Tag Archives: Jean-Jacques Urvoas

Philippe Bilger Union des droites

Affaire Urvoas-Solère : La Justice a ses naïfs !, par Philippe Bilger

Il y a le paysage officiel, ce que la Justice montre d’elle-même et qui, contrairement à ce que pensent des contempteurs compulsifs, n’est pas médiocre et mérite d’être expliqué et défendu.

Il y a, sur le plan des apparences qui – par l’entremise de médias qui ne seraient pas trop ignorants ou partiaux – sont offertes à la curiosité du citoyen, des avancées considérables. Non seulement par rapport à ce que j’ai pu connaître comme magistrat en quarante années de carrière mais au regard de la simple observation politique qui permet de distinguer un état de droit dévoyé sous la présidence de Nicolas Sarkozy et une normalité judiciaire favorisée par François Hollande et Christiane Taubira à l’égard de laquelle, pour l’essentiel, j’ai pourtant économisé mon indulgence.

Aussi surprenant que ce constat puisse apparaître pour beaucoup qui préfèrent leurs préjugés à une réalité qui les contredirait, nous n’avons pas pâti de 2012 à 2017, pas davantage avec les premiers mois d’Emmanuel Macron, d’une justice politique dans le mauvais sens du terme. Une indépendance du juge battue en brèche par un pouvoir ayant caporalisé les Parquets et les procureurs ! Cette vision serait totalement erronée et injuste.

Il y a une Justice qui dans sa transparence – limitée par le secret de l’enquête et de l’instruction – et avec son visage public n’est pas indigne de ce qu’une démocratie se doit d’exiger d’elle. Ce ne sont pas l’ineptie, le sommaire ou l’amateurisme de beaucoup de critiques qui me feront dévier de cette cohérence appuyée sur une certaine expérience.

Mais je ne suis pas naïf.

Derrière le paysage officiel, il y a les coulisses, l’officieux. Les cachotteries, les petits secrets.

Je ne fais pas seulement référence à ce qui vient de surgir et qui semble concerner l’ancien garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas – certains se déchaînent sans attendre – et le député Thierry Solère. Pour ce dernier qui a donné si volontiers des leçons de moralité politique à une droite qui a décidé, elle, de ne pas s’éparpiller, il y a comme une étrange ironie à relever qu’il y a l’éthique affichée et les accommodements personnels. J’apprécie que le délégué général de LREM ait immédiatement réagi et envisagé que Thierry Solère puisse être exclu de ce groupe si largement majoritaire (Le Figaro).

Quand on réfléchit aux statuts, aux structures, à la pureté des principes, on oublie – ou on feint d’oublier – cette triste évidence que de manière occulte il y aura toujours des circuits, des processus, des ententes, des complicités, des amitiés, des appartenances et des fraternités qui viendront sinon mettre à bas l’édifice ostensible, l’institution éclatante mais les éviter, les suspendre ou les négliger quelque temps. Il y a des exemples à foison dans l’histoire judiciaire.

Au risque de sembler trop pessimiste, je n’imagine pas un seul instant qu’une rectitude singulière et collective puisse être si globalement respectée qu’elle garantisse que derrière le monde officiel espéré irréprochable, il n’y ait pas une multitude d’ombres s’agitant sur un mode clandestin et à l’abri d’une imprudence à la Thierry Solère ayant gardé la preuve dans son portable.

Pourtant c’est cette certitude d’exemplarité absolue – de ceux qui sont en charge du pouvoir et de ceux qui viennent abusivement le solliciter – qui serait seule à entraîner la coïncidence de la superficialité, de ce qui est montré, avec le profond, ce qui est caché. Du discours et des pratiques à l’air libre avec les manoeuvres en catimini. Et donc la disparition de ce qui n’est plus acceptable.

Cette certitude, nous ne l’aurons jamais, parce que l’univers idéal où une éthique sans faille, une résistance roide et constante à tous les sentiments, à l’amitié, à la réciprocité des services, à l’appréciation indulgente des transgressions discrètes domineraient, sera toujours à mille lieues de notre monde si tragiquement, humainement imparfait.

Pourtant il convient, pour ne pas tomber dans un désespoir républicain, une sorte de cynisme à la “à quoi bon”, de se battre, fût-ce tout seul, contre les facilités de la souplesse morale et intellectuelle, en portant haut l’exigence de l’éthique personnelle et professionnelle (La Croix).

La Justice a ses naïfs mais il ne faut pas se moquer d’eux. Ils sont comme un aiguillon, un défi.

Article paru sur le site de Philippe Bilger

Toulouse : le député socialiste J.J. Urvoas met en cause l’efficacité du RAID… avant de se rétracter piteusement

Toulouse : le député socialiste J.J. Urvoas met en cause l’efficacité du RAID… avant de se rétracter piteusement

23/03/2012 – 11h30
QUIMPER (NOVOpress Breizh) – Quelle crédibilité accorder à Jean-Jacques Urvoas ? Le député (PS) du Finistère, accessoirement « Monsieur sécurité » (?) du PS, a cru bon d’écrire ce matin sur son compte Twitter, à propos des évènements de Toulouse : «Si je comprends bien, le Raid n’est donc pas capable en 30 h d’aller chercher un individu seul dans un appartement? »

Entre temps François Hollande – dont Urvoas est un ardent supporter – a pris la parole depuis son QG de campagne pour saluer «le courage et la détermination du Raid». Aussitôt l’élu finistérien a aussitôt rectifié le tir en déclarant, toujours sur Twitter : «Mon tweet précédent était malvenu et inadapté au contexte (sic). Force est restée à la loi. Hommage au courage des hommes du RAID.» Ceux-ci apprécieront.

Evoquant les variations du personnage – qui était l’un des soutiens les plus actifs de DSK avant que celui-ci connaisse les ennuis que l’on sait – un vieux Finistérien déclare, amusé : « souvent J.J. Urvoas varie, bien fol est qui s’y fie ».

DCRI : missions sous contrôle et permission

DCRI : missions sous contrôle et permission

10/02/2012 – 08h15
PARIS (NOVOpress) — Un député PS veut contrôler les missions des services de sécurité intérieure.

À la suite d’évènements impliquant nos services de renseignement, régulièrement la gauche demande à ce que l’assemblée puisse contrôler leurs missions. S’inspirant de législations étrangères, notamment anglaise et américaine, le député PS Jean-Jacques Urvoas, chargé des questions de sécurité au parti socialiste, qui avait déjà rédigé un projet de réforme des services de renseignement, proposera dans un projet de loi une réforme des textes en cours.

En 29 articles, le député veut modifier les textes concernant les missions affectées aux services de la DCRI (Direction Centrale du Renseignement Intérieur), et aussi officialiser les moyens et outils utiles aux besoins des opérations comme les moyens d’écoute sonore, la pose de balise, l’infiltration, la pénétration de locaux, l’usage de fausse identité…

Mais le projet prévoit – comme la gauche a toujours souhaité le faire – un plus grand contrôle parlementaire et administratif.

En précisant les moyens auxquels pourront avoir recours les services, ceci seront alors contrôlés par une « Commission nationale de contrôle des activités de renseignements » (CNAR), à l’image de la CNCIS (les interceptions de sécurité) déjà existante.

Cette nouvelle commission se composerait de cette CNAR et de la « commission de vérification des dépenses réalisées à partir des fonds spéciaux », qui est à forte dominante parlementaire (deux députés dont le président, deux sénateurs, deux membres de la cours des comptes).

Ainsi pour toute mission nécessitant les moyens évoqués, les services devraient demander et obtenir au préalable les autorisations nécessaires délivrées par cette commission, ce qui rajoute des démarches administratives peu compatibles avec la confidentialité et le secret indispensables à la bonne réalisation de ces missions. Concernant les fausses identités, celles-ci seraient enregistrées sur un document contrôlé une fois par an.

Si la commission refuse une autorisation, il est prévu que le ministre pourrait quand même passer outre. Alors à quoi va servir la commission ?

Marc, pour Novopress
Source : Intelligence Online du 9 février 2012

Photo : Jean-Jacques Urvoas, Forum des idées sur la sécurité, octobre 2010 à Paris. Crédit : Parti Socialiste via Flickr (cc)

La météo politique de Jean-Jacques Urvoas

17/12/2011 – 14h30
QUIMPER (NOVOpress Breizh) – Jean-Jacques Urvoas, député du Finistère et secrétaire national du P.S. chargé des questions de sécurité, vient de découvrir le populisme et s’inquiète de ses progrès en Europe.

La nouvelle bête noire du député socialiste Jean-Jacques Urvoas (à gauche sur la photo, au Congrès de Reims) est une bête brune : le national-populisme. Une locution heureuse puisqu’elle permet de tourner la page du national-socialisme – bien contrariant car il y avait « socialisme » dedans. Il a animé hier une table ronde au cours d’un séminaire organisé à l’Assemblée nationale par Jean-Christophe Cambadélis et intitulé « Le national-populisme en Europe ».

Venu du trotskisme, M. Cambadélis n’a viré sa cuti pour entrer au parti socialiste qu’à l’âge de 35 ans, en 1986. Il y a fait une belle carrière, même pas interrompue par deux condamnations dans des affaires d’emplois fictifs. La sortie de route de Dominique Strauss-Kahn, dont il était le bras droit, risque de lui nuire davantage. D’autant plus qu’il a ensuite soutenu Martine Aubry. Son avenir ministériel compromis, il lui faut trouver un nouveau fonds de commerce. Ils semble avoir misé sur la crainte du national-populisme. Il vient de lui consacrer une petite brochure aux analyses typées années 1980 et qui s’achève sur un passage des plus ambigus : « la montée du national populisme est engagée. La gauche, face à cela, donne des signes contradictoires. Elle a pourtant rendez- vous avec l’Histoire. Et au risque de déplaire, cela ne devrait pas être une soirée de gala… » On reconnaît dans cette menace à peine voilée la formule de Mao Tsé Toung : « la révolution n’est pas un repas de gala ». Cambadélis aurait-il renoué avec son passé gauchiste ?

M. Urvoas, qui a priori n’est pas un révolutionnaire, semble un peu instrumentalisé dans l’affaire. D’autant plus qu’il ne connaissait guère la question du populisme. Il ne s’en cache même pas, sa participation au séminaire lui aura au moins appris quelque chose : « Cela m’a donné l’occasion de regarder l’évolution de notre continent dans les dernières années », écrit-il dans son blog, « et le résultat n’est guère rassurant. »

Flambée de la délinquance ? Immigration incontrôlée ? Kalachnikovs dans les banlieues ? Non, ce que le secrétaire national du parti socialiste chargé de la sécurité trouve « guère rassurant » est autrement ravageur : « le vent souffle plutôt en faveur des populistes. » Une analyse au doigt mouillé qui ne laisse pas d’étonner chez un professeur de science politique.

Crédit photo : jyc1, licence CC.

Jean-Jacques Urvoas veut désarmer les policiers municipaux

Jean-Jacques Urvoas veut désarmer les policiers municipaux

08/09/2011 – 18h30
QUIMPER (NOVOpress Breizh) – « Désarmer et changer l’uniforme des policiers municipaux » : c’est peu dire que cette proposition du député du Finistère Jean-Jacques Urvoas (PS) a fait réagir les syndicats des intéressés. Qui rappellent que l’armement des policiers municipaux n’a pour seul but que de garantir leur intégrité physique afin qu’ils puissent remplir leur mission – de plus en plus dangereuse – en toute sécurité. Une réalité qui semble échapper à toute une partie de l’oligarchie politique. Et aussi au gouvernement
.

« Il m’a semblé en effet opportun, avant que le candidat du changement soit désigné lors des primaires, de proposer à ceux que le sujet intéresse quelques réflexions iconoclastes sur le terrain que je travaille pour le compte du PS depuis 3 ans : la sécurité. » Avec son livre « Onze propositions chocs pour rétablir la sécurité » (Fayard), le « monsieur sécurité » du PS peut se vanter d’avoir réussi dans la provocation.

Pour le syndicat de la police municipale de la fédération autonome de la fonction publique territoriale (FAFPT) les propositions de cet ex-strauss-kahnien (rallié aujourd’hui à Martine Aubry) font fi de la réalité. D’abord parce que seulement 40% des 3.500 polices municipales sont armées, alors que les autres ne disposent que d’un bâton de défense ou d’une bombe lacrymogène. Ensuite parce que ces débats, estime le syndicat, sont « angéliques » et « d’un autre âge. « La société a évolué. La violence est quotidienne. Une arme est un outil de travail et un équipement de protection individuel. »

Le Syndicat national des policiers municipaux (SNPM-CFTC) s’indigne, quant à lui, du « mépris affiché par M. Urvoas pour les missions exercées au quotidien par des milliers de collègues policiers municipaux ». Dénonçant « la vision technocratique de la sécurité » de J.J. Urvoas, le président du syndicat, Frédéric Foncel, souligne que « ce dédain pour les policiers municipaux de France, 3ème force de sécurité de notre pays, va jusqu’à interdire l’appellation même de police municipale. C’est ignorer les réalités du terrain, et tout cela dans une société de plus en plus violente » avant d’inviter le député du Finistère à faire « un stage de découverte » ( !) dans une police municipale.

Jean-Jacques Urvoas veut désarmer les policiers municipaux

Jean-Jacques Urvoas : des propositions "angéliques" et "d’un autre âge"

Il est vrai que la question de l’armement des policiers municipaux divise aussi l’UMP. Interrogé par Le Figaro (édition du 30 août) Jean-Claude Gaudin, sénateur-maire UMP de Marseille – la ville qui bat tous les records d’insécurité – a pu déclarer : « Si armer la police municipale était la bonne solution, il y aurait moins de délinquance dans les villes où elle a été mise en œuvre. Or aucune statistique ne l’a démontré jusqu’à présent. » Ce à quoi le syndicat FAFPT a répondu que l’armement des policiers municipaux « n’a pour but que de garantir l’intégrité physique des agents afin que ceux-ci interviennent en toute sécurité. »

Après la mort tragique de leur collègue Aurélie Fouquet le 20 mai 2010, abattue par une bande de truands équipés d’armes automatiques, les policiers municipaux espéraient une prise en compte de leurs problèmes de la part du gouvernement. Un an plus tard, lors des Premières rencontres de la police municipale qui se sont tenues à Nice le 20 juin dernier, Claude Guéant s’est borné à promettre le financement (partiel) de gilets pare-balles, renvoyant la question de l’armement des policiers à un examen au cas par cas, dans le cadre des conventions de coordination avec la police nationale. Et récemment une circulaire, cosignée par le ministre de l’Intérieur et le Garde des Sceaux, a rappelé que les policiers municipaux ne devaient en aucun cas mener des opérations de maintien de l’ordre.

Lors du décès d’Aurélie Fouquet Nicolas Sarkozy avait rendu hommage aux policiers municipaux qui, avait-t-il dit, « ont droit à la reconnaissance de la Nation pour la qualité de leur travail ». Une reconnaissance toute théorique, manifestement.