Une adjointe à l’agriculture à la mairie de Paris

Vous avez bien lu. La mairie de Paris se paie une adjointe, « chargée de l’agriculture, de l’alimentation durable, et des circuits courts ». Autant la nourriture est un enjeu de sécurité publique et il est tout à fait légitime de s’en préoccuper, autant évoquer l’agriculture dans Paris est une plaisanterie. S’il s’agissait d’une responsabilité bénévole, il serait tout naturel d’en rire. Mais à six mille euros par mois, c’est obscène. Obscène que les Parisiens, dont 21,1 % vivent dans des logements sociaux, paient avec leurs deniers ce fantasme bobo absolument grotesque. L’agriculture, à Paris, se limite aux quelques ruches sur le toit de l’Opéra, et aux vignes (fort) chétives de Montmartre. Et bon courage aux amateurs de poissonnailles si l’objectif est d’élever du fretin dans la Seine.

Audrey Pulvar représente tout ce que Paris produit de plus pénible : des idéologues ridicules partout sauf dans la quinzaine de métropoles mondialisées qui ont fait sécession de leur pauvre pays ou de leur pays pauvre, donneurs de leçon compulsifs, et trouvant toujours le moyen de se faire entretenir avec l’argent public.

La mairie de Paris a argué que, porte de Versailles, une « ferme » de 14 000 m2 sur le toit du parc des expositions était la plus grande « ferme urbaine » d’Europe. De la terre sur un toit, et ça suffit à faire rêver les habitants du Marais. En moyenne, 80 % des projets de production agricole urbaine meurent la première année. Qui vivra verra, mais il est difficile de présager un avenir radieux à cette exploitation. Sauf si Viparis, la société qui exploite le centre des expositions, réussit à rendre rentable le site. Au programme : des ateliers « découverte » (1 heure, 15 euros par personne), des ateliers « découverte et dégustation » (1 h 30, 25 euros par personne), des ateliers « aromates et cocktail » (2 heures, 50 euros par personne), et des ateliers « yoga » (1 heure, 25 euros par personne). Au milieu des plants de tomate.

C’est le système des socialistes parisiens : la mairie rêve, un acteur privé s’enrichit, et la mairie peut faire des photos ou images sur Photoshop pour s’autocongratuler. Tout ceci ne laisse que peu de temps, de personnel disponible, d’attention et d’argent pour s’occuper des rats qui grouillent partout dans la Ville Lumière à la faveur de la saleté répugnante omniprésente. Pour le coup, si la mairie se pique d’élevage, elle dispose d’un indéniable savoir-faire avec les rongeurs à faire valoir.

Reste que Paris devra bien un jour se rappeler qu’elle n’est pas une île au milieu du désert, mais la capitale d’un pays en entier, et que c’est lui qui la nourrit. Peut-être la volonté de communiquer sur une hypothétique « autosuffisance alimentaire » est-elle une volonté plus ou moins consciente d’Anne Hidalgo de couper définitivement le cordon avec ces sans-dents qui sèment, arrosent, moissonnent et votent à droite. Mais bien du courage : ce n’est pas demain que Paris cuira son pain sans le froment de la Beauce.

Benoît Busonier

Article paru dans Présent daté du 7 juillet 2020

Discours de Zemmour à la Convention de la droite – Le débat d’idées sous contrôle judiciaire

Renvoyé le 22 janvier en raison de la grève des avocats contre la réforme des retraites, le procès d’Eric Zemmour, poursuivi pour « injure publique à caractère racial » et « provocation publique à la haine raciale » suite au remarquable discours qu’il a prononcé en septembre dernier à la Convention de la droite, s’est finalement tenu mercredi devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Un procès aux relents staliniens, à l’occasion duquel les associations antiracistes et autres chiens de garde du système ont ouvertement affiché leur volonté de censurer le brillant essayiste.

Un regard lucide sur l’islam et l’immigration

En cause dans cette affaire, rappelons-le, six passages de ce discours d’une trentaine de minutes au cours duquel Zemmour avait eu l’audace de porter un regard lucide sur l’islam et sur l’immigration. Ainsi lui est-il notamment reproché d’avoir parlé d’immigrés « colonisateurs », d’« islamisation de la rue », ou encore du voile et de la djellaba comme des « uniformes d’une armée d’occupation ». Bref, un constat d’une grande justesse, mais qui, comme l’on pouvait s’y attendre, avait immédiatement été suivi d’un impressionnant lynchage de son auteur par la classe politique, les médias, le ban et l’arrière-ban des associations antiracistes, et jusqu’au Premier ministre, qui avait dénoncé des « discours nauséabonds ». Lynchage auquel LCI, qui avait diffusé en direct cette allocution mais que l’on ne peut guère soupçonner de sympathie à l’égard de la droite nationale, n’avait pas non plus échappé, puisque la chaîne s’était vue violemment rappelée à l’ordre par le CSA. Au milieu de ce véritable délire antiraciste, pas moins d’une dizaine d’associations s’étaient bien sûr immédiatement portées parties civiles et le parquet de Paris lui-même s’était emparé de l’affaire. Autant dire que tous les ingrédients du procès stalinien étaient réunis. D’autant que, comme le soulignait Me Pardo, avocat d’Eric Zemmour, en faisant allusion à des accusations fondées sur des citations tronquées, voire déformées, et au caractère privé de l’intervention, « toutes les règles qui font la défense de la liberté d’expression, la liberté de la presse, sont dans ce dossier bafouées ». Et Me Pardo, rappelant très justement que « le débat d’idées ne doit pas être un débat judiciarisé », d’ajouter alors : « C’est ça la vérité de ce qui est en jeu aujourd’hui. »

Un désir de censure ouvertement proclamé

Car dans cette affaire, comme dans toutes les précédentes impliquant l’essayiste, l’objectif réel des adversaires de Zemmour est moins de le sanctionner pour un prétendu « dérapage » que de le priver de toute possibilité de s’exprimer. Un désir de censure d’ailleurs, et aussi incroyable que cela puisse paraître, qu’ont totalement assumé et ouvertement proclamé les avocats des parties civiles lord de ce procès. C’est ainsi que l’on aura vu l’un d’eux, après avoir affirmé qu’Eric Zemmour « n’existe que parce que LCI, BFM TV et CNews existent », appeler ouvertement les médias à le censurer. Ou encore Me Karsenti, avocat de l’association La Maison des potes, reconnaître que sa « stratégie est de faire taire Eric Zemmour ». Mais, peut-être plus révélatrice encore de cette tyrannie qui s’installe doucement mais sûrement dans notre pays, cette demande ahurissante faite lors de l’audience par Me Boucher-Naranin, avocate du Collectif contre l’islamophobie en France et de l’Association de défense des droits de l’homme, qui, s’interrogeant sur une éventuelle « démence » de Zemmour, n’a pas hésité à réclamer… une « expertise psychiatrique » de l’essayiste ! Une demande qui rappelle étrangement cette sinistre époque où l’URSS enfermait ses dissidents et ses opposants dans des hôpitaux psychiatriques… En attendant, le procureur, qui a estimé – sans surprise – mercredi que les « infractions étaient parfaitement caractérisées », a demandé au tribunal de condamner le polémiste à 100 jours-amendes à 100 euros qui, s’ils ne sont pas payés se transformeront en emprisonnement, ainsi qu’à une large publication de la décision « à ses frais ». La décision du tribunal sera rendue le 25 septembre.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 3 juillet 2020

Twitter nous cloue le bec – Vers toujours plus de censure

Il y a moins de deux semaines, la fameuse loi Avia qui, sous couvert de lutte contre la « haine en ligne », instaurait une véritable censure sur Internet était retoquée par le Conseil constitutionnel, pour le motif qu’elle constituait « une atteinte à la liberté d’expression et de communication » (voir Présent daté du 20 juin). Une petite victoire pour tous ceux qui, comme nous, s’opposent à la tyrannie du politiquement correct et craignaient de se voir subitement bâillonnés. Mais c’était compter sans la toute-puissance de ces dirigeants de réseaux sociaux qui, en bons relais de l’idéologie dominante, se permettent de bloquer et même de fermer les comptes de tous ceux dont les propos sortent des clous.

Les réseaux sociaux, chiens de garde du système

A commencer par votre quotidien, dont on rappellera que les comptes Facebook et Twitter ont déjà été à plusieurs reprises bloqués pour avoir simplement mis en ligne des articles rendant compte des actions de Génération identitaire. Plus récemment, les petits censeurs de Twitter se sont ainsi permis de bloquer l’accès aux comptes de l’essayiste spécialisé dans la géopolitique Alexandre del Valle et du politologue Guillaume Bigot, pour le motif que ceux-ci n’auraient « pas respecté les règles de la communauté ». En clair : leur discours n’était pas conforme à la pensée unique. Une censure à peine déguisée contre laquelle s’est élevée mardi Marine Le Pen qui, après avoir estimé que « rien ne justifie ces sanctions », s’est étonnée « du pouvoir exorbitant que s’octroient les réseaux sociaux, qui suspendent arbitrairement et décident de qui a le droit de s’exprimer ». Dans le même registre, et en dépit des innombrables désaccords que nous pouvons avoir avec lui, on pourrait aussi citer le cas de l’humoriste Dieudonné M’Bala M’Bala, dont Google a carrément supprimé lundi la chaîne YouTube à la suite, là encore, « des enfreintes répétées [au] règlement de la communauté ». Notons au passage que ces nouveaux censeurs sont particulièrement réactifs car, dans la foulée de cette suppression, Dieudonné avait immédiatement créé un deuxième compte, qui a lui aussi été fermé… en moins d’un quart d’heure !

Une censure pas même déguisée

Autant dire que, si les tenants de l’idéologie dominante ne sont pas parvenus à bâillonner complètement leurs opposants par le biais de la loi Avia, ils sont en train d’atteindre leur objectif grâce à la complicité des géants d’Internet, qui ont entrepris une véritable purge des réseaux sociaux. Cette purge s’effectue au mépris total des lois, et uniquement selon le bon vouloir de dirigeants non élus par le peuple, soumis à la pression des lobbies et avant tout soucieux de leurs intérêts économiques. Une purge dont se félicite néanmoins bêtement la gauche, sans prendre conscience que c’est la liberté d’expression de tous qui est aujourd’hui grandement menacée. Comble du scandale, les partisans de cette censure généralisée ne se cachent même pas de vouloir priver de parole leurs adversaires politiques. En témoignent notamment les déclarations honteuses de l’avocat de SOS Racisme lors du procès d’Eric Zemmour, qui s’est tenu mercredi devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris et à l’issue duquel le parquet a requis 10 000 euros d’amende, avec possibilité d’emprisonnement en cas de non-paiement, à l’encontre du brillant polémiste, pour les propos qu’il a tenus en septembre dernier à Paris lors de la Convention de la droite. Affirmant entre autres que, sans les médias (LCI, CNews, etc.), Eric Zemmour n’existerait pas, Me Klugman n’a en effet pas hésité à appeler ces derniers à le censurer ! En témoigne aussi cette pétition lancée par l’ex-figure des Gilets jaunes, proche de Tapie, Priscillia Ludosky, qui, sous le titre « Eric Zemmour, xénophobe, doit être banni des médias ! », appelle ouvertement à censurer celui que des dizaines de milliers de Français prennent plaisir à écouter chaque soir sur CNews.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 2 juillet 2020

À qui profite l’antiracisme ?

L’hystérie antiraciste gagne les entreprises

Après avoir subi une épreuve de testing, sept grandes entreprises implantées en France font aujourd’hui l’objet d’une présomption de discrimination à l’embauche en raison des origines ethniques des candidats. Même si, depuis 2006, la loi sur l’égalité des chances reconnaît le testing comme preuve du délit de discrimination, le procédé s’avère à l’évidence parfaitement immoral. Il consiste en effet en une provocation à commettre un délit par un moyen détourné reposant sur le mensonge et la dissimulation. En l’occurrence, un délit de discrimination ethnique ou raciale. Procédé plus que discutable malgré les arguties de certains juristes.

Les sociétés Altran, Air France, Arkema, Rexel, Accor Hôtel, Renault et Sopra Steria ont visiblement donné dans le panneau et osé commettre l’indicible : préférer à l’embauche l’un de nos concitoyens autochtones à un candidat venu d’ailleurs. La justice a condamné les dirigeants desdites entreprises épinglées à effectuer une sorte de mini-stage de rééducation éclair d’une demi-journée. On imagine l’efficacité de pareille pantalonnade.

Le procédé n’est certes pas nouveau et, en 2016, un certain Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie, reprenant l’annonce de François Rebsamen l’année précédente, menaçait déjà d’une grande opération de testing sur le premier trimestre 2016, déplorant « la République, aristocratie prétendument égalitaire qui garde ses castes et ses séparations ». Saillie qui pourrait relever d’une série du genre « Bécassine découvre l’eau tiède » mais surtout amusante réflexion de la part d’un énarque, inspecteur des finances, sans doute l’un des corps les plus élitistes et fermés de la nation, et associé gérant de la banque Rothschild.

Les statistiques de cette opération de testing n’ont pourtant rien de bien alarmant si l’on sait que le taux de succès d’une candidature avec patronyme européen s’élevait, pour cette opération, à 12,5 % de chances d’être retenue contre 9,3 % pour un nom à consonance maghrébine. Un taux réduit de 3,2 points, ce qui en dit long, soit dit en passant, sur le recul des réflexes de préférence nationale des recruteurs. Il faudrait d’ailleurs n’avoir jamais mis un pied en entreprise, dans une société de services ou un magasin, pour continuer à s’imaginer une féroce discrimination ethnique dans le monde du travail. Mais, les profiteurs de l’antiracisme alimentaire ne peuvent évidemment le reconnaître sans remettre en cause leur juteux commerce.

Et que valent ces trois points d’écart dans le traitement des candidatures entre autochtones et candidats issus de l’immigration lorsque l’ensemble des enquêtes et organismes les plus officiels attestent d’une discrimination massive, généralisée, constante, la première d’entre toutes, celle liée à l’âge. La quasi-impossibilité de retrouver un emploi au-delà de quarante-cinq à cinquante ans ne semble guère chagriner nos grandes consciences. A quand un testing de grande ampleur sur le sujet ? A moins qu’il ne soit prévu et planifié que le mâle blanc grisonnant soit irrémédiablement destiné à s’effacer au profit de la « diversité ».

L’antiracisme entre racket et marketing

L’hystérie antiraciste dont la rapide extension internationale ne doit que bien peu au hasard mais bien davantage aux réseaux de la subversion mêlant, ce qui n’a rien de nouveau, officines antiracistes, antifas, l’ensemble des complices de l’immigration-submersion et bien entendu le grand capitalisme apatride ne se résumant pas au seul George Soros.

Victimes d’un racket souvent tacite et soucieuses de s’attirer la neutralité sinon la bienveillance d’une caste médiatique chauffée à blanc, si l’on ose dire, en faveur de l’immigration, de nombreuses entreprises préfèrent pratiquer l’autocensure préventive et l’abandon d’une partie de leurs bénéfices plutôt que subir les ravages d’une campagne de dénonciation calomnieuse. C’est ainsi le groupe Mars promettant la suppression, avant la fin de l’année, du visuel symbolisant la marque Uncle Ben’s – un Noir souriant, radieux et avenant – évoquant, selon les tordus de la mémoire dévoyée, le passé esclavagiste des Etats-Unis. C’est aussi Lego s’engageant à ne plus mettre en avant la figurine du policier à la suite de l’exploitation insensée des affaires George Floyd et Traoré. La très chère famille Traoré… Ou encore le groupe Ferrero supprimant ses messages publicitaires avant toute apparition télévisée d’Eric Zemmour.

Les géants du numérique en première ligne

Dans la soumission à ce racket permanent, les géants du numérique rivalisent de générosité feinte mais avec un indéniable sens du marketing. Apple crée un fonds d’investissement dédié rien moins qu’à la justice et à l’égalité, pour la bagatelle de 100 millions de dollars, évidemment puisés dans la poche de ses utilisateurs. Jouant petit bras, le géant Amazon consent quand même au versement de 10 millions de dollars à des associations pour l’égalité des chances. Facebook, la maison Zuckerberg, promet d’allonger, via sa fondation, 40 millions de dollars à diverses associations œuvrant en faveur des immigrés. Enfin, c’est 175 millions de dollars que versera Google pour les mêmes causes, assortis d’un engagement de favoriser les Afro-Américains aux postes à responsabilité du groupe jusqu’à en compter 30 % en 2025.

Le groupe limonadier PepsiCo, sans doute pour se faire pardonner l’innocente effigie décorant les flacons de sirop d’érable de l’une de ses marques, Aunt Jemima, s’engage à renoncer à un logo vieux de plus de 130 ans représentant une sympathique femme afro-américaine travaillant en qualité de domestique dans une famille blanche. A cette abomination, nos grandes âmes préfèrent sans doute l’exploitation éhontée des migrants illégaux dans nombre de secteurs de la vie économique et les petits boulots de services.

A mesure que s’évanouissent les dernières chimères d’un prétendu décollage de l’économie africaine et que sombre le continent africain, essentiellement victime de lui-même, notamment de son suicide démographique et de ses luttes tribales incessantes, il semble imparti au monde occidental l’impossible mission d’inclure toujours plus massivement et dans des conditions convenables toujours davantage de « migrants ». A l’évidence, l’histoire s’accélère et nous arrivons à la croisée des chemins.

Arnaud Raffard de Brienne

Article paru dans Présent daté du 23 juin 2020

PMA : un juteux business – Entretien avec Olivia Sarton : « On se sert de souffrances authentiques pour développer la mainmise des technosciences sur le vivant »

On pouvait espérer que la crise sanitaire retarderait considérablement – à défaut de l’enterrer – l’adoption du projet de loi bioéthique. Il n’en est rien. Mardi 16 juin, un décret était publié au Journal officiel pour convoquer le Parlement en session extraordinaire, afin de continuer l’examen du projet de loi bioéthique et ce à partir du 6 juillet. Parmi les mesures phares de ce projet de loi : la légalisation de la procréation médicalement assistée pour toutes les femmes.

Loin d’être l’avancée sociale qu’on nous présente, la PMA ouverte à toutes les femmes est avant tout un coup d’accélérateur au business de la procréation qui est en plein essor. Business qui se fait au détriment de la santé des femmes qui suivent ce parcours, des couples, des donneurs et aussi, bien sûr, des enfants issus de PMA. C’est le moment de lire le livre très instructif d’Olivia Sarton, directrice scientifique de l’association Juristes pour l’enfance, PMA : ce qu’on ne vous dit pas. Plongée avec l’auteur dans la face cachée de la PMA.

— Comment est né ce livre ?

— Le débat autour de ce projet de loi s’est focalisé sur l’ouverture de la PMA aux couples de femmes ou aux femmes seules. Est martelée la thèse selon laquelle les opposants à la PMA pour toutes sont homophobes. Or, la vraie difficulté posée par la PMA est générale. Elle ne concerne pas seulement les typologies de parents, même s’il y a des difficultés spécifiques lorsque la PMA est réalisée pour des couples de femmes ou des femmes seules. Certaines des difficultés que pose aujourd’hui la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules se posaient déjà pour la PMA avec tiers donneur. Mais alors il n’y avait presque que l’Eglise pour soulever des objections. En travaillant le sujet du projet de loi de bioéthique pour Juristes pour l’enfance je me suis demandé : « A qui profite le crime ? » Il y a souvent une histoire d’argent derrière les dossiers litigieux. J’ai donc voulu creuser et je me suis rendu compte que la PMA est un business énorme et que, pour le développer, certains sont prêts à passer sous silence les dommages collatéraux : atteinte à la santé des enfants, des candidats à la PMA, aux donneurs, aux finances de la Sécu en France, atteinte à la santé psychologique de la société aussi. J’ai voulu le mettre en exergue parce que cela permettait de sortir de ce débat faussé qui était de dire que les opposants au projet de loi bioéthique sont homophobes. Moi, je soutiens la thèse que les promoteurs de l’extension du marché de la PMA qui sont à la fois des financiers et des technoscientifiques n’ont pas grand-chose à faire du droit des femmes seules ou des femmes homosexuelles. Ce qui les intéresse est de pouvoir mettre la main sur la création et la maîtrise de l’homme en général, et, deuxièmement, que ce marché rapporte des bénéfices colossaux.

Voilà l’idée de départ du livre.

— Vous montrez que les techniques de PMA posent de nombreux problèmes mais il semblerait, qu’en France, il ne soit pas de bon ton d’en parler…

— Vous pouvez le dire, c’est très étonnant, on n’en parle jamais ou presque. C’est un sujet qui est pourtant bien évoqué dans d’autres pays où la PMA est extrêmement développée. Les médecins n’ont pas cette espèce de tabou et diligentent des études très bien documentées pour examiner les risques de la PMA. En France, c’est le silence quasi total. Pire, il y a encore quelques semaines, je lisais une présentation de la FIV dans un article d’un magazine féminin sur Internet : le risque identifié comme majeur dans la PMA était l’échec. Ce qui faisait dire au médecin interviewé que la solution pour pallier ce risque était de réitérer le maximum de tentatives possible. C’est exactement l’inverse de ce que je montre dans mon livre car cela abîme la santé physique et psychologique des femmes et que c’est loin d’être le risque majeur de la PMA.

— Vous écrivez par ailleurs qu’au coût technique de la PMA – estimé a minima à 295 millions d’euros –, il convient d’ajouter le coût engendré par toutes ses conséquences négatives. Quelles sont-elles ?

— Pour les enfants, les dommages sont à la fois d’ordre physique et psychologique. Selon des études américaines, les enfants issus de PMA ont 40 % de plus de risques de présenter un syndrome d’autisme. Des études du nord de l’Europe ont révélé que ces enfants ont 2,43 fois plus de risques de présenter un cancer, 40 % de risques de plus d’avoir une malformation congénitale non chromosomique comme des anomalies cardiaques ou des fentes labio-palatines. Il semblerait que ces désordres physiques soient liés directement aux techniques de PMA. La généticienne Alexandra Henrion-Caude dit que cela serait causé, entre autres, par le stress cellulaire engendré par la manipulation mécanique des gamètes, ou encore par la température qui n’est pas celle du corps humain – même si on a des appareils très précis – et qui ne varie pas de la même façon. Ils pourraient aussi être provoqués par l’effraction de la cellule elle-même, notamment dans la technique de FIV, qui s’appelle ICSI, où un seul spermatozoïde est injecté dans l’ovule. Cette effraction de la cellule n’est pas naturelle.

Pour ce qui est des désordres psychologiques, le sujet est tabou même s’il y a eu récemment un article belge disant que 50 % des enfants nés de PMA avec tiers donneur seraient victimes de mal-être. Les psychiatres et les psychanalystes ou pédopsychiatres rechignent à en parler. C’est compliqué parce que la population née par PMA est assez jeune encore et il est donc difficile d’avoir des retours là-dessus. Et, bien sûr, nos parlementaires se refusent à envisager le chaos qui va être créé dans une société qui va priver légalement des enfants de filiation paternelle et de père tout court.

En ce qui concerne les désordres qui touchent les candidats à la PMA, les études sont peu nombreuses. Mais, en allant sur n’importe quel blog, on trouve des témoignages à n’en plus finir de femmes subissant ces désordres physiques extrêmement importants qui mettent leur santé à rude épreuve. Ces techniques affectent énormément l’intimité des couples, beaucoup se séparent après un parcours de PMA même s’il débouche sur la naissance d’un enfant. L’enfant devient le seul sujet du couple, certains disent se sentir totalement réifiés, rendus à l’état de machine pour la « production d’un enfant ».

La troisième population qui est mise en danger par le parcours de PMA, ce sont les fournisseurs de gamètes. Ils courent d’abord un danger juridique : on leur assure aujourd’hui qu’ils n’auront pas à supporter la conséquence de leur don, or cette promesse est très légère. Les lois évoluent. Si le projet de loi de bioéthique est adopté, il laissera la possibilité à des femmes seules ou à des couples de femmes d’engendrer un enfant en évinçant totalement le père de la sphère de cet enfant. Mais on peut très bien concevoir qu’un enfant dans 20 ou 25 ans saisisse un tribunal en disant qu’il a subi un préjudice du fait d’être né de PMA avec tiers donneur, sans filiation paternelle, et qu’il est dans une situation difficile – par exemple un enfant né au profit d’une femme seule et se retrouvant orphelin et privé de tout support familial. S’il demande alors à la juridiction saisie de condamner son géniteur à assumer sa paternité en payant, par exemple, les frais de scolarité et qu’il lui demande des comptes pour les difficultés de la vie qu’il a subies, il est impossible de garantir que la loi ne sera pas modifiée et que des juridictions n’estimeront pas qu’effectivement l’enfant a subi un préjudice. En tant que juristes, nous disons que ce projet de loi fait peser une véritable épée de Damoclès sur ces donneurs.

Enfin, on parle assez peu des donneuses, alors que le prélèvement d’ovocytes a des conséquences physiques importantes d’autant plus qu’elles sont peu nombreuses. Pour effectuer une ponction pour un prélèvement d’ovocytes, il est nécessaire d’hyperstimuler le corps afin qu’il produise en une fois le nombre d’ovocytes qu’il produit normalement en douze, quinze ou dix-huit mois. Si la femme est une « bonne donneuse », on va l’inciter à réitérer ce processus quatre, cinq, six fois. Certaines femmes vont pouvoir fournir jusqu’à 150 ovocytes, ce qui va mettre en question leur propre fertilité. Cette hyperstimulation ovarienne fait courir des risques médicaux d’autant que, une fois les ovocytes prélevés, les femmes ne sont pas suivies médicalement pour ça. Selon des études faites aux USA, certaines développeraient des cancers liés au prélèvement d’ovocytes.

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Les antifas et black blocs, alliés objectifs de la Préfecture de Police ?

La manifestation aurait dû se dérouler pacifiquement. Devant des policiers souriants et détendus, les soignants, ces « héros du quotidien », ont à nouveau battu le pavé parisien pour alerter sur leurs conditions de travail. Sempiternelle ritournelle d’un hôpital public en déshérence dont les personnels travaillent en sous-effectif pour des salaires modestes. On a vu de belles scènes pendant cette manifestation, des CRS applaudissant les blouses blanches, des sourires, des saluts, des embrassades même.

Deux corps de l’Etat en première ligne pendant l’épidémie, sacrifiés sur l’autel des incuries du gouvernement et des ministres plus pressés de gérer leur « risque pénal » que d’assurer la sécurité des Français et la sauvegarde des intérêts de la nation. Mais, en fin de journée, tout s’est effondré avec l’apparition des trop fameuses milices en noir. Arrachant le pavé de l’esplanade des Invalides et multipliant les provocations, ils ont fait tourner la marche en émeutes et malmené durement les forces de l’ordre qui comptent plusieurs blessés dans leurs rangs.

Des scènes trop banales dont la réalité crue avait explosé aux yeux du public pendant les manifestations contre la loi Travail. A vrai dire, cela fait quatre ans que de Tolbiac à République en passant par Austerlitz, ces lieux qui sont pourtant d’éclatantes victoires françaises mais autant de défaites de la pensée et du politique. La question est prégnante. Elle obsède. Elle excède. En boucle elle revient et pousse les plus pacifistes d’entre nous à se radicaliser de l’autre coté du miroir. Mais que fait la Police ? Ou plutôt qu’est-ce que ne fait pas la Préfecture ? On a connu un préfet belliqueux jouant des muscles et des mécaniques pour verbaliser les cohortes de familles fuyant le confinement francilien, on retrouve un homme étonnamment discret pour gérer ces violences. Mais le veut-il ? Car les antifas sont bel et bien les idiots utiles des causes sociales.

Ils fournissent à l’opinion pléthore d’images de chaos et de violences qui retombent sur les organisateurs des manifestations, qu’ils soient soignants, pompiers, profs, avocats… Pris entre les feux des pelotons de forces de l’ordre et des infiltrés casseurs, ils voient leur manif leur échapper et leur cause piétinée par ceux qui font passer leur violence pour de l’avancée sociale. Ces antifas, dont les parents sont souvent des bourgeois aisés, se font ainsi les alliés du politique qui les laisse étonnamment franchir des cordons de CRS que des journalistes peinent à franchir. Ce mardi à Dijon, ils ont, en toute impunité, attaqué le cortège de Marine Le Pen qui se rendait au quartier des Grésilles pris, lui, entre les feux tchétchènes et maghrébins.

Les Français, coincés entre des politiques pétochards et des bandes allogènes armées voient chacune de leurs manifestations détruites de l’intérieur par des miliciens d’extrême gauche qui n’ont d’antifascistes que le nom. Le totalitarisme n’est pas un tout, il est une tenaille qui est tout sauf identitaire. Elle est protéiforme.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 17 juin 2020

Jean Raspail au-delà des mers, par Alain Sanders

Depuis quelques jours, des « réseaux sociaux », qui se piquent d’aller plus vite que la musique, annonçaient la mort de Jean Raspail, hospitalisé (en fait réhospitalisé plusieurs fois depuis janvier) à Paris. Alors, à force, même si on avait fini par le croire immortel, Jean Raspail s’est éteint.

Il s’est éteint ce samedi 13 juin. A midi. Comme si lui, l’auteur du « controversé Camp des Saints », comme le répètent à l’envi les commentateurs qui se recopient les uns les autres, n’avait pas supporté de voir une fois encore, une fois de plus, une fois de trop, les débarqués du Camp des Saints, justement, déferler dans Paris, avec l’aval et même la complicité du gouvernement. Et il est vrai que tout est annoncé et décrit de ce que nous vivons dans ce livre prophétique.

En pensant à Jean, par-delà le chagrin (plus de quarante ans d’amitié et de complicité sans faille), une expression me vient à l’esprit : « En avant, calme et droit » (les cavaliers savent ce que je veux dire). Il disait : « Les vrais amateurs de traditions sont ceux qui ne les prennent pas au sérieux et se marrent en marchant au casse-pipe. C’est pourquoi la gauche nous hait, un peu comme un bourreau haïrait un supplicié qui rit et se moque avant de mourir. »

Plus avant, je disais que nous avions fini par le croire immortel. Mais pas au sens de l’Académie française qui, pour des raisons politiques misérables, avait refusé de l’accueillir en son sein. Qu’importe… La place nous manquerait pour décliner ici tous les prix littéraires qui lui ont été décernés, à commencer par celui de l’Académie française (à deux reprises, 1981 et 2003) : du prix Chateaubriand au prix littéraire de l’armée de terre en passant par le grand prix Jean-Giono, le prix Daudet, le prix Jules-Verne, le prix Combourg, le prix Prince-Pierre-de-Monaco, etc.

Deux, trois fois par semaine, à 19 heures (pour parler comme les chefs de gare jadis), on s’appelait. Notre rendez-vous colonial, genre club anglais du mythique Raffles de Singapour avant qu’il ne soit salopé par des sagouins. « Tu t’es servi ton bourbon, j’imagine ? » Une taquinerie rituelle : je suis assez bourbon (à tous les sens du mot) alors qu’il était inconditionnel des whiskies écossais très tourbés, les Laphroaig, Ardbeg, Kilchoman… Et puis, très régulièrement, ces dîners de mousquetaires, chez nos chers Tulli, où Jean rivalisait de gentillesse et de drôlerie sous le regard affectueux d’Aliette Raspail.

D’autres vous diront, avec une science convenue et convenable, ce que nous savons depuis toujours avec le cœur : Jean Raspail est certes un immense écrivain, mais il fut aussi un scout audacieux, un aventurier, un explorateur, un conférencier hors pair (ses conférences pour Connaissance du monde ont fait salle comble des années durant). Et il fut cet ami, ce complice, ce confident qui, pour les trente-cinq ans de notre journal, nous envoya ce message : « Journal ou livre, même boulot : tout commence par l’écriture, l’écriture pensée, le tri des idées, exercice noble, quasi magique. Naissent ainsi ce qu’on appelle en journalisme les grandes plumes. Présent n’en manque pas, et l’écrivain que je suis est leur frère. »

Jean Raspail est un passeur d’âmes. Ce nautonier, ce nocher, ce marin de las tierras del fuego, n’aura jamais cessé de nous raconter – de nous inventer – de belles histoires pour nous consoler des laideurs du temps. Il avait conservé l’esprit d’enfance, le panache du Capitaine Fracasse (son livre de chevet), le goût du jeu (du roi). Il a porté tous ces trésors jusqu’à son dernier souffle. Jusqu’au dernier voyage sur le chemin du Bon Dieu.

A son épouse, Aliette, à sa fille et à son fils, Marion et Quentin, nous disons, même si les mots sont dérisoires en de telles circonstances, notre fidèle et indéfectible affection.

Alain Sanders

Article paru dans Présent daté du 15 juin 2020

Tchétchènes versus Maghrébins – C’est la guerre à Dijon !

Tirs de kalachnikov, explosions, voitures fonçant dans la foule, véhicules incendiés… Depuis quatre jours, c’est une véritable guerre qui oppose chaque soir des centaines de Tchétchènes et de Maghrébins dans la capitale des ducs de Bourgogne, sur fond de trafic de drogue. Une situation totalement ahurissante qui, bien qu’étant d’une gravité et d’une ampleur inédites, ne semble pourtant pas inquiéter plus que cela ce gouvernement lamentable avant tout préoccupé par le désarmement moral et physique de ses policiers.

Fusillades et incendies en pagaille

A l’origine de ces incroyables scènes de guérilla urbaine, un différend survenu le 10 juin entre un jeune Tchétchène et des dealers maghrébins de Dijon, qui l’auraient passé à tabac. Pour se venger, les Tchétchènes auraient alors mobilisé des membres de leur communauté dans toute la France, et même en Belgique, pour mener une vaste expédition punitive contre les Maghrébins de Dijon. C’est ainsi que, vendredi soir, quelque 150 Tchétchènes, encagoulés et armés pour certains de kalachnikovs, pour d’autres de barres de fer, couteaux et autres battes de baseball, ont pris d’assaut un bar à narguilé du centre-ville, lors d’une descente qui a fait pas moins de dix blessés ! Mais l’affaire ne s’arrête pas là : la police ayant mis fin aux affrontements, Tchétchènes et Maghrébins se donnaient rendez-vous le lendemain à proximité du quartier ethnique des Grésilles, où des échanges de tirs de kalachnikov ont blessé grièvement le gérant d’une pizzeria. Dimanche, alors que près de 200 Tchétchènes avaient à nouveau investi le quartier des Grésilles, un Maghrébin au volant de sa voiture fonçait sur le groupe, faisait un tonneau et était grièvement blessé. Enfin, lundi soir, 60 gendarmes mobiles, 40 CRS et des renforts de la BAC, ainsi que du RAID, étaient mobilisés pour disperser aux Grésilles un attroupement de quelque 150 Maghrébins cagoulées et armées, qui avaient tiré en l’air, détruit des caméras de vidéoprotection, incendié des poubelles et plusieurs véhicules, dont celui d’une équipe de France 3…

Vers la « libanisation » de la France

De façon assez révélatrice, on notera que tous ces « braves gens », bien conscients de l’impunité totale dont bénéficient les criminels dans notre pays, n’hésitent pas à se bousculer devant les médias pour expliquer, à visage découvert, les motifs de leur colère. C’est ainsi que, parmi les nombreuses interviews de ceux-ci circulant sur Internet, on a même pu voir un Tchétchène déplorer que « la loi française ne [leur permette] pas de tirer sur des gens » ! Face à ces incidents très graves et au silence observé jusque-là par l’Etat, l’opposition n’a pas tardé à dénoncer vivement l’inaction du gouvernement. Ainsi, s’est indignée Marine Le Pen sur Twitter, « notre pays sombre dans le chaos […], des bandes se livrent une guerre ethnique, arme automatique à la main » et « que fait Castaner » ? Une indignation partagée par Dupont-Aignan, qui a observé de son côté : « Pendant que les bien-pensants veulent abattre les statues de ceux qui ont fait l’histoire de France pour se coucher devant le communautarisme, une guerre urbaine fait rage à Dijon entre communautés de Maghrébins et de Tchétchènes. » Avant d’ajouter : « En Marche vers la libanisation de la France ! » Ainsi interpellé, l’Intérieur a tout de même fini par réagir lundi en publiant un communiqué dénonçant « les violents troubles à l’ordre public et les actes d’intimidation survenus dans l’agglomération dijonnaise ». Les qualifiant d’« inadmissibles », il a même promis d’y apporter « une réponse ferme ». Une menace qu’il aura cependant du mal à mettre à exécution au moment où, précisément, il fait tout pour désarmer sa police et où la justice a pour consigne de limiter au maximum les incarcérations… •

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 16 juin 2020

Attaque islamiste de la préfecture de Paris : l’accablant rapport de la commission parlementaire, par Franck Deletraz

Après huit mois d’enquête, la commission parlementaire dirigée par Eric Ciotti (LR) et chargée de faire la lumière sur l’attaque de la préfecture de police de Paris, le 3 octobre 2019, par l’islamiste Mickaël Harpon, a rendu mercredi son rapport. Un rapport sans grande surprise, puisqu’une bonne partie de son contenu a déjà été révélée en février, mais qui conclut une fois de plus à « de graves défaillances » dans le suivi de Harpon, dont des actes auraient dû alerter sa hiérarchie.

Une succession de « signaux » ignorés

Présenté à huis clos, ce rapport, révélé par Le JDD et Le Parisien, souligne ainsi que plusieurs signaux auraient dû alerter les autorités au sujet de Harpon. A commencer par les propos que celui-ci avait tenus devant ses collègues en janvier 2015 au sujet des attentats de Charlie Hebdo. Des propos qui, rappellent les auteurs du rapport, « revêtaient une évidente gravité », mais n’ont pourtant fait l’objet d’aucun signalement. Pour la commission d’enquête, c’est « le dysfonctionnement le plus grave de l’affaire Harpon ». L’autre élément à charge contre le comportement de l’informaticien et contre le suivi de son évolution est sa conversion à l’islam après son mariage entre 2009 et 2011, conversion qui l’avait notamment conduit à ne plus saluer les femmes. Or, malgré plusieurs remarques de ses supérieurs, souligne la commission d’enquête, là encore, aucun signalement n’avait été effectué… Bref, autant de « failles » de sécurité inconcevables, insistent les députés, qui ont permis à Harpon de passer à travers les radars de l’antiterrorisme et de tuer à l’arme blanche quatre de ses collègues.

Les propositions de la commission

Pour prévenir de nouveaux actes « de l’intérieur » à l’avenir, la commission d’enquête formule alors dans son rapport 35 propositions, à commencer par « la refonte totale » de la DRPP. Face à la nécessité de rehausser les standards de recrutement au sein de celle-ci, la première proposition est de confier à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et au renseignement interne des armées (DRSD) le « rôle de chefs de file des recrutements au sein des services de renseignement ». La commission ne va pas jusqu’à préconiser dès à présent une suppression de la DRPP, mais elle suggère « à moyen terme » de la « repositionner » au sein du renseignement intérieur selon deux scenarii possibles, allant de « sa refonte totale au transfert a minima des activités de lutte contre le terrorisme vers la DGSI ». Par ailleurs, concernant la détection des signes de radicalisation, la commission préconise d’intensifier les efforts et les formations au sein des services de sécurité sur ces sujets. Afin de renforcer les procédures de recrutement, elle propose en outre « d’étendre le champ des enquêtes administratives préalables au recrutement des personnels administratifs des administrations remplissant une mission de sécurité et des personnels civils dans les armées, afin d’assurer un contrôle de l’ensemble des personnels, même non habilités ». Enfin, s’agissant des procédures d’habilitation, les auteurs du rapport font plusieurs propositions afin de les renforcer (réduction de la validité, suivi, signalement…), et préconisent l’instauration d’une prestation de serment affirmant l’adhésion aux valeurs de la République pour « l’ensemble des professions sensibles ».

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 10 juin 2020

L’émoi fait loi – Castaner : l’impardonnable forfaiture, par Etienne Defay

La mesure est comble et la lâcheté du ministre de l’Intérieur commence à devenir non dissimulable. Après le magnifique « soupçon avéré » de racisme concernant les policiers, l’inimitable premier flic de France a annoncé que les manifestations de soutien à George Floyd et Adama Traoré seraient autorisées. Une décision qui va à l’encontre de tout principe législatif. « L’émotion est supérieure au droit dans ces cas-là. »

On invitera le lecteur à méditer cette phrase. Car elle est une synthèse parfaite. Comme le rappelle avec ironie la journaliste du Figaro Eugénie Bastié : « Castaner vient de trouver l’épitaphe de la civilisation occidentale. » En effet, c’est beau, c’est propre, c’est presque du Philippe Muray dénonçant la société festiviste basée sur l’injonction permanente de la fête et de l’émotion. Muray ? Pas seulement. Car il y a aussi du Houellebecq chez Castaner. Il faut pour cela se reporter à l’avant-dernière publication de l’écrivain, Soumission. « Castaner ploie les deux genoux au sol » dénonce l’éditorialiste Guillaume Bigot sur Boulevard Voltaire.

L’émotion supplante le droit… Dira-il cela à ceux qui n’ont pas pu enterrer leurs proches à cause des restrictions de liberté liées à l’épidémie ? Soutiendra-il cela face aux éborgnés, aux mutilés, aux laissés pour compte de la mondialisation ? Ils ne sont rien, me répondrez-vous. Ceux-là qui ont la dignité de crever en silence, qu’ils soient retraités, paysans, policiers, infirmiers, militaires ou ouvriers, ne pourront prétendre à cette supériorité de l’émotion. Pour eux, ce sera la loi appliquée avec un zèle des plus iniques.

Parallèlement, LREM demande à tous les citoyens de respecter 8 min 47 de silence ce mardi à 18 heures en l’honneur de George Floyd. Ce même soir, les Insoumis Jean-Luc Mélenchon et Adrien Quatennens s’agenouillaient place de la République avec les manifestants conviés par SOS Racisme. Il ne manquait plus que cela à vrai dire, les Insoumis qui ne méritent plus leur préfixe depuis longtemps et LREM sont donc en lice pour une compétition victimaire dont le pactole sera électoral à n’en pas douter. Tout le cynisme, le mépris politique et la haine de soi poussés à une sorte de paroxysme…

Pour les policiers, la coupe est pleine. Pris dans une tornade créée par la haine communautarisée, le mépris des bourgeois blancs flagellant leurs privilèges et lâchés par leur chef, nos forces de l’ordre accusent le coup. Un coup d’autant plus violent qu’il ne vient pas de l’ennemi en face mais d’un coup dans le dos porté par un chef qui aurait dû se trouver devant eux.

Castaner n’évoquera pas les suicides de policiers, les blessés, les mutilés, les tués, les internés. Castaner n’aura pas de mot pour ceux assassinés par le terrorisme. Castaner a, au nom d’une émotion supérieure au droit, trahi ses hommes et déshonoré une République qui à force d’être souillée finira par ressembler à ceux qui la violent. Pour la première fois, cher lecteur, le dégoût nous prend à la gorge.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 10 juin 2020

Un ministre choisit le camp des voyous ethniques

Après trois ans de gouvernement Philippe, certains parmi nous pensaient peut-être avoir tout entendu en matière de propos indignes, intolérables et révoltants. Or, qu’ils se détrompent : bien que les groupuscules communautaristes, d’extrême gauche et autres suprémacistes noirs rassemblés mardi soir à l’appel du comité Traoré aient ouvertement défié l’Etat en bafouant l’interdiction de manifester prononcée par la préfecture de police, bien qu’ils s’en soient violemment pris aux forces de l’ordre et aient entièrement saccagé une partie du XVIIe arrondissement de Paris, Didier Guillaume a dit « comprendre » ce rassemblement « incroyable », et réclamé que « l’Etat français » fasse « toute la lumière » sur l’affaire Traoré !

Guillaume, l’idiot utile des suprémacistes noirs

Invité mercredi matin par Sud Radio, le ministre de l’Agriculture, manifestement très satisfait de cette manifestation sauvage qui a tourné à l’émeute et a donné lieu à de graves violences, a ainsi déclaré qu’« aucun enfant de France, aucun citoyen qui habite sur le sol de la France, ne doit être attaqué, discriminé, vilipendé ». Disant déceler « une tension extrême dans le pays et le sentiment de certains de nos concitoyens de subir des actes racistes », Didier Guillaume, qui n’avait sûrement pas en tête à ce moment-là le racisme anti-Blanc qui ne cesse de gagner du terrain dans notre pays, a alors expliqué que « la règle absolue dans la République, ce qui fonde notre pacte républicain, c’est justement l’accueil, la diversité et l’intégration ». Aussi, a-t-il poursuivi, « je souhaite désormais que la République passe. Et pour qu’elle passe, il faut que les règles de la République soient respectées pour tout le monde ».

« Désertion de l’Etat républicain »

Des propos qu’ont sûrement appréciés les centaines de policiers insultés et violemment caillassés pendant des heures mardi soir par les milliers de voyous ethniques rassemblés devant le tribunal. Deux d’entre eux ont d’ailleurs été blessés. Mais aussi les riverains et commerçants du XVIIe arrondissement qui ont vu leur quartier entièrement mis à sac. Parmi les innombrables dégradations ? La maison des avocats fracturée, plusieurs incendies de barricades alimentés avec du mobilier urbain (vélos, trottinettes électriques et deux engins de chantiers incendiés), des poubelles renversées ou incendiées, quatre vitrines de commerces taguées ou étoilées et enfin, à Clichy, la façade de la police municipale dégradée tout comme un véhicule et la devanture d’un supermarché. Pour le seul XVIIe, Geoffroy Boulard, maire de l’arrondissement, évaluait l’ardoise à… « un million d’euros » ! Bref, si Didier Guillaume a pu s’enthousiasmer devant ce scandale, fort heureusement d’autres ont vivement réagi face à cette manifestation. Parmi ceux-ci, on citera notamment le député RN Bruno Bilde qui, dans une question écrite au ministre de l’Intérieur, a dénoncé « la désertion de l’Etat républicain », en rappelant que « rien n’a été fait par les services du ministère de l’Intérieur pour empêcher la tenue de ce raout racialiste ».

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 4 juin 2020

Bronx-sur-Seine – Manifestation interdite du Comité Adama Traoré, par Franck Deletraz

Forces de l’ordre violemment prises à partie, quartier entièrement saccagé et boulevard périphérique envahi : alors que la Préfecture de police de Paris l’avait formellement interdite et que plusieurs syndicats de policiers avaient mis en garde les autorités contre les graves débordements que celle-ci pouvait entraîner, la manifestation ouvertement anti-flics organisée par le Comité Adama Traoré s’est quand même tenue mardi devant le tribunal judiciaire de Paris, donnant lieu, comme l’on pouvait s’y attendre, à d’innombrables violences. Retour sur un véritable scandale qui, dans tout pays normalement constitué, entraînerait la démission immédiate du ministre de l’Intérieur.

Importer le conflit racial en France

Pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que la foule des groupuscules communautaristes, racistes, et d’extrême gauche qui sévissent impunément depuis des années sur notre sol, inspirés par les émeutes qui secouent les Etats-Unis depuis la mort de George Floyd, tentent aujourd’hui d’importer chez nous ce conflit racial et anti-flics. Le préfet Lallement semble lui-même en avoir conscience puisque, dans un mail qu’il a adressé mardi aux policiers pour leur apporter son soutien, il y a fait indirectement allusion en rappelant qu’en France « une accusation ne suffit pas à faire une vérité » et que « la police de l’agglomération parisienne n’est ni violente, ni raciste ». Conscient également que « la tonalité de l’appel à manifester relayé par les réseaux sociaux (laissait) craindre que des débordements aient lieu sur un site sensible », Lallement avait aussi formellement interdit le rassemblement prévu par le Comité Traoré. Une interdiction qui ne devait cependant pas impressionner les organisateurs puisque, à peine le communiqué de la Préfecture publié, ceux-ci défiaient ouvertement l’autorité en annonçant que la manifestation aurait quand même lieu. Dans la soirée, plusieurs milliers de militants communautaristes et d’extrême gauche se rassemblaient ainsi devant le tribunal judiciaire, porte de Clichy, à Paris, pour manifester aux cris de… « tout le monde déteste la police ». Des appels à la haine qui n’ont évidemment pas tardé à donner lieu à de violents incidents, au cours desquels les forces de l’ordre ont été sans cesse prises à parti, le quartier saccagé, des vélos et du mobilier urbain incendié, des barricades érigées et le boulevard périphérique envahi par les manifestants. Des affrontements qui se sont poursuivis jusque tard dans la soirée, s’étendant même à la commune limitrophe de Clichy, où les vitres d’un poste de police municipale ont été saccagées.

Castaner dehors !

Au lendemain de ces émeutes qui étaient largement prévisibles, on ne peut que se demander pourquoi les autorités ont piteusement renoncé à faire respecter l’interdiction de manifester prononcée par la Préfecture et n’ont pas donné l’ordre aux policiers de disperser immédiatement les manifestants. Pas gêné plus que cela, semble-t-il, d’avoir vu l’autorité de l’Etat ainsi ouvertement bafouée, le ministre de l’Intérieur devait se contenter de publier un banal tweet en fin de soirée affirmant que « la violence n’a pas sa place en démocratie », et que « rien ne justifie les débordements survenus ce soir à Paris, alors que les rassemblements de voie publique sont interdits pour protéger la santé de tous » ! Une réaction d’autant plus inacceptable que l’on a pu voir Castaner, en d’autres occasions, faire preuve d’un zèle tout particulier dès lors qu’il s’agissait de faire respecter des interdictions de manifester prononcées contre des manifestants pro-Vie ou encore des Identitaires. Par ailleurs, au moment où les comités prétendument « anti-racistes » et autres groupuscules d’extrême gauche multiplient en France les manifestations violentes et les appels à la haine anti-flics, on ne peut que se demander, là aussi, comment il se fait que le ministère de l’Intérieur n’ait pas depuis longtemps déjà demandé leur dissolution immédiate.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 3 juin 2020

Cette guerre raciale qui vient, par Benoît Busonier

Le point commun entre le commissaire de police, le gouverneur et le maire de Minneapolis ? Ils sont tous de gauche. Aux Etats-Unis, on dit démocrates. Autrement dit, ils sont théoriquement sensibles à la cause dite des « minorités ». Or, c’est leur ville qui brûle. Peut-être est-ce parce que leur logiciel mental, consistant en une culture de l’excuse et de la repentance, a enfanté un monstre de haine qu’il sera très difficile de calmer.

Pourtant les chiffres sont éloquents. 2 % des victimes noires sont tuées par des Blancs. 1 % des Noirs sont tués par la police. 97 % des Noirs sont tués par des Noirs. Pour mettre ces chiffres en perspective, 81 % des victimes blanches ont été tuées par des Noirs, 3 % par la police, et 16 % par des Blancs. Les Noirs, soit environ 12 % de la population aux Etats-Unis, représentent jusqu’à 40 % de la population carcérale.

Nul besoin d’avoir une carrière d’analyste politique ou un cursus universitaire pointu pour trouver la vérité qui se cache derrière ces données : la population noire est extrêmement violente et criminogène, et est responsable en grande partie des malheurs qui l’accablent. Logements, emploi, les discriminations à leur encontre sont factuellement une réalité aux Etats-Unis. Mais qui a envie d’employer le membre d’une communauté incapable de s’autodiscipliner à ce point ?

La preuve en est que, lors des émeutes en cours, déclenchées par la mort de Georges Floyd, un homme qui n’a pas mérité de mourir ainsi mais qui avait tout de même un casier judiciaire long comme le bras, les Noirs se sont attaqués à des commerces. Autrement dit, pour protester contre le préjugé qu’ils seraient des voleurs, ils pillent. Pour protester contre le préjugé qu’ils seraient violents, ils lynchent. Pour protester contre le préjugé qu’ils seraient indolents, ils cassent des petites boutiques de commerçants qui travaillent dur. On aurait préféré que pour protester contre le préjugé qu’ils sont bêtes, ils passent des doctorats.

Mais comment leur en vouloir après tout ? Il se trouve un personnel politique pour excuser toutes leurs actions, les justifier, et même participer aux manifestations, voire les organiser. Mais si ce savoir-faire en guérilla urbaine des antifas est, un temps, efficace contre les forces de l’ordre, il risque de se retourner contre eux rapidement. Les Américains, dont la culture de la manifestation n’est pas aussi poussée que la nôtre, ne disposent pas d’un savoir-faire aussi sérieux que le nôtre en matière de maintien de l’ordre. Assez rapidement, ce sera l’armée qui sera envoyée contenir la foule et les désordres. Or, toute armée est entraînée pour tuer. Le risque d’autres morts augmentera jusqu’à être une certitude lorsque des militaires seront déployés. Et, avec ce risque, celui d’un embrasement généralisé. Et la possibilité que l’Amérique profonde et plus rurale, celle de la « Rust Belt », mais également l’Amérique des gangs latinos commencent à se mêler de remettre de l’ordre.

En France, un personnel politique dit « indigéniste » travaille à importer ce conflit propre aux Etats-Unis sur le sol français : Rokhaya Diallo, Maboula Soumahoro, Taha Bouafs, ils attisent le feu social pour déclencher la guerre raciale de leurs vœux, pour enfin faire la peau aux Blancs qu’ils détestent. Les cités, frémissantes pendant le confinement, n’attendent qu’une bavure. Et le match sera lancé.

Benoît Busonier

Article paru dans Présent daté du 2 juin 2020

Dix ans de gouvernements Orbán en Hongrie

Il y a dix ans, le 29 mai 2010, Viktor Orbán et son parti, le Fidesz, formaient un gouvernement après huit ans passés dans l’opposition. Auparavant, Orbán avait déjà occupé le poste de Premier ministre pendant quatre ans, de 1998 à 2002. Le tournant qui conduisit à la victoire éclatante du Fidesz en 2010 s’opéra en 2006, quand, un mois après les élections à nouveau remportées par la gauche et les libéraux, un enregistrement du Premier ministre hongrois Ferenc Gyurcsány fut diffusé à la radio dans lequel on entendait cet ex-communiste devenu oligarque dire : « Nous n’avons rien fait pendant quatre ans. Rien. Vous ne pouvez pas me citer un seul exemple d’une action sérieuse du gouvernement dont nous pourrions être fiers, si ce n’est que nous avons repris le pouvoir avec de la merde. […] Depuis un an et demi, nous mentons matin, midi et soir. » S’ensuivirent des manifestations qui furent brutalement réprimées par les autorités et tournèrent à l’émeute, conduisant même à l’assaut d’une foule excédée contre le siège de la télévision publique. Puis vint la crise financière de 2007 alors que la Hongrie affichait déjà un déficit budgétaire de 9,6 % du PIB en 2006, année électorale oblige, et ensuite les plans de rigueur sous la coupe du FMI.

Arrivés au pouvoir avec une majorité constitutionnelle des deux tiers au Parlement, le Fidesz et son chef allaient mener les réformes au pas de charge, ce qui leur vaudra très rapidement les attaques de l’UE et des médias européens. Cela commença par une nouvelle constitution pour remplacer celle rédigée par Staline en personne, toujours en vigueur sous une forme modifiée. Le préambule de la nouvelle constitution commençant par les mots « Dieu, bénis les Hongrois », la mention du mariage en tant qu’union d’un homme et d’une femme, et le rappel de la présence de Hongrois au-delà des frontières de la Hongrie – héritage du traité de Trianon – suffirent pour que la nouvelle loi fondamentale fût considérée comme imprégnée de cléricalisme, d’homophobie et de nationalisme.

Evitant toujours la confrontation frontale, sachant reculer d’un pas après avoir avancé de trois, fort de ses excellentes relations avec des personnalités européennes de premier plan, Viktor Orbán s’est montré un adversaire redoutable et il a jusqu’ici remporté toutes les manches. Lui et son parti, le Fidesz, ont su, à partir de la défaite de 2002 et après le retour au pouvoir en 2010, imposer un vrai pluralisme médiatique – chose insupportable pour les partisans de la pensée unique et du politiquement correct – et modifier ainsi durablement le rapport de force. Affichant de bons résultats économiques avec des déficits en baisse malgré des politiques natalistes très volontaristes, ayant réduit le chômage à presque rien et redonné à la Hongrie une des plus fortes croissances du continent avant la crise sanitaire actuelle, ayant su également défendre les frontières contre l’assaut migratoire en 2015-2016, l’homme d’Etat hongrois a conduit son parti conservateur et ses alliés chrétiens-démocrates à deux nouvelles victoires écrasantes, en 2014 et 2018.

En 2012, venu répondre aux reproches du Parlement européen, Orbán avait résumé ainsi son programme : « Nos idéaux sont chrétiens. Ils s’appuient sur la responsabilité de l’individu, les sentiments nationaux positifs sont pour nous importants et nous considérons la famille comme le fondement de l’avenir. » Lucide, il avait encore ajouté : « Peut-être sommes-nous minoritaires en Europe, mais nos convictions sont malgré tout européennes et nous avons le droit de les défendre. » Les défendre, c’est ce qu’il fait depuis maintenant dix ans avec le soutien d’une large majorité d’électeurs hongrois.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 28 mai 2020

Quelle pilule avaler ? Le docteur Raoult sème la zizanie

Les experts sont épatants : ils nous offrent un incroyable spectacle, une sorte de match de tennis, où chaque jour, nous croyons assister à la balle de match. Mais au dernier moment, le joueur en difficulté, d’un fulgurant revers, remporte le set, et relance la partie. Il y a trois jours, le professeur Raoult était acculé en fond de cours : The Lancet, la revue médicale britannique, dévoilait les résultats d’une enquête qui mettait en garde contre l’hydroxychloroquine, en tant que remède contre le COVID-19. Mais le professeur ne s’en laisse pas compter, et riposte.

Didier Raoult, le chercheur non conformiste de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) de Marseille, considère l’étude du Lancet comme « foireuse ». Elle a été réalisée « par des gens qui n’ont pas vu de patients », s’indigne-t-il. Elle a néanmoins été menée à partir des dossiers de 15 000 malades du COVID-19. C’est la seule étude à ce jour ayant porté sur un aussi grand échantillon. Son rédacteur est catégorique : la preuve statistique est désormais faite que la chloroquine ne guérit pas du COVID-19, mais augmente même les risques de mortalité. Dès lundi, l’OMS suspendait les essais cliniques en cours sur des malades du COVID-19.

Le professeur Raoult est-il un nouveau Pasteur, un nouveau Semmelweis qui s’entête contre les plus hautes autorités médicales parce qu’il sait qu’il a raison ? Ou assistons-nous au caprice d’un égocentrique ne supportant pas d’être démenti par les faits ? Ce n’est évidemment pas « l’opinion publique » qui peut trancher.

« Le noyau dur des raoulistes »

Pourtant cette opinion publique réagit, et se range dans l’un ou l’autre camp, transformant en quelque sorte chaque Français en expert des virus. Lisez les messages sur les réseaux sociaux : ils sont innombrables à prendre parti sur un sujet pourtant strictement scientifique :

« Amusant, il ne reste que le noyau dur des raoulistes qui argumentent encore entre eux en circuit fermé. Les autres ont compris et sont partis », écrit un internaute, faisant sans doute allusion à Ségolène Royal, qui vient d’effacer de son site ses prises de position pro-Raoult. Mais dans le camp d’en face, on n’est pas en reste : « Je fais totalement confiance au professeur Raoult (…) mais je n’ai aucune confiance en Buzyn, Véran ou l’OMS (leur lien avec les labos est avéré) ».

Ce que disent Raoult et son équipe, c’est que 3 600 malades sont passés entre leurs mains, qu’ils ont été traités par une association médicamenteuse à base de chloroquine, et que la mortalité de cette cohorte a été du même coup « la plus basse du monde ». Or l’étude du Lancet indique au contraire une surmortalité pour le même traitement, sur 15 000 malades. D’où la recommandation de l’interrompre, et d’où la prise de position de l’OMS.

« Je ne sais pas si ailleurs l’hydroxychloroquine tue, mais ici elle a sauvé beaucoup de gens » répond Raoult. Quant aux arythmies cardiaques qui découleraient de ce traitement, il indique simplement qu’il n’en a pas observées chez les patients de son IHU.

C’est un débat purement scientifique, qui semblerait donc relativement facile à trancher. A condition d’avoir un peu de temps. Mais c’est là que le bât blesse : du temps, nous n’en avons pas, alors que la pandémie progresse sur le continent américain, qu’elle rebondit ici ou là, et que la pression de cette fameuse opinion publique est à son paroxysme. Et Raoult est un homme de conviction : il ira jusqu’au bout.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 27 mai 2020

Les banlieues en roue libre, par Etienne Lafage

Les « rodéos » se multiplient en France ces dernières semaines, provoquant de la colère, des blessés… Mais peu d’arrestations.

Nous ne sommes pas au Texas où des athlètes endurants chevauchent un cheval ou un taureau. A Lyon, Amiens ou en région parisienne, les cowboys ont un tout autre profil. Sur leurs motos, leurs quads ou dans leurs berlines, ils s’approprient les routes, les avenues ou des tronçons d’autoroute pour pratiquer un jeu qui a tout de dangereux et d’illégal.

Le phénomène existait déjà les étés précédents mais à la sortie du confinement, de nombreux quartiers ont vu ce phénomène prendre de l’ampleur. Dorénavant, c’est à plusieurs centaines de véhicules que ces jeunes déboulent sur les boulevards, sous le regard impuissant des forces de l’ordre, paralysés par les accusations de la chanteuse Camélia Jordana dans « On n’est pas couché » : selon elle les policiers « massacrent » des hommes et femmes pour leur couleur de peau…

Les riverains, excédés par les nuisances sonores et les dégradations, en deviennent les premières victimes. Bruits incessants, dégradation, pollution mais aussi blessures physiques. Dans la cité de Neuhof, à Strasbourg, ce sont deux enfants de 10 et 11 ans qui ont été blessés, mercredi 20 mai après avoir été percutés par un chauffard sur son scooter. Par chance, ils ne souffrent « que » de contusions multiples et de dents cassés, mais pas de fracture. Le conducteur « sans casque, a pris la fuite », rapporte les Dernières nouvelles d’Alsace. Mais cette fois, pas d’embrasement comme il y en a eu à Argenteuil plusieurs soirs d’affilée, après un accident impliquant un chauffard qui participait à un « run sauvage ».

Dans la métropole lyonnaise, le nombre de rodéos urbains se multiplient également, ces derniers jours. Le 20 mai, un motard de la police a été volontairement percuté à plusieurs reprises, alors qu’il intervenait avec ses collègues pour tenter de mettre fin à ce rodéo sauvage. Selon Lyon Mag, un individu circulant sur un puissant scooter a foncé plusieurs fois sur le motard, le faisant chuter. Blessé à la jambe, le policier s’est vu prescrire sept jours d’incapacité totale de travail (ITT). Les rodéos font des émules dans l’agglomération. A Bron, il s’est terminé par un feu d’artifice… tiré en direction des agents de police. A Vaulx-en-Velin, un rodéo sauvage a perturbé le réseau des transports en commun pendant un long moment. Les policiers ont interpellé une personne. Dans les Yvelines également, les motos sont de sorti pour les beaux jours. Villepreux, Sartrouville, Guyancourt, Trappes, Achères… Quelques conducteurs auraient été blessés après une chute ou des collisions avec d’autres automobilistes.

Dans la banlieue d’Amiens, ils étaient 200 à s’être donné rendez-vous dans la zone commerciale de Glisy. Les policiers sont intervenus et ont interrompu la soirée. Là encore, une personne a été interpellée et un véhicule a été confisqué, rapporte TF1.

L’adjointe du quartier Neuhof à Strasbourg au journal DNA le reconnaît, impuissante : « On a du mal à gérer les scooters dès qu’il fait beau, même pendant le confinement, ils n’ont pas arrêté ». La faute au beau temps, en quelque sorte ?

Etienne Lafage

Article paru dans Présent daté du 25 mai 2020

La loi Avia votée : un grand pas vers la dictature, par Francis Bergeron

Mercredi, l’Assemblée nationale a voté en dernière lecture la loi Avia, du nom du député LREM qui portait le projet. Cette loi prétend combattre la haine sur Internet. Elle accroît de fait la pensée unique, le politiquement correct, un contrôle totalitaire sur l’écrit, la parole, l’image. La plupart des partis politiques se sont opposés à cette loi.

Mais le PS s’est abstenu, et les voix de LREM ont été suffisantes pour entériner le texte. Or la question est la suivante : qu’est-ce qu’un propos haineux ? Qui le définit ? En déléguant le droit de censure aux géants de la communication sur le Net, le Parlement privatise (qui plus est au profit d’entreprises étrangères) une fonction régalienne essentielle, celle portant sur la liberté d’expression et sur la gestion de ses limites.

La France insoumise et Les Républicains avaient soutenu la même motion de rejet de ce texte. Mediapart avait dévoilé les propos plus ou moins privés de Mme Avia, pour démontrer qu’à l’aune de la définition des « messages de haine », elle devrait être censurée, elle aussi. Mais rien n’y a fait. Le « camp du bien » a remporté une nouvelle bataille.

Dorénavant, Facebook, Google, Apple et les autres, les moteurs de recherche, les sites, les blogs auront 24 heures pour supprimer tout contenu supposé « haineux » et « illégal ». A défaut, l’amende pourrait représenter 4 % du chiffre d’affaires mondial. On parle de sociétés dont le chiffre d’affaires se compte en dizaines de milliards de dollars. Les contenus « manifestement illégaux » sont visés. Mais croyez-vous que ces entreprises prendront le risque d’une amende de plusieurs milliards s’ils ont le moindre doute ? Pour la première fois dans l’histoire moderne du droit, le doute sur la culpabilité sera sanctionné : la censure s’abattra.

« Traquer la haine », disent-ils

Les contenus pédopornographiques ou terroristes devront être retirés dans l’heure. Ce qui signifie que des moteurs de recherche supprimeront d’office, sur la seule présence de mots clés, des citations pédophiles de Cohn-Bendit (surtout s’il s’agit de les révéler), ou peut-être Les Réprouvés, d’Ernst von Salomon, Les Terroristes, de Roland Gaucher…

Une antenne judiciaire spéciale va être créée pour traquer « la haine ». Le CSA aura des pouvoirs élargis. Et chaque plate-forme devra être équipée d’un bouton unique pour signaler tout propos présumé haineux. C’est le triomphe de la Dilcrah ministérielle (lutte contre le racisme, etc.), du MRAP, de la LICRA, de SOS Racisme et des innombrables ligues de vertu subventionnées, qui n’auront plus qu’à faire cliquer sur ce bouton pour interdire un site, une revue numérisée, une pétition en ligne.

S’opposer à l’avortement ? Une manifestation de haine à l’égard des femmes ! Refuser le mariage gay, la GPA ? Homophobie ! Déposer un projet de loi contre l’immigration ? Xénophobie ! Racisme !

Le préposé de la Dilcrah évoque avec délectation la perspective de fermer, grâce à cette loi, des sites qui « font 800 000 visites par mois ». Le Salon beige ? Boulevard Voltaire ? Fdesouche ? Le site de Présent ? Tous, peut-être !

Pour Emmanuelle Ménard, « la loi Avia muselle la liberté d’opinion et d’expression ». Pour Marine Le Pen, « la loi Avia, c’est le dernier clou dans le cercueil de la liberté d’expression ! » En quoi en effet la France de 2020 diffère-t-elle désormais de la Chine ou de la Corée du Nord ?

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 14 mai 2020

Le coût de l’immigration ? Un pognon de dingue !

Mieux vaut tard que jamais. La Cour des comptes a publié un audit retentissant. Retentissant parce qu’il officialise ce que tous savaient déjà. O surprise, ô rage, ô désespoir. La cohorte des Victor Hugo afghans et des ingénieurs syriens. Ces enrichisseurs de culture censés nous relever économiquement coûtent finalement à la France et aux Français la bagatelle de 6,6 milliards d’euros. Une paille !

Plus intéressant encore que ce chiffre sur lequel nous reviendrons, la Cour des comptes détaille dans ce document toute la chaîne de l’immigration. Tout ou presque dysfonctionne dans l’accueil, l’intégration et la régularisation des sans-papiers. On apprend aussi que les titres de séjour octroyés à nos chances pour la France ont augmenté de 38 % depuis l’ère de Nicolas Sarkozy. De quoi pâlir. 276 576 titres de séjours nouveaux ont été distribués en 2019. Un chiffre à mettre en relation avec le nombre non négligeable de ceux qui restent chez nous de manière illégale et ceux qui se font renouveler le précieux sésame.

Le fantasme balayé de l’immigration choisie

La France délivrait, en 2016, 3,72 premiers titres de séjour pour 100 000 habitants (autant qu’en 2006), moins que l’Italie (4,42), le Royaume-Uni (6,32), l’Espagne (7,65), l’Allemagne (12,18), la Suède (14,53) ou la Suisse (17,03). Une information qui corroborait le fait que l’hexagone ne privilégierait pas l’immigration professionnelle. En revanche, la France s’est fait une spécialité : accueillir les réfugiés économiques qui ne sont donc pas de pauvres Syriens fuyant la guerre… En 2019, 154 620 demandeurs d’asile ont été enregistrés. Plaçant la France dans la fourchette haute des pays de l’UE, mais surtout plaçant son système d’asile sous forte tension nous dit encore le rapport mis en exergue par nos confrères du Figaro. Rien d’étonnant quand on voit que les refus d’asile se chiffrent autour de 1 %.

Toutefois, s’il faut saluer l’essai de transparence de la Cour des comptes, il faut rétablir la vérité. Même s’il paraît énorme pour nos hauts fonctionnaires, ce chiffre paraît évidemment totalement sous-évalué. Jean-Yves Le Gallou que nos lecteurs connaissent bien a publié une contre-étude sur Polémia qui en dit long. Toutes les autres études concluent au contraire à un surcoût budgétaire dû à l’immigration : de 17 milliards dans la dernière étude de Jean-Paul Gourévitch (2012) ; de 42 milliards chez Pierre Milloz (1997) dont l’étude ancienne continue de faire référence par sa rigueur méthodologique, de 73 milliards chez Yves-Marie Laulan (2012). Jean-Yves Le Gallou a, lui, évalué à 18 milliards le seul coût d’entrée et d’accueil des 200 000 immigrés supplémentaires annuels (coût en infrastructure notamment).

Alors que notre pays s’enfonce dans la crise et que les nuages noirs de la récession sont déjà à nos portes, il serait de bon ton de traquer çà et là quelque économie substantielle. Espérons que ceux qui nous gouvernent y verront une piste sérieuse de réflexion. Encore faudrait-il que leur parti pris idéologique soit balayé par la froide réalité des chiffres. Mais il est hélas permis d’en douter.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 6 mai 2020