Élections régionales – Front républicain ? Même pas mort !

Front républicain

Il y aura bien sûr de nombreux enseignements à tirer des scrutins départementaux et régionaux des 20 et 27 juin 2021. Il y a amplement matière à réfléchir. Au sujet de la démocratie, en premier lieu. Que signifie un scrutin auquel participent moins de 35 % des inscrits ? Comment les élus le sont-ils ? Leur élection est-elle légitime ? Qui représentent-ils, sinon une minorité, de plus en plus ténue, dont la spécificité est de posséder, qu’ils soient de droite ou de gauche, les grands traits d’une idéologie en commun : le mode de vie et de pensée libéral-libertaire, une manière d’être au monde qui sévit principalement dans les métropoles. C’est un des enseignements de ces scrutins, en particulier des résultats des régionales.

Ainsi, le front républicain que l’on disait parfois mort et enterré n’est pas mort, le second tour des régionales et des municipales est venu le rappeler. De même qu’est rappelée la persistance du clivage droite-gauche qu’on croyait lui aussi enterré, du moins à l’échelle d’élections où chacun a essayé de donner des repères à ses électeurs. Une nécessité. LREM paie autant l’absence de repères clairs que son déficit d’implantation. La gauche, la droite et le front républicain, cela existe toujours. A droite, il y a ce que le Système appelle l’« extrême droite », essentiellement le Rassemblement national. Il y a aussi de fausses droites, telles que Les Républicains, dont l’immense majorité des élus et des responsables pensent à gauche, ayant entièrement intégré l’idéologie du progrès et les modes de pensée libéraux libertaires. C’est pour cela que des candidats LR, LREM, PS, EELV et même parfois LFI peuvent se retrouver à l’occasion d’un scrutin et appeler « solidairement » à battre l’« extrême droite », autrement dit le Rassemblement national.

Globalement, cela ne consiste plus en une fusion des listes. C’est plus sournois. Le front républicain passe soit par le retrait de listes, comme avec la liste PS en PACA, soit par un maintien ayant comme but de « battre le RN ». L’existence et même l’ancrage de ce front républicain, réflexe pavlovien de nombre d’électeurs, du moins parmi ceux qui n’ont pas encore compris que ces élections sont une farce, furent évidents en PACA. Dans cette région, la liste conduite par Renaud Muselier, destinée à « vaincre le RN », obtient 25 points de plus au deuxième tour.

C’est d’un état d’esprit qu’il s’agit, un état d’esprit du type « Mieux vaut n’importe quel libéral libertaire d’entre nous que le RN ! ». Cet état d’esprit s’est retrouvé dimanche dans les Pays de la Loire, dans le Grand Est, en Bourgogne-Franche-Comté, en Normandie, en Bretagne, en Nouvelle-Aquitaine, en Occitanie et dans les Hauts-de-France. Les principaux hommes politiques pourront dire ce qu’ils veulent, c’est ce « théâtre » – le mot est de Jospin – de la mise en scène anti-RN qui explique l’extraordinaire désaveu que les Français ont infligé à la classe politique et à cette « démocratie ». Les Français ne veulent plus être les dindons de la farce du front républicain, alors ils restent chez eux. Ils ont mieux à faire que de participer à des élections qui n’ont de libres que le nom.

Paul Vermeulen

Article paru dans Présent daté du 28 juin 2021

Élections régionales – AUCUNE RÉGION de se réjouir, par Francis Bergeron

élections échec

Sur fond de victoire de l’abstention, ce fut la victoire des sortants et l’échec symétrique du RN et de LREM, qui n’avaient pas de sortants.

Comme au premier tour, le taux d’abstention a démenti une fois de plus les pronostics. Les votants ont représenté environ 34,3 % des inscrits, soit une amélioration d’1 % par rapport au premier tour. En 2010, ils étaient 58,4 % à avoir voté et encore 51,1 % en 2015. A ce train-là, il n’y aura plus de votants du tout dans dix ans.

Les résultats de dimanche sont certes contestables et difficiles à interpréter, d’autant que l’organisation des élections a été très défaillante. L’abstention est-elle devenue la forme de vote des Gilets jaunes ? Beaucoup de commentateurs l’ont interprété ainsi, mais peut-on exclure l’idée que la crise du Covid ait bouleversé la hiérarchie des valeurs, renforcé l’individualisme au point que le primum vivere passe dorénavant avant tout, et que les aventures collectives – comme l’est l’aventure politique – ne tentent plus guère nos concitoyens ?

Mais une élection, c’est comme le bac : il y a des années où sa valeur est galvaudée et, sur le coup, chacun y va de sa critique sur la crédibilité du parchemin attribué ces années-là. Mais très vite on oublie qu’il y a eu des années où le bac a été donné. Le temps en efface la mémoire, et ce qui reste, c’est le bac réussi. Il en sera de même pour ces élections du 27 juin. Xavier Bertrand, dimanche soir, n’entendait pas que sa victoire dans les Hauts-de-France soit minimisée, d’autant que celle-ci doit constituer le tremplin de ses ambitions présidentielles.

Pour LREM c’est un désastre

L’abstention est la même pour tous : s’il y a des gagnants et des perdants, il faut bien tenir compte des résultats. Les gagnants sont donc les sortants ou leurs dauphins dans chacune des régions. Et comme ces douze régions ne comptaient que des sortants socialistes ou LR (ou proches), la coloration des douze régions reste strictement identique : cinq régions pour la gauche et sept pour la droite.

Pour LREM c’est un désastre : les listes macronistes n’auront pesé que 7 % au second tour. Certes, beaucoup d’élus de droite et de gauche sont macron-compatibles, mais le rêve d’une grande force centrale, qui aurait absorbé à la fois la mouvance socialiste et la mouvance ex-UMP, s’estompe.

Par ailleurs, un second mandat présidentiel pour Macron est une perspective qui a dorénavant du plomb dans l’aile, d’autant que ceux de ses ministres qui sont montés au front ont subi de cuisants revers.

Quant au RN, sa situation est difficile aussi. Dans sa courte intervention au siège du parti, dimanche soir, Marine Le Pen a « donné rendez-vous aux Français pour construire l’alternance dont la France a besoin ». Mais les Français seront-ils à ce rendez-vous ? L’abstention des 20 et 27 juin semble avoir pénalisé davantage le RN que les autres partis, quand on compare les résultats aux sondages, ce qui fait craindre une persistance du phénomène et, dans ces conditions, c’est la légitimité même de la candidature de Marine Le Pen à la présidentielle qui risque d’être remise en cause. Ce sera le problème du RN, lors du congrès de Perpignan, début juillet.

Le parti de Marine Le Pen a certes marqué quelques points à l’occasion de cette campagne : il a démontré sa capacité à mettre en place au niveau du pays tout entier une organisation à même de présenter des candidats pratiquement partout, dans toutes les régions, dans tous les cantons ou presque. Il a réussi à relancer la machine militante, une machine plutôt efficace sur le terrain, avec beaucoup de gens de qualité. Cette campagne a d’ailleurs fait émerger des talents nouveaux comme Aleksandar Nikolic en Centre-Val de Loire ou Edwige Diaz en Nouvelle-Aquitaine.

Bertrand préfère les communistes aux identitaires

Mais ne nous voilons pas la face : au-delà de la démoralisation et de la démobilisation bien légitimes, les effets négatifs de cette défaite électorale font émerger plusieurs problèmes : la stratégie de la dédiabolisation a échoué, puisque le front républicain s’est reconstitué partout où le RN risquait de l’emporter. Et ce front républicain, pour moins spectaculaire qu’il ait été, est désormais enraciné dans la culture de la droite dite de gouvernement. Les propos extrémistes de Xavier Bertrand, comme ceux de Darmanin ou de Dupond-Moretti, ont montré la détermination du « camp du bien » à ne jamais « pactiser » avec le RN. Quand Bertrand explique qu’il préfère les « communistes » aux « identitaires », quand il refuse de parler du RN mais martèle le sigle FN, il y a la volonté d’ancrer toujours plus le principe d’une exclusion à jamais du RN du jeu politique.

La défaite va faire naître d’autres difficultés pour le parti de Marine Le Pen : des tensions sur son flanc droit, susceptibles d’encourager les ambitions d’Eric Zemmour, par exemple. Un nombre plus réduit qu’en 2015 d’élus, ce qui va compliquer la chasse aux 500 signatures, un peu comme en 2012. Mais surtout c’est la dynamique de la campagne présidentielle qui est affectée, à dix mois exactement de l’échéance.

Les délais sont courts pour renverser la tendance, et plus courts encore pour démontrer aux Français que le RN est capable de constituer, au printemps prochain, une majorité nouvelle, dans un système d’alliances politiques portant un projet de société global. C’est un pari difficile, peut-être pas impossible, mais qui va nécessiter de l’élasticité et un grand sens du dialogue avec toutes les parties prenantes de la droite nationale, au-delà des fâcheries d’hier. Jordan Bardella disait que la politique est une école d’humilité. C’est plus que jamais le moment de mettre en pratique cette vertu d’humilité.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 28 juin 2021

Projet de loi bioéthique : l’ultime combat du Sénat

loi bioéthique

Ce devait être la nouvelle lecture du projet de loi bioéthique au Sénat. Mais en raison du détricotage certain de leur texte par l’Assemblée nationale, les sénateurs ont préféré rejeter le texte modifié par les députés qui avaient notamment réintroduit l’accès de la PMA aux femmes et aux couples de femmes. En effet, les élus de la haute assemblée ont adopté une question préalable. Cette procédure permet de ne pas engager la discussion d’un texte en raison de circonstances qui empêchent toute délibération quant au fond.

Systématiquement, l’Assemblée nationale est revenue sur les suppressions du Sénat : en juillet 2020, puis au début de ce mois. Au bout de deux lectures successives, il y avait peu de chance de voir une Assemblée nationale dominée par les « marcheurs » confirmer les suppressions du Sénat : elle dispose du dernier mot en cas de désaccord, conformément à la logique du bicamérisme inégalitaire qui donne l’avantage aux députés en cas de divergence persistante entre les deux assemblées. Il est intéressant de constater que la crise de la Covid n’a nullement conduit les députés à s’interroger sur la pertinence des choix « sociétaux » du macronisme. L’impréparation de notre système de santé à une pandémie devait être l’occasion de souligner les vrais problèmes…

Par 191 voix pour, 61 contre et 91 abstentions, les sénateurs ont donc adopté la question préalable présentée par la sénatrice Muriel Jourda (LR), qui était montée au créneau lors des lectures successives contre les mesures de l’Assemblée nationale. Elle a vivement regretté des débats « parasités par des mélanges des genres ». La sénatrice met en effet en cause la confusion entre des dispositions « qui relèvent de la bioéthique et d’autres dispositions qui sont sociétales ». Car Olivier Véran, le ministre de la Santé, claironnait le 7 juin dernier sur la possibilité pour les couples de femmes de « s’inscrire dans des parcours PMA dès la rentrée »… La motion demandant l’adoption de la question préalable fait donc état de vives divergences entre les députés et les sénateurs sur ce « choix de société » qu’est l’extension de l’accès à la PMA. En effet, les députés n’ont nullement pris en compte l’une de ces « modalités proposées par le Sénat » : le « maintien du critère d’infertilité pour les couples hétérosexuels », ouvrant les portes au droit à l’enfant…

Mais les divergences apparaissent à l’égard d’autres mesures. Curieusement, les députés ont rejeté un dispositif pourtant introduit par un sénateur socialiste, Bernard Jomier, qui excluait du don d’organes les majeurs protégés en raison de leur incapacité à exprimer un consentement. L’Assemblée est revenue sur cette interdiction. Drôle de conception qui fait de certaines personnes des banques d’organes tenues de créditer à tout prix les désirs de certains clients… Sauf rebondissement, c’est une conception de plus en plus consumériste et individualiste de la bioéthique qui sera entérinée le 29 juin prochain par les députés.

François Hoffman

Article paru dans Présent daté du 25 juin 2021

Régionales 2021 – Quitte ou double, par Francis Bergeron

vote élections

Tous les regards sont tournés vers la région PACA, parce que les chances du RN y sont les plus fortes. Et parce que la victoire ou la défaite de Thierry Mariani pèsera très lourd pour la suite, c’est-à-dire pour la présidentielle, dont les dates sont désormais connues : dans dix mois, les 10 et 24 avril 2022. De ce fait, l’élection de dimanche en PACA prend une allure de quitte ou double. En tout état de cause, aucune voix ne doit manquer à Thierry Mariani, même si l’abstention est prônée au nom d’on ne sait quelle mirifique martingale politique.

Les absents des urnes ont toujours tort. Voyez d’ailleurs comme, une fois toutes les analyses, tous les commentaires faits, on oublie qu’un Français sur trois seulement s’est exprimé, et que les votes qui se sont portés sur les candidats de l’Elysée n’ont représenté que 3 % des inscrits. Déjà, les politologues spéculent sur les scores attendus dans les régions et dans les départements. La fusion des trois gauches, en Ile-de-France, redonne par exemple une bouffée d’espérance à l’extrême gauche, inquiète Pécresse, et réjouit en secret Bertrand. Ailleurs, les sortants semblent devoir l’emporter, car on ne voit pas quel sursaut électoral pourrait suffisamment réveiller les abstentionnistes du 20 juin.

Dans Présent du jeudi 17 juin, Alain Sanders, dans l’un de ses fameux « coups de gueule » dont il a le secret, qui réjouissent ou agacent les lecteurs mais auxquels ils ne sont jamais indifférents, tacle Eric Zemmour qu’il traite de « coucou ». « Marine Le Pen est la candidate naturelle d’une droite populaire et de conviction », conclut-il.

Pourtant, dans Présent du jeudi 24 juin, Etienne Defay analyse les médiocres résultats de dimanche comme la conséquence d’une sous-estimation par les dirigeants du RN de leur électorat historique. Ils auraient braconné trop tôt en dehors de leurs terres, Eric Zemmour représentant une sensibilité plus en adéquation avec celle de la droite nationale : « Les conseillers de Marine Le Pen ont oublié le caractère contestataire du vote RN, ce vote du ras-le-bol et de la tentation de la table rase. » Peut-être. Encore que les explications de type sociologique soient plus crédibles que celles sur le positionnement et les discours du RN. Notre collaborateur y voit une opportunité pour la candidature Zemmour, dont la rumeur gagne du terrain. Cette hypothèse est en effet de plus en plus souvent évoquée, et lui-même, sur CNews, lundi, a semblé avancer ses pions, par sa critique sans concession de la campagne de Marine Le Pen.

« Dédiabolisation rime avec démotivation »

Polémia, le think tank (c’est-à-dire en bon français : réservoir à idées) de Jean-Yves Le Gallou, vient en renfort du journaliste de CNews. Mercredi, Polémia publiait une analyse détaillée du scrutin et, faisant allusion à la stratégie de normalisation du RN, il concluait par cette formule : « Dédiabolisation rime décidément de plus en plus avec démotivation. » Mais Pierre Boisguilbert, l’auteur de l’article, rappelle que « Marine reste cependant pour le moment incontournable. […] il ne s’agit pas encore d’un naufrage mais d’une avarie avec de sérieux dégâts. Il faut changer de cap et mettre à la barre ceux qui avaient indiqué les récifs ».

La critique de l’AGRIF (association créée par Bernard Antony, l’un des cinq fondateurs de Présent) est autrement plus radicale, et quelque peu désespérante : « Globalement, les électeurs de la droite de conviction n’ont pas eu une offre répondant à leurs aspirations essentielles […]. Les professions de foi du RN étaient d’une désolante médiocrité, somme toute semblables à celles des UMP ou RPR de jadis : rien sur la défense de la vie, et nullité totale sur la question de l’islam […]. Le RN de Marine Le Pen semble n’être pas prêt à incarner les valeurs fondamentales nécessaires pour que survive la France… »

Le congrès du RN des 3 et 4 juillet à Perpignan résonnera sans doute de débats sur les heurs et malheurs de la dédiabolisation. D’autant que celle-ci ne semble pas spécialement au rendez-vous, à entendre par exemple Xavier Bertrand qui, depuis dimanche, se vante d’avoir terrassé le dragon.

Mais, ni au RN ni dans ses marges, ni au sein de la droite de conviction, le temps n’est à ce type de spéculations alors que le second tour est imminent. Pour l’heure, on ne peut que noter que c’est le RN qui, le 20 juin, a seul été en mesure de présenter des listes dans toutes les régions, et des binômes de candidats dans la très grande majorité des cantons. Ce sera grâce à lui si, dimanche, le « front républicain » Muselier-Estrosi-Castaner, auquel Bernard Tapie vient d’apporter son éminent appui, est battu. Grâce au talent, aussi, de Thierry Mariani et de son équipe, bien entendu.

La qualité des militants

Marion Maréchal, qui était invitée cette semaine par Martial Bild à « Bistro Libertés », l’émission phare de TV Libertés, faisait remarquer qu’elle connaissait la qualité des candidats de la liste RN en PACA puisque beaucoup d’entre eux figuraient déjà sur sa propre liste, en 2015. Un autre sociétaire de TV Libertés, Pierre Gentillet, qui a travaillé avec Mariani, confirme les talents de ce candidat et considère, lui aussi, que Muselier et Mariani, ce n’est pas bonnet blanc et blanc bonnet, tant s’en faut.

Pour avoir été candidat dimanche aux élections cantonales et régionales en région Centre-Val de Loire, certes sous l’étiquette du CNIP mais dans le cadre de la liste conduite par le RN Aleksandar Nikolic, j’ai pu personnellement constater la qualité des militants. Leur dévouement, leur compétence, leur désintéressement n’ont rien à envier à ceux des débuts du Front national. Je n’avais pas participé à une compétition électorale depuis 40 ans mais, sur l’essentiel des points évoqués tant par Polémia que par l’Agrif, ces candidats – et futurs élus, pour certains d’entre eux – partagent peu ou prou les convictions des rédacteurs et des lecteurs de Présent.

Il est parfaitement normal que le RN, lors de son congrès de juillet, s’interroge sur sa stratégie passée et apporte des réponses à ceux qui s’interrogent. Il est souhaitable que ce parti renforce les marqueurs de son identité propre, et que soient débattus une communication et un programme parfois en effet très édulcorés… Et en pure perte, si l’on en juge les « fronts républicains » reconstitués un peu partout, à l’identique ou presque de 2015.

Mais attendons dimanche soir, attendons que les dés aient fini de rouler. Et au-delà des programmes et de la communication, la seule hypothèse d’une défaite du « front républicain » devrait constituer un stimulus suffisant pour que la droite de conviction ne baisse pas les bras et aille voter.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 24 juin 2021

« Migrants » en Italie – Retour à la case départ

« Variant Delta sur dix immigrants arrivés à Lampedusa : c’est très grave, surtout si l’on pense que, en moins d’une semaine, 2 500 ont débarqué. Depuis le début de l’année, nous comptons 17 698 arrivées d’immigrants, contre 5 637 il y a un an et 2 154 en 2019. Je compte avoir bientôt une réunion à ce sujet avec le premier ministre Draghi, cet été l’Italie a besoin de touristes qui paient, pas de bateaux de migrants. » Telle a été la réaction du chef de la Ligue Matteo Salvini il y a une semaine après l’annonce de la présence du variant Delta du coronavirus chinois chez dix « migrants » fraîchement débarqués.

Le nombre d’arrivées continue d’augmenter malgré les voyages du Premier ministre et de son ministre de l’Intérieur Luciana Lamorgese en Libye et en Tunisie en avril et en mai dernier, justement pour discuter, entre autres choses, de la façon de freiner les départs depuis les côtes de ces deux pays. Résultat : l’île de Lampedusa est à nouveau submergée alors qu’il n’y a plus de place sur les navires réquisitionnés pour la mise en quarantaine des nouveaux arrivants. Ils sont actuellement quelque 1 400 dans le centre d’accueil de l’île prévu pour un maximum de 200 personnes. Autant dire que les conditions sanitaires liées à l’épidémie de Covid-19 ne peuvent pas y être respectées. Le maire de Lampedusa, Totò Martello, demande à ce sujet une rencontre urgente avec Mario Draghi. « La météo estivale favorable encourage les migrants à s’embarquer pour ce dangereux voyage vers Lampedusa et l’Europe », a-t-il déclaré dans un entretien pour Arab News, « il arrive presque un bateau par heure et la situation va en empirant. »

Le 17 juin, un navire affrété par l’ONG franco-suisse Médecins sans frontières (MSF) est arrivé avec 410 immigrants illégaux à son bord dans le port sicilien d’Augusta. MSF participait auparavant aux missions de l’Ocean Viking de l’ONG française SOS Méditerranée mais a désormais son propre bateau pour faire la navette entre la Libye et l’Italie.

Toutes ces ONG immigrationnistes ne peuvent qu’être encouragées à intensifier leur action après la décision prise ce mois-ci par le tribunal de Raguse, également en Sicile, d’annuler l’amende et la confiscation du navire Eleonore de l’ONG allemande Mission Lifeline. La sanction avait frappé cette ONG en septembre 2019 en vertu des lois « décrets sécurité » voulues par Matteo Salvini. Même si Salvini lui-même n’était plus au gouvernement à ce moment-là, ces lois s’appliquaient encore et, en janvier 2020, la préfecture de Raguse avait infligé à l’homme d’affaires allemand Claus-Peter Reisch, propriétaire de l’Eleonore, une amende de 300 000 euros. Seulement, en octobre 2020, une nouvelle loi est entrée en vigueur sous le deuxième gouvernement Conte, et la justice italienne considère aujourd’hui que ses dispositions plus favorables aux contrevenants doivent s’appliquer de manière rétroactive. Les ONG savent donc désormais qu’elles ne risquent plus grand-chose en Italie.

C’est sans doute aussi pour cela qu’une majorité des 27 refuse obstinément tout plan européen de relocalisations obligatoires. Ainsi, au Conseil européen des 24 et 25 juin, il devrait uniquement être question d’un plan de l’UE pour freiner les départs au moyen de l’aide au développement, avec huit milliards d’euros prévus à cet effet. Rien de bien original, et ce plan n’aura comme d’habitude aucune efficacité puisque l’UE se refuse toujours à sanctionner financièrement et commercialement les pays d’origine qui refusent de reprendre leurs ressortissants.

En attendant, les « migrants » s’entassent donc à nouveau côté italien à Vintimille, à proximité de la frontière française.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 22 juin 2021

Abstention, piège à cons – Les 2/3 des électeurs se sont abstenus, par Francis Bergeron

Abstention

Il y a six ans, tous les records d’abstention avaient été battus lors de ces régionales-là. Seulement 43 % des Français avaient voté. Cette fois un nouveau record a été battu dans ce domaine, ce qui paraissait absolument inconcevable. Inconcevable car les restrictions à la circulation avaient été levées, et la peur de la contagion semblait s’atténuer. Inconcevable car le consensus politico-médiatique battait tambour pour une mobilisation destinée à faire barrage au Rassemblement national.

Or, non seulement l’abstention a été considérable, mais elle l’a été dans des proportions inédites, qui enlèvent au passage énormément de crédibilité à ce scrutin : 12,2 % seulement de participation à la mi-journée, 27 % à 17 heures et les chiffres finaux de votants la situaient à un niveau de l’ordre de 33,9 %.

Encore faut-il se souvenir qu’il y a un écart entre la participation et les suffrages exprimés. Cet écart est habituellement de l’ordre de 2 %. Il est possible qu’il soit nettement supérieur, cette année : pour avoir assisté au dépouillement dans ma commune, je peux témoigner que le nombre de bulletins nuls était particulièrement important, phénomène sans doute accentué par les dispositions des deux bureaux de vote, qui étaient installés dans une sorte de labyrinthe : d’où des votes pour les régionales trouvés dans l’urne des départementales, et vice-versa, mais aussi des noms barrés, des panachages non admis, des enveloppes contenant à la fois le bulletin de vote pour les départementales et pour les régionales.

Néanmoins le problème était le même pour toutes les listes. Et, même si cette élection n’aura mobilisé qu’un électeur sur trois, seul le résultat compte. La gestion des régions et des départements sera confiée à ceux qui auront été élus dimanche prochain, le résultat du 20 juin donnant dorénavant une idée assez précise de leur identité, à une ou deux régions près.

Selon les instituts de sondages, et au vu du résultat final, c’est dans l’électorat du RN que l’abstention a été la plus forte (71 %). On sait depuis longtemps – depuis plusieurs dizaines d’années, en fait – que plus la mobilisation électorale est forte, plus le score du RN est élevé. C’est la présidentielle qui mobilise le plus grand nombre d’électeurs, du fait de la personnalisation du scrutin. Ce qui explique le score inattendu de Jean-Marie Le Pen, en 2002, et la présence de Marine Le Pen au second tour de 2017.

Neuf raisons qui expliquent l’abstention

Mais cette abstention record est aussi le fruit d’une habile stratégie gouvernementale. A partir du moment où LREM a compris qu’il ne pourrait percer en tant que pôle de centre gauche aux régionales (comme aux départementales, d’ailleurs), tout a été fait pour favoriser l’abstention. Cette prise de conscience de LREM, et la mise en place des instruments de cette stratégie datent en fait des élections municipales. Il y a juste un an, le parti présidentiel avait subi une déroute. Or, les régionales et plus encore les départementales obéissent aux mêmes ressorts.

– Marine Le Pen avait fait remarquer à juste titre que c’est la première fois qu’un gouvernement ne consacrait pas de moyens de communication institutionnels pour rappeler aux Français l’importance et à la nécessité du vote. Ce silence était déjà un indice de cette stratégie.
– L’instrumentalisation de la crise sanitaire a permis également de conduire les Français jusqu’aux limites extrêmes d’un confinement et d’un couvre-feu destinés à maintenir leur sujétion mentale. On l’avait constaté lors des municipales. Nous en avons eu la confirmation dimanche.
– Cette parenthèse sanitaire a permis d’éliminer la notion même de campagne électorale. Dîners-débats, rassemblements de masse, fêtes champêtres, tout cela a été interdit de fait ou en droit, sans qu’il soit d’ailleurs facile de savoir, à chaque stade du déconfinement, ce qui était permis et ce qui restait interdit.
– En créant des passerelles avec LR d’un côté, avec le PS de l’autre, les macronistes ont brouillé les cartes du paysage politique. L’abstention pourrait bien correspondre aussi à une sorte de demande de clarification politique. C’est un refuge commode quand les repères disparaissent.
– A quoi bon voter, ont pensé les électeurs, en découvrant qu’avant même le premier tour les appareils de partis avaient déjà décidé de la suite, comme on l’a vu en Bretagne avec l’intervention de Le Drian et en PACA avec celle de Castex.
– Rendons aussi hommage au gouvernement pour le choix de la date de ces élections : elles étaient prévues en mars. Les reporter aux 20 et 27 juin a permis de les noyer dans un contexte de fête de la musique, de matchs de football Euro 2020, de liberté retrouvée au regard des restrictions sanitaires. Ce changement de contexte, d’ambiance, a largement contribué à la démobilisation des esprits.
– Qui plus est, l’échelon régional est une aberration qui n’incite pas au vote car il ne correspond à aucun sentiment identitaire, aucune réalité humaine ou historique. C’est un découpage arbitraire, prétendument équilibré. Le sénateur Masson en avait fait son cheval de bataille, pour le Grand Est, et il avait raison. Il n’était pas dans l’intérêt de Macron de réformer ce dispositif aberrant, dans la mesure où il était perçu comme un facteur d’abstention.
– La complexité de ces deux élections jumelées a contribué à décourager les électeurs, d’autant que personne n’est capable d’expliquer spontanément comment s’opère habituellement cette division du travail entre département et région.
– Qui plus est, ce double scrutin a été à l’origine de graves incidents de fonctionnement : bureaux de vote sans président, sans assesseurs, n’ayant pas respecté les heures d’ouverture légale, etc. Ne sommes-nous pas arrivés à la fin d’un système ?

Ne serait-il pas temps d’instaurer le vote électronique, des systèmes de collecte de l’opinion de nos concitoyens par des moyens moins archaïques ? Cela se fait déjà pour les élections professionnelles. Et nous payons déjà nos impôts en ligne, faute de choix. Notons d’ailleurs que nous sommes abreuvés de sondages, sollicités par des pétitions en ligne, accros aux services qu’offre notre smartphone, mais que le vote physique perd constamment du terrain.

Si les représentants des régions et des départements sont choisis par un tiers seulement des Français, que dire de ces représentants syndicaux élus par 5 % des salariés dans les TPE, ou de ces assemblées générales d’universités ou 40 militants décidés, intouchables, impunis, peuvent paralyser une université de 40 000 étudiants, comme on l’a vu à Montpellier (et ailleurs) en 2018 ?

Un observateur venu d’une autre galaxie en tirerait la conclusion que le système démocratique n’a plus d’avenir dans notre pays.

Mais ce serait un sacrilège. Ça ne marche plus, certes, mais qui prendrait le risque politique de dire que le roi est nu ?

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 21 juin 2021

La Hongrie interdit la propagande LGBT à destination des mineurs

propagande LGBT

« Interdire de “promouvoir” l’homosexualité, comme si c’était une maladie, une menace, une idéologie… C’est dans l’UE aujourd’hui. Cette stigmatisation est une discrimination contraire aux valeurs qui nous lient, inscrites dans nos traités. » Voilà ce qu’écrivait à propos de la Hongrie le 15 juin, sur son compte Twitter officiel, Clément Beaune, le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes du gouvernement Castex qui, en décembre dernier dans un entretien pour Têtu, avait dévoilé son homosexualité en annonçant son intention de s’engager dans la bataille pour les « droits LGBT » au niveau européen.

Je lui ai demandé le 16 juin, toujours sur Twitter : « L’homosexualité et sa promotion auprès des mineurs sont une valeur inscrite dans les traités européens ? Pouvez-vous nous dire à quel paragraphe, @Cbeaune ? » J’attends toujours sa réponse. D’autres journalistes, tel Patrick Edery du site Tysol.fr, lui ont posé la même question, mais, du côté de notre diffuseur gouvernemental patenté de « fake news », c’est silence radio.

Ce que critiquait de cette manière le secrétaire d’Etat français, en le faisant au nom de la France puisqu’il utilise son compte officiel, c’est la loi votée cette semaine au parlement hongrois pour lutter contre la pédophilie et pour protéger les enfants tout en préservant les droits des parents à décider de leur éducation. La promotion des modes de vie LGBT et des pratiques de « changement de sexe » sera désormais interdite dans les écoles hongroises et sur les supports à destination des mineurs, et les ONG qui voudront informer les mineurs sur ces sujets devront avoir fait l’objet d’un enregistrement préalable auprès des autorités.

En décembre, l’Assemblée nationale hongroise adoptait déjà un amendement à sa constitution pour protéger le droit des enfants à être identifiés à leur sexe biologique. Autrement dit, il n’est pas possible en Hongrie d’identifier un mineur sur ses papiers ou à l’état civil autrement que par son véritable sexe.

« Lorsqu’il s’agit de protéger nos enfants, il n’y a aucun doute : Nous avons une tolérance zéro pour les pédophiles et nous insistons également sur le fait que l’éducation des enfants en matière d’orientation sexuelle doit être protégée en tant que droit exclusif des parents », écrivait le 16 juin Zoltán Kovács, le porte-parole à l’international du gouvernement hongrois, en réponse aux critiques fusant des capitales européennes.

« Cette loi est contraire à tout ce que nous considérons comme nos valeurs européennes communes », avait ainsi assuré le ministre allemand des Affaires européennes, Michael Roth (SPD), qui est lui-même « marié » à un autre homme.

Face aux menaces de sanctions financières exprimées notamment par Helena Dalli, commissaire européenne à l’Egalité et travailliste maltaise connue pour son combat en faveur des revendications du lobby LGBT et de l’imposition de l’idéologie du genre, y compris dans son propre pays, le premier ministre hongrois Viktor Orbán a sagement fait remarquer dans un entretien publié le 18 juin par l’hebdomadaire croate Glas Koncila : « Nous payons un prix élevé pour la défense du modèle familial chrétien et pour le fait qu’ici, il n’y a pas de place pour la folie LGBT […]. Si nous ne payions pas ce prix et ne défendions pas nos intérêts, nous aurions peut-être une vie plus confortable, mais au final nous perdrions beaucoup plus. »

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 18 juin 2021

L’État galère – La justice s’acharne sur les patriotes

répression patriotes

« Incitation à la haine », délit d’autodéfense. Pendant que des peines de prison sont requises contre deux anciens porte-parole de Génération identitaire, un militant angevin de L’Alvarium est condamné à 10 mois ferme (avec mandat de dépôt) pour avoir résisté à une attaque des antifas contre leur local associatif. L’embastillement des opposants : dernier recours d’un régime aux abois.

Quatre mois de prison avec sursis ont ainsi été requis, mercredi 16 juin, contre ces deux militants. L’ancien porte-parole est poursuivi pour « provocation à la haine raciale » tandis que Jérémie Piano doit répondre de l’accusation d’« injures publiques ». Le procureur de la République de Saint-Gaudens, Christophe Amunzateguy, a également réclamé 4 000 euros d’amende pour chacun. La décision a été mise en délibéré au 9 septembre.

Cette mise en accusation fait suite à la mise en ligne de vidéos sur YouTube à l’occasion de l’opération de sécurisation des frontières face à l’afflux de migrants clandestins organisée le 19 janvier au col du Portillon, à la frontière entre la France et l’Espagne. Vouloir protéger les frontières du pays est donc un crime apparemment inexpiable pour l’Etat français.

Argutie

Le procureur reproche à l’ancien porte-parole de GI, étudiante de 21 ans, d’avoir « stigmatisé » les migrants en affirmant qu’il était « scandaleux qu’un migrant puisse traverser la frontière ». Des propos qui, selon lui, caractérisent « ce passage de la frontière comme un danger, c’est une spéculation sur la notion de danger alors que rien n’est argumenté ». On reste ébahi devant une telle argutie et la disproportion de la peine réclamée pour punir ce terrible forfait.

Pour Jérémie Piano, le procureur a dénoncé « un appel à la révolte » et « la construction d’un discours stigmatisant », le jeune homme évoquant « une invasion migratoire », « des milliers de clandestins déjà en France » dont « probablement des voleurs, des violeurs et des terroristes en puissance ». Rappelons que ces propos faisaient suite au massacre de la basilique Notre-Dame-de-l’Assomption à Nice, commis par un terroriste islamiste ayant profité d’une filière d’immigration.

D’évidence cette nouvelle procédure judiciaire a tout du procès politique visant à criminaliser le moindre discours anti-immigration et à intimider les patriotes qui voudraient s’engager pour la protection de leur identité et de leur pays.

Par ailleurs, à la suite à ce procès, Thaïs d’Escufon a été remerciée par son employeur à temps partiel, le candidat RN Sébastien Chenu, celui-ci affirmant qu’il « n’avait pas connaissance des engagements de son employée », engagements qui ne sont donc apparemment pas les siens. On pourra bien sûr être surpris, voire choqué, par cette décision qui ne révèle pas un très grand courage face aux oukases du système. D’autant plus que l’on apprenait dans le même temps la condamnation à dix mois de prison, avec mandat de dépôt, d’un militant de l’association patriote angevine L’Alvarium, coupable d’avoir défendu le local du mouvement face à des antifas venus le détériorer.

Face à un tel niveau de persécutions, la solidarité des nationaux ne devrait pas être une option mais bel et bien une nécessité vitale.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 17 juin 2021

Ni tofu, ni burger – Au bal des trois grandes puissances, la France doit-elle vraiment s’inviter ?

Etats-Unis Chine

Le sommet de l’OTAN s’est terminé lundi 14 juin 2021. A son issue, l’OTAN a publié un communiqué pour le moins provocateur à l’égard de la Chine. Cette volonté de gonfler le torse et les muscles devant les Chinois à l’approche du centenaire du parti communiste et alors que les tensions se multiplient en mer de Chine méridionale, marquées par des survols de chasseurs chinois et américains ou une forte présence de navires de guerre de différents pays, est un effet d’optique. En réalité, ce sont les seuls Etats-Unis qui veulent ainsi affirmer leur puissance. Biden l’avait rappelé peu de temps après son élection, expliquant que le temps de l’affirmation de la puissance américaine dans le monde était de retour. Le communiqué vise ainsi avant tout à réaffirmer cette puissance face à la Chine, tout en impliquant les alliés des Etats-Unis, et singulièrement une Union européenne amenée à faire profil bas et à accepter de suivre la politique atlantiste. Les observateurs qui donnaient un prix Nobel de la paix à Obama, avant de constater qu’il ne mit pas un terme à l’interventionnisme guerrier des Etats-Unis, ou annonçait que le monde ne pourrait pas échapper à une troisième guerre mondiale à cause de Trump sont sans aucun doute bien marris. Les démocrates n’ont pas l’intention de tergiverser concernant le rôle de leadership qu’ils entendent exercer sur le monde, ce que Biden rappelait aussi peu après son élection.

Sans cette toile de fond, il est difficile de comprendre le communiqué d’une OTAN qui était un peu sorti des radars. Bien sûr, l’Union européenne est membre de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord par le biais de divers pays, dont la France et l’Allemagne, mais dans le jeu géopolitique de la course à la puissance, celle qui est ancrée dans les enjeux d’aujourd’hui mais prépare ceux de demain, elle est surtout rattrapée par le réel : il n’y a que trois adversaires autour de la table, et ce sont les Etats-Unis, la Russie et la Chine. C’est aussi pourquoi les Etats-Unis font les gros yeux à une Chine et une Russie en phase de rapprochement.

La teneur du communiqué ne mâche pas ses mots. L’OTAN considère que la Chine représente dorénavant « un défi systémique » pour la stabilité du monde. Un milliard cinq cents millions d’êtres humains apprécieront une expression que l’on imagine tout droit venue des dossiers de Joe Biden. Ce qui inquiète l’OTAN ? Que la Chine développe rapidement son arsenal nucléaire (plus que les autres ?) et qu’elle « coopère militairement avec la Russie, en participant aux exercices russes dans la zone euro-atlantique » (plus que la France avec les Etats-Unis, au même endroit ?). La réaction de Pékin ne s’est pas fait attendre. La Chine accuse l’OTAN, et surtout les Etats-Unis, de s’engager de nouveau dans une logique de blocs, sans doute bien dangereuse pour la sécurité du monde.

L’Union européenne et en particulier la France ont-elles intérêt à être assujetties à la Chine ou aux Etats-Unis ? Aucun des deux, mon capitaine ! La France n’a qu’un seul intérêt véritable, le sien propre, pour paraphraser Carl Schmitt.

Pierre Xu

Article paru dans Présent daté du 16 juin 2021

Reportage : 12e cérémonie des Bobards d’Or

Bobards d’Or

Il fait très beau en ce lundi 14 juin et les personnes qui patientent pour entrer dans le théâtre du Gymnase ont le sourire. Comme chaque année, rendez-vous était donné par la Fondation Polémia pour dénoncer les mensonges et manipulations médiatiques. Pour cette douzième édition des Bobards d’Or, le théâtre est moins rempli qu’à l’accoutumée du fait du contexte sanitaire qui a imposé une jauge réduite pour la salle.

La cérémonie est présentée par un tandem : Philippe Christèle de la fondation Polémia, et Paul Eparvier qui œuvre de son côté à la réinformation. En l’absence de jury cette année, c’est la doublette de présentateurs qui se charge de présenter les falsifications médiatiques.

Trois thèmes de bobards sont présentés cette année. Le premier concerne les élections américaines, le deuxième aborde le Covid-19 et le dernier la couverture médiatique de la mort de George Floyd. Pour chaque thème, le public doit choisir entre trois candidats. Comme à l’accoutumée, le vote se fait grâce à des cartons de couleurs.

Le premier vote du public distingue le traitement médiatique des élections américaines. Doit-on rappeler que l’ensemble des médias français (et internationaux) ont martelé que les accusations républicaines de manipulation de l’information étaient fantaisistes. Pourtant, le 4 février, le Time publiait un article qui présentait le plan des démocrates pour ravir la Maison-Blanche, un plan qui ressemblait à une belle manipulation électorale coordonnée…

Cette cérémonie est également l’occasion de pointer du doigt les récidivistes du mensonge médiatique.

Sylvain Boulouque, déjà distingué l’an passé, se retrouve à nouveau sous les feux des projecteurs bobardiens. Sur TF1, il avait accusé à tort un proche de Dieudonné d’avoir agressé Alain Finkielkraut. L’AFP, régulièrement pointée pour ses erreurs et distinguée en 2019 pour l’ensemble de son œuvre, est, elle aussi, encore une fois mise en avant pour de nouvelles fausses nouvelles.

Le deuxième prix, « Bobid-19 » (contraction de Bobard et Covid), distingue là aussi l’ensemble des médias français, et plus particulièrement les journaux télévisés de 20 heures de TF1 et France 2.

La dernière catégorie est le « Bobards Live Matter ». L’ensemble des médias est pointé du doigt encore une fois. Ici, c’est l’émotion qui est utilisée à des fins de désinformation, bien que l’existence d’un « racisme systémique » vendu par la presse française ne tienne pas face aux faits, têtus eux ! C’est d’ailleurs cette catégorie qui sera distinguée comme Bobard d’Or.

C’est ensuite Thaïs d’Escufon, ancien porte-parole de Génération identitaire, qui prend la parole pour présenter ses projets et affirmer avec force que la dissolution de son mouvement ne l’empêchera pas de continuer son combat.

Enfin, Jean-Yves Le Gallou conclut la cérémonie en soulignant la « pesanteur » des actualités mise en avant par rapport aux éditions précédentes de la cérémonie, preuve d’un renforcement de la « tyrannie médiatique » et des offensives antinationales et anti-identitaires.

Cette douzième cérémonie est en effet sans doute moins légère que les années précédentes, notamment du fait du contexte général, mais le rendez-vous reste une belle réussite militante et l’œuvre de la Fondation Polémia pour remettre à leur place les manipulateurs médiatiques une œuvre de salubrité publique !

Jean Ernice

Article paru dans Présent daté du 15 juin 2021

La « marche des libertés » fait un flop – Enfarinade et jérémiades

farine Mélenchon

Sale semaine pour Jean-Luc Mélenchon. Accusé de complotisme, contesté dans son propre camp, en chute libre dans les sondages, le Lider minimo de La France insoumise comptait sur une « grande mobilisation nationale contre les idées d’extrême droite » pour tenter de se relancer. Las, les manifestations n’ont rassemblé que quelques troupes étiques et les médias n’en ont retenu que « l’enfarinade » du candidat à l’élection présidentielle.

L’extrême gauche, qui aime jouer à se faire peur et à se croire en « résistance », organisait donc, samedi dernier, une série de défilés pour dénoncer la fameuse « menace d’extrême droite » qui est, comme chacun sait, le problème numéro un du quotidien des Français. C’est au départ de la manifestation parisienne, alors qu’il répondait aux questions des médias, que Jean-Luc Mélenchon a été « enfariné » par un individu rapidement écarté par le service d’ordre.

Prenant alors des accents dramatiques, le chef de La France insoumise a déclaré : « Il y a une grande tension. Là, je ne sais pas quel était le motif de me jeter de la farine dessus… C’est vraiment un seuil qui a été franchi. » Puis il a ajouté, avec de mâles accents : « Si vous ne me voyez pas plus ému que ça, c’est parce que ça aurait pu être pire… C’est fait pour intimider… Même si c’est pénible, il ne faut pas reculer. » Un véritable héros de la démocratie !

L’auteur présumé du jet de farine s’est présenté après les faits devant plusieurs journalistes comme un « souverainiste », « très énervé » et qui « ne croit pas au débat ». Il a été interpellé par les forces de l’ordre, ainsi qu’une seconde personne. Placés en garde à vous, ils seront jugés le 7 juillet pour violences sur personne chargée d’une mission de service public et complicité. Jean-Luc Mélenchon n’a pas porté plainte, estimant que c’était à l’Etat de le faire puisqu’il s’agissait d’« une agression contre un droit constitutionnel, celui de manifester ».

Malgré cet ajout inattendu de farine, la pâte gauchiste n’a pas levé et le bilan de la journée de mobilisation n’est guère réjouissant pour les sentinelles de la république en danger.

En effet, lancée par le député « insoumis » Eric Coquerel et le porte-parole de Génération.s Thomas Portes, la « marche des libertés » n’a réuni que 37 000 personnes dans toute la France, dont 9 000 personnes dans la capitale, selon les autorités (150 000 participants dans le pays, dont 70 000 à Paris, selon les organisateurs). Des chiffres qui frisent le ridicule lorsque l’on se rappelle que ce sont plus de cent organisations – de la CGT à l’Unef en passant par Attac, Oxfam, Youth for climate, France Nature Environnement, etc… – qui appelaient à manifester.

Face à cette déroute, on pourrait finir par penser que le bon peuple de France a d’autres préoccupations et d’autres priorités que de participer à une énième pantomime « antifasciste ». On en frémit…

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 14 juin 2021

Requiem pour un front (républicain)

front républicain

La maçonnerie républicaine n’est plus ce qu’elle était et le mur qu’elle se plaisait depuis des années à construire collectivement face au mouvement national, pour empêcher celui-ci d’accéder aux responsabilités politiques locales comme nationales, est semble-t-il en voie de s’écrouler. C’est en tout cas ce que pense Le Monde, le journal de référence (des profs de gauche), qui tire la sonnette d’alarme dans un long article angoissé.

Selon l’autre quotidien du soir, c’est à la préfecture de Cahors que le drame se serait noué lorsque le maire socialiste de la ville, Jean-Marc Vayssouze-Faure, évoquant les élections régionales des 20 et 27 juin, aurait demandé au président de la République quelle serait la consigne de l’Elysée aux troupes de La République en marche (LRM) au soir du premier tour en cas de risque de victoire du Rassemblement national (RN).

« Je demanderai aux forces républicaines de se tenir ensemble », aurait alors répondu Emmanuel Macron. Jusque-là, rien de nouveau ni de préoccupant pour les adeptes du sauvetage de la démocratie par les alliances contre nature et la prise en otage des élections. Mais le chef de l’Etat aurait refusé de préciser si cela se traduirait par un retrait pur et simple des listes de la majorité, se contentant d’affirmer qu’il « prendrait la mesure de la situation le moment venu ». D’où l’inquiétude naissante quant à l’avenir du « front républicain » que certains observateurs déclarent déjà mort et enterré. Une anxiété d’autant plus importante que le Rassemblement national est donné en tête par les sondages dans six régions métropolitaines sur treize… Les digues qui permettaient aux co-responsables de la catastrophe, de droite comme de gauche, de se maintenir aux (bonnes) affaires malgré la pression populiste vont-elles céder ?

Petits arrangements entre amis

Face à cette horrifique perspective, l’entourage d’Emmanuel Macron affirme qu’il faut « réinventer » le front républicain et avance l’idée d’une « fusion technique » au second tour entre les opposants au RN, plutôt que l’hypothèse d’un retrait qui pourrait signer l’effacement du jeune parti présidentiel en mal d’existence locale.

Les macronistes parlent donc désormais d’un « rassemblement républicain » au second tour qui verrait le « parti républicain » (le RN, malgré tous ses efforts de normalisation et de « dédiabolisation » n’étant toujours pas considéré comme tel…) arrivé en tête intégrer différents candidats des autres listes « républicaines » qualifiées, démontrant ainsi au passage le caractère parfaitement interchangeable de tous les représentants des formations du système.

Cette nouvelle émétique tambouille électoraliste parviendra-t-elle une fois encore à sauver la peau usée des gérants de la décadence française et à entraver l’expression populaire de ceux qui croient, à tort ou à raison, au sursaut national grâce au parti de Marine Le Pen ? Réponse dans quelques jours désormais…

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 11 juin 2021

Football – Croates et Hongrois ne plient pas genou

genou à terre football

Le football professionnel moderne, entre mercenariat de ses joueurs, scandales financiers et frasques de ses « stars », n’offre plus guère d’occasions de s’enthousiasmer, ou même de simplement se réjouir. C’est pourquoi, dans ce morne paysage où affairisme et démagogie publicitaire s’entremêlent, il convient de souligner la dignité du comportement des équipes nationales croate et hongroise qui ont refusé de se soumettre aux injonctions masochistes du politiquement correct.

En effet, le responsable des relations avec les médias de la sélection croate, Tomislav Pacak, a confirmé aux journalistes que l’équipe nationale n’avait pas l’intention de mettre un genou à terre avant les matchs de l’Euro comme c’est devenu la grotesque habitude dans les stades depuis le décès de George Floyd et l’explosion du mouvement Black Lives Matter. Lors d’une conférence de presse, Pacak a expliqué que ce « rituel » censément antiraciste ne faisait pas partie des protocoles de l’UEFA et que l’instance dirigeante du football européen tout comme les joueurs et l’encadrement de l’équipe croate étaient opposés à l’introduction de la politique dans le sport.

De son côté, l’équipe de Hongrie est elle aussi restée debout face à des joueurs irlandais un genou à terre sur la pelouse du Stade Ferenc-Szusza de Budapest, à l’occasion d’un match amical de préparation à l’Euro 2020 (reporté à 2021 du fait de la crise du Covid-19). Des Irlandais qu’on a connus plus fiers et courageux en d’autres temps et qui ont d’ailleurs été copieusement hués par le public magyar.

On peut également noter que, quelques jours auparavant, lors des matchs opposant l’Angleterre à l’Autriche puis à la Roumanie, une partie du public britannique a également sifflé le fait que les Three Lions mettent le genou à terre. Face à cette bronca, signe qu’une partie de la population anglaise commence à en avoir sérieusement soupé de la contrition et de l’ethnomasochisme, le sélectionneur anglais Gareth Southgate a déclaré dans les colonnes du journal The Guardian : « Je crois que nous sommes dans un cas de figure où certains pensent qu’il s’agit d’une prise de position politique, à laquelle ils n’adhèrent pas. Mais les joueurs ne le font pas pour ce motif-là. » Pour quel motif alors le font-ils ? Ça, le technicien britannique ne l’a pas expliqué…

Même si la réaction du public anglais laisse entrevoir un espoir de révolte face aux diktats de l’antiracisme coercitif, on peut néanmoins une nouvelle fois noter une profonde césure entre l’Europe de l’Ouest, engluée dans le conformisme bien-pensant et la reptation face aux officines communautaristes, et l’Europe de l’Est où la dignité et la fierté nationale prévalent encore.

Pour combien de temps ? On peut en effet légitimement se poser la question au regard de l’acharnement de l’Union européenne et des lobbys mondialistes (du type Open Society de George Soros) à casser les résistances morales et identitaires des récalcitrants, notamment à grands coups de chantage aux subventions et de propagande LGBT (QI+++)…

En attendant, c’est au moins un peu de vent frais qui nous vient de là-bas…

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 10 juin 2021

Macron – Giflé par le réel

Macron Gifle

Drame et émoi national ! Lors d’un déplacement dans la Drôme, le président de la République a été souffleté par un individu immédiatement maîtrisé par le service de sécurité. Si cet incident est évidemment regrettable et condamnable, il a donné lieu à un véritable raz de marée de réactions plus outrées et délirantes les unes que les autres, démontrant une fois de plus l’écart abyssal existant entre la vie quotidienne des Français et celle, totalement hors sol, des prétendues « élites » hexagonales.

En effet, dans un pays où chaque jour des anonymes innocents tombent sous les coups de la racaille, où les attaques terroristes se multiplient, où l’on peut être lynché et massacré pour une cigarette refusée ou un regard mal interprété, où des jeunes mineurs s’entretuent à coups de barre de fer et où des policiers se font attaquer à chaque intervention quand ils ne se font pas tirer dessus, cette simple gifle assénée à une personnalité sensément « intouchable » semble avoir soudain fait prendre conscience aux médias comme aux politiques de la réalité concrète de la « violence », même très relative en l’occurrence. Tout à coup, la dite violence, l’ensauvagement de la société, ne sont plus des « fantasmes d’extrême-droite », les fruits d’un vague « sentiment sécurité » exprimé par un populo toujours en train de se plaindre et de de râler mais quelque chose de bien tangible qui peut atteindre même les plus privilégiés, même les plus haut placés, même les plus protégés ! Horreur et damnation ! Stupeur et tremblements ! D’où l’incroyable branle-le-bas de combat qui a suivi l’incident et l’invraisemblable surenchère de commentaires scandalisés et de condamnations sentencieuses qui ont, pour nombre d’entre elles, largement dépassé le stade du ridicule. A titre d’exemple, on pourra citer l’ineffable BHL qui n’a pas hésité à évoquer, en vrac, l’attentat du Petit Clamart et les chemises noires mussoliniennes, tandis que Jean-Luc Mélenchon –qui semble décidé à s’enfoncer chaque jour davantage dans le marécage du grotesque – affirmait que cet acte était la réalisation de ses prédictions et la démonstration du passage à l’acte des « violents ».

Pour tous ces doctes messieurs donc, quand des migrants frappent au couteau des passants au hasard dans la rue, c’est un regrettable fait divers ; quand un policier est tué à bout portant par un dealer, c’est le risque professionnel et quand une gamine est violée en groupe dans une cave, c’est le cri de détresse affective et sociale d’une population en difficulté d’intégration. Par contre, une petite gifle donnée au Président (ou à tout autre représentant des « élites »), c’est un atroce et abominable attentat, révélateur de l’insupportable violence de notre société ! C’est même carrément l’ombre du « fâââscisme » qui s’étend sur notre pays et contre laquelle il faut se mobiliser avec la plus grande vigueur et de toute urgence !

Force est ainsi de constater que, face à la violence comme face à beaucoup d’autres phénomènes, l’égalité proclamée à tout bout de champ par le discours républicain n’est qu’une pure fiction qui ne trompe désormais que les plus naïfs.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 9 juin 2021

Affaire Méric : un insupportable « deux poids deux mesures », par Francis Bergeron

Affaire Meric

Vendredi, deux jeunes gens, Esteban Morillo et Samuel Dufour ont été condamnés en appel à respectivement sept ans et cinq ans de prison, à la suite du décès du militant d’extrême gauche Clément Méric, en 2013. Ce dernier avait trouvé la mort en chutant lourdement sur le trottoir, lors d’une bagarre à laquelle il n’était pas étranger.

Ceux qui ont lu le hors-série de Présent de novembre 2018 savent tout de ce dossier. Son titre est très clair. Après le jugement de vendredi nous n’avons pas un mot à retrancher : « Se défendre était leur droit. Les défendre est notre devoir ».

Les skinheads (« crânes rasés », une ancienne appellation faisant référence à des bandes de jeunes ouvriers et fils d’ouvriers britanniques des années 1960 et 1970) est un terme particulièrement impropre pour qualifier les deux jeunes hommes qui viennent d’être condamnés à sept ans et cinq ans de prison pour la mort accidentelle du dénommé Méric. Esteban et Samuel n’avaient pas les cheveux rasés, et ne formaient pas une bande à proprement parler. C’étaient des militants politiques, certes extrémistes, comme on l’est parfois à 18 ou 20 ans. Comme l’était Méric, dans l’autre camp. On a donc rejugé vendredi une rixe mortelle, qui s’est produite il y a huit ans, entre garçons de 18 à 20 ans, devant un magasin de vêtements prisés par les deux camps.

En première instance, Esteban, qui avait 20 ans au moment des faits, avait été condamné à l’invraisemblable peine de onze ans de prison. Onze ans de prison pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Dufour, 19 ans au moment des faits, a vu sa peine réduite à cinq ans au lieu des sept ans de 2018.

Il paraît qu’on ne peut pas commenter une décision de justice. Cette formule n’est sans doute pas de Zola. Avec beaucoup de précautions oratoires, les avocats de Morillo et Dufour ont dit très exactement – pour qui sait lire entre les lignes – ce qu’il faut penser de cette condamnation, certes allégée en appel, mais, néanmoins, extraordinairement lourde : « […] une décision très amère […] difficile à comprendre sur le plan de la vérité », a dit l’avocat de Morillo. « Les passions politiques d’en face, la pression médiatique et surtout la pression idéologique de ceux qui s’étaient attaqués à eux ont été trop fortes. » Pour l’avocat de Dufour, « c’est une affaire dans laquelle nos clients se sont défendus d’une agression extérieure, mais il était sans doute trop difficile pour la cour et les jurés de dire la vérité dans ce procès tellement symbolique ».

Pas mort « pour ses idées »

Oui, il y a eu rixe entre jeunes extrémistes. Oui, l’un d’eux a trouvé la mort, le plus frêle des protagonistes, le plus jeune aussi (18 ans). Il n’est pas mort « pour ses idées », contrairement à ce que répètent à satiété, depuis 2013, des médias qui n’en peuvent plus de jeter l’opprobre sur « de vrais méchants fascistes », eux qui en voient partout, mais ne parviennent jamais à leur attribuer le moindre crime. Il n’y avait pas d’idées dans cette bagarre, devant un magasin de vêtements. N’imaginons même pas la situation inverse, la mort d’un jeune agresseur d’« extrême droite » et le verdict des mêmes juges…

C’est bien pour cela qu’il faut changer de paradigme, créer un choc dans le pays, qui porte un coup à ce que les avocats de Morillo et Dufour ont appelé pudiquement « la pression médiatique », « la pression idéologique ». Un choc électoral le 27 juin, par exemple.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 8 juin 2021

« Migrants » contre police – Bataille rangée à Calais

migrants calais police

Calais, ville martyre. La situation de la sous-préfecture du Pas-de-Calais, goulot d’étranglement de l’immigration clandestine rêvant d’Angleterre, est toujours aussi explosive. Pour preuve, les très graves incidents qui ont émaillé la semaine dernière et abouti à une véritable bataille rangée entre migrants clandestins et forces de l’ordre.

Tout a commencé par les habituelles bagarres entre « migrants », le « vivre-ensemble » entre communautés « exilées » (volontaires) ne fonctionnant pas plus que dans le reste de la société. Ainsi, dans la nuit de mardi à mercredi, l’une de ces rixes a pris de l’ampleur et quatre migrants ont été blessés. Les forces de l’ordre sont alors intervenues et, comme il est de coutume dans ce genre de circonstances, les adversaires se sont alors réconciliés pour se liguer contre elles. Les policiers ont alors dû faire face à un nombre croissant de migrants particulièrement vindicatifs, armés de bâtons, de pierres et de barres et fer. Les faits se sont déroulés aux abords de la rocade portuaire, dans la zone des Dunes et près du port.

Les affrontements, particulièrement violents, ont éclaté vers 3 h 30 et ont duré presque toute la nuit. Visés par une pluie de projectiles divers (dont notamment des conserves alimentaires distribuées par de généreuses associations…), les CRS ont tenté de disperser les émeutiers à coups de gaz lacrymogènes mais ils se sont bientôt retrouvés confrontés à plus de 300 migrants venus en découdre, certains munis de clubs de golf voire de haches, selon certains témoins. Plusieurs véhicules ont été incendiés. Des centaines de grenades lacrymogènes auraient été tirées pour tenter de rétablir la situation qui ne sera véritablement sous contrôle que dans la matinée.

Bilan de cette nuit de guérilla : 30 CRS blessés, sept hospitalisés, dont l’un assez gravement touché, et une seule interpellation, celle d’un ressortissant érythréen de 22 ans qui a été placé en garde à vue !

De quoi susciter l’ire des syndicats de police qui dénoncent une fois de plus le pourrissement de la situation, l’absence de solution politique et la multiplication des agressions, de plus en plus violentes, dont ils sont l’objet de la part des migrants clandestins. « Le problème migratoire évolue avec les beaux jours et on fait face à des migrants violents, qui n’hésitent plus à venir armés pour blesser les collègues gravement », a notamment déclaré Manuel Vanoeteghem, adjoint au délégué régional d’Alliance Police nationale CRS.

Les perspectives sont, hélas, bien sombres pour la ville du Nord et les forces de police chargées d’y maintenir un semblant d’ordre car le pouvoir macronien ne semble pas envisager de mettre en place les seules mesures susceptibles de ramener la paix et la tranquillité à Calais : l’expulsion de tous les clandestins, accompagnée d’une fermeture complète des frontières à tout nouveau flux migratoire. Tant que ces mesures de bon sens ne seront pas appliquées, le chaos perdurera.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 7 juin 2021

Le Danemark, avant-poste du refus des migrations massives ?, par Paul Vermeulen

Danemark immigration

L’époque où la Scandinavie, en particulier la Suède et le Danemark, appliquant le credo social-démocrate du « vivre ensemble » et des « bienfaits » du multiculturalisme, ouvrait ses portes en grand aux migrants, qualifiés de « réfugiés », serait-elle révolue ? Depuis trois ans, le Danemark a mis un tour de vis à sa politique migratoire. Ce pays l’accentue même, soucieux de survie identitaire et de lutte contre la criminalité et la délinquance. Les Danois regardent la réalité en face : les migrations massives sont la source du développement de la violence.

Le Parlement du Danemark a donc adopté jeudi 3 juin 2021 une loi qui l’autorise à transférer ses demandeurs d’asile en dehors de l’Union européenne dès qu’ils arrivent sur le territoire danois. Cela choque les médias publics français, RFI par exemple, qui annonçait cette décision ainsi : « Délocaliser les demandes d’asile, ce dont rêvent toutes les extrêmes droites européennes, le gouvernement de la sociale-démocrate Mette Frederiksen l’a fait. »

Que dit la loi ?

Que prévoit la loi ? Tout candidat à l’asile arrivant au Danemark sera aussitôt mis dans un avion en direction du Rwanda, de l’Erythrée ou d’autres pays ayant accepté de traiter sa demande d’asile. Le Danemark paiera les frais. L’idée n’est pas neuve et, contrairement à ce que paraît penser RFI, elle a été envisagée ailleurs. Macron avait évoqué cette possibilité durant sa campagne présidentielle. Reste que le Danemark est le premier pays de l’UE à mettre en œuvre un embryon de remigration. Une bonne nouvelle pour les populations européennes, en particulier pour les jeunes femmes, plus souvent victimes qu’à leur tour de l’hystérie migratoire. Si la demande d’asile est prise en compte, le migrant peut éventuellement entrer au Danemark, sans certitude. Si la demande est rejetée, ce sera au pays coopérant avec le Danemark de renvoyer le migrant chez lui. Un premier pas en avant vers « l’Afrique aux Africains », ce qui fut d’ailleurs longtemps la revendication des Africains eux-mêmes, une revendication à laquelle il paraît sage d’accéder. Un pas en avant sans doute symbolique, le Danemark ayant eu seulement 1 500 demandes d’asile en 2020, mais une loi qui ouvre peut-être enfin la boîte de Pandore dans le bon sens.

Les danois sont ainsi les premiers Européens à réagir face à l’immigration massive. Le Danemark, et en particulier Copenhague, connaît une flambée des violences imputables à des immigrés depuis bientôt dix ans, avec une recrudescence depuis cinq ans. Il n’est pas rare de voir débouler des musulmans et/ou Africains sur des vespas et tirer sur tout ce qui bouge. Au cœur de Copenhague. Le fruit de guerres entre bandes ethniques. Certains quartiers sont à 90 % étrangers.

C’est ce qui avait déjà conduit le Danemark, en 2018, à baisser les allocations pour les migrants, à doubler les peines de prison, à extraire les criminels des cités et à rendre obligatoire la crèche pour les enfants de migrants. Des mesures de bon sens, des mesures de survie identitaire. Prises par un gouvernement social-démocrate. Reste à mener une grande politique européenne de remigration : le grand remplacement n’est pas une fatalité.

Paul Vermeulen

Article paru dans Présent daté du 4 juin 2021

Coups d’état – Médias, police, procureur… Offensive générale contre L’Alvarium

L’Alvarium

Il ne fait pas bon être militant patriote et identitaire en ce moment à Angers. En effet, depuis quelques semaines, l’association L’Alvarium, qui œuvre à la défense de l’identité, du patrimoine, et à la promotion de la justice sociale, est l’objet d’une violente campagne de dénigrement et de diffamation de la part de la presse locale, relayée par certains élus. Une campagne qui a abouti, hier, à une invraisemblable opération de police visant un certain nombre de militants, leurs domiciles ainsi que les locaux du mouvement.

Tout a commencé par une altercation aux abords du local identitaire, les militants présents sur place ayant repoussé virilement une poignée d’antifas venus tenter une fois encore de dégrader les lieux en y apposant des autocollants. Les courageux gauchistes – soudainement beaucoup moins « anti-flics » que dans leurs slogans et discours – ayant couru porter plainte au commissariat, la presse du système s’est empressée de relayer l’affaire, en la grossissant autant qu’il était possible afin de pouvoir agiter l’étendard mité de la « menace fasciste ». Confronté à la vindicte des journalistes, de certains élus et de vieux professionnels de diverses officines subventionnées, Jean-Eudes Gannat, le porte-parole de l’association, a fait front et revendiqué le droit à l’autodéfense face aux provocations et aux tentatives d’intimidation, toujours impunies, des idiots utiles du système.

Les choses auraient pu (auraient dû) en rester là. Mais c’était sans compter sur l’acharnement du système à détruire toute dynamique de résistance, même locale.

Ainsi, hier matin à 6 heures, les forces de l’ordre ont fait irruption dans les locaux de L’Alvarium pour une perquisition. Plusieurs adhérents ont également été visités par les forces de l’ordre et certains placés en garde à vue. Finalement, ce sont plus de trente policiers et gendarmes qui ont été mobilisés pour cette opération dont le caractère urgent et prioritaire n’échappera à personne dans le contexte de violence endémique et de menace terroriste que connaît la France actuellement. Le procureur a même évoqué des écoutes téléphoniques qui auraient été mises en place depuis des mois… Décidément l’argent du contribuable est une fois encore bien employé.

Les moyens mis en œuvre paraissent d’autant plus disproportionnés que les faits reprochés aux jeunes militants sont dérisoires, puisqu’il ne s’agirait apparemment même pas de la bagarre évoquée plus haut mais d’une improbable histoire de drapeaux volés devant une gendarmerie… Un vol que réfute avec fermeté l’organisation dans un communiqué où elle dénonce « une opération politique menée de concert avec les services de renseignement [qui] n’a d’autres buts que de nous discréditer, nous ficher et faire pression sur nous ». En effet, cette opération (qui n’est pas sans rappeler la scandaleuse « affaire de Châteauroux » longuement évoquée par Francis Bergeron dans ces colonnes) pourrait fort bien avoir pour but la constitution d’un dossier en vue d’obtenir une dissolution comme celle qui a récemment frappé Génération identitaire. Pour les tenants et garde-chiourme du système, il semble vraiment insupportable et intolérable de voir des jeunes s’engager pour leur terre et leur patrie, porter assistance aux démunis autochtones et mettre en valeur leur patrimoine ancestral. Ils veulent les décourager et les châtier. A nous de les défendre.

Pour soutenir L’Alvarium : https://serviam-alvarium.fr/

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 3 juin 2021