Faits & Documents n°337 du 1er au 15 juin 2012. Portraits : Le Gouvernement Ayrault (I)

Faits & Documents n°337 du 1er au 15 juin 2012. Portraits : Le Gouvernement Ayrault (I)

Le nouveau numéro de Faits & Documents du 1er au 15 juin 2012 vient de paraître. Au sommaire, les portraits du gouvernement Ayrault. Extrait.

Faits & Documents n°337 du 1er au 15 juin 2012. Portraits : Le Gouvernement Ayrault (1)Le nouveau gouvernement est à la fois « boboïsé », social-démocrate, mondialiste et largement issu de l’extrême gauche. Un étrange cocktail libéral-libertaire. Sa composition correspond très largement à celle que nous avions prévue (y compris pour le Premier ministre) dans F&D 335, bouclé le lendemain du premier tour de l’élection présidentielle. Une fois de plus, nos prévisions se sont révélées exactes. Voici la biographie des membres de ce gouvernement pléthorique (34 ministres, aucun secrétaire d’État, des postes aux fonctions totalement ridicules). En réalité, il s’agit d’un gouvernement éphémère, qui durera jusqu’aux élections législatives. Il devrait donc être remanié dès la mi-juin. Nous reviendrons sans doute par la suite sur tel ou tel dont la biographie n’est pas développée ici, ayant déjà été traitée précédemment (1).
1 – Ces personnalités politiques ont été traitées dans les deux tomes de l’Encyclopédie politique française d’Emmanuel Ratier (chaque tome, de plus de 850 pages, est disponible auprès de Faits & Documents à 60 € port compris) et dans Au cœur du pouvoir, consacré au club d’influence Le Siècle (41 € port compris).

Ne sont retenus que quelques éléments marquants pour les personnalités dont les biographies ont déjà été détaillées précédemment.

Jean-Marc Ayrault. Premier ministre. Biographie détaillée dans F&D 336. En mai 68, il a dirigé le Comité d’action lycéen, à majorité trotskyste-pabliste de Cholet. Peut-être franc-maçon (liens étroits avec la Sages de Michel Reyt et avec son mentor Jean Poperen). S’est abstenu lors de la ratification du Traité de Lisbonne et de l’adoption du Mécanisme européen de stabilité. Membre d’honneur du Cercle Léon Blum qui regroupe les socialistes juifs.

Laurent Fabius. Ministre des Affaires étrangères. Biographie détaillée dans l’Encyclopédie politique française d’Emmanuel Ratier (tomes I et II), Au cœur du pouvoir et dans F&D 202. Descendant d’une famille juive implantée en Lorraine, qui transforma son nom (Lion) en Fabius le 26 septembre 1808 à la suite du décret impérial de 1808 qui obligeait les Israélites à choisir un nom définitif. Membre du Siècle, de la Commission trilatérale, du Groupe de Bilderberg (1995), du Forum économique mondial de Davos, etc. L’affaire du sang contaminé a largement plombé la carrière de ce multi-millionnaire (son père, André Fabius, était l’un des plus grands antiquaires parisiens). Incarnation du blairisme fabien, social-démocrate mondialiste. Artisan du passage à la monnaie unique. « Nos enfants profiteront pleinement de cette construction monétaire d’anticipation (9 avril 2001). » A défendu le « non » au Traité de Lisbonne. Longtemps adversaire de François Hollande, il a été le principal soutien de Martine Aubry lors des primaires socialistes : « Vous imaginez François Hollande président ? On rêve ! » (avril 2011).

Manuel Valls. Ministre de l’Intérieur. Biographie détaillée dans l’Encyclopédie politique française d’Emmanuel Ratier (tome II), Au cœur du pouvoir et dans F&D 320. Fils d’un artiste peintre catalan exposé dans de multiples musées internationaux. L’absence de taxation des œuvres d’art lui évite sans doute de régler un ISF élevé. Français de fraîche date (naturalisé en 1982). A peut-être appartenu brièvement à l’Organisation communiste internationaliste (« lambertiste »), si l’on en croit À gauche de la gauche (Seuil, 2002) de Denis Pingaud, lui-même ancien militant d’extrême gauche. Membre du Siècle et du Groupe de Bilderberg. Franc-maçon, il appartient à la même loge que son ami Alain Bauer (parrain d’un de ses fils), la loge L’Infini maçonnique (Grand Orient de France). A été l’un des rares députés socialistes à se prononcer en faveur de l’envoi de soldats français en Afghanistan et pour le contrôle par la Commission européenne des budgets nationaux. Participant régulier des dîners du Crif, orateur au congrès des Amis d’Israël en France, opposé à l’entrée de la Palestine à l’ONU. Il s’est déclaré, le 17 juin 2011, sur Radio Judaïca (Strasbourg) « lié de manière éternelle avec la communauté juive et Israël » par sa seconde épouse, la violoniste Anne Gravoin, qui est juive (cf. Actualité juive, 24 mai 2012). Il a obtenu 5,63 % des voix aux primaires socialistes pour l’élection présidentielle, avant de diriger le pôle communication de la campagne de François Hollande.

Vincent Peillon. Ministre de l’Éducation nationale. Biographie détaillée dans l’Encyclopédie politique française d’Emmanuel Ratier (tome II), (…)

[box class=”info”]Lire la suite : abonnez-vous à Faits & Documents, Lettre d’informations confidentielles d’Emmanuel Ratier – Abonnements France métropolitaine : 78 euros / an. Abonnements étranger et outre mer : 93 euros / an. En savoir plus : www.faitsetdocuments.com[/box]

Photo en Une : Crédit Parti Socialiste (cc) via Flickr

Ayrault : quand un grand cumulard fait la guerre aux cumuls

Ayrault : quand un grand cumulard fait la guerre aux cumuls

Ce sont souvent les grands pécheurs ayant beaucoup de choses à se faire pardonner qui se trouvent à l’origine des réformes mettant fin aux abus qu’ils trouvaient normal de pratiquer jusqu’à ce jour. Sans doute parce qu’ils en connaissent mieux que les autres les tenants et les aboutissants.

Dans son rôle d’éléphant du PS et d’oligarque local, Jean-Marc Ayrault (photo) ne voyait aucun inconvénient à additionner les casquettes : maire de Nantes, président de la Communauté urbaine de Nantes Métropole, député de Saint-Herblain, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale.

Comme il n’y a que vingt-quatre heures dans une journée, on voit mal comment le même homme peut effectuer ces quatre métiers dans de bonnes conditions. Certes Martine Aubry a salué – officiellement – l’ « exceptionnel maire de Nantes » (mardi 22 mai à l’Assemblée nationale)… Bien sûr, il existe une astuce rendue possible par la décentralisation et le financement public des partis politiques : on s’entoure d’une armée de collaborateurs qui font, eux, le travail. Si bien qu’on se trouvait dans une situation singulière : Jean-Marc Ayrault était payé par le contribuable pour effectuer des tâches qu’il n’accomplissait, en réalité, qu’à temps très partiel. Un quart de temps ici, quelques heures là-bas…Seule l’indemnité correspondait à chaque fois à un temps complet.

Cette situation fait le bonheur des directeurs de cabinet, aimables technocrates qui, souvent, détiennent la réalité du pouvoir. Les politiques signent le courrier et coupent les rubans, eux instruisent les dossiers et rédigent les discours. Si bien qu’au fil du temps le patron n’est pas celui pour qui les électeurs ont voté. Ce doublon débouche sur un second salaire à la charge du contribuable (le premier pour le président absent, le second pour le directeur présent).

Mais le souci de rédemption vient de saisir cet ancien permanent du MRJC (Mouvement rural de la jeunesse chrétienne) qu’est Jean-Marc Ayrault. Changement de costume oblige : l’élu local soucieux d’entretenir son pré carré a cédé la place au chef de gouvernement en charge des grands dossiers.

On s’en est aperçu dès le vendredi 18 mai lorsque Jean-Marc Ayrault annonce que les ministres devront abandonner leurs fonctions exécutives dans les collectivités territoriales« d’ici fin juin ». La promesse figurait dans le programme de François Hollande et les ministres s’y sont engagés en signant une charte de déontologie.

« A la fin du mois de juin – ce sera une décision qui sera totalement respectée – il n’y aura pas un seul ministre qui sera chef d’un exécutif local ou même adjoint, président d’une société locale, d’un office HLM. Il pourra rester, s’il le souhaite, simple conseiller », explique le Premier ministre (France Inter).

La première victime – toute relative – de ce couperet s’appelle évidemment Jean-Marc Ayrault ; sa carte de visite va subir une sérieuse cure d’amaigrissement. Il restera toutefois conseiller municipal de Nantes et membre du conseil de la communauté urbaine de Nantes Métropole, histoire de garder un œil sur son fief.

En Bretagne, un autre personnage se trouve concerné par cette décision. Il s’agit du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, contraint d’abandonner la présidence du conseil régional. Mais il conservera un pied dans cette honorable assemblée en redevenant simple conseiller régional – un « basier » en quelque sorte. Bien sûr, il ne participera ni aux réunions de commissions ni aux débats – il passera rapidement, prononcera un petit discours pour qu’on ne l’oublie pas, puis s’enfuira pour ne pas rater son avion ou son TGV, méthode qu’utilisait avec talent Marylise Lebranchu, dans les années 2000, lorsqu’elle était ministre de la Justice.Mais il conservera, ce faisant, une position de repli au cas où le maroquin de la Défense lui serait retiré – on n’est jamais à l’abri d’un remaniement ministériel. L’emploi de ministre a un point commun avec un job dans l’intérim, on sait rarement quand la « mission » va s’interrompre.

Outre son attachement très fort à la Bretagne– devenir président de la Région était certainement la grande affaire de sa vie – Jean-Yves Le Drian est un politicien prudent. Aussi ne brûle-t-il pas ses vaisseaux : « Je veux rester très présent dans le paysage breton », affirme-t-il. Il est vrai qu’un ministre de la Défense a de bonnes raisons de multiplier les déplacements en Bretagne : Brest, Lorient, Saint-Nazaire, Vannes, Landivisiau…

Hervé Cadic

Crédit photo : Jean-Marc Ayrault, via Flickr, licence CC.

Article publié sur Novopress Breizh.

Taubira : une erreur de casting dans le gouvernement Ayrault ?

Taubira : une erreur de casting dans le gouvernement Ayrault ?

Depuis quelques jours, la presse de gauche se mobilise pour défendre Christiane Taubira, ministre de la Justice, « l’une des cibles privilégiées de la droite et de l’extrême droite sur le Web » (Le Monde du 21 mai). Mais la mission est difficile : si Mme Taubira est attaquée, c’est qu’elle est attaquable.

D’abord indépendantiste guyanaise, puis député non-inscrite, elle vote l’investiture du gouvernement Balladur mais devient subitement radicale en figurant en quatrième place sur la liste présentée par Bernard Tapie aux élections européennes de 1994. Candidate radicale de gauche aux élections présidentielles de 2002, elle obtient 660.500 voix ; il en manque 194.600 à Lionel Jospin pour accéder au second tour… Incontrôlable, elle s’oppose à la loi sur les signes religieux dans les écoles et vote « non » au référendum européen de 2005, contrairement à ses amis socialistes et radicaux, et s’incruste jusqu’en 2011 dans un HLM de la Ville de Paris.
Elle collectionne les gamelles aux élections cantonales, municipales et régionales, et a annoncé qu’elle renonçait au siège de député qu’elle occupait depuis 1993 plutôt que d’affronter à nouveau les électeurs au mois de juin. Son œuvre législative se compose essentiellement d’une loi mémorielle du 10 mai 2001 qui a fait de l’esclavage et de la traite transatlantique un crime contre l’humanité.

Or, pour sa première entrée dans un gouvernement, ce personnage sans envergure ni électeurs se trouve d’emblée propulsé à la tête d’un ministère régalien, au troisième rang protocolaire ! Il y a là un mystère que la règle de la parité ne suffit pas à éclairer. Personne n’a pu donner d’explication plausible à la promotion surprise de Mme Taubira.

Taubira : une erreur de casting dans le gouvernement Ayrault ?Il y en aurait bien une, pourtant. Quand Jean-Marc Ayrault a inauguré son Mémorial de l’abolition de l’esclavage à Nantes, le 25 mars dernier, il a cherché à rassembler des personnalités en vue pour donner à l’événement un retentissement national, voire international. Il n’en a pas trouvé beaucoup : Nicéphore Soglo, ancien président du Bénin, Lilian Thuram, footballeur guadeloupéen… et Christiane Taubira (photo).

La nomination de celle-ci place Vendôme ressemble donc assez à un renvoi d’ascenseur. Elle pourrait aussi avoir un avantage pratique du point de vue de Jean-Marc Ayrault. Celui-ci, on s’en souvient, a été condamné en 1997 pour favoritisme envers un imprimeur. Comme le nouveau président de la République avait assuré que son gouvernement ne comprendrait pas de personnes condamnées, ce détail pouvait faire tache. Or Christiane Taubira a de son côté été condamnée par le tribunal des prudhommes en 2004 pour licenciement abusif de son assistante parlementaire. En la nommant à ses côtés, et au ministère de la Justice qui plus est, Jean-Marc Ayrault relativisait son propre passé judiciaire.

François Kernan

Crédit photo : Parti socialiste, via Flickr, licence CC

Article publié sur Novopress Breizh.

Pâté de Campagne : Le retour de Buren

Pâté de Campagne : Le retour de Buren

Au fond, c’est à croire que rien ne change jamais. Le président (normal) et les ministres n’avaient pas encore pris possession des meubles que Buren (photo), lui, était déjà de retour dans la France de gauche.

Après les colonnes du Palais Royal en 1986 (un million d’euros d’installation + 5 millions de restauration), voilà Excentrique(s), pour la cinquième édition de Monumenta, une « manifestation dédiée à l’art contemporain » au Grand Palais, à Paris. C’est une œuvre éphémère, rassurez- vous. Soyons honnêtes, c’est toujours mieux que l’espèce d’utérus géant de l’année dernière. Et puis on a échappé aux bandes alternées, « l’outil visuel » traditionnel du gourou. Mais il est quand même conseillé d’aimer les parasols colorés en plastique pour avoir le début d’une émotion esthétique. Enfin, Hollande a adoré, c’est l’essentiel. Il paraît que Buren menace de procès les journaux qui qualifieraient son « intervention radicale » d’« installation ». Diable. Ça ne rigole pas dans l’art. On y côtoie les anges. D’ailleurs Buren a fait fermer la porte principale du Grand Palais le temps de l’exposition. Il la trouvait moche. Dans un sens, c’est une bonne nouvelle, ça prouve que notre artiste distingue le beau du laid, même s’il voit la vie en noir et blanc. Quoi qu’il en soit, obéissons à l’injonction burenienne et gardons-nous des provocations. Les artistes sont gonflés de puissance depuis quelques jours. Ils ont enfin retrouvé les clefs de la maison. Certains doivent déjà imaginer des centres de rééducation pour les récalcitrants aux parasols. Et puis la gauche les inspire. Qui sait si on ne verra pas la Tour Eiffel coiffée d’une capote géante signée Ben avant la fin du quinquennat ?

Pour le reste, ça y est, la présidence normale est lancée. Quoique, on peut en discuter. Il me semble qu’un type normal qui remonterait les Champs-Elysées en voiture décapotable sous une pluie battante aurait naturellement tendance à baisser la capote ou à ouvrir un parapluie. C’est un coup à s’enrhumer le premier jour de boulot et à tirer au flanc pendant cinq ans. Vrai, ça ne lui donnait pas un air très « kennedien », avec ses lunettes embuées, à saluer les nuages. Enfin, passons. Il y a eu le coup de foudre sur l’avion, aussi. L’homme normal a rarement deux coups de foudre dans la même journée, ce qui explique qu’il ne l’ait pas eu avec Angela Merkel.

Premier décret pris en premier Conseil des ministres normal par le président normal: baisse des salaires du président et des ministres de 30 %. Gardez vos larmes, il leur reste quand même de quoi manger et rester propre. Sarkozy avait augmenté son salaire de 140 %, Hollande le baisse de 30 %: c’est ce qui s’appelle avoir le beurre, l’argent du beurre et ce que je pense de la crémière. Il paraît que c’est pour montrer l’exemple, cette baisse drastique. Quand on réfléchit bien à ce qu’est un exemple, on trouve soudain le décret moins glamour. Enfin, ça fait toujours 120000 euros d’économisés par mois. Il ne reste plus qu’à en trouver 1700 milliards. Une bagatelle. On verra plus tard pour le massacre.

C’est Jean-Marc Ayrault qui va diriger les opérations. Grave question que je me pose: qui, de l’huître ou du Ayrault, a le plus de charisme? Je vous ferai signe quand j’aurai la réponse.

Contrairement aux huîtres, il a le culte de la mémoire, Ayrault. Il y a deux mois, il inaugurait un Mémorial pour l’abolition de l’esclavage à Nantes, point de départ du commerce triangulaire et ville dont il est maire depuis 23 ans. Un mémorial salué comme une œuvre « pionnière » par notre nouveau ministre de la Justice, l’ancienne militante indépendantiste guyanaise Christiane Taubira, qui a fait voter, il y a dix ans, la loi reconnaissant la traite atlantique comme un crime contre l’humanité, et rien qu’elle [voir la traite négrière arabo-musulmane et l’esclavage des européens en Afrique du Nord].

Mais revenons à Ayrault, sa ville et sa mémoire. Nantes a une histoire riche et variée. Le 20 octobre 1792, le proconsul Jean-Baptiste Carrier s’installait dans l’hôtel de La Villetreux, sis dans le sympathique et bien nommé quartier de La Petite Hollande. Il était missionné par le Comité de salut public pour « purger le corps politique de toutes les mauvaises humeurs qui y circulent ». C’est gentiment dit. C’est l’époque où les révolutionnaires qualifiaient la Loire de « baignoire nationale ». Carrier y a inventé le « mariage républicain »: on attachait deux par deux les prêtres et les religieuses, les nobles, les prostituées et les prisonniers de droit commun et on balançait tout ce beau monde dans la « baignoire », le plus souvent à l’endroit même où se dresse aujourd’hui le Mémorial pour l’abolition de l’esclavage, quai de la Fosse. L’histoire est taquine. G. Lenôtre, dans Les noyades de Nantes (Perrin, 1925), évalue le massacre à plusieurs milliers d’individus et raconte notamment comment les rares baigneurs qui arrivaient à se délier sous l’eau étaient achevés à coups de crosse. Bizarrement, Ayrault et Taubira ne se sont pas intéressés à ces petites facéties humanistes. C’est dommage. Buren nous aurait sûrement pondu un beau monument noir et blanc en forme de baignoire.

Julien Jauffret

[box class=”info”] Article de l’hebdomadaire “Minute” du 23 mai 2012 reproduit avec son aimable autorisation. En kiosque ou sur Internet.[/box]

Crédit photo : Pantalaskas via Wikipédia, licence CC.

Pâté de Campagne : Le retour de Buren

« Autoritaire », « cumulard », « féodal » : Jean-Marc Ayrault vu de gauche

« Autoritaire », « cumulard », « féodal » : Jean-Marc Ayrault vu de gauche

17/05/2012 – 18h45
NANTES (NOVOpress Breizh) – « Autoritaire », « cumulard », « féodal » : Dans un entretien accordé à Ouest-France (16/05/2012) Françoise Verchère, figure historique de la gauche locale, dresse un portrait sans concession du nouveau Premier ministre, qu’elle décrit comme un oligarque soucieux avant tout d’assoir sa mainmise sur le Pays nantais. Jean-Marc Ayrault vu de gauche.

L’élue de Rezé parle sans détour de Jean-Marc Ayrault, qu’elle a côtoyé de 2001 à 2008 alors qu’elle était vice-présidente de Nantes Métropole et maire de Bouguenais, une commune située au sud de l’agglomération nantaise. Pour cette ancienne membre du PS, qui a rejoint depuis le Parti de gauche, l’homme « dirige Nantes Métropole avec très peu de personnes… Les autres élus ont une petite marge de manœuvre dans leur délégation, mais sur les grandes décisions, ils n’ont aucune prise. » déclare F. Verchère qui enfonce le clou en affirmant : « C’est une apparence de démocratie ».

Selon elle, cette attitude s’explique par le cumul des mandats et des fonctions exercées par l’intéressé : député, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, maire de Nantes, président de Nantes Métropole, une agglomération de plus de 600.000 Habitants. « En s’appuyant sur cinq fidèles, il est sûr qu’aucune décision ne se prenne sans lui. Ce besoin de tout contrôler, c’est probablement un trait de sa personnalité », dit-elle avant d’ajouter qu’il s’agit là sans doute « d’un fond d’anxiété ou d’autoritarisme ».

Au journaliste qui lui fait remarquer que très peu nombreux sont ceux qui osent parler comme elle, Françoise Verchère – qui n’a décidément pas sa langue dans sa poche – affirme tout de go : « parce que je ne lui doit rien » et d’expliquer : « Un pouvoir installé localement depuis longtemps conduit à la féodalité, avec un suzerain et des vassaux. » Pour gouverner localement d’une autre manière, « il faut protéger les élus contre eux-mêmes et contre les dérives de tout pouvoir » affirme l’ancienne maire de Bouguenais, très engagée par ailleurs contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Finalement J.M. Ayrault a-t-il été un bon maire ? A cette question Madame Verchère répond poliment que « ce n’est pas un mauvais maire » – il y a mieux en guise de compliment – avant d’ajouter « mais il est un peu dans l’air du temps. Il a choisi la culture, l’image, pour développer la ville. Mais un développement sans fin est-il une bonne chose ? » Bonne question.

Crédit photo : Jmayrault, via Flickr, licence CC

Faits & Documents n°336 du 15 au 31 mai 2012. Portrait : Jean-Marc Ayrault

Faits & Documents n°336 du 15 au 31 mai 2012. Portrait : Jean-Marc Ayrault

Le nouveau numéro de Faits & Documents du 15 au 31 mai 2012 vient de paraître. Au sommaire, un portrait de Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste de l’Assemblée nationale. Extrait.

Faits & Documents n°336 du 15 au 31 mai 2012. Portrait : Jean-Marc Ayrault
Faits & Documents n°336, du 15 au 31 mai 2012

Le président du groupe socialiste de l’Assemblée nationale est le favori pour le poste de Premier ministre de François Hollande. Maire de Nantes, cet ancien professeur d’allemand (ce qui risque d’être utile pour les négociations avec Angela Merkel…), venu au socialisme par le catholicisme de gauche, est un vétéran du Parti socialiste, auquel il a adhéré dès 1971. Comme le nouveau président de la République, il n’a jamais été ni secrétaire d’État, ni ministre… et est un quasi-inconnu des Français, hormis les Bretons. Son profil rappelle celui d’un Pierre Mauroy, tirant sa légitimité de son enracinement de terrain plus que des intrigues parisiennes.

« Là où les Strauss-Kahn, Aubry, Guigou et autres Glavany ont trusté les portefeuilles ministériels, lui a dû se contenter des rôles de l’ombre. Il faut dire que le maire de Nantes n’est pas du genre à se pousser du col […] Une prudence qui a pu lui jouer des tours dans sa carrière, ses adversaires insistant sur son côté “terne”, voire “ennuyeux” à une époque où le clinquant est de mise. » Le Point, 5 octobre 2006.

« C’est aussi l’histoire d’un homme à qui quelque chose manque et continue de manquer : un petit rien qui fait la différence et le hisserait au rang des grands de la politique française. » Libération, 25 septembre 2004.

« Falot, autoritaire et inorganisé. » Le Figaro, 20 juin 2002.

« Jean-Marc Ayrault est le porte-parole de la France socialiste “d’en bas”. » Libération, 20 juin 2002.

« Le projet de société le plus important depuis l’avortement. » Jean-Marc Ayrault, à propos du Pacs.

Jean-Marc Ayrault et Francois-Hollande le 19 décembre 2011.
Jean-Marc Ayrault et Francois-Hollande le 19 décembre 2011. Crédit : Parti Socialiste / Solfé communication (cc) via Flickr

Jean-Marc Ayrault est né le 25 janvier 1950 à 10h (temps universel) à Maulévrier (Maine-et-Loire). Cet aîné de cinq enfants est le fils d’un ouvrier agricole, Joseph Ayrault (né en 1921), qui fut ensuite ouvrier dans l’industrie textile puis cadre d’usine. Sa mère, Georgette Uzenot(née en 1928), fut couturière puis femme au foyer. Un milieu modeste mais catholique de gauche (et socialiste selon diverses sources). Jean-Marc Ayrault a donc effectué son primaire à l’école catholique Saint-Joseph, avant de passer au lycée Colbert de Cholet (1961-1968).

« Jean-Marc Ayrault présente le profil parfait de ces socialistes de l’Ouest de la France, plus influencés par la doctrine sociale de l’Église que par les mythes révolutionnaires[…] Dans la famille Ayrault, on va à la messe en tir groupé et le travail s’impose comme une vertu cardinale (Libération, 30 novembre 2006). » Proche du MRP et ancien de la jeunesse agricole catholique (JAC), il sera perverti, comme tant d’autres, par l’idéologie de Vatican II. Il sera membre du Mouvement rural de la jeunesse chrétienne (MRJC) à Cholet, puis à l’université de Nantes de la Jeunesse ouvrière chrétienne et de l’Action ouvrière catholique. Comme l’écrit Wikipedia avec justesse, « cette organisation a joué un rôle essentiel dans sa formation politique dans la mesure où, dans les années 1966-1968, elle est marquée par une vision libératrice de la religion et elle aurait adopté certains éléments du marxisme comme outil d’analyse de la société ». On pourra ajouter qu’il en sortira totalement laïc et marxiste : « Il opère alors (au début des années 1970) une laïcisation aussi discrète que réelle, au point aujourd’hui de se définir comme agnostique […] Il est de toutes les luttes de l’époque, celle de Lip notamment, ou s’attriste de la chute d’Allende au Chili. Au point que le couple baptise son premier enfant Ysabelle, avec un Y comme la fille du défunt président, réfugiée en France (Libération, 30 novembre 2006). »

En fait, contrairement à ce que l’on peut lire dans toutes ses biographies édulcorées, Jean-Marc Ayrault a été engagé très à gauche dans sa jeunesse. Il fut notamment le principal responsable du Comité d’action lycéen (à majorité trotskiste-pabliste) de Cholet en mai 1968 (cf. notamment Valeurs actuelles, 23 mai 1997, et Le Figaro, 19 octobre 1988). Comme le dira ce « chouan laïc » : « À Cholet, c’était une vraie révolution. »

[box class=”info”]Lire la suite : abonnez-vous à Faits & Documents, Lettre d’informations confidentielles d’Emmanuel Ratier – Abonnements France métropolitaine : 78 euros / an. Abonnements étranger et outre mer : 93 euros / an. En savoir plus : www.faitsetdocuments.com[/box]

Photo en Une : Jean-Marc Ayrault le 19 décembre 2011. Crédit : Parti Socialiste / Solfé communication (cc) via Flickr

Pour le socialiste Jacques Auxiette « la construction de l’aéroport de N.D.-des-Landes se poursuivra. »

Pour le socialiste Jacques Auxiette « la construction de l’aéroport de N.D.-des- Landes se poursuivra. »

10/05/2012 – 17h30
NANTES (NOVOpress Breizh) – Pas content, le président (PS) de la région dite des Pays de la Loire. Alors que les médias ont parlé de « moratoire » suite à l’accord intervenu entre les grévistes de la faim des opposants au projet d’aéroport et les oligarques socialistes régionaux, Jacques Auxiette (photo) a tenu à démentir formellement cette information
.

Sous le titre « Notre Dame des Landes : la main tendue de François Hollande ne remet pas en cause le projet », Jacques Auxiette a tenu à publier ce matin sur son blog un communiqué qui met les choses au point. Sans la moindre ambigüité.

« La grève de la faim a cessé, et c’est tant mieux. Avec Jean-Marc Ayrault et Philippe Grosvalet, nous avions dit au début de cette grève que nous trouvions ce mode d’action peu raisonnable et surtout en décalage avec la réalité des enjeux » rappelle l’élu vendéen qui affirme se réjouir « de la décision sage des grévistes, qui ont su saisir la main tendue par François Hollande dans le sens d’un apaisement de la situation ».

Ces bonnes paroles étant dites, le patron de la région tient à préciser la réalité de l’accord conclu : « les échanges ont porté sur les processus d’expulsion qui pourraient intervenir à l’encontre d’agriculteurs ou d’habitants qui vivent sur place depuis de nombreuses années, et qui disposent de titres de propriété ou de location en règle, datant d’avant la DUP. En un mot : les procédures à l’encontre des occupants très récents, – je pense aux squatteurs -, ne seront pas ralenties. »

Enfonçant le clou, Jacques Auxiette précise bien qu’il n’a jamais été question de « moratoire » avec les agriculteurs grévistes de la faim. Ceux-ci, poursuit-il « connaissent notre volonté et notre conviction que cet aéroport se fasse. Nous avons fait un geste réel concernant le traitement humain de l’étape délicate des expulsions, étape ultime des expropriations légales. Mais, passés les quelques recours engagés, la construction de l’aéroport se poursuivra. » Une prise de position on ne peut plus claire.

Reste à savoir ce qu’en penseront Jean-Marc Ayrault et François Hollande. Il est vrai que le « premier ministrable » nantais a actuellement d’autres soucis à se faire. « Je n’aurai pas autour de moi à l’Élysée des personnes jugées et condamnées » avait en effet affirmé dans un entretien au JDD François Hollande qui voudrait une République « irréprochable ».

Or le député-maire de Nantes avait été condamné en 1997 à six mois de prison avec sursis pour « octroi d’avantage injustifié », autrement dit pour favoritisme. En sa qualité de maire, il avait été reconnu coupable d’avoir, via une association 1901 aujourd’hui dissoute, accordé sans mise en concurrence ni appel d’offres les marchés d’impression du journal municipal nantais. Une vieille affaire qui remonte à la surface, ressortie opportunément par tous ceux qui, au PS, visent Matignon. Les socialistes sont une grande famille.

Crédit photo : Manuel, via Wikipédia, licence CC.

De Nantes à Matignon

De Nantes à Matignon

10/05/2012 – 15h00
NANTES (NOVOpress Breizh) – L’heure est à la distribution des places. Jean-Marc Ayrault (à gauche sur la photo), 62 ans, semble le mieux placé pour devenir Premier ministre – au grand désespoir de Martine Aubry qui s’y voyait.

Plusieurs éléments plaident en effet en faveur du maire de Nantes. D’abord ce dernier est un fidèle d’entre les fidèles de Hollande. Ensuite il dispose d’une solide carte de visite, député depuis 1986, maire de Nantes depuis 1989 (il avait succédé à Michel Chauty, RPR), président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale depuis 1997. Autant dire que nul mieux que lui ne connait le Palais-Bourbon – avec ses petits arrangements entre amis.

Puisque François Hollande a l’intention de lancer l’acte III de la décentralisation, un chef de gouvernement capable de « parler » aussi bien aux élus de la majorité (PCF, PS, EELV, MRG, MRC…) qu’à ceux de l’opposition est précieux. Nul doute aussi que les relations avec l’Allemagne demeureront la pierre angulaire de la politique européenne de la France, c’est pourquoi le professeur d’allemand qu’est Jean-Marc Ayrault fera figure d’homme de la situation. Enfin son profil d’homme de consensus ne peut que plaire au nouveau Président de la République.« Ce serait un Premier ministre de conciliation, compatible avec beaucoup de monde », estime l’un de ses proches.

A partir du moment où François Hollande a expliqué sur France 2 qu’il choisirait quelqu’un qui le connaissait bien – « C’est bien de s’entendre. C’est mieux » – tout désigne Jean-Marc Ayrault.

Evidemment, il y a les relations avec les écologistes qui sont exécrables. Avec François Fillon, Jean-Marc Ayrault est en effet le grand cerveau du projet de construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes voulu par des milieux d’affaires à la recherche de relais de croissance… et de profit (béton immobilier) ; si bien qu’à gauche certains voient en lui d’abord un « socialiste d’affaires ».

Son hostilité à la réunification de la Bretagne est connue – là encore il colle aux désidératas des milieux d’affaires. Attitude logique, au fond, chez tout maire de Nantes soucieux de défendre les intérêts de sa ville. En effet, qui dit réunification, dit Rennes capitale, ce qui entraînerait la perte de son statut de capitale régionale pour Nantes. Toutes les directions administratives d’Etat seraient regroupées à Rennes, tous les organismes liés à la Région déménageraient également, même mouvement vers Rennes des directions régionales des grandes entreprises publiques et privées. Autant dire que la ville de Nantes aurait tout à perdre dans l’opération. Combien d’emplois – principalement administratifs (souvent CSP +) – disparaîtraient ? Mille, deux mille, trois mille… Aucun maire de Nantes, de gauche ou de droite ne peut accepter pareil sacrifice. Pour les milieux dirigeants nantais, la réunification signifie abaissement de leur ville, c’est pourquoi les leaders politiques et socio-économiques préfèrent le concept d’ « ouest », avec une « métropole » s’appelant Nantes.

Cela dit, la position de Jean-Marc Ayrault et de ses amis de l’oligarchie nantaise pourrait évoluer si la réunification de la Bretagne voyait Nantes devenir la capitale régionale. Il faut reconnaître que, question image, Nantes capitale de la Bretagne, c’est plus brillant que Nantes capitale du machin dénommé « Pays de la Loire ».

Ayrault à Matignon sera obligé d’abandonner ses mandats locaux (maire de Nantes et président de la communauté urbaine). Un baron hésite toujours à se défaire d’un fief qui lui a permis d’exister, puis de durer. L’astuce consistera sans doute à conserver un pied dans la maison : plus maire, mais conseiller municipal ; plus président, mais conseiller communautaire. Ainsi, si les choses en venaient à se gâter à Matignon, Jean-Marc Ayrault disposerait d’une position de repli. Avec la possibilité de récupérer ses deux anciennes casquettes : il suffirait de prier (?!) le (ou les) successeur(s) de bien vouloir céder la place.

L’homme ou la femme en question sera choisi en tenant compte du critère « soumission à la volonté du patron » momentanément « empêché » ; un intermédiaire à l’échine souple et à l’ambition limitée fera donc l’affaire. Patrick Rimbert, premier adjoint, pourrait très bien être l’homme idoine. Etre maire de Nantes, même avec le statut d’intérimaire, serait une belle fin pour ce socialiste qui n’entend pas poursuivre, à 68 ans, une carrière politique menée dans l’ombre du grand homme.

Crédit photo : Parti socialiste, via Flickr, licence CC

Aéroport Notre-Dame des-Landes : premier ministrable, Jean-Marc Ayrault fait marche arrière

Aéroport Notre-Dame des-Landes : premier ministrable, Jean-Marc Ayrault fait marche arrière

09/05/2012 – 15H15
NANTES (NOVOpress Breizh) – Les agriculteurs qui avaient entamé il y a maintenant un mois une grève de la faim pour protester contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, ont décidé hier d’interrompre leur mouvement. Un arrêt qui fait suite à l’accord intervenu avec l’oligarchie socialiste locale, soucieuse d’arriver à un apaisement dans un dossier particulièrement épineux pour Jean-Marc Ayrault, en passe de devenir le Premier ministre de François Hollande.

Les cinq grévistes de la faim qui se relayaient à Nantes depuis le 25 avril demandaient l’arrêt des expropriations des agriculteurs dans l’attente que les juridictions saisies – le Conseil d’Etat et la Cour européenne des droits de l’homme – se prononcent tant sur la déclaration d’utilité publique (DUP) du projet d’aéroport que sur les arrêtés d’expulsion visant les paysans. En principe ceux-ci devraient tous avoir quitté la zone où doit être édifié le futur aéroport au plus tard le 31 décembre 2012.

Hier, suite aux négociations entamées avec la fédération du PS nantais et les représentants du Conseil régional des Pays de la Loire, du Conseil général de Loire-Atlantique et de la communauté d’agglomération Nantes Métropole, les grévistes ont réussi à obtenir l’assurance qu’aucune expulsion n’interviendrait dans la zone couverte par la DUP, tant que les différents recours n’auront pas été épuisés. Ayant obtenu satisfaction, ils ont décidé aussitôt d’interrompre leur mouvement.

Le 27 avril dernier, Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes, Jacques Auxiette, président du conseil régional des Pays-de-la-Loire et Philippe Grosvalet, président du conseil général de Loire-Atlantique, avaient pourtant adressé une lettre commune aux grévistes de la faim par laquelle, tout en faisant part du «respect» qu’ils ressentaient face à la détermination que manifestaient les paysans, ils affirmaient leur volonté de faire aboutir le projet d’aéroport. «Ce mode d’action ne nous semble pas le plus approprié», indiquaient-ils. Jugeant « le temps du débat clos depuis 2008 », les trois oligarques indiquaient qu’ils n’interviendraient «en aucune manière» sur les procédures d’expropriation.

Mais depuis, François Hollande a remporté l’élection présidentielle et Jean-Marc Ayrault est susceptible de devenir le prochain Premier ministre. L’affaire de la grève de la faim – motivée par un sujet écologique particulièrement sensible – aurait fait désordre, d’autant plus que Cécile Duflot et Vincent Placé (EELV) voudraient bien devenir ministres. Il était donc urgent de calmer le jeu. Manifestement la place de Premier ministre vaut bien de retarder un projet pourtant considéré comme essentiel par Jean-Marc Ayrault. L’interminable feuilleton de Notre-Dame-des-landes continue.

Crédit photo : Moulins, via Wikimédia, licence CC

“Le Voyage à Nantes” fait appel à un acteur qui insulte les Bretons

"Le Voyage à Nantes" fait appel à un acteur qui insulte les Bretons

26/04/2012 – 18h00
NANTES (NOVOpress Breizh) – Pour une vidéo de promotion, la société publique locale Le Voyage à Nantes, chargée des opérations touristiques dans la ville de Jean-Marc Ayrault a fait appel à un acteur qui a tourné la Bretagne en ridicule.

La communauté urbaine de Nantes prépare pour cet été une opération promotionnelle intitulée « Le Voyage à Nantes » dotée d’un budget de 8 millions d’euros. Le vidéaste Gaëtan Chataigner vient de réaliser un clip destiné à faire connaître la manifestation. Il montre un dialogue entre les acteurs Julie Depardieu et Jackie Berroyer. Le second, diction pâteuse et mémoire défaillante, tente de convaincre la première que Le Voyage à Nantes est épatant.

Extrait d'un plan de la vidéo de Chataigner pour Le Voyage à Nantes : Berroyer assis à une table de la brasserie La Cigale

Les Bretons n’oublient pas que Berroyer est cet histrion qui voici quelques années chantait à l’émission « Les Grosses têtes » un morceau de sa composition dont voici le premier couplet : « Ah ! Connaissez-vous bien la Bretagne, avec ses femmes en coiffe et ses hommes vêtus de pagnes, leurs enfants sont hydrocéphales, les garçons sont aussi méchants que les filles sont sales. » Le reste à l’avenant. La chanson était censée être celle d’un mari trompé dont la femme était partie avec un Breton.

« Un sacré coup de bol », avait alors souligné l’UDB. « Imaginons qu’elle ait été séduite par un Algérien, un Camerounais ou un Israélien… En dépeignant ainsi son rival et son pays, le personnage de Jackie Berroyer aurait déjà conduit son créateur devant un tribunal pour propos racistes et xénophobes. »
Il est vrai que pour les Bretons c’est différent, puisqu’après tout ce ne sont que des Européens ! Une plainte pour provocation à la haine raciale avait cependant été déposée par un Collectif breton pour la démocratie et les droits de l’Homme, et évidemment rejetée par le Parquet. La Cour européenne des droits de l’homme a plus tard refusé d’examiner une plainte analogue.

De la part des collaborateurs du maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault, le choix d’un tel personnage n’est peut-être pas un hasard…

François Hollande dit non à la réunification de la Bretagne

François Hollande dit non à la réunification de la Bretagne

06/04/2012 – 19h00
RENNES (NOVOpress Breizh) –
En meeting à Rennes mercredi dernier, François Hollande avait conclu son discours par un vibrant « vive la Bretagne, vive la République, vive la France ! » Mais de quelle Bretagne parlait-il ? La réponse est donnée par le Mensuel de Rennes qui a interrogé le candidat socialiste. Le président du conseil général de la Corrèze  est partisan du statu quo.

« Je ne suis pas partisan de modifier les frontières. » a-t-il déclaré, avant d’enfoncer le clou : « Il faudrait vraiment une demande unanime de tous les élus pour essayer une procédure (sic). » Cette prise de position conservatrice semble donner raison à Ségolène Royal qui avait dit un jour à propos de son ex-compagnon : « François Hollande est un notable. Si on l’écoute c’est ‘dormez braves gens, on ne va pas changer grand-chose’ ».

Le lobby socialiste « ligérien » doit boire du petit lait. Le « Conseiller spécial » du candidat PS Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes (au premier paln sur la photo ci-dessus), Jacques Auxiette, président de la région des Pays de la Loire et Philippe Grosvalet, président du conseil général de Loire-Atlantique se sont en effet toujours déclarés résolument hostiles à la réunification. De même d’ailleurs que le maire de Rennes, Daniel Delaveau.

Cette prise de position va sans doute créer un certain malaise chez les socialistes bretons qui, comme J.-J. Urvoas, député du Finistère ou J.-Y. Le Drian, président de la région administrative Bretagne, se sont déclarés partisans du retour aux frontières de la Bretagne historique. Si l’on ajoute les déclarations tonitruantes de Jean-Luc Mélenchon à l’égard de la Bretagne et de la langue bretonne, les Bretons qui ont le cœur à gauche peuvent s’attendre à devoir avaler quelques couleuvres. Il y a des lendemains électoraux qui  risquent de s’annoncer difficiles pour certains.

Crédit photo : JMAYRAULT, via Flickr, licence cc

L’obsession antiraciste de l’oligarchie mondialiste

L’obsession antiraciste de l’oligarchie mondialiste

23/03/2012 – 12h30
NANTES (NOVOpress Breizh) – On ne peut pas y échapper : sur tous les panneaux municipaux des grandes villes de Loire-Atlantique, abribus, « sucettes Decaux », mobiliers urbains – 7 panneaux sur le même carrefour dans la banlieue de Nantes ! – on peut lire en grandes lettres « contre le racisme et les discriminations agissons ». Qui organise et finance ce matraquage publicitaire intensif, quelle signification lui donner ?

Pendant tout le mois de mars la Ligue de l’enseignement et la Fédération des amicales laïques FAL 44 coordonnent les « semaines d’éducation contre le racisme » . Toutes les collectivités contrôlées par le Parti socialiste, Conseil régional, Conseil général, municipalités – celle de Nantes en est le moteur – soutiennent ces manifestations qui ont aussi reçu le patronage de la Préfecture de Loire-Atlantique – donc du Gouvernement.

Cheville ouvrière de toutes ces réunions la FAL 44 regrouperait 400 associations. Outre les amicales laïques, celle-ci est très active dans les activités sportives et de loisirs : tennis, VTT, ping-pong, clubs photos, théâtre populaire… . Beaucoup d’adhérents de ces associations, des « Archers du château de Ranrouet » à « SIDA info service » ignorent le plus souvent qu’ils sont par là automatiquement rattachés à cette fédération dont les liens avec le PS sont bien connus. Tout cela pour « construire une société plus juste et égalitaire » en favorisant « le débat citoyen et l’esprit critique ». Il faut « éclairer l’esprit des citoyens » selon la Ligue de l’enseignement. On aura compris dans quel sens.

Quel programme alors ? Cafés « citoyens », stages de théâtre, scène ouverte contre les discriminations – mais il est souligné que les discriminations « positives » (donc au détriment des « de souche ») sont encouragées – concerts de Slam, tournoi de foot organisé par l’inévitable LICRA, débat avec les « Business angels des cités », ciné sur l’homosexualité dans les banlieues…, il y en aura pour tous les goûts, même des « comptines antiracistes » ( ?) pour enfants de 6 mois à 3 ans, personne ne doit y échapper. Big brother n’est pas loin.

Cette obsession antiraciste de l’oligarchie mondialiste vient encore de se manifester – et de quelle manière ! – lors des tueries de Toulouse et de Montauban. Alors que l’identité du criminel n’était pas connue, Jean-Marc Ayrault – pour ne citer que lui – n’hésitait pas à parler dès le 19 mars « de ces enfants, de ces parents, de leurs familles, de leurs proches qui ont été frappés si lâchement par la haine, l’antisémitisme et le racisme comme l’ont été avant eux quatre de nos soldats à Toulouse et Montauban. » S’empressant d’ajouter, le lendemain, toujours sur son blog, « les motivations antisémites et racistes du ou des assassins sont évidentes.»

Bien sûr une fois connue l’identité de l’auteur présumé des tueries – Mohamed Merah – plus question pour le conseiller spécial de François Hollande d’évoquer « l’antisémitisme » ou le « racisme », dont l’évidence ne sautait plus aux yeux du Sherlock Holmes nantais. Car un musulman, même djihadiste, ne saurait se voir appliquer ces qualificatifs réservés exclusivement aux Européens de souche.

Notre-Dame-des-Landes : Ségolène Royal tacle Jean-Marc Ayrault sur ses terres

Notre-Dame-des-Landes : Ségolène Royal tacle Jean-Marc Ayrault sur ses terres

02/10/2011 – 15h20
NANTES (NOVOpress Breizh) – « Oui, je vous dis très clairement : je prendrai la décision de réouvrir l’enquête publique sur cet aéroport ». En déclarant à Nantes hier que, si elle était élue, elle remettrait en cause le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, Ségolène Royal a mis une très grosse pierre dans le jardin de Jean-Marc-Ayrault. Le maire de Nantes, qui soutient François Hollande, n’a pas du tout apprécié
.

Invitée à participer à un débat organisé dans la cité des Ducs par la fondation Terra Nova, le Nouvel Observateur, l’Agence France Presse et Dailymotion, la candidate à la primaire socialiste a affirmé, devant 200 de ses partisans, qu’elle demanderait la réouverture d’une enquête publique. « Ce projet date d’il y a quinze ans. Les infrastructures ont évolué depuis, les circuits économiques aussi. Il faut remettre les partenaires autour de la table pour voir si cela correspond toujours aux besoins d’aujourd’hui » a déclaré la présidente de région Poitou-Charentes.

Enfonçant le clou, elle a ajouté, selon PresseOcéan.fr., « je sais bien quel est l’engagement du maire de Nantes et du président de région. Tout se passe comme si chacun ne voulait pas bouger pour ne pas perdre la face ».

Pas contents du tout, Jean-Marc Ayrault, Philippe Grovallet ( président du Conseil général de Loire-Atlantique) et Jacques Auxiette ( président de la région des Pays de la Loire), se sont aussitôt fendus d’un communiqué sévère, rappelant que la question est, selon eux, définitivement tranchée.

Pour les trois oligarques socialistes, Ségolène Royal « met en cause les procédures d’enquêtes publiques qui ont été menées jusqu’à ce jour, ignorant très probablement que la plupart de ces enquêtes ont été l’objet de contestations et de contentieux définitivement jugés et rejetés; et ignorant sans doute aussi l’état d’avancement réel du projet, les contrats d’ores et déjà signés, et la réalité d’un financement public limité ». Autrement dit : Ségolène ne connait pas le dossier et dit n’importe quoi. On n’est pas plus aimable.

Réjouis de ce soutien inattendu, les membres d’Europe Ecologie Les Verts ont déclaré de leur côté avoir pris « connaissance avec un vif intérêt » de la position prise par la prétendante à la candidature socialiste.

Mais qu’on se rassure : si l’aéroport de Notre-Dame-des- Landes est un sujet de discorde entre le PS et EELV, cela n’a pas empêché et cela n’empêchera pas les alliances électorales entre les deux formations. Les places avant tout.

Sous le signe de la repentance et sur fond de vaudou, Jean-Marc Ayrault en voyage au Bénin

Sous le signe de la repentance et sur fond de vaudou, Jean-Marc Ayrault en voyage au Bénin

31/08/2011 10h00
COTONOU (NOVOpress Breizh)
– Invité par le maire de Cotonou et ancien président de la République Nicéphore Dieudonné Soglo, Jean Marc Ayrault a entamé lundi un voyage de cinq jours au Bénin. Destiné officiellement à « renforcer la coopération entre Nantes, la ville de Cotonou et le Bénin », ce séjour est placé sous le signe de la repentance chère à l’oligarque nantais.

Affirmant sur son blog que ce voyage est pour lui « l’occasion de rappeler le rôle croissant de l’Afrique sur la scène internationale et de renforcer la coopération entre Nantes, la ville de Cotonou et le Bénin », le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale a rencontré hier le président de la République du Bénin, Thomas Boni Yayi, « afin d’évoquer avec lui les enjeux actuels de son pays et de l’Afrique subsaharienne (crise énergétique, urbaine et alimentaire). »

La question de l’évolution démographique de l’Afrique a été abordée lors de cet entretien – selon un rapport que vient de publier l’INED, la population africaine devrait en effet quadrupler d’ici la fin du XXIème siècle et passer de 800 millions d’habitants en 2000 à 3,6 milliards en 2100 – ce qui fait dire au maire de Nantes que « de la manière dont l’Afrique se développera dépendra l’avenir du monde. Ne pas voir que nos intérêts sont étroitement mêlés constituerait une faute historique. »

Prise de conscience qui aurait mérité mieux que la conclusion qu’il en tire en se bornant à suggérer que l’on réfléchisse « à la place de l’Afrique dans le G20 » (sic). Une réponse un peu courte en effet pour ce qui apparait probablement, pour l’Europe, comme la question géopolitique majeure du siècle.

Mais l’enjeu principal du voyage de Monsieur Ayrault n’est pas là. Il réside sans conteste, pour cet apôtre de la repentance, dans la question de la traite atlantique – la traite arabo-musulmane, qui fit deux fois plus de victimes, n’étant bien entendu pas d’actualité. Affirmant que « le Bénin fut une des plaques tournantes majeures de la traite atlantique » et que « le pays a accueilli une part importante des expéditions négrières nantaises », il omet toutefois de préciser que les Européens n’allaient pas chercher les esclaves à l’intérieur de l’Afrique : ils les achetaient à des marchands d’esclaves africains.

Sous le signe de la repentance et sur fond de vaudou, Jean-Marc Ayrault en voyage au Bénin
La porte du non-retour

Le maire de Nantes se rendra donc jeudi au mémorial de la « Porte du non-retour » à Ouidah. « Visite qui promet d’être émouvante » précise-t-il, tout en rappelant que « Nantes aussi est pionnière pour la reconnaissance de son passé de 1er port négrier de l’Hexagone: j’inaugurerai le 1er décembre prochain notre Mémorial de l’Abolition de l’esclavage, l’ouvrage le plus important de ce type en Europe. » Un monument qui aura coûté aux contribuables la bagatelle de 6,9 millions d’euros.

Très attaché à une « certaine forme » de laïcité, Jean-Marc Ayrault abordera-t-il cette question avec son hôte ? Avant d’être élu maire de Cotonou, Nicéphore Soglo fut en effet président de la République du Bénin de 1991 à 1996. A ce titre il s’empressa de rétablir le vaudou pour se concilier les pouvoirs traditionnels de ce pays où ce culte reste très implanté, et fit du 10 janvier de chaque année la Journée nationale du vaudou.