Le vrai bilan de Sarkozy : fausse rupture avec le politiquement correct, vraie rupture avec le modèle français (1re et 2e partie)

Le vrai bilan de Sarkozy : fausse rupture avec le politiquement correct, vraie rupture avec le modèle français (1re et 2e partie)
Athena - Logo du Club de l'Horloge
Athena - Logo du Club de l'Horloge

[box class=”info”] Communication de Jean-Yves Le Gallou à la XXVIIe Université annuelle du Club de l’Horloge, 8 et 9 octobre 2011. Le thème de l’Université était :
Présidentielle 2012 : Pour que les électeurs de droite ne soient plus trompés / En finir avec les fausses alternances et les promesses équivoques.

Nous reproduisons ce texte avec l’aimable autorisation de Polémia. [/box]

« Le vrai bilan de Nicolas Sarkozy : fausse rupture avec le politiquement correct, vraie rupture avec le modèle français » était le thème de l’intervention de Jean-Yves Le Gallou à la XXVIIe Université annuelle du Club de l’Horloge. Nous en donnons connaissance à nos lecteurs en quatre parties : Les chiffres de l’abaissement de la France, les comptes fantastiques de l’arithmétique médiatique, la fausse rupture avec le politiquement correct, la vraie rupture avec le modèle français.

Polémia

 

L’élection présidentielle, ce n’est pas seulement une élection : c’est d’abord un spectacle, scénarisé, cadencé, feuilletonisé. Au risque évidemment pour l’électeur de passer à côté de l’essentiel.

Et l’essentiel aujourd’hui, c’est le bilan critique. Le bilan critique des vingt-cinq dernières années.

Et, bien sûr, le bilan critique de l’actuel président sortant, Nicolas Sarkozy : 5 ans président, 7 ans ministre, 4 ans député de la majorité ; en tout, 12 ans de pouvoir exécutif, y compris le pouvoir suprême, et 16 ans de pouvoir majoritaire, sans oublier 3 ans de responsabilité à la tête du parti dominant ; ajoutons-y le vote de nombreuses réformes de la Constitution et de deux traités européens majeurs (Maastricht et Lisbonne).

L’état de la France aujourd’hui est largement le fait de Nicolas Sarkozy. En voici le bilan en chiffres

 

Première partie

2002/2007/2012 : les chiffres de l’abaissement de la France

• Bilan économique : dans le rouge

  • – La balance du commerce extérieur est en déficit depuis 1999 ; ce déficit a doublé en 5 ans ; il atteindra 75 milliards d’euros en 2011. Les Français consomment 2% de PIB de plus que ce qu’ils produisent. Ce qui conduit la Chine, le Qatar et quelques autres à acquérir de beaux fleurons du patrimoine immobilier national et les actifs de nombreuses entreprises. Ce qui est un processus de colonisation économique.
  • – La France achète ce qu’elle ne produit plus puisque la mondialisation, voulue par tous les gouvernements successifs, a détruit l’industrie française : en 12 ans l’industrie française a perdu le quart des heures travaillées (source GEAB). C’est 800 à 1 000 emplois industriels qui disparaissent chaque jour ouvrable, de l’ordre de 200 000 par an !
  • – Le chômage s’élève à 9,7% au deuxième trimestre 2011 selon les normes du Bureau international du travail (BIT) : un chiffre dans la moyenne européenne mais en hausse depuis 2007 (8% à l’époque). Concrètement, ce sont 2 750 000 personnes sans emploi du tout ; un chiffre qui s’élève à 4,4 millions en prenant les chômeurs partiels et les personnes dispensées de recherche d’emploi. En clair : 10% des actifs français sont au chômage total ; 15% des actifs français sont au chômage total ou partiel ; 20% des actifs français hors secteurs protégés sont au chômage partiel ou total. Près de toutes les familles sont concernées par le phénomène. Ces chiffres sont le résultat mécanique des politiques suivies depuis 25 ans.
  • – Le déficit du budget de l’Etat est passé, de 2006 à maintenant, de 38 milliards à 96 milliards. En 2012 – selon les prévisions de Bercy – les dépenses ne seront financées qu’à hauteur de 78% par les recettes fiscales (366 milliards de dépenses pour 288 milliards de recettes). Selon la Cour des comptes, ce déficit ne s’explique que pour un tiers par la « crise » : le deuxième tiers a été hérité des gouvernements auxquels a participé M. Sarkozy et le troisième tiers a été créé par l’actuel président à coups de mesures discrétionnaires et souvent clientélistes.
  • –Dans ces conditions la dette a explosé, passant de 1 150 milliards début 2007 à près de 1 700 milliards aujourd’hui. La note triple A qui permet d’obtenir des taux d’intérêt modérés est menacée.

• Bilan sociétal : dans le noir

  • – L’intégration de très nombreux immigrés venus notamment du Maghreb et d’Afrique noire fonctionne mal ; l’application du principe de précaution devrait donc conduire à limiter, sinon arrêter, les flux d’entrée. Tel n’est pas le cas. Bien au contraire : en 2010, plus de 200 000 titres de séjour réguliers ont été attribués, ce qui est un record absolu ; d’autant plus que le flux des demandeurs d’asile a repris sa croissance et que le séjour clandestin n’est pas maîtrisé. Résultat : dans un contexte de pénurie budgétaire les dépenses liées à l’immigration sont les seules à connaître une croissance à deux chiffres.
  • – La lutte contre la délinquance a été un objectif constant de Nicolas Sarkozy comme ministre de l’Intérieur d’abord, président de la République ensuite. Le bilan est contrasté mais, là aussi, sévèrement jugé par la Cour des comptes. Sans entrer dans un débat technique, on analysera simplement le chiffre le plus objectif parce que le moins susceptible de manipulation statistique : celui des violences contre les personnes. Il n’a cessé d’augmenter pour atteindre 467 650 faits recensés d’août 2010 à juillet 2011. En hausse de 8% depuis le début du quinquennat.
  • – Le désastre scolaire se poursuit, selon l’étude internationale PISA qui évalue les résultats des jeunes de 15 ans. Depuis 2000, la France ne cesse de perdre des places dans le classement international et, de 2006 à 2009, le recul s’est poursuivi : du 19e au 27e rang en sciences, du 17e au 22e rang en lecture, du 17e au 22e rang aussi en mathématiques.

• Sarkozy accompagnateur, acteur et symbole de l’abaissement français

Bien sûr, cet abaissement français a des causes multiples qui dépassent la seule personnalité de Nicolas Sarkozy. Sa responsabilité n’en est pas moins certaine :

  • – d’abord, parce que c’est le responsable politique français actuel qui a eu le plus de responsabilités majeures au cours des vingt-cinq dernières années ;
  • – ensuite, parce que ses actes se sont toujours coulés dans le courant dominant, notamment au regard de la mondialisation et du cosmopolitisme ;
  • – enfin, parce qu’il s’est revendiqué comme « hyper » ou « omni » président et qu’il doit être tenu pour comptable de ses actions : c’est la rançon du césarisme médiatique dans lequel nous vivons.

 

Deuxième partie

Le mouvement brownien des annonces et des réformes :
2007/2012 : Les comptes fantastiques de l’arithmétique
médiatique

En algèbre (+1) + (-1) = 0, mais (+1) + (-1) = 2 en arithmétique médiatique.

Et c’est ainsi que Nicolas Sarkozy a occupé l’espace médiatique dans la deuxième partie de son quinquennat en annonçant la suppression des mesures qu’il avait prises dans la première partie.

Polémia

Jean-Yves Le Gallou
Jean-Yves Le Gallou

« Faire et défaire, c’est toujours travailler », dit le proverbe. C’est aussi une maxime sarkozyste.

Sarkozy ministre de l’Intérieur a créé des emplois de policiers et de gendarmes.

Sarkozy président les a supprimés. Sarkozy président a supprimé des emplois dans la fonction publique d’Etat. Mais il a apporté aux collectivités locales des crédits suffisants pour leur permettre de créer autant d’emplois de fonctionnaires territoriaux que l’Etat a supprimé d’emplois de fonctionnaires nationaux. 150 000 fonctionnaires d’Etat en moins, 150 000 fonctionnaires locaux en plus : c’est toujours autant de charges publiques ! En 2010, les dépenses des communes ont crû de 3% et celle des intercommunalités de 4,5%.

Sarkozy a créé le bouclier fiscal puis il l’a supprimé.

Sarkozy a diminué le taux de l’ISF (2 milliards d’allégement), puis il a créé une taxe spéciale sur les revenus des plus riches (200 millions de prélèvement).

Sarkozy a défiscalisé les heures supplémentaires, puis il les a refiscalisées.

Sarkozy a créé une déduction fiscale pour les intérêts des emprunts immobiliers, puis il l’a supprimée.

Sarkozy a créé une prime à la casse pour les voitures puis il l’a supprimée.

Sarkozy a imposé un « plan de relance » dont il sort par un « plan de rigueur ».

Quand un internaute va sur le site de la présidence de la République et qu’il clique sur le mot « action » il est immédiatement redirigé sur « les déplacements du président de la République ». Comme si l’agitation, c’était l’action. Quel meilleur symbole du « bougisme » ! Quel meilleur aveu que ce que les communicants appellent « action » n’est rien d’autre que de l’annonce. Nous sommes dans la République du tournis.
Voir : La Tyrannie médiatique

• C’est le règne de l’arithmétique médiatique : (+1) + (-1) = 2.

Les médias aiment l’immédiat. Et c’est l’immédiat qui nourrit les médias. En communication, « une information noire plus une information blanche, c’est deux événements, Coco ! »

Pour Le Figaro ou TF1, supprimer un impôt c’est « contribuer à la relance économique ». Rétablir le même impôt c’est « aller dans le sens de la rigueur ». En communication, c’est deux nouvelles. En économie cela s’appelle du « stop and go ».

Dans la réalité (+1) + (-1) = 0

Car, au final, on est revenu au point de départ, avec tout de même des coûts administratifs supplémentaires pour l’Etat et les particuliers ; et un manque de confiance dans des règles collectives de moins en moins stables.

Parcourir le site Internet de la présidence de la République est une expérience étrange : on y trouve un kaléidoscope de mesures clientélistes non mises à jour. Les mesures supprimées continuent d’être promues… même après leur suppression ! Les Français croyaient avoir choisi un président, ils découvrent n’avoir élu qu’un candidat permanent.

Jean-Yves Le Gallou

On peut lire ici les 3e et 4e parties.

[box class=”info”] Source : Polémia. [/box]

Samedi 15 octobre, quatrième journée de la Réinformation organisée par Polémia

Samedi 15 octobre, quatrième journée de la Réinformation organisée par Polémia

Affiche 4e journée réinfo28/09/2011 – 20h00
PARIS (NOVOPress) – Samedi 15 octobre, la fondation Polémia, présidée par Jean-Yves Le Gallou (qui est intervenu lors de l’Université de rentrée du Bloc Identitaire de cette année), organise la quatrième journée de la Réinformation. Thème de cette année : “Les blogs dans la guerre médiatique”. Plusieurs ateliers et interventions sont prévus. Avec notamment la participation de Robert Ménard.

Une participation du fondateur de Reporters sans frontière qui n’est pas du goût de tout le monde. Ainsi, dans le Monde, via Abel Mestre, qui confond mauvais journalisme et travail de police, Polémia est présentée comme “think tank d’extrême… extrême droite” (sic). Polémia a répondu à cette attaque : “En novlangue, ‘l’extrême droite’ est une expression sidérante et péjorative donnée à la droite de conviction et à tous ceux qui contestent le Système dominant. Il est normal que la novlangue soit la langue véhiculaire, sinon liturgique, du Monde, un journal propriété de Matthieu Pigasse (banque Lazard) et de Pierre Bergé (SOS-Racisme).”

La submersion migratoire : problématique nationale, problématique européenne ? Par Jean-Yves Le Gallou

La submersion migratoire : problématique nationale, problématique européenne ? Par Jean-Yves Le Gallou

L’immigration est un problème européen. La solution ne viendra pas de l’Union européenne. La solution viendra du réveil des peuples européens.

I) L’immigration est un problème européen.

Les chiffres

Parlons de l’Union européenne (UE) à 15 : c’était en 2004, 385 millions d’habitants.

Mais c’est chaque année de l’ordre de 2 millions d’entrées supplémentaires d’étrangers ; soit un demi pour cent de la population totale. Sans compter évidemment les naissances.

Cette croissance de l’immigration est continue. Et elle s’accélère. Prenons simplement les chiffres officiels, évidemment discutables, d’Eurostat, pour l’Europe à 15.

Voici l’évolution du solde migratoire, c’est-à-dire le solde des migrants auquel on soustrait celui des expatriés :

  • -de 1960 à 1964, en moyenne annuelle, 215 000
  • -de 1975 à 1979, en moyenne annuelle, 280 000
  • -de 1985 à 1989, en moyenne annuelle, 427 000
  • -de 1995 à 1999, en moyenne annuelle, 664 000
  • -en 2000 : 1 095 000.
  • -en 2004 : 1 807 000.

http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_OFFPUB/KS-EH-06-001/FR/KS-EH-06-001-FR.PDF

Cette montée, apparemment inexorable, de l’immigration est camouflée dans les chiffres du nombre des étrangers par les naturalisations : 776 000 personnes en 2009 (+11% par rapport à 2008) dans les 27 pays de l’UE. Le Royaume Uni (204 000 personnes), la France (136 000) et l’Allemagne (96 000) étant les plus « naturalisateurs ».

L’explication de l’immigration par le différentiel démographique : haute et basse pression démographique

L’Europe est une zone de basse pression démographique : son taux de fécondité est de l’ordre de 1,5 enfant par femme. Le Maghreb a une fécondité supérieure à 2,1. L’Afrique sub-saharienne connaît, elle, une fécondité de 5 enfants par femme. Il faut ici insister sur le problème africain car c’est le problème majeur de l’avenir.

Selon les travaux du démographe Bourcier de Carbon, le nombre des naissances de l’Afrique subsaharienne qui, en 1950, était encore comparable à celui de l’Union européenne dans ses limites actuelles, lui est aujourd’hui près de 7 fois supérieur : tous les ans, 33 millions de naissances contre 5 millions.

Les flux d’immigrants (réguliers et irréguliers) dans les pays de l’Union européenne en provenance de l’Afrique subsaharienne sont aujourd’hui essentiellement composés de jeunes adultes âgés de 20 à 40 ans et plus de 40% de ces flux sont désormais constitués de jeunes femmes de ces tranches d’âge. Les effectifs de ces jeunes adultes âgés de 20 à 40 ans sont donc appelés à doubler d’ici à 2040 en Afrique subsaharienne, passant de 250 millions à 500 millions en trente ans. Cela signifie – toutes choses égales par ailleurs, en particulier si la probabilité d’émigrer dans l’Union reste ce qu’elle est aujourd’hui – que la pression migratoire des jeunes adultes en provenance de l’Afrique subsaharienne sur les frontières de l’Union est appelée à doubler au cours des trois prochaines décennies.

Ce face-à-face de l’Europe (y compris la Fédération de Russie) ou de l’Union européenne avec l’Afrique subsaharienne peut donc se résumer ainsi en ce début du XXIe siècle :

  • La zone la plus urbaine de la planète fait à présent face à la zone la plus rurale ;
  • La zone la plus riche de la planète fait à présent face à la zone la plus pauvre ;
  • La zone la plus stérile de la planète fait à présent face à la zone la plus féconde ;
  • La zone où la vie est la plus longue fait à présent face à celle où elle est la plus courte ;
  • La zone la plus âgée de la planète fait à présent face à celle où elle est la plus jeune ;
  • La zone où le nombre des décès excède celui des naissances fait face à celle où la croissance naturelle de la population est la plus rapide.

L’explication de l’immigration par les facteurs idéologiques

Les pays européens sont saturés d’idéologie politiquement correcte : ultralibéralisme et sans frontiérisme économique ; individualisme et droit de l’hommisme ; culpabilisation du passé historique et repentance.

Les frontières restent ouvertes parce que le patronat a besoin de main d’œuvre bon marché. Ecoutez Madame Parisot ou Monsieur Maurice Lévy !

Les frontières restent ouvertes parce que chaque étranger entré même irrégulièrement sur le sol européen a des droits pour lui-même et sa famille.

Les frontières restent ouvertes parce que l’Europe doit expier et réparer les fautes de son passé : l’esclavage, la colonisation, la « shoah ».

Ce qui est étonnant, c’est que tout cela est déconnecté de toute forme de réalité :

*Comment oser parler de pénurie de main d’œuvre, là où il y 10% de chômeurs comme en France, en Grande Bretagne, en Allemagne, voire 20% en Espagne, voire 40% pour les jeunes ?

*Comment oser parler de droit individuel pour des délinquants (les irréguliers) ? Et comment appliquer ces droits individuels à des gens venues de sociétés communautaires et sans état-civil fiable ?

*Comment oser culpabiliser des Scandinaves sur la colonisation (ou l’esclavage) qu’ils n’ont jamais pratiqués ? Comment oser culpabiliser avec la « shoah » les Suisses qui ont résisté à l’Allemagne nazie et les Britanniques qui l’ont combattue de 1939 à 1945 ?

Et pourtant c’est tout le continent qui subi le même joug idéologique.

 

II) La solution à l’immigration ne viendra pas de l’Union européenne.

L’immigration est un problème européen, mais la solution ne viendra pas de l’Union européenne

La mise en œuvre du « 3e pilier » n’a rien réglé. Au contraire il a considérablement aggravé les problèmes.

Un peu de jargon européen

  • – Jusqu’à Maastricht les communautés européennes, héritières de la CECA, de la CEE et du traité Euratom, ne comprennent qu’un pilier supranational : politique agricole commune, union douanière, marché intérieur. Pour les matières relevant de ce pilier, les États membres ont transféré l’essentiel de leurs compétences et de leur souveraineté à l’Union européenne.
  • – Depuis le traité de Maastricht (1992) jusqu’au traité de Lisbonne en 2007 deux autres piliers sont édifiés :
  • – le 2e pilier concerne la Politique étrangère et de sécurité commune (PESC). Hélas cela revient de fait à un alignement sur l’OTAN.
  • – le 3e pilier porte sur la coopération policière et judiciaire en matière pénale et la mise en place d’une législation unique sur le droit de séjour et la libre circulation.

La mise en œuvre de ce « troisième pilier »est catastrophique.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes

La communautarisation des politiques s’est accompagnée, je l’ai rappelé au point 1 d’une explosion des chiffres de l’immigration

Communautariser, c’est désarrimer

Dans un avion, un bateau, une voiture : la prudence consiste à arrimer les bagages pour éviter des déplacements brutaux. Décloisonner c’est permettre des mouvements brusques et dangereux. C’est précisément ce qui se passe avec la « communautarisation » de l’immigration :

  • -un clandestin entré en Grèce, pourra demander le droit d’asile en Allemagne ou l’aide médicale d’État en France ;
  • -un clandestin régularisé en Italie ou en Espagne pourra circuler librement dans l’Europe des 27.

C’est la loi du pays plus laxiste qui s’applique à tous les autres : ainsi les migrants font leur marché et choisissent les règles et les pratiques qui sont les plus favorables à leur situation.

En communautarisant leurs frontières les pays européens ont oublié qu’une chaine ne vaut que ce que vaut son maillon le plus faible.

Supprimer les frontières intérieures, c’est supprimer le seul lieu de contrôle pratique

Le contrôle classique aux frontières est simple : il filtre ceux qui franchissent la frontière et seulement ceux–là.

Les règles de Schengen ont supprimé ce contrôle à un point fixe pour l’autoriser dans les 30 kilomètres aux alentours des frontières : cela revient à vouloir contrôler à l’aveugle davantage de monde. Ce n’est ni efficace, ni favorable aux libertés.

Communautariser l’immigration, c’est encourager l’irresponsabilité et les égoïsmes nationaux

En fait, la destruction des frontières et la volonté générale de normalisation et de centralisation dressent les Européens les uns contre les autres :

  • – ce sont l’Espagne et l’Italie qui régularisent massivement dans les années 2000 donnant ainsi le droit à deux fois 500 000 à 800 000 personnes le droit de s’installer dans toute l’Europe ;
  • – ce sont l’Irlande et la Pologne qui s’opposent à propos des immigrés polonais en Irlande ; ou la Roumanie qui entre en conflit avec les autres à propos des Roms ;
  • – ce sont l’Italie et la France qui se chamaillent à propos des migrants clandestins de Lampedusa ;
  • – c’est le Danemark qui se fait gourmander par la commission européenne quand il rétablit des contrôles à ses frontières.

« L’Europe c’est la paix » est un slogan qui parle encore aux générations qui ont connu la guerre. Mais dans la réalité d’aujourd’hui, c’est aussi de la Novlangue car l’Union européenne – qui n’est pas l’Europe- est un multiplicateur de conflits entre Européens.

L’Union européenne multiplicateur du politiquement correct

Bien sûr, un avocat de l’Union européenne pourrait faire valoir que bien des reproches que je viens de lui faire sont des critiques du politiquement correct ; et que le politiquement correct touche autant les élites économiques et politiques nationales que les dirigeants de Bruxelles et de Strasbourg : c’est vrai, ce sont d’ailleurs les mêmes…

Simplement, l’Union européenne est un multiplicateur de politiquement correct :

La submersion migratoire : problématique nationale, problématique européenne ? Par Jean-Yves Le Gallou

  • – parce que c’est un jacobinisme à l’échelle d’un continent ;
  • – parce qu’elle éloigne les peuples des lieux de décision, ce qui facilite les aberrations ;
  • – parce qu’elle fournit des alibis aux classes politiques qui critiquent des textes sur le thème « c’est l’Europe qui nous impose cela »… alors qu’ils ont eux-mêmes voté ces « directives » ou « ces règlements » à l’échelon européen !
  • – parce que les processus de décisions de l’Union européenne sont eux-mêmes incompréhensibles au commun des mortels ;
  • – parce que les décisions politiques de l’Union européenne sont surplombées par les décisions téléologiques et théologiques de la Cour de justice européenne et de la Cour européenne des droits de l’homme qui interprètent des textes généraux dans le sens du politiquement correct et de la religion des droits de l’homme.

 

III) La solution à l’immigration viendra du réveil des peuples européens

La solution à l’immigration ne relève pas de petits ajustements, mais d’un renversement ! Il ne s’agit pas seulement changer des lois, il faut changer d’état d’esprit. Il ne suffit pas de réformer des pratiques, il convient de changer de paradigmes.

Les trois fiertés : civilisation européenne, histoire nationale, racines territoriales

Balayons les discours culpabilisateurs ! L’histoire de l’Europe ne s’arrête pas avec la décolonisation des années 1960. 1945 n’est pas non plus l’alpha et l’oméga de notre passé multimillénaire.

Changeons de paradigme moral. Rompons avec la « repentance ». Les dominants nous parlent de « mémoire » mais ce qu’ils appellent « mémoire » n’est rien d’autre que de la Novlangue pour nous imposer l’oubli de ce que nous sommes.

Retrouvons la fierté de nos origines.

La fierté de notre civilisation européenne et chrétienne. Reprenons le cours interrompu du temps : retrouvons Homère et les humanités.

La fierté des quinze siècles de notre histoire nationale et de notre langue française qui subit l’assaut de tous les barbarismes.

La fierté de notre enracinement territorial. Breton ou Provençal, Auvergnat ou Normand, Français et Européen, voilà ce que nous sommes.

Les trois préférences : européenne, nationale, locale

La non-discrimination est un autre paradigme dominant. Complété d’ailleurs par la « discrimination (dite) positive) », c’est-à-dire en fait négative contre les Français et les Européens de souche.

Face à cela, assumons et réhabilitons les préférences naturelles : européenne, nationale, locale. Pour l’emploi, le commerce, l’industrie, la culture, préférons la proximité. Relocalisons les emplois à domicile. Fabriquons français avec des Français. Promouvons le « Made in local ».

Changer de paradigme juridique : renoncer à l’idéologie des droits de l’homme et redonner la souveraineté au peuple

Et pour cela dénonçons la Convention européenne des droits de l’homme. Une Convention dont l’interprétation par la Cour européenne des droits de l’homme ne protège pas la liberté d’expression mais rend toutes nos lois de protection nationale inefficaces avant même d’être appliquées ; une telle dénonciation est possible puisqu’elle est explicitement prévue par l’article 58 de la Convention.

Rétablir de vraies frontières, parois protectrices

Les frontières de l’Union européenne sont des passoires. L’Union européenne ne sait d’ailleurs même pas où elle s’arrête.

Or la frontière est une paroi protectrice : elle doit laisser passer ce qui est bon et maintenir à l’extérieur ce qui ne l’est pas. La France peut accueillir des étudiants étrangers à condition qu’ils soient en nombre limité et sérieusement sélectionnés. La France peut accueillir des réfugiés politiques à condition qu’il s’agisse de vrais réfugiés venant d’un tout petit nombre de pays. Pour le reste, la France doit drastiquement limiter les autorisations de séjour qu’elle accorde, ainsi que le nombre des visas attribués aux ressortissants des pays à risque. Il faut établir un contrôle préférentiel aux frontières pour les ressortissants de certains pays. Les pays d’émigration clandestine doivent figurer sur une liste noire. Il faut aussi comme les Suisses expulser tous les délinquants étrangers.

Partout dans le monde, en dehors d’une « sphère occidentale » en repli depuis la crise financière de 2007-2008, on assiste à un retour en force de la notion de frontière : la France serait dans son rôle en assumant une fonction d’avant-garde dans le rétablissement, en Europe, de cette condition essentielle à l’exercice des libertés politiques et économiques.

Valoriser les principes de la civilisation européenne d’expression française et refuser les mœurs étrangères

Tout ne se vaut pas et le multiculturalisme est un échec reconnu. La sagesse est d’en revenir à l’identité française, celle des terroirs et des clochers. La France, ce n’est pas une abstraction, c’est une culture, c’est une civilisation, où les mosquées, les minarets, le voile islamique, l’abattage rituel banalisé, la viande de singe et le culte vaudou n’ont pas leur place. A fortiori dans l’espace public.

Réformer le droit de la nationalité

Etre français, cela s’hérite ou se mérite. Cela signifie en revenir au jus sanguinis, au droit de la filiation : est français l’enfant né de parents français ; peut devenir français l’étranger qui appartient à la civilisation européenne d’expression française par les mœurs, par la culture, par la langue et par l’affectio societatis.

Appliquer le principe de précaution aux politiques migratoires

Inscrit dans la Constitution française, le principe de précaution est souvent invoqué pour bloquer des recherches scientifiques et des pratiques économiques ou sociales ; et ce, même lorsque les risques encourus sont très incertains, si ce n’est impossibles à définir. Or, les risques des politiques migratoires sont, eux, connus et certains. Puisque les populations sub-sahariennes et arabo-musulmanes se sont dans l’ensemble mal intégrées au cours des trois dernières décennies, la sagesse consisterait à tout le moins à adopter un moratoire de longue durée sur l’immigration : il faudrait attendre que la grande majorité des habitants des quartiers à forte présence sub-saharienne et arabo-musulmane se soient correctement intégrés pour accepter éventuellement d’autres étrangers en provenance de ces pays.

 

IV) Le changement qui vient

Ce que je viens de décrire ne relève de la simple alternance électorale. C’est un changement radical. Je le pense pourtant possible. Je crois comme le grand historien Dominique Venner que l’Europe sortira de sa « dormition ».

Pour deux raisons au moins : le cycle historique commencé en 1914 touche à son terme ; la chute de l’Amérique va libérer les nations européennes.

Le cycle historique commencé en 1914 touche à son terme

En 1917, sur les ruines de l’ordre ancien aristocratique, quatre idéologies sont nées et ont prospéré : le fascisme, le national-socialisme, le communisme et le mondialisme anglo-saxon. Le fascisme et le national socialisme ont disparu en 1945. Le communisme en 1989. « Dans le siècle de 14 » paru en 2006, Dominique Venner prédisait la chute du mondialisme anglo-saxon. Les crises financières à répétition et le désastre budgétaire américain ont confirmé depuis ce point de vue. La à retenir pour le début du XXIe siècle, c’est 2008, la chute de Lehmann brothers, le démarrage de la crise financière, le début de la fin de l’empire américain

La chute de l’Amérique va libérer les nations européennes

Car la chute de la domination américaine va libérer les nations européennes. Elle va affaiblir leurs oligarchies dominantes (économiques, médiatiques, politiques, culturelles) qui ne sont que le reflet des intérêts de Wall street, du Pentagone et de leurs alliés. Comme les dépêches de Wikileaks le révèlent. Elle va permettre de s’affranchir d’un modèle économique technomorphe et marchand, trop réducteur pour être conforme à la mentalité européenne.

Au-delà des péripéties du combat quotidien, votre rôle c’est de vous préparer à accoucher du monde qui naîtra des ruines du désordre ancien. Préparez vous à l’inattendu !

Jean-Yves Le Gallou
Conférence à l’Université de rentrée du Bloc identitaire le 10 septembre 2011.

Voir aussi :

« Le choc de l’histoire » de Dominique Venner : un livre lumineux
L’Afrique face à l’Europe : du choc démographique au choc culturel
Colonisation de peuplement arabo-musulmane : la preuve par les mariages
Lire ou relire « Le Camp des Saints » : essai sur la schizophrénie de l’opinion
L’économie de l’immigration

Source : Polémia.

Jean-Yves Le Gallou à propos de l’université de rentrée du Bloc Identitaire [audio]

Jean-Yves Le Gallou à propos de l'université de rentrée du Bloc Identitaire [audio]

09/09/2011 – 12h00
PARIS (NOVOpress) –
L’université de rentrée du Bloc Identitaire se tiendra à partir d’aujourd’hui en Provence et ce jusqu’à Dimanche. Des intervenants de qualité comme Isabelle Laraque, Jacques Cordonnier, Arnaud Gouillon, Philippe Perchirin … seront présents. Le responsable de la fondation Polémia, Jean-Yves Le Gallou, interviendra également sur le thème de la submersion migratoire de l’Europe et des solutions européennes pour y faire face.

Il explique au micro de Novopress les raisons de sa présence à l’université de rentrée du Bloc identitaire et nous dévoile les grandes lignes de son intervention de samedi.

Propos recueillis par Yann Vallerie

[MEDIA not found]