Hors-Série de Présent – Hommage à Jean Raspail

02/07/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Il fut le dernier Hussard. Le cinquième, dans une bande qui en comptait canoniquement quatre, un peu comme chez les trois mousquetaires. Il y avait du Déon et du Nimier chez Jean Raspail. Un grand d’Espagne flegmatique et aristocratique. Le 13 juin 2020, il a quitté la vie au crépuscule, face au soleil couchant, par la porte de l’Ouest qui n’était plus gardée.

C’est à cet homme hors du commun que toute l’équipe de Présent a décidé de rendre hommage, dans ce hors-série spécial retraçant la geste intellectuelle, littéraire, et politique de ce fier et noble cœur aventureux.

Pour commander : https://present.fr/produit/hors-serie-hommage-a-jean-raspail/

Génération Identitaire rend hommage à Jean Raspail

« Une cascade de corps dont le mouvement ininterrompu paraissait liquide. Les bateaux se vidaient de toute part comme une baignoire qui déborde. Le tiers monde dégoulinait et l’Occident lui servait d’égout. » — Jean Raspail, Le Camp des Saints (1973)

Les Identitaires ont tenu à rendre hommage à Jean Raspail. Découvrez leur communiqué de presse.

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Décès de Jean Raspail : des réactions médiatiques assez contrastées

L’écrivain Jean Raspail, qui était hospitalisé depuis décembre 2019, s’est éteint le samedi 13 juin 2020 à l’âge de 94 ans. Personnalité forte aux idées affirmées, Jean Raspail a suscité la controverse et fait œuvre de prophète avec son roman Le Camp des Saints (publié en 1973 et réédité en 2011), dans lequel il imaginait la submersion migratoire de l’Europe par l’arrivée en cargo d’un million de réfugiés venus d’Inde sur les côtes méditerranéennes.

À l’annonce de sa mort, l’AFP s’est fendue d’une dépêche indiquant que Jean Raspail était « admiré par les uns, décrié par les autres », qu’il « se défendait d’être d’extrême droite, se définissant comme royaliste, homme libre, jamais inféodé à un parti » en précisant qu’il « reconnaissait cependant être bien ultraréactionnaire, attaché à l’identité et au terroir et farouchement opposé au métissage », avant d’en venir à évoquer en seulement quelques lignes son immense parcours d’explorateur et d’écrivain.

Cette dépêche assez orientée a été reprise pratiquement telle quelle par Ouest-France, 20 Minutes, Paris Match ou encore Le Monde.

« Prophète du grand remplacement »

Pour Libération, Jean Raspail est avant tout le « prophète du grand remplacement », et l’annonce de sa mort a été une occasion de rappeler qu’il était un « écrivain à la considérable influence sur les extrêmes droites occidentales ». Ici, très peu d’éléments sur sa carrière littéraire. Bien qu’il soit mentionné qu’elle est riche d’une « quarantaine d’ouvrages », l’accent est mis ici sur la polémique autour du Camp des Saints, ouvrage au style « jugé inspiré par ses admirateurs, et par d’autres brutalement raciste » et dont il est précisé qu’il compte parmi ses lecteurs des personnalités comme Ronald Reagan, Samuel Huntington (l’auteur du Choc des Civilisations), Steve Bannon (ancien conseiller de Donald Trump) ou encore Marine Le Pen.

Qualification identique de « prophète du grand remplacement » pour Le Monde qui produit un nouvel article dès le lendemain de son décès en précisant que « L’extrême droite perd son prophète un jour de manifestations antiracistes (…) ». Comme si cela ne suffisait pas à catégoriser le personnage, le quotidien ajoute même que « Des anciens de l’Œuvre française à ceux de la Nouvelle Droite, en passant par l’Action française et le Rassemblement national (RN, ex-Front national), au fil de l’après‑midi, c’est l’ensemble la famille nationaliste qui finit par se retrouver en ligne pour saluer celui qui « avait prophétisé dès 1973 l’effet destructeur de la culpabilisation et de l’antiracisme sur notre civilisation », selon l’ancien député européen frontiste et fondateur de la très identitaire Fondation Polemia, Jean-Yves Gallou ».

Pour Charlie Hebdo sous la plume de Jean-Yves Camus : « les identitaires perdent leur prophète», le Camp des Saints est « un livre raciste (…) le bréviaire de la génération nationaliste qui ne supporte ni le regroupement familial ni les lois contre le racisme » et Jean Raspail « inspire aussi la nouvelle génération des identitaires, (…) est leur prophète qui a prêché dans le désert. Il trouve un écho parce qu’il ne se contente pas de fustiger l’immigration non européenne : il parle du sentiment du déclin, de la supposée veulerie des « élites » qui débouche sur l’injonction faite aux Français de se repentir de leur histoire, de leur passé en tant que « Blancs ». Bref, de tout ce qui est en train de se réveiller à l’extrême droite, mais aussi au-delà, dans un contexte où l’indigénisme dans les minorités n’a pas fini d’exacerber les tensions ».

La encore, le seul élément retenu de la longue carrière de Jean Raspail reste l’obsession pour les débats qu’il y a eu autour du Camp des Saints.

Écrivain et explorateur

Du côté du Figaro, la tonalité a été différente et surtout plus mesurée. Le quotidien précise en effet que cet auteur « adoré par certains, maudit par d’autres » aura « marqué la littérature française de son univers », mais s’intéresse surtout à son parcours d’explorateur dans un papier assez fouillé qui fait la part belle à sa biographie et à sa vision du monde.

Le journal évoque ainsi ses nombreux voyages autour du monde ainsi que sa riche carrière d’écrivain certes marquée par la polémique autour du Camp des Saints, avant de revenir plus longuement sur son « amour pour la monarchie » tout en rappelant qu’il était « profondément chrétien » et « tenait à ses convictions ».

Dans la presse conservatrice en revanche, c’est plutôt l’écrivain-aventurier qui est célébré. Valeurs Actuelles rappelle ainsi que « l’explorateur passa la plus grande partie de sa vie à se promener de continent en continent et de siècle en siècle », rappelant son goût de la découverte pour « ceux qu’il appelait “les peuples perdus“ » et dont « retrouver la trace constituait l’unique but de ses voyages ».

Sous la signature de François Bousquet, la revue Éléments célèbre le consul général de Patagonie et son « rêve océanique, sa quête de restauration perdue, son exhortation au combat, à la résistance ». Ajoutant « Jean Raspail a rejoint le camp des saints et des héros. Gageons que, là où il est, il suit une fois de plus ses propres pas, selon la devise des Pikkendorff qu’il avait adoptée ».

Pour Thomas Morales dans Causeur « Avec Raspail, on prend le large, on traverse les continents, sans se trahir, sans faiblir dans un engagement catholique et royaliste, on trace sa route, indifférent aux modes et aux chaos en marche (…)».

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Jean Raspail, visionnaire de l’actuel effondrement, par Ivan Rioufol

Jean Raspail est mort le samedi 13 juin. Ce jour-là, des barbares tentaient de déboulonner des statues et des plaques de Grands Français, ou les badigeonnaient de peinture. Colbert, Napoléon, de Gaulle étaient notamment mis sur les listes des indésirables, dressées au nom de la table rase. Dans le même temps, dans les rues de Paris, une foule “antiraciste” conduite par des leaders se revendiquant du noir leur peau disait sa haine de la police républicaine et de la France, accusée d’être discriminante pour les Noirs et les Arabes. Ceux qui, dans la manifestation, hurlaient : “Sales juifs !”, ou : “Sales blancs !” étaient laissés en paix par leurs voisins. Ce même jour à Dijon, ancienne capitale des Ducs de Bourgogne, des affrontements extrêmement violents débutaient entre des tchétchènes et des maghrébins exhibant leurs armes à feu, tandis que la police se faisait remarquer par son absence.

Ces scènes d’effondrement d’une nation, envahie par “Big Other” et désarmée par les “élites”, auraient pu sortir tout droit d’un roman visionnaire de Raspail. En 1973, son sulfureux Camp des Saints avait décrit une telle débâcle, née de l’intrusion massive d’immigrés miséreux décidés à conquérir un pays indolent et converti à l’apaisement, cette lâcheté dont se prévalent les puissants pour renoncer à défendre la nation. Jean Raspail est mort le jour où la France a été désignée, par des minorités violentes se réclamant de leurs races et de leurs origines, comme l’ennemi à abattre et à remplacer. L’infréquentable écrivain ne pouvait pas trouver là plus bel hommage à sa lucidité. Le 13 juin, oui, l’histoire lui a donné raison.

C’est dans sa tenue bleue d’officier de marine, uniforme qu’il portait en tant que membre des Ecrivains de marine, que Jean Raspail a été inhumé. Ce mercredi matin, en l’église Saint-Roch à Paris, son cercueil avait été recouvert du drapeau bleu blanc vert de la Patagonie. Il y a quarante ans, l’écrivain explorateur avait, en effet, imaginé faire de cette terre perdue d’Amérique du Sud le lieu d’un royaume littéraire, hors du monde mais pourtant bien réel : le Royaume de Patagonie, dont il s’était auto-désigné consul général. De fait, très nombreux étaient ce matin les Patagons naturalisés par Jean Raspail, dont votre serviteur, à s’être retrouvés en cette ancienne église royale, jadis cure du Palais des Tuileries, pleine à craquer. Ceux qui voudront caricaturer l’écrivain royaliste, fervent défenseur de la mémoire de Louis XVI, ricaneront de savoir que les funérailles auront été conduites, en latin, par des curés de la Fraternité Saint Pierre, en présence du Comte de Paris, du prince de Bourbon-Parme et du représentant du Duc d’Anjou.

Ces “progressistes” passeront à côté de l’aventurier et de l’homme de lettre fasciné par les peuples oubliés, les cultures exotiques, les soldats vaincus, les civilisations qui s’écroulent. La chute brutale de la Constantinople chrétienne sous les assauts musulmans, le 29 mai 1453, était de ces épisodes qu’il aimait rappeler. Mais l’écrivain était aussi celui qui imaginait les renaissances, sur les ruines laissées par les démolisseurs. C’est parce que Raspail a, intuitivement, vu juste trop tôt que son nom a été banni par le Système. Un sort semblable avait été supporté en 1968 par le député conservateur britannique Enoch Powell, exclu de la politique pour avoir alerté sur les dangers de l’immigration de masse. Aujourd’hui, il apparaît que les projections de Powell étaient exactes…

Ivan Rioufol

Texte daté du 17 juin 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Jean Raspail au-delà des mers, par Alain Sanders

Depuis quelques jours, des « réseaux sociaux », qui se piquent d’aller plus vite que la musique, annonçaient la mort de Jean Raspail, hospitalisé (en fait réhospitalisé plusieurs fois depuis janvier) à Paris. Alors, à force, même si on avait fini par le croire immortel, Jean Raspail s’est éteint.

Il s’est éteint ce samedi 13 juin. A midi. Comme si lui, l’auteur du « controversé Camp des Saints », comme le répètent à l’envi les commentateurs qui se recopient les uns les autres, n’avait pas supporté de voir une fois encore, une fois de plus, une fois de trop, les débarqués du Camp des Saints, justement, déferler dans Paris, avec l’aval et même la complicité du gouvernement. Et il est vrai que tout est annoncé et décrit de ce que nous vivons dans ce livre prophétique.

En pensant à Jean, par-delà le chagrin (plus de quarante ans d’amitié et de complicité sans faille), une expression me vient à l’esprit : « En avant, calme et droit » (les cavaliers savent ce que je veux dire). Il disait : « Les vrais amateurs de traditions sont ceux qui ne les prennent pas au sérieux et se marrent en marchant au casse-pipe. C’est pourquoi la gauche nous hait, un peu comme un bourreau haïrait un supplicié qui rit et se moque avant de mourir. »

Plus avant, je disais que nous avions fini par le croire immortel. Mais pas au sens de l’Académie française qui, pour des raisons politiques misérables, avait refusé de l’accueillir en son sein. Qu’importe… La place nous manquerait pour décliner ici tous les prix littéraires qui lui ont été décernés, à commencer par celui de l’Académie française (à deux reprises, 1981 et 2003) : du prix Chateaubriand au prix littéraire de l’armée de terre en passant par le grand prix Jean-Giono, le prix Daudet, le prix Jules-Verne, le prix Combourg, le prix Prince-Pierre-de-Monaco, etc.

Deux, trois fois par semaine, à 19 heures (pour parler comme les chefs de gare jadis), on s’appelait. Notre rendez-vous colonial, genre club anglais du mythique Raffles de Singapour avant qu’il ne soit salopé par des sagouins. « Tu t’es servi ton bourbon, j’imagine ? » Une taquinerie rituelle : je suis assez bourbon (à tous les sens du mot) alors qu’il était inconditionnel des whiskies écossais très tourbés, les Laphroaig, Ardbeg, Kilchoman… Et puis, très régulièrement, ces dîners de mousquetaires, chez nos chers Tulli, où Jean rivalisait de gentillesse et de drôlerie sous le regard affectueux d’Aliette Raspail.

D’autres vous diront, avec une science convenue et convenable, ce que nous savons depuis toujours avec le cœur : Jean Raspail est certes un immense écrivain, mais il fut aussi un scout audacieux, un aventurier, un explorateur, un conférencier hors pair (ses conférences pour Connaissance du monde ont fait salle comble des années durant). Et il fut cet ami, ce complice, ce confident qui, pour les trente-cinq ans de notre journal, nous envoya ce message : « Journal ou livre, même boulot : tout commence par l’écriture, l’écriture pensée, le tri des idées, exercice noble, quasi magique. Naissent ainsi ce qu’on appelle en journalisme les grandes plumes. Présent n’en manque pas, et l’écrivain que je suis est leur frère. »

Jean Raspail est un passeur d’âmes. Ce nautonier, ce nocher, ce marin de las tierras del fuego, n’aura jamais cessé de nous raconter – de nous inventer – de belles histoires pour nous consoler des laideurs du temps. Il avait conservé l’esprit d’enfance, le panache du Capitaine Fracasse (son livre de chevet), le goût du jeu (du roi). Il a porté tous ces trésors jusqu’à son dernier souffle. Jusqu’au dernier voyage sur le chemin du Bon Dieu.

A son épouse, Aliette, à sa fille et à son fils, Marion et Quentin, nous disons, même si les mots sont dérisoires en de telles circonstances, notre fidèle et indéfectible affection.

Alain Sanders

Article paru dans Présent daté du 15 juin 2020

[vidéo] Jean Raspail : « Il n’y aura pas de solution sans force ! »

15/06/2020 – FRANCE (NOVOpress)
En avril 2016, Jean Raspail, qui nous a quittés le 13 juin, répondait aux questions de Charlotte d’Ornellas pour Boulevard Voltaire.

L’auteur du Camp des saints revenait sur les événements tragiques que la France avait connus en 2015 et donnait sa vision de l’avenir. Selon lui, les armes parleront.


Jean Raspail : « Le Sida mental est toujours là »

Jean Raspail Iliade

24/04/2016 – ALLEMAGNE (NOVOpress) : « Le Sida mental est toujours là », déplore Jean Raspail dans un hommage appuyé à Louis Pauwels, qui avait fait du Figaro Magazine un organe de combat.

Dans le plus célèbre des éditoriaux du Fig Mag, paru le 6 décembre 1986 sous le titre « Le Monome des zombies », Pauwels avait écrit, concernant cette génération qui défilait dans la rue et est, trente ans plus tard, celle qui est au pouvoir :

« Ce sont les enfants du rock débile, les écoliers de la vulgarité pédagogique, les béats nourris de soupe infra idéologique cuite au show-biz, ahuris par les saturnales de “Touche pas à mon pote”. Ils ont reçu une imprégnation morale qui leur fait prendre le bas pour le haut. Rien ne leur paraît meilleur que n’être rien, mais tous ensemble, pour n’aller nulle part. […] Ce retour au réel leur est scandale. Ils ont peur de manquer de moeurs avachies. Voilà tout leur sentiment révolutionnaire. C’est une jeunesse atteinte d’un sida mental. Elle a perdu ses immunités naturelles ; tous les virus décomposants l’atteignent. Nous nous demandons ce qui se passe dans leurs têtes. Rien, mais ce rien les dévore. »

Dans cette vidéo réalisée pour le colloque Iliade « Face à l’assaut migratoire, le réveil de la conscience européenne », qui vient de se tenir à Paris, l’auteur du Camp des saints, paru en 1973, s’interroge. Est-il encore possible de stopper l’invasion de l’Europe ? Peut-on vaincre le terrorisme islamiste ? Oui, à condition de faire sauter les barrières mentales et d’arrêter de pleurnicher :

« Tant qu’il n’y a pas de colère, je ne vois pas du tout comment on s’en sortira. C’est une réaction normale la colère : on vous déclare la guerre, on répond. On ne va pas mettre des fleurs aux premiers morts : on venge les morts ! »

Jean Raspail revient aussi sur la célèbre couverture du Figaro Magazine, « Serons-nous encore français dans 30 ans ? », qui avait fait scandale en 1985, sur ce « Big Other » qui réifie l’Autre et sur le bâillonnement de la parole des Français : « Si la population ne recouvre pas la totalité de sa liberté d’expression, même si elle est exagérée, on n’en sortira pas non plus. »

Colloque Iliade – Philippe Conrad : « Le défi migratoire lancé à la civilisation européenne »

Iliade Conrad

Philippe Conrad est directeur de la Nouvelle Revue d’histoire. Il interviendra demain, samedi 9 avril, au colloque de l’Institut Iliade à Paris (Maison de la Chimie, 10h-18h30). Ce texte, initialement intitulé « La crise migratoire est un défi lancé à la civilisation européenne », est paru sur Boulevard Voltaire.

Il nous faut éveiller les consciences pour dépasser l‘ahurissement général auquel nos peuples sont soumis.

C’est en 1973 que Jean Raspail publie Le Camp des saints, un roman dont la portée prophétique apparaît aujourd’hui évidente. Il décrit alors des masses humaines débarquant en Europe dans l’impunité la plus totale, mais analyse surtout les raisons de la paralysie politique qui affecte les États ainsi envahi : la haine de soi, entretenue par la trahison des élites et la mauvaise conscience des peuples européens.

On refuse toujours aujourd’hui de considérer qu’une immigration utile au pays d’accueil et débouchant sur une assimilation réussie implique l’existence de quelques données très simples : les quantités d’immigrants concernés, la durée sur laquelle s‘étale le phénomène, le contexte économique et social des pays d’accueil, enfin la proximité culturelle entre les autochtones et les nouveaux venus. On refuse aussi de voir que les actuelles vagues migratoires seront d’autant plus inassimilables qu’elles se déversent sur des pays où, précisément, assimilation ou « intégration » ont échoué. Des pays fatigués, rongés par le doute, livrés aux dérives communautaristes.

Les enquêtes policières diligentées à la suite des attentats qui ont frappé Bruxelles, après Paris, Londres et Madrid, suffisent à démontrer le lien existant entre immigration, islamisation et terrorisme. Mais la réponse à un tel défi ne relève pas de mesures sécuritaires, ni même strictement politiques. Tout à la fois conséquence et symptôme de nos renoncements antérieurs, ce défi appelle en retour un sursaut d’ordre civilisationnel, une « réforme intellectuelle et morale » seule à même de nous faire redécouvrir ce que nous sommes, ce que nous avons à défendre, et comment.

Tracer les voies du nécessaire réveil européen.

Nous ne surmonterons pas les crises en cours sans remettre en cause l’idéologie mortifère née de la chute du communisme, de la mise en œuvre du système libéral mondialisé et de l’effacement programmé des nations et des frontières. Une idéologie « droit-de-l’hommiste » qui a imposé de fait le principe de libre circulation pour tout le monde et n’importe qui, conformément aux incantations antiracistes formulées pour interdire tout débat.

Il nous faut, contre cette dérive suicidaire, affirmer les identités des patries charnelles et des nations d’Europe, ainsi que notre communauté de civilisation brisée par le sombre XXe siècle. Le nécessaire réveil s’inscrit, pour chacun de nos pays, dans le combat pour sa langue face à l’impérialisme « globish », mais aussi par la réappropriation de son histoire, à un moment où certains historiens, aveuglés par l’idéologie, nous incitent à nous débarrasser du « poison de l’identité » et à renoncer au « roman » national décrit comme une construction idéologique qu’il conviendrait de dépasser.

Il nous faut éveiller les consciences pour dépasser l‘ahurissement général auquel nos peuples sont soumis. Atteindre cet objectif implique la mise en œuvre initiale d’une vaste révolution culturelle seule à même d’en finir avec les illusions, les mensonges et les impasses accumulés au cours des deux derniers siècles. C’est la vocation de l’Institut Iliade de contribuer à cet immense effort.

Demain à Paris, le grand colloque d’Iliade sur « le réveil de la conscience européenne »

Iliade 2016

08/04/2016 – FRANCE (NOVOpress) : Demain a lieu à Paris le colloque de l’Institut Iliade : « Face à l’assaut migratoire, le réveil de conscience européenne ». Face au risque de « Grand Remplacement de population, facilité par l’effacement de notre mémoire, de notre identité et de notre fierté d’Européens », l’Institut Iliade « appelle à un sursaut intellectuel et moral afin de réaffirmer nos valeurs, nos libertés et nos droits sur la terre de nos ancêtres ».

La journée sera divisée en deux séquences, et les interventions entrecoupées d’animations vidéos et de témoignages enregistrés d’invités européens, en provenance notamment d’Allemagne, d’Italie, de Hongrie, de Pologne et d’Espagne.

La matinée (10h-12h30) est consacrée à l’analyse de l’assaut migratoire. Après une introduction de Philippe Conrad, président de l’Institut Iliade, seront abordés les thèmes suivants : « La grande invasion des années 2000, un phénomène sans précédent dans l’histoire de l’Europe et du monde »  (Bernard Lugan), « Un exemple de submersion migratoire islamique : la situation au Kosovo »  (diaporama commenté), « L’idéologie ‘Big Other’ : les autres avant les nôtres » (François Bousquet), évocation du Camp des Saints avec une discussion entre Christopher Gérard et Jean Raspail.

L’après-midi (14h-19h) vise à définir, face à la menace, les conditions et leviers du nécessaire réveil de la conscience européenne. Interviendront en particulier Lionel Rondouin (« L’Être des nations contre l’avoir des marchands »), Renaud Camus (« La fierté contre la repentance »), Jean-François Gautier (« La pérennité de l’âme européenne ») et Jean-Yves Le Gallou (« Pour la préférence de civilisation »). Une table ronde animée par Patrick Pehele réunira des représentants de la « Génération 2013 », jeunes engagés dans la Cité dont les initiatives sont autant de « signes du réveil » européen. Une pause permettra de rencontrer les orateurs et de se retrouver autour d’un verre, dans la convivialité d’une communauté de civilisation ainsi reformée.

Quand : samedi 9 avril 2016, à partir de 10 heures.

Où : Maison de la Chimie, 28 rue Saint Dominique 75007 Paris

Inscription sur weezevent.com/colloque-institut-iliade-2016

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Tribune libre – La haine de soi, par Vincent Revel

Citation Bernanos

 Les Occidentaux ne s’aiment plus. Ils ne se respectent plus et ne cessent de témoigner contre eux-mêmes. Un esprit de culpabilisation s’est abattu sur l’Europe. La repentance devient la posture obligatoire pour qui veut se faire entendre et réussir au sein de la République des « salauds ».

 Jamais la propagande antiraciste ne fut si active qu’à présent ! L’islamophobie lui sert de cheval de bataille et sera désormais dénoncée à travers des courts métrages diffusés en boucle sur toutes les chaînes de télé. Du racisme anti-blanc et de la christianophobie, jamais vous n’en entendrez parler et pourtant, tout le monde sait qu’ils sont les formes de racisme les plus répandues en Europe.

Pourquoi un tel aveuglement ? Parce que l’esprit de repentance et de détestation de soi est à son comble ! Jamais l’Européen ne s’est détesté avec autant de plaisir. Jamais, l’Europe ne fut trahie à ce point par ses élites. Comme le disait très bien Jean Raspail dans Le Camp des saints : « On a connu des évêques-félons, des généraux-félons, des ministres félons, des intellectuels-félons tout court. C’est une espèce d’homme dont l’Occident se fait de plus en plus prodigue au fur et à mesure qu’il rétrécit. »

Car le nœud du problème se situe à ce niveau. L’Europe décline sans vouloir se l’avouer et nos politiques, responsables de cette déconstruction méthodique, jouent les cadors en se donnant bonne conscience. De ce fait, l’islam, la religion de l’Autre, de l’étranger, de celui qui est devenu, par le plus grand des enchantements, une chance pour l’Europe, bénéficie d’un sauf-conduit en transformant cette religion du désert, capable souvent du pire, en une religion de paix ne tolérant aucune critique.

Pascal Bruckner nous disait dans son livre La Tyrannie de la pénitence : « Après chaque attentat islamique contre l’Occident, les bonnes âmes de droite comme de gauche nous intiment de battre notre coulpe : on nous frappe, donc nous sommes coupables. » Cette névrose nous détruit à petit feu et pourtant jamais les nations européennes ne furent confrontées à une telle situation !

Dire et affirmer que l’immigration de peuplement musulman, voulue et encouragée par nos dirigeants, transforme en profondeur l’identité des nations européennes ne relève pourtant pas d’une affabulation ! C’est une réalité que tout le monde voit. Ne plus avoir le droit d’en parler librement revient à donner raison aux islamistes que l’on prétend pourtant combattre, car il faut avoir conscience que le terme d’islamophobie a été forgé dans les années 1970 par les intégristes musulmans pour faire « de l’islam un objet intouchable sous peine de racisme. » Se taire revient à appliquer la politique de l’autruche mais aussi à trahir la formidable histoire des peuples européens.

Vincent Revel

Réfléchir et Agir : Le Camp des Saints

25/02/2016 – CULTURE (NOVOpress)
Le nouveau numéro, pour la première fois tout en couleurs, de la revue « de désintoxication idéologique » Réfléchir & Agir vient de paraître.

Le dossier thématique est d’une triste actualité puisqu’il porte sur « Le Camp des Saints ». Renaud Camus y rend hommage à Jean Raspail comme à l’un des « deux prophètes admirables de la submersion ethnique » – l’autre étant Enoch Powell –, tout en constatant douloureusement que « même le carnage du Bataclan n’a pas réussi à réveiller le dormeur France ». Parmi les autres contributions, on signalera notamment l’article de Yves-Marie Laulan (« Les “nouveaux” migrants vont-ils ensevelir l’Europe ? »), le témoignage du pasteur Jean-Pierre Blanchard sur la préférence immigrée au détriment des SDF français et européens (« la Croix-Rouge, le Secours populaire et l’Armée du Salut sont dorénavant au service du mondialisme »), et la note plus optimiste apportée d’Europe centrale par le Croate Tomislav Sunic et le Hongrois Ferenc Almassy. Pour ce dernier, « la forteresse d’Europe centrale qui se crée actuellement sera le roc sur lequel s’appuiera la résistance européenne ».

Comme d’habitude, le dossier est suivi d’une abondante section culturelle : Georges Feltin-Tracol sur le jeune Cioran, Flavien Blanchon sur les frères Tharaud, gloires littéraires de l’entre-deux-guerres, aujourd’hui écrivains maudits, Pierre Saint-Servant sur l’empereur Frédéric II vu par Benoist-Méchin… On trouve deux entretiens avec des écrivains contemporains. Pierre Robin raconte son double apprentissage politique et esthétique dans les années 1970 et 1980, entre GUD et New Wave. Bruno Favrit décrit les inspirations de son œuvre, en insistant en particulier sur son rapport au paganisme.

Salon du livre de l’AGRIF le 15 novembre prochain

19/10/2015 – FRANCE (NOVOpress)
Le Salon du livre de l’AGRIF et de l’Amitié Française se tiendra le 15 novembre à Paris. Parmi les personnalités annoncées : Jean Raspail, Philippe Maxence, Béatrice Bourges ou bien encore l’abbé Guillaume de Tanouärn.

Le Camp des Saints, c’est maintenant

Source : Polémia
Désarmée sur les plans intellectuel et moral par des décennies de propagande pro-immigrationniste, l’Europe, devenue « le ventre mou de l’Occident », est désormais menacée de submersion démographique.

« Le tiers monde s’est mis en marche vers le paradis de l’homme blanc. Il n’a pour armes que sa multitude et la pitié qu’il inspire : arme absolue (…) Une flotte pacifique s’est échouée dans la nuit de Pâques sur les côtes du Midi de la France, chargée d’un million d’immigrants. D’autres flottes sont en route. L’Occident retient son souffle et attend. Au matin de la Résurrection, la marée du tiers monde commence à envahir nos rivages. Faut-il céder à la pitié et s’y noyer soi-même et définitivement, ou employer la force et la férocité contre la seule faiblesse ? » Ainsi, dans le rabat de couverture de son roman Le Camp des Saints, paru en janvier 1973, Jean Raspail présentait-il cet ouvrage appelé à faire de lui, ainsi que l’avait immédiatement discerné Jean Cau, « l’implacable historien de notre futur ».

Cela ne lui fut pas pardonné et lui barra à jamais le chemin de l’Académie française à laquelle ont depuis accédé tant de médiocrités satisfaites ne possédant pas même un centième de son talent. Les plus anciens d’entre nous se rappellent encore avec quels cris d’indignation ou de dégoût l’intelligentsia de la rive gauche – et aussi maints critiques de l’autre rive, soucieux de leur carrière – accueillirent ce livre, trop brillant pour qu’on pût l’ignorer, mais que le lecteur était invité à parcourir en se pinçant le nez.

Les arrivées de clandestins en Italie reprennent de plus belle

À vrai dire, ce qui le rendait insupportable à tout ce joli monde, c’était la féroce alacrité et la sauvage lucidité avec lesquelles étaient disséquées les mille et une lâchetés prévisibles de nos hiérarchies – politiques, administratives, militaires, ecclésiastiques – résignées d’emblée à tous les abandons plutôt que de se dresser avec courage et bon sens contre les commandements absurdes de la vulgate démocratique et droit-de-l’hommiste.
La loi Pleven avait été votée un an plus tôt, conçue dès son origine comme un instrument de culpabilisation et de répression envers tous ceux qui persistaient à voir dans la nation française le fruit d’une longue histoire singulière issue d’un peuple et d’un sol particuliers.

Le désarmement des esprits.

Comme l’avait prévu Raspail, cette idéologie, prétendument antiraciste, mais fondée, en fait, sur une haine sournoise de la civilisation européenne et des peuples qui l’ont forgée au cours des millénaires, a peu à peu corrompu les esprits au point de rendre possible, sinon probable, la thèse qui soutenait son roman : celle, jugée hier encore délirante, d’une submersion démographique librement consentie par les populations de notre vieille Europe.

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Jean Raspail et Érik L’Homme : une rencontre au sommet à lire dans Éléments n°156 le 23 juillet

Jean Raspail et Érik L’Homme : une rencontre au sommet à lire dans Éléments n°156 le 23 juillet

Source : blogelements.typepad.fr – Au royaume de l’enfance et de l’aventure, Jean Raspail pourrait bien avoir trouvé un digne successeur en la personne d’Érik L’homme. Dans son très beau dernier roman, Le regard des princes à minuit (Gallimard), l’un des écrivains français pour la jeunesse les plus populaires, – 1 100 000 exemplaires de livres vendus en France et sa trilogie Le livre des étoiles traduite dans 28 pays –, proposait à ses jeunes lecteurs une initiation contemporaine aux valeurs de la chevalerie. Au premier rang desquelles figurait le courage, qualité chère à Jean Raspail, et qui demeure le préalable essentiel à toute aventure. À l’occasion de la parution de Là-bas, au loin, si loin, recueil de cinq des plus beaux chefs-d’œuvre de Jean Raspail chez Bouquins, Éléments a voulu réunir les deux hommes pour une discussion sur l’aventure. La proposition a enthousiasmé Erik L’Homme, lecteur fervent de L’île bleue et de Qui se souvient des hommes, par ailleurs vice-consul du royaume de Patagonie pour la Drôme du sud et a enchanté Jean Raspail, qui sait à quoi s’en tenir sur son cadet depuis Des pas dans la neige (Gallimard), formidable récit d’Érik L’Homme sur ses aventures dans les montagnes de l’Hindu Kush, aux confins du Pakistan et de l’Afghanistan, à la recherche de l’Homme sauvage. Au cours de cet entretien mémorable, placé sous le signe de l’amitié et de l’humour qui s’est conclu comme il se doit par un bon verre de whisky à la santé du royaume de Patagonie, il a été question de fugues et de voyages, de scoutisme et d’aventures, de grand jeu et des petits cons qui ne jouent plus assez !

Jean Raspail craint de voir « l’âme de la France disparaître »

Jacques Terpant : "Il y a une parenté entre Jean Raspail et Hugo Pratt" 1/3

12/04/2015 – FRANCE (NOVOpress)
Bruno de Cessole est rédacteur en chef Culture à Valeurs actuelles. Après avoir échangé avec Jean Raspail, qui se livre dans Valeurs actuelles cette semaine, Bruno de Cessole raconte les coulisses et l’envers du décor de cet entretien.



Un “Camp des Saints” par jour… (Présent 8266)

Un "Camp des Saints" par jour... (Présent 8266)

06/01/2014 – ROME (NOVOpress)
Il y a eu l’Ezadeen et ses 360 émigrants. Et avant lui, le Blue Sky M embarquant 900 passagers. Et encore avant, un cargo sans nom, transportant 850 réfugiés… En tout, plus de 2.000 clandestins débarquant en moins de deux semaines sur les côtes italiennes. Près de 200.000 depuis le début de l’année 2014 ! Dénoncé par les bien pensants comme totalement délirant à l’époque de sa parution, “Le Camp des Saints”, l’ouvrage ô combien prophétique de Jean Raspail était, en fait, bien en deçà de la réalité.

Une du numéro 8266 de "Présent"
Une du numéro 8266 de “Présent”
Déferlement continu

Dimanche, les gardes-côtes italiens auront donc réussi à secourir les 360 clandestins entassés dans la cale de l’Ezadeen, navire poubelle abandonné au large de la Calabre par son équipage de passeurs. Le mercredi précédent, ils avaient déjà porté secours aux 900 migrants du Blue Sky M, un autre cargo épave qui dérivait rapidement en direction des côtes italiennes. Un épisode qui s’était déjà produit quelques jours plus tôt avec un autre navire.

Fort heureusement, la catastrophe aura chaque fois été évitée. Débarqués sur les côtes italiennes, les clandestins, majoritairement syriens et érythréens, auront été immédiatement pris en charge par les autorités transalpines. Et, dans quelques jours, ceux-ci s’éparpilleront en Europe. En France notamment, renforçant encore les inquiétudes de la Police aux frontières qui, dans une note confidentielle adressée au ministre de l’Intérieur en juillet dernier, s’inquiétait vivement de « l’accentuation de la pression migratoire sur la frontière avec l’Italie ». Une pression qui n’est pas près de diminuer puisque les pompes aspirantes de l’immigration restent toutes grandes ouvertes.

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