La mosquée de Pantin rouvre tranquillement ses portes : Moins de six mois après la décapitation de Samuel Paty

mosquée poitiers

Souvenez-vous : c’était le 21 octobre dernier, dans la foulée du monstrueux assassinat de Samuel Paty par un « réfugié » islamiste tchétchène. Prenant son habituelle posture de matamore, le ministre de l’Intérieur Darmanin, après avoir juré devant les Français de mener la « guerre contre les ennemis de la République », annonçait à grand renfort de publicité médiatique la fermeture pour six mois de la mosquée salafiste de Pantin, pour le motif que ses responsables avaient relayé sur Facebook les appels aux meurtres lancés contre la victime. Or, cinq mois et demi plus tard, et après un changement, pour la forme, de la direction de l’association gestionnaire de ladite mosquée, ce lieu où l’on prêche la haine de la France et des Français s’apprête à rouvrir tranquillement ses portes vendredi pour le ramadan !

Un changement de direction pour la forme

Il faut dire que, avec une naïveté qui confine franchement à la bêtise et témoigne d’une méconnaissance évidente des stratégies islamistes, Darmanin n’avait fait fermer que temporairement ce repère de djihadistes en puissance, posant pour seules conditions à sa réouverture le départ de son imam salafiste Ibrahim Doucouré, et la démission de son recteur tout aussi fanatisé M’hammed Henniche, président depuis 2013 de la sulfureuse Fédération musulmane de Pantin. En clair, il suffisait d’un simple changement de noms à la tête du conseil d’administration de la mosquée pour que celle-ci puisse reprendre illico ses activités subversives. Plus gênante, en revanche, était pour les islamistes la décision du préfet de Seine-Saint-Denis, Georges-François Leclerc, de retirer en novembre à l’association qui gère la mosquée son caractère cultuel, rendant ainsi caduque l’attribution (scandaleuse) par la ville de Pantin d’un bail emphytéotique pour la construction de la future grande mosquée.

Sauver le bail emphytéotique de la nouvelle mosquée

C’est d’ailleurs pour « sauver le bail emphytéotique de la nouvelle mosquée » que M’hammed Henniche a officiellement annoncé le 14 mars sa démission de l’association gestionnaire de la mosquée de Pantin au profit de Dramé Abderrahman. Et, dès le lendemain, le ministre de l’Intérieur s’empressait de publier sur Twitter un message demandant au préfet de Seine-Saint-Denis « de se mettre en rapport avec la nouvelle équipe pour envisager la réouverture de la mosquée dans les meilleurs délais ». Une réouverture qui aura donc lieu ce vendredi, pour le début du ramadan, et à laquelle participera peut-être d’ailleurs M’hammed Henniche puisque, rappelons-le, celui-ci n’a à ce jour fait l’objet d’aucune poursuite judiciaire pour avoir relayé les appels au meurtre contre Samuel Paty, et a même gardé ses fonctions de secrétaire général de la puissante Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis…

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 8 avril 2021

Vacciner n’est pas libérer ?

vaccination

L’expression « tricher n’est pas jouer » s’entendait beaucoup autrefois dans les cours de récréation. Au sujet de la pandémie, le gouvernement triche souvent avec la vérité, les chiffres, la communication, changeant les règles d’un jeu qui, de toutes les façons, n’est pas clair tant les règles en sont incompréhensibles. « Tricher n’est pas jouer » ? « Vacciner, n’est pas libérer » non plus, semble-t-il.

Saisi par un octogénaire vivant dans l’un des premiers départements concernés par les mesures de restriction maintenant étendues à tout le pays, le Conseil d’Etat a débouté sa demande. Que voulait-il ? Etre libre de se déplacer car il a reçu ses deux doses de vaccin. Problème réglé ? Non. Malgré les multiples affirmations des divers membres du gouvernement, être vacciné contre le coronavirus ne permet pas de se déplacer en France. Dans son ordonnance rendue le vendredi 2 avril, la plus haute juridiction administrative française indique que « les personnes vaccinées peuvent demeurer porteuses du virus et ainsi contribuer à la diffusion de l’épidémie ». La même ordonnance précise que le vaccin contre le Covid-19 « n’élimine pas complètement » le risque de contamination et que cette « atteinte à la liberté individuelle […] ne peut en l’état, au regard des objectifs poursuivis, être regardée comme disproportionnée en tant qu’elle s’applique aux personnes vaccinées ». Olivier Véran a confirmé le rejet de la requête. Etre vacciné ne rend donc pas plus libre.

La France est ainsi devenue le territoire d’Ubu roi. Les personnes vaccinées sont considérées comme ne l’étant pas puisque, à l’opposé de ce que répètent les mantras gouvernementaux, elles ne bénéficient pas d’une amélioration de leur situation quotidienne personnelle. Il n’y aurait pas encore assez de vaccinés, malgré la campagne de propagande d’un exécutif qui affirme le contraire tous les jours. Beaucoup pensaient que, une fois vaccinés, une fois franchi le cap de la peur de vaccins dont on ignore beaucoup sinon que les effets secondaires sont nombreux et dangereux, ils pourraient se déplacer librement sous réserve de bien appliquer les gestes barrières. Que nenni ! Vaccinés mais (faussement) confinés, comme tout le monde ! Une question vient évidemment à l’esprit : si cela ne permet pas la liberté de déplacement, autrement dit si cela ne protège ni ceux qui sont vaccinés ni les autres, à quoi bon aller se faire vacciner ? Une autre question : pourquoi annoncer une vaccination prochaine des enseignants s’ils ne peuvent pas aller enseigner ? Un nouveau mensonge pourrait bien se profiler : le vaccin ne conduira pas forcément à la sortie de la crise sanitaire.

Ce que le gouvernement confirme par défaut, selon l’avocat de l’octogénaire, en motivant son refus par le fait que les vaccins « ne fonctionnent pas à 100 % » et qu’il y a « une incertitude sur ces vaccins ». Ce sont les mots de deux mémoires communiqués par le ministère de la Santé. La vaccination à grande échelle démarrerait-elle avec des vaccins qui ne fonctionnent pas vraiment ?

Paul Vermeulen

Article paru dans Présent daté du 6 avril 2021

La grand-messe des hypocrites, par Etienne Defay

église Saint-Eugène Sainte-Cécile

Ils les tenaient enfin ! Un article du Parisien publié lundi nous apprend que durant la messe de samedi en l’église Saint-Eugène Sainte-Cécile, les distanciations sociales et le port du masque n’ont pas été respectés. Le curé de la paroisse a été dénoncé par le frère d’un catéchumène qui a alerté la presse et l’opinion.

Comme les évangéliques de Mulhouse devenus les boucs émissaires de l’épidémie de COVID, les paroissiens de Saint-Eugène, curé en tête, sont donc devenus les nouveaux adversaires de l’hygiénisme ambiant. Peu importe que les lieux de culte n’aient jamais été des clusters, peu importe au fond que les catholiques aient été privés de culte pendant des mois par la République, il fallait un coupable et il a été trouvé. Mais l’aubaine n’a pas seulement été pour l’opinion. On a évidemment vu l’émission « Quotidien » railler la cérémonie du jeudi Saint, particulièrement le lavement des pieds, mais le plus rude coup n’est pas venu de ces amuseurs publics. Le coup le plus violent a été porté par les coreligionnaires des paroissiens de Saint-Eugène, trop heureux de se payer des « tradis ».

Antoine-Marie Izoard, directeur de la rédaction de Famille chrétienne, l’avocat et blogueur Erwan Le Morhedec, le journaliste de La Croix Laurent de Boissieu, tous ont rivalisé d’ingéniosité pour trouver la meilleure épithète : irresponsables, tradis, complotistes… Un déchaînement qui ironiquement vient de ceux qui passent le plus clair de leur temps à donner des leçons de charité.

En réalité, les paroissiens de Saint-Eugène ont été visés par un article orienté par des images de la célébration soigneusement sélectionnées. On ne montrera jamais les milliers d’heures de messes célébrées à Saint-Eugène et retransmises en vidéo où les règles sanitaires ont été respectées. Non, on s’attardera sur les quelques minutes de célébration où apparemment les règles ont été transgressées sur la foi d’un seul témoignage à charge d’une personne de l’assistance.

Coup dur pour le malheureux curé de l’église située dans le IXe arrondissement de Paris dont le diocèse s’est désolidarisé, enfonçant un peu plus le prêtre. Choqué par la tenue de cette cérémonie dans ces conditions, le diocèse a déclaré : « De toute évidence, lors de cette messe, aucune consigne sanitaire n’a été respectée. »

Une évidence qui ne l’est pas tant que ça. Selon nos informations, l’évêché a communiqué sans même prendre la peine d’entendre la version du prêtre ni même l’appeler préalablement.

« Nous nous désolidarisons totalement de ce type de comportement. Nous allons aviser les personnes responsables de cette messe et allons, en interne, donner des suites », ajoute le diocèse de Paris. Un diocèse qui ne s’était pas privé de condamner les fidèles qui manifestaient pour la messe mais qui se donne visiblement beaucoup de mal pour donner des gages à des pouvoirs publics qui n’ont jamais fait grand cas de la liberté de culte. Si la paroisse a indubitablement manqué de prudence, les réactions que cela a suscitées sont bien plus graves que le non-port d’un masque.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 7 avril 2021

Projet d’attentat islamiste déjoué à Béziers

Policiers attentat

A en croire les enquêteurs de la DGSI, « on a rarement déclenché une opération de façon aussi urgente », tant « l’action semblait imminente ». Intervenant sur ordre du parquet national antiterroriste dans le cadre d’une enquête préliminaire pour « association de malfaiteurs terroriste », les hommes de la DGSI, épaulés par le RAID, ont en effet interpellé dans la nuit de samedi à dimanche dernier, dans le quartier ethnique de La Devèze à Béziers, cinq femmes d’une même famille qui projetaient un attentat contre les fidèles d’une église de Montpellier ou de Béziers à l’occasion des célébrations de Pâques.

Déterminée à passer à l’acte

Au nombre des suspectes arrêtées, une jeune femme de 18 ans, notamment, qui avait attiré en fin de semaine dernière l’attention du renseignement antiterroriste par son activité sur les réseaux sociaux, où elle avait évoqué l’idée de commettre un attentat contre une église, à Béziers ou à Montpellier, vraisemblablement lors du lundi de Pâques. Selon les enquêteurs, elle aurait même clairement manifesté, lors de son arrestation, sa « détermination à passer à l’acte ». Quant aux quatre autres femmes interpellées, il s’agit de la mère et des trois sœurs de la précédente. Arrêtées dans un premier temps parce qu’elles se trouvaient sur les lieux au moment de l’intervention du RAID, elles ont, finalement, elles aussi, été transférées dans les locaux de la DGSI à Levallois-Perret pour y être auditionnées, en raison notamment de l’arsenal découvert dans leur appartement, à l’exception de la plus jeune, âgée de 14 ans, dont la garde à vue, réalisée au commissariat de Montpellier, a été levée lundi soir, sans poursuite à ce stade.

Le rôle majeur des femmes dans le djihad

Il faut dire que, lors de leur perquisition au domicile de ces femmes qui, selon plusieurs témoins, sont « connues pour être radicalisées » et « pour avoir visionné des vidéos de l’Etat islamique », les policiers ont mis la main sur un impressionnant arsenal de guerre : des bouteilles entourées de papier aluminium contenant des billes de métal, des produits nécessaires à la fabrication d’explosifs de type TATP déjà mélangés, des mécanismes de déclenchement à distance, un sabre, un couteau en céramique, ou encore une réplique d’arme de poing. Le tout accompagné d’affiches et autre matériel de propagande islamiste, ainsi que d’une abondante documentation sur l’art et la manière de fabriquer des explosifs artisanaux…

Bref, à l’heure où les élus islamo-gauchistes et les habituelles associations dites « humanitaires », largement relayés par les grands médias complaisants, tentent lamentablement de nous faire pleurer sur le sort des djihadistes « françaises » actuellement détenues en Irak dans le but d’obtenir leur rapatriement sur notre sol, voilà une affaire qui vient rappeler à tous ceux qui semblent l’avoir oublié que, loin d’être des « victimes » de l’islamo-terrorisme, les femmes jouent au contraire un rôle majeur dans le djihad.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 6 avril 2021

« Islam de France » ? C’est terminé – Place aux islams séparatistes, par Francis Bergeron

CFCM islam Chard

Le 21 mars, le Conseil français du culte musulman (CFCM) a explosé, mais pas façon puzzle. Il faut plutôt parler d’une scission : quatre des neuf organisations qui la composaient ont décidé de sortir du giron du CFCM. Ces quatre organisations confirment ainsi leur proximité avec l’islamisme… et ruinent au passage 20 années d’efforts pour faire émerger un « islam de France ».

En janvier, Darmanin s’était vanté d’avoir réussi à faire adhérer les musulmans vivant en France à une charte censée mettre un terme aux pratiques les plus détestables, comme les persécutions des musulmans abandonnant leur religion, l’excision, les mariages forcés, le voile intégral et la séquestration des femmes, le certificat de virginité…

Cette charte avait été signée par cinq des organisations constituant le CFCM, et tout le monde avait salué cette magnifique avancée, qui solennisait l’intégration de l’islam dans la République, et la signature des quatre autres n’était plus qu’une question de jours. A la vérité, écrivait Présent du 21 janvier, le CFCM n’était déjà guère représentatif, car les neuf associations constitutives ne supervisaient (plus ou moins) que 40 % des mosquées. Les quatre associations rétives n’avaient finalement pas signé la charte et elles viennent de quitter le CFCM.

Les dissidents veulent constituer une nouvelle organisation pour revendiquer le droit de pratiquer leur culte comme ils l’entendent, selon les us et coutumes ancestraux. On pourrait appeler cela la charia, tout simplement. Ces organisations qui entendent régir l’islam en France à leur manière sont la Fédération de la grande mosquée de Paris, le Rassemblement des musulmans de France et les associations islamiques d’Afrique, des Comores et des Antilles (FFAIACA), ainsi que les Musulmans de France (ex-UOIF). Chacune de ces associations est inféodée ou soutenue, en sous-main ou officiellement, par des Etats étrangers. Cette scission illustre parfaitement la menace séparatiste que semblaient craindre Macron et Darmanin, et dont le CFCM était censé être la parade. Le CFCM est présidé actuellement par Mohammed Moussaoui, un « modéré », ou tout au moins, un homme en recherche de compromis avec les autorités politiques.

Quels appuis pour les musulmans « modérés » ?

Avec le départ de ces quatre composantes, c’est toute la stratégie gouvernementale qui s’effondre, et c’est aussi la ruine d’une vision simpliste, inspirée de la façon dont la république laïque des années 1900 avait maté l’Eglise, et au passage éradiqué une bonne partie du catholicisme français, et tout cela au prix, simplement, de la mort de « quelques Bretons arriérés » ayant trop vivement tenté de résister aux Inventaires.

Les choses risquent d’être plus compliquées avec les islamistes. Derrière les dissidents, il y a l’organisation égyptienne terroriste Les Frères musulmans, l’Algérie, l’islam marocain, ou encore l’ex-UOIF, très extrémiste, qui s’est toujours révélée incapable de désavouer clairement les pires actions terroristes. Sur qui peuvent s’appuyer les musulmans « modérés » ? Sur les organisations proches de la Turquie ? Les Français ayant des racines arméniennes ont pu constater récemment, à leurs dépens, à quel point ce courant s’était radicalisé, lui aussi.

La fin du projet d’un islam parlant d’une seule voix via le CFCM enterre en fait 20 années d’angélisme et de naïveté françaises. Les masses migratoires ont eu raison des stratégies fines.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 2 avril 2021

Poison d’avril – La France sous cloche pour la troisième fois

poison avril confinement

Fermeture des établissements scolaires, extension à l’ensemble de la métropole des mesures liberticides déjà en vigueur dans 19 départements, contrôles et sanctions renforcés… Les responsables de la macronie et les grands médias à la remorque du pouvoir ont beau jouer sur les mots en nous répétant aujourd’hui qu’Emmanuel Macron, « soucieux d’épargner notre économie et de ménager nos compatriotes » excédés, a « choisi une voie intermédiaire entre confinement et simple couvre-feu », les mesures censées lutter contre la propagation du Covid, qu’il a annoncées mercredi soir, n’en reviennent pas moins à une nouvelle mise sous cloche de notre pays pour plusieurs semaines. Avec toutes les conséquences dramatiques que cela va entraîner.

En situation d’échec dans tous les domaines

Une fois de plus, l’exécutif a parié, et il a perdu sur toute la ligne. Ainsi, après nous avoir vanté sa stratégie des reconfinements territoriaux, il a fini par annoncer l’extension à l’ensemble de la métropole, dès samedi soir et pour quatre semaines, des restrictions déjà en place dans 19 départements français. Autrement dit, à compter de ce samedi, et partout en France, les commerces jugés « non essentiels » seront à nouveau fermés. En plus du maintien du couvre-feu de 19 heures à 6 heures, il sera interdit de se déplacer à plus de 10 km de chez soi, sauf dans certaines conditions permettant d’aller jusqu’à 30 km de son domicile. Cas dans lequel, l’attestation dérogatoire de sortie sera obligatoire. Autre échec magistral pour Macron et son gouvernement : la fermeture des écoles. Alors qu’ils se vantaient depuis des mois d’avoir réussi à maintenir ouverts les établissements scolaires, ils ont dû en effet se résigner à annoncer leur fermeture dès ce vendredi soir, et pour trois semaines. Une mesure qui, a précisé Macron, s’accompagnera de la mise en place de cours à distance à partir de la semaine prochaine. Quant à la rentrée, qui « aura lieu pour tous le 26 avril », a expliqué le président, elle se fera d’abord « en présentiel pour les écoles maternelles et primaires » et « à distance pour les collèges et les lycées ». Puis, le 3 mai, « les collégiens et lycéens pourront à leur tour retrouver les cours en présentiel avec des jauges adaptées ».

Les conséquences d’un « Waterloo vaccinal »

Enfin, autre point sur lequel l’exécutif avait tout misé et a lamentablement échoué : la campagne de vaccination que Macron, mercredi soir, a une fois de plus promis d’« accélérer », et même d’étendre « à partir du 15 mai » aux « Français âgés entre 50 et 60 ans ». Mais pour cela, encore faudrait-il que les grands laboratoires pharmaceutiques qui ne cessent depuis des mois de rouler dans la farine l’UE, et la France par la même occasion, respectent enfin leurs calendriers de livraison. Ce qui est encore très loin d’être acquis… Bref, comme l’a très justement indiqué mercredi soir Marine Le Pen, en commentant sur Twitter les dernières annonces du président, ces nouvelles mesures « résultent notamment d’un Waterloo vaccinal dont il n’assume pas la responsabilité ». Or, a-t-elle ajouté, « ce sont, hélas, les Français qui paient les conséquences de ces retards, de cet orgueil, de ces incohérences, avec un impact lourd sur leur vie quotidienne ».

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 1er avril 2021

Élections, reculer pour mieux museler – Mais comment font nos voisins européens ?

élections covid

Déjà repoussées à l’automne dernier du mois de mars à celui de juin, les élections départementales et régionales, qui doivent normalement se tenir les 13 et 20 juin prochains, vont-elles être à nouveau reportées pour cause de COVID-19 ? Si le Conseil scientifique, tout en insistant lourdement sur le « très grand risque » qu’il y aurait à maintenir ces scrutins, a officiellement refusé lundi de se prononcer sur le sujet, le chef de l’Etat a quant à lui déclaré attendre que le gouvernement lui remette ce jeudi son rapport puis d’avoir consulté les différentes formations politiques du pays avant de trancher définitivement sur cette question. Un « suspense », et surtout un possible nouveau report des élections, qui n’en finissent plus d’agacer l’opposition de droite comme de gauche, qui souligne à juste titre que plusieurs de nos voisins européens ont, eux, maintenu leurs consultations, et insistent avec raison sur le fait que l’actuelle pandémie ne peut indéfiniment « geler » la vie démocratique de notre pays.

La légitime colère de l’opposition

C’est le cas notamment de dix présidents de région, de droite comme de gauche, dont le président LR de l’Association des Régions de France, Renaud Muselier, qui, le 21 mars dernier, ont exprimé dans une tribune publiée par la presse leur opposition à un nouveau report, en précisant que « nous ne pouvons pas suspendre la démocratie à un retour à la normale alors même que tout le monde s’accorde à penser qu’il faudra s’habituer pour longtemps à vivre dans un nouveau contexte sanitaire ». Ou encore de Julie Bayou, responsable d’EELV, qui a expliqué mardi qu’« aucun des treize pays européens concernés par une élection n’a reporté ». Une affirmation cependant inexacte puisque, le 11 mars dernier, le gouvernement italien a officiellement annoncé le report à l’automne 2021 d’une série d’élections locales, dont celle des maires de grandes villes, initialement prévues en juin, en raison de l’aggravation de la situation sanitaire chez nos amis transalpins. Même chose en Grande-Bretagne, où le gouvernement de Boris Johnson a décidé le 12 mars de reporter d’un an les élections locales qui devaient se tenir dans une partie des municipalités du pays, et notamment à Londres, le 7 mai prochain.

La crise sanitaire pour prétexte

Toutefois, respecter le calendrier électoral, et donc la démocratie, en pleine période d’épidémie sans provoquer une catastrophe sanitaire est parfaitement possible, comme nous l’ont récemment montré plusieurs de nos voisins européens. A commencer par l’Allemagne, où les élections régionales dans le Bade-Wurtemberg et en Rhénanie-Palatinat se sont déroulées comme convenu mi-mars, et où le gouvernement n’envisage pas à cette heure de reporter les élections législatives prévues dans six mois. Pareil pour l’Espagne qui, bien que très touchée par l’épidémie de COVID, a quand même maintenu mi-février l’élection du parlement de Catalogne. On pourra encore citer l’exemple du Portugal qui, bien qu’étant à l’époque en plein confinement général et particulièrement strict, a malgré tout maintenu fin janvier son élection présidentielle. Autrement dit, plus qu’une affaire de sécurité sanitaire, le respect ou non par le gouvernement du calendrier démocratique est d’abord et avant tout une affaire politique. Mais l’on comprendra aisément que certains, comme notre gouvernement, n’hésitent pas à prétexter de la crise pour éviter d’essuyer une nouvelle déroute électorale…

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 31 mars 2021

Grande-Bretagne – Caricatures de Mahomet : un enseignant sous protection, par Olivier Bault

Caricatures de Mahomet

La semaine dernière en Angleterre, un jeune enseignant a été contraint de se cacher avec sa femme et ses quatre enfants et une école est repassée en mode d’enseignement à distance pour une histoire de « caricatures » de Mahomet montrée à des élèves dans le cadre d’un cours sur les religions, où il était question des limites de la liberté de la presse. Certes, dans une ville où plus de 40 % de la population est musulmane et a fortiori dans une école où près des trois quarts des élèves proviennent de familles où cette religion est professée, exhiber un de ces dessins humoristiques de Charlie Hebdo quelques mois après l’assassinat de Samuel Paty en France n’était sans doute pas la meilleure chose à faire, et la réaction prévisible à ce choix pédagogique met tout simplement en évidence le Grand Remplacement à l’œuvre dans cette région du West Yorkshire, dans le nord de l’Angleterre. Quelques dizaines de manifestants musulmans rassemblés devant les portes de l’établissement d’enseignement secondaire Batley Grammar School dans la ville de Batley auront suffi à faire suspendre l’enseignant et le cours concernés par la direction de l’école qui a en outre promis une enquête approfondie et a présenté ses plus plates excuses à la communauté musulmane.

Jeudi, une organisation caritative musulmane, Purpose of Life (But de la vie), a divulgué le nom de l’enseignant dont elle a présenté le cours comme insultant l’islam et comme étant une forme de terrorisme. Venant d’islamistes, c’est un appel au meurtre à peine voilé. Une autre ONG, la Free Speech Union (Union pour la liberté d’expression), a donc dénoncé cette association musulmane à l’autorité de tutelle des organisations caritatives pour mise en danger de la sécurité physique de l’enseignant. Après la divulgation du nom de l’enseignant, celui-ci a circulé sur les réseaux sociaux et de jeunes « Asiatiques » (comprendre : Pakistanais) ont été vus alors qu’ils regardaient par les fenêtres de sa maison vide.

Face à la dhimmitude des syndicats d’enseignants restés silencieux et des responsables politiques préférant critiquer l’enseignant, ce sont des élèves qui se sont chargés de lancer une pétition en ligne en soutien à leur professeur avec plusieurs dizaines de milliers de signatures recueillies en quelques jours. Ces élèves, qui exigent qu’on leur rende leur prof, ont expliqué dans leur pétition que celui-ci donnait un cours sur le racisme et le blasphème et les avait prévenus avant de leur montrer les images jugées blasphématoires par les musulmans. Une autre pétition opposée circule au sein de la communauté musulmane pour exiger le renvoi de l’enseignant.

Le député travailliste local avait lui aussi paru faire porter la responsabilité des événements à l’enseignant, avant de modérer ses propos sous la pression de la direction de son parti, après que le ministre de l’Education du cabinet fantôme du Labour eut condamné les tentatives d’intimidation contre les enseignants. Au gouvernement de Boris Johnson, le secrétaire d’Etat au Logement, aux Communautés et au Gouvernement local, Robert Jenrick, s’est dit très troublé par le fait qu’un enseignant puisse avoir à se cacher à cause du contenu de son cours et a condamné les manifestations devant l’école.

L’événement a relancé comme en France la discussion sur la frontière entre liberté d’expression, droit au blasphème et respect des minorités. L’attitude de l’école elle-même, fondée en 1612 par le révérend William Lee, n’incite toutefois pas à l’optimisme du point de vue de la liberté d’expression et elle reflète la triste réalité des changements démographiques liés à l’immigration de masse.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 29 mars 2021

Joe Biden ouvre les portes du grand remplacement

Ils ont dû attendre quatre ans. Ils ont dû assister, sans pouvoir vraiment s’y opposer, à la mise en place par Donald Trump d’un dispositif efficace capable de verrouiller les frontières et contrôler l’immigration. Ils ont eu le temps de constater, chiffres en main, que les illégaux peuvent être à la fois générateurs de violence et fossoyeurs d’emplois. La rage au ventre, ils ont perdu quatre ans, mais ils goûtent maintenant l’ivresse de la revanche.

On le voit aux rictus du « président » Joe Biden. On le sent à l’aplomb des membres du gouvernement. On le devine à la détermination de ceux qui tirent les ficelles de ce théâtre de marionnettes. Le bolcho-globalisme ne se contente pas de détruire l’appareil de protection édifié par Trump. Il voit plus grand et plus loin. Il cherche à établir une bonne fois pour toutes le mécanisme du grand remplacement. Effrayer, culpabiliser, museler les Blancs tout en invitant les cohortes du tiers-monde à les cerner, les submerger, les anéantir pour prendre leur place. Les Blancs finiront par se regrouper sur les terres arides ou dans les forêts désertes. Et les cohortes dessineront le nouveau visage de l’Amérique.

Une véritable stratégie

Depuis le 20 janvier et son arrivée au pouvoir, le bolcho-globalisme a dû prendre des centaines de décisions marquantes qui, toutes, vont dans le même sens et révèlent donc à grands traits l’esprit d’une stratégie. Celle-ci a l’air de se développer selon trois axes. Le premier, celui auquel nous assistons, recèle une double opération. D’une part, démoraliser, complexer, humilier les Blancs en leur affirmant qu’ils sont des racistes congénitaux, des égoïstes chroniques et des perdants programmés. La presse classique, les médias électroniques, les politiciens et Hollywood participent à l’orchestration d’une mise au pilori des véritables « inventeurs » de l’Amérique. Lessivage des cerveaux d’autant plus redoutable qu’il s’accompagne – autre opération jumelée – de l’arrivée en masse de nouveaux occupants, ce qui achève de dérouter les candides citoyens. Des intrus invités par le pouvoir qui les protège, les rassure et les encourage. Les Blancs perdent leurs repères et doutent de leur avenir. Le choc psychologique fait d’eux des victimes prises au piège.

Le deuxième axe de la stratégie est consacré précisément aux deux mâchoires de ce piège. D’un côté, on s’efforce de dissoudre, dans de vains combats ou de futiles palabres, l’ultime carré de républicains patriotes qui essaient de résister aux coups et de s’extirper de l’étau. Difficile. Tout le système étant aux mains du bolcho-globalisme, les droits de l’opposition deviennent symboliques. De l’autre côté, en ouvrant les vannes de l’immigration illégale, on prépare le terrain électoral afin d’y noyer sous le nombre les chances déjà fragiles des candidats de la droite nationale. La démocratie, comme souvent, sourit à la subversion. Les intrus, phagocytés par la gauche, deviendront très vite une minorité dangereuse puis une majorité triomphante. Le sort des républicains sera scellé. D’autant que, ployant sous le poids de l’invasion, certains Etats se verront obligés de créer de nouvelles circonscriptions. Leur destin sera tout tracé : servir de fiefs imprenables au bolcho-globalisme.

La classe moyenne, voilà l’ennemie !

Le troisième axe est à plus long terme. Il conjugue un des premiers objectifs du marxisme et la préoccupation majeure des nouveaux maîtres du pays : appauvrir la classe moyenne, l’assécher, la désarticuler, la démoraliser jusqu’à ce qu’elle ne constitue plus l’ossature de la nation, le moteur de son économie. L’instrumentalisation du Covid-19 joue un grand rôle dans cette manœuvre. Lorsqu’une usine ferme, lorsqu’un commerce fait faillite, c’est un clou qu’on enfonce dans le cercueil de la classe moyenne. Pour cette raison, le déconfinement général se trouve différé à chaque occasion sous de scandaleux prétextes. Car il faut neutraliser coûte que coûte cette masse de travailleurs, de patriotes, d’intraitables réfractaires ; il faut l’écraser jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que des figurants besogneux et muets. Tout l’univers subversif s’est mobilisé pour assurer la réussite de l’entreprise : les médias, les politiciens gaucho-libéraux, les petits flics de la pensée unique, les tacticiens démocrates, les esprits forts donneurs de leçons, les gros industriels toujours obsédés par les bas salaires et la main-d’œuvre docile. Tous sur le même ton : les Américains qui depuis deux siècles et demi ont bâti cette grande nation appartiennent à une classe vouée à la disparition. On lui prend son argent pour le donner aux illégaux. On lui prend ses emplois pour les remettre aux illégaux. Mais on ne cherchera pas à lui prendre ses bulletins de vote : bientôt, ils ne serviront plus à rien.

Christian Daisug

Article paru dans Présent daté du 26 mars 2021

Ils préconisent le masque à vie ! Et pourquoi pas, aussi, la mise sous cloche ?

covid port du masque

Grande et belle trouvaille sur le front de la recherche : après des semaines d’études approfondies qui pourraient peut-être leur valoir le Nobel de médecine (qui sait ?), les « scientifiques » du Boston Medical Center (BMC) ont découvert que le port obligatoire du masque, la distanciation physique et la fermeture des écoles ont fait chuter d’environ 80 % « les cas de grippe et d’autres infections respiratoires virales courantes par rapport à des périodes similaires les années passées ».

Ô merveille de la science : comme le rapporte La Provence, il apparaît que « les mesures mises en œuvre pour empêcher la propagation de la Covid-19 peuvent avoir eu un impact sur l’incidence d’autres maladies respiratoires virales courantes », explique Manish Sagar, spécialiste des maladies infectieuses et chercheur au BMC.

On ne connaît pas le budget alloué à cette recherche fondamentale, mais le résultat est proprement stupéfiant. Dans le même ordre d’idées, je suggère qu’on mette encore quelques équipes de chercheurs au boulot pour calculer l’effet de l’abattage des arbres en bord de route sur l’accidentologie (ah, ça existe déjà ?), celui de l’immigration sur le niveau scolaire (ah, c’est interdit ? Pardon), celui de la cancel culture comme étalon de la bêtise ambiante, etc. Les sujets ne manquent pas et madame Michut peut répondre aussi bien et pour moins cher que les chercheurs payés pour défoncer des portes ouvertes.

Ainsi, les scientifiques ayant noté qu’il y avait plus d’infections à virus respiratoire sur la première période de 2020, celle précédant la mise en œuvre de mesures sanitaires, l’éminent Manish Sagar conclut : « Les résultats de notre étude peuvent être particulièrement utiles pour développer des stratégies de prévention dans des contextes où les infections respiratoires sont très nocives, comme les lieux de rassemblement ou pour les personnes âgées et immunodéprimées. »

Ce genre d’étude est si stupide d’évidence qu’on ne peut y voir qu’une raison : abêtir les gens, les infantiliser encore davantage et masquer la réalité par de pseudo-révélations dignes d’un élève de CE2.

Car va-t-on enfin se décider à le dire ? Cette maladie, ou plus exactement le fait qu’elle en soit une, n’est que le fruit de nos folies. C’est le résultat de nos modes de vie, de la pollution urbaine, la malbouffe, la surconsommation de médicaments et leurs conséquences : maladies auto-immunes, surpoids généralisé, obésité, diabète, manque d’exercice physique, augmentation exponentielle des allergies, etc. Nous ne savons plus ce que c’est que « vivre en santé ». Il faut maintenant, pour chaque acte de la vie, une prise en charge médicale ; on entre dans les têtes la nécessité des « dépistages » tous azimuts qui contribuent à la psychose générale, imposant l’idée que la maladie est la norme. Paradoxalement, on refuse dans le même temps la mort, prolongeant des vies pour le seul fait de les prolonger parce que la mort, pour la médecine, est un échec.

Hors les zones ultra fréquentées, le port du masque est une hérésie et vouloir nous l’imposer durablement ne ferait qu’aggraver les risques sanitaires. Plutôt que de porter des masques à vie, il faut développer notre système immunitaire mis à mal par toutes les saloperies que nous avalons et respirons ; en finir, aussi, avec les délires d’asepsie totale quand on voit non seulement exploser le nombre des allergiques mais qu’on ne trouve rien de plus efficace pour soigner les enfants que de les envoyer dans les fermes au contact des animaux !

Marie Delarue

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Covid-19 – Plus fort que la peur : L’APÉRO, par Benoît Busonier

apero covid

C’est finalement notre art de vivre qui l’a fait. Les observateurs attendant depuis le début de la crise du Covid et des privations de liberté, quel sera l’élément déclencheur qui va provoquer un basculement, dont chacun sait l’inéluctabilité : le moment précis où le citoyen entrera dans une « dissidence molle ». C’est-à-dire qu’au lieu de regarder studieusement les nouvelles règles chaque jeudi soir, le citoyen non politisé et pas particulièrement transgressif, plutôt respectueux de l’autorité de l’Etat, autrement dit la majorité de la population, va commencer à hausser les épaules et vivre sa vie, indépendamment des instructions sanitaires.

Il ne s’agit pas d’une révolte, il ne s’agit pas d’une rupture sèche, mais d’une lassitude. Il n’y a pas eu un discours à l’Assemblée qui a fait sauter la situation, il n’y a pas eu une manifestation monstre, un affrontement politique, encadré par une opposition structurée et sûre de son fait. Et pourtant, le peuple est parti. Il s’est éloigné d’autant plus sûrement que c’était doucement, du respect des instructions. Mais alors, si ce n’est un tribun, qui a bien pu produire ce déclic ? Il semblerait que ce soit notre art de vivre.

Dans l’ensemble, le Français a une tendance lourde à l’autoflagellation. Lorsque son voisin de palier est indiscipliné, le Français déplore appartenir à un peuple latin, enfantin, incapable de respecter l’autorité, ce qui nous pénalise par rapport à ces admirables pays que sont l’Allemagne ou la Corée ; lorsque son voisin de palier est respectueux des règles, le Français déplore que son esprit révolutionnaire et épris de liberté s’en soit allé, et que nous soyons désormais un peuple de moutons. Et voilà que les ministres et porte-parole du gouvernement, devant le refus de plus en plus marqué des citoyens de respecter les instructions strictes de distanciation physique, se mettent à parler « d’effet apéro ». Et l’opposition de crier au hors-sol. Elle a raison de jouer son jeu, mais elle le fait avec une pointe de démagogie ; objectivement, réellement, empiriquement, l’apéro tue à petit feu la crédibilité de l’exécutif. Pourquoi ?

Parce que l’art de vivre est peut-être la matrice à l’aune de laquelle le citoyen français estime la pertinence des décisions politiques. C’est comme la lettre d’Edgar A. Poe, que tout le monde cherche dans les recoins, alors qu’elle est sur le bureau, trop en évidence pour qu’on la trouve. Notre art de vivre, c’est ce à quoi nous tenons. La raison pour laquelle nous vivons, ce que nous avons reçu, ce que nous voulons transmettre, et donc, in fine, ce pour quoi nous acceptons de mourir. Concernant la place de l’islam, concernant le féminisme, concernant le veganisme, concernant la Covid : notre art de vivre et sa persistance sont la grille d’analyse la plus sûre, semble estimer le Français. Très sérieusement.

Et il n’a pas tort. Un art de vivre, ici incarné dans l’apéritif, est un syncrétisme, incarnant dans une temporalité, un lieu et un acte, ce qu’est notre civilisation. Quel est-il cet art de vivre ? Une certaine convivialité, en légèreté, le goût de certains produits et de leur partage, des gestes et des rituels pour les consommer, appris des parents et appris aux enfants. C’est ce désir de partage et d’une sociabilité articulée autour du partage, qui fait aujourd’hui se détendre les citoyens vis-à-vis des règles sanitaires.

Le gouvernement ne s’y trompe pas. Il sait que si cette détente a mis du temps à arriver, c’est qu’elle vient de très loin, et qu’elle a une force d’inertie quasiment impossible à arrêter. Pas de mauvaise foi : le gouvernement a mille fois raison de stigmatiser un « effet apéro », et il faut le reconnaître. Et il faut s’en revendiquer. Parce qu’il y a une certaine grandeur dans le fait que ce soit l’apéro qui nous sauve : Hannah Arendt et J.R.R. Tolkien ont bien démontré, intellectuellement et romantiquement, que le mal et le totalitarisme sont plus sûrement vaincus par l’humilité opiniâtre des petites choses du quotidien ainsi que le rire, que par les grands effets de manche.

Les Français reçoivent à plus de six chez eux. Peu d’entre eux pensent se priver de Pâques en famille, fût-ce au prix d’une amende. Ils se retrouvent sur les quais des grands fleuves, dans les catacombes germanopratines, dans les jardins, les appartements et les demeures. C’est trop tard : ils ont regoûté à la liberté. Et elle a le parfum subtil d’un rosé.

Benoît Busonier

Article paru dans Présent daté du 25 mars 2021

Strasbourg – La mairie écolo finance 10 % de la mosquée

mosquée strasbourg

Les braves électeurs strasbourgeois qui ont cru sottement protéger les petits oiseaux et les plantes vertes en portant l’an dernier les écologistes à la tête de la capitale alsacienne n’ont pas fini de comprendre leur douleur : en effet, non contente de rendre l’atmosphère de la ville proprement irrespirable par la mise en pratique quotidienne de ses ridicules lubies écolos, la majorité EELV vient également de relancer son islamisation à marche forcée en adoptant lundi, par 42 voix contre 7, le « principe d’une subvention » de 2,563 millions d’euros à l’association islamiste turque Millî Görüs, chargée de la construction de la plus grande mosquée d’Europe à Strasbourg !

Rappelons que ce chantier géant, entamé dans le quartier de la Meinau en 2017 et dont le coût total s’élève à quelque 32 millions d’euros (dont 25,63 millions pour la seule partie culte), était à l’arrêt depuis 2019. Faute principalement de financements suffisants. Mais aussi, pour partie, en raison du refus des islamistes de Millî Görüs de signer en janvier dernier la « Charte des principes pour l’islam de France » (censée réaffirmer la « compatibilité » de la religion musulmane avec la République), de leur soutien massif par la Turquie, et enfin de leurs liens très importants avec le Qatar, où des cadres du mouvement s’étaient d’ailleurs rendus avec un fonctionnaire missionné par la municipalité pour demander aux émirs d’éponger un impayé de trois millions d’euros… Bref, autant d’éléments accablants qui, pourtant, comme l’a fort justement observé lundi la députée française et présidente du groupe RN Grand-Est Virginie Joron, en dénonçant vivement ce scandale, « ne semblent pas déranger les écolos »…

C’est que, à en croire la maire écolo Jeanne Barseghian, les islamistes de Millî Görüs auraient fini par accepter les conditions qu’elle avait posées à l’adoption de cette subvention qui ne représente pas moins de 10 % de la somme totale du projet : à savoir la signature préalable de la « Charte des principes pour l’islam de France » ainsi que des garanties sur la transparence des fonds destinés à financer le chantier. Possible. Mais les promesses n’engageant de toute façon que ceux qui y croient, surtout avec les islamistes, il est peu probable que les gens de Millî Görüs fassent de ce qui sera à terme la plus grande mosquée d’Europe un lieu de modération…

Quoi qu’il en soit, l’adoption de cette subvention est tellement scandaleuse que le ministère de l’Intérieur lui-même s’est fendu lundi d’un tweet, dans lequel il a expliqué : « La mairie verte de Strasbourg finance une mosquée soutenue par une fédération qui a refusé de signer la charte des principes de l’islam de France et qui défend un islam politique. Vivement que tout le monde ouvre les yeux et que la loi séparatisme soit bientôt votée et promulguée. »

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 24 mars 2021

Condamner Salvini pour le rendre inéligible, par Olivier Bault

Matteo Salvini

Les scandales qui ont éclaté l’année dernière au sein de la magistrature italienne ont montré combien celle-ci était politisée et abusait de ses pouvoirs pour mettre hors course les leaders de la droite. Dans le cas du bateau de la Garde côtière Diciotti auquel Salvini avait interdit en 2018 de débarquer son chargement d’immigrants illégaux tant que les partenaires européens de l’Italie ne se seraient pas engagés à les prendre en charge, le complot impliquant des membres du Conseil de la magistrature et le président du Tribunal des ministres de Palerme, chargé d’instruire le dossier, a été prouvé grâce à la mise sur écoute du téléphone d’un influent procureur, Luca Palamara, soupçonné de corruption (voir « Italie – Des magistrats au service de la gauche et de ses revendications » dans Présent du 3 juin 2020). Cependant, la coalition Ligue-M5S étant alors encore en place, le Sénat n’avait pas accepté de lever l’immunité du sénateur ministre de l’Intérieur. Mais, avec le changement de coalition, la gauche majoritaire au Sénat a ensuite levé l’immunité du sénateur Salvini dans deux affaires identiques survenues pendant l’été 2019 : celle du navire de la Garde côtière Gregoretti et celle du navire de l’ONG espagnole Proactiva Open Arms (voir « Malgré les scandales, la gauche italienne judiciarise encore sa lutte contre Salvini » dans Présent du 4 août 2020).

Dans l’affaire du Gregoretti, qui datait de juillet 2019, le parquet a lui-même demandé le classement sans suite à l’issue des audiences préliminaires. Pour l’Open Arms, en revanche, le parquet de Palerme a demandé le 20 mars, à l’issue des audiences préliminaires, que l’ancien ministre de l’Intérieur soit traduit en justice. Dans le cas de l’Open Arms, Matteo Salvini avait refusé, pendant six jours d’août 2019, le débarquement des plus de 160 immigrants illégaux dont plusieurs « mineurs non accompagnés ». L’attitude du parquet de Palerme surprend, car l’Espagne, pays d’origine de l’ONG et de son bateau, avait alors proposé deux ports différents, dont un aux Baléares, et le commandant de l’Open Arms aurait eu plus vite fait de s’y rendre que de chercher à forcer un changement de la politique des ports fermés mise en place par le premier gouvernement Conte sous l’impulsion de Salvini.

La défense de Salvini met d’ailleurs en avant le fait que le ministre de l’Intérieur appliquait la politique du gouvernement Conte dont il faisait partie et, si responsabilité il y a, elle est collective. En outre, l’actuel ministre de l’Intérieur Luciana Lamorgese a elle-même mis en avant devant le juge la continuité de sa politique avec celle de son prédécesseur (ce qui laisse dubitatif au vu de l’explosion des chiffres de l’immigration), et elle a aussi affirmé que les bateaux d’ONG, quand ils ont secouru des « migrants » en mer au large de la Libye, ont l’habitude de rester sur place tant qu’ils ont encore de la place. Le 20 mars, la défense de Salvini a exhibé un courriel des autorités maltaises envoyé à l’Open Arms le 14 août 2020 pour justifier leur propre refus de laisser l’ONG débarquer ses « migrants ». Dans ce message, le centre de coordination des secours de La Valette reproche justement à l’Open Arms d’avoir « flâné » et dit textuellement : « Si vous vous étiez dirigés vers votre port d’origine, vous auriez déjà débarqué. » Ce qui est caractéristique, c’est que parmi les parties civiles qui se sont constituées pour traduire devant la justice italienne un ancien vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, il y a, outre les ONG, la ville de Barcelone, gouvernée par la maire pro-immigration d’extrême gauche Ada Colau, pour le motif que Barcelone finance Activa Open Arms.

Le juge doit décider le 17 avril si le procès aura lieu. Si c’est le cas, Matteo Salvini encourra 15 ans de prison pour « séquestration de personnes » et, même s’il écope de moins, il pourra être rendu inéligible. Et c’est bien là le but recherché par la gauche italienne.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 23 mars 2021

Sciences Po Strasbourg – « Samuel Paty » rayé des listes, par Paul Vermeulen

Samuel Paty

Le vendredi 12 mars 2021, les étudiants de Sciences Po Strasbourg étaient appelés à venir voter pour choisir le nom de leur parrain de promotion, un usage courant pour nombre d’écoles d’enseignement supérieur. Ce choix, dans le cas de cet IEP, concerne les quatre années à venir. Les étudiants de 1re année ont placé Samuel Paty parmi les qualifiés pour le tour suivant. Un choix qui ne surprend pas mais qui doit être salué. Sciences Po n’étant guère encline à développer un vivier d’opposants à l’idéologie au pouvoir, il n’est pas anormal que les étudiants, pour beaucoup futurs cadres des différents pouvoirs du système, médiatique, politique, éducatif ou culturel, suivent ce que ces pouvoirs ont fait mine de vouloir faire : rendre hommage à Samuel Paty.

Le choisir est néanmoins un geste fort : Samuel Paty est ce professeur d’histoire-géographie qui a été assassiné et décapité par un musulman islamiste terroriste tchétchène le 16 octobre 2020 à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines. Le terroriste, Abdoullakh Anzorov, l’a tué à proximité du collège où il enseignait, à la veille des vacances de la Toussaint. Un meurtre qui a provoqué une vive indignation. A la rentrée, l’exécutif avait mimé un vague hommage, vite transformé en une pantalonnade.

Reste que le professeur sauvagement assassiné par un musulman âgé de 18 ans, ayant bénéficié du statut de réfugié accordé à ses parents avant sa majorité, est devenu un symbole fort de la liberté d’expression, en particulier au sein de la jeunesse étudiante, du moins de ses pans non encore pollués par les théories indigénistes et racistes de gauche radicale. Des étudiants qui, du fait de leur jeune âge, ont encore en mémoire leurs professeurs de collège et de lycée, le relationnel, la proximité humaine parfois.

Or, le nom de Samuel Paty, bien qu’élu par les étudiants de 1re année, a été retiré de la liste des candidats du 2e tour sur décision de la direction de l’école.

L’affaire a été révélée par la section strasbourgeoise de l’Union nationale inter-universitaire (UNI), syndicat étudiant de droite, les autres étant demeurés bien silencieux. Dans son communiqué, l’UNI parle de « la colère au sein de la promotion » et indique que ce retrait montre « la manière dont l’idéologie et les militants d’extrême gauche font la loi et n’hésitent plus à fouler du pied la mémoire d’un martyr de la liberté ». De manière symbolique et pacifiste, les militants locaux de l’UNI ont rebaptisé le principal amphithéâtre de Sciences Po Strasbourg du nom de Samuel Paty.

Ce retrait, s’agit-il d’une bourde, de censure ou de peur ? Un peu de tout cela sans doute. La direction préfère peut-être éviter ce qu’elle estimerait être une provocation vis-à-vis des musulmans ? Officiellement, la direction a retenu cinq noms « dans un but de parité ». Ce sont cinq noms de femmes. Exit les hommes. Dont Samuel Paty. Ce qu’elle ne dit pas, c’est qu’elle a changé les règles du scrutin entre les deux tours. Que craint Sciences Po Strasbourg, sinon l’islam ? La promotion s’appelle finalement « Gisèle Halimi ».

Paul Vermeulen

Article paru dans Présent daté du 22 mars 2021

George Orwell, éducateur

George Orwell

Tout le monde connaît George Orwell, l’immortel auteur de 1984. On sait aussi que bien des aspects de cette dystopie sont aujourd’hui réels, comme la novlangue, les écrans ou la réécriture du passé. Le monde totalitaire imaginé par Orwell n’est donc ni révolu ni à venir ; mais actuel, en train de s’enraciner, de croître, et même de s’institutionnaliser. Certains aspects de notre présent sont déjà totalitaires, et 1984 n’est pas de la science-fiction.

Il ne faut pourtant pas faire d’Orwell un prophète. Il n’a pas imaginé ou deviné un futur cauchemardesque qui allait devenir notre présent, il a simplement vu ce qui était déjà émergent mais que peu avaient osé voir avant lui. La force d’Orwell n’est pas son imagination, mais au contraire un manque d’imagination qui l’attache à la réalité telle qu’elle est, sans la maquiller.

Cette grande lucidité d’Orwell éclate dans ses nombreux essais, publiés naguère en quatre épais volumes par les éditions Ivréa, et dont les excellentes éditions Bartillat proposent cet hiver une sélection judicieuse, sous le titre évocateur d’Ecrits de combat. Ils traitent de sujets très variés, comme l’hôpital, Dickens ou une exécution capitale, mais ils en traitent toujours de la même manière : en s’efforçant de voir et de dire ce qui est. Cela peut sembler bien maigre, c’est pourtant bien rare, lorsque tout est fait pour nous couper du réel, que ce soient les écrans et leurs images trompeuses, les mots qui ne veulent plus rien dire, les idéologies et leurs slogans vides, l’esprit partisan et ses œillères.

Orwell a une impressionnante capacité d’aller aux choses mêmes, d’accueillir la réalité sans prévention ni parti pris, d’observer le monde d’un regard frais, donc toujours un peu décalé, hérétique, iconoclaste. Lire ses essais, c’est se mettre à l’école de l’honnêteté intellectuelle et apprendre auprès d’un maître à regarder le monde en face, alors que l’aveuglement, le mensonge ou le bavardage sont faciles et rassurants. Ses essais sont ainsi des écrits de combat contre notre véritable ennemi, notre propre esprit « réduit à l’état de gramophone ».

On ne secouera pas le joug sans l’effort quotidien de chacun pour rompre, à son propre niveau, avec l’imaginaire moderne, et par conséquent avec ce qui en est l’un des principaux ressorts : l’habitude que nous prenons toujours plus de ne pas regarder les choses mêmes mais leurs images, et de ne parler que pour répéter ce que d’autres ont dit. Lorsque le ministère de la Vérité est le cerbère des tyrans, alors le préalable à toute libération est d’oser se servir de son propre entendement pour faire la vérité. A l’école d’Orwell, on se remet les yeux en face des trous, puisque seule la vérité nous rendra libres.

G. Orwell, Ecrits de combat, Bartillat, 260 pages, 20 euros.

Marcel Gaillard

Article paru dans Présent daté du 19 mars 2021

Hors-Série de Présent – Musique, combat identitaire

Musique, combat identitaire

22/03/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Jacques Chailley disait que « la chanson est le plus fidèle reflet de l’âme d’un siècle ». Dans ce sens, ce que l’on écoute et que l’on nous fait entendre revêt une importance particulière. Ce Hors-série de Présent veut donc montrer que la musique est un enjeu culturel. La civilisation européenne est la seule à avoir conçu l’écriture musicale. Sans écriture pas d’orchestre ni de bibliothèque des compositeurs passés, expliquant ainsi le pouvoir de séduction de leurs œuvres sur la planète entière.

Dans ce numéro spécial proposé par la revue Présent, musiciens, artistes, historiens, enseignants, journalistes, politiques, mettent en lumière un conflit se déroulant à nos oreilles, mais rarement analysé.

Pour commander ce numéro : https://present.fr/produit/hors-serie-musique-combat-identitaire/

Les ONG immigrationnistes devant la justice italienne, par Olivier Bault

ONG Sea Watch

Libérée au début de l’été 2019 sur ordre d’un juge italien marqué à gauche, la militante allemande d’extrême gauche Carola Rackete, ancien capitaine du Sea-Watch 3 qui avait forcé le passage vers le port de Lampedusa avec son chargement de « migrants », fait aujourd’hui partie des signataires d’un appel en faveur de l’ONG italienne Mediterranea Saving Humans. Celle-ci fait l’objet d’une enquête du parquet de Raguse, en Sicile, à propos de la prise en charge rémunérée (pour un montant total estimé à 125 000 euros) le 11 septembre 2020, en vue de leur transfert vers l’Italie, de 27 candidats à l’immigration illégale en Europe qui avaient été récupérés par le navire-citerne danois Maersk Etienne. Les signataires de l’appel protestent contre « l’attaque politico-judiciaire » en cours contre les ONG comme Mediterranea Saving Humans.

Mais ce dont est accusée cette ONG italienne n’est rien à côté de l’acte d’accusation que prépare actuellement le parquet de Trapani, également en Sicile. Le rapport de l’enquête close début mars, après trois années d’investigations, compte 651 pages et vise trois ONG : l’ONG franco-suisse Médecins sans frontières, l’ONG britannique Save the Children et l’ONG allemande Jugend Rettet. Les journaux italiens ont dévoilé quelques détails du contenu du rapport, et le journal suisse Le Temps a publié un long article à ce sujet le 11 mars après avoir pu consulter ce document de 651 pages. Ce que ce rapport d’enquête contient est absolument accablant puisqu’il confirme l’ensemble des allégations dont nous avions fait état plusieurs fois dans Présent entre 2017 et 2019, et bien d’autres encore. Tout cela sur la base de témoignages, d’analyses des instruments et journaux de bord, de centaines de messages et écoutes téléphoniques ainsi que de nombreuses photos et vidéos où l’on voit clairement les équipages des navires de ces ONG collaborer activement avec les passeurs libyens pour la prise en charge au large des côtes libyennes des candidats à l’immigration illégale vers l’Europe.

Les 21 militants et responsables de ces ONG que le parquet italien a bien l’intention de traduire devant la justice sont des Italiens, Allemands, Espagnols, Français, Belges et Britanniques, et ils encourent des peines pouvant atteindre jusqu’à 20 ans de prison dans certains cas. Ils ont jusqu’au 22 mars pour répondre aux conclusions des enquêteurs, après quoi le procureur rédigera l’acte d’accusation.

Les accusations sont claires et portent sur douze opérations de « sauvetage » réalisées entre mars et octobre 2017, qui étaient au centre de l’enquête : pour le parquet italien, il ne fait plus aucun doute que les trois ONG avaient développé des relations avec les trafiquants opérant en Libye, souvent des membres de milices, pour être averties à l’avance des départs d’embarcations depuis la côte, et qu’elles ont agi de manière organisée pour « contourner le système de secours mis en place par les autorités italiennes ». Dans le cadre de leur coopération avec les passeurs, les équipages des navires des ONG les ont aussi plusieurs fois laissés récupérer leurs embarcations après le transfert des migrants. Un groupe WhatsApp appelé Humanitarian SAR permettait de s’échanger les coordonnées GPS pour les rendez-vous entre les passeurs et les ONG, pour les opérations de transbordement des migrants déguisées en opérations de secours.

Sur son site italien, MSF a réagi par un communiqué fustigeant « les nombreuses tentatives pour criminaliser les secours en mer ». Même son de cloche chez les Allemands de Jugend Rettet : « Sauver des vies n’est jamais un crime », affirment-ils dans leur communiqué. Certes, mais favoriser l’immigration illégale en travaillant avec les passeurs est au minimum un délit, et pas des moindres.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 18 mars 2021

Le pactole des données médicales, par Arnaud Raffard de Brienne

données médicales santé

La décision, incompréhensible à première vue, du gouvernement de confier l’hébergement des informations de santé de millions de nos concitoyens à Microsoft plutôt qu’à l’opérateur français OVH a de quoi légitimement choquer. Cette décision prise au début de l’été dernier à l’issue d’un processus de sélection pour le moins obscur confie à l’un des plus éminents membres des GAFAM – Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft – nos données les plus intimes du Health Data Hub, cette plate-forme destinée à la recherche médicale et statistique.

Selon le secrétaire d’Etat au numérique, Cédric O, la France n’était pas prête et accusait, au moment de la décision, un retard dans le domaine du « cloud », c’est-à-dire du stockage et traitement de données numériques. Justification fallacieuse car il suffisait, selon Octave Klaba, fondateur de la société roubaisienne OVH, opérateur de référence dans ce domaine, de patienter quelques mois pour éviter ce transfert massif de données vers les Etats-Unis. Juste le temps de permettre à l’entreprise de s’adapter au cahier des charges exigé par le gouvernement. Le violent incendie, mercredi dernier à Strasbourg, de l’un des centres de stockage d’OVH sonne néanmoins comme un avertissement sur les dangers d’une concentration à l’infini des données, même en France ou en Europe.

Ce mauvais coup porté à notre économie n’est pas sans rappeler la vente de nombre de nos fleurons industriels, comme la société Alstom à General Electric, exemple le plus notable, et toutes les soumissions de l’actuel pouvoir aux Etats-Unis et à la langue anglaise.

La fin programmée de la vie privée

Mais cette soumission à l’oligarchie et le pactole offert à l’empire de Bill Gates, sans doute l’un des plus mondialistes d’entre les mondialistes avec George Soros, posent surtout l’épineux problème de la sécurité des données. Il ne se passe pas une semaine sans que ne soit révélé un piratage massif de données informatiques et le phénomène va croissant de mois en mois. Yahoo, grandes entreprises, administrations, banques, mutuelles, particuliers subissent quotidiennement des piratages en tous genres, et nombreux sont les spécialistes annonçant sereinement l’impossibilité d’une sécurisation absolue des données et l’inéluctable fin de la vie privée.

Imagine-t-on les conséquences sur l’emploi, les carrières, la finance, la politique et le crédit de toutes les fuites de données présentes et à venir et de cette fin de toute vie réellement privée ? Il y a moins d’un mois, la presse révélait le vol des dossiers de santé d’un demi-million de nos concitoyens et leur publication sur Internet. Deux semaines auparavant nous apprenions la plus importante fuite de données jamais constatée depuis les débuts d’Internet : près de trois milliards deux cents millions d’adresses courriel et mots de passe volés aux géants du Web.

Toutes données qui bien souvent nourriront des réseaux cybercriminels pratiquant le « rançonnage » assorti d’un chantage, l’« hameçonnage » et l’usurpation d’identité. Sans parler d’un moindre mal : la démultiplication des reventes de fichiers à des fins publicitaires. Dans ce contexte, était-il bien prudent de confier nos données de santé aux grands opérateurs américains qui ne prennent même plus la peine de démentir leurs liens avec les grandes agences de renseignement (NSA, FBI, CIA) ?

Par Arnaud Raffard de Brienne

Article paru dans Présent daté du 16 mars 2021