Qui a peur de la liberté d’expression ? – Twitter libéré, Netflix en chute. Est-ce la fin de la dictature conformiste ?

liberté d'expression

Le rachat du réseau social Twitter par le milliardaire Elon Musk provoque un raz-de-marée dans l’univers des « wokes » et autres « antifascistes ». Le magnat sud-africain est en effet un adepte de la liberté d’expression totale, y compris pour les conservateurs. Les bien-pensants s’inquiètent.

Le quotidien bruxellois Le Soir, chef-d’œuvre du politiquement correct, publiait mercredi, en page deux, un dessin de presse représentant le milliardaire américain Elon Musk ouvrant une cage à oiseaux. Et de cette cage s’envolaient couteaux, têtes de mort, bombes et croix gammées. Musk vient d’acheter l’entreprise Twitter (cf. Présent du 15 avril), et le dessin est censé illustrer l’indignation du « camp du bien » : le milliardaire prétend en effet supprimer la censure sur Twitter, rétablir la liberté. Rappelez-vous : le président Trump avait lui-même été chassé de Twitter, et ses 90 millions de « suiveurs » avec lui. Dorénavant, sous-entend donc Le Soir avec ce dessin de presse, les nazis vont pouvoir s’exprimer librement. L’achat de Twitter par Elon Musk indigne la gauche planétaire, car l’homme est pro-républicain et il a clairement dit qu’il entendait s’attaquer à cette censure de plus en plus insupportable. Compte tenu de la force de frappe financière qu’il représente, ce ne sont certainement pas les Sleeping Giants et autres structures gauchistes sponsorisées par Soros qui vont pouvoir faire taire le « Twitter libéré ».

En Europe aussi, cette acquisition de Twitter a fait l’effet d’un coup de tonnerre. « L’extrême droite » va pouvoir parader partout, s’indignent les médias gauchistes et du service public. Mais, pour ce qui concerne la France, ils tentent néanmoins de rassurer leur public en expliquant que la suppression de la censure, des systèmes de filtrage, pilotés d’ailleurs par les médias sociaux eux-mêmes, par délégation de pouvoir du gouvernement, sera très difficile. Il n’empêche que la censure de Twitter va être plus difficile à pratiquer, car désormais contraire aux valeurs de l’entreprise.

Pour Netflix, la reine d’Angleterre était noire, et la moitié de la cour aussi. Au XIXe siècle !

Une seconde mauvaise nouvelle a secoué le monde des réseaux sociaux : Netflix, le diffuseur de séries et de films payants, connaît pour la première fois de son histoire un recul du nombre de ses utilisateurs et donc de son chiffre d’affaires. C’est Pierre Boisguilbert qui nous raconte cela sur le site de Polémia : 200 000 personnes se sont désabonnées, alors que le marché anticipait au contraire un gain de 2,5 millions d’inscrits. De ce fait, le cours de l’action a littéralement plongé : − 25 % ! Pourquoi cette dégringolade est-elle une bonne nouvelle ? Parce que les séries de cette chaîne sont honteusement truquées, la vérité historique bafouée, tout cela au nom d’un prétendu antiracisme, d’une prétendue lutte contre l’homophobie. Le politiquement correct qui est imposé dans les films historiques est spécialement grotesque. La cour d’Angleterre racontée dans La Chronique des Bridgerton, série historique se passant au XIXe siècle, tente par exemple de nous faire croire que la reine d’Angleterre était noire, que la moitié de la cour l’était aussi. La lutte contre les préjugés raciaux doit-elle vraiment passer par de tels trucages et anachronismes ? Pour lutter contre l’homophobie, les séries comportent toutes, désormais, des couples homosexuels, les hétéros deviennent l’exception. Favoriser la normalisation de ces pratiques, pourtant ultra-minoritaires, devient le principal objectif de ces films, et Netflix multiplie donc les scènes de sodomisation et autres. Ce qui choque les familles, et a suscité ce mouvement de retrait de la chaîne. Entre les films, les coupures publicitaires sont désormais, elles aussi, racialisées et mettent en scène de couples homos.

Pour l’instant, Netflix ne veut pas reconnaître d’où vient son problème de désabonnements, craignant que l’explication soit elle-même interprétée comme une marque d’homophobie ou de racisme…

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 28 avril 2022

Mélenchon… premier sinistre ? Le bloc contre l’union populaire

Mélenchon

Face au bloc populaire, incarné par le RN, et au front mondialiste, dont le champion est incontestablement Macron, Jean-Luc Mélenchon tente « l’union populaire ». Après avoir écrasé la gauche, il essaie de dissoudre ses concurrents dans son parti.

Jean-Luc Mélenchon l’a appelé de ses vœux. Pour contrer la politique d’Emmanuel Macron, une seule option pour le leader et candidat malheureux de la France Insoumise : l’envoyer à Matignon pour créer une alternance. Pour cela, Mélenchon n’a qu’une option : obtenir une majorité nette à l’Assemblée nationale. Fort de ses 20 % qui ont bien failli le porter au second tour, l’ancien sénateur du PS aura surtout réussi à écraser ses concurrents, renvoyant le PS aux oubliettes de l’Histoire et cassant la dynamique que les Verts avaient cru trouver en remportant plusieurs villes. Seule épine à son pied, le baroud d’honneur du Parti communiste français et de son candidat Fabien Roussel. Comme si l’ancien parti de Georges Marchais s’était souvenu qu’il était à la base l’étendard des ouvriers dont l’immense majorité a rejoint les rangs de Marine Le Pen. Roussel a eu au moins le mérite de ne pas voir comme sienne la dérive islamo-gauchiste de ses concurrents Insoumis et surtout la menace de la fin pure et simple d’un des plus vieux partis de France. Si les communistes ont l’habitude d’être accusés de trahison par la droite, il faut dire qu’ils sont peu habitués à voir cette accusation venir de la gauche. Et pourtant, aux yeux de Mélenchon et de ses lieutenants, ce sont eux qui portent la responsabilité de l’échec Insoumis au premier tour, les privant à leurs yeux des quelques voix qui manquaient au Chavez français.

Qui reste-il alors ? Le PS ? EELV ? Si de nombreux militants de ces deux partis seraient pour un rapprochement, la plupart des cadres s’y refusent. Stéphane Le Foll et Yannick Jadot savent que cette union aurait des accents de dissolution. Le Foll l’a rappelé sur France Inter : « ce serait l’effacement final » a martelé le maire du Mans dans la matinale de Public Sénat. Olivier Faure a tenu néanmoins à engager des discussions avec Jean-Luc Melenchon, une telle initiative a déjà provoqué la démission de cadres du PS. Chez Jadot, même son de cloche : s’il ne repousse pas l’idée d’une coalition, il s’oppose vertement à ce qu’elle se fasse derrière Mélenchon. Reste à l’écologiste à convaincre l’aile gauche de ses troupes menées par la caricaturale Sandrine Rousseau. Mais peuvent-ils vraiment endiguer la vague rouge-verte de celui qui les a passés à l’équarrissage, primaire populaire comprise ? En bref, Jean-Luc Mélenchon tente tout pour ravir la place d’opposant principal à Marine Le Pen, elle qui assume la stratégie inverse de ne s’allier avec personne, capitalisant sur les nombreuses voix gagnées par rapport à 2017. Si la capacité du RN à créer un groupe parlementaire en 2022 semble, enfin, une certitude, les projections lui promettant entre 80 et 120 députés semblent aujourd’hui assez optimistes au vu de la carte électorale. En définitive, il n’y a qu’un seul gagnant : Emmanuel Macron va gouverner contre une opposition qu’il aura achevé de décomposer, le risque de voir l’Assemblée nationale divisée entre un bloc macroniste et plusieurs îlots de groupes semble aujourd’hui l’hypothèse la plus probable. Jérome Sainte-Marie l’a bien résumé chez nos confrères de Boulevard Voltaire : « Si le bloc élitaire est achevé, le bloc populaire n’a pas réussi à se constituer, ceux qui disent que Macron est mal élu se trompent : il aura toutes les mains libres pour mettre en marche son programme. »

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 27 avril 2022

Sociologie d’une élection : la France en instance de divorce

election fracture

L’étude des résultats du deuxième tour de l’élection présidentielle fait apparaître une France plus fracturée que jamais. D’un côté, les métropoles bourgeoises qui votent massivement Emmanuel Macron, de l’autre la France périphérique et rurale, plus précaire, qui plébiscite Marine Le Pen. Une rupture entre les gagnants et les perdants de la mondialisation libérale qui pourrait aboutir à un divorce définitif, voire à une forme de sécession.

Après la déception, les raisons de se réjouir

Dimanche soir, chez les macronistes, ce n’était pas l’euphorie des grandes victoires : trois mille personnes seulement sur le Champ-de-Mars pour applaudir leur champion et son discours de quelques minutes. Lundi, la une du Monde était alarmiste : « L’extrême droite à un niveau historique ». Malgré un « front républicain » reconstitué, la droite nationale s’est enracinée à un niveau historiquement élevé.

Quand on regarde la carte de la France mariniste du 24 avril, on voit clairement qu’il existe à présent des terres, des régions entières acquises au vote RN : pratiquement toute la ruralité, le nord et l’est de la France, à part l’Alsace, le centre, le Bordelais (sauf Bordeaux) et la vallée de la Garonne, tout le pourtour méditerranéen, de Perpignan à Menton, et aussi la Corse et les DOM-TOM. « Le Pen construit son avancée », note Le Monde qui relève qu’une trentaine de départements ont donné une majorité au RN. L’électorat de Marine est celui qui se répartit de la façon la plus homogène sur le territoire français : la candidate du RN est arrivée en tête dans 18 100 communes sur les 35 000 du pays. Mais bien évidemment toutes les communes ne se valent pas par la taille : à Paris et dans la région parisienne, le vote Macron s’est fortement imposé, de même que dans les grandes villes, ainsi qu’en Bretagne et chez les Français de l’étranger. Quant au vote Mélenchon du premier tour, il avait concerné pour l’essentiel les villes réputées de gauche et les banlieues de beaucoup de villes, là où les substitutions de population sont en cours. Mélenchon avait aussi fait ses meilleurs scores dans les prisons. Enfin, en Bretagne et dans un petit tiers du sud de la France, le candidat LFI avait dépassé sa moyenne nationale.

L’électorat des partisans de Macron et de Mélenchon est plus concentré géographiquement. C’est un atout pour les législatives de juin, mais c’est aussi le risque d’une accentuation des fractures du pays : les villes contre la ruralité, la bourgeoisie aisée, les gagnants de la mondialisation contre les campagnes, les oubliés des technocrates parisiens. Cette fracture-là transcende désormais les clivages droite/gauche. Elle explique par exemple le vote des Antillais qui avaient placé Mélenchon largement en tête des douze candidats, puis, deux semaines plus tard, ont offert un triomphe à Marine Le Pen.

Jeune, actif ou… chômeur, populaire

Quel portrait peut-on dresser de l’électeur RN, et quelles sont les caractéristiques des régions qui ont placé Marine Le Pen en tête ? Cette France-là englobe les régions au pouvoir d’achat le plus faible, les régions des déserts médicaux et industriels. Mais c’est aussi la France de la confrontation avec les grandes vagues d’immigration : comme la côte méditerranéenne, ou l’est du Bassin parisien.

L’électorat du RN est jeune, actif ou… chômeur, populaire, ayant des revenus modestes. Le contraste est évidemment fort avec celui de Macron : retraités des grandes villes et des banlieues aisées, cadres, la tranche de population la plus privilégiée. Pour un peu, on pourrait parler de reconstitution d’une lutte des classes, si ce concept marxiste avait quelque valeur.

La sociologie des partisans du RN n’est donc pas celle des macronistes ni même celle des mélenchonistes (fonctionnaires, habitants des zones urbaines et périurbaines). Elle ressemble davantage à celle du PC des années Waldeck Rochet ou Duclos. Mais, curieusement, la détresse des nordistes, des Lorrains confrontés à l’extension des friches industrielles ou des « souchiens » marginalisés par l’immigration de peuplement ne suscite pas la commisération des nouveaux prêtres-ouvriers, des pouvoirs publics, et des artistes et intellectuels « engagés », mais plutôt un mépris teinté d’inquiétude pour ces « prolos-fachos ».

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 26 avril 2022

Réélection d’Emmanuel Macron – Les Français en redemandent !

macron pass sanitaire

Oubliés, les deux millions d’immigrés débarqués sur notre sol depuis 2017 et les centaines de milliers de naturalisations opérées par la Macronie. Effacés, l’explosion record de la criminalité dans nos campagnes comme dans nos villes, l’ensauvagement effrayant de notre société et la multiplication galopante des enclaves islamistes partout en France. Passés à la trappe, l’augmentation de la dette publique de quelque 680 milliards d’euros, le grand déclassement économique et les 400 000 pauvres supplémentaires en cinq ans. Enterrés, les interminables semaines de confinement, le piétinement incessant de nos libertés individuelles au nom de la lutte anti-Covid, le passe vaccinal et la dictature sanitaire. Exit, enfin, les mois de chaos liés à la crise des Gilets jaunes, la répression ahurissante (et très sélective) à laquelle l’exécutif a eu systématiquement recours contre ses opposants, et les innombrables insultes proférées par le chef de l’Etat à l’encontre des petites gens. Alors que nos concitoyens sortaient tout juste d’un quinquennat véritablement cauchemardesque et avaient été largement avertis des grands enjeux de ce scrutin, notamment sur le plan identitaire, 58,5 % d’entre eux, obéissant comme un seul homme aux consignes de vote données par les grands médias, ont fait dimanche le choix consternant de reconduire à l’Elysée l’homme des cabinets de conseil américains pour un nouveau mandat de cinq ans !

Cinq nouvelles années en enfer

Nul besoin d’être doté d’une créativité intellectuelle débordante pour imaginer la satisfaction malsaine et le sourire narquois d’un Macron qui, après avoir tant méprisé et maltraité les Français lors de son premier quinquennat, se voit maintenant largement réélu par eux, et donc en position de poursuivre sa vaste entreprise de déconstruction, dans tous les domaines, de notre pays. Car, rappelons-le, le programme d’Emmanuel Macron, ou du moins ce que celui-ci a bien voulu en dire, comporte nombre de mesures qui devraient accélérer encore le déclin de la France et sa soumission à l’étranger. Et d’abord à l’Union européenne puisque, dans ce registre, le président réélu entend notamment renforcer la prétendue « souveraineté européenne » et « bâtir une Europe-puissance », deux objectifs qui supposent bien évidemment l’abandon de pans entiers de notre souveraineté et de notre indépendance nationales. En même temps, Macron entend bien poursuivre la politique des grands accords de libre-échange signés par l’Union européenne avec ses pseudo-« partenaires », ce qui aura pour conséquence prévisible d’achever un certain nombre de secteurs de notre économie.

Sur le plan intérieur, il y a bien sûr cette fameuse réforme des retraites qui prévoit de repousser l’âge légal de départ à 65 ans. Une mesure, rappelons-le, largement impopulaire, mais qui n’a toutefois pas empêché les Français de voter pour Macron. On n’oubliera pas non plus, dans le domaine des mesures sociétales, le projet de créer une « convention citoyenne » chargée de « réfléchir sur l’euthanasie et le suicide assisté », à la suite de laquelle notre pays sombrera encore davantage dans la culture de mort.

Enfin, dernier axe important du nouveau quinquennat d’Emmanuel Macron : l’écologie dans l’une de ses pires versions. C’est ainsi que, s’il entend maintenant « limiter l’éolien terrestre », l’occupant de l’Elysée projette de défigurer notre littoral et de massacrer les écosystèmes marins en lançant la construction de quelque cinquante parcs éoliens en mer d’ici 2050 ! Date à laquelle, rappelons-le, notre pays devra, de gré ou de force, et quoi qu’il en coûte, avoir atteint la fameuse « neutralité carbone »…

Un Premier ministre chargé de la « planification écologique »

En attendant, les grands médias s’amusent aujourd’hui à essayer de deviner à quoi pourrait ressembler le nouveau gouvernement mis en place dans l’optique des prochaines élections législatives. Et notamment le nom de celui qui pourrait remplacer Jean Castex au poste de Premier ministre. Rappelons en effet que Castex a lui-même annoncé son départ le 19 avril dernier sur France Inter, en déclarant : « … comme le veut la tradition, je présenterai ma démission et celle du gouvernement au président de la République. » Si cette démission ne signifie pas automatiquement son départ, Macron pouvant en effet le reconduire dans ses fonctions, l’ancien maire de Prades avait cependant déclaré être « de ceux qui pensent qu’une impulsion nouvelle après la réélection du président doit être trouvée ». Bref, qu’il avait déjà prévu de faire ses cartons et de laisser sa place à un autre.

Reste que, sur ce sujet, Emmanuel Macron s’est jusque-là montré plutôt discret. Si, dans l’entourage du président fraîchement réélu, certains évoquent le nom de Julien Denormandie, désastreux ministre de l’Agriculture et proche parmi les proches du locataire de l’Elysée, ou encore ceux de Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer, et d’Alexis Kohler, actuel secrétaire général de l’Elysée, rien n’a semble-t-il encore été arrêté. A l’exception, toutefois, d’une chose : le prochain Premier ministre, a indiqué Macron lors de son meeting de l’entre-deux-tours à Marseille, se verra attribuer de « nouvelles prérogatives », et notamment celle de la « planification écologique ». Ce qui pousse certains médias à chuchoter le nom d’Elisabeth Borne, l’actuel ministre du Travail, qui pourrait être choisie en raison de son passage par la Transition écologique et la direction du cabinet de Ségolène Royal lorsque celle-ci était ministre de l’Ecologie. A moins que, après un premier quinquennat dirigé par des Premiers ministres ralliés de la droite molle, le chef de l’Etat ne cherche à satisfaire la gauche en piochant parmi les figures écolos. Bref, dans tous les cas, la France et les Français n’ont pas fini de serrer les dents.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 25 avril 2022

L’union des patriotes ? Avec Marion Maréchal, par Louis Marceau

Marion Maréchal-Le Pen

Marion Maréchal est de retour « pour de bon » dans le combat politique et est désormais pleinement impliquée au sein de Reconquête !, puisqu’elle a annoncé mardi avoir adhéré au parti fondé par Eric Zemmour et en avoir été nommé vice-présidente exécutive. Mais l’ancien député de Vaucluse voit plus loin et a cosigné mercredi avec ses collègues Guillaume Peltier et Nicolas Bay une tribune en vue des élections législatives, tribune dans laquelle tous trois demandent une « coalition des droites » pour cette échéance, ou plus exactement une « union des patriotes ».

Leur postulat est simple : quel que soit le résultat du second tour de l’élection présidentielle, l’heure sera aux alliances, soit pour assurer une majorité présidentielle autour de Marine Le Pen, soit pour imposer une cohabitation à Emmanuel Macron afin qu’il ne dispose pas des pleins pouvoirs législatifs pour les cinq années à venir.

Si le tout jeune mouvement d’Emmanuel Macron avait réussi cet « exploit » de construire seul une majorité en 2017, il se basait sur une ligne molle et bien-pensante et bénéficiait du soutien des médias et de certains cadres de partis historiques. En cas de victoire, Marine Le Pen sera inévitablement plus attaquée que jamais et devra s’appuyer sur l’ensemble des patriotes, quels que soient leurs désaccords.

Marion Maréchal, Guillaume Peltier et Nicolas Bay imaginent donc une grande alliance entre les membres de leur parti, ceux du Rassemblement national, de Debout la France mais aussi les derniers amoureux de la France subsistant – inexplicablement, disons-le – chez Les Républicains. Pour les trois dirigeants de Reconquête !, les choses sont claires : « Les élus et cadres LR patriotes doivent désormais choisir entre la fidélité à leurs convictions ou le reniement. »

La ligne de démarcation entre LR et LREM semble de plus en plus mince et les accords entre les deux partis devraient être nombreux d’ici aux élections législatives, notamment sous l’influence d’un certain Nicolas Sarkozy.

Nouvelle étape vers une alliance

La campagne du premier tour a parfois été violente entre Eric Zemmour, Marine Le Pen et leurs défenseurs respectifs. A l’annonce des résultats, l’ancien journaliste n’a pourtant pas hésité à appeler à voter pour la candidate du RN. S’il ne s’agissait pas de la concrétisation d’une alliance, que refuse Marine Le Pen jusqu’à présent, c’était incontestablement un premier pas. Cette tribune est une nouvelle étape et, comme l’écrivent ses cosignataires, le RN va maintenant devoir opérer une véritable révolution culturelle en acceptant les alliances. La victoire est à ce prix aux yeux de Marion Maréchal et de ses collègues qui souhaitent dorénavant discuter avec les représentants des partis concernés et parler notamment des « modalités et contours que cette plate-forme de coalition pourrait prendre ».

Concrètement, cette coalition aurait pour but de « mettre à l’agenda législatif une politique de fermeté migratoire, un durcissement de la politique pénale, un véritable patriotisme économique, le soutien aux familles et à la natalité ou encore le refus de tout nouvel abandon de souveraineté vers l’Union européenne ». Voilà qui pourrait mettre tout le monde d’accord !

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 21 avril 2022

Consigne : minimiser les violences urbaines jusqu’à dimanche soir

Jamais la France n’a été aussi calme, à en croire les médias. Des violences continuelles en Seine-Saint-Denis depuis le 26 mars ? Ça se saurait ! Des incendies criminels et le saccage du centre de Rennes la semaine dernière ? Ah bon ? Des dizaines de voitures incendiées ou saccagées à Laval ? « Nous restons dans le dialogue », se réjouit le maire PS. Mais, mezzo voce, tout le monde craint le pire pour le 24 au soir. Quel que soit le gagnant.

Les émeutes de Laval, dans la nuit de samedi à dimanche, ont été spectaculaires. C’est tout le quartier Saint-Nicolas, à l’est de cette ville de moins de 50 000 habitants, qui s’est embrasé. Tout a commencé – comme souvent – avec l’interpellation d’un jeune délinquant. Aussitôt un groupe d’adolescents et d’hommes issus de la diversité, comme on ne dit même plus, ont entrepris de mettre la ville à sac, de piller des boutiques, d’incendier des voitures, de crever les pneus. « On n’a pas dormi, témoigne une habitante auprès du correspondant du Figaro. On entendait sans cesse des motos, des pétards… Quand je suis sortie, à 6 h du matin, ça flambait encore. On aurait dit une scène de guerre. Maintenant, j’ai peur. » Les véhicules détruits sont ceux de la municipalité, du conseil départemental, et d’une association d’aide aux handicapés.

Le maire PS, Florian Bercault, s’est efforcé de minimiser les émeutes, évoquant des problèmes de logement, d’emploi, d’intégration. Curieuse façon de tenter d’améliorer les choses… Reprenant des formules qui étaient en vogue il y a vingt ou trente ans, mais que l’on sait aujourd’hui totalement inadaptées, le maire a expliqué qu’il fallait « continuer évidemment à être dans le dialogue, pour permettre à chaque Lavallois de trouver sa place dans la ville », ou encore que « la violence doit être source d’interrogation des politiques publiques à mener ».

Selon nos correspondants dans la région, les formules creuses et faussement naïves du maire sont très mal passées. Le préfet comme des élus de la majorité départementale, pourtant de centre droit, n’ont pas eu de mots assez durs pour condamner ces agressions, ces saccages gratuits, mais aussi les programmes de sécurité spécialement défaillants. Laval est une ville moyenne et cette généralisation des émeutes urbaines dans des communes de cette taille, dans des régions rurales, est une nouveauté.

Les syndicats dénoncent à l’avance toute récupération

A Rennes, les saccages et les menaces de mort de la semaine dernière à l’encontre de notables d’opposition continuent à faire couler beaucoup d’encre. En Seine-Saint-Denis, destructions et violences se poursuivent depuis le 26 mars. On a appris seulement mardi qu’une femme professeur du collège Fabien à Saint-Denis, avait été attaquée vendredi par un élève, pendant son cours. Les syndicats ont dénoncé « le manque de moyens », et mis en garde contre « toute récupération de cet événement » (sic !).

Notons au passage qu’il est difficile de « récupérer » des « événements » soigneusement cachés à l’opinion publique, semaine préélectorale oblige.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 20 avril 2022

L’UE s’acharne contre Marine Le Pen – Accusation « opportune » de « détournement de fonds »

Marine Le Pen UE

Quoi de mieux pour essayer de « torpiller » son adversaire à l’élection présidentielle que la publication, à quelques jours du second tour, de « révélations » l’accusant d’un prétendu « détournement de fonds publics » ? La technique a beau être vieille comme le monde, et les ficelles un peu grosses, cela n’a cependant pas empêché l’Union européenne d’y avoir eu recours une fois de plus récemment contre Marine Le Pen et plusieurs de ses proches pour voler au secours de son candidat, Emmanuel Macron.

Ingérence dans la campagne française

A l’origine de cette nouvelle cabale, on ne sera évidemment pas surpris de retrouver l’Office européen de lutte antifraude (OLAF), contre lequel, rappelons-le, le RN a déjà déposé plainte à deux reprises par le passé, à la suite à des accusations non fondées portées par celui-ci contre certains de ses élus. De même qu’on ne sera pas étonné d’apprendre que le récent rapport « incriminant » Marine Le Pen et plusieurs de ses proches a été rendu public par le Mediapart de l’ancien trotskiste Plenel, notre Vychinski national… Bref, dans ce document, l’OLAF accuse ouvertement la candidate du RN, ainsi que trois autres anciens eurodéputés du parti (Jean-Marie Le Pen, Louis Aliot et Bruno Gollnisch), d’avoir utilisé les frais dont peuvent user les groupes politiques dans le cadre de leur mandat de député européen à des fins de politique nationale. Notamment pour des dépenses personnelles ou pour des prestations au profit de sociétés commerciales proches du RN et du groupe parlementaire Europe des nations et des libertés. Evaluant le total de ces dépenses à « environ 600 000 euros », dont « environ 137 000 euros » pour Marine Le Pen, l’OLAF annonce alors son intention de « procéder au recouvrement des sommes indûment payées »…

« Aucune preuve, aucun élément »

Une accusation que la candidate de la droite nationale, en déplacement lundi à Saint-Pierre-en-Auge, en Normandie, a bien sûr immédiatement et fermement contestée, en précisant au passage n’avoir « pas eu officiellement connaissance [de celle-ci], ce qui déjà pose un problème en termes d’Etat de droit », et pour laquelle l’Office européen de lutte antifraude ne lui a fourni « aucune preuve, aucun élément, malgré d’ailleurs les demandes [qu’elle a] pu faire ». Mais, a ajouté Marine Le Pen, « les coups fourrés de l’Union européenne, quelques jours avant le second tour, j’ai une grande habitude de cela et je pense que les Français ne sont absolument pas dupes ». Un avis partagé par Jordan Bardella qui, invité sur CNews, a précisé en outre que le RN allait déposer « évidemment une troisième plainte » contre l’OLAF. Quant à Philippe Olivier, le conseiller spécial de la candidate RN, il a rappelé avec beaucoup de justesse sur Twitter qu’un « pays où le pouvoir tente de criminaliser les opposants par des montages grossiers s’appelle une dictature » !

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 19 avril 2022

La Macronie fébrile !

Un vent d’inconfort souffle sur la Macronie depuis le lendemain du premier tour, si le scénario de ce dernier a très nettement tourné à l’avantage d’Emmanuel Macron le 9 avril dernier, force est de constater que le scénario du second tour n’est pas celui qu’avaient envisagé les stratèges de Jupiter.

En cause ? La réalité du terrain. Si sur le papier, l’idée d’aller dès lundi matin sur les terres de prédilection du RN à Denain dans le Nord était une bonne idée, dans les faits l’Elysée s’est aperçu qu’on ne pouvait pas prévoir les réactions spontanées des passants. Beaucoup plus complexe de paraître digne lorsque les débats ne sont pas organisés en amont dans des salles lambrissés avec des élus et « militants » triés sur le volet ! Las. Emmanuel Macron a paru fébrile, « fatigué, les yeux rouges et je dirais boosté » a témoigné sur BFM TV l’un de ceux qui l’avaient interpellé. Il faut dire qu’Emmanuel Macron a passé cinq ans dans un Elysée bunkerisé à enchaîner les affaires et les crises sociales.

Du côté de ses soutiens, on peine aussi à se faire entendre. L’agressivité de Gérald Darmanin face à Jordan Bardella en fut une preuve supplémentaire. Peu à l’aise sur ses dossiers, le locataire de la Place Beauvau a été incapable de détailler les contours de la réforme des retraites, pourtant pierre angulaire de l’hypothétique futur quinquennat Macron et seul point du programme du président candidat à peu près certain. Darmanin paye aussi son débat face à Marine Le Pen qu’il avait accusée d’être trop molle. Difficile après cette séquence d’en refaire une candidate d’extrême-droite et de jouer sur les peurs. La candidate du RN peut, sur ce thème, remercier Eric Zemmour qui fut un paratonnerre plus que bienvenu. En bref, Emmanuel Macron patine. Il faut dire que l’autre point de la stratégie, à savoir le front républicain et la diabolisation ne fonctionnent plus. Le front républicain a des allures de linceuls. Tel le petit garçon criant trop souvent au loup pour rire et regardant impuissant son troupeau se faire dévorer lorsque le loup arrive vraiment, Emmanuel Macron voit le confortable rempart contre le fascisme s’éroder et s’effondrer sur lui-même. La farce ne dure qu’un temps et les Français commencent à se lasser d’un comique de répétition trop étiré pour continuer à les divertir. Au fond, le point faible d’Emmanuel Macron c’est son bilan. L’argument Le Pen provoquant le chaos s’est totalement retourné contre lui. Casse sociale, insécurité, appauvrissement, fractures… Tout ce qu’on craignait d’un mandat Le Pen est advenu lors du mandat d’Emmanuel Macron. En fait, ce dernier a perdu l’initiative, il ne lui reste qu’à parier sur le nombre de colonies de castors restant dans le corps électoral. Seront-ils suffisamment nombreux pour établir un barrage assez haut pour contenir la vague bleu marine ? C’est se condamner à la passivité face à une candidate qui pour l’instant réalise un sans-faute et qui, pour une fois n’est pas le monstre à abattre pour la gauche mais plutôt l’un des deux monstres. Reste à savoir pour l’opinion qui est Charybde et qui est Sylla.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 15 avril 2022

Face à la meute, Marine Le Pen fait front

Déclarations politiques outrées, articles bâtis à coups d’énormités, improbables appels à la mobilisation : jour après jour, l’entre-deux-tours prend des airs de 2002. Il s’agit de rediaboliser fissa la candidate de la droite nationale… qui reste sereine face à des attaques qui n’ont qu’un effet relatif sur l’électorat.

Comme c’était prévisible – et désormais habituel – l’accession de Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle a immédiatement provoqué la mobilisation pavlovienne de toutes les composantes du système à tuer la France, terrorisées à la perspective d’une possible remise en cause de leurs prébendes et de leurs sinécures.

Sans surprise non plus, les premiers à se précipiter pour appeler à voter pour Emmanuel Macron ont été SOS Racisme et la Licra, les deux officines grassement subventionnées estimant que la victoire de Marine Le Pen signifierait « un basculement autoritaire, l’institutionnalisation de la discrimination, la libération de la xénophobie et du racisme ». N’en jetez plus !

Puis ce fut au tour des « sportifs », dont on se demande encore de quoi ils se mêlent, de signer un vibrant appel à faire barrage au Rassemblement national, se disant horrifiés à l’idée que ce soit Marine Le Pen qui ouvre les prochains Jeux olympiques de Paris mais beaucoup moins gênés quand il s’agit de cautionner la dictature communiste chinoise à Pékin ou d’aller jouer à la baballe sur les charniers d’ouvriers que sont les stades du Qatar. Le plus pathétique de ces donneurs de leçons – même s’il est ardu d’établir un classement – est peut-être l’ineffable Yannick Noah, très fier d’être retourné dans son village du Cameroun pour y « défendre sa culture et son identité » mais qui dénie ce même droit aux Français.

Les politiques ne sont bien sûr pas en reste. Au premier rang de ceux-ci on retiendra la remarquable prestation de Gérald Darmanin qui, en déplacement en Saône-et-Loire, a allègrement pulvérisé les frontières de la décence en même temps que celles du ridicule en déclarant qu’« avec elle [Marine Le Pen] les riches vont peut-être maigrir, mais les pauvres vont peut-être mourir aussi », avant de conclure : « Il ne faudra pas aller à la pêche. Sinon, vous n’aurez plus que vos yeux pour pleurer. » Rien de moins ! Si vous votez mal, les cadavres joncheront les rues ! Le sens de la mesure et toujours cette volonté d’attiser les peurs de la population, qui a été l’une des marques de fabrique du quinquennat Macron.

Quant au Medef, il s’est contenté de juger que le programme d’Emmanuel Macron est « plus favorable à l’emploi et la croissance » et que celui de Marine Le Pen est une « impasse ». Une impasse en effet puisque ce programme réduirait la possibilité du patronat de recourir à cette « armée de réserve du Capital » qu’est l’immigration, et limiterait la précarisation et l’ubérisation de l’économie nationale autant que sa soumission aux règles libérales du marché globalisé.

On le voit, Marine Le Pen fait presque l’unanimité contre elle, ce qui est plutôt rassurant puisque ce bel unanimisme est constitué par le rassemblement de tous les coresponsables de la situation tragique que connaît la France aujourd’hui et qui menace son existence même. Malgré la « dédiabolisation », malgré une volonté parfois excessive de modération et de « normalisation », Marine Le Pen fait donc encore peur à tous ces gens-là. S’il fallait un seul argument pour voter sans hésiter pour elle, malgré tous les possibles désaccords, ce serait celui-là.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 14 avril 2022

En France et aux Etats-Unis, la violence des bien-pensants

violence gauche

Il n’a pas manqué grand-chose à Jean-Luc Mélenchon pour atteindre le second tour de l’élection présidentielle. Ses militants, en rage, ont attaqué des permanences du PCF et d’EELV, accusés d’avoir trahi la gauche. Des méthodes violentes qui ne surprendront que les naïfs mais qui en disent long sur l’état d’esprit du « camp du bien ».

Grâce à Jean-Marie Le Pen, l’on connaissait depuis un moment déjà « la fiesta chez les gauchos », qu’il nous racontait en chanson. Voici que l’on découvre les « règlements de compte chez les gauchos », étalés dans la presse depuis dimanche soir. D’abords exprimées sur internet, les critiques, insultes et menaces envers les candidats et les partis ayant privé Jean-Luc Mélenchon des quelques points qui lui manquaient pour se qualifier pour le second tour se sont concrétisées dans le monde réel.

A Nantes, les permanences d’Europe Ecologie les Verts (EELV) et du Parti communiste (PCF) ont ainsi été prises pour cible. Une vitre brisée, des tags avec les inscriptions « traître » et « sac à merdes » (sic) : le message est clair, Yannick Jadot et Fabien Roussel sont considérés comme les fossoyeurs de la gauche.

A Lille, le siège de la fédération communiste du Nord a subi le même sort. Dimanche vers 21 h 30, 5 à 7 individus ont débarqué sur les lieux, insultant les militants du PCF et cassant la porte avec une bombe de protoxyde d’azote. Les victimes ont porté plainte, la secrétaire fédérale du parti communiste qualifiant même les assaillants de militants…« gauchistes » ! On ne la contredira pas !

Plusieurs tags ont par ailleurs fleuri dans les rues avoisinantes avec l’inscription « Roussel = ennemi du peuple ».

Si les diverses attaques ont été condamnées, notamment par la maire socialiste de Nantes, Johanna Rolland, La France Insoumise est restée discrète. Adrien Quatennens, bras droit de Jean-Luc Mélenchon, avait d’ailleurs mis de l’huile sur le feu en déclarant que « les voix de Fabien Roussel [leur] ont manqué incontestablement ».

Les communistes, bien que d’extrême gauche, ont certainement eu du mal à avaler la position très pro-musulmane de Jean-Luc Mélenchon. Des désaccords existent également entre eux et LFI au sujet du nucléaire, de la laïcité, de l’industrialisation et du communautarisme. Assez pour justifier un vote indépendant, mais pas au regard des nervis antifas, biberonnés à la haine des opposants politiques et habitués à l’impunité.

Aux Etats-Unis comme en France, le « camp du bien » se croit tout permis.

A l’université de Buffalo, Therese Purcell, présidente des Young Americans for Freedom, a été pourchassée par une foule estampillée « Black Lives Matter » pour avoir invité le lieutenant-colonel Allen West, un conservateur noir, à parler du racisme.

Après l’événement, environ 200 étudiants ont traqué la jeune femme sur le campus en hurlant des slogans menaçants. Therese Purcell a échappé au pire en parvenant à se cacher.

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 13 avril 2022

Vingt ans après : vers un « front républicain » des traîtres et des cocus

front républicain

A peine les deux protagonistes du second tour connus, alors même que le dépouillement des votes n’était pas terminé, le premier réflexe de la quasi-totalité des candidats éliminés a été, dans un bel ensemble, d’appeler à « faire barrage à l’extrême droite » en votant pour Emmanuel Macron le 24 avril. S’il fallait encore une preuve de l’affolement apeuré qui s’empare du système des copains et des coquins à la perspective de l’élection d’un président patriote, celle-ci suffirait amplement.

C’est le communiste Roussel qui s’est précipité le premier pour exhorter ses faibles troupes à voter pour l’homme de la retraite à 65 ans. Le reste de la « gauche » a ensuite défilé pour entonner le même refrain, le petit doigt sur la couture du pantalon, auxiliaires empressés de l’homme du capital. Jean-Luc Mélenchon, pour sa part, s’il n’a pas appelé directement à voter Macron, a invité ses partisans à « ne pas donner une seule voix à Mme Le Pen ». Seule Nathalie Arthaud, de Lutte ouvrière, n’a pas donné de consigne de vote, renvoyant dos à dos les deux candidats.

Les « damnés de la terre » vont donc apporter massivement leurs scrutins à l’enfant de Rothschild et de McKinsey, au grand casseur social, à l’éborgneur de Gilets jaunes, au démolisseur des services publics… Si la situation de notre pays n’était pas si tragique, on en rirait volontiers.

Alors que nous commémorons le fameux « 21 avril 2002 » (fameux à plus d’un titre), c’est donc reparti pour un tour, la momie « front républicain » est sortie de son tombeau et on s’apprête à agiter de nouveau les bannières mitées de « l’antifascisme de salon ». « No pasarán ! », va-t-on hurler dans les rues, comme les grands ancêtres en 1936 à Barcelone, et, espérons-le, avec la même efficacité. Rien ne semble avoir changé, tout est prêt pour deux semaines de propagande intensive à base de « valeurs républicaines », d’« heures les plus sombres » et de « dangers de l’extrémisme ». Les Français sont-ils toujours dupes ? On peut, hélas ! le craindre, tant le battage médiatique est imposant et permanent, mais on peut aussi espérer que la dégradation de leurs conditions de vie et le progressif effacement de la France à laquelle ils restent attachés leur fassent enfin choisir une véritable alternative. Nous le saurons dans deux semaines cruciales pour l’avenir du pays.

Quoi qu’il en soit, une fois encore, face aux périls qui menacent la France et les travailleurs français, la gauche dite « radicale » s’est déshonorée et a démontré qu’elle n’est qu’une désolante supercherie qui a définitivement abandonné le combat social au profit de ses lubies sociétales et de ses passions xénophiles et immigrationnistes. Quant à la droite « libérale » – en tout cas aux débris qui en restent –, elle a été égale à elle-même : ridicule et lâche.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 11 avril 2022

Embargo énergétique contre la Russie : l’UE se tire une balle dans le pied

embargo russie

Après des semaines d’âpres négociations, les pays membres de l’UE ont finalement décidé jeudi, dans le cadre d’une cinquième salve de sanctions qui entrera en vigueur début août, outre l’interdiction d’exportations vers la Russie à hauteur de 10 milliards d’euros, le gel des avoirs de plusieurs banques russes ou encore l’élargissement de leur « liste noire » à plus de 200 proches du Kremlin, la mise en place d’un embargo sur le charbon russe. Une dernière mesure qui devrait leur coûter très cher puisque, rappelons-le, l’UE n’importe pas moins de 45 % de son charbon de Russie.

Cependant, dans leur volonté suicidaire de sanctionner Moscou « quoi qu’il en coûte », les Vingt-Sept ne semblent pas près de s’arrêter en si bon chemin : sous la pression du Parlement de Bruxelles, qui réclame l’imposition d’un embargo « total et immédiat » sur les importations « de pétrole, de charbon, de combustible nucléaire et de gaz » russes, ceux-ci pourraient bien décider lundi prochain, lors d’une nouvelle réunion, d’aller encore plus loin dans leurs sanctions contre le secteur énergétique russe. Au risque de saborder leurs propres économies…

Cent euros par adulte pour un embargo sur le gaz

Le fameux « Conseil d’analyse économique », dont la mission n’est autre que d’éclairer notre gouvernement, a beau affirmer dans sa note du 4 avril qu’un embargo sur le gaz russe n’aurait qu’« un impact relativement faible » sur les pays de l’UE et serait donc « gérable », l’addition n’en resterait pas moins salée pour des Français déjà durement frappés par une inflation galopante. Estimée par le CAE à environ 0,15 % à 0,3 %, la perte de notre revenu national brut entraînée par cet embargo coûterait en effet quelque 100 euros par adulte ! En outre, un tel boycott ayant évidemment des conséquences beaucoup plus graves sur les pays membres davantage dépendant du gaz russe que nous, cela contraindrait notre pays, comme l’indique le CAE dans sa note, à « une solidarité européenne ». Autrement dit, les Français, déjà dévalisés par le fisc, pourraient bien être contraints de mettre à nouveau la main à la poche pour venir en aide à la Bulgarie, la Finlande ou encore la Slovaquie.

Enfin, en plus d’entraîner une terrible hausse des prix pour les particuliers, un embargo sur le gaz russe aurait, comme la souligné jeudi sur Radio Classique Jean-Pierre Clamadieu, président du conseil d’administration d’Engie, un impact « très significatif » sur l’économie européenne. En effet, a-t-il expliqué, si « nous serions probablement capables de remplacer à peu près la moitié » de nos importations de gaz russe, « le reste, à très court terme, devrait être compensé par une réduction des consommations, particulièrement dans les secteurs industriels », qui représentent 25 % de la consommation de gaz. « Il n’y aurait pas d’impact dans l’immédiat », a précisé Jean-Pierre Clamadieu, car « nous arrivons dans la saison d’été en matière gazière, c’est-à-dire celle dans laquelle on reçoit plus de gaz qu’on en consomme ». Mais les conséquences d’un tel embargo se feraient immanquablement sentir « lors de l’hiver prochain ».

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 8 avril 2022

“Macron sera battu” – Entretien avec Jean-Marie Le Pen

Jean-Marie Le Pen

De la Russie, de l’Ukraine et des élections…
Jean-Marie Le Pen a reçu Présent au terme d’une journée passée à répondre à des journalistes, de presse ou de télévision. Mais il est dans une grande forme, prêt à commenter l’actualité.

— Quel est votre avis sur l’actuelle guerre en Ukraine ?

— La situation est assez dangereuse, car elle conduit les pays occidentaux à entrer en voie conflictuelle avec la Russie, qu’ils devraient au contraire considérer comme un allié et un membre de ce que j’appelle « le bloc boréal », constitué des pays de l’ouest de l’Europe et de la Russie – le plus grand pays du monde, avec seulement 144 millions d’habitants, hélas !

— Qui a intérêt à pousser au conflit ?

— Je pense que ce sont les Américains. Ils se méfient de la constitution possible d’une « entente boréale », justement. On ne les voit pas, mais on les sent très présents dans toutes les actions qui sont menées par les opposants à la Russie. L’incontinence verbale de Biden est très grave. La course au réarmement augmente les risques, dans une situation internationale déjà inquiétante.

— Le rôle que joue Biden n’est-il pas dangereux ?

— C’est un pitre !

— Pensez-vous que les médias, en France, donnent une information objective ?

— Non. En tous les cas les médias que je regarde, comme la plupart de mes compatriotes, qui sont les médias télévisuels, en particulier les chaînes d’information continue. Leur partialité est absolument éclatante. Il n’y a pas le moindre souci d’objectivité.

— Comment expliquez-vous que la guerre au Donbass (plus de 15 000 morts depuis 2014) n’ait jamais fait parler d’elle ?

— Jamais. C’est un exemple, parce que tout est présenté comme si la Russie avait décidé, il y a quelques semaines, de faire la guerre à l’Ukraine, alors qu’en fait cette guerre en Ukraine dure déjà depuis des années, et que les deux républiques de Lougansk et de Donetsk sont elles-mêmes attaquées. Je suis frappé par le fait, qui est étonnant du point de vue polémologique, que la Russie n’obtienne pas de succès plus décisifs. A mon avis, elle fait ce qu’il faut pour tuer le moins de civils possible, puisqu’elle considère – je crois que c’est vrai – que c’est une nation sœur. Le fait qu’on ne prenne pas la ville de Marioupol prouve dans l’action militaire une retenue qui n’est pas celle de leur faiblesse, mais celle de leur détermination de faire le moins de dégâts possible, ce qui n’est pas simple quand on fait la guerre.

— Vous souvenez-vous de la phrase de François Brigneau, qui précisait que s’il n’était pas anticommuniste depuis 1917, c’était parce qu’il était né en 1919 ? Avec un écart de dix ans, on peut dire la même chose de vous. Vous avez désormais une position vis-à-vis de la Russie que vous n’aviez pas vis-à-vis de l’URSS ?

— Bien sûr ! Mon opposition à la Russie soviétique, c’est qu’elle était soviétique. Mais je ne suis pas, et loin de là, un ennemi de la Russie, un russophobe. Je serais même plutôt russophile. En revanche, durant la guerre froide, j’avais une position atlantiste que je n’ai plus. Les équilibres ont changé. N’oublions pas non plus que nous sommes menacés par la déferlante démographique mondiale. C’est une folie que de risquer de pousser la Russie à se rapprocher de la Chine.

— Nous ne dépendrons plus du gaz russe, mais désormais du gaz américain. Qu’y gagnons-nous ?

— D’autant qu’il est loin, le gaz américain ! Il n’est pas encore extrait. Tout ça me paraît fallacieux. Je considère que les conséquences économiques qui sont liées à cette situation sont tout à fait anormales, et risquent d’être ruineuses pour nos pays européens. Ce qui est extraordinaire, c’est de voir l’unanimité des pays européens quand il s’agit de faire des sottises…

— Le sentiment antirusse n’envahit-il pas la France, actuellement ?

— Cela, c’est sous l’impulsion du lobby américain. La France a toujours été assez russophile. La logique devrait contribuer, j’y reviens, à la création du bloc boréal.

— Actuellement, on s’en éloigne…

— On s’en écarte. Mais ce n’est pas ressenti par le peuple français, je ne crois pas.

— Comment considérez-vous l’attitude du président Macron dans cette affaire ?

— Vous connaissez la formule « Ces faits nous dépassent, feignons d’en être les organisateurs. » C’est le cas de Macron. Il fait semblant d’être un décideur, alors qu’en fait il est un suiveur.

— Le président Macron arrive au bout de son premier quinquennat. Quel en est à vos yeux le bilan ?

— C’est un bilan fort médiocre, compte tenu des atouts qui étaient les siens : une majorité solide, un pouvoir récent. Il n’a pas su en profiter.

Je crois qu’il va être battu. Il va y avoir un phénomène moins pro-Marine qu’anti-Macron. Certains voteront pour faire battre Macron. Marine a fait une campagne plus modérée, laissant à Zemmour le soin de rompre les lances et d’attirer sur lui les foudres de la diabolisation.

Personnellement, j’ai trouvé que le message de Zemmour était tout à fait acceptable, mais certainement sa forme a écarté de lui un certain nombre d’électeurs. Il n’a rien dit de très extraordinaire. Il faut dire qu’il n’a pas le gabarit présidentiel, même s’il a beaucoup progressé. Mais on va s’apercevoir que le fait de tenir des meetings fabuleux ne fait pas un courant politique. On peut avoir de la sympathie pour plusieurs candidats et avoir fait son choix de vote. Je peux avoir de la sympathie pour Zemmour et pour Marine Le Pen, mais moi je vote Marine Le Pen. Seulement, il faut surtout ne rien faire, ne rien dire contre Zemmour, qui soit de nature à créer une hostilité au deuxième tour, c’est l’évidence.

— Quels commentaires sur les événements en Corse ?

— Les indépendantistes, disent-ils, appartiennent à la Corse, mais la Corse n’appartient pas aux indépendantistes. Comme la Bretagne ou la Provence, elle appartient à la France. Il y aura toujours des gens pour s’appuyer sur les particularismes pour essayer de fonder une force centrifuge. Je n’ai pas d’inquiétude sur le loyalisme des Corses à l’égard de la France.

— Auriez-vous imaginé une dérive « sociétale », pour employer un mot à la mode, aussi importante (wokisme, cancel culture, PMA pour toutes, théorie du genre etc.) ?

— Tout cela reste très superficiel, et ne touche pas profondément le peuple français. Cela reste l’écume… Pour moi, c’est un phénomène artificiel et sans importance réelle sur l’évolution sociologique. Cela ne mord que sur la rive gauche – et encore, pas toute.

Propos recueillis par Anne Le Pape

Article paru dans Présent daté du 7 avril 2022

L’érosion du vote Macron s’accélère – Grave malaise à l’Élysée

Macron

Depuis plusieurs semaines, il se passe quelque chose du côté de la macronie, Quoi, exactement ? Une grosse fatigue du candidat ? Une lassitude des électeurs par rapport au « en même temps », à ces coups de barre à gauche et à droite qui ne satisfont personne et agacent tout le monde ? Un bilan du quinquennat dérisoire, voire catastrophique ? Les sondages comme les réactions de l’homme de la rue laissent deviner un puissant vote de rejet.

Il y a d’abord la malchance : dommage que l’affaire McKinsey tombe au moment décisif de la campagne électorale, dommage que notre pouvoir d’achat s’effondre, dommage que l’inflation soit annoncée à 4,4 %, soit le plus fort taux de ces 35 dernières années, dommage que la délinquance ne baisse pas et que l’immigration ne soit toujours pas maîtrisée, dommage que la gesticulation présidentielle n’ait pas évité l’agression de l’Ukraine, alors même que la France présidait le Conseil de l’Union européenne, dommage que l’on déterre ses « erreurs » dans l’affaire Alstom, et dans l’affaire Ghosn…

La chance est un facteur important dans la réussite d’un président, comme dans celle d’un chef d’entreprise. Macron n’en a pas manqué, en cinq ans, mais le voici prisonnier d’une spirale de l’échec. On l’a vu encore avec son rassemblement de La Défense, sa seule réunion électorale : une salle partiellement vide, ce qui reflète une motivation altérée de ses partisans. On l’a vu avec ses terribles lapsus, comme sa condamnation de la légitime défense et ses diatribes outrancières contre « l’extrême droite », contre le « nationalisme », alors même que le monde entier est invité à se mobiliser en faveur du nationalisme ukrainien.

Comme un avion qui se met en vrille, Macron est désormais trop près du sol, c’est-à-dire trop près de l’échéance de dimanche, pour réussir un atterrissage correct.

Un extraordinaire signal pour le second tour

Les premières alertes sont venues d’un Edouard Philippe, par exemple. Puis les sondages ont commencé à enregistrer ce qui n’était jusqu’alors qu’un sentiment diffus, celui d’un quinquennat pour rien, en tout cas pour rien de bien, rien de révolutionnaire au bon sens du terme. Au début du mois de mars, alors que s’ouvrait la campagne officielle, Macron flirtait avec les 30 % de voix au premier tour. Mais depuis lors il n’a cessé de baisser, et les derniers sondages (celui de Paris Match, par exemple) le placent à 27 %, tandis que Marine Le Pen est annoncée à 23 %. 4 points d’écart, ce n’est pas rien. En principe ces chiffres n’annoncent nullement une suprématie de la candidate du RN au soir du premier tour, ni la défaite de Macron le 24 avril. Mais une autre lecture de ces chiffres est possible : celle qui tient compte des dynamiques des deux candidats. Le vote Macron s’érode, les votes Le Pen et Mélenchon progressent. Si Macron recule encore de deux points, et si Marine Le Pen progresse symétriquement, les courbes s’inverseront. Une telle inversion constituerait un extraordinaire signal pour le second tour.

Bien entendu le réveil des abstentionnistes peut théoriquement remettre en cause ces sondages prometteurs. Mais ce que l’on sait déjà, c’est que l’abstentionnisme concerne tout particulièrement les classes d’âge les plus jeunes, et les catégories socio-professionnelles en difficulté. Autrement dit un abstentionnisme qui diminuerait le vote Le Pen, alors que les électeurs de Macron se trouvent dans les catégories les plus aisées, et chez les retraités, celles où l’on vote en rangs serrés. Les sondeurs ont tenu compte de cette sociologie électorale pour définir les scores des candidats. Une éventuelle augmentation – même marginale – des votants peut donc créer la surprise dans la surprise.

Tribune reprise de Présent

Les moutons à l’heure du ramadan

ramadan

Comme chaque année quand arrive le ramadan, la société française se met à l’heure musulmane avec force messages et produits à destination d’une population nombreuse. Appât du gain chez les uns, soumission chez les autres – et pour finir une acculturation de plus en plus marquée.

Qui donc effectuera la plus belle courbette ? Depuis vendredi, début du ramadan, d’innombrables personnalités, associations, entreprises et autres entités françaises et occidentales ont salué le début de cette période clé du calendrier islamique.

Si Emmanuel Macron n’a pas communiqué à ce sujet, son ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a souhaité via son compte Twitter « à tous les musulmans de notre pays un bon Ramadan ». Samedi, il déplorait avoir reçu de nombreux commentaires « un tantinet racistes » de la part de gens qui lui reprochaient d’avoir ignoré des fêtes chrétiennes ou juives, ce qu’il conteste, expliquant preuves à l’appui qu’il n’avait oublié ni Noël, ni Pâques, ni Hanouka, ni Roch Hachana. S’il fallait faire une comparaison, le ramadan serait pourtant bien plus proche du carême, qu’a totalement ignoré Gérald Darmanin. L’ancien maire de la très islamique ville de Tourcoing a donc perdu une bonne occasion de se taire et a démontré sa soumission, clamant dans son message plaintif qu’il était « fier » d’avoir salué cet événement musulman.

Parmi les personnalités politiques de premier plan à avoir également « marqué le coup », notons les noms d’Anne Hidalgo et de Christian Estrosi. Nul doute que d’autres les rejoindront, car, pendant le mois du ramadan, nombreux sont en effet les élus à être conviés à une « rupture du jeûne » par les associations islamiques de leur localité. Le prochain mandat vaut bien un couscous. En 2017, Emmanuel Macron s’était prêté à ce petit jeu peu après son élection.

Le monde de la culture, dans ses composantes les plus variées, s’est lui aussi particulièrement illustré.

Sur les réseaux sociaux, le compte officiel du musée du Louvre a publié la photo d’une belle lampe ornée « au nom du sultan Muhammad ibn Qala’un », sous le hashtag #RamadanMubarak… Non sans citer, dans un second tweet, le texte du Coran calligraphié sur la lampe.

Les magasins Cultura, quant à eux, ont mis en avant une sélection de livres pour enfants expliquant les bases de l’islam. Pour les ouvrages sur le carême, voyez avec un vendeur, mais on ne vous promet rien.

La soumission à l’islam et à ses fêtes est bien souvent un moyen pour les individus ou les organismes de jouer la carte de l’antiracisme, quitte à en faire beaucoup trop. Ainsi, les musulmans ont eu droit sur Internet aux vœux de… Bob l’éponge, héros de dessin animé pour enfants !

Enfin, le monde du football s’est lui aussi beaucoup exprimé. Parfois par soumission, comme l’a fait le club « catholique » du Celtic, basé à Glasgow. Parfois parce que le grand remplacement est passé par là et a fourni pléthore de joueurs musulmans aux clubs européens, sans oublier l’influence immense des pays du Golfe sur ce sport. Comme tous les ans, le PSG a diffusé une vidéo dans laquelle ses joueurs souhaitent en langue arabe un bon ramadan aux musulmans tandis que les joueurs du club anglais de Manchester City ont été filmés en train de manger une chorba frik (plat typique du Maghreb).

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 5 avril 2022

Vote des étrangers : cette plate-forme qui viole notre loi

vote election

Alors que depuis des décennies les Français dans leur écrasante majorité se disent à juste titre totalement opposés à ce que l’Etat accorde le droit de vote aux étrangers occupant notre sol, certains de nos compatriotes n’ayant pas l’intention de s’exprimer et complètement dénués de scrupules n’hésitent pas à se rendre sur la plate-forme Internet Alter-votants pour offrir leur voix à un étranger ! Une pratique profondément scandaleuse qui constitue à la fois un acte de haute trahison envers le peuple français et un contournement manifeste de notre loi à des fins frauduleuses, mais à laquelle la Macronie, trop contente d’en profiter, n’a évidemment pas décidé de mettre fin.

Un acte de trahison envers le peuple français

Crée en 2017 par des partisans de l’immigration-invasion, cette plate-forme repose, hélas, sur un principe simple : il suffit de se rendre sur le site, de remplir un formulaire, et le lien s’établit immédiatement entre le citoyen français qui a le droit de vote mais ne souhaite pas l’exercer, et l’étranger qui – pour de bonnes raisons – ne l’a pas mais entend malgré tout imposer son point de vue aux millions de Français qui ont eu la générosité de l’accueillir sur leur sol. C’est ainsi que, faisant honteusement la promotion de cette plate-forme, France 24 incite quasiment nos compatriotes abstentionnistes à suivre l’exemple consternant d’Iona, jeune Française qui, estimant n’avoir « aucun mérite à avoir le droit de vote » ni « à être une citoyenne française », a accepté de voter à la place d’Amir, un Marocain vivant en France depuis dix ans et visiblement plus malin que sa complice. Complice qui, tout de même, prend la peine d’apporter cette précision de poids : « La seule condition pour moi était que le vote d’Amir ne soit pas en faveur d’un candidat qui avait trop de discours haineux »…

Imposer le droit de vote des étrangers dans le débat électoral

Reste que, en écoutant les fondateurs de ce site, passé les habituelles niaiseries et pleurnicheries d’usage sur la prétendue injustice dont seraient victimes « les-pauvres-étrangers-privés-de-leur-liberté-d’expression-en-France », on voit très vite poindre le véritable objectif de cette magouille, qui n’est autre que d’imposer dans le débat électoral la question, pourtant déjà tranchée à de multiples reprises par les Français dans les sondages, du droit de vote des étrangers dans notre pays. Ainsi, explique Thomas Berteigne, initiateur de ce projet qui contourne en toute impunité nos lois, « je pense que c’est en lien avec le fait qu’on parle beaucoup plus des étrangers depuis une décennie qu’avant, […] on les montre beaucoup plus comme un problème, et je pense que justement, ces personnes-là s’inscrivent pour montrer leur point de vue, comme quoi ils sont intégrés, comme quoi ils ont un avis ». Possible. Mais il existe aussi des dizaines de milliers de Français vivant à l’étranger qui aimeraient sans doute s’exprimer dans leurs pays d’accueil. Et dans leurs cas, jamais leurs hôtes n’ont imaginé un jour leur donner le donner le droit de vote !

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 4 avril 2022

Europe : la guerre en Ukraine rebat les cartes

europe ukraine

La guerre en Ukraine n’en finit plus de provoquer des remous militaires et géopolitiques en Europe. Après le réarmement de l’Allemagne annoncé fin février, la France s’interroge sur la qualité de ses services de renseignement, l’Angleterre tente de faire pression sur ses anciens alliés tandis que la Suède songe à adhérer à l’Otan, ce qu’elle refusait catégoriquement jusqu’à présent. L’Europe est sens dessus dessous !

Responsable du fiasco ? Bouc émissaire ? Toujours est-il que le général Eric Vidaud, patron de la direction du renseignement militaire français depuis sept mois, a été limogé par l’état-major. C’est une information révélée mercredi par « une source interne au ministère des Armées », qui précise également que sa hiérarchie pointait du doigt son « manque de maîtrise des sujets ».

Le renseignement militaire français, contrairement à celui des Etats-Unis, ne croyait pas à l’hypothèse d’une invasion russe de l’Ukraine.

L’on pourra toutefois noter que le chef des armées, un certain Emmanuel Macron, s’est lui aussi lourdement trompé en étant l’idiot utile de Vladimir Poutine. La démarche diplomatique du président français était par ailleurs peu sérieuse, celui-ci ne ratant jamais une occasion d’apporter son soutien à l’Ukraine entre deux échanges avec le président russe.

L’Angleterre, elle aussi, semble agacée de voir les événements lui échapper. Son ancienne colonie, l’Inde, n’a en effet pas embrassé la ligne occidentale, ne votant pas la résolution de l’ONU exigeant le retrait des forces russes de l’Ukraine et n’adoptant pas la moindre sanction économique à son encontre.

Jeudi, Liz Truss, ministre britannique des Affaires étrangères, a effectué le voyage à New Delhi afin d’encourager un rapprochement entre les deux pays, promettant que cela stimulerait la sécurité dans la région et créerait des emplois. Si l’Inde collabore avec la Russie, tout comme la Chine, elle demeure rivale de son géant voisin communiste et ne peut se permettre de couper les ponts avec ses potentiels alliés occidentaux. Liz Truss et le Royaume-Uni l’ont bien compris.

L’Europe du Nord, future zone conflictuelle ?

Magdalena Andersson, Premier ministre suédois (ou Première ministre ? Je ne sais plus ce qu’on doit dire en bon français !), a déclaré mercredi lors d’un entretien télévisé qu’elle n’excluait « en aucune façon » l’adhésion de son pays à l’Otan, ajoutant qu’elle souhaitait que soit faite « une analyse approfondie des possibilités » mais aussi une analyse « des menaces et des risques ».

L’élargissement de l’Otan est en effet ce que redoute le Kremlin, qui n’hésite pas à menacer les prétendants se trouvant à proximité de son territoire, comme il l’a fait dès la fin février avec la Finlande. Or, la Suède et la Russie partagent une frontière maritime en mer Baltique.

C’est un brusque revirement pour la Suède, sa dirigeante ayant assuré au début de l’assaut russe qu’il était « crucial » que la ligne de la Suède dans sa politique de sécurité reste inchangée. Elle ajoutait le 8 mars qu’un rapprochement avec l’Otan déstabiliserait potentiellement la sécurité de l’Europe du Nord.

Les dirigeants européens, confrontés à une situation inédite depuis plusieurs décennies, naviguent à vue.

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 1er avril 2022

McKinsey : le « Macrongate » du quinquennat ?

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Depuis plusieurs jours, la polémique sur McKinsey, ce cabinet qui a conseillé le gouvernement, est en train de gonfler, notamment à la suite d’un rapport du Sénat rendu public à la suite d’une commission d’enquête le 17 mars dernier. Les sénateurs ont révélé des politiques d’optimisation fiscale qui auraient même conduit ce cabinet de conseil à ne pas payer un seul euro d’impôt sur les sociétés pendant dix ans. Alors même qu’il effectuait des prestations pour l’Etat… Si McKinsey n’est pas le seul cabinet à avoir effectué des missions de conseil pour l’Etat – il est même derrière Capgemini et Eurogroupe –, il a cependant été associé à des dossiers sensibles, qu’il s’agisse du Covid, de la réforme des retraites ou des aides personnalisées au logement (APL), pour ne citer que ces exemples.

Si McKinsey prétend se limiter à un appui purement technique, le rapport du Sénat révèle néanmoins que son influence a été indéniable sur la décision publique, comme on l’a vu avec le choix de ne pas distribuer de gants pendant la crise sanitaire à la fin de l’année 2020. Ce qui laisse entendre que les politiques sont sous influence parce que les frontières entre « conseil » et « décision » deviennent en fait poreuses, comme l’a indiqué le rapport sénatorial. McKinsey a en effet joué un rôle important dans le Covid car on apprend, selon les termes du rapport sénatorial, que des « pans entiers de la gestion de crise (ont été) sous-traités à des cabinets ». McKinsey s’offre même la part du lion dans les dépenses de conseil avec 12,33 millions d’euros, arrivant ainsi en tête parmi les différents cabinets sollicités lors de cette crise épineuse…
Des consultants omnipotents

Même si ce recours à des cabinets de conseil ne date pas de la présidence actuelle et que ces derniers gravitaient déjà, par exemple, sous Sarkozy, ces pratiques démontrent un certain délitement dans l’exercice de la puissance publique. Ainsi, comment justifier que des notes administratives ont pu être rédigées par ces consultants sous le sceau de l’administration ? Ils ont bien agi comme des agents publics, alors que les vrais agents publics, eux, se sont sentis « infantilisés »… En outre, on apprend que certains responsables de McKinsey ont joué un rôle dans la campagne présidentielle de Macron en 2017. Certes, ils agissaient sur leur temps libre, mais la collusion reste suspecte. McKinsey a été sollicité par les pouvoirs publics moyennant des mécanismes souples au niveau des marchés publics qui dispensent nos administrations de recourir à des appels d’offres. Une confusion qui révèle donc la difficulté à démêler les politiques publiques des intérêts privés au point de rendre sceptiques les observateurs et les acteurs politiques. A dix jours du premier tour de la présidentielle, on est bien en présence d’une crise significative dans la gestion des deniers publics. Il y a cinq ans, les affaires Fillon avaient bousculé le déroulement de la présidentielle de 2017 en bouleversant les prévisions initiales. En sera-t-il de même ?

François Hoffman

Article paru dans Présent daté du 30 mars 2022