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« One Planet Summit » : Macron fait son show, par Franck Delétraz

Dans le prolongement de son ridicule – mais très médiatique – « Make our planet great again », Macron organisait mardi à Boulogne-Billancourt le « One Planet Summit », raout des grands de ce monde visant à faire avancer la lutte contre le prétendu réchauffement climatique. Un sommet qui, côté mesures, a accouché d’une souris, mais a en revanche permis au mégalomane de l’Elysée de se donner, l’espace d’une journée, un semblant de stature internationale.

Macron se met en scène

Posant fièrement aux côtés d’une cinquantaine de chefs d’Etat et de gouvernement, paradant au milieu des principaux acteurs financiers du globe, l’ex-employé de la Banque Rothschild était à coup sûr dans son élément. Et c’est face à ce parterre doré, excité par des chauffeurs de salle, que le Président, arpentant selon une chorégraphie bien huilée « La Scène musicale », espace culturel bâti sur les ruines des usines Renault où s’échinaient jadis des « prolos », a alors interpellé la communauté internationale.

Martelant que l’« on ne va pas assez vite », que l’augmentation des températures pourrait aller jusqu’à « 3,5 degrés » ou encore que l’« on est en train de perdre la bataille », Macron a même averti ses auditeurs que « cinq, dix, quinze » des chefs d’Etat présents seront bientôt dans l’incapacité de représenter leur pays !

Un discours catastrophiste repris en chœur par les intervenants successifs qui, tous ou presque, ont condamné la décision de Trump de se retirer de l’accord de Paris. En se gardant bien toutefois de souligner la faible représentation de la Chine, pourtant premier pollueur de la planète…

Beaucoup de paillettes et peu de mesures

Quoi qu’il en soit, il ne sera pas sorti grand-chose de cette « bousculade » de bonnes intentions : pas plus d’une douzaine de mesures, dont un bon nombre ont d’ailleurs déjà été mises en œuvre. Ainsi Theresa May, Katrin Jakobsdottir ou Mark Rutte, chefs des gouvernements britannique, islandais et néerlandais, n’ont-ils fait que répéter des engagements déjà pris. Tout comme le mexicain Enrique Peña Neto qui, répétant son intention de créer un marché carbone étendu sur le continent américain, a « omis » de préciser quel sera le prix du carbone moyen dans ce projet, élément pourtant nécessaire pour garantir le succès de l’initiative…

Franck Delétraz

Article paru dans Présent daté du 13 décembre 2017

La crèche résiste comme jamais !, par Caroline Parmentier

Après la guerre des crèches en 2016, un vent de fronde souffle en ce mois de décembre sur la France. De plus en plus d’espaces privés ou publics veulent la leur cette année, affichant fièrement ce symbole d’identité culturelle et de résistance chrétienne.

La crèche c’est festif. La crèche c’est artistique. La crèche c’est le savoir-faire artisanal et local. La crèche c’est bon pour les enfants… On n’a jamais avancé autant de bonnes raisons d’avoir une crèche ! Comme si les interdictions de ces dernières années, les poursuites en justice, les relents de haine inspirés de la Terreur avaient eu l’effet inverse de celui escompté.

Des écoles sous contrat comme celles de Clamart ont organisé dès le mois d’octobre des concours de crèches pour les enfants de sixième, récompensant la plus belle. Au centre commercial de Parly 2 (Le Chesnay) la crèche supprimée en 2011, avait fait sa réapparition. En 2017 elle ne se fait pas toute petite et on ne peut pas louper ses personnages grandeur nature. Bravo également aux jardineries Truffaut comme celle de Saint-Germain en Laye ou à ces boutiques parisiennes comme le charmant Au bon Chic, rue des Gâtines dans le 20e. C’est chez eux que nous irons en priorité faire nos achats de Noël.

A Béziers, Robert Ménard persiste et signe malgré le jugement du Conseil d’Etat. Il devait inaugurer lundi la crèche installée à l’Hôtel de Ville. Les personnages de la Nativité vont s’installer bien au chaud dans l’entrée de la mairie. « Touche pas à ma crèche » clame en une la dernière livraison du journal municipal.

Vendredi, une crèche a été installée dans le hall du conseil départemental de la Vendée, à La Roche-sur-Yon. Une tradition qui dure depuis près trente ans mais qui depuis trois ans fait l’objet d’une persécution judiciaire à rebondissements à l’initiative des obsédés de la Libre-Pensée (qui ne trouvent en revanche rien à redire aux prières musulmanes de rue).

Les mairies FN en tête mais aussi des mairies LR et des Conseils régionaux installent leurs crèches. « Qu’ils viennent donc la démonter, s’ils l’osent ! » avait averti Julien Sanchez à Beaucaire. Pour protester contre l’interdiction de la cour d’appel de Douai (sur dénonciation d’un élu communiste) qui a déclaré illégale l’installation de la crèche de Noël à la mairie d’Hénin-Beaumont en décembre 2015, Steeve Briois a lancé un concours de la plus belle crèche et une pétition en signe de protestation : « Crèche de Noël interdite, nos traditions bafouées ».

Privé de crèche de Noël par le Conseil d’Etat dans l’Hôtel de région de Lyon, Laurent Wauquiez organise cette année une expo de santonniers pour détourner l’interdiction. Au Conseil régional des Hauts-de-France, lors de la séance plénière du 23 novembre, Mireille Chevet élue FN, a demandé au président Xavier Bertrand la mise en place d’une crèche. Rappelant sa totale conformité avec la loi de 1905, notamment par le jugement du Conseil d’Etat du 9 novembre 2016, elle a fait valoir la mise en valeur du savoir-faire local citant les associations concernées. Xavier Bertrand membre du Grand Orient de France, qui a obtenu sa présidence grâce à la gauche et à l’extrême gauche, a bien évidemment méprisé sa demande. La région Paca vient pourtant d’installer la sienne dans le hall du Conseil régional de Marseille. Le groupe FN en a félicité l’exécutif LR !

Caroline Parmentier

Article paru dans Présent daté du 5 décembre 2017

Journal Présent : 35 bougies et 9000 cartouches – par Francis Bergeron

J’ai sous les yeux le numéro de Présent des 1er et 2 janvier 1986. Il porte le numéro 989. Il est illustré par un dessin de Chard : « On tient le bon bout », nous dit un petit personnage appelé Dupont, coiffé d’un béret. François Brigneau, qui partage à l’époque la direction politique et la direction de la rédaction avec Jean Madiran, assure la « chandelle » de ce numéro pour dire aux lecteurs : « Présent entre dans sa cinquième année. C’est un bel âge. Rares étaient ceux qui croyaient que nous l’atteindrions. Ils nous voyaient emportés au galop d’une maladie du premier âge et il n’y aurait pas eu grand monde pour suivre le petit cercueil de bois blanc au cimetière des espérances mortes. »

Que dire alors de ce Présent numéro 9 000, qui va entrer dans sa 36e année d’existence ? Deux ou trois choses qui méritent d’être rappelées.

D’abord cette pérennité exceptionnelle : votre quotidien Présent va donc dépasser la durée de vie d’un autre quotidien, celui qui était la référence absolue pour François Brigneau et Jean Madiran : L’Action française, celle de Maurras, Bainville et Daudet. Et pour le coup, je pense que les fondateurs eux-mêmes n’imaginaient pas une telle longévité pour Présent.

Ensuite, la fondation de Présent a correspondu à un moment de l’histoire de notre pays particulièrement inquiétant, avec le retour au pouvoir des communistes, dans les valises de Mitterrand, 35 ans après la fin de la guerre. Pouvait-on alors imaginer que, 35 ans plus tard, les menaces sur l’identité française, certes différentes, seraient plus graves encore, et multiformes ? « Mariage » homo, PMA et adoption d’enfants, islamisation, dhimmitude et terrorisme, errances papales et christianophobie ; et, malgré cela, la déception des présidentielles du printemps dernier. Les civilisations sont mortelles, rappelait Jean-Marie Bastien-Thiry, lors de son procès.

Comme lors de l’avant-guerre de 14 avec L’Action française quotidienne, comme en 1981 avec les communistes au pouvoir, un sursaut est nécessaire, la résistance doit se muscler. Et Présent tiendra son créneau, avec sa provision de cartouches.

Présent doit peser plus lourd et son influence doit progresser

Mais le dernier point qui mérite d’être rappelé, c’est que Présent, dans son effort actuel, ne peut compter que sur vous, sur ses lecteurs. Nous savons ce que nous vous devons. Le talent, le dévouement, les sacrifices des collaborateurs du journal ne pourraient rien si vous ne répondiez pas présent à Présent. Présent doit peser plus lourd et son influence doit progresser encore, pas seulement dans notre camp.

Mais Présent est fragile financièrement. Plus que cela, Présent est en risque. Comme toujours, nous diront nos plus anciens lecteurs, qui se souviennent des appels fréquents de Jean Madiran, et qui rappellent aussi que L’Action française de Charles Maurras vivait de sa « souscription permanente ».

Mais permettez-moi de vous dire que les temps sont plus durs, aussi : les abonnements internet qui se substituent progressivement aux abonnements papier (les retards dans la distribution postale n’y sont pas pour rien) n’apportent pas le même niveau de marge à l’entreprise Présent. Et l’équilibre financier, rétabli depuis quatre ans seulement, est à la merci du moindre incident : un procès, la défaillance d’un fournisseur, une augmentation de charges imprévue…

Alors que Noël approche et que nous fêtons ce 9 000e numéro en famille, c’est-à-dire avec vous, nos lecteurs et amis, et tous ceux qui nous ont envoyé un message d’amitié que vous lirez dans ces pages, offrez à vos proches un abonnement à Présent. Au plaisir d’offrir, vous ajouterez le plaisir et la nécessité d’afficher vos convictions, grâce à Présent.

Francis Bergeron

Article repris du quotidien Présent

Macron-Jupiter redescend sur terre ! – par Guy Rouvrais

Sa parole devait être rare et sobre pour être mieux entendue et ne point se perdre dans le fracas de l’actualité, il entendait souligner ainsi que, Jupiter président, il était au-dessus de la mêlée politicienne. Or, voilà qu’en trois semaines, il se répand longuement dans les médias, une interview fleuve dans Le Point, une autre de même ampleur, outre-Rhin, dans le Spiegel, et, enfin, lundi soir, pendant plus d’une heure, sur TF1. C’est qu’il est sur la défensive, sa cote de popularité dégringole, le doute se répand, y compris dans sa majorité, il ne peut laisser ce désenchantement croître et embellir. D’où le plaidoyer pro domo que fut son intervention vespérale, ses explications qui furent autant de justifications. C’est dire aussi qu’on n’a pas appris grand-chose, il n’a rien annoncé de nouveau, il est surtout revenu sur les réformes annoncées pour en limiter la portée.

Ainsi l’engagement de faire bénéficier de l’assurance chômage les salariés démissionnaires n’est plus inconditionnel mais subordonné à l’existence d’un « projet », ce qui en restreint considérablement le champ. La suppression de l’Impôt sur la fortune aura pour corollaire « l’obligation d’investir » sans préciser comment la contrôler. On le voit, il n’est pas tout à fait vrai que ce qu’il fait est conforme à ce qu’il avait annoncé pendant sa campagne, il en a convenu mais seulement pour la baisse des cinq euros de l’APL.

Quant à l’extension de la PMA aux lesbiennes et aux célibataires, il y est toujours favorable, bien entendu, mais après un débat en 2018, il souhaite légiférer en respectant « l’ensemble des convictions », ce qui n’est évidemment pas possible puisqu’elles sont contradictoires. « Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée », c’est oui ou non, il n’y a pas d’espace logique et politique en ce domaine pour une motion mi-chèvre mi-chou. Autre condition par lui posée : que le bénéfice de la PMA aux « couples » de femmes ne débouche pas « subrepticement » sur la GPA à laquelle il est hostile. Or, cette dérive est inscrite dans la justification qu’il donne en faveur de la « PMA pour toutes » : l’égalité entre tous les citoyens et les couples dont il se veut le garant. Dès lors, si les homosexuelles peuvent avoir un enfant grâce à une manipulation qualifiée de médicale, pourquoi la refuser à leurs homologues masculins, la leur ne pouvant passer que par une GPA ?

A propos de la tragédie de Marseille qui a vu deux jeunes filles assassinées par un terroriste islamiste en situation irrégulière et néanmoins libéré après avoir été interpellé huit fois, le président a rappelé que le préfet et un autre haut fonctionnaire avaient été limogés par le ministre de l’Intérieur. Mais il a ajouté aussitôt que les responsables de cette criminelle bavure sont des « fonctionnaires de grande qualité » ! Que serait-ce s’ils étaient de mauvaise qualité ! Dans la foulée, il a annoncé qu’il sera « intraitable » et que « toutes celles et ceux qui, étrangers et en situation irrégulière, commettent des actes délictueux quels qu’ils soient, seront expulsés. » Pourquoi les clandestins seulement ? Les délinquants qui sont en situation régulière peuvent donc rester et continuer à voler, violer, assassiner ?

Guy Rouvrais

Article paru dans Présent daté du 17 octobre 2017

Profession de foi Marine Le Pen 1

Haro sur Marine Le Pen !, par Guy Rouvrais

Il paraît donc que pour Marine Le Pen, c’est la chute finale, entraînant avec elle, à terme, celle du Front national ! C’est là une curieuse musique qui va crescendo depuis les élections de mai-juin. Le Parisien, dimanche, en faisant même sa une, ce qui prouve, au moins, que la présidente du Front est toujours « vendeuse »… Ses électeurs, dont la feuille de LVMH – leader mondial du luxe – espère qu’ils seront des lecteurs, seraient frappés de « désamour » à son égard au point, assure le journal, qu’elle « a perdu le droit de parler » en leur nom. Bigre ! Et cela, d’abord et surtout, à cause d’un débat raté entre les deux tours, comme si l’avenir d’un leader se jouait pour toujours sur trois heures de joute oratoire ! C’est aussi excessif qu’injuste.

Le même jour, le concurrent de cet organe vespéral, Le Journal du dimanche, suggérait, pour François Hollande, que « son avenir politique n’est pas totalement derrière lui » ! Rappelons qu’il a été incapable de défendre son bilan devant les Français qui l’avaient élu et qu’il a dû renoncer piteusement à se représenter… Mais c’est Marine Le Pen qui a rassemblé près de onze millions d’électeurs sur son nom dont la carrière serait dans l’impasse. Cherchez l’erreur…

C’est entendu, rien ne vaut la victoire, et une défaite, même honorable, reste un échec et la première déçue, c’est l’intéressée elle-même, à l’unisson de ceux dont elle portait les espoirs. Qu’il faille en cerner les raisons, analyser les erreurs, entendre ce qu’ont à dire électeurs, militants et cadres, c’est ce que va faire la présidente du FN dans les semaines qui viennent en sollicitant « l’intelligence collective, l’écoute mutuelle et à la fraternité militante », a-t-elle dit dans son discours de rentrée à Brachay.

Ceux qui voient Marine Le Pen sur le déclin et prédisent la dégringolade du Front national prennent leurs désirs pour des réalités ! Ce sont des récidivistes ! Depuis la création du FN on ne compte plus le nombre de fois où on a annoncé sa fin ! C’était soit, déjà, à la suite d’un échec électoral, ou d’une dissidence, d’une crise dont politologues et journalistes affirmaient au nom de leur expertise infaillible qu’il ne s’en remettrait pas. Ou alors, souvenez-vous, c’était après une petite phrase malheureuse d’un dirigeant à partir de laquelle les mêmes expliquaient que le Front « met bas le masque » et révèle son « vrai visage », dessillant ainsi les yeux de ses électeurs qui allaient enfin apercevoir l’ombre d’Adolf derrière Jean-Marie et l’abandonner à jamais. On sait ce qu’il est advenu de ces sombres prophéties, le Front national sous Jean-Marie Le Pen comme sous la présidence de sa fille, n’a cessé de progresser, jusqu’à battre tous ses records lors de la dernière élection présidentielle.

Il en est ainsi dans la vie politique, les partis et leurs leaders connaissent des hauts et des bas, des victoires et des défaites, des crises et des moments de grâce. L’important, ce ne sont pas ces inévitables péripéties, mais la tendance de fond, et celle de Marine Le Pen et du FN sont ascendantes. Fort heureusement, l’avenir n’appartient pas aux augures journalistiques mais aux Français, laissons les uns parler et attachons-nous à mobiliser les autres pour le salut du pays.

Guy Rouvrais

Article paru dans Présent daté du 19 septembre 2017

Simone Veil panthéonisée – par Guy Rouvrais

Nous ne sommes pas de ceux qui piétinent le cadavre de l’adversaire politique et nous n’allons pas davantage cracher sur leur tombe, ce qui, hélas, n’est pas toujours le cas de nos ennemis. Simone Veil n’est plus du monde des vivants ni de nos terrestres combats. Mais nous ne joindrons pas nos pleurs au torrent qui se déverse dans tous les médias et tous les partis depuis l’annonce de son décès, les politiques rivalisant dans les dithyrambes et l’émulation lacrymale. Economes de nos larmes, nous les réservons aux victimes, aux enfants qui n’ont pas vu le jour, broyés, massacrés, aspirés avant d’avoir pu contempler un visage humain et qui ne sauront jamais ce que c’est d’être bercé par la douceur d’une mère, mais, heureusement, ils connaissent à jamais la tendresse de Dieu à défaut de celles des hommes.

Trop, c’est trop ! Songez que, vendredi, sur France 2, de 14 heures à 23 heures, tous les programmes ont été consacrés à l’ancien ministre de la Santé, films, téléfilms, documentaires, interviews, etc. Que ceux qui l’ont soutenue et aimée saluent avec respect sa mémoire, il n’y a rien que de très normal, mais de là à organiser son culte jusqu’à cette canonisation laïque qu’est son entrée au Panthéon, il y a plus qu’une marge, un gouffre d’obséquiosité. Nous, nous ferons pour elle ce à quoi les autres ne songent pas et qui, pourtant, lui est le plus nécessaire depuis qu’elle a basculé du temps à l’éternité : la confier à la justice et la miséricorde de Dieu par l’intercession des saints innocents, ceux du temps d’Hérode, mais aussi d’aujourd’hui et d’hier qui, eux seuls, ont le droit de demander le pardon pour leurs bourreaux et ceux dont la loi a armé la main.

Nous n’accablerons pas post mortem celle qui n’est plus mais nous ne renierons rien pour autant de notre juste combat contre la loi qu’elle porta et dont nous voyons depuis les funestes conséquences s’amplifier. Les « verrous » de cette loi ont disparu : sa limitation exclusive aux « cas de détresse », l’entretien dissuasif, le délai de réflexion, et cela accompagné du remboursement par la Sécurité sociale, de l’allongement du délai pour avorter, de l’instauration du délit d’entrave à l’avortement, y compris, récemment, « numérique ». Ce que les adversaires de la loi Veil avaient prédit : dès que l’on s’affranchit du respect inconditionnel de la vie commençante, il n’y a plus aucune norme objective pour restreindre le champ de l’avortement. Le droit à la vie, dont la loi de 1975 était une dérogation exceptionnelle et temporaire, est devenu le droit d’avorter.

Attribuer la responsabilité de cette loi à Simone Veil – pour s’en féliciter ou le déplorer – fait bon marché de ceux qui étaient au-dessus d’elle et qui l’ont voulue, à savoir Giscard et Chirac, ce dernier, dit-on, a laissé faire le premier. C’est le chef de l’Etat, d’abord, qui a décidé les lois « sociétales » : abaissement de la majorité à 18 ans, divorce par consentement mutuel, libéralisation de la pornographie, c’est dans ce mouvement que se situe la législation sur l’avortement dont Mme Veil fut l’exécutante efficace. Les coresponsables sont encore de ce monde, il n’est pas trop tard pour eux d’exprimer leurs regrets ici-bas avant d’en rendre compte là-haut.

Guy Rouvrais

Article publié dans le quotidien Présent daté du 13 juin 2017

Élections législatives : La désertion – par Guy Rouvrais

La fracture béante entre la France d’en bas et celle d’en haut, entre les bénéficiaires de la mondialisation et ses victimes, n’a pas fondu au soleil de juin, pas plus qu’elle n’a disparu en mai avec l’élection d’Emmanuel Macron. C’est la sociologie électorale qui le dit : ceux qui ont voté pour lui le mois dernier et dimanche pour ses candidats, ce sont ceux que les économistes et les têtes chercheuses du marketing et de la publicité appellent les CSP +, les bobos intégrés, comblés par la libéralisation de notre économie, jouissant de confortables revenus. En Marche leur en promet davantage.

Ils sont donc en pâmoison devant le nouveau président, ils chantent le « formidable succès » de ce premier tour. Mais les autres existent toujours, les exclus, les oubliés, les laissés pour compte de la mondialisation, qui souffrent de la condescendance des prétendues élites dont le macronisme est le dernier avatar. Ce sont ceux-là qui sont restés chez eux dimanche, aboutissant à ce triste record d’abstention sous la Ve République, plus de 51 %.

Dans ces conditions, il est indécent que les dévots du gourou Macron célèbrent une victoire bâtie sur la désertion, l’écœurement, le rejet d’un électeur sur deux. Le chef de l’Etat s’est pourtant déclaré « heureux » de ce résultat. Mais comment peut-il l’être quand tant de ses compatriotes ont dit, en boudant les urnes, combien ils étaient malheureux ? Que les vainqueurs n’oublient pas que leur quelque 32 % ne représentent finalement que 15 % des électeurs inscrits, la « majorité » est un colosse aux pieds d’argile.

Que tant de Français ne se sentent plus concernés par le gouvernement, et donc le destin de leur pays, parle plus haut et plus fort que les clameurs triomphalistes des macronistes. Pour combien de temps les premiers se contenteront-ils de cette protestation silencieuse ? Car cette indifférence dissimule aussi de la colère. Si elle ne peut pas s’exprimer à l’Assemblée nationale, c’est dans la rue qu’elle le fera, et nul ne sait jusqu’où elle peut aller quand ce qui, dans le domaine fiscal et social, était projet deviendra réalité, lorsque la majorité des godillots – et des escarpins – d’Emmanuel Macron auront voté sans barguigner tout ce qu’il leur présentera.

Sans le Front national, cette abstention eût été encore plus grande. Car ses détracteurs doivent au moins lui reconnaître ce mérite civique d’avoir ramené aux urnes les milieux populaires qui en étaient détachés. C’est un combat de chaque instant qui n’est pas toujours gagné. Quand le découragement gagne même ceux-là, alors le FN en fait les frais. Son score n’égale pas celui de Marine Le Pen, mais il y a toujours eu ce décalage à la baisse entre le scrutin présidentiel, très personnalisé, et le législatif où les candidatures sont éclatées, sachant qu’il y a une prime aux sortants, or le Front national n’en avait que deux. Il en aura sans doute davantage, ne serait-ce que Marine Le Pen dans sa circonscription. Cela dit, il reste possible pour les patriotes d’arracher des sièges encore en balance à condition que, devant la déferlante Macron, ceux qui refusent une Assemblée nationale sans opposition crédible se mobilisent immédiatement avec ardeur pour que la voix des oubliés puisse résonner fortement sous les voûtes du Palais Bourbon.

Guy Rouvrais

Article publié dans le quotidien Présent daté du 13 juin 2017

Législatives – En marche… difficile

Il y a l’encens de la classe politique française, de la plupart des médias, l’euphorie des dirigeants européens, et puis il y a les Français, chez qui le scepticisme domine face au nouveau président. La plupart de ceux qui ont voté pour Macron l’ont fait plus résignés que convaincus pour sauver une République nullement menacée. C’est ainsi que, selon les sondages, la cote de confiance du président est déjà négative. Pas de beaucoup, certes, un point, mais cela indique une tendance : d’après l’enquête des Echos, 45 % de nos compatriotes lui font confiance pour affronter les problèmes du pays, contre 46 % n’ayant pas confiance. Rappelons que, juste après leur élection, François Hollande était crédité de 58 % d’opinions positives et Nicolas Sarkozy de 59 %. Hollande n’avait vu sa cote de confiance devenir négative que plusieurs mois après son accession à l’Elysée.

Si les électeurs n’y croient déjà plus quinze jours après l’élection, que sera-ce quand s’abattront sur eux les premières mesures, sociales ou antisociales et fiscales ! Mais, entre-temps, il y a les élections législatives. Pour agir, Macron a besoin de la majorité absolue. C’est à cette lumière qu’il faut considérer la composition de son gouvernement. Pour la présidentielle, il avait besoin des voix de gauche, pour les législatives, de celles de droite, car il ne peut plus compter sur la gauche. Son gouvernement est d’abord une vitrine publicitaire. On peut y voir, notamment, Bruno Le Maire chargé de l’Economie et Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des comptes publics (en français, ministre des Finances), qui fut le porte-parole de Nicolas Sarkozy, deux LR. Cela est destiné à convaincre les électeurs Républicains qu’une politique économiquement libérale sera appliquée. Mais rien n’est moins sûr que ce ralliement. Ils n’ont toujours pas pardonné à Bayrou d’avoir voté Hollande en 2012, pourquoi suivraient-ils ceux que leur parti désigne comme des traîtres ou, à tout le moins, des opportunistes ? Lesquels, candidats ou non, devront faire activement campagne contre ceux qu’ils soutenaient hier encore et soutenir tous ceux d’En Marche. En effet, le porte-parole du gouvernement a rappelé que « les ministres étaient des militants de la majorité présidentielle ».

Dans ces conditions, la candidature de Bruno Le Maire dans l’Eure, par exemple, ne se présente pas bien. Sa réélection était déjà menacée avant sa nomination, il est peu probable qu’elle suscite de nouveaux soutiens. Il aura contre lui un candidat LR, au moins un de gauche, et un autre du Front national, dans une circonscription où Marine Le Pen a fait un très bon score. Or, s’il est battu, la règle s’imposera à lui, il devra quitter le gouvernement. C’est ce qui était arrivé à Alain Juppé, en 2012 : battu à Bordeaux par une candidate socialiste, il abandonna un grand ministère de l’Ecologie, taillé à sa mesure. S’il est battu, Macron devra le remplacer. Il aurait déjà un « plan B ». On comprend mieux pourquoi des Républicain(e)s qui rêvent d’en être ont préféré attendre que des places se libèrent quand les électeurs auront renvoyé dans leur foyer les éphémères ministres qui auront échoué sur le front électoral.

Guy Rouvrais

Article paru dans Présent daté du 20 mai 2017

Interview de Stéphane Ravier : “L’opposition c’est nous !”

Le sénateur-maire des XIIIe et XIVe arrondissements de Marseille est candidat aux législatives. Il se présente sur la 3e circonscription qui recoupe le territoire de sa mairie de secteur, les quartiers nord. Déjà candidat en 2012, il avait échoué de peu au second tour face à la socialiste Sylvie Andrieux qui n’a pu aller au bout de son mandat car condamnée définitivement pour détournement de fonds publics et déclarée inéligible…

— Pourquoi Mélenchon a-t-il choisi de se présenter à Marseille ?

— Il a besoin d’un nouveau souffle électoral. Loin de lui l’envie de répondre aux attentes des Marseillais, il répond à sa propre ambition. Cela correspond assez bien à ses convictions d’immigrationniste, lui-même est une sorte d’immigré politique. Marseille dit-on, est une ville d’accueil, elle va accueillir un réfugié de plus, j’espère qu’il a ses papiers. Il a déjà essayé d’obtenir son statut de réfugié politique à Hénin-Beaumont qui lui a été sèchement refusé par les électeurs. Il n’a pas regardé quelles étaient les attentes des habitants du centre-ville en matière d’immigration massive ou d’insécurité, il a regardé les chiffres électoraux. Pas ceux du chômage. Il essaye de relancer sa carrière politique, lui qui se voyait au second tour de l’élection présidentielle. C’est un calcul électoral. Ce n’est pas par amour de Marseille ni des Marseillais. Il vient ici poser ses valises, peut-être n’aura-t-il pas le temps de toutes les ouvrir qu’il faudra déjà qu’il les referme pour aller sous d’autres cieux.

— Comment se présentent les élections législatives à Marseille pour le Front national ?

— Tous les candidats sont investis. Je suis moi-même candidat dans la 3e circonscription de Marseille, celle où je me suis présenté il y a cinq ans face à Sylvie Andrieux. On sait comment elle a procédé pour sauver son siège et on sait comment ça s’est terminé. Depuis, elle porte un bracelet, pas au poignet mais à la cheville. Les candidats et les militants sont sur le terrain pour obtenir à Marseille et dans tout le département des Bouches-du-Rhône le maximum d’élus patriotes Front national. Marine Le Pen a réalisé le score de 10,6 millions de voix dans un contexte où les médias officiels du système, c’est-à-dire quasiment tous sauf Présent, ont été à l’unisson pour porter leur candidat au sommet de la pyramide, si j’ose dire. Le symbole se voyait bien sur les images, le soir de l’élection. Une élection qui n’est pas un plébiscite loin de là, avec ses abstentions records et ses votes nuls. Les Français sont assez dubitatifs et méfiants sur le candidat des banques. Il en sera de même et de façon plus affirmée encore aux élections législatives. Il n’est pas du tout acquis et les sondages le démontrent, qu’Emmanuel Macron remporte le troisième tour ni qu’il obtienne le blanc-seing qu’il espère. Ce refus passe par l’élection des députés Front national et la présence à l’Assemblée d’un groupe important qui puisse s’opposer à la politique antisociale, européiste et mondialiste que le nouveau président commence à dévoiler.

— Qu’en est-il de l’alliance avec Nicolas Dupont-Aignan à Marseille ? Est-ce qu’il y a des circonscriptions où vous ne présenterez pas de candidats ?

— Non, pas à Marseille. Marine a réalisé 37 % des voix à Marseille au second tour. C’est un très bon résultat dans une ville aussi cosmopolite pour employer un terme politiquement correct, une ville où la mobilisation de cet électorat fraîchement national a été importante. A Marseille, les candidats seront estampillés Front national. Dans le reste des Bouches-du-Rhône hors Marseille, il y aura une circonscription réservée à Debout la France. Il est très important que les électeurs aient conscience que l’élection législative est toute aussi importante si ce n’est plus, que l’élection présidentielle. Jusqu’à présent nous avons toujours subi une déperdition de voix aux législatives parce que les électeurs considéraient que la présidentielle était passée et que le président allait pouvoir présider. Justement, ce président-là, il ne faut pas le laisser faire. Les députés ont un droit et un devoir d’agir. J’appelle à la mobilisation des électeurs à Marseille et partout en France, de ces 10,6 millions de Français, pour qu’ils confirment leur choix à travers les élections législatives et qu’ils envoient à l’Assemblée une force d’opposition massive. Il faut 12,5 % des inscrits pour être au second tour. Il faut que les candidats du Front national arrivent en tête dès le premier tour dans le plus grand nombre de circonscriptions, pour qu’il y ait une dynamique. Après, ce sera à nos adversaires de se déterminer, aux Républicains de confirmer leur choix comme ils l’ont fait aux présidentielles en appelant à voter pour le candidat de Macron ou au parti de Macron d’appeler à voter pour le candidat des Républicains. De toute façon ce sont les mêmes. Comme ils l’ont prouvé dès 20 h 03 le soir du premier tour avec l’appel de Fillon et le reste du troupeau qui a suivi. Y compris à Marseille, où Jean-Claude Gaudin qui reste le leader de ceux que certains nomment encore la droite, a appelé à voter Macron comme la plupart de ses lieutenants. Lui, il a attendu 20 h 15 !

— Est-ce que vous ne pensez pas que le retrait de Marion Maréchal-Le Pen risque de faire perdre des électeurs et de l’ancrage sur une terre qui était fertile pour le Front national ?

— Je suis comme tout le monde au Front national et en particulier ceux qui ont eu la chance de travailler avec Marion. Je l’ai découverte à l’occasion des élections régionales, elle m’avait demandé de mener la liste dans les Bouches-du-Rhône ce qui m’a conduit à l’accompagner sur le terrain. J’ai été bluffé par ce petit bout de femme – le terme n’est pas péjoratif – déterminée, intelligente, courageuse, passionnée. Et passionnée en particulier – et c’est là où, en soi, son choix ne m’étonne pas – par l’entreprise. Lorsque nous étions sur le terrain du monde du travail, que ce soit chez un agriculteur, dans une entreprise high-tech des quartiers nord de Marseille qui lui expliquaient leur développement ou leurs difficultés, je la sentais vraiment attirée, très intéressée par cet univers-là. Tout juste si elle ne leur disait pas : « Embauchez-moi, j’ai envie de bosser avec vous. » On sentait à ce moment-là qu’elle sortait du corps de la candidate. Elle me l’avait dit : si elle n’avait pas été convaincue par son grand-père d’entrer en politique en 2012, elle aurait entamé une carrière dans le privé. Si vous ajoutez à cela qu’elle est maman – j’entendais le scepticisme affiché par certains de vos confrères à ce sujet ! – qu’ils accordent au moins à Marion cette sincérité et cette liberté de mère qui a le désir de s’occuper de son enfant. En plus, elle est en cohérence avec les valeurs qu’elle défend, en particulier celles de la famille.

— Mais sur le terrain, est-ce que son absence peut démobiliser des électeurs ?

— Par sa sincérité et sa jeunesse, son attachement à la France, elle a su convaincre les esprits et les cœurs. Son départ est pour nous un déchirement, nous la regrettons tous. Mais il faut bien que la vie continue. Je demande aux militants qui la connaissent et qui ont de l’estime pour elle de comprendre que Marion avait envie de faire autre chose de sa vie. Certains ont qualifié cela de « désertion ». Marion est une femme de 28 ans, elle a le droit – on n’est pas encore en République islamique – de faire ce qu’elle veut. Et de revenir. Elle nous a dit qu’elle soutiendrait les candidats du Vaucluse et qu’elle restait patriote et Front national. Elle apportera à la France sa volonté de créer une entreprise ou de participer au développement d’une entreprise et puis elle reviendra. Pendant ce temps, la vie politique du Front national continue, il y a d’autres cadres et il y en aura d’autres, nouveaux et ils porteront eux aussi les couleurs, les valeurs et les convictions du Front national sur l’immigration, l’identité, la lutte contre le communautarisme. C’est auprès de ces nouveaux cadres qu’il faudra travailler, la vie commence toujours demain.

Propos recueillis par Caroline Parmentier

Article paru dans Présent daté du 13 mai 2017

Marion Maréchal Marine

Le départ de Marion Maréchal-Le Pen est un énorme coup dur, par Caroline Parmentier

Le départ de Marion Maréchal-Le Pen qui couvait depuis un moment, est un énorme coup dur. Pour le Front national, pour la droite, pour toute notre famille d’idées et de convictions et plus largement pour la France.

C’est elle qui s’en va. L’excellente Marion Maréchal-Le Pen dont le talent politique, la personnalité structurée, les valeurs sûres, la jeunesse éclatante et la beauté ont donné un formidable coup de torchon sur la vieille classe politique française et sur l’Assemblée nationale. Extrêmement populaire, elle ne sera pas candidate à sa succession aux élections législatives des 11 et 18 juin et va quitter son mandat de conseillère régionale de Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), où elle préside le groupe FN.

Marion Maréchal-Le Pen Vaucluse MatinEmbarquée en politique en 2012 à l’âge de 22 ans sans aucune envie par son grand-père Jean-Marie Le Pen, qui l’a parachutée dans la circonscription de Carpentras, elle l’a toujours dit : la politique n’est pas tout pour elle. Elle ne se voyait pas en faire sa vie et son unique carrière : « Il faut prouver aux Français qu’il existe aussi des élus libres et désintéressés refusant de s’accrocher coûte que coûte à leur statut et à leurs indemnités » écrit-elle à ses électeurs du Vaucluse dans une lettre publiée par Var-Matin.

Marion Maréchal-Le Pen reconnaît que sa décision constitue « un déchirement affectif » mais elle la justifie par des « raisons personnelles et politiques ».

« J’ai beaucoup manqué à ma petite fille dans ses premières années si précieuses. Elle m’a aussi terriblement manqué. Il est essentiel que je puisse lui consacrer plus de temps », écrit la jeune députée de 27 ans, mère d’une petite Olympe de deux ans et demi.

Marion Maréchal PrésentSi sa décision était prise depuis plusieurs mois, Marion Maréchal n’a pas souhaité nuire à la campagne présidentielle par cette annonce mais ne pouvait pas non plus attendre la fin des législatives au risque de devoir se démettre de son mandat si elle était réélue. Dans une interview exclusive à nos confrères de TV Libertés, elle annonce toutefois qu’elle sera aux côtés des candidats aux législatives du Vaucluse, qu’elle accompagnera leur campagne et assurera la transition. Elle précise qu’elle aspire à travailler dans la vie civile, dans le monde de l’entreprise et de préférence dans une petite entreprise.

Marion a souffert enfant de la politique et en connaît les sacrifices : « Jai vu la politique faire voler en éclat les couples, les relations entre sœurs, entre beaux-frères. J’ai vu un camion de déménagement au fond du jardin emporter les affaires des cousins avec qui j’avais grandi, parce que ma tante s’était brouillée avec mon grand-père » déclarait-elle en 2015 à l’Express.

Malgré les divergences avec Florian Philippot et alors qu’elle n’a pas toujours été bien traitée, elle a toujours refusé de s’opposer frontalement à sa tante avec laquelle elle a un lien affectif très fort. A l’heure de bouleversements importants annoncés au sein du parti, elle n’a aucune envie d’être placée en première ligne contre la présidente du Front national comme certains l’y poussent.

Caroline Parmentier

Article paru à la Une de Présent daté du 11 mai 2017
sous le titre « Marion s’en va »

Marine Le Pen triomphe chez Whirlpool, par Caroline Parmentier

Alors qu’Emmanuel Macron joue la partie comme si elle était déjà gagnée, Marine Le Pen est allée le chercher sur le terrain, réalisant un coup remarquablement réussi. Le tournant de la campagne ?

Lorsque Marine Le Pen apprend qu’Emmanuel Macron n’ira pas à la rencontre des ouvriers désespérés de Whirlpool en grève contre la délocalisation de leur usine en Pologne mais restera calfeutré derrière les murs de la Chambre de commerce avec quelques représentants choisis de l’intersyndicale, elle se rend à l’usine. Où elle est accueillie comme un sauveur. Elle multiplie les accolades et les selfies avec les employés qui la plébiscitent.

« Les ouvriers de Whirlpool sont victimes de la politique économique de M. Macron. », lance-t-elle.

Marine Le Pen le promet :

« Avec moi, Whirlpool Amiens ne fermera pas. J’en prends l’engagement. Rien n’est plus important que le sort des salariés qui pourraient subir une décision scandaleuse prise par une multinationale avide de profits. »

Quand Macron est informé du tour que lui a joué sa rivale, il décide de rejoindre les lieux dans la panique. Les images sont désastreuses. Accueilli devant les caméras aux cris de « Marine présidente », par des huées et des sifflets, encerclé par des hommes et des femmes en colère, il est vivement interpellé : « Comment maintenir de l’emploi alors qu’en Pologne ils sont payés 2,75 euros de l’heure ? », « Et pourquoi tout le Nord, il vote Front national ? », « Vous nous serrez les mains M. Macron, on a les mains propres ? » [NDLR : Bien avant Whirlpool, une vidéo assassine avait montré Macron se désinfectant soigneusement les mains avec des lingettes antibactériennes après avoir serré la main à des ouvriers]. Mercredi d’ailleurs, il réclamera malencontreusement un « hygiaphone » pour dire un mégaphone… « Vous vouliez pas venir, vous l’avez fait parce que Marine est venue ! » A plusieurs reprises BFM épouvantée, coupera le son.

Toute la journée, les médias de Drahi vont ramer pour rattraper l’effet catastrophique. Le soir, les commentaires de BFM sont à hurler de rire : « Finalement, Macron s’est très bien débrouillé non ? Qu’en pensez-vous cher ami ? ». « Pour moi, il sort gagnant. » « Un à zéro pour Marine Le Pen ? ». « Non, non, match nul, tout au plus. »

Malheureusement, le matin même sur LCI, Jacques Attali, soutien et père spirituel d’Emmanuel Macron, a oublié de se taire. Il qualifie la délocalisation de Whirlpool et ses 300 emplois supprimés, d’« anecdote ». Il sera sévèrement recadré par l’équipe d’En Marche.

Whirlpool sera-t-il le « Florange » de Macron ? Marine est à l’offensive. Elle a dix jours sur le terrain et un grand débat d’entre-deux tours pour montrer aux Français qui est Emmanuel Macron.

Caroline Parmentier

Article paru dans Présent daté du 28 avril 2017

Marine Le Pen au deuxième tour : tout commence !

Trois, deux, un… A 20 heures, c’est une formidable clameur de joie. La salle chavire, les gens pleurent et rient et se sautent dans les bras. Marine est au second tour. Après la déferlante de haine des médias toute la semaine et les sondages belges qui circulent sous le manteau et la donnent troisième derrière Fillon, le stress retombe.

Pour sa soirée électorale Marine le Pen a choisi de mettre la cité minière d’Hénin-Beaumont à l’honneur. C’est cohérent avec sa campagne : elle est allée chaque semaine dans des petites villes de la France des oubliés. Les candidats du système sont à Paris, Emmanuel Macron dîne à La Rotonde entouré du show-biz avec un menu qui n’est pas à base de fricadelle et dont le prix ronflant tourne sur Twitter, Marine est à Hénin. Les VIP ici sont petits commerçants, chômeurs, descendants de gueules noires. Lorsque le score explose et que surgissent les deux silhouettes des finalistes, ils ont les larmes aux yeux. Les journalistes les zooment en gros plan d’un air un peu dégoûté.

Plusieurs journalistes sans vergogne arrivés en retard espéreront soutirer leurs chaises à des militants qui ont fait la queue pendant trois heures pour avoir une bonne place. « C’est pour ma caméra, c’est pour la presse, pour l’info » insistent les « grands reporters » parisiens.

— « Pas question, ma chaise n’est pas négociable et vos infos nous insultent en permanence. »

« C’est un record de voix pour le Front national » explique David Rachline aux journalistes, « avec 21,4 % des voix, Marine Le Pen réalise le meilleur score de son parti à une élection présidentielle. Nous sommes en tête dans 47 départements, (…) en tête en Outre-Mer, (…) la dynamique est extrêmement forte. » Steeve Briois, David Rachline, Gilbert Collard, les lieutenants de Marine Le Pen sur place (Aliot, Philippot, Marion sont sur les plateaux de télévision) répètent que même si la marche semble haute, c’est une nouvelle campagne qui s’ouvre et qu’elle a « le meilleur adversaire ».

Lorsqu’apparait François Fillon sur les sept écrans géants vers 20 h 30 et qu’il donne la consigne à ses électeurs de voter Macron, il est puissamment conspué par le public. « Le candidat catholique appelle à voter pour le candidat du Mariage pour tous, de la GPA et de la PMA, de l’accueil des migrants, du voile à l’Université », ironise une jeune militante du FNJ à côté de moi, « ça va leur faire plaisir à Sens Commun ! » Du début à la fin de cette campagne, Fillon aura incarné la mauvaise défense, le reniement et la médiocrité. Aigri ce soir, humilié par son égalité de score avec Mélenchon, il illustre comme Hamon le rejet des vieilles badernes et autres apparatchiks issus des merveilleuses primaires. « Certains LR nous ont déjà assuré qu’ils allaient appeler à voter pour nous », se félicite Jérôme Rivière, ex-UMP, investi dans le Var sous les couleurs FN.

La salle n’attend plus qu’elle. A l’arrivée de Marine, la musique s’amplifie et tout le monde retient son souffle. Le moment se savoure. Dès qu’elle apparaît, la foule ravie se déchaîne : « On va gagner ! », « Marine Présidente », « On est en finale ! »

« Vous m’avez portée au second tour de l’élection présidentielle. J’en mesure l’honneur avec humilité et reconnaissance. Je voudrais vous exprimer à vous, électeurs patriotes français, ma plus profonde gratitude. La première étape qui doit conduire les Français à l’Elysée est franchie. (…) Ce grand débat va maintenant enfin avoir lieu. Les Français doivent saisir cette opportunité historique qui s’ouvre. »

La deuxième marche, seule contre tous, sera-t-elle infranchissable ? Que vont faire au deuxième tour ceux qui disaient voter Fillon pour ne pas avoir Macron ? Où est le vote utile maintenant ? Que vont faire les mélenchonnistes dont le chef n’a pu se résoudre à appeler à voter pour le candidat de la finance et des médias, ce qui lui a valu d’être traîné plus bas que terre dès hier soir par les journalistes, Jean-Michel Aphatie en tête ? Fini le grand tribun, le frondeur si drôle, l’homme au parler vrai. Du moment qu’il ne s’allie pas au grand pacte UMPS contre Marine, il est devenu bon à jeter aux chiens. Et que vont faire les électeurs de Dupont-Aignan ?

C’est une nouvelle élection qui commence. Deux meetings sont annoncés déjà entre les deux tours, jeudi à Nice et le 1er mai à Villepinte, le grand débat Macron-Marine est prévu le 3 mai. Ils ne partent pas à armes égales. Marine va être la cible de toutes les attaques. C’est là qu’elle est la meilleure. Chacun sait que la quinzaine va être saignante et passionnante.

Caroline Parmentier

Article paru dans Présent daté du 325 avril 2017

Le journal Présent lance un appel aux dons

Nous sommes dans les cinquante derniers jours de la campagne électorale. Tout s’accélère. Marine Le Pen a viré en tête de la course, alors que les partis traditionnels s’effondrent. Que la gauche et la droite en soient à tenter de s’aligner derrière Macron, l’homme de la très haute finance et des prétendus « crimes contre l’humanité en Algérie », ou derrière Juppé, désavoué il y a trois mois à peine par 70 % des électeurs de droite, en dit long sur l’état de déliquescence de notre classe politique.

Quoi qu’on pense de tel ou tel détail du programme du Front national, quoi qu’on pense de telle ou telle personnalité de l’entourage de Marine Le Pen, quoi qu’on ait aimé ou détesté du Front national d’hier ou d’avant-hier, il n’y a qu’un seul candidat, à droite – et même dans tout l’échiquier politique français – qui ait une stature d’homme d’Etat, c’est elle.

Pour ceux qui ont étudié l’histoire de notre courant politique – le courant identitaire et patriotique, pour faire simple –, jamais nous n’avons eu de tête de file de la qualité de Marine Le Pen. Le moment est tout simplement extraordinaire.

Présent, dès le début de la campagne électorale, l’a dit : parce que la patrie est en danger, comme en 14, comme en 40, notre devoir est de voter et de faire voter pour Marine Le Pen. Parce que Trump, Poutine ou Theresa May ont ouvert la voie, notre devoir est de voter et faire voter pour Marine Le Pen.

Mais, chers lecteurs, vous devez aller beaucoup plus loin avec nous durant ces cinquante derniers jours. Vous devez nous aider à tenir le créneau de l’information, vous devez nous aider dans la bataille des kiosques, vous devez nous aider à fournir des munitions, des arguments, des soutiens visibles à tous ceux qui, actuellement, se mobilisent pour la victoire de Marine Le Pen.

Le navire est formidable. ll est en tête de la course et il continue à avancer très vite. Mais nous devons, nous aussi, sur notre créneau de l’information quotidienne, face au raz-de-marée de la désinformation multi-quotidienne, batailler, ferrailler, donner du canon.

Présent lance une grande campagne de communication qui entend soutenir la candidate que nous avons choisi de soutenir, en toute liberté financière.

Pour cela, nous avons besoin de vous, nous avons besoin de votre argent, nous avons besoin de vos abonnements.

Il faut très vite qu’un tsunami financier nous submerge, que nous puissions envahir les panneaux d’affichage des kiosques, que nos unes soient reprises et commentées, et même – pourquoi pas ? – que nos journalistes soient invités dans les radios d’Etat, les radios financées par nos impôts, comme s’ils étaient des journalistes « normaux ».

Contre le Système

Chaque don, chaque abonnement, ce sont quelques voix supplémentaires, ce sont quelques encouragements supplémentaires aux militants du patriotisme français, ce sont quelques coups de boutoir supplémentaires à l’encontre de l’anti-France, à l’encontre du « Système ».

Dans le domaine de l’information comme dans le domaine de la justice, nous vivons une situation à la soviétique, et ceci depuis des dizaines d’années, mais les yeux se dessillent. Notre mur de Berlin à nous vacille à son tour, et pourrait bien s’écrouler dans cinquante jours, du fait d’une élection surprise ou du fait d’un score énorme.

C’est aujourd’hui ou jamais que vous devez nous aider. Je pense en particulier à ceux d’entre vous qui estiment qu’ils n’ont plus l’âge de militer, de coller des affiches, de descendre dans la rue, de se battre – parfois même physiquement – avec des adversaires stipendiés et protégés par le système. Aidez-nous à le faire pour vous.

Les dons doivent nous parvenir par milliers et dizaines de milliers d’euros. Abonnez vos proches, vos amis, vos voisins. faites de Présent votre porte-parole quotidien.

Dans le suprême effort que nous vivons, soyez à nos côtés. Aidez-nous à nous battre.

Pour vous, pour nos valeurs, pour notre pays. Comme les Français l’ont toujours fait. Nous ne vous demandons pas l’impôt du sang, celui que nos ancêtres ont payé si souvent, mais simplement l’impôt national que constitue un don, un abonnement.

Francis Bergeron dans Présent daté du 7 mars 2017

Macron n’a rien compris !

Tenir meeting à Toulon n’était pas l’idée la plus judicieuse d’Emmanuel Macron après avoir osé, en Algérie, dénoncer la colonisation comme un « crime contre l’humanité », une « barbarie » (voir Présent du 16 février) ! C’est une des régions où le Front national connaît ses meilleurs résultats électoraux, c’est surtout le lieu où résident de nombreuses familles de rapatriés, qu’elles soient d’origine pied-noir ou harki. Elles ont été scandalisées par ses propos insultants, comme de nombreux Français. Un homme qui aspire à la magistrature suprême injurie la France et assimile son œuvre colonisatrice, c’est-à-dire civilisatrice, à un crime contre l’humanité ! C’est le chef duquel ont été poursuivis les nazis : Macron se disqualifie de lui-même.

C’est ce que de nombreux Toulonnais entendaient lui faire comprendre en disant haut et fort leur indignation au cri de « Macron trahison ! ». Pour justifier que la salle où il se produisait était à moitié vide, il a prétendu que le Front national avait voulu empêcher sa réunion. Il est vrai que l’on peut aussi considérer que cette accusation était un hommage involontaire au FN, qui reste le seul défenseur des rapatriés, Fillon qui a protesté n’a pas appelé, au nom de son parti, à manifester : il ne pouvait renier sa filiation gaulliste.

Néanmoins, s’il y avait des militants du Front, toujours à la pointe du combat pour la défense de la patrie, on y a surtout vu des patriotes indignés. Non seulement par l’acte d’obédience fait à Alger et les abjects propos qui l’ont accompagné, mais par la provocation que constituait sa présence là où se trouvent de nombreuses victimes de la tragédie algérienne. Remarquons, au passage, qu’il n’a évidemment pas demandé au Premier ministre algérien de faire repentance, ni même de s’excuser, pour les pieds-noirs massacrés, les soldats torturés, les harkis assassinés, les cimetières profanés. Pour Macron, le FLN n’a commis aucun crime.

Il était venu non pour provoquer mais s’expliquer, a-t-il prétendu. Il avait commencé, peu avant, de façon particulièrement grotesque, dans une intervention télévisée où il disait aux anciens combattants d’Algérie : « Vous êtes les enfants de la France » ! Un gamin de 39 ans, qui n’a jamais fait la guerre, dit cela à des hommes, « les enfants », dont la plupart sont septuagénaires, comme s’ils avaient besoin de la reconnaissance d’un Macron pour se savoir fils de France. Quelle suffisance et quel ridicule !

A Toulon, à ceux qu’il avait offensés, sur lesquels il avait craché, il a lancé : « Parce que je veux être président, je vous ai compris et je vous aime ! » En entendant cela, les plus indulgents ont conclu qu’Emmanuel Macron, quoique agrégé de l’Université, était complètement ignorant de l’histoire contemporaine, ne sachant pas que le « Je vous ai compris » du général de Gaulle est inscrit dans la mémoire douloureuse de la France et la chair de ceux qui ont eu à en subir les plus terribles conséquences, les rapatriés. Si ce n’est pas par ignorance, c’est une nouvelle provocation qui s’ajoute à l’autre. Elle annonce la trahison, comme celle du général. Mais, en accusant sa patrie de « crime contre l’humanité », il l’a déjà trahie.

Guy Rouvrais

Article paru dans le quotidien Présent

Revenu universel ? – Entretien avec Eric Verhaeghe

La question du revenu universel revient souvent dans les débats de la présidentielle. L’enthousiasme ou la répulsion qu’il suscite semblent basés sur une incompréhension ou une méconnaissance de ce concept. Eric Verhaeghe, que nous avions interrogé lors de la parution de Ne t’aide pas et l’Etat t’aidera (Présent du 25 février 2016), livre où il aborde la question, nous donne quelques clés pour mieux saisir les enjeux de ce fameux revenu.

— Dans votre livre, vous écriviez que le revenu universel est « l’avenir de la Sécurité sociale ». Pouvez-vous nous rappeler les caractéristiques de ce dispositif tel que vous le concevez ?

— Il me semble qu’il existe un malentendu curieux sur le revenu universel tel qu’il est promu par certains « libéraux ». Ceux-ci veulent ajouter une sorte de nouvelle prestation sociale, dont le coût est colossal, et qui bénéficierait à tout le monde. De mon point de vue, c’est une erreur de sens : le revenu universel ne doit pas s’ajouter aux prestations sociales existantes, et en particulier à la sécurité sociale, mais il doit la remplacer. Au lieu d’ajouter 400 milliards aux près de 1 000 milliards de prélèvements publics existants, il vaut mieux transformer les 600 milliards qui financent l’offre sociale (notamment l’offre médicale) en 600 milliards d’allocation universelle qui permettraient aux Français de souscrire aux contrats d’assurance sociale de leur choix. L’utilisation de ces 600 milliards serait exclusivement réservée à la souscription de contrats de protection sociale. On évite ainsi l’effet « paresse ». Le revenu universel ne sera pas versé pour acheter des téléphones portables ou des voitures, mais pour que chacun assure sa propre protection. La mesure est éminemment responsabilisante.

— Ce n’est donc pas une incitation à ne plus travailler et à se laisser vivre – objection qu’on entend souvent ?

— Eh non, puisque l’argent n’ira pas directement dans la poche des assurés et ne pourra être utilisé pour des babioles. Il sera fléché vers la protection sociale. Simplement, au lieu de subir une sécurité sociale déresponsabilisante comme aujourd’hui (avec cette fameuse phrase qu’on entend dans le métro : « J’ai droit chaque année à X jours de congé maladie », ou cette conviction ancrée dans certaines campagnes selon laquelle la sécurité sociale doit rembourser le taxi des malades jusqu’à l’hôpital), les Français devront faire un choix individuel réfléchi pour satisfaire à leur obligation d’assurance.

— Marc de Boni, journaliste au Figaro, écrit que la proposition d’un revenu universel se situe « à la jonction de la vision marxiste et de la pensée libérale ». Cela vous paraît-il juste ?

— Il me semble que le revenu universel est d’abord une idée libérale. Les marxistes l’ont volontiers repris à cause du malentendu introduit par certains « libéraux », pour qui le revenu universel est un outil de lutte contre la pauvreté. Sous l’expression « revenu universel » coexistent deux notions distinctes : d’un côté, la vision libérale d’une redistribution égalitaire d’une partie du PIB pour que chacun soit protégé, de l’autre, une vision plus marxiste selon laquelle le revenu universel est un outil nouveau et supplémentaire de lutte contre la pauvreté.

Propos recueillis par Samuel Martin

Entretien paru dans Présent daté du 28 janvier 2017

Mélenchon attaque Marine Le Pen

Est-ce pour se racheter d’avoir suggéré aux banques françaises d’accorder un emprunt à Marine Le Pen ? Toujours est-il que Mélenchon a cru devoir s’en prendre violemment à la candidate nationale, tant dans la presse que dans ses réunions. Sans doute le champion de la « France insoumise » s’est-il soumis à ceux qui ont déploré ce geste en faveur de la candidate du Front national. Il est vrai qu’il soulignait en même temps que lui, adversaire acharné du grand capital, pouvait compter sur le soutien des banques, illustrant le propos de Lénine : « Les capitalistes nous fourniront la corde pour les pendre. »

Il ne débat pas, il attaque, bêtement et agressivement, et cet excès, comme tant d’autres avant, disqualifie quand il ne ridiculise pas son auteur. Il l’assure : « Sa campagne n’est pas bonne, (…) ce qu’elle raconte est à peine audible », a-t-il déclaré lors d’une rencontre avec des journalistes européens. Ajoutant : « Elle patauge. » Les sondages la donnent à 28 % et elle fait la course en tête, son censeur 12 %, au mieux ! Que serait-ce si la campagne de Marine était bonne et audible ? Il est le seul parmi ses adversaires à la juger ainsi. Mélenchon prend ses désirs pour la réalité.

« Elle est revenue dans un registre très violent, très violemment raciste et xénophobe. » On avait cru comprendre que, pour la gauche en général et Mélenchon en particulier, elle n’avait jamais cessé d’être « très violemment raciste et xénophobe », sa principale caractéristique à leurs yeux. Si elle y est « revenue », c’est donc qu’il fut un moment où elle ne l’était point, ce qu’il avait omis de signaler à ses auditeurs. Lui est « revenu » aux fondamentaux de la classe politico-médiatique, « l’insoumis » se soumettant aux calomnies conformistes contre la droite nationale. « Alors moi j’en rajoute pour lui nuire, mon intention est de les mettre mal à l’aise », confesse-t-il. Non pas débattre, argumenter, réfuter, mais « nuire », le degré zéro de la politique du mesquin Mélenchon. Et il croit, en plus, que Marine Le Pen va être saisie de « malaise » en l’entendant, comme si elle redoutait le fondateur du parti de gauche !

La vérité est que le Front national a depuis longtemps sonné le glas des ambitions de Jean-Luc Mélenchon qui voulait rallier sur son nom les ouvriers, les employés, les chômeurs qui, naguère, se reconnaissaient dans le parti communiste. Or tous ceux-là se sont tournés, non pas vers l’ancien ministre de Jospin, mais vers Marine Le Pen. Il restait à Mélenchon les fonctionnaires mais, là aussi, elle le devance largement. Comme disent les sportifs, elle l’enfonce « dans tous les compartiments du jeu ».

On conçoit qu’il en nourrisse amertume, déception et colère, mais ce n’est pas une raison pour substituer l’agression à l’argumentation, la diffamation à la vérité. Cela lui évite de s’interroger sur les raisons qui font que le petit peuple préfère Marine Le Pen à son chantre autoproclamé Mélenchon. La principale étant qu’il approuve l’immigration-invasion que Marine dénonce et dont souffrent en priorité les milieux populaires, sans compter la priorité nationale qu’il récuse et que les ouvriers plébiscitent.

Guy Rouvrais

Article paru dans Présent daté du 17 janvier 2017

marine-le-pen

Les fonctionnaires votent Marine Le Pen

Que les fonctionnaires soient de fidèles électeurs de gauche a été longtemps une donnée incontestée de la sociologie électorale. La gauche étant étatiste quand elle n’est pas collectiviste, elle a besoin de nombreux serviteurs de l’Etat à mesure que ce dernier étend le champ de son action. Les fonctionnaires ne peuvent donc que soutenir ceux qui les soutiennent. Ainsi expliquait-on ce tropisme vers la gauche. Mais les temps changent !

Car, selon l’enquête du centre de recherche de Sciences Po, le Cevipof, pour la prochaine élection présidentielle, effectuée du 2 au 8 décembre, c’est Marine Le Pen qui devance tous les autres candidats chez les fonctionnaires et ce dans les trois fonctions publiques, hospitalière (21,5 %), d’Etat (18,5 %), territoriales (19,4 %), ainsi que dans les entreprises publiques (25,4 %). Globalement, au premier tour, elle[BG1] recueillerait entre 20,7 % et 22,2 % des suffrages des fonctionnaires. Elle est suivie de François Fillon, crédité de 18,8 % à 21 % des voix. La place du meilleur candidat de gauche se disputerait entre Valls et Mélenchon qui, dans le meilleur des cas, ne pourraient dépasser les 16 % dans cet électorat.

Cette étude permet de comprendre pourquoi les fonctionnaires ne sont plus liés à la gauche. Ce n’est pas seulement parce que Hollande n’a pas plus tenu ses promesses à leur égard qu’à celui de ses autres électeurs. Leurs préoccupations dépassent cette déception, générale au demeurant.

Le fait qu’ils se répartissent principalement entre Fillon qui veut supprimer 500 000 de leurs postes, et Marine Le Pen dont ce n’est pas le projet, montre que la défense de leur intérêt corporatif et de leur statut n’est plus un élément important de leur choix électoral. Avant d’être salariés de l’Etat, ce sont des citoyens qui, subissant les mêmes maux et les mêmes contraintes que les autres dans la cité, réagissent de la même manière. L’insécurité, la pression migratoire, l’islamisation de la société, touchent également ceux qui travaillent dans le privé et le public. Mais l’évolution rapide de ces derniers vers la droite nationale s’explique parce qu’ils sont le plus souvent en première ligne pour constater les conséquences de l’immigration, du communautarisme et de l’islamisation.

A l’hôpital, dans les commissariats, les prisons, les établissements scolaires de banlieues, les services sociaux, etc. les salariés ne peuvent se payer de mots pour désigner ceux qui rendent leur vie infernale comme celle de leurs concitoyens. Aux médias, les euphémismes, les litotes, les dénis, les mensonges par omission sur les « jeunes » sans origine ni visage ! Eux, savent parce qu’ils voient et s’ils ne peuvent dire publiquement leur colère ils l’expriment dans les urnes, comme leurs compatriotes de plus en plus nombreux.

On ne s’étonnera donc pas que Marine Le Pen domine largement les intentions de vote (46,3 à 46,8 %) chez les policiers et les militaires, loin devant François Fillon. De même, elle connaît son meilleur score dans la fonction publique hospitalière. Les fonctionnaires les plus modestes, ceux de catégories B et C, préfèrent majoritairement la présidente du Front national (entre 21,3 % et 27,6 %). Ainsi les fonctionnaires rejoignent-ils le reste des Français dont l’espoir a le visage de Marine Le Pen.

Guy Rouvrais

Article paru dans Présent daté du 7 janvier 2017

14 juillet : “Présent” s’est fait remarquer ! (Présent N° 8148)

14 juillet : “Présent” s’est fait remarquer ! (Présent N° 8148)

14 juillet : “Présent” s’est fait remarquer ! (Présent N° 8148)La campagne qu’a menée Présent contre le défilé du 14 juillet vérolé par la présence des invités vietminhs et fellouzes n’a pas échappé au Monde. Dans un article intitulé « L’extrême droite vent debout contre la présence de trois Algériens aux cérémonies » (édition du 13-14 juillet), Abel Mestre écrit que « l’extrême droite » mobilise ses troupes sur ce thème, et en particulier un journal : « Le quotidien de l’extrême droite catholique Présent a bien compris cet enjeu. (…) Sous la plume d’Alain Sanders, le quotidien regrette “une telle invitation qui est une insulte à la France et à nos soldats tombés en Indochine et en Afrique du Nord”. »

Peut-on en vouloir à Abel Mestre d’utiliser cinq fois le terme « extrême droite » dans son article ? Sa raison sociale est d’être, au Monde, « chargé de l’extrême droite », il l’indique sur son compte Twitter. Mais, rigoureusement, il devrait nous qualifier de quotidien de la droite nationale catholique.

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