L’affaire du prédateur sexuel Epstein éclabousse Jack Lang

Un site américain, The Daily Beast, vient de révéler que le multimillionnaire et multi-violeur Epstein, aux nombreuses complicités politico-culturelles (et dont l’héritage représente plus d’un demi-milliard de dollars) a notamment financé une association à la dévotion de notre Jack Lang. Les spéculations vont bon train.

Pour la petite histoire, le site américain d’information The Daily Beast fait référence par son titre au journal The Daily Beast imaginé par l’écrivain britannique, catholique et anticommuniste Evelyn Waugh, dans son roman, Sensation ! Waugh dénonçait les aveuglements d’une certaine presse de son temps (1938). Rien n’a vraiment changé quand on constate les obstacles qui ont été mis à la découverte de la vérité concernant Epstein (et Weinstein, Maxwell et les autres).

Précisément, la dernière découverte est pour le moins curieuse : peu avant son suicide en prison, Epstein a fait verser par sa fondation privée des fonds à trois œuvres non américaines : dont une « clinique du sexe » (?) italienne, et une association française « pour la promotion de la politique culturelle nationale menée dans les années 1980 et 1990 » : 57 897 dollars. Cette association a été créée en 2018, mais personne ne sait, malgré une enquête poussée de The Daily Beast, à quoi elle sert et comment l’argent a été utilisé. Les seules informations disponibles, les informations légales, nous apprennent que son bureau est constitué de proches de Jack Lang, son premier cercle, ses anciens directeurs de cabinet et conseillers. Elle est domiciliée dans le XIVe arrondissement, mais est inconnue à cette adresse !

Epstein, Lang : une sorte de complicité entre les deux hommes

Jack Lang et Epstein se connaissaient très bien. Leur amitié datait d’un dîner en l’honneur de Woody Allen (lui-même sous le coup d’accusations de viol, et notamment du viol de sa fille âgée alors de 7 ans).

Malgré la mort d’Epstein, l’enquête se poursuit, aux Etats-Unis comme en France, sur les agressions et exploitations sexuelles, en particulier de mineurs. Quand on se souvient que Jack Lang avait signé dans les pages du Monde, avec bien d’autres personnalités de gauche ou homosexuelles, une pétition en faveur de trois hommes condamnés pour des abus sexuels sur des enfants d’une douzaine d’années, et qu’Epstein était poursuivi notamment pour des viols sur mineurs, on ne peut s’empêcher d’imaginer une sorte de complicité entre les deux hommes. Lang n’avait pas hésité à envoyer des messages de soutien à Woody Allen, malgré la terrible accusation qui pesait sur lui. Brunel, le PDG de la société de mannequins qui « fournissait » Epstein, est lui-même sous l’accusation de viols, et un autre prédateur sexuel, le producteur de cinéma Weinstein, accusé d’agression sexuelle par 93 femmes, est notamment poursuivi pour une tentative de viol d’une femme au propre domicile parisien d’Epstein ! Ne parlons même pas de la famille Maxwell, hauts pontes socialistes britanniques : Lang connaissait bien le père, dirigeant travailliste britannique, mort bizarrement, après avoir pillé les caisses de retraite de ses employés. Quant à sa fille, elle est en prison, accusée de complicité dans le dossier Epstein.

Dans l’intérêt de Jack Lang, pour qu’il puisse se disculper au plus vite des rumeurs le concernant, il faut que la lumière soit faite sur cette association à sa dévotion, sur l’utilisation des fonds versés par Epstein, et sur tout le reste.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 9 octobre 2020