, injustes, et dont l’absurdité pourrait prêter à sourire si elles ne risquaient pas, hélas, de couler (entre autres) ces deux filières d’excellence française que sont la restauration et le tourisme.

Deux établissements sur trois menacés de faillite

En partie ruinés par le premier confinement, puis par le couvre-feu, et enfin par le reconfinement, les restaurateurs ne décolèrent plus depuis qu’ils ont appris qu’ils ne pourront rouvrir (au mieux) leurs établissements qu’à compter du 20 janvier et ne pourront donc profiter de Noël et de la Saint-Sylvestre, du mois le plus important de l’année pour eux, pour tenter de sauver ce qui peut encore l’être. Une colère et un désespoir d’autant plus grands que, comme ils le soulignent, la promesse « zéro recette, zéro charge » faite au printemps dernier par Macron n’a toujours pas été tenue. C’est ainsi que l’un de leurs représentants, interviewé jeudi matin par les journalistes de France Info, expliquait que, si le chômage partiel était effectivement remboursé par le gouvernement, les restaurateurs avaient quand même dû avancer les fonds et, surtout, n’avaient reçu qu’en novembre le remboursement prévu normalement pour mars… Bref, pour beaucoup d’entre eux la situation est devenue aujourd’hui tellement intenable que leurs syndicats professionnels tentent par tous les moyens de mettre en garde l’Etat sur le risque de faillites en cascade. Faillites qui, selon l’UMIH, pourraient frapper pas moins de deux établissements sur trois d’ici le début de l’année prochaine…

Des stations de ski sans remontées mécaniques…

Autre secteur capital de l’économie française condamné aujourd’hui par ce gouvernement décidément incapable : celui du tourisme saisonnier, qui voit normalement chaque année les stations de ski faire plus du quart de leur chiffre d’affaires durant la période de Noël et du jour de l’An. Or, si Macron et Castex, cherchant à apaiser la colère des gérants de station de ski, ont bien autorisé ces derniers à ouvrir leurs stations à Noël, ils ont aussi, de manière totalement ubuesque, annoncé que les remontées mécaniques seront en revanche… fermées ! Une annonce qui a bien sûr provoqué la colère immédiate des professionnels du secteur. A commencer par le président des Domaines skiables de France, Alexandre Maulin, qui s’est dit « atterré » par une telle « aberration ». Mais aussi certains édiles de stations de montagne, dont Jean-Luc Boch, maire de La Plagne et président de l’ANMSM, qui a observé très justement : « quand on est 400 dans un métro parisien on ne se contamine pas, mais à quatre sur une remontée mécanique on se contaminerait ? […] Il faut nous dire clairement qu’on veut tuer les stations » !

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 27 novembre 2020

Jauge de trente personnes à la messe : même les évêques dénoncent une décision inepte !

messe jauge 30 personnes

Comme le faisait très justement observer notre confrère Etienne Defay dans notre édition d’hier (voir Présent datée du 26 novembre), aussi aberrante, ridicule et stupide soit-elle, l’annonce, mardi soir, par le président Macron, d’un retour des messes conditionnées à trente personnes maximum, c’est-à-dire sans tenir compte un seul instant de la taille du lieu de culte, aura au moins eu le mérite de pousser les évêques, d’habitude si frileux, à sortir enfin de leur réserve pour manifester leur mécontentement.

Le coup de sang de Mgr Aupetit

Il faut dire que, pour un gouvernement qui s’assoit régulièrement sur la liberté de culte des fidèles sans rencontrer d’habitude de réelles oppositions de la part de la hiérarchie catholique, cette soudaine colère épiscopale a de quoi surprendre. D’autant que, parmi les évêques qui ont réagi, certains n’ont pas mâché leurs mots. Comme Mgr Touvet, évêque de Châlons, qui a écrit sur Twitter : « 30 personnes dans ma cathédrale, c’est ridicule et absurde. Elle fait 96 m de long et 25 m de large (transept 40 m) sur 30 m de hauteur. Total = 2 500 m2 : avec 4 m2 par personne, on peut mettre 600 personnes ! Il faut apprendre à compter ! » Ou encore Mgr Ginoux, évêque de Montauban, qui a déclaré : « Trente personnes ! On se moque de nous ! » Et surtout, chose surprenante, Mgr Aupetit, qui a piqué une vraie colère mercredi matin sur Radio Notre-Dame : « Ça suffit […]. Encore une fois, on se moque de nous ! Jusqu’à présent nous avons été extrêmement loyaux avec les autorités légitimes comme saint Pierre et saint Paul nous le demandent, mais quand on va trop loin et que l’on touche à notre conscience et à notre bon sens, cela ne va pas passer du tout. » Et Mgr Aupetit d’ajouter alors, en laissant entendre qu’il ne respectera pas la fameuse jauge des trente personnes : « De toute façon, on entre dans nos églises pour nous assassiner, c’est le terrorisme islamique, on nous égorge, on égorge des gens pacifiques qui viennent prier. Peut-être que M. Darmanin enverra des policiers avec des matraques pendant la messe, ce serait un spectacle étonnant. »

Une mesure « tout à fait irrespectueuse »

Bref, devant une telle levée de boucliers, Mgr de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France, a décidé de publier dès mardi soir un communiqué avertissant les autorités politiques que la CEF était « à la fois déçue et surprise par l’annonce faite […] par le président de la République » et exigeait « que soit révisée cette mesure irréaliste et inapplicable » de « trente personnes » qui est « tout à fait irrespectueuse de la réalité de la pratique religieuse des catholiques ». Mais si Macron, à la suite d’un entretien téléphonique mardi soir avec Mgr de Moulins-Beaufort, s’était engagé à annoncer une jauge plus « réaliste », jeudi matin Jean Castex a annoncé le maintien de la jauge à trente fidèles jusqu’au 15 décembre au moins…

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 26 novembre 2020

Déconfinement ? Que du pipeau ! – Macron : Petit père des veules

déconfinement pipeau

Cela devient lassant à force de l’écrire. Demi-mesure, tâtonnement, versatilité, autosatisfaction (pour rester courtois). La « performance du président de la République hier soir à 20 heures a tenu toutes ses promesses en la matière. Après la foule d’annonces, s’est ensuivi un habituel prêche lyrique et satisfait, une homélie donc pendant laquelle les Français ont pris l’habitude de pudiquement détourner les yeux. Parmi les décisions du chef de l’Etat : réouverture des commerces, assouplissement du confinement avec une dérogation pour des promenades pouvant durer 3 heures dans une zone de 20 km au lieu du kilomètre réglementaire. Monseigneur est trop bon d’élargir la cour de promenade. En réalité, cette mesure est totalement révélatrice. Elle démontre l’arbitraire abscons d’un exécutif incapable de raisonner autrement, on s’abrite derrière le mantra « Sauver nos urgences ». Mais qui est responsable ? Les Français qui payent des impôts et des taxes sans cesse plus lourdes ? Des impôts qui visiblement ne servent pas à sauver le système de santé car l’épidémie de Covid n’a fait que révéler son démantèlement consciencieux. Un jeune restaurateur répondait il y a quelques jours à la question d’un journaliste de Boulevard Voltaire qui lui demandait s’il avait l’impression d’être abandonné. Voici sa réponse : « Je ne suis pas d’accord, nous n’avons pas été abandonnés. Nous avons été sacrifiés. »

Sacrifiés. Des dizaines de milliers d’entrepreneurs, d’indépendants et de petits commerçants, des saisonniers, des Gilets jaunes, des sans-grade, des gagne-petit, des sans-dents, ceux qui ne sont rien. Ceux qui payent chaque jour davantage pour engraisser un Etat qui ne les protège plus, ne les aide plus et surtout qui les oublient.

Autre mesure qui a entraîné une opposition frontale : le retour des cultes conditionnés à trente personnes maximum. Trente personnes ! Outre l’absurdité d’un tel raisonnement qui met à égalité les cathédrales et les oratoires privés, c’est bien cette politique du hasard, ces mesures de l’arbitraire qui sont à déplorer. La seule bonne nouvelle consiste en, pour une fois, la mobilisation unanime et forte des évêques de France qui en ont oublié de s’étonner qu’il reste des catholiques dans ce pays prêts à manifester pour le retour de la messe et pour qui l’Eucharistie signifie autre chose qu’une vague conscience d’appartenance sociale.

Cette vague d’opposition à Emmanuel Macron n’est plus dictée par un calendrier politique ou une logique de confrontation. Cette opposition, c’est le bon sens contre le hasard, l’enracinement contre le hors-sol, le réel contre le légal.

Cette vague d’opposition à Emmanuel Macron, ce sont les premiers remous d’une lame de fond prête à tout emporter. A force de cliver, de fracturer, d’hystériser, la majorité a réuni tous les ingrédients pour un cocktail explosif dans lequel toute parole de réconciliation, d’apaisement ou de juste mesure ne pourra plus fonctionner et ne sera plus audible. Emmanuel Macron a voulu jouer sans nuance la paix contre la guerre, l’amour contre la haine ? Qu’il récolte à présent.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 25 novembre 2020

COVID-19 et infantilisation des Français : défense de manger la bûche avec « papy et mamie »

Noël confinement

Nous avons beau être habitués à ce que le pouvoir en place et les pontes de la médecine à son service traitent les Français comme des enfants depuis le début de l’épidémie de coronavirus, l’intervention du professeur Rémi Salomon, mardi, sur France Info, nous aura quand même laissés quelque peu pantois. En effet, interrogé par les journalistes sur les conditions dans lesquelles pourraient se dérouler le réveillon de Noël en cas de déconfinement, le président de la Commission médicale d’établissement de l’AP-HP n’a pas hésité à expliquer – très sérieusement – qu’il faudra « couper la bûche en deux » et… envoyer « papy et mamie (manger) dans la cuisine » !

« Même si l’on a pris toutes les précautions »

Jusque-là, nos compatriotes avaient eu droit (entre autres) au rabâchage permanent des fameuses mesures de précaution sanitaires, aux pénibles leçons de « civisme » accompagnant les interventions leur reprochant sans cesse de ne pas avoir un comportement assez « citoyen », et même à la menace d’être privés de Noël, comme un enfant est privé de dessert, s’ils ne restaient pas sagement enfermés chez eux 24 heures sur 24 pendant des semaines. Mais, avec cette intervention du Pr Salomon, notre pays aura franchi un seuil supplémentaire dans l’incroyable infantilisation de sa population. C’est ainsi que, pour préserver les personnes vulnérables que sont notamment les grands-parents, Rémi Salomon, qui a dit au passage regretter que le gouvernement n’ait pas fermé les collèges et les lycées « une semaine avant » afin de pouvoir « aller voir papy et mamie plus sereinement », a tout bonnement recommandé : « on (pourra) voir papy et mamie (…). Mais on ne (mangera) pas avec eux, même à Noël, et même si on a pris toutes les précautions avant. On (coupera) la bûche en deux, papy et mamie (mangeront) dans la cuisine et nous dans la salle à manger » !

La solitude de nos anciens gravement minimisée

Et le président de la Commission médicale d’établissement de l’AP-HP, de poursuivre alors : « il faut limiter les contacts, parce que si je leur transmets le virus, c’est pire que tout. Comment je vais vivre ça après ? Parce que papy et mamie ont un risque sérieux de se retrouver en réanimation et éventuellement d’en mourir, donc il faut avoir ça en tête. C’est un virus qui est dangereux, surtout pour les personnes âgées et fragiles, même si on commence à voir le bout du tunnel. » Bref, autant dire que pour l’Etat et les autorités sanitaires, mieux vaudrait faire une croix sur la traditionnelle veillée de Noël avec nos anciens. Même si, comme l’ont récemment montré plusieurs enquêtes, beaucoup d’entre eux souffrent déjà terriblement de la solitude liée au confinement et présentent même, pour certains, des symptômes du fameux « syndrome de glissement ». Enfin, outre le fait que nous n’avons pas attendu le Pr Salomon pour prendre conscience que la situation actuelle nous imposait à tous de multiplier les précautions dès lors que nous rendions visite à des personnes fragilisées, on notera encore le caractère quelque peu déplacé de ces recommandations quand on se souvient de quelle manière catastrophique ce gouvernement et son fameux Conseil scientifique ont géré l’épidémie de COVID-19 dans les EHPAD lors du premier confinement…

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 25 novembre 2020

La mission de lutter contre l’islamisme confiée… aux islamistes

CFCM séparatisme islamisme

Dans son plan de lutte contre le séparatisme (entendez : l’islam politique), le gouvernement prévoit de confier la « certification des imams » au Conseil français du culte musulman, le CFCM. Or ce CFCM n’est qu’une fédération d’associations certes islamiques, voire islamistes, mais qui ne sont pas pour autant des associations dirigées par des imams. Et c’est bien pourquoi les imams vont à reculons vers cette solution. « Comment ça se fait qu’on impose par le haut un Conseil national des imams ? Les imams sont majeurs et vaccinés, et sont capables de s’organiser d’eux-mêmes », réagissait récemment un imam classé modéré ? Ne parlons pas des autres !

Mais il y a aussi du bon sens à vouloir savoir comment sont formés les imams, quand on réalise que les terroristes islamistes sont passés par des mosquées et qu’il existe donc un lien entre les actes terroristes et ce que l’on y entend parfois.

Alors, mettre la formation des imams sous le contrôle du CFCM, composé de laïcs, est-ce la solution ? C’est là qu’intervient Jordan Bardella, pour rappeler, sur Twitter, ce qu’est le CFCM, seule structure supposée « modérée » que Macron ait à se mettre sous la dent en fait de partenaire pour un dialogue sur cette question. Pour le jeune vice-président du Rassemblement national, « Frères musulmans, associations turques aux mains d’Erdogan, organisations salafistes », il y a là « les officines les plus radicales ».

Il a raison : outre la porosité intellectuelle entre islamistes et CFCM, la moitié des affiliés au CFCM tirent leur légitimité – et leurs subsides – d’Etats étrangers, voire d’Etats hostiles, qui ne se gênent pas pour injurier la France et ceux qui la représentent, comme l’a fait récemment Erdogan.

Pour une charte républicaine islamique, il n’y aura pas de problème

Le CFCM est censé également rédiger une « charte républicaine » sur laquelle ses affiliés s’engageront. S’il s’agit d’une charte républicaine islamique, il n’y aura pas de problème. Car la plupart des Etats islamistes sont des Etats républicains. Mais de quoi cela nous protégera-t-il ?

Les imams contestent toutefois le principe même de passer par le CFCM, rappelant que c’est l’Etat qui a créé le CFCM, et c’est l’Etat qui exige de lui cette mise en place d’une instance de contrôle sur le religieux. Or le laïcisme « à la française » (et nous sommes bien placés pour le savoir) considère que « la laïcité doit combattre les religions, les repousser intégralement dans la sphère du privé », et que le laïcisme ne défend pas « une laïcité de neutralité mais de neutralisation du fait religieux ».

La « charte républicaine » est censée proclamer l’adhésion des musulmans à la République, rappeler que l’islam de France n’est qu’une religion, pas un système politique, et enfin que les Etats islamiques étrangers ne doivent plus pratiquer l’ingérence ? Or c’est le gouvernement français de l’époque qui a conçu ainsi le CFCM. Trois fédérations sur les neuf qui la composent sont islamistes, et des Etats étrangers contrôlent la moitié des associations affilées : l’échec est déjà inscrit dans ce constat.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 24 novembre 2020

Lutte contre les « discriminations » : maintenant, la… glottophobie !

glottophobie

Entre la crise sanitaire qui sévit depuis des mois dans notre pays et ses conséquences économiques catastrophiques, la menace sans cesse grandissante que fait peser l’islamo-terrorisme sur la France, ou encore l’incroyable explosion de la criminalité à laquelle sont confrontés nos forces de l’ordre et nos compatriotes, on aurait pu penser que le Palais-Bourbon et les élus de la majorité auraient mieux à faire que de perdre leur temps en futilités. Or, il n’en est rien : en proie à un véritable délire antidiscriminatoire, l’Assemblée nationale a même cru bon d’entamer très sérieusement mercredi l’examen d’une proposition de loi grotesque visant à lutter contre la glottophobie. Autrement dit, la discrimination par… l’accent !

Après les « minorités visibles », les « minorités audibles »

A l’origine de cette proposition de loi totalement stupide et ridicule, le député de l’Hérault Christophe Euzet, membre du groupe Agir ensemble, de la majorité présidentielle, qui déplorait récemment, « à l’heure où les minorités “visibles” bénéficient de la préoccupation légitime des pouvoirs publics », que « les minorités “audibles” [soient] les grandes oubliées du contrat social fondé sur l’égalité ». Aussi, jugeant « indispensable » en cette « période de doute quant à la cohésion des territoires qui fondent la Nation, d’adresser un signe de reconnaissance fort, en favorisant la revalorisation des prononciations “atypiques” », Euzet propose-t-il de rajouter ce mot « accent » à la liste déjà longue comme le bras des causes de discrimination sanctionnées par le Code pénal ainsi que le Code du travail : origine, sexe, orientation sexuelle, situation de famille, handicap, grossesse, patronyme, opinion politique, appartenance syndicale, croyance religieuse…

Le précédent Laetitia Avia

Rappelons au passage que Christophe Euzet n’est pas le premier à vouloir judiciariser ainsi les prétendues « discriminations » par l’accent. En effet, en 2018 déjà, après que Jean-Luc Mélenchon se fut moqué de l’accent toulousain d’une journaliste qui l’interrogeait, Laetitia Avia, pittoresque député LREM, avait elle aussi commencé à préparer une proposition de loi similaire, avant de renoncer finalement à la présenter devant l’Assemblée parce qu’elle estimait que le texte n’était pas assez « étayé pour faire l’objet d’un débat parlementaire ». Ce qui ne sera, hélas, pas le cas cette fois-ci puisque Euzet présentera son texte aux députés le 26 novembre prochain dans le cadre de sa « niche ». Un texte qui, chacun l’aura compris, cache en réalité, derrière son apparence ridicule, bien des arrière-pensées. A commencer par la volonté de condamner lourdement tout employeur qui refuserait par exemple d’embaucher pour un poste au contact du public un « jeune » s’exprimant avec l’accent des cités ethniques ou bien encore un immigré incapable d’aligner deux mots consécutifs dans notre langue…

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 19 novembre 2020

Loi de sécurité globale : Attention Danger !

libertés publiques

Une fois étant loin d’être coutume, il nous faut le temps de nous placer un instant dans le camp de la gauche radicale, ou plus largement dans le camp de ceux qui s’inquiètent des dérives autoritaires de l’Etat. Dans le viseur de cette proposition de loi des députés LREM Alice Thourot et Jean-Michel Fauvergues, ce dernier étant l’ancien patron du RAID, les différentes dispositions visant à entraver le travail des journalistes mais surtout augmenter la capacité répressive d’un gouvernement aux abois. La disposition qui fait le plus débat concerne l’article 24 du texte.

Ce dernier vise à pénaliser l’usage « malveillant » d’images des forces de l’ordre. Selon l’article 24, la diffusion « du visage ou tout autre élément d’identification » d’un policier ou d’un gendarme en intervention lorsque celle-ci a pour but de porter « atteinte à son intégrité physique ou psychique », sera punie d’un an de prison et d’une amende de 45 000 euros. Une disposition qui mobilise particulièrement la presse, en effet qui peut juger de l’intention de la personne qui filme ? Qui se prononcera sur l’intention de porter atteinte à l’intégrité psychique du policier ?

Que penser de policiers, remparts de la République dont il faut protéger la psyché d’actes aussi terribles que des photos ? Que penser de Gerald Darmanin invoquant le drame de Magnanville alors même que des données personnelles de milliers de policiers ont été piratées quelques mois auparavant et que ces derniers donnent leurs coordonnées à chaque changement de cartes grises depuis que l’Etat a délégué cela au privé ? Un privé toujours plus présent puisque cette loi prévoit de donner à des agents de sécurité privés des prérogatives de policiers nationaux ? Que penser d’un Etat qui sous-traite ses essentielles missions régaliennes au privé ? Que penser d’un Etat qui oublie la Justice, saborde l’Education et privatise la police mais qui va s’inquiéter de ce que vous mangez, comment vous vous chauffez et quel véhicule vous utilisez ?

Signalons au passage que de telles dispositions existent déjà dans la loi. En effet, il y a deux ans, une militante antifa connue sous le pseudo de « Marie Acab-Land » a été condamnée à dix sept mois de prison ferme pour avoir photographié les visages de policiers et les avoir jetés en pâture sur le web. Si de telles protections existent déjà, pourquoi ne pas les utiliser au lieu d’inventer de nouveaux arsenaux aux objectifs douteux ?

Outre le fait d’assister encore une fois à une débauche de mots creux de la part d’une majorité et d’un gouvernement trouvant plus commode de faire du battage autour d’une énième loi plutôt que d’avoir le courage de faire appliquer celle qui existe déjà ; on assiste également à une démonstration par A+B qu’on nous prend, nous citoyens, pour des jambons. En pleine crise sanitaire dont les conséquences s’avèrent intensément plus dramatiques que l’épidémie elle-même, en pleine crise de représentation politique, sociale, sécuritaire, judiciaire et j’en passe, le gouvernement resserre encore la vis de nos libertés publiques. Espérons que ce soit enfin celle de trop.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 18 novembre 2020

Cloîtrée depuis des mois pour échapper aux islamistes – La jeune Mila fait à nouveau l’objet de menaces de mort

Mila islamistes

Souvenez-vous, c’était en janvier dernier. Après avoir tenu sur les réseaux sociaux des propos assez virulents et quelque peu grossiers à l’encontre de l’islam, Mila, une jeune lycéenne de 17 ans, faisait l’objet d’un incroyable lynchage de la part d’internautes musulmans et se voyait bombardée d’innombrables menaces de mort. Contrainte alors de quitter de l’école et de vivre « cloîtrée » depuis des mois par peur des représailles, la jeune fille vient d’être à nouveau la cible de menaces islamistes.

« Je vais te faire une Samuel Paty »

En effet, a indiqué son avocat Richard Malka, qui est aussi l’un de ceux de Charlie Hebdo, Mila, après avoir récemment partagé sur Twitter des captures d’écran des menaces de mort qu’elle a reçues, a de nouveau été prise pour cible et a fait l’objet de menaces de mort en lien avec la décapitation du professeur Samuel Paty. Une situation qui, à juste titre, inquiète beaucoup Me Richard Malka, qui a rappelé que sa cliente vivait déjà « comme les gens de Charlie Hebdo », c’est-à-dire « bunkerisée ». Dénonçant à la suite de cette information une « persécution, contre une mineure », le ministre délégué chargé de la citoyenneté, Marlène Schiappa, avait immédiatement annoncé son intention d’« adresser un signalement au procureur » et, depuis, une enquête a été ouverte par le parquet de Vienne (Isère) pour « menaces de mort par écrit et harcèlement électronique ».

Pour Royal, Mila doit s’écraser…

Reste que, si ces nouvelles menaces proférées à l’encontre de Mila ont choqué un certain nombre de représentants de la classe politique française, Ségolène Royal, elle, semble avoir trouvé quelques excuses aux auteurs de celles-ci. C’est ainsi que, dans une interview qu’elle a accordée lundi à la chaîne CNews, l’ancienne candidate à la présidentielle, tout en déclarant apporter son « soutien aux personnes menacées » et affirmer qu’il fallait « identifier [les auteurs des menaces] et les condamner très sévèrement », s’est quand même empressée d’ajouter que la jeune lycéenne devait absolument arrêter « de relancer une polémique qui l’a remise en danger ». Bref, qu’elle devait s’écraser devant les intimidations islamistes… Il est vrai que, quelques minutes auparavant, Ségolène Royal avait déjà déclaré « comprendre » que « certains musulmans se sentent insultés, y compris des musulmans qui ne sont absolument pas ni intégristes ni radicaux », par des caricatures de Mahomet…

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 17 novembre 2020

Chantage : Bruxelles veut imposer les « droits LGBT »

LGBT

Du point de vue des intérêts de l’UE, on ne pouvait imaginer pire moment pour présenter au public un projet de « toute première stratégie en faveur de l’égalité des personnes LGBTIQ dans l’UE ». Ainsi, exactement une semaine après l’accord passé entre la présidence allemande du Conseil de l’UE et le Parlement européen pour instaurer un mécanisme faisant dépendre les fonds européens du respect de l’état de droit (voir « Budget et plan de relance européens : la menace de veto polonais et hongrois confirmée » dans Présent du 11 novembre), la Commission annonçait son intention de présenter une initiative législative sur la reconnaissance mutuelle de la parentalité.

Si cette stratégie est adoptée – à la majorité simple du PE et à la majorité qualifiée du Conseil –, les pays qui n’ont pas changé leur définition du mariage devront quand même reconnaître la parentalité de « deux mamans » ou « deux papas » décrétée ailleurs. Exemple : deux homosexuels polonais qui se « marient » en Grande-Bretagne et rentrent aux pays avec leurs enfants obtenus par GPA devront être reconnus comme deux papas par la Pologne, même si c’est contraire au droit polonais et même si les questions sociétales relèvent des compétences nationales en vertu des traités européens. Et comme « l’égalité et la non-discrimination sont des valeurs essentielles et des droits fondamentaux dans l’Union européenne », ainsi que l’a indiqué Helena Dalli, la commissaire chargée de l’égalité, lors de la présentation le jeudi 12 novembre de la nouvelle « stratégie en faveur de l’égalité des personnes LGBTIQ dans l’UE », il est facile d’imaginer que le mécanisme liant, d’une part, budget et plan de relance et, d’autre part, évaluation par l’UE du respect de l’état de droit, pourra être actionné si un Etat récalcitrant refuse de reconnaître ces fausses parentalités.

Parmi les futurs Etats récalcitrants qui pourront ainsi être sanctionnés par la Commission avec l’approbation d’une majorité qualifiée des 27, il y a bien sûr la Hongrie où un projet de loi est à l’étude pour réserver l’adoption d’enfants aux couples mariés, et pour que les personnes seules souhaitant adopter aient à obtenir une autorisation spéciale du ministre chargé des affaires familiales, ceci afin d’éviter les adoptions par des duos homosexuels. Mais il y a aussi dans le collimateur de Bruxelles un certain nombre de pays comme l’Italie ou ceux d’Europe centrale où l’on ne reconnaît pas l’existence de deux parents du même sexe. Une fois la parentalité des couples de même sexe « mariés » à l’étranger reconnue dans un pays, il sera bien évidemment très difficile de ne pas accorder les mêmes droits au niveau local. Il est évident aussi qu’un instrument de chantage aux fonds européens entre les mains de la Commission européenne rendra très difficile toute résistance, surtout en Europe centrale où les subventions agricoles de l’UE et les fonds de cohésion, même s’ils sont en baisse, restent un outil majeur pour le rattrapage économique en cours. L’annonce par la Commission d’une « série d’actions ciblées, axées autour de quatre grands piliers, qui visent à lutter contre la discrimination, à garantir la sécurité, à bâtir des sociétés inclusives et à mener le combat pour l’égalité des personnes LGBTIQ dans le monde » n’est donc pas à prendre à la légère. Reconnaissant pourtant en introduction de son communiqué que « nombre de domaines d’action liés à l’amélioration de l’égalité des personnes LGBTIQ sont avant tout des compétences nationales », la Commission informe encore qu’elle « présentera en 2021 une initiative visant à allonger la liste des “infractions pénales de l’UE” pour y intégrer les crimes de haine et les discours haineux, y compris ceux ciblant les personnes LGBTIQ ».

S’il fallait encore convaincre la Pologne et la Hongrie, et peut-être encore d’autres pays, d’opposer leur veto au budget 2021-2027 et au plan de relance anti-Covid en cas d’adoption du mécanisme de respect de « l’état de droit », la Commission aura fini de les convaincre avec sa stratégie LGBT. Ainsi que le disait l’ancien dissident Viktor Orbán vendredi à la radio hongroise à propos de ce mécanisme, « sans critères objectifs, sur des bases idéologiques, ils veulent faire chanter les pays en les privant de possibilité de recours. Ce n’est pas ce que nous voulions, on n’a pas créé l’Union européenne pour arriver à une deuxième Union soviétique ».

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 16 novembre 2020

Afflux d’immigrants clandestins aux îles Canaries

Fin octobre, le nombre d’immigrants illégaux en Espagne depuis le début de l’année (27 551) était légèrement supérieur au nombre enregistré en Italie (26 179) où ce nombre est bien parti pour tripler en 2020 par rapport à l’année 2019 (11 471 arrivées de janvier à décembre, avec une très nette hausse à partir de la mise en place du gouvernement Conte en septembre 2019). En octobre en Espagne, le nombre cumulé d’immigrants illégaux arrivés depuis le début de l’année dépassait pour la première fois les chiffres de la même période de 2019. Seule la Grèce, qui a désormais un gouvernement de droite, fait mieux que l’année dernière en matière de contrôle de l’immigration, avec 12 453 arrivées du 1er janvier au 2 novembre contre 71 386 pour toute l’année 2019.

On constate donc une fois de plus qu’il est possible de réduire l’immigration illégale avec des politiques fermes ou au contraire de l’encourager avec des mesures et annonces en faveur des « migrants ». Les îles Canaries paient aujourd’hui le prix de l’attitude pro-immigration de la coalition socialo-communiste dirigée par Pedro Sánchez à Madrid mais aussi de l’attitude des « sociétés ouvertes » situées plus au nord, à commencer par la France du Trudeau européen, Emmanuel Macron. Le précédent record en ce qui concerne l’immigration illégale aux îles Canaries datait de 2006, avec 39 180 arrivées par voie de mer cette année-là consécutivement aux régularisations massives de clandestins par le gouvernement Zapatero.

Aujourd’hui, les îles Canaries sont redevenues un point de passage obligé pour nombre de candidats à l’émigration vers l’Europe en provenance d’Afrique noire et du Maghreb puisqu’il y a eu 11 409 personnes arrivées sur des embarcations entre janvier et octobre, un chiffre en augmentation de 664,2 % par rapport à la même période de l’année dernière ! Et ce nombre est déjà largement dépassé aujourd’hui. Rien que le week-end dernier, les habitants des Canaries ont vu débarquer sur leurs côtes 2 118 immigrants illégaux en 24 heures.

De la même manière que le port italien de Lampedusa par lequel avait transité en septembre le terroriste tunisien venu assassiner des catholiques à la basilique Notre-Dame de Nice (et où l’afflux de terroristes potentiels continue de plus belle), le port d’Arguineguín sur l’île de Gran Canaria est submergé alors même que cet archipel touristique vit déjà une année extrêmement difficile à cause de la pandémie de Covid-19. Le campement de fortune installé mi-août au port d’Arguineguín avait été prévu pour un maximum de 400 personnes. Le week-end dernier il en accueillait près de 2 000 en même temps. Pourtant ce centre avait été vidé à la hâte au moyen de transferts aériens vers la péninsule ibérique, organisés par la police en préparation de la visite prévue pour le vendredi 6 novembre du ministre de l’Intérieur espagnol Fernando Grande-Marlaska et de la Commissaire européenne aux Affaires intérieures Ylva Johansson, une sociale-démocrate suédoise favorable aux politiques droit-de-l’hommistes en matière d’immigration.

Des politiques droit-de-l’hommistes qui font beaucoup de morts et on ne le dira jamais assez, car la traversée à laquelle ces « migrants » sont encouragés par le manque de fermeté des politiques européennes est extrêmement dangereuse. Rien que pendant la deuxième quinzaine d’octobre, près de 200 Subsahariens ont péri dans l’Atlantique en tentant la traversée vers les îles Canaries.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 12 novembre 2020

États-Unis : le hold-up médiatique, par Etienne Defay

On se souvient tous de nos cours d’histoire ou de culture générale pour ceux qui y ont eu droit. Les médias et les journalistes étaient présentés comme les principaux contre-pouvoirs de la vie démocratique. Tout le monde connaît cette célèbre citation, de Jefferson : « Notre liberté dépend de celle de la presse, elle ne saurait être limitée sans être perdue. » Si cette maxime est vraie pour l’Europe occidentale, elle est d’autant plus vraie pour les Etats-Unis et leur premier amendement.

Or, pour la première fois dans l’histoire de l’Occident, la presse s’est aujourd’hui affirmée comme une ennemie de la démocratie. Pour la première fois, elle a volontairement censuré le discours d’un président en exercice sous prétexte qu’il diffusait de fausses informations. Pour la première fois, des médias ont proclamé la victoire d’un candidat alors que les résultats n’étaient pas encore tous comptés et que des soupçons de fraudes étaient en train d’être prouvées par la justice. Un hold-up donc, qui, par la désignation de l’homme à abattre et l’unanimité qu’il suscite contre lui, a aussi le mérite de mettre un coup de projecteur bienvenu sur cette sinistre réalité qui empoisonne la démocratie et expose en pleine lumière toute la puissance et la malignité d’un « establishment », un « deep state » implanté contre le pays réel.

Des médias qui ont ignoré sinon nié un parti pris incroyable. Cette élection est l’achèvement d’une véritable chasse à l’homme contre Trump. Une frénésie à laquelle ont pris part la quasi-totalité des médias occidentaux qui ne voient les Etats-Unis que par le biais bien commode de la côte ouest ultra-démocrate et mondialisée. Une élite qui méprise l’Amérique profonde comme d’autres méprisent les Gilets jaunes en France. Une élite pour qui l’élection de Trump était un coup par surprise qui ne saurait se reproduire. Une fois, c’est une erreur ; plusieurs fois, cela devient systémique. La vague bleue ne s’est donc jamais produite malgré tous les efforts de ce système aux ordres qui disséminait propagande et faux bulletins de vote au gré des besoins et des ajustements. Derrière l’avènement de ce pantin à moitié sénile et au fond sans doute presque plus conservateur que Trump, parade une entreprise qui ne se dissimule même plus. Peu importe au fond les fraudes et les soupçons de corruption. Peu importe l’affaire Biden, l’essentiel étant qu’il soit un bon grand-père. L’essentiel étant que sa vice-présidente Kamala Harris soit « cool », qu’elle danse avec les enfants et soit inclusive. Peu importe le bilan de Donald Trump, que le chômage ait baissé, que la croissance soit repartie et que les guerres menées à l’extérieur par les USA aient été stoppées. Il faut que Trump s’en aille parce qu’il ne joue pas le jeu et qu’il a chamboulé les plans de cette élite. Mais parce qu’il représente le mal, peu importe que cette élection soit légale après tout. Peu importe les aspirations des peuples et cette indicible fracture qui sillonne l’Amérique au gré des manipulations racialistes et des pseudo-campagnes inclusives. Biden doit gagner parce qu’ils l’ont décidé.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 9 novembre 2020

Élections américaines – Le hold-up des démocrates

Il était minuit et quarante-deux minutes, mercredi 4 novembre, lorsque ce hold-up eut lieu. Joe Biden, rival démocrate du président Donald Trump dans la course à la Maison-Blanche, sortit de sa tanière du Delaware et, devant quelques complices, annonça qu’il était en train de remporter l’élection. Ton enjoué, humeur confiante, atmosphère festive. Premier acte du hold-up : l’effet psychologique. Alors que le dépouillement battait son plein, il tenait à être le premier à briser le suspense, à injecter un événement, à prendre position afin de saper toute initiative de l’adversaire qui se trouva subitement en retrait, diminué par un coup d’audace inattendu.

Deuxième acte : le gel des États clé. Dans cinq d’entre eux, parmi lesquels la Pennsylvanie, tous ceux qui se penchaient sur des enveloppes pour en extirper un bulletin de vote avant de le placer sur l’un des deux tas devant eux s’arrêtèrent comme un seul homme dès que Biden apparut sur les écrans de télévision. On aurait dit un signal.

Troisième acte : le bilan du forfait. On s’aperçut très vite que le dépouillement s’était arrêté net au moment précis où furent ouverts les sacs postaux provenant de circonscriptions ayant voté massivement pour Trump en 2016 et pour les républicains en 2018. Curieux hasard. Le hold-up était signé.

Biden défie Trump

Ce fut à la fois une signature et un défi. En s’attaquant directement aux voix sur lesquelles Trump comptait pour gagner, Biden montrait le jeu démocrate. Et en devançant le républicain par un éclat oratoire, le démocrate lui déclarait une guerre totale, absolue. L’arène démocratique revêtit d’un coup le spectre d’une arène sanglante, celle des mises à mort après un combat impitoyable. Le hold-up tournait à la fusillade. Désormais, on tirerait à vue et sans sommation. Dans l’aile orientale de la Maison-Blanche, transformée en forteresse par crainte de soulèvements violents, Trump rassembla quelques fidèles pour leur dire, peu après 2 heures du matin ce fameux mercredi, sa révolte, son écœurement mais aussi sa volonté de riposter, de se défendre, de faire valoir ses droits à la victoire. « Ce coup, je l’ai vu venir, confia-t-il. Ils savaient qu’ils ne pouvaient pas gagner. Alors ils ont enrayé la phase ultime de l’élection pour introduire dans le système des millions de bulletins acheminés par la poste. Ils ont l’intention de les dépouiller avant les bulletins de ceux qui ont voté personnellement le 3 novembre – des républicains, en majorité. C’est un scandale. C’est honteux pour l’Amérique. »

Et dans un soupir, Trump ajouta : « Nous étions sur le point de gagner l’élection – franchement. » Il cita les cinq Etats – tous dirigés par des démocrates – devenus un champ de bataille qui désignera le vainqueur : Michigan, Caroline du Nord, Géorgie, Arizona et Pennsylvanie.

Une équipe de choc autour du président

La Pennsylvanie, Etat emblématique de ce drame national. Trump s’y déclara vainqueur en arguant qu’avec près de 500 000 voix d’avance, il était impossible à rattraper. De plus, il fit remarquer que trois circonscriptions à forte charge populiste n’avaient pas encore été comptées. Quand le seront-elles ? Mystère. Et d’où viennent les sacs postaux avec des bulletins qui, eux, ont déjà été comptés ou le seront bientôt ? Autre mystère. C’est pour répondre à ce genre de question et aussi pour dénoncer et traquer toute fraude que Trump a réuni une équipe de choc. Rudy Giuliani, ancien maire de New York, et Pam Bondi, ancien ministre de la Justice de Floride, en sont les figures de proue. Leur mission : vérifier la légalité des votes. Chaque vote doit compter, c’est entendu, mais à condition qu’il soit émis dans les rigueurs de la loi. Cette loi bafouée par ceux qui bourrent les urnes, votent deux fois ou imitent la signature d’un inscrit.

En Pennsylvanie et dans le Michigan, on a vu plus méprisant : des chefs de bureau de vote interdisant aux inspecteurs républicains d’assister, comme c’est la coutume, aux opérations de dépouillement afin de vérifier leur déroulement loyal. Seuls les observateurs démocrates furent admis. Plus commode pour remplacer les bulletins de Trump par ceux de Biden. Car cette fraude existe. Des indices le montrent. La suspicion s’avère légitime au milieu de cet épouvantable climat de haine.

Restent les preuves. Selon l’équipe de juristes, celles-ci abondent. Giuliani et Bondi n’auront aucun mal à constituer leurs dossiers : faits, témoignages, documents sont là pour étaler tous les ressorts de la machination des démocrates encadrés et encouragés par l’appareil du Deep State. On revient au coup de force feutré, insidieux, qui corrompt les institutions sans faire de bruit, en préservant les apparences. Avec la complicité des gros médias et de la quasi-totalité de l’establishment, tout devenait possible. Même cette ultime attaque contre Trump dans ses efforts pour sauver l’Amérique. C’était la dernière carte du Deep State. On la sentait venir comme une fatalité, comme le chant du cygne de la subversion. Celle-ci ne s’embarrassa pas de moyens : un grossier hold-up, avec en plus une prise d’otages : ceux qui ont voté pour Trump. Où se trouvent leurs voix ? Giuliani et Bondi sont chargés de les découvrir et de les imposer. Au prix d’une série de procès, dont certains sont déjà engagés. Combien de temps dureront-ils ? Impossible de le savoir pour l’instant.

Trump a-t-il des chances de gagner ? De bonnes chances, mais il suffirait qu’il perde deux Etats pour que Biden l’emporte. Pendant quelques jours, quelques semaines, on sera sur le fil du rasoir. Avant l’inauguration officielle de Trump ou Biden le 20 janvier prochain, le scrutin présidentiel donnera l’impression de se poursuivre, mais sans électeurs et sans bureaux de vote. Etrange situation. Seuls, des millions de bulletins papillonneront dans l’atmosphère des tribunaux et la fièvre des batailles judiciaires. La plupart pourraient aller jusqu’à la Cour suprême. Là, Trump espère qu’ils seront accueillis par Amy Barrett, « son » juge pour temps de crise. Cette mère de sept enfants, à qui on a tant reproché son aversion pour l’avortement, se glissera peut-être dans la peau d’un bourreau : celui des fraudeurs. •

Christian Daisug

Article paru dans Présent daté du 6 novembre 2020