Confinement, déconfinement : le gouvernement totalement dépassé

Il y a une semaine, alors qu’il nous expliquait par ailleurs que la France n’avait toujours pas atteint le fameux pic de l’épidémie de coronavirus, le Premier ministre abordait malgré tout pour la première fois devant l’Assemblée la question du déconfinement et disait même vouloir « présenter des éléments d’une stratégie de déconfinement pour (…) les jours qui viennent de façon à pouvoir (…) donner une perspective à nos concitoyens ». Or, nouveau coup de théâtre mardi, interrogé par le député du Morbihan Paul Molac (LT) lors de la séance des questions au gouvernement, Edouard Philippe a lancé : « Le déconfinement, ça n’est pas pour demain » !

Nouvelle volte-face de Philippe

« Aujourd’hui, a en effet répondu le Premier ministre, c’est l’heure du confinement et l’heure du confinement va durer. C’est (…) difficile à supporter pour beaucoup de Français, (…) mais c’est indispensable (…). Aujourd’hui, l’impératif c’est de faire en sorte que le confinement fonctionne, que le virus circule suffisamment lentement pour que le nombre de cas sévères qui justifie l’admission dans les services de réanimation ne soit pas supérieur à la capacité globale de notre système hospitalier ». Et Edouard Philippe d’ajouter alors : « les questions sur le déconfinement sont très largement prématurées ». Ces questions, c’est pourtant lui qui les a mises sur le tapis la semaine dernière, déclenchant d’ailleurs aussitôt l’emballement des grands médias, et surtout une vive inquiétude du milieu médical, au sein duquel de très nombreuses voix se sont élevées pour alerter les autorités contre le caractère prématuré d’une telle initiative. D’autant plus que, depuis qu’il a décidé sa mise en place, le gouvernement s’est montré incapable de faire respecter le confinement…

Les Français victimes de l’incurie du gouvernement

Quoi qu’il en soit, depuis lundi, on assiste ainsi au défilé dans les médias des acteurs gouvernementaux de cette crise, qui viennent à tour de rôle nous livrer la nouvelle position du gouvernement. Comme Jérôme Salomon qui, interrogé par les journalistes, a déclaré qu’« aborder aujourd’hui le déconfinement n’a aucun sens », parce que « nous sommes encore à la phase ascendante » de l’épidémie. Ou encore le ministre de la Santé Olivier Véran qui, invité mardi matin sur RMC, a expliqué qu’« il est trop tôt pour parler du déconfinement », ajoutant même qu’« il ne faut pas trop en parler, sinon on a l’impression que c’est fini ».

Une nouvelle position qui est évidemment davantage en accord avec celle de l’OMS, qui a encore exhorté mardi les pays ou régions ayant instauré des mesures de confinement à ne pas les lever de manière trop précoce afin d’éviter les rechutes. Et aussi avec celle de l’Académie nationale de médecine qui, tout en précisant qu’il était encore tôt pour envisager une levée du confinement, a prôné dimanche un futur déconfinement par région et non par classe d’âge, avec de strictes restrictions sur les déplacements et surtout accompagné de la mise en place du port obligatoire d’un masque grand public anti-projection. Et c’est là que le bât blesse. De l’avis des scientifiques, déconfiner cela suppose de pratiquer des tests sérologiques ou virologiques à grande échelle. Or, des tests, la France n’en a pas. Cela suppose aussi de rendre obligatoire le port du masque pour tous. Or, des masques, la France n’en a pas non plus ! Bref, on l’aura compris : en raison de l’incurie de ce gouvernement et de celui qui l’a précédé, les Français ne sont pas près de sortir de cette crise.

Chard

Article paru dans Présent daté du 8 avril 2020

Crise sanitaire – La sidération, antichambre du flicage

Restez chez vous, demeurez confinés, écoutez religieusement Jérôme Salomon – qui, conseiller de Macron au moment de la campagne présidentielle, avait mis en garde ce dernier contre l’impréparation de notre pays en cas de crise sanitaire – asséner méthodiquement les chiffres de la progression du Covid-19 dans notre pays, et vous êtes chaque jour un peu plus gagnés par la peur, terrorisés et paniqués par cette accumulation d’images macabres et de propos alarmistes, alors que, voici deux mois à peine, ledit virus ne devait pas passer par nous, foi de Buzyn et consorts. Question bobardement, il faut dire, comme le rappelle Marine Le Pen, qu’ils sont champions toutes catégories.

La manipulation des esprits

L’émotion prend donc le pas sur la raison chez nos compatriotes terrés chez eux à l’idée qu’ils pourraient être frappés à leur tour. C’est le moment pour le pouvoir médiatique et politique de distiller alors savamment son venin et de nous mettre dans un état de sidération psychique en alignant des chiffres. Un décompte qui crée une ambiance anxiogène comme celle qui s’installa à Auschwitz-Birkenau au moment de l’épidémie de typhus. Pas de quoi réjouir le péquin moyen qui tire sur sa clope et sirote une bière en regardant la télé. Mais chaque année, la Grande Faucheuse rafle plus de dix mille personnes, mortes du virus grippal, sans la mise en place du moindre isolement et de la restriction des libertés fondamentales à laquelle nous sommes soumis depuis maintenant plus de quinze jours.

Des chiffres morbides

Cette avalanche de chiffres alarmistes trouve son origine dans les modèles prédictifs de contagions en cas d’épidémie mis au point par un épidémiologiste britannique, Neil Ferguson de l’Imperial College de Londres. Ce dernier qui a l’oreille des chefs d’Etat du monde entier, leur a vendu ses analyses qui prévoyaient la bagatelle de 500 000 morts en France et de plus de 2 millions aux Etats-Unis, faute d’un confinement de dix-huit mois. Il a tout simplement confondu le nombre de gens contaminés avec ceux qui sont testés positifs, et établi ses prévisions mathématiques sur la base des premiers chiffres venus de Chine. Parvenue sur le bureau de Macron pendant la première quinzaine de mars, son étude a été déterminante dans la décision présidentielle de mettre tout le monde sous cloche, à part bien sûr les récalcitrants des banlieues de l’islam. Et de satisfaire ainsi à « cette mondialisation qui nous rend littéralement malades et est devenue invisible et délétère pour nos santés physique, psychique et démocratique », comme le dit la philosophe Cynthia Fleury.

Corbeaux pas morts

Tout le monde se souvient du film de Clouzot Le Corbeau, tourné en 1943 et qui valut à son auteur de vivre de sales moments lorsque les communistes pratiquèrent la chasse à l’homme. Près de quatre-vingts ans plus tard, les choses n’ont guère changé quand on apprend le nombre de coups de fil reçus par les gendarmes et émanant de Français dénonçant des voisins qui mettraient trop le nez dehors et ne respecteraient donc pas les règles du cantonnement. On a même vu un Parisien, ayant choisi l’exode breton, moucharder son voisin paysan qui avait épandu du fumier dans son champ et qui a été tout surpris de recevoir une visite de la maréchaussée. Tétanisés par la peur de la contamination, de courageux anonymes enjoignent à leurs voisins, soignants ou pompiers, de décaniller vite afin de ne pas mettre la vie d’autrui en danger. Mais cela ne les empêche pas, le soir, de jouer les bisounours en applaudissant ces mêmes soignants et en tapant sur des casseroles. Attention toutefois : ces bons citoyens ne se rendent pas coupables de délation, comme naguère les correspondants de la Kommandantur, mais de dénonciation. Nuance !

Violences tous azimuts

On ne sera pas surpris d’apprendre que les violences conjugales ont augmenté de plus de 36 % en même pas deux semaines, ce qui a conduit l’ineffable Castaner à donner aux pharmaciens débordés une activité supplémentaire puisque les victimes de conjoints péteurs de plombs peuvent se confier à l’apothicaire qui contacte les flics. Les enfants ne sont pas épargnés non plus, comme ce gamin de six ans mort dans le « 9-3 » après avoir été tabassé par son père. A Toulouse, deux chiens devenus très agressifs ont été froidement abattus par leur maître alors qu’il n’arrivait pas à les séparer, isolés à trois sur un minuscule balcon. A Nîmes, dans une banlieue sous contrôle de l’islam, une mère de famille frappe des policiers venus interpeller son fils qui violait allégrement les mesures en vigueur depuis le 17 mars dernier.

De nouvelles façons de vivre

Nos compatriotes étant limités dans leurs déplacements, les commandes passées sur Internet via le système du « drive » font fureur. Vous récupérez votre commande dans un espace sécurisé après avoir payé en monnaie virtuelle. Dans les grandes surfaces, vérifiez la date de péremption de vos produits sinon vous risquez vous voir refiler un pack de bouteilles de lait périmées depuis plus d’une semaine, comme cela est récemment arrivé à des amis du Vexin français. Les caissières s’abritent derrière une protection en plexiglas, ce qui leur permet de se protéger mais aussi d’éviter les coups assénés par des clients mal embouchés. On va assister sous peu au retour de l’hygiaphone et de la demoiselle des Postes qui, calfeutrée derrière sa vitre, vous tendait les timbres après avoir ouvert son guichet.

Le flicage global est au rendez-vous depuis que, grâce aux données mobiles fournies par Orange, on a pu déterminer que 17 % des Parisiens avaient pris la poudre d’escampette (parfois pour aller voter dans leur région d’origine, comme les y incitait le gouvernement !) à la mi-mars. Le patron d’Orange Stéphane Richard a justifié leur exploitation qui doit servir au traçage des malades, sur le modèle de l’Allemagne et de la Corée du Sud. Flicage également dans la ville de Sanary où il est interdit de sortir à plus de dix mètres de chez soi et d’acheter une seule baguette de pain. Le tout sous peine d’amende.

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Pourquoi le coronavirus est-il moins mortel en Allemagne ?

Les chiffres sont frappants : vendredi matin, il y avait déjà 47 278 cas de Covid-19 confirmés en Allemagne depuis le début de l’épidémie (dont 41 324 personnes actuellement malades) contre 29 155 en France (dont 22 155 malades). Pourtant, l’Allemagne n’avait encore eu que 281 décès liés au coronavirus contre déjà 1 696 en France. Cette anomalie par rapport aux autres pays européens intrigue. On a voulu expliquer la forte mortalité en Italie, puis en Espagne, par le fait que ces pays ont une population particulièrement âgée. Pourtant, quand l’Italie et l’Espagne avaient le même nombre de cas confirmés que la France aujourd’hui, dont la population est plus jeune, le nombre de morts y était similaire. Par ailleurs la population allemande est en moyenne quasiment aussi âgée que la population italienne ou espagnole. Mais il est vrai que la moyenne d’âge des gens diagnostiqués positifs au coronavirus est beaucoup moins élevée en Allemagne, et que les contacts intergénérationnels y sont probablement moins fréquents que dans les pays méditerranéens.

Pourquoi une moyenne d’âge plus jeune des personnes diagnostiquées Covid-19 en Allemagne ? C’est au moins en partie parce que, depuis le début de l’épidémie, l’Allemagne réalise beaucoup plus de tests afin de détecter les porteurs asymptomatiques du coronavirus SARS-CoV-2 et les isoler du reste de la population. Rappelons en effet que ce taux de mortalité de 10 % en Italie, de plus de 7 % en Espagne et de près de 6 % en France est un pourcentage de décès par rapport au nombre de cas diagnostiqués et non par rapport au total des personnes ayant eu ce virus, avec ou sans symptômes.

Les tests de dépistage

S’exprimant jeudi à l’occasion du lancement d’un nouveau réseau de recherche sur cette maladie dont l’objectif est de mettre en commun l’expertise accumulée par les CHU et les scientifiques, le virologue Christian Drosten, de l’institut de virologie de l’hôpital universitaire de la Charité de Berlin, a confirmé cette thèse : « Si l’Allemagne a si peu de décès par rapport au nombre de personnes contaminées, cela peut s’expliquer par le fait que nous réalisons un nombre extrêmement élevé de tests de dépistage en laboratoire. » Ceci grâce à un réseau serré de laboratoires répartis dans tout le pays. Jusqu’à récemment, le nombre de tests réalisés chaque semaine était d’environ 160 000, ce qui était déjà nettement plus qu’en Corée du Sud, souvent donnée en exemple. Ces derniers jours, le rythme est passé à environ 200 000 tests par semaine. En France, où les autorités n’ont pas préparé le pays à temps, seuls les personnels soignants et les personnes hospitalisées bénéficient de ces tests, pour environ 5 000 tests par jour, ce qui fait que les porteurs asymptomatiques ou présentant une forme bénigne du Covid-19 continuent de propager l’épidémie autour d’elles et qu’on ignore complètement le nombre réel des porteurs du virus.

Cela ne veut pas dire que la population âgée ne va pas se trouver bientôt plus massivement au contact du coronavirus en Allemagne malgré les mesures de distanciation sociale (adoptées tardivement, comme en France), mais là aussi l’Allemagne est mieux préparée que des pays comme la France, l’Italie ou l’Espagne. Il y a en effet dans les hôpitaux allemands 28 000 lits de soins intensifs (contre 7 000 en France) et environ 25 000 lits de réanimation équipés d’un respirateur artificiel (contre 5 000 en France), et cela aura forcément un impact sur la mortalité des seniors pendant la pandémie.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 27 mars 2020

Les « quartiers ethniques » se fichent du confinement

Pour les autorités, le confinement est le meilleur moyen pour limiter la violence du pic de l’épidémie ainsi que l’engorgement des hôpitaux et le nombre de décès. Un anesthésiste réanimateur de la Pitié Salpêtrière déclarait mardi soir sur LCI que la France peut gérer 6 000 malades en réanimation, jusqu’à 12 000 en bloquant tous les hôpitaux. Il précisait aussi qu’en cas d’échec du confinement, l’estimation serait de 100 000 à 150 000 malades devant être mis en réanimation. Commentaire : « Ça, on ne sait pas faire. On entre tous dans un autre monde, là. »

« Tous » ? Pas sûr, à voir ce qui remonte déjà des banlieues et de certains quartiers. Qui pense que le confinement va être respecté dans ces endroits ? Mercredi 18 mars en soirée, une fois n’est pas coutume, les médias officiels montraient des images de quartiers parisiens dont les populations ne respectent rien. Ce sont les mêmes que d’habitude : les territoires perdus de la République, où la sécession évoquée par François Hollande puis par l’ancien ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, le jour de sa démission, est déjà effective.

Quels quartiers ? La Goutte-d’Or, Château Rouge, Barbès à Paris. Une épicerie pillée à Trappes aussi. Les images de Paris montrent l’absence d’Européens blancs, la dominante de populations d’Afrique noire ou musulmane, sauf les policiers qui tentent de convaincre les gens de « rentrer chez eux ». Personne n’obtempère. Pourquoi ? Ces gens, quoi qu’en disent les idéologues, ne sont pas Français. Ils se fichent donc des directives de la République et sont en cela habitués depuis l’école où, jeunes, ils n’écoutaient pas les enseignants.

Le même jour, à Lyon, dans le quartier de la Guillotière, à 19 heures, une quarantaine de dealers « issus de la diversité » accomplissaient leur « devoir » : la vente de drogues. Dans la même ville, des vendeurs de masques volés ont été observés mardi et mercredi. Ce n’est que le début, ainsi que le montrent des images du syndicat Synergie-Officiers : deux voitures des forces de l’ordre interviennent dans un quartier, les « jeunes » refusent d’obtempérer en insultant les policiers qui n’arrivent pas à les convaincre. En somme, c’est à eux qu’est intimé l’ordre de « rentrer chez eux ». Les policiers ont ainsi été obligés de repartir, penauds.

Pendant ce temps, à Elbeuf, le même genre de population organisait mardi soir un barbecue géant impliquant une cinquantaine de personnes. Une de ces fêtes habituelles sur les toits de cités aux populations uniquement musulmanes et issues d’Afrique du Nord, ce qui est déjà illégal. La police est intervenue et la situation a dégénéré, avec des attaques au mortier. Il a fallu une heure de combats pour que la situation s’apaise, sans que les « jeunes » rentrent chez eux. La réalité : ces gens ne se voient pas comme Français et pensent que le virus ne les concerne pas. Nul doute que leurs malades se précipiteront cependant vers des hôpitaux dont le manque de moyens est aussi lié à leur mode de vie d’assistés.

Paul Vermeulen

Article paru dans Présent daté du 19 mars 2020

Drôle de guerre, par Franck Deletraz

Un tantinet théâtral, le chef de l’Etat, qui s’est adressé une nouvelle fois aux Français lundi soir, n’a pas hésité à revêtir l’uniforme un peu trop grand pour lui du « chef de guerre » pour annoncer son nouveau train de mesures contre le coronavirus. Multipliant en effet les métaphores martiales et les appels à la « mobilisation générale », le président est même allé jusqu’à marteler que « nous sommes en guerre » contre l’épidémie. De quoi renforcer surtout notre inquiétude, tant le « généralissime » Macron, par son imprévoyance, sa sous-estimation permanente du danger, son effarante lenteur à réagir, et ses incessantes contradictions, nous a montré depuis le début de cette crise qu’il était un bien piètre « chef de guerre ».

« Confinement », un autre mot tabou ?

Annonçant enfin ce fameux confinement que les soignants réclamaient depuis des semaines et qui, mis en place plus tôt, auraient peut-être permis de retarder – voire d’empêcher – l’effrayante propagation de l’épidémie à laquelle nous assistons aujourd’hui, Macron a même réussi le tour de force de ne pas prononcer une seule fois le mot « confinement » ! Préférant parler de déplacements « très fortement réduits […] pour 15 jours au moins », de « réunions amicales ou familiales [qui] ne seront plus [permises] », ou encore des « trajets nécessaires » qui « seuls doivent demeurer », le chef de l’Etat a, ce faisant, fait preuve une fois de plus d’une imprécision assez incroyable. Par ailleurs, si Macron a fini par annoncer lundi l’adoption de cette mesure de pur bon sens qu’est la fermeture des « frontières à l’entrée de l’UE et de l’espace Schengen » pour 30 jours, chacun aura pu noter l’incohérence de cette décision puisque, comme l’a précisé le président, cette fermeture ne concernera pas les frontières internes à l’Espace Schengen. Un comble, quand on sait que l’Europe est devenue le premier foyer mondial du coronavirus, et que plusieurs pays membres de Schengen sont gravement touchés par l’épidémie. Autre décision largement attendue : le report au 21 juin du second tour des municipales. Elections dont tout le monde se demande encore comment Macron, tout en suppliant les Français de rester chez eux, a pu demander le maintien dimanche dernier, dans les conditions que l’on sait.

Quand Macron plagie le Tigre

En proie à sa mégalomanie, le chef de l’Etat est même allé lundi soir jusqu’à plagier Clemenceau en déclarant – d’une manière assez cynique, il faut bien le dire –, à propos des personnels soignants, qu’« ils ont des droits sur nous ». Ce qui est tout à fait vrai, mais a quand même de quoi choquer de la part d’un président qui leur promet depuis des mois (et leur a encore promis lundi) ces fameux masques de protection dont ils manquent cruellement. Assez curieusement, d’ailleurs, chacun aura pu noter dimanche que les assesseurs des bureaux de vote, eux, en avaient été largement dotés… Bref, parmi les autres mesures annoncées lundi par Macron, on retiendra encore le recours à l’armée, dont les personnels aideront d’une part « à déplacer les malades des régions les plus affectées » afin de « réduire la congestion » des hôpitaux dans les zones les plus lourdement touchées par le coronavirus, et déploieront d’autre part « dans les jours à venir en Alsace » un « hôpital de campagne ». Par ailleurs, Macron a également annoncé la suspension de « toutes les réformes en cours », à commencer celle des retraites, l’adoption prochaine d’« un dispositif exceptionnel de report de charges fiscales et sociales, de soutien ou report d’échéances bancaires et de garanties de l’Etat à hauteur de 300 milliards d’euros pour tous les prêts bancaires contractés auprès des banques », ainsi que la mise en place d’un fonds de solidarité pour les entrepreneurs, commerçants et artisans, qui sera « abondé par l’Etat ».

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 17 mars 2020

Dans un contexte dramatique, la droite nationale poursuit son implantation

Les maires sortants sont traditionnellement avantagés dans les urnes. Dans un contexte d’interrogation sur la progression de l’épidémie, ce principe s’est confirmé dimanche ; il conforte le besoin légitime des Français d’être rassurés. La réélection des sortants vient en quelque sorte contrebalancer l’impression de sauter dans l’inconnu que vivent actuellement les Français depuis qu’ils ont découvert l’ampleur de l’épidémie en cours.

Traditionnellement, les scores du Front national affolaient les commentateurs, mais dimanche soir c’est le score de la maladie qui focalisait toutes les attentions. La déclaration, empreinte de solennité, de Marine Le Pen, largement orientée sur la nécessité d’accroître les mesures de protection, de mettre en place le confinement, et de reporter à plus tard le second tour des municipales, n’a pas suscité de tollé, à la différence de ce qui se passait habituellement dans des situations de ce genre. Et c’est son contradicteur, le ministre de l’Ecologie, qui a semblé en retard de 24 heures sur les dernières déclarations de Macron et d’Edouard Philippe. La présidente du RN a rappelé qu’elle n’avait pas été favorable à la tenue des municipales aux dates prévues, compte tenu de l’épidémie. En ce sens, elle se différenciait de toute la classe politique. Les scientifiques ont confirmé que c’est elle qui avait raison.

Pour en revenir à la prime aux maires sortants, celle-ci a bénéficié à l’écolo Piolle à Grenoble, aux socialistes Aubry à Lille, Johanna Rolland à Nantes, ou Hidalgo à Paris, qui doivent tous, néanmoins, affronter un second tour. Leurs scores respectifs les ont cependant placés nettement en tête à l’issue du scrutin. Mais un second tour sera donc nécessaire pour confirmer ou non cette situation de favoris.

Steeve Briois plébiscité avec 74,1 % des voix

Mais le même phénomène de prime aux sortants a également joué en faveur des 14 maires de la droite nationale, qui avaient été élus en 2014, généralement dans le cadre de triangulaires, voire de quadrangulaires très serrées : Steeve Briois, à Hénin-Beaumont, a été plébiscité par 74,21 % de ses compatriotes ; Julien Sanchez à Beaucaire a été lui aussi élu au premier tour, avec 59,50 % des voix ; Robert Ménard, à Béziers, a été réélu avec 68 % des voix, Marc-Etienne Lansade, à Cogolin, recueille 47,50 %. Jacques Bompard à Orange ne manque que de peu sa réélection dès le premier tour : 47,56 % des voix. Mais il était concurrencé par une liste du RN qui a recueilli pour sa part 13,4 % des voix. Nous sommes donc ici à un total de 61 % des voix, ce qui est l’ordre de grandeur habituel des scores passés du maire d’Orange. Au Pontet, Joris Hébrard est réélu avec 57 % des voix. Franck Briffaut, à Villers-Cotterêts récolte 53,5 % des suffrages, Fabien Engelmann, à Hayange, triomphe avec 63,14 % des voix, et Philippe de Beauregard, à Camaret-sur-Aygues, fait mieux encore avec 70 % des voix (bien que conseiller régional RN de PACA, il se présentait sans étiquette) !

Seul le score du RN, à Marseille, où Stéphane Ravier avait pourtant fait une belle campagne, déçoit (19 % des suffrages), tandis qu’à Bollène Marie-Claude Bompard, avec 44,71 % des voix, est en ballottage (voir en page 4). Comme Pascal Verrelle au Luc, dans le Var (38 %).

Dans beaucoup de villes, les candidats de la droite nationale sont bien placés, comme Valérie Laupies à Tarascon (lire sa réaction en page 5), Louis Aliot à Perpignan, ou le général de La Chesnais à Carpentras. Mais cela passe éventuellement par des fusions de listes, et surtout par la mobilisation des abstentionnistes qui ont représenté 56 % du corps électoral. Un record pour ce type d’élection. Mais jamais une élection ne s’était opérée dans un contexte aussi affolant. Tandis que tombaient les premiers résultats électoraux, les chiffres des personnes atteintes par le coronavirus sur le territoire français, le chiffre de ceux placés en réanimation et le chiffre des morts venaient s’incruster en bas de l’écran de télévision.

Par ailleurs, heureux ou déçus, les candidats ignoraient encore, lundi à l’aube, si le second tour serait bien maintenu. La plupart des chercheurs et des médecins présents sur les plateaux de télévision ont à nouveau plaidé pour un report, car dans une semaine l’épidémie aura frappé le double ou le triple des victimes actuelles. Mais les constitutionnalistes, eux, ne semblaient pas en mesure d’expliquer quelles seraient les conséquences d’un tel report, et même si un tel report était légalement possible, au-delà du souhaitable ? Un report du second tour entraînerait l’annulation automatique du premier tour, semble-t-il. Ce sont des questions majeures, et qui nécessitent une prise de décision immédiate. •

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 16 mars 2020

La Turquie multiplie les provocations contre la Grèce, par Olivier Bault

Après avoir organisé l’assaut contre la frontière grecque par des dizaines de milliers de « migrants », la Turquie multiplie les provocations à sa frontière avec la Grèce. Mercredi, deux F-16 turcs ont été filmés alors qu’ils faisaient une incursion au-dessus du territoire grec dans le nord de l’Evros, province portant le nom du fleuve séparant les deux pays. Les médias grecs rapportaient également des coups de feu tirés par les forces spéciales turques en direction d’une patrouille de la police grecque.

« L’Union européenne doit montrer, avec fermeté, sa solidarité totale avec une nation démocratique de 10 millions d’habitants menacée par un Etat autoritaire de 84 millions d’habitants. En défendant les frontières sud de “l’espace Schengen”, le Premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis doit être pleinement soutenu », pouvait-on lire lundi dans une lettre ouverte adressée par Marine Le Pen à Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, et à Charles Michel, le président du Conseil européen, le jour de la visite à Bruxelles du président turc Recep Erdogan. Une visite qui n’a rien donné puisque Erdogan était venu discuter financements européens et suppression des visas pour les Turcs après avoir appelé dimanche, lors d’un discours télévisé à Istanbul, la Grèce à ouvrir ses frontières pour laisser passer les « migrants » afin qu’ils aillent dans d’autres pays européens. Cette déclaration est à mettre en relation avec celle du ministre turc de l’Intérieur, Süleyman Soylu, le 5 mars sur CNN Turquie : « Les réfugiés qui tentent de rejoindre l’Europe dépasseront bientôt le million. Les gouvernements européens tomberont. Leurs économies seront déstabilisées, leurs marchés chuteront et ils ne pourront rien y faire. »

C’est donc une véritable déclaration de guerre de la Turquie aux pays européens que ceux-ci feignent de ne pas voir ni entendre, surtout dans l’ouest du continent où une « coalition de pays de bonne volonté » annoncée par le gouvernement allemand la semaine dernière prétend vouloir aider la Grèce en accueillant 1 500 « migrants » mineurs se trouvant actuellement sur les îles de la mer Egée. Une mesure qui ne peut qu’encourager ceux qui tentent aujourd’hui de rejoindre le territoire grec. Pourtant, ainsi que prévenait le chancelier autrichien Sebastian Kurz le 3 mars, « si nous cédons à Erdogan […] alors l’Europe sans frontières internes fera partie du passé ». L’Autriche, avec les pays de l’ex-Europe de l’Est, soutient la Grèce sans réserve face à « l’attaque » (dixit Sebastian Kurz) lancée par la Turquie. L’Autriche et la Pologne, qui ne font pas partie de ces « pays de bonne volonté » mais savent mieux qu’eux se montrer solidaires de la Grèce, ont d’ailleurs annoncé l’envoi d’une centaine de policiers et gardes-frontières pour soutenir les forces grecques le long du fleuve Evros et se sont dites prêtes à envoyer plus de renforts si Athènes le souhaite. La Bulgarie, de son côté, a ouvert à la demande de la Grèce les vannes d’un barrage en amont de la frontière gréco-turque afin de faire monter le niveau des eaux et rendre plus difficile la traversée du fleuve par les immigrants illégaux. Les citoyens grecs se mobilisent également le long de cette frontière. Paysans et chasseurs notamment organisent des patrouilles, et guident et ravitaillent les unités de la police et de l’armée. •

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 12 mars 2020

Coronavirus – Le virus de la mondialisation

« Il ne faut pas évoquer les frontières, parce que le virus n’en fait aucun cas ». Voilà en substance ce que racontent les gouvernements européens. Jusqu’au moment où le réel arrive jusqu’à eux, et que les premiers des leurs sont infectés. Quatre députés français, un sénateur et le ministre de la Culture Franck Riester sont positifs au coronavirus. La Lombardie, poumon économique de l’Italie, est mise en quarantaine (voir page 3). Les frontières seraient inutiles mais les zones de quarantaine le seraient ? La pilule commence à être un peu douloureuse pour les peuples.

La conséquence des mises en place de zones de quarantaine un peu partout sur la planète permet de faire à très grande échelle une expérience anthropologique des plus intéressantes : l’observation des comportements face à la pression. Les premières vidéos clandestinement mises sur Internet depuis la Chine permettent de voir une population disciplinée à l’extrême, très docile aux commandements administratifs. Les hôpitaux de campagne sont en ordre, et les supermarchés sont sécurisés par un déploiement policier. Des volontaires encadrés par l’armée surveillent et contrôlent l’accès aux points de passage des zones confinées. Au-delà de la mentalité légaliste de ce peuple, la dictature communiste n’est pas un régime qui incite au désordre, la police étant au service d’un exécutif impitoyable pour lequel l’ordre public est tout.

A contrario, en Italie, l’annonce du confinement de la Lombardie a donné lieu à des scènes navrantes. Le gouvernement est en partie responsable : ses atermoiements et l’imprécision de sa communication ont donné le sentiment qu’il ne maîtrisait pas la situation. Dès lors, lorsque la Lombardie a été proclamée en quarantaine, des milliers de personnes se sont précipitées dans les trains et sur les routes pour fuir. D’autre part, des émeutes ont immédiatement éclaté dans au moins vingt-sept prisons, en particulier à Naples et Pavie. Dans les Pouilles, à Foggia, une cinquantaine de détenus se sont évadés. Une grosse trentaine ont d’ores et déjà été interpellés par les forces de l’ordre.

En France, les comportements varient considérablement d’un kilomètre à l’autre. Dans le quinzième arrondissement de Paris, les rayons pâtes et riz sont très faiblement touchés, seul quelques rares produits étant en rupture de stock, comme les plus grands conditionnements de pâtes les moins chères. Les consommateurs sont calmes, et responsables, et si d’aucuns font des provisions, ce n’est pas au détriment de tout le monde via des chats inconsidérés. Mais non loin de Paris, à Mantes-la-Jolie, endroit connu pour sa très grande proportion de population immigrée très récemment française ou qui ne l’est pas encore, les rayons de denrées non périssables ont été pillés. Cédant à l’appel de la panique, la population a créé des mouvements de foule avec des conséquences tristement idiotes qui en sont le corollaire. A noter que les pâtes sans gluten sont souvent demeurées sur place, la panique ne faisant pas perdre l’intégralité du bon sens.

La crainte de la faim crée des clients faciles pour ceux qui n’ont honte de rien. Sur Internet, les produits alimentaires livrés par Amazon ont connu une hausse spectaculaire des prix, illustrée par une boîte de conserve de maquereaux dont le prix est monté à plusieurs dizaines d’euros. Autre motif de spéculation, le papier toilette est en rupture de stock dans plusieurs endroits, et des vidéos de bagarre entre clients pour quelques rouleaux ont été observées, notamment en Australie. Les magasins disposant d’un service de « drive », c’est-à-dire d’achats faits sur Internet et récupérables à un guichet, voient leur activité exploser : jusqu’à 90 % de vente sur les pâtes et le riz en France. Plusieurs gouvernements ont décrété des restrictions : pas plus de quatre rouleaux de papier toilette en Australie, idem pour le gel hydroalcoolique, les conserves, le sucre, etc. Une expérience tragique mais intéressante à analyser, et dont il ne faudra pas se priver de tirer des enseignements pour sécuriser notre futur.

Benoît Busonier

Article paru dans Présent daté du 10 mars 2020

Drapeaux nationaux interdits au Parlement européen – L’Académie française donne raison au RN, par Franck Deletraz

C’est une petite mais très symbolique victoire que viennent de remporter les eurodéputés RN face au « rouleau compresseur » de l’UE. Contraints depuis janvier par le président du Parlement européen de retirer les petits drapeaux nationaux qui trônent sur leurs pupitres au motif que les « banderoles et bannières » sont interdites dans l’hémicycle.

« Nier les histoires et les identités nationales »

Depuis toujours, les députés du groupe « Identité et démocratie » et autres élus patriotes ont l’habitude, lorsqu’ils siègent au Parlement européen, de poser sur leurs pupitres des petits drapeaux aux couleurs de leur pays respectifs. Or, au début de janvier, lorsque ceux-ci ont regagné l’hémicycle pour une nouvelle session, ils ont eu la surprise de découvrir que ceux-ci avaient tous été retirés en leur absence. Une consigne donnée par l’actuel président du Parlement, le socialiste italien David Sassoli, évidemment agacé par cette tradition qu’il juge contraire à l’idéologie fédéraliste qui anime la construction européenne. Quoi qu’il en soit, cette mesure a immédiatement suscité la protestation des élus du groupe « Identité et démocratie ». Et notamment du chef de sa délégation française Jérôme Rivière (RN) qui, fustigeant des dérives « totalitaires », a accusé fort justement le Parlement de « nier les histoires et les identités nationales » et de vouloir « écraser les nations ». Une indignation partagée bien sûr par l’eurodéputé RN Jordan Bardella qui, dans un tweet, a rappelé que pour les dirigeants de l’UE « tout ce qui rappelle les nations européennes doit purement et simplement disparaître ». Une volonté d’« écraser les nations » dont s’est bien sûr défendu le Parlement, en affirmant avoir simplement voulu appliquer l’article 10 de son règlement intérieur, dont le troisième alinéa stipule que les députés ne peuvent déployer dans l’hémicycle… « ni banderoles ni bannières ».

« C’est notre fierté ! »

Une explication totalement ridicule car, comme l’avaient alors fait valoir les élus d’« Identité et démocratie », les drapeaux nationaux ne peuvent pas être assimilés à des « bannières » et encore moins à des « banderoles ». Cependant, cela ne devait pas empêcher Sassoli de camper sur ses positions. Aussi, les eurodéputés RN, tout en continuant de placer leurs petits drapeaux sur leurs pupitres, avaient-ils adressé mi-février une lettre à Jean-Robert Pitte, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques, et une autre à Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuel de l’Académie française, pour leur demander de bien vouloir clarifier le sens linguistique du mot « drapeau ». Or, la réponse de l’Académie française, tombée cette semaine, est formelle et donne entièrement raison aux eurodéputés RN… Une bonne nouvelle dont s’est évidemment félicitée mercredi Marine Le Pen, en précisant sur Twitter : « Jamais nous ne remiserons notre drapeau au placard [car] c’est notre fierté ! »

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 6 mars 2020

Cette fois, la route des Balkans est déjà fermée, par Olivier Bault

Il n’est pas inutile de rappeler les mots du directeur de Frontex lui-même dans une déclaration aux sénateurs français faite en juin 2016. Pour Fabrice Leggeri, la très forte réduction du nombre d’arrivées par la route de la Méditerranée orientale au début de l’année 2016 était due au « double effet de la fermeture des frontières sur la route des Balkans et de l’entrée en vigueur, le 20 mars, de l’accord passé entre l’UE et la Turquie ». Or la fermeture des frontières nationales dans les Balkans était consécutive, par effet domino, à la fermeture des frontières de l’Autriche en février 2016 appuyée par une action commune du V4 (Pologne, Tchéquie, Slovaquie et Hongrie) en soutien aux pays des Balkans, peu avant l’accord signé en mars avec la Turquie.

A l’époque, Berlin avait critiqué la décision de Vienne. Aujourd’hui, l’Allemagne a changé d’attitude et le porte-parole du gouvernement de Merkel a redit lundi que la route de l’UE est et restera fermée, contrairement à ce que les autorités turques font croire aux « migrants ». « Mutti Merkel » ne demande pas non plus à la Grèce d’ouvrir ses frontières comme elle l’avait fait vis-à-vis de la Hongrie en 2015-2016, même si son gouvernement est critiqué par des personnalités de droite et du centre, de l’AfD au FDP en passant par la CDU, estimant qu’il devrait être encore plus ferme dans ses déclarations et dans son soutien à la Grèce et à la Bulgarie.

La Bulgarie n’est certes pas encore affectée, mais elle a malgré tout déployé 300 soldats et 50 gardes-frontières supplémentaires le long de ses 259 kilomètres de frontière avec la Turquie, équipés d’une clôture (qui date d’avant la fameuse clôture frontalière hongroise si critiquée). Le ministère bulgare de la Défense envisage de détacher encore un millier de soldats de plus.

La Hongrie, qui était sous pression en raison des « migrants » déjà amassés sur la route des Balkans avant le nouvel assaut organisé par la Turquie, va encore plus loin : elle a annoncé comme la Grèce la suspension des demandes d’asile, en interdisant l’accès à ses centres fermés pour demandeurs d’asile pour les nouveaux requérants. Les autorités hongroises brandissent le risque de propagation du coronavirus, nombre de demandeurs d’asile provenant de pays à risque (Afghanistan, Territoires palestiniens, Iran…).

De même, l’Autriche a, par la voix du chancelier Sebastian Kurz, confirmé que les « migrants » qui parviendront à sa frontière seront stoppés. Son ministre de l’Intérieur Karl Nehammer a également exprimé son soutien aux efforts de la Hongrie et de la Croatie en vue de sécuriser leurs frontières respectives. La Croatie, qui laissait passer les « migrants » en 2015, ne peut plus en faire autant aujourd’hui, la Slovénie ayant elle aussi dressé une clôture sur sa frontière septentrionale. Le Premier ministre croate Andrej Plenkovic a promis lundi que, cette fois, son pays ferait tout pour protéger sa partie de la frontière extérieure de l’UE. La Serbie, qui laissait elle aussi les « migrants » traverser son territoire en 2015, a par conséquent annoncé qu’elle allait elle aussi renforcer ses contrôles aux frontières.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 5 mars 2020

L’AfD plonge la fausse droite allemande dans la crise, par Olivier Bault

D’abord un petit rappel utile : l’Alternative pour l’Allemagne (Alternative für Deutschland, AfD) est le premier parti d’opposition au Bundestag, la chambre basse du parlement fédéral allemand, face à la grande coalition gouvernementale réunissant la CDU-CSU (la fausse droite libérale-libertaire héritière de la démocratie chrétienne) et le SPD (la fausse gauche libérale-libertaire héritière de la démocratie sociale). Créé en 2013, le parti modérément conservateur et modérément souverainiste AfD est aujourd’hui représenté au parlement de chacun des seize Länder. En ex-Allemagne de l’Est, il a été le parti recueillant le plus de votes en 2019, année où il y a eu trois élections régionales : en Saxe, au Brandebourg et en Thuringe. Officiellement, la CDU dirigée par Angela Merkel et, depuis décembre 2018, par Annegret Kramp-Karrenbauer, l’actuelle ministre de la Défense, a toujours refusé toute alliance avec l’AfD, un parti qui subit en Allemagne l’équivalent du très mal nommé « front républicain » visant le RN en France.

Or il y a une semaine, le parlement de Thuringe élisait un président de Land appartenant au FDP, avec les voix du FDP, de la CDU et de l’AfD. Horreur ! Les grands médias allemands, illustrant une nouvelle fois leur manque total de pluralisme, ont tous crié au loup. Le point Godwin n’a pas seulement été immédiatement atteint, il a été dépassé, pulvérisé même. Le jour du vote, le candidat sortant de Die Linke (parti directement issu de la caste totalitaire qui dirigea la RDA d’une main de fer pendant des décennies), Bodo Ramelow, a comparé avec insistance ce vote au parlement de Thuringe à l’arrivée d’Adolf Hitler au pouvoir en 1933, et également au succès des nazis en Thuringe en 1930. Depuis Berlin, les appareils du FDP et de la CDU ont condamné leurs collègues de Thuringe qui avaient brisé un tabou en passant un accord avec les députés de l’AfD, un parti pourtant légal – et donc absolument pas fasciste ni néo-nazi, car sinon il serait interdit – et légitime, puisqu’il représente une portion non négligeable des électeurs.

Sous la pression, le nouveau ministre-président de Thuringe, Thomas Kemmerich, annonçait sa démission dès le lendemain de sa nomination. Des élections anticipées vont devoir être organisées pour briser l’impasse au parlement.

Ce serait Angela Merkel elle-même qui aurait obtenu la démission éclair de Kemmerich. Quant à Annegret Kramp-Karrenbauer (surnommée AKK), elle a annoncé lundi sa démission de la présidence de la CDU et sa décision de ne pas succéder à Angela Merkel au poste de chancelier fédéral. Alexander Gauland, le co-président du groupe AfD au Bundestag, a salué ce retrait en estimant qu’AKK ne pouvait plus imposer « sa politique d’exclusion à l’encontre de notre parti démocratique ». De leur côté, les sociaux-démocrates, les Verts et Die Linke s’inquiètent effectivement d’un possible virage à droite de la CDU une fois AKK partie. « Aucun démocrate ne voudrait voir une CDU qui pencherait à droite », a écrit sur Twitter la vice-présidente du SPD Anke Rehlinger. Cela a le mérite d’être clair : les « démocrates » allemands n’acceptent pas que l’on puisse être de droite ! Quant à la présidente du parti d’extrême gauche Die Linke, Katja Kipping, elle a critiqué le fait que, contrairement au SPD, la CDU refuse toute alliance avec les post-communistes de Die Linke de la même manière qu’avec les « fascistes » de l’AfD.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 12 février 2020

Une arme de destruction financière massive menace le RN, par Paul Vermeulen

Régulièrement contraint à la débrouille financière, le Rassemblement national devra s’expliquer devant la justice russe le 2 juin 2020 au sujet du non-remboursement d’un prêt de 9,1 millions d’euros contracté en 2014. L’un de ceux qui se trouvent désormais les créanciers russes du parti de Marine Le Pen a saisi la justice russe dans ce but. A cela s’ajoute la réclamation de 4 millions d’euros par Jean-Marie Le Pen, via son association de financement Cotelec.

En Russie, c’est la société Aviazapchast qui a saisi la justice pour « non-recouvrement de crédit ». Le FN devenu RN ne s’est pourtant pas endetté auprès de cette société. L’entreprise spécialisée dans la vente de pièces détachées d’avions russes a hérité de la créance contractée par le FN en 2014 auprès de la First Czech-Russian Bank, mise sous tutelle il y a quatre ans. Un imbroglio de plus, qui trouve son origine dans un fait inadmissible très précis : le refus antidémocratique des banques françaises et européennes – donc de milieux financiers où certains ont de nombreux amis – de prêter de l’argent. Au jeu de la « démocratie » française, les règles ne sont pas les mêmes pour tous. Le prêt devait être remboursé en septembre 2019. Il n’y a cependant pas de quoi en faire un tel foin médiatique, selon le trésorier du parti, Wallerand de Saint-Just, assurant à L’AFP que le RN est « en train de rembourser », qu’il entretient de bonnes relations avec l’entreprise russe et que « tout va rentrer dans l’ordre ».

Pour gagner, un bon progressiste est prêt à tout

Après tout, ce n’est que simple vie quotidienne de nombre d’entreprises et d’associations. Sauf que dans ce cas précis, la situation ne devrait pas exister : les banques françaises devraient prêter à tous les partis autorisés par la loi républicaine. Il s’agit de fait d’une discrimination : rappelons par exemple que les comptes du RN ont été clôturés pour des raisons non expliquées par la Société générale en 2017.

Il convient de situer les mésaventures russes du RN dans le cadre plus large du rejet de la pensée autre, différente, par nombre d’acteurs de la vie politique, médiatique, sociale et économique française. Les banques françaises, dans le cas du parti de Marine Le Pen. L’Etat, dans d’autres cas – comme pour la suppression de l’aide attribuée à Présent. Les « progressistes » essaient de toucher au portefeuille des familles de la droite nationale, souverainiste, conservatrice, populiste, européenne et/ou chrétienne, tout en instaurant des systèmes de contrôle de la liberté d’expression, avec la loi Avia ou la censure exercée par les plateformes du numérique à l’encontre de ces mêmes familles. Quand il met son idéologie en actes, le progressisme porte toujours le même habit, celui de l’intolérance véritable. Il est interdit de ne pas interdire ceux qui pensent autrement, c’est le vrai slogan des progressistes, au rang desquels il faut compter les censeurs économiques et financiers du Rassemblement national. Des menaces pèsent en effet sur la démocratie, pas de doute à ce propos.

Paul Vermeulen

Article paru dans Présent daté du 7 février 2020

De Londres à Gand, en passant par Dieuze – La barbarie islamiste se déchaîne, par Franck Deletraz

Deux personnes grièvement blessées à l’arme blanche à Londres, plusieurs autres poignardées à Gand, les gendarmes de Dieuze attaqués au couteau… Alors qu’au cours des dernières 48 heures, la barbarie islamiste aura frappé pas moins de trois fois en Europe, nous sommes, une fois de plus, atterrés par les révélations faites par les grands médias sur le profil des assaillants, dont tout laissait à penser qu’ils passeraient à l’acte, et par cette incompétence incroyable, criminelle, dont font preuve les gouvernements européens dans leur lutte contre l’islamo-terrorisme.

Une cascade d’attentats

Lundi, après avoir reçu l’appel téléphonique d’un individu leur annonçant « qu’il était militaire, qu’il allait y avoir un carnage à Dieuze et qu’il se revendiquait de l’EI », les gendarmes de Dieuze faisaient l’objet d’une attaque au couteau par un jeune homme de 19 ans, qui a fait deux blessés. Parvenu à pénétrer jusque dans les bureaux de la caserne, l’agresseur, « un jeune militaire, en formation initiale depuis deux mois et actuellement en période probatoire », tentait de poignarder un gendarme, le blessant légèrement au bras, avant d’être lui-même blessé par un tir à l’abdomen. Si, à l’heure où nous écrivions ces lignes, presque rien n’avait fuité sur l’agresseur, et si le parquet national antiterroriste ne s’était pas encore saisi de l’affaire, tout laissait cependant à penser qu’il s’agissait bien d’une nouvelle attaque islamo-terroriste. Rappelons que la veille, déjà, l’Europe avait été frappée à deux reprises par les islamistes. A Gand où, sur ce boulevard très fréquenté qu’est le Bevrijdingslaan, un individu armé d’un couteau avait poignardé au moins deux passants, avant d’être neutralisé par les policiers. Mais surtout à Londres où, dans le quartier de Streatham, l’islamo-terroriste Sudesh Amman, pourtant bien connu des services de police, et prétendument « sous surveillance depuis un certain temps », avait grièvement blessé à l’arme blanche deux personnes, avant d’être abattu par les policiers, lors d’une attaque officiellement revendiquée lundi par l’Etat islamique.

Sudesh Amman, un cas emblématique

Une dernière affaire hautement révélatrice du laxisme criminel dont font preuve la plupart des gouvernements européens face à cette menace pourtant omniprésente et croissante qu’est l’islamo-terrorisme. Car, très rapidement, on apprenait que ledit Sudesh Amman, âgé de 20 ans, venait tout juste de sortir de prison. Un cas proprement hallucinant : interpellé en mai 2018 par la police britannique, Sudesh Amman, chez qui les enquêteurs avaient saisi plusieurs armes, et dans les appareils numériques duquel plus de 349 000 fichiers multimédias comprenant des tutoriels pour fabriquer une bombe, des vidéos de propagande islamiste, ainsi que des messages prouvant sa volonté de commettre un attentat avaient été découverts, avait en effet été condamné en novembre 2018 à trois ans et quatre mois de prison pour 13 infractions terroristes différentes ! Lors de son procès, le commandant antiterroriste de la police de Londres avait même fortement insisté sur sa très grande dangerosité, expliquant notamment que dans un bloc-notes récupéré chez Amman, celui-ci avait rangé en tête de ses « objectifs de vie » la « mort en martyr ». Et pourtant, cela ne devait pas empêcher la justice britannique de le remettre en liberté à la fin du mois de janvier dernier, avant même d’avoir purgé la moitié de sa peine ! Un véritable scandale judiciaire qui n’est pas propre, hélas, à la Grande-Bretagne. Car, si l’on reprend la liste des nombreux attentats islamistes qui ont ensanglanté l’Europe durant ces dernières années, on s’aperçoit que tous leurs auteurs (à quelques rares exceptions) étaient parfaitement connus des services concernés avant de passer à l’acte, et ont tous ou presque, à un moment ou à un autre de leur parcours, été abusivement remis en liberté par les justices française, belge ou encore allemande. Un laxisme totalement inconcevable et qui montre bien que l’Europe, dans sa quasi-totalité, n’a toujours pas pris conscience de la gravité du péril sans précédent qui pèse aujourd’hui sur elle.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 4 février 2020

Pour la première fois, un pays a quitté l’Union européenne

« Ce soir à 23 heures, après 30 ans de résistance, le grand peuple du Royaume-Uni aura enfin réalisé le Brexit », titrait le Sun vendredi, à quelques heures seulement d’un événement historique : vendredi à minuit heure française, l’Union européenne perdait un de ses grands pays.
C’était la première fois qu’un Etat quittait l’UE. Nigel Farage pouvait se réjouir la veille sur les ondes de la radio LBC où il tient un programme de discussion politique journalier : le but pour lequel il s’est tant battu est atteint, au moins sur le plan formel puisque les futures relations entre l’Union européenne et le Royaume-Uni restent à négocier pendant les onze prochains mois.

D’ici là, le Royaume-Uni continuera d’appliquer les règles et normes européennes. C’est Nigel Farage, avec son Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP), qui avait poussé David Cameron au référendum, et c’est le même Nigel Farage qui, avec son Brexit Party, a forcé les tories à respecter le résultat du référendum de 2016. Les membres du Brexit Party ont donc plié bagage à Strasbourg, comme leurs collègues qui n’étaient pas tous aussi joyeux qu’eux, quelques larmes ayant même été versées au Parlement européen lors du vote de mercredi qui avalisait l’accord sur la sortie du Royaume-Uni.

C’est donc une grande victoire pour la démocratie, même si les Britanniques, qui pensent désormais dynamiser leur économie, y compris en accroissant (encore !) l’immigration choisie, emmènent avec eux les mêmes problèmes qui sapent aujourd’hui les sociétés d’Europe occidentale, et qui font qu’ils sont comme nous, et peut-être même plus encore, pris en étau entre le totalitarisme libéral-libertaire et le totalitarisme islamique. Mais eux ont au moins récupéré la maîtrise de leur destinée et ne pourront s’en prendre qu’à eux-mêmes s’ils continuent de laisser leur pays dériver. Dans un discours diffusé à 23 heures heure anglaise, le Premier ministre a promis à ses compatriotes que le Brexit « n’est pas une fin, mais un commencement », « l’aube d’une nouvelle ère » pour la Grande-Bretagne.

Vendredi, les journaux européens à la fibre européiste s’étendaient sur l’Ecosse qui veut maintenant son indépendance pour rejoindre l’UE. Mais un référendum ayant déjà eu lieu en 2014 avec la promesse qu’il n’y en aurait pas d’autre pour cette génération, rien n’oblige Londres à accepter les exigences du SNP de Nicola Sturgeon. Certains, tels le président français Emmanuel Macron, l’eurofédéraliste belge Guy Verhofstad au Parlement européen et le ministre allemand de l’Economie Peter Altmaier, voient dans le départ du Royaume-Uni une occasion pour réformer l’Europe « en profondeur ». Dixit le président français le 31 janvier : « Je vous mentirai ce soir en vous disant que l’avenir de notre pays pourrait se bâtir dans moins d’Europe. Mais je suis conscient que nous devons la rebâtir en profondeur. » Dans la bouche du président français, cela ne peut que signifier encore plus d’intégration. Mais la vision eurofédéraliste n’est pas partagée par tout le monde, pour ne citer que le Danemark et les pays du Groupe de Visegrád. Mercredi au Parlement européen, Farage a d’ailleurs prédit à l’UE une durée de vie de dix ans maximum, estimant que les premiers pays à suivre l’exemple britannique seraient le Danemark, l’Italie et la Pologne.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 3 février 2020

Djihadistes « français » retenus en Syrie : l’avocate Marie Dosé plaide (encore) pour leur rapatriement, par Franck Deletraz

Alors que, de l’aveu même de ceux qui nous gouvernent, notre pays est aujourd’hui en guerre, à l’étranger mais aussi – et peut-être surtout – sur son propre sol, contre un islamisme sans pitié et sans le moindre respect pour la vie humaine, certains n’ont visiblement pas pris toute la mesure de cette situation et continuent de tenir un discours angéliste des plus consternants. Comme Me Marie Dosé, cette avocate qui a choisi de défendre les familles de djihadistes « français » partis en Syrie, et réclame inlassablement le rapatriement de ces ennemis jurés de la France, en invoquant le respect de « nos valeurs » républicaines.

Avocate ou… complice ?

Invitée mardi matin sur France Culture pour débattre sur le thème « De la Syrie à l’Hexagone, itinéraires de djihadistes », cette pénaliste bien sûr très appréciée des grands médias, qui s’est fait remarquer en février dernier en accusant ouvertement Paris de « laisser crever » les enfants des djihadistes français en Syrie, et dénonce dans son livre Les Victoires de Daech la prétendue émergence dans notre pays d’une « justice d’exception » qui serait appliquée aux dossiers terroristes depuis la vague d’attentats qui ont ensanglanté la France en 2015 et 2016, nous a ainsi resservi son discours en faveur du rapatriement de tous les djihadistes « français ». Avec, évidemment, ces sempiternels faux arguments : « Daech a cueilli nombre d’adolescents et de jeunes adultes en leur faisant croire qu’ils y feraient de l’humanitaire », « l’idée que la justice serait laxiste est parfaitement fausse », ou encore « il faut […] rapatrier les djihadistes français pour les juger » car « c’est une victoire de Daech de nous faire renoncer à nos valeurs, à sauver ces enfants »…

Pas de quartier pour ces ennemis de la France !

Or, c’est oublier bien vite que ces prétendus « Français » et leurs familles, en décidant librement de rejoindre le « califat » de l’Etat islamique, ont fait le choix de servir militairement (et d’autres manières) contre la France et son armée. Pour cette raison, ils devraient évidemment être automatiquement déchus de leur nationalité française. Nationalité que tous, d’ailleurs, exècrent au plus haut point, sauf quand celle-ci leur permet de bénéficier de certains avantages sociaux et/ou judiciaires. Et l’on comprend bien pourquoi, à présent que ledit « califat » s’est effondré sous les coups de la coalition et qu’ils croupissent dans les geôles syriennes ou irakiennes, avec pour seule perspective le risque de la peine capitale, ces gens qui juraient hier devant les caméras de nous égorger, souhaitent à tout prix regagner ce sol français qu’ils détestent tant : ils savent très bien, eux, contrairement à ce qu’ose nous expliquer Me Marie Dosé, que la justice française, avec cette naïveté qui confine à la bêtise et cet angélisme à la limite de la complicité, leur donnera forcément une deuxième chance de sévir et semer la mort au nom d’Allah.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 30 janvier 2020

Entretien avec Agnès Marion – « Pour l’amour de Lyon »

Tête d’une liste de rassemblement historique de candidats issus du RN, du PCD et de LR pour les élections municipales de Lyon, Agnès Marion est une jeune femme née en 1977, devenue chef d’entreprise après des études de lettres en classes préparatoires, mère de six enfants, élue RN du 7e arrondissement de Lyon et conseillère régionale.

— En quoi la liste « Pour l’amour de Lyon » que vous conduisez est-elle historique ?

— C’est notre rassemblement qui est historique : la liste que je conduis réunit, dans chaque arrondissement, des candidats du Rassemblement national et du Parti chrétien démocrate mais aussi des membres des Républicains qui ne veulent pas de la ligne LR d’Etienne Blanc. Parce que nous aimons Lyon, nous rassemblons des personnalités comme Olivier Pirra, élu sortant LR du 5e arrondissement, les candidats du PCD, dont il est le délégué départemental, les candidats du RN et de LR. Une de nos têtes de liste est membre de La Droite populaire de Thierry Mariani. Une des nombreuses raisons de ces ralliements tient à l’annulation par pur électoralisme des subventions de SOS Chrétiens d’Orient par le conseil régional dirigé par Wauquiez, une association dont quatre membres sont portés disparus à Bagdad depuis le 20 janvier [voir en page 4 de ce numéro, NDLR].

Notre liste intègre aussi des personnalités locales issues de la gauche souverainiste, comme Jean-Claude Vitau, syndicaliste souverainiste et républicain, retraité, ancien enseignant du public, qui est notre tête de liste dans le 2e arrondissement. Nous voulons mettre à bas le projet de société de Macron et de ses amis LREM, centristes, anciens socialistes, anciens LR, etc. Tous nos candidats refusent la dilapidation de notre héritage historique, social et anthropologique. Issus de la droite ou de la gauche, les membres de nos listes défendent l’enracinement et en premier lieu l’identité lyonnaise. Nous ne sommes pas de « partout » ou de « nulle part », nous sommes des « quelque part ». Un point essentiel qui nous rassemble, c’est la question du peuple et de la défense des plus fragiles, le contraire du macronisme : les personnes qui nous rejoignent le font par besoin de défendre les plus fragiles, la France réelle, les vraies gens.

— Votre rassemblement est inédit, historique, dans un contexte électoral lui-même inédit ?

— Lyon est la deuxième ville de France, après Paris. Ce n’est pas anodin. La situation est inédite avec une double élection à l’échelle de la ville, où je conduis la liste, et à celle de la métropole, composée de 58 communes, où la campagne est menée par Andréa Kotarac. Je suis concentrée sur la ville, la défense de son identité malmenée par la mondialisation, les personnes de passage qui ont un appartement ici et à New York ou Berlin, et l’identité propre des Lyonnais. LREM connaît une lutte fratricide entre Collomb et son ancien dauphin de la mairie, Képénékian. On retrouve ce que Macron fait à la France : des fractures à toutes les échelles. Je suis une Marion mais il y a une marionnette LREM : Yann Cucherat, porte-fusil de Collomb, comme tête de liste LREM. La division des LREM, celle des LR, très nombreux à nous rejoindre, la liste de l’UDI, celle d’EELV, les listes séparées de la gauche… tout cela fait de cette élection un moment unique. Cette situation pourrait bien montrer que le rassemblement que je propose est efficient, en particulier dans une ville qui a montré son attachement à nos racines ces dernières années.

— Votre programme pour la ville de Lyon est clair et centré sur quatre grands axes ?

— Sécurité, écologie pragmatique, identité et démocratie de proximité, quatre axes inséparables de mon point de vue. A Lyon, l’écologie de discours et les grands effets de manche à ce propos ne manquent pas. Dans les faits ? La ville est engagée dans l’ultra-métropolisation, la concentration à toutes les échelles, et ne fait rien pour empêcher le dépérissement des zones rurales, importantes dans la métropole. C’est une écologie hors-sol de gens qui passent d’un avion à l’autre. Je ne crois pas en la cohérence du discours de la mandature qui se termine. Collomb était ministre de Macron qui ne s’illustre pas par ses réussites en matière d’écologie. Nous, nous engagerons la « démétropolisation », un maillage de villes d’échelles différentes et déconcentrées, le maintien des zones rurales, ce qui demande de rendre du pouvoir aux communes mais aussi aux arrondissements. Lyon a besoin de localisme réel. Notre liste se rassemble aussi en particulier sur cette nécessité : une révolution de la proximité. Il y a de nombreuses ressources agricoles dans la métropole et nous pouvons, à notre échelle, mettre des biais environnementaux ; il y a des leviers de protection que l’actuelle municipalité ne veut pas utiliser. Cela demande autre chose que des « grands débats », plutôt une vraie démocratie de proximité. Je veux mettre en œuvre une écologie du bon sens, pragmatique, au service d’une métropole du bon sens, en luttant contre les effets négatifs de la surconsommation, avec des consignes ou la livraison de fruits et légumes, comme des AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne), aidées par la municipalité et venant en complément des AMAP existantes. Du bon sens… il est évident que des vêtements peuvent servir à plusieurs enfants plutôt que de terminer à la poubelle !

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Immigration : le nombre de demandeurs d’asile explose en France

Le premier bilan 2019 relatif aux demandes d’asile et aux expulsions de migrants en France a été donné par le ministère de l’Intérieur mardi 21 janvier. La pression migratoire s’amplifie. Les immigrés sont chaque année de plus en plus nombreux sur le territoire. Pour beaucoup de Français, ce ne sont aucunement des chiffres abstraits mais une réalité vécue au quotidien dans des villes dont les populations se transforment à une vitesse inédite. Le ministère de l’Intérieur indique que la demande d’asile est en hausse mais moins qu’avant, tandis que les expulsions auraient beaucoup augmenté, bien que demeurant faibles. Une manière d’enjoliver la réalité, les expulsés revenant aussi vite qu’ils sont partis.

En 2019, la France a accordé 3,534 millions de visas à des étrangers dont 95 % de court séjour. Les Tunisiens et les Algériens sont toujours nombreux dans cette catégorie. Concernant les titres de séjour, leur délivrance s’est accrue de 6,8 %, dont nombre d’étudiants (91 445 titres, hausse de 9,3 %). C’est beaucoup pour un pays où bien des jeunes ont du mal à accéder aux formations qu’ils souhaitent. Cette hausse est voulue et facilitée par une procédure Internet. Les titres fournis pour raisons familiales (88 778) arrivent pour la première fois après ceux octroyés pour études. Viennent ensuite l’immigration économique, 38 843 titres, + 15,3 %, et l’immigration humanitaire, celle souvent mise en avant, avec seulement 38 157 titres mais une hausse de 9,1 %.

L’Afrique noire s’invite en France

Outre ces chiffres équivalents à la population d’une métropole régionale, le fait marquant est la poursuite de l’explosion des demandes d’asile : 132 614 demandes faites à l’OFPRA, soit une hausse de 7,3 %. C’est moins qu’en 2018 (+ 22,3 %) et qu’en 2017 (+ 17,5 %) mais, sur une période de trois, cinq ou dix ans, c’est énorme et cela aide à comprendre pourquoi le paysage humain de nos villes se transforme à une telle vitesse. En tout, 36 512 dossiers ont été retenus en 2019, un « taux de protection de 38,2 % » selon le ministère. Il s’agit de migrants refusés dans d’autres pays européens, qui passent d’un pays à l’autre et font des demandes similaires, mais aussi de candidats pour le moins étranges comme les Albanais et les Géorgiens. Outre ces deux pays, la majeure partie des demandeurs viennent d’Afghanistan (refusés en Allemagne), Guinée, Côte d’Ivoire, Haïti, Nigeria, Mali, République Démocratique du Congo et Bangladesh. 50 % de pays d’Afrique noire. Face à cela, le ministère de l’Intérieur prétend se féliciter d’une hausse des expulsions de… 50 % depuis l’élection de Macron. En réalité, ce sont environ 18 000 expulsés sur les 100 000, au moins, obligations de quitter le territoire français (OQTF) décrétées. La loi est respectée dans à peine 20 % des cas. Même avec ces documents présentés de la façon la plus favorable imaginable pour le gouvernement, les chiffres ne font pas illusion : la France connaît une nouvelle vague d’immigration massive en provenance d’Afrique noire.

Paul Vermeulen

Article paru dans Présent daté du 23 janvier 2020

Censure : les nouveaux enragés !, par Etienne Defay

Hasard du calendrier ou non, alors que des centaines voire quelques milliers de Français commémoraient l’exécution de Louis XVI, d’autres perpétuaient la tradition des coupeurs de tête idéologiques. A Sciences Po Lille, une conférence incluant Geoffroy Lejeune et Charles Consigny, respectivement directeur de la rédaction de Valeurs actuelles et ancien chroniqueur à l’émission « On n’est pas couché » a été tout bonnement annulée sous la pression d’activistes. En cause, le fait que Geoffroy Lejeune dirige Valeurs actuelles, un média qualifié par eux de nauséabond et le fait que Consigny soit réputé de droite et libéral. Une curieuse conception du débat qui hélas ne surprend plus. On ne dénombre plus les annulations, agressions et happenings qui rythment la vie de nos universités. Universités qui deviennent des pépinières à Fouquier-Tinville et à Carier. Universités qui jettent insoumis et esprits libres dans la Loire.

Une initiative pluri-syndicale qui illustre parfaitement cette « convergence des luttes » qui n’est qu’un vernis illusoire, une initiative qui a été encouragée par le directeur de Sciences Po, Pierre Mathiot. Haute figure de la lutte locale contre le Rassemblement national. Une gauche qui se pare de neutralité mais qui sombre dans le militantisme le plus radical. Une gauche culturelle dont les racines philosophiques sont bien connues.

C’est cette gauche de la déconstruction, cette gauche des Deleuze, des Bourdieu, des Derrida et des Foucauld. Cette gauche pour qui tout dogme, toute loi, toute tradition et tout bon sens ne sont qu’une norme sociale à détruire. Cette gauche qui a créé ceux qui aujourd’hui les mettent sur l’échafaud tel Robespierre guillotinant Danton. Les révolutionnaires d’hier deviennent les mencheviks d’aujourd’hui.

En bref, s’installe en France un climat de défiance et de fracture intellectuelle majeure. S’il était encore possible de discuter avec leurs aînés quitte à s’affronter et se diaboliser, les enfants de ces derniers remplacent aisément la vindicte par la guillotine. Et ils n’hésitent pas à s’en prendre à leur propre camp. François Hollande lui-même en avait fait les frais après avoir vu sa conférence interrompue violemment par une bande d’enragés. Gauche, tes enfants te condamneront aussi sûrement que tu nous as condamnés. Tes philosophes ont promulgué le chaos, ton éducation nationale génère des autodafés, tes politiques organisent la submersion migratoire.

Qu’importe au fond que Lejeune ait été censuré ? Son hebdomadaire se vend mieux que les tiens et nos idées progressent aussi sûrement que les tiennes s’autodétruisent. Il ne te reste plus que le plafond de verre et le judiciaire pour te défendre. Mais le premier sautera et le deuxième ne fera taire personne. Il y aura d’autres juges, d’autres procureurs, d’autres avocats. Et cette guillotine intellectuelle que tu as patiemment érigée sur les décombres de Mai 68 se retourne déjà contre toi. Nous fêtons aujourd’hui l’anniversaire de naissance d’un grand penseur issu de tes rangs mais qui n’est lu que par tes adversaires tant tu te méfies des penseurs libres. Ce penseur s’appelait Antonio Gramsci : « Le vieux monde se meurt, le nouveau tarde à apparaître et c’est dans ce clair-obscur que surgissent les monstres ».

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 22 janvier 2020