Ne pas capituler devant l’islamisme, par Jean-Gilles Malliarakis

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Pendant toute l’année 2020, la fermeté de la politique française face à l’islamo-terrorisme a pu paraître satisfaisante. Même le projet, absurde au regard des Mahométans eux-mêmes, d’un conseil des imams, et de leur formation par l’État – qui se veut « laïc !» –, pouvait être jugé comme partant d’un bon sentiment. La défausse de la Grande Mosquée de Paris aura sans doute délégitimé à nouveau le vieux serpent de mer. L’alignement de la prédication coranique sinon avec les valeurs de la république, ce qui strictement ne veut rien dire, du moins avec les traditions françaises, ce projet maintes fois remanié par tous les ministres de l’Intérieur depuis plus de 20 ans retourne au néant de son utopie.

C”est surtout à l’extérieur, par la présence militaire en Afrique, par le déploiement des Rafales, par l’alliance avec l’Égypte et par la dénonciation du jeu trouble de la Turquie que l’on avait pu apprécier une sorte de volonté de résister à l’islamo-terrorisme. Ceci se traduisait alors aussi par dans l’action discrète mais inlassable et efficace des agents de nos services que par les propos du ministre de la Défense.

Oui dans ces conditions on pouvait espérer que la France renoue avec son rôle historique, avec sa mission, celle du “peuple inventeur de la Croisade” (Péguy). Et votre chroniqueur doit-il l’avouer ? Il se plaisait à rêver d’un tel redressement.

Le point faible cependant ne résidait, et ne se situe, ni dans les doctrines, ni dans les actions extérieures.

Il provenait comme toujours du mal rongeur qui détruit la solidité intérieure de ce pays.

Tant que l’on n’aura pas fait taire à l’intérieur les discours, les propagandes, les délires de la culpabilisation “décoloniale”, ils viendront nous trahir. Ils prendront le relais de l’ennemi.

Ce n’est donc pas sans inquiétude que nous les avons vus réapparaître au grand jour en ce début d’année.

Le 8 décembre encore avait eu lieu un entretien téléphonique entre les deux ministres des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et Mevlut Cavusoglu, « à la demande de ce dernier », précisait le Quai d’Orsay. À la suite de quoi la diplomatie française avait publié un communiqué glacial, rappelant les « exigences françaises et européennes de clarifications. »

Or, le 10 janvier M. Macron s’adresse en des termes surprenants à son homologue turc : « Değerli Tayyip, parlons-nous ! À votre disposition pour une visioconférence », écrit-il de sa main le président français, usant du mot turc Değerliqui signifie « cher ».

Deux jours plus tôt, le 8 janvier, le quotidien pro-business L’Opinion, souvent mieux inspiré, avait confié à son spécialiste des questions militaires, Jean-Dominique Merchet, le soin de dresser, en sombre, le bilan de l’intervention française au Mali, successivement depuis 2013, Serval, qui fut un succès, et maintenant Barkhane. Sa conclusion : il faut plier bagages.

En réalité, si la résistance à l’islamo-terrorisme ne se résume pas à la présence militaire, tout retrait est interprété par l’adversaire lui-même comme une capitulation.

Il faut donc se féliciter qu’au contraire, appliquant l’adage romain “si tu veux la paix, prépare la guerre“, certains pays montent en gamme quant aux moyens de leur défense nationale et de notre défense commune de l’Europe.

Et il faut enfin saluer l’intervention très ferme de l’Archevêque d’Athènes : en cette année du Bicentenaire de la guerre d’Indépendance de 1821 contre l’oppresseur ottoman, il rappelle qu’il faut regarder l’islamisme non comme une religion mais comme une doctrine de conquête. On aimerait entendre un discours analogue dans la patrie de saint Louis.

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Réalités de l’islamisme, par Jean-Gilles Malliarakis

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Portant à 49 ce 2 janvier, le nombre de soldats français tombés au Mali dans la lutte où notre armée est engagée dans la guerre contre l’islamo-terrorisme, ce sacrifice devrait imposer, par respect, un peu plus de rigueur à nos dirigeants.

Comme l’écrit clairement le chef de file de la droite sénatoriale : “La France [étant] de nouveau endeuillée par la mort de deux soldats au Mali, leur sacrifice dans la lutte contre le terrorisme nous oblige à mener cette guerre sans trembler sur notre sol. Je pense ce matin à leurs familles et à leurs frères d’armes.

Quelques jours plus tôt, dans un communiqué daté du 28 décembre,le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz, infligeait un camouflet à la politique musulmane de l’État, en annonçant qu’il se retirait de façon “irrévocable” du dernier projet administratif en date : celui d’un illusoire “Conseil national des imams”. Ce projet, étant lié au fameux “Conseil français du culte musulman” lui semble inacceptable du fait de l’influence islamiste au sein du CFCM, autrement dit de la connivence de cet organisme avec les adeptes de l’islam radical que combattent nos soldats en Afrique. Il accuse clairement les islamistes radicaux de “saborder toutes les initiatives qui visent à créer des rapprochements salutaires entre les musulmans de France et la communauté nationale”.

En quittant l’instance gouvernementale, il saborde clairement le projet puisqu’il le prive de la participation de 300 mosquées.

Or, depuis peut-être 30 ans, les ministres de l’Intérieur qui se sont succédé, déjà Pierre Joxe (1988-1991), déjà Chevènement (1997-2000), et même Pasqua (1993-1995) auront caressé, l’un après l’autre, la même chimère administrative : organiser en France une pratique nationale de la prédication mahométane.

La plus grave erreur commise au cours de ces diverses tentatives, remonte à plus de 20 ans, à l’époque où Chevènement occupait la place Beauvau dans l’équipe de la gauche plurielle sous le gouvernement Jospin. Sous prétexte de respecter en effet les convictions islamiques, il fut acté que la version française intégrerait une de leurs traditions les plus inacceptables, les plus contraires aux nôtres : “celui qui change de religion tue-le”.

Mais l’étatisme ne recule devant aucune imposture, en vertu sans doute du théorème bien connu de Michel Audiard : les sots ça ose tout c’est même à cela qu’on les reconnaît.

Dans la dernière version, celle qui se réclame d’un projet “d’islam de France”, l’État en arrive à ambitionner de l’unifier et d’en “former” les prédicateurs (imams).

D’abord, l’illégitimité du projet du point de vue des intéressés devrait sauter aux yeux de manière éclatante, si nous n’étions paralysés par le laïcisme : que penseraient en effet les catholiques de France si on leur imposait une organisation unitaire de tous les chrétiens, des traditionalistes aux conciliaires les plus “progressistes”, des luthériens aux calvinistes, etc., et si, fusionnant le séminaire d’Écône avec celui d’Issy les Moulineaux, on leur assignait des formateurs choisis par Gérald Darmanin ?

D’autre part, pour parler d’un islam “de France”, il faudrait pouvoir lui trouver des racines, des théologiens, des mystiques, représentatifs d’une filiation dans l’histoire de notre pays. De la Trappe de Soligny dans le Perche à l’abbaye de Sénanque dans le Luberon, en passant par le temple de l’Oratoire à Paris ou par la vieille synagogue d’Orgon en Provence, il n’en existe pas.

Le préfet Lallement qui aime citer Trotski imagine-t-il inaugurer la série ?

La réalité des communautés musulmanes que l’on recense dans l’Hexagone ne se révèle pas seulement divisée : elle se trouve déchirée entre des influences, toutes étrangères.

Citons en particulier celles qui se sont opposées à la tiédasse charte des valeurs officielles. Il s’agit : du Tabligh fondamentaliste et de son organisme Foi et Pratique ; de l’ex-UOIF renommé Musulmans de France, succursale des Frères musulmans ; et du Milli Görüs turc représenté par Fatih Sarikir. Dans la doctrine et dans la pratique de ces courants, la religion musulmane sert à combattre toute assimilation. La plus “francisée”, ne lui en déplaise se situe à la Grande Mosquée de Paris, dans l’orbite de l’État algérien qui, sauf erreur, n’aime pas beaucoup s’entendre dire qu’il procède de 12 départements anciennement français.

Avec quelles autres influences se trouve-t-elle ainsi en concurrence : d’abord celle du Maroc dont le roi se veut lui-même commandeur des Croyants ; de plus en plus avec celle de la Turquie, via une diaspora qui considère l’assimilation comme un crime contre l’humanité, et via les Frères Musulmans qui, chassés d’Égypte sont passés sous protection d’Erdogan ; et enfin celle de l’Arabie saoudite qui encourage et finance les salafistes.

Où est-il donc l’islam “de France” ? Dans les rêves de nos technocrates, peut-être ; dans la réalité nationale sûrement pas.

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Qui a peur de Marion Maréchal ?, par Jean-Gilles Malliarakis

Depuis le 27 décembre, une étrange bronca se développe dans les rangs de la gauche et de la petite gauche qui, ralliée à la Macronie en 2017, n’en conserve pas moins ses réflexes sectaires. La caque sent toujours le hareng.

Rendez-vous compte du scandale : un collaborateur de l’Élysée, sans fonction officielle très précise à dire vrai, Bruno Robert-Petit a osé déjeuner avec la directrice de la nouvelle école libre de Sciences politiques, l’Issep, qui ose elle-même concurrencer, à Lyon, l’institut parisien de la Rue Saint-Guillaume, désormais décadent. Madame Marion Maréchal portant le lourd fardeau d’un grand-père nationaliste bien connu, ayant siégé le temps d’une législature comme élue de Carpentras, est donc désignée infréquentable, contagieuse, etc. Partager avec elle un repas où on a peut-être même évoqué autre chose que le réchauffement climatique, c’est à peu près comme avoir porté un uniforme d’infamie.

L’inventaire des réactions indignées ne manque pas de faire sourire, une fois surmonté le premier étonnement.

Ce sont vraiment de glorieuses sentinelles de l’antifascisme qui montent au créneau.

Astrid Panosyan, cofondatrice et trésorière d’En marche s’exprime d’un tweet : “Il y a des gens qu’on ne “sonde” pas “à titre personnel”, on les combat à titre collectif. Marion Maréchal et toute sa clique en font clairement partie“.

Bariza Khiari, membre de la direction de La République en marche s’étrangle : “Incompréhensible, ce déjeuner. Une faute !

Hugues Renson, vice-président macronien de l’Assemblée nationale, théorise : “Avec l’extrême droite, on ne discute pas, on ne transige pas. On la combat.”

François Cormier-Bouligeon député LRM du Cher égrène la liste de ses détestations : “pour aider à se souvenir de ce qu’est l’extrême droite française : Le Pen père, fille, nièce, Tixier-Vignancour, Pétain, Laval, Maurras, Barrès, Déroulède“.

Jean-Michel Mis député LRM se rengorge :”il n’y a rien que l’on fasse “à titre personnel” quand on a la chance[sic]de détenir une fonction éminente dans le premier cercle du pouvoir“.

Bien entendu, l’opposition de gauche surenchérit.

Alexis Corbière, élu de Bagnolet, supposé représenter lui-même la face civilisée du parti mélenchoniste La France insoumise fait mine de s’interroger : “Le macronisme, face à l’extrême droite, un rempart ? Non, un rencard.”

Clémentine Autain, dans tous les bons coups, surenchérit :”Un rempart ? Plutôt une passoire.”

Aurélie Filippetti, l’ancienne ministre de la Culture dont on se croyait débarrassé, se réveille et tranche : si Bruno Roger-Petit n’est pas démissionné immédiatement de ses fonctions imprécises, “c’est que le prétendu “nouveau” monde est en train de basculer vers du très très rance“.

Emmanuel Grégoire, premier adjoint d’Anne Hidalgo s’essaye à l’ironie : “Maurras et Pétain n’étaient pas dispos…

Esther Benbassa sénatrice Europe Ecologie-Les Verts croit pouvoir plastronner : “Macron s’invite chez l’extrême droite soi-disant discrètement. Raté. Tout le monde le sait“.

En regard de ce délirant, grotesque et révélateur florilège, on doit se féliciter de la sobriété de la réaction de la droite classique.

On peut en effet ne pas adhérer à toutes les opinions qu’exprime, en général avec talent Marion Maréchal. Reste que le “concept” qu’elle incarne fait légitimement peur à la gauche destructrice : c’est celui de l’union des droites, de toutes les droites. Depuis Mitterrand qui avait remis en selle Jean-Marie Le Pen en 1981 il est clairement établi, théorisé par Mitterrand lui-même, que la gauche en France ne peut être majoritaire qu’artificiellement, en divisant les droites, majoritaires dans l’opinion française.

Ce qu’il a fait, il convient de le défaire. Marion Maréchal s’y emploie.

Quoiqu’on puisse penser de telle ou telle de ses prises de position, il faut la soutenir sur ce point et les réactions de nos adversaires le prouvent.

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Le PCF en son centenaire honteux, par Jean-Gilles Malliarakis

Crimes communisme

On s’achemine, dans les jours qui viennent, vers une évocation certainement urticante, des travaux du congrès du parti socialiste à Tours en 1920. La majorité des délégués y décida, au terme de 4 jours de débats, du 25 au 28 décembre, de transformer cette organisation en Section française de l’Internationale communiste créée à Moscou par Lénine en 1919.

L’appellation unique de PCF, parti communiste français, qui subsiste aujourd’hui encore, ne se substitua définitivement à celle de SFIC qu’en 1943. Il ne s’agissait pas d’un quelconque camouflage pseudo-patriotique, comme on l’entend si souvent affirmer, mais en application de la décision de Staline lui-même de dissoudre le Komintern.

La question qui était alors posée revenait à adhérer ou à ne pas adhérer à la IIIe Internationale. Le vote des délégués se traduisit par 3 208 mandats favorables à l’adhésion et 1 523 opposants.

Ceux-ci allaient être chassés du parti, conformément aux 21 conditions imposées par la direction de Moscou. Celles-ci furent rappelées brutalement par Zinoviev, dans un télégramme daté du 24 décembre, lequel sera lu le 28 : dehors les réformistes ! Dehors les révisionnistes qui osent remettre en cause le catéchisme marxiste dogmatisé par Engels ! Dehors enfin les partisans de la démocratie et autres complices de la bourgeoisie.

Une 22econdition sera imposée, un peu plus tard par Trotski. Elle fut formulée en novembre 1922, précisément à l’encontre du parti français. Le texte de 5 pages conclut sans ambiguïté : “la franc-maçonnerie est une plaie mauvaise sur le corps du communisme français. Il faut la brûler au fer rouge.” Cette chirurgie d’un genre spécial mettra longtemps à se cicatriser, un peu sous le front populaire d’abord, à la faveur de la résistance et surtout de la déportation, et jusqu’au règne dérisoire et éphémère du fossoyeur Robert Hue. En tout cas elle conduisit au départ de pas mal des majoritaires du congrès de Tours.

La question cruciale fut soulevée par Jean Longuet, petit-fils de Karl Marx et chef de file de la minorité : toute la décision au sein du Komintern était concentrée à Moscou qui s’attribuait le droit de juger sans appel.

Autre critique, celle de Léon Blum, lequel se réfère encore au marxisme : le caractère dictatorial du fonctionnement interne.

On doit s’attendre à l’occasion de cet anniversaire, submergeant quelques heureux rappels, au déferlement de quelques mensonges habituels.

Comme la plupart des partis socialistes d’hier et d’aujourd’hui, l’organisation française unitaire comportait plusieurs grandes tendances. Jaurès… Jules Guesde… Elle était issue en 1905 des efforts d’unification, préparés en 1904 par le congrès de Berne de la Deuxième Internationale. Mais ses déchirements s’étaient trouvés aggravés par la question de la guerre européenne.

Issu de la majorité hostile à la guerre, le PCF tout au long de son Histoire n’éprouva aucune difficulté à saboter la défense nationale. Son chef Thorez déserta en 1939 et s’enfuit en URSS. L’attitude du Parti pendant la drôle de guerre refléta l’alliance entre Staline et Hitler. On minimise à tort aujourd’hui la démarche de Tréand demandant aux autorités d’occupation le droit de faire reparaître L’Huma en 1940. Pendant les guerres d’Indochine et d’Algérie, il aide activement le Vietminh et le FLN.

Tous ces exploits sont demeurés pratiquement impunis. Petit à petit, des 25 % de suffrages qu’il recueillait dans l’immédiat après-guerre, ce parti de l’anti France est passé au-dessous de 2 %. “Révélation,nous dit-on, de la campagne des européennes”[1]de 2019, Ian Brossat culmine à 3 % dans les sondages, atteint 3,2 % à Paris où il sévit comme premier adjoint de la mégère Hidalgo, mais seulement 2,5 % au plan national. Le peuple s’en est écarté.

Le marasme persiste. Aussi certains bons esprits croient possible de s’en désintéresser.

Mais d’abord le PCF demeure une composante obligée de toutes les opérations unitaires de gauche, et il sévit toujours aussi à la tête de la CGT, syndicat en déclin certes mais toujours tout puissant dans les services publics, et de la FSU, majoritaire dans l’Éducation nationale.

Et puis, ce même parti exerce un incroyable diktat mémoriel. Les noms de Thorez, Duclos, Frachon, Marcel Paul, Croizat, etc. continuent de souiller les rues et avenues de nos villes. Tant que l’on ne les aura pas, au moins, effacés des mémoires, leur ombre obscurcira le chemin du redressement du pays.

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Macron reconfine la France – Les Technocrates contre le pays réel, par Jean-Gilles Malliarakis

Au lendemain des deux journées du 27 et du 28 octobre, on ne peut pas se contenter d’être seulement atterrés. La manière dont est imposé le reconfinement, le chef de l’État n’ayant fait recevoir les dirigeants politiques que par son valet de chambre, un personnage de moins en moins crédible à dire vrai, incapable de dire sur quel projet il faudrait se prononcer, les a tous scandalisés.

Une fois encore votre chroniqueur tient à bien préciser son ignorance de la dimension médicale des problèmes. Et il ne donc peut se fier, dans ce domaine, qu’aux prescriptions officielles.

Certaines sont sans doute indispensables : ne les contestons pas en tant que telles.

Interrogeons-nous sur la manière.

Ce qui nous consterne en effet n’appartient pas au domaine des décisions, mais des indécisions… des changements de pied… des incertitudes permanentes.

Du point de vue économique rien n’est pire que l’incertitude, pour toute la partie de la société qui n’est assurée d’aucun revenu fixe.

“Étudier dans le doute, réaliser dans la foi” : cette belle et salubre devise du président Salazar reste entièrement ignorée des gens qui nous gouvernent.

Il fallait écouter les professions. Elles avaient des solutions, différenciées selon les métiers.

On ne l’a pas fait.

Le 26 octobre le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, pas vraiment un bolchevik, avait clairement mis en garde : “si on reconfine totalement comme on l’a fait en mars, ce n’est pas moins 10 % de récession qu’on risque, c’est un écroulement de l’économie”. Et ce point de vue reflète celui des grosses entreprises, les seules que l’on prend en considération.

Les petites entreprises, mais aussi les intérimaires, les précaires, les étudiants de conditions modestes qui travaillent pour payer leurs études, tous les non-salariés seront voués à la ruine.

Ne nous y trompons pas : en direction de ces interlocuteurs, les promesses de mars n’ont pas été tenues. Celles de cet automne le seront encore moins : les finances publiques ne suivront pas.

Un vieux cheval sait assez vite juger son cavalier : le peuple français

Les responsables des divers partis, avaient été conviés à entendre de la bouche du Premier ministre que celui-ci ne savait même pas de quelle nature seraient les décisions qui seraient prises, non par le Gouvernement mais par un soi-disant conseil de défense [sanitaire].

Ceci viole ouvertement la Constitution qui dispose, en son article 20 : “Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la nation. Il dispose de l’administration et de la force armée. Il est responsable devant le Parlement dans les conditions et suivant les procédures prévues aux articles 49 et 50.”

Visiblement en accord avec les autres formations politiques, Christian Jacob, par exemple, prononce sobrement, comme bien souvent, les mots justes. Lui-même homme du pays réel, agriculteur de la Brie, élu de Seine-et-Marne, il observe : “des mesures prises sous la contrainte, en prenant en compte très partiellement une partie des conséquences désastreuses sur le plan économique du confinement du printemps. Sur le plan de la santé il a tenté de justifier l’injustifiable car rien n’a été fait pendant huit mois… Voter jeudi ? Cet exercice ne rime à rien. On va voter sur quoi ? Le parlement est fait pour légiférer, pas pour émettre un avis sur la prestation télévisée d’un président de la république”

Que pourront valoir en effet les débats suivis de votes prévus ce 29 octobre, après coup, à l’Assemblée nationale et au Sénat ?

Le grand Bossuet, qui semble une sorte de porte-parole de la monarchie absolue rappelait en son temps : “Le plus grand dérèglement de l’esprit c’est de croire que les choses sont par ce qu’on veut qu’elles soient. Il est quelquefois fatigant d’être contredit, mais il est dangereux de ne l’être pas. La plus funeste adulation pour un roi serait la médiocrité des hommes avec lesquels il vivrait habituellement en contact, médiocrité qui, lui donnant à lui-même le sentiment d’une supériorité factice, l’habituerait à ne compter que sur son propre jugement.”

Rappelé à Dieu en 1704, celui qu’on appelait l’aigle de Meaux, n’a cependant pas connu les terribles dernières années du gouvernement du Grand Roi, celles de son ministre Michel Chamillart, dirigeant à la fois la fois les Finances et la Guerre, confronté à la crise financière de 1709 et à la guerre de Succession d’Espagne. Compagnon de billard du vieux monarque, il ne sut prendre que des mesures monétaires désastreuses. Inspirées certes par une grande honnêteté, elles ruinèrent le pays. Et en 1715, ce fut une immense impopularité qui sanctionna la fin ce règne, si glorieux 30 ans plus tôt.

Deux siècles plus tôt, Machiavel l’avait souligné : “un prince se juge surtout par les hommes qui l’entourent”.

Que penserait, aujourd’hui, le secrétaire florentin, de l’homme de l’Élysée ?

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

La fièvre monte à Ankara, par Jean-Gilles Malliarakis

Par deux fois, le 24 et le 25 octobre, Erdogan a explicitement insulté le tenant du pouvoir parisien, l’accusant de troubles mentaux, à la suite de son discours de la Sorbonne. Difficile dans ces conditions de ne pas donner raison à Clément Beaune, secrétaire d’État aux affaires européennes, quand il dénonce “une volonté de déstabilisation”de la France de la part gouvernement turc. Dans un tel contexte on peut légitimement conclure que “ce n’est pas un hasard s’il n’y a pas eu de condamnation officielle”,par la Turquie, de l’immonde attentat du 16 octobre.

Les officieux atlantistes affirmaient, 48 heures plus tôt, le 22 octobre, que “l’incident du Courbet est dépassé. L’OTAN essaie d’oublier”, tout se passant bien au mieux la meilleure des alliances euro-turques… Ils se trompaient : ce ne sont plus les militaires kémalistes d’hier, ni les vieux cercles diplomatiques, qui mènent la danse à l’est du Bosphore, mais un pouvoir politique s, au contraire, a parfaitement compris désormais que le mégalomane d’Ankara “se présente en protecteur des musulmans de façon complètement instrumentalisée”.

Dans Le Point, le 25 octobre, Luc de Barochez cherche, par exemple à comprendre “comment Macron est devenu la tête de turc d’Erdogan

Selon son analyse “le brûlant antagonisme franco-turque prouve que la lutte contre l’islam radical en France ne peut pas être détachée de son contexte international“. Au départ, en effet observe-t-il, “entre eux, cela n’avait pas trop mal commencé. En janvier 2018, Emmanuel Macron déroulait le tapis rouge à Recep Tayyip Erdogan. Le président de la République était alors le premier dirigeant d’un pays de l’Union européenne à recevoir son homologue turc depuis le coup d’État manqué qui avait visé ce dernier en juillet 2016. La France, qui disait vouloir sortir la Turquie de son isolement diplomatique, était le grand État européen avec lequel le despote du Bosphore entretenait les moins mauvaises relations. Ce n’était pas le cas de l’Allemagne ; en 2017, Erdogan avait accusé les dirigeants allemands, etc.”

Car la question essentielle, sur laquelle aucun compromis ne sera possible avec lui, reste celle de l’organisation du culte mahométan en Europe. Le gouvernement d’Ankara, et notamment la Diyanet dirigeant la vie religieuse, gestionnaires des centaines d’imams détachés qu’elle rémunère, souhaitent clairement en prendre la tête au nom de tous les sunnites.

Dans ce contexte, si la fièvre monte et si les tensions se multiplient, non seulement avec la France, mais aussi avec tous ses voisins, c’est d’abord dans la mesure où Erdogan s’emploie à balayer l’influence des pays arabes, et peut-être même leur existence en tant qu’États indépendants. S’adressant à aux parlementaires ce 1er octobre, il est allé ainsi jusqu’à menacer « “Certains pays de notre région n’existaient pas hier ; ils n’existeront peut-être pas à l’avenir…”On ne fait pas dans la dentelle.

Quelques jours plus tard, dans le journal officieux Okaz, le 4 octobre, un analyste proche du pouvoir saoudien, Abdel Aziz Razan ripostait, non moins clairement :”Les crimes [d’Erdogan] contre les peuples arabes, les massacres qu’il a perpétrés en Syrie, au Kurdistan irakien et en Libye doivent être dénoncés”.

L’ignorance abyssale de nos dirigeants au sujet des réalités objectives et des conflits séculaires au sein de l’islam explique sans doute un certain nombre de leurs décisions. Ceci remonte en partie à des décennies.

Et pour un Jacques Soustelle, homme de culture, de bonne foi et de vrai patriotisme inventant en 1955 le concept d’intégration, combien de troubles politiciens ont trahi cette notion elle-même !

Bien entendu il ne s’agit pas de calquer point pour point la lutte de la France pour rester française, car c’est aussi de cela qu’il s’agit aujourd’hui, avec les événements d’hier : ni ceux qui aboutirent à l’indépendance tragique de 1962, ni à la guerre civile qui déchira cette même terre 20 ans plus tard.

On notera toutefois que l’on peut, que l’on doit, tirer les leçons de ces deux expériences sanglantes. On ne peut certainement pas accepter à ce sujet le discours de la repentance. Pratiquée par Macron dans certaines de ses scandaleuses déclarations, particulièrement maladroites à propos de l’Algérie, confirmées par le choix d’un Stora chargé d’officialiser une mémoire antifrançaise, l’auto flagellation mémorielle fait le jeu de l’islamo-terrorisme.

Un même écueil freine en l’occurrence l’application nécessaire de la tradition française d’assimilation des étrangers, c’est-à-dire pour parler clair de leur processus de fusion dans un seul peuple. L’obstacle provient de la manipulation systématique de la “communauté”par ce que nous appelons aujourd’hui islamisme “radical”– on parlait autrefois de fanatisme. Il s’agit bien , fait, d’un état d’esprit parfaitement incompatible avec la nation-contrat, telle qu’elle a été définie par Renan et telle qu’elle semble aujourd’hui la seule doctrine possible définissant la nationalité française.

L’islamo-terrorisme déchire la nation-contrat : il faut déchirer l’islamo-terrorisme

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

L’islamisme ne passera pas, par Jean-Gilles Malliarakis

La semaine écoulée aura été marquée, pour la France, par la plus grande urgence qui pèse sur le pays. Il ne s’agit pas en effet de la pseudo-guerre annoncée en mars contre le virus. Nous nous trouvons bel et bien en présence d’une véritable agression armée. Elle se confirme désormais comme permanente. Mais nous ne pouvons l’identifier que comme celle que nous mène l’islamisme radical.

On doit constater hélas, que 5 ans après les attentats de 2015, le quotidien officieux Le Monde pouvait encore souligner, ce 16 octobre :”face au Terrorisme, l’urgence d’un large débat en France”. On nous dit : “urgence “. Mais depuis combien de temps le répète-t-on ?

On évitera peut-être de rappeler que l’expression sourire kabyle était hélas bien connue naguère.

À peine remarquera-t-on que l’acte atroce d’égorgement, commis à nouveau, à Conflans-Sainte-Honorine cette fois, est désigné comme une décapitation. Certains esprits mal orientés penseront peut-être que le jacobinisme, après l’avoir tant pratiqué il y a plus de deux siècles, en croit la pratique légitimée.

N’ironisons même pas sur la nature et la structure des “débats” tels que les organisent les bien-pensants. On se contentera de souligner avec l’auteur de l’article, Jacques Follorou, que “ces cinq dernières années, l’État n’a pas souhaité entreprendre le travail de vérité, pourtant nécessaire, sur le terrorisme, sa nature, son origine et son contexte.” (1)

Quand apparaissent ce genre de constats, on doit hélas observer que les commentateurs agréés ne nous parlent que de la défaillance de l’État. Or cette entité, illusion indistincte, se voit pourtant appelée cependant en toutes circonstances à nous sauver. On ne se réfère jamais ni au régime appelé république, ni aux institutions précises que celle-ci délègue sans réserve à certains corps administratifs bien réels où se situent, manifestement, les erreurs à répétition.

On peut même penser qu’il nous est interdit, qu’il est jugé de mauvais goût, de critiquer l’inaction.

Lorsqu’en janvier 2016, le Premier ministre Manuel Valls, de formation trotskiste en apparence assagi avait été confronté à l’attentat de l’Hyper Cacher, il avait déclaré sans regret “qu’expliquer, c’est déjà vouloir un peu excuser“.

Douze mois auparavant, lors de ses vœux à la presse de janvier 2015, le même personnage avait cependant dénoncé lui-même un prétendu “apartheid territorial, social, ethnique“.

Du fait de l’idéologie socialiste à laquelle ce ministre d’hier se raccrochait, comme tant d’autres, unis par-delà la séparation théorique des pouvoirs, il se cramponnait à cette culture de l’excuse et de l’égalitarisme qui fait tant de mal. Les islamistes eux-mêmes s’en nourrissent toujours à l’envi. Comme les bolcheviks ils se veulent et se proclament les damnés de la Terre, et leurs prédicateurs ne manquent jamais de le leur rappeler.

Mais, dans le discours officiel, pas question bien sûr de lier leur flot de haine au laxisme migratoire, et encore moins à leur RATP, Religion d’Amour, de Tolérance et de Paix.

Les Tchétchènes, cette intéressante petite nationalité recrachée par l’ex empire soviétique, sont évalués au nombre de 17 000 sur le sol français (2). Leur brillante communauté s’était déjà illustrée en juin à Dijon. Quelle mesure a-t-on prise dans les 4 mois qui ont suivi ?

M. Darmanin a annoncé, à la suite d’une réunion avec les préfets, et comme s’il s’agissait d’une mesure virile, ce 18 octobre l’expulsion de 231 étrangers dangereux. Cette rodomontade, complaisamment relayée par Europe 1, vise en fait 180 individus détenus et 51 autres, qui devront être arrêtés, puisqu’ils se trouvent en liberté. Impossible donc de prendre au sérieux cet insignifiant chiffrage. Le problème réside également en ceci que cette décision d’expulser état déjà connue le 14, veille de l’attentat, et qu’elle n’a pas été renforcée.

Si l’on souhaite, par conséquent, barrer la route aux islamo-terroristes, ce n’est pas sur nos vaseux communicants, en quête de réélection, que les citoyens doivent miser. Ils ne peuvent compter, que sur leur propre mobilisation résolue sur le mot d’ordre : l’islamisme ne passera pas.

(1) cf. l’article signé Jacques Follourou.
(2) Chiffre officiel ; d’après le criminologue Xavier Raufer, ils seraient en fait 50 000…

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

La rentrée de la gréviculture, par Jean-Gilles Malliarakis

C’était la rentrée des classes ce 1er septembre. C’est aussi le recommencement de l’agitation systématique programmée par les bureaucraties syndicales. Ainsi donc la CGT-Cheminots confirme qu’elle s’apprête à empoisonner la vie des Français qui travaillent. Premier syndicat à la SNCF, elle a en effet déposé un préavis de grève pour le 17 septembre. Ceci entrera dans le cadre d’une Journée nationale d’actions soi-disant « pour l’emploi, pour les salaires et les retraites. » Vaste programme. Nouvelles complications en vue dans la vie quotidienne des Français. Pour rien.

Le mot d’ordre remonte à juillet. Il a été repris par la FSU, Solidaires et plusieurs organisations de jeunesse.

L’annonce de cette grève a été, bien poliment, trop prudemment, critiquée par le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire. Celui-ci déclare avoir « du mal à comprendre » cette grève alors que le plan de relance prévoit des investissements massifs dans le ferroviaire ainsi qu’une reprise de la dette de la compagnie ferroviaire à hauteur de 35 milliards d’euros. On ne sort pas d’une ligne constante de relative complaisance de la part de nos dirigeants.

Et, puisque M. Le Maire dit ne pas comprendre, essayons de lui expliquer ce qu’est et à quoi sert l’appareil de la CGT.

Les staliniens en ont repris le contrôle total depuis l’éviction de l’éphémère Thierry Lepaon et la nomination de Philippe Martinez comme secrétaire général en 2015.

Autrefois, c’est-à-dire entre 1943 et 2002, on pouvait considérer légitimement la centrale de Montreuil comme une simple courroie de transmission du PCF. Cette appellation officielle de parti communiste français est apparue, rappelons-le, dans le contexte de la clandestinité, où l’appareil était plongé depuis sa dissolution par le décret Daladier de 1939, lui-même consécutif au pacte germano-soviétique. Sa promiscuité avec la résistance, après le 22 juin 1941, permit ainsi de redorer le blason de la Section française de l’Internationale communiste. Dans le même temps le vieux dirigeant de la CGT d’avant-guerre, Léon Jouhaux allait être évincé en 1945 au profit de Benoît Frachon. Celui-ci demeura secrétaire général de la Confédération pendant 22 ans, puis président jusqu’à sa mort, en 1975. Il restait officiellement, et même statutairement, membre du bureau politique du Parti. Il avait fait partie du petit groupe des 4 rédacteurs, en janvier 1944, du tract de 6 pages, pompeusement intitulé Les Jours Heureux. Il y avait travaillé en association avec Duclos et deux autres communistes, Mercier et Villon : ce document est aujourd’hui présenté comme représentatif du projet de la Résistance avec un grand R, à l’origine de ce que l’on appelle aujourd’hui encore le Modèle social français.

Depuis 2002, les choses ont légèrement évolué. C’est cette année-là, que le jeune Martinez aurait en effet cessé d’appartenir officiellement à l’appareil du Parti, pour se consacrer pleinement dans la Fédération cégétiste de la Métallurgie. À l’élection présidentielle le candidat communiste Robert Hue n’avait obtenu que 960 000 voix, 3,4 % des suffrages exprimés, deux fois moins qu’en 1995, et nettement moins qu’Arlette Laguillier 1 630 000 voix, 5,7 %. Ce score désespérant, inférieur aux 8,6 % de 1995, imposait une présentation nouvelle de la vieille nuisance. Celle-ci continua sa descente aux enfers : en 2007, Marie-Georges Buffet allait obtenir 1,9 % des voix ; aux européennes de 2019, dernier test grandeur nature la liste conduite par Ian Brossat, l’espoir du Parti, fait un saut de puce à 2,5 %. Depuis les législatives de 1997, on sait, par ailleurs, que cet électorat fondant ne se recrute plus dans les familles ouvrières, et moins encore chez les paysans, mais chez les fonctionnaires, les enseignants et les personnels à statut protecteur de la SNCF, Edf, etc.

Ce déclin du PCF s’accompagne aussi de celui de sa Presse. Bien plus, la CGT, toujours dominante dans le secteur public étatisé, est devenue minoritaire, concurrencée par d’autres mouvements, dont la CFDT, dans les entreprises du secteur privé.

Ce n’est donc plus le parti communiste qui tire les ficelles de la CGT, mais au contraire celle-ci, qui dispose, notamment par l’intermédiaire des gros comités d’entreprise et autres institutions faussement sociales, des moyens d’action de l’appareil.

Quant à la FSU, scission syndicale communiste devenue majoritaire en 1992-1993 au sein de l’Éducation nationale elle signe elle-même ce changement de recrutement sociologique.

Le monde se transforme, la société évolue, mais les staliniens, eux, demeurent impavides et incorrigibles.

Ils continuent à saboter les entreprises et l’économie française, à décourager l’investissement dans l’Hexagone, accélérant les délocalisations industrielles, et, ainsi, à faire reculer l’emploi.

Au lendemain de la paralysie du TGV dans la nuit du 30 au 31 août qui vit une dizaine de trains et 5 000 voyageurs bloqués entre Dax et Bordeaux, la SNCF n’avait pas besoin d’une grève.

N’importe l’entreprise aux cégétistes et leurs camarades de Sud-Rail. Dans toutes les usines où ils sont implantés les staliniens et les trotskistes persistent à maintenir la rigidité de leurs pratiques désastreuses dont l’effet délocalisateur ne devrait échapper à personne. Pourquoi fabriquer en France aux conditions du fameux modèle, des charges, des 35 heures, et du syndicalisme à la française, dans le contexte de la concurrence européenne et mondiale ?

À la SNCF, autrefois performante mais où les problèmes se sont lourdement accumulés, depuis 25 ans, notamment sous le règne immobiliste de Guillaume Pépy, qui n’a rien résolu de 2008 à 2019, par peur des syndicats, au gré de la pseudo-réforme Cuvillier de 2014, cette hypothèque constante de la gréviculture et de l’agitation ne fait qu’alourdir les difficultés.

En faisant mine de ne pas comprendre, en annonçant de nouveaux investissements alimentés par l’argent des contribuables, à la merci de tels sabotages, le pouvoir technocratique continue cette ruineuse politique de l’autruche, dont les Français payent l’addition.

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Élections : l’enfumage continue, par Jean-Gilles Malliarakis

Dès le soir du deuxième tour, ce 28 juin, on pouvait entrevoir la manœuvre, grosse comme une maison. Mais il pouvait sembler un peu osé d’en anticiper complètement le développement. Hélas, dans un pays où les gouvernants nous prennent de plus en plus pour des jambons, la réalité, une fois encore, dépasse la fiction.

Première imposture, la Convention citoyenne porte de mieux en mieux son nom. Il est vrai que le régime républicain en France a été fondé, en septembre 1792, par une assemblée élue par 11,9 % des électeurs, un peu plus, soyons honnêtes, que pour l’Assemblée Législative en 1791, où la participation avait été de 10,2 %. Ces records d’abstention sont encore loin d’être dépassés. Mais on s’en rapproche et on conçoit qu’en l’honneur des grands ancêtres on appelle à nouveau Convention une réunion privée de représentativité.

Efficacement manipulé et longuement travaillé par de soi-disant experts non-contradictoires, l’échantillon artificiel des 150 néo-conventionnels s’est donc rallié à un programme prévisible, étrangement ressemblant à un projet issu de l’idéologie de la délicieuse et souriante Greta Thunberg.

Mais il ne suffit pas seulement d’intimider la pseudo-Convention, il faut également faire pression sur les assemblées délibératives qui détiennent encore, en théorie, le pouvoir législatif.

Cette pression sera double : d’abord on nous assène l’hypothèse de quelques ajouts de principe dans la Constitution. De modestes modifications, toutes petites en apparence, mais dont l’adoption même aura été mise en scène, nimbée d’emphase au point de l’emporter de façon péremptoire sur toute critique rétrospective. L’invention du mot “écocide”, – un néologisme particulièrement disqualifiant, – est en elle-même significative. Le progressisme n’accepte jamais d’être remis en cause, tel le message de Mahomet supposé “le sceau de la Prophétie” : revenir en arrière relève du blasphème – au moins jusqu’à ce que le système lui-même s’écroule.

Ensuite, et c’est là où l’enfumage électoral devient indispensable, il convient de permettre aux médias de dire n’importe quoi à propos des résultats, de les limiter à quelques grandes villes, et d’affirmer qu’il s’agit de la vox populi.

De toute évidence la prétendue vague verte, très modeste en réalité, n’est qu’un phénomène ne dépassant guère 7 ou 8 % de l’opinion. Elle ne constitue guère qu’une nouvelle phase du “dégagisme” qui s’est portée, en partie, sur le vote illusoire Macron au premier tour de 2017, puis sur les Gilets jaunes en 2018, ou sur la liste RN aux européennes, et maintenant, dans quelques grandes villes, sur certains listes de gauche effectivement “verdies” par l’adjonction de cette composante de l’extrême gauche. Mais si la gauche s’est élargie à sa dimension “écologiste” elle est loin d’avoir gagné partout et pas nécessairement sous cette forme.

On se demandait au soir du scrutin pourquoi le ministre de l’Intérieur, contrairement à la tradition, parlait si tôt et n’effectuait aucune synthèse du résultat, n’évoquant que les quantité de gel hydro alcoolique et autres prestations méritoires de l’administration, etc.

Il s’agissait en fait de passer aux médias le relais de l’enfumage.

Ainsi le président allait pouvoir passer à autre chose qu’à la prise en compte de l’esprit de la Constitution : ou bien le chef de l’État, désavoué par le peuple s’en va, ce que fit De Gaulle en 1969, ou bien il laisse le pouvoir au Premier ministre, que dans la lettre de la loi constitutionnelle de 1958 il ne peut pas contraindre à démissionner, ce qui donna aussi en 1986 la pratique de la cohabitation.

Mais de tels scénarios supposeraient que l’on accepte la démocratie, c’est-à-dire le pouvoir souverain du peuple.

Ni l’idéologie écologiste ni la technocratie relookée, pseudo-moderniste, celle du “monde nouveau”, n’acceptent une telle hypothèse. Pour la fustiger on a même inventé un doublon jargonnant : on parle donc de “populisme” un mot qui veut dire exactement la même chose, le pouvoir du peuple.

J’insiste aussi sur un point : le premier parti de France est de plus en plus celui des abstentionnistes. ; or, il a été alimenté volens nolens par le matraquage terrifiant, de mars à juin, des messages quotidiens du Dr Salomon. Les vieux enfants sages, ceux qui traversent dans les clous, ont été dissuadés de voter, laissant ainsi la majorité à ceux qui ne respectaient pas le confinement, confirmant un vieux chant révolutionnaire “la rue appartient à celui y descend”.

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Le piège de la dictature verte, par Jean-Gilles Malliarakis

La Convention artificielle de 150 personnes prétendument tirées au sort pour représenter la société civile peut et doit être regardée sous plusieurs angles.

Tout d’abord la démocratie se targue, par principe et par définition d’incarner le pouvoir du peuple. Et à de nombreux égards, il est loisible et même légitime de s’interroger quant aux nombreux points faibles qu’elle développe au sein des États dont elle inspire les institutions. Le gouvernement d’opinion vaut d’abord ce que valent le concept et la réalité de l’opinion publique : le court terme l’emporte trop souvent sur le long terme, et les choix des hommes de l’État soumis à l’élection reflètent le plus souvent leur préoccupation d’être réélus. À l’inverse toutes les expériences de non-réélection, y compris celle du non-cumul des mandats, se sont soldées par des échecs.

Les défauts intrinsèques de toutes les démocraties sont bien connus, depuis des siècles. Un certain Platon expliquait déjà que le point de départ de sa réflexion, qui d’ailleurs évolua considérablement après l’échec de ses premières propositions elles-mêmes utopistes, fut déterminé par la condamnation de Socrate en 399 avant Jésus-Christ dont il rend responsables les restaurateurs de la démocratie athénienne. L’Évangile nous laisse comprendre qu’entre Jésus de Nazareth et Barabbas, le peuple choisit Barabbas. Un certain Voltaire disait préférer être dévoré par un beau lion plutôt que par deux cents rats de son espèce. Un certain Rousseau écrivait que ce régime si parfait ne convient pas à des hommes : il inspira cependant les fondateurs de l’idée républicaine en France, et notamment à Robespierre, dictateur en 1793 et 1794, lui-même qui avait convaincu la Constituante de ne pas permettre l’éligibilité de ses membres à l’Assemblée Législative etc.

Toutes ces critiques méritent sans doute d’être rappelées, et au final on retiendra, cependant, avec Churchill que ce régime, sous sa forme la plus achevée, c’est-à-dire celui de la responsabilité parlementaire, se révèle certainement le pire, à l’exception de tous les autres.

En effet la force irremplaçable de la démocratie réside dans le débat : sans libre débat, aucune vérité ne saurait être découverte.

Un pays comme la France ne crève pas, en effet, de la liberté des opinions, qu’on doit probablement considérer comme l’essence positive des systèmes démocratiques : la France crève depuis deux siècles de l’égalitarisme, sous toutes ses formes, et précisément cet égalitarisme reste un tabou. Il est pratiquement interdit d’en débattre. Observez toutes les lois restrictives de libertés qui se sont imposées en France, et dont la mode s’est étendue en Europe : elles vont dans le même sens. La folie mémorielle prétendument “antiraciste” mondiale prend racine dans la glorieuse législation parisienne, etc.

Or un tabou écologiste supplémentaire est en train de se mettre en place d’une manière analogue.

On ne veut plus sauver l’homme de sa médiocrité originelle. Ce propos fondateur des religions disconvient au laïcisme, et il messied aussi, reconnaissons-le, à nos médiocrités elles-mêmes.

On prétend sauver la Planète, sauver le Climat, etc. On pourrait aussi revenir, en tant que de besoin, aux plus archaïques sacrifices humains, imaginant exorciser ainsi la colère des dieux. Au nom du Progrès bien sûr. Interdit d’en débattre, interdit même d’en rire.

Observons de plus près la ridicule petite Convention de 150 personnes réunies par la Macronie. Elles sont considérées, – on ne sait pourquoi – comme représentatives. Mais regardez bien les photos : elles donnent surtout l’impression d’incarner la sottise des groupes, l’intelligence du plus bête divisée par le nombre des participants. Il est couramment admis qu’un échantillonnage sociologique n’est tenu pour représentatif de l’opinion générale qu’aux alentours de 1 000 individus. Mais là, il s’agissait de propager des mots d’ordre, des impératifs, des slogans : 150 lambdas suffisaient.

Restera maintenant à empêcher que cette imposture soit érigée en précepteur de moraline à bon marché, comme si elle avait été dictée à Moïse sur le Mont Sinaï. Il est encore temps d’enrayer la dictature verte. On pourrait, à vrai dire, commencer ce dimanche par un geste civique, tant qu’il est encore temps, en votant par exemple pour les moins-disants en matière de délire écolo.

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Antiracisme et antifascisme comme prétextes, par Jean-Gilles Malliarakis

Dérivatifs presque aussi mondialement répandus que la pandémie du coronavirus, les manifestations mais aussi les violences et pillages de ces derniers jours, laissent évidemment perplexes. Partout dans le monde on nous somme de rendre hommage à George Floyd, cet honnête délinquant victime aux États-Unis d’une brutalité policière, certes assez choquante.

Et en France, par un effet de mimétisme inexplicable, on déterre une affaire présentée comme analogue remontant à plusieurs années, et des militants se rassemblent par milliers pour dénoncer un “racisme dans la police” amenant le ministre de l’Intérieur à s’aligner et à ordonner qu’on fasse de ce problème une priorité.

Sans doute les excès du confinement ont-ils contribué préparer une partie de la population à cette divagation unilatérale conduisant surtout au racisme anti-flic.

Or, dans la vague nouvelle de délires d’experts votre chroniqueur serait assez disposé à accorder une palme à un entretien avec Mme Naomi Klein militante écologiste et anticapitaliste canadienne de renommée mondiale publié par Le Monde ce 7 juin[1].

De son monceau de fadaises et pétitions de principes péremptoires pieusement recueillies on peut extraire cet aveu involontaire, fièrement résumé dans la phrase suivante : “Tous ces combats dans lesquels nous sommes engagés, que ce soit le combat contre les violences policières, contre le dérèglement climatique ou pour une économie juste, sont liés.”

Paradoxalement, oui, ces combats sont liés : par un même mensonge, par une même manipulation.

Quel autre rapport en effet, sinon celui d’une manipulation identique des prétextes au rassemblement des utiles idiots.

Car rien de tout cela ne doit être considéré comme vraiment nouveau.

C’est par exemple en 1935 que le Komintern adopta sous la conduite de Dimitrov l’étiquette antifasciste. Jusque-là l’Union soviétique avait fait fort bon ménage avec le gouvernement qui dirigeait l’Italie depuis 1922, ses principaux adversaires désignés étant l’Empire britannique et, secondairement la France. Au cours de la guerre d’Espagne certes Staline encadrera les fameuses Brigades internationales sous prétexte de soutenir le gouvernement républicain, mais il se révéla très vite que leurs cibles principales étaient les trotskistes et autres anarchistes. De même en 1939, il s’allia avec Hitler qui “traîtreusement” se retourna contre lui en 1941, etc.

Mais pour la terre entière la vaillante URSS était devenue le parangon de la lutte contre le fascisme.

De même pour le “racisme” dont on nous assure désormais qu’il caractériserait la société française. Pas assez accueillante nous dit-on.

La société soviétique d’hier et la société chinoise d’aujourd’hui, alors que les communistes du monde entier répercutaient les slogans “antiracistes” à sens unique, n’ont jamais accueilli les vagues de migrants qui frappent aux portes de l’Europe. On se demande pourquoi.

Face à la folie et au mensonge, une seule réponse : raison garder.

Face à l’islamo-terrorisme et à l’invasion, en revanche, la vigilance et la lutte s’imposent, sans concession.

[1] cf. Entretien avec Naomi Klein :”Seule une réponse très audacieuse à la crise nous mènera quelque part”

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Vers un monde plus dur, par Jean-Gilles Malliarakis

De charmants rêveurs voudraient nous faire croire que le monde d’après, qu’ils cherchent à anticiper, verra plus de petites fleurs, entendra mieux le chant des oiseaux, et troquera, bien sûr, l’automobile pour la bicyclette. Ce babil enfantin, un peu affligeant pour les grandes personnes, sied sans doute aux bobos des grandes villes.

Mais, à dire vrai, il semble assez éloigné des réalités qui malheureusement se dessinent.

Le président de la République ayant par hasard croisé, ce 17 mai, la route qu’il devrait prendre chaque jour, a cru bon d’inaugurer les chrysanthèmes, souvent délaissées par ses prédécesseurs du monument de Montcornet. Limitant la durée de son discours, pour une fois et par bonheur, à 16 minutes, il exaltait ce qu’il appelle l’esprit de résistance.

Sans doute ce grand garçon gagnera-t-il bientôt, quand il aura quitté les palais nationaux, à pouvoir lire quelques bons livres. Ils existent, s’agissant des combats de mai-juin 1940 et de la situation stratégique dans laquelle se trouvaient, à la fois, le pays réel et la troisième république agonisante. Je me souviens ainsi qu’en 1963 Jacques Chirac, collaborateur du Premier ministre à la cour, et maître de conférence convenable à la ville, un métier auquel il aurait dû rester fidèle, nous recommandait de lire Benoist-Méchin et même Beau de Loménie.

Au même âge le chef de l’État prétend avoir fréquenté la pensée de Paul Ricœur : il serait temps pour lui d’en sortir.

Car le temps presse : le monde actuel voit l’ensemble des pays occidentaux, aussi bien l’Europe de l’ouest que l’Amérique du nord, mais aussi le Japon, mais aussi l’Inde, mais aussi la plupart des pays d’Asie centrale et orientale, tous menacés par deux ennemis, et pas seulement deux partenaires : l’islamisme radical et le communisme chinois.

Ce 17 mai notre président se rendait sur les champs de batailles d’autrefois. Il invitait à se souvenir de Montcornet. Peut-être sa communication cherchait-elle à faire mieux oublier Azincourt, Pavie, Waterloo ou Sedan, et toutes les sanctions, infligées par l’histoire, à nos dirigeants frivoles et arrogants de toujours, dont nos technocrates assurent la continuité.

Le même jour, dans le monde réel, à Téhéran, Mohammad Javad Zarif ministre iranien des Affaires étrangères prétendait mettre en garde les Etats-Unis contre la présence de leur Marine dans les Caraïbes. Toute intervention américaine aurait pour effet, gronde-t-il, de perturber la livraison de pétrole iranien au Venezuela. La veille 16 mai, en effet, l’agence de presse Fars, émanation officieuse du régime des mollahs avait fait état du déploiement de 4 navires américains dans la région faisant craindre “une possible confrontation avec les pétroliers iraniens”.

Le régime de Caracas, en situation de faillite, largement dépendant désormais des financements chinois effectue actuellement avec l’Iran des transactions payables en or. Téhéran est ainsi chargé de remettre sur pied l’industrie pétrolière détruite par la mainmise depuis 20 ans de la mafia chaviste sur le monopole d’État PDVSA.

Paradoxe inouï, cette belle réussite du socialisme au XXIe siècle s’impose à un pays qui dispose des plus importantes réserves d’hydrocarbures du monde.

Mais la coopération grandissante entre la république islamique iranienne et la dictature marxiste vénézuélienne de Nicolas Maduro peut aussi surprendre certains, au regard des paradigmes idéologiques d’hier. Elle correspond hélas aux perspectives d’un XXIe siècle où se dessinent des affrontements de plus en plus durs. De bons esprits voudraient nous convaincre et, peut-être, se persuader eux-mêmes que les dirigeants occidentaux et les gouvernements du type de celui qui s’est imposé à l’Iran en 1979 auraient vocation à se rapprocher. Ce sont les mêmes qui voudraient maintenir un partenariat commercial profitable avec Pékin, son industrie esclavagiste sous-traitant les besoins de la grande distribution, aux États-Unis comme en Europe. Cette chanson va au rebours des confrontations qui s’annoncent. Elle ne sert qu’à désarmer nos peuples. Elles relèvent tout simplement de la trahison. Ceux qui, à 80 ans de distance, prétendent exalter l’esprit de résistance d’hier devraient en méditer l’actualité.

Personne ne saurait se féliciter des perspectives de la nouvelle guerre froide. Mais personne ne doit les ignorer. Et personne ne pourra s’y soustraire. Sauf à trahir.

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Covid-19 – Tiers-mondisation de la France ?, par Jean-Gilles Malliarakis

Toujours persuadé, au fond, que ce pays reste la cinquième ou la sixième puissance mondiale et devrait se comporter comme telle, Éric Zemmour s’exclamait ce 13 avril sur CNEws, dans son émission Face à l’Info : “Si on n’est toujours pas capables de produire suffisamment de masques, cela veut vraiment dire que l’on est un pays du tiers-monde.

Cette terrible question était formulée le 14 avril, avant même l’intervention présidentielle. Fidèle admirateur des institutions de la cinquième république, un peu contrarié cependant par les faits du demi-siècle écoulé depuis 1970, notre brillant polémiste en attendait manifestement un caractère providentiel.

Or, il plaidait pour la fin du confinement la plus rapide possible. Le processus avait déjà été enclenché dans l’Europe du nord, en Autriche comme dans la majorité des Länder allemands notamment, en Tchéquie et même dans les deux pays les plus touchés, l’Italie et l’Espagne. Ainsi, la date choisie par le gouvernement de Paris pour amorcer la délivrance des Français pouvait servir d’indicateur quant au problème évoqué plus haut : sommes-nous devenus, oui ou non, un pays du tiers-monde ? Le lecteur peut, dès lors, considérer que poser cette question revient à y répondre.

Bien des traits de l’évolution de notre société, de notre bureaucratie et de la classe politique ne laissent pas de nous conforter dans le sentiment de déclassement, de déclin et, à certains égards, de déchéance. Ne nous égarons pas, cependant, dans la délectation morose du sentiment de décadence : nous ne sommes pas en présence d’une fatalité collective, mais d’un renoncement de la part de nos dirigeants.

Mais il n’est pas de pays du tiers-monde qui se respecte sans des médias servilement aux ordres du pouvoir et des affairistes de connivence.

Les noms viennent trop facilement à l’esprit pour que quiconque puisse douter de cette situation au sein comme au voisinage de l’État central parisien. Et la servilité de certains commentaires convenus a confirmé la consistance de ce qui a cessé d’être une rumeur pour devenir une certitude.

Ainsi put-on entendre, au lendemain du discours tristounet du 13 avril, l’ironique festival suivant sur BFM :

Ruth Elkrief : “Une date, un ton, l’humilité, l’empathie. Une allocution très carrée, très précise. Il y a une manière d’être beaucoup plus proche des Français. Et il y a un horizon. [… ] Il rappelle que nous sommes tous des êtres humains fragiles.”

Apolline de Malherbe : “C’était un ton extrêmement humble, assez naturel. Il était assez franc, assez vrai. Ensuite, l’humilité pour lui-même et sur l’avenir. On a le sentiment du Paul Valéry qui dit que les civilisations sont mortelles. C’est une étape extrêmement importante.”

Anna Cabana : “Dans la tonalité, l’espoir renaît. Dans ses précédentes allocutions, il était très tragédien. Là, il nous parle de jours heureux à venir. C’est du lyrisme souriant.”

Thierry Arnaud : “On a bien compris que sa manière à lui de se réinventer, c’est vraiment de lutter contre les inégalités.

Alain Duhamel : “C’est son meilleur discours depuis le début, le plus humain. Un discours plus modeste, précis. Il y avait un ton, des réponses, un calendrier.”

Bruce Toussaint : “Merci Monsieur le ministre de nous avoir réservé vos premières réactions après le discours du président de la République.”

Ainsi va ce pays, ainsi va une partie du monde, celle qui s’agenouille devant l’Empire du capitalo-communisme chinois.

On félicite ce régime abominable pour son efficacité. On le remercie déjà pour son aide humanitaire. Bientôt on sollicitera ses financements. Car on accepte, jour après jour, de dépendre de l’aide de la dictature de Pékin. Nos technocrates la jugent indispensable sinon pour enterrer dignement nos morts, du moins pour combler le coût, évalué à 120 milliards d’euros, 15 milliards par jour, de la prolongation des mesures trop tardives, consécutives aux dégâts sanitaires, occasionnés par les mensonges des obligés du camarade Xi Jin-Ping.

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Quand la peur a pris le pouvoir, par Jean-Gilles Malliarakis

Les dirigeants politiques parisiens semblent avoir pris le parti de s’aligner, dans la crise actuelle, sur ce qu’ils présentent pour l’expertise médicale. On doit d’abord comprendre la peur panique qui commande cette attitude.

Tous craignent de se trouver débarqués comme le fut le malheureux professeur Mattéi, victime expiatoire au lendemain de la canicule d’août 2003, séquence pendant laquelle “Mattei était en vacances, son directeur de cabinet était en vacances, le directeur général de la Santé était en vacances“. Dans une telle circonstance “c’est le directeur adjoint de la Santé qui avait donné [la] réponse dont on sait qu’elle coûta son siège de ministre à Jean-François Mattei.” À savoir que “la Direction générale de la Santé l’avait rassuré, en lui disant que tout ça, c’étaient des bêtises”[1]

Jupiter a-t-il donc décidé de faire basculer le lieu du pouvoir des élus vers les experts ?

Un tel raccourci scandalise les intéressés eux-mêmes.

L’idéologie en effet ne perd pas ses droits.

Le successeur, au ministère de la Santé, de l’inodore et inconsistante Buzyn, marionnette de Big Pharma, représente en effet une couleur plus précise.

Celle-ci caractérise la Macronie et son prétendu nouveau monde. Olivier Véran, à la fois neurologue et homme politique, fut, en 2015, élu aux régionales sur la liste socialiste de l’Isère. On le retrouve en 2017, comme beaucoup de chevaux provenant de la même écurie, député macronien de Grenoble. En 2019, c’est sa compagne Coralie Dubost qui fit office de rapporteur de la loi dite bioéthique, tendant à permettre la fameuse PMA pour toutes.

Or, c’est en catastrophe, le 7 mars, que ce personnage au verbe un peu plus péremptoire que celui de pas mal de ses collègues a dressé la liste des 10 membres du comité d’experts qu’on appelle désormais conseil scientifique.

Il semble bien s’être exclusivement concerté avec Jean-François Delfraissy. Cet immunologue avait été bombardé en 2016, sous Hollande et Marisol Touraine, président du comité national d’éthique. Le nouveau ministre allait le nommer officiellement à la tête de la nouvelle instance le 11 mars. À noter que toutes les autres institutions qui régissaient jusqu’ici la santé, la médecine, les hôpitaux publics, la pharmacie, l’assurance maladie, etc. ont été priées de s’éclipser.

C’est cependant à la demande du chef nominal de l’État, que le spécialiste mondialement reconnu qu’est le professeur Raoult fut appelé en tant que 11e membre. Pièce rapportée, surnuméraire au sein de cet aréopage, ce cousin de province ne pouvait qu’incommoder la consanguinité parisienne. Au bout de deux heures, il fut amené à claquer la porte, recraché hors de l’entre-soi, tel un caillou dans l’omelette.

Peut-être ont-ils raison, ces experts : totalement incompétent dans leur domaine, votre chroniqueur se gardera bien de prendre position sous cet angle de questionnement.

Fallait-il cependant leur déléguer les pleins pouvoirs quant aux prises de décision ?

Jean-François Delfraissy lui-même s’est chargé de la réponse :”nous ne sommes,dit-il, que des experts, et nous n’avons pas de responsabilités politiques“.[2]

Son point de vue n’est donc équilibré par la concomitance d’aucune instance de nature à éclairer les autres aspects de la situation, en dehors de l’immunologie.

Or, on doit observer que Jupiter, de son propre aveu, s’est cru obligé de calquer ses propres oukases, point par point, sur les avis médicaux et assimilés.

Sous l’emprise de la peur il n’a pas su, pas voulu paraître tenir compte des autres paramètres, ceux qu’un véritable politique doit pourtant savoir faire entrer en ligne de compte.

La mission prétendument de simple conseil de ce comité explique pourtant l’absence, en son sein, du moindre économiste, du plus insignifiant des juristes… Pas d’urgentiste, pas de pneumologue non plus… Certes il peut se targuer de la présence d’un spécialiste de la modélisation. Certes, depuis le XVIIe siècle, depuis Leibniz, on pose la mathématique comme langage propre à décrire les réalités physiques. Et, depuis le XIXe siècle, on a trop pris l’habitude de transposer cette hypothèse aux sciences sociales. La modélisation mathématique ne fait que traduire en équations les hypothèses qu’on lui a transmises, erreurs comprises. Sa présentation peut éclaircir les questions : elle ne résout aucun choix de fond.

Cette erreur dans la distribution des rôles caractérise, depuis des décennies ce que nous appelions, il y a un demi-siècle la technocratie. Ce terme péjoratif a perdu de sa vogue. Mais le phénomène qu’il désigne s’est considérablement aggravé, par la faute des politiques et la sottise des médias.

Que les courtisans se rassurent en effet : rien ne sera perdu pour les progrès de l’étatisme. L’État promet jour après jour de régler les problèmes d’intendance, il n’y parvient pas. Il appelle à faire la guerre, sans savoir faire livrer les armes et les munitions à ceux qui combattent. Incapable de répondre concrètement à la crise, encore moins de la prévoir, le pouvoir tentaculaire de la haute administration saura pourtant s’arroger le droit d’agrandir encore.

La peur incite nos dirigeants à se défausser de leurs responsabilités, mais non de leurs prébendes.

[1] cf. Le livre du Professeur Didier Raoult “Épidémies vrais dangers et fausses alertes”, page 18, qui vient de paraître ed. Michel Lafon.
[2]cf. Le Pointn° 2483 daté du 26 mars.

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Le véritable objectif d’Erdogan en Syrie, par Jean-Gilles Malliarakis

À l’instar de ses alliés Frères musulmans, le président désormais tout puissant de la ci-devant démocratie turque se pose avec habileté en défenseur des droits de l’Homme et des libertés. Cela peut se comprendre dans certains pays de traditions dictatoriales. Jusqu’aux printemps arabes de 2011 régnaient des régimes à partis uniques plus ou moins laïcistes, comme en Tunisie, en Irak ou en Égypte.

Bien différente était la situation de la Turquie. Ce pays jouissait, depuis 1946, d’un statut certes chaotique, mais infiniment plus libéral. De façon très claire sa réforme constitutionnelle adoptée par référendum en avril 2017 lui confère des pouvoirs sans commune mesure avec ceux d’une démocratie présidentielle.

Néanmoins la naïveté internationale sans limites prend au sérieux le rôle qu’il prétend jouer de lutte contre le régime baasiste de Damas. Violant ouvertement la souveraineté de la Syrie voisine, il justifie son intervention militaire aux côtés de rebelles, essentiellement islamistes, en invoquant les droits qu’il muselle chez lui.

Cette tartufferie échappe de moins en moins aux responsables européens. Mais il semble que le but de ses agissements échappe encore à l’intelligence de nos technocrates.

Sans doute doit-on se féliciter des réactions indignées, dans divers pays de l’Union européenne, dénonçant le chantage turc à l’invasion migratoire. On ne peut qu’approuver ainsi celle de M. Le Drian. Le ministre français des affaires étrangères a en effet déclaré à la tribune de l’Assemblée nationale ce 3 mars : “l’usage par la Turquie des migrants comme moyen de pression et de chantage sur l’Europe est absolument inacceptable“.

On doit souligner aussi la nouveauté d’une solidarité, affirmée dans la défense des frontières européennes, aussi bien par Charles Michel que par Mme von der Leyen au nom de la Commission. Cette avancée géopolitique nécessaire doit être saluée.

Ne doutons pas cependant que le politiquement-islamiquement correct n’en restera pas là. Dès le premier jour après avoir lui-même déclenché la ruée vers l’Europe de milliers d’immigrants illégaux, Erdogan et son dévoué ministre Cavutoglu agitaient, avec beaucoup de conviction maintenant, le drapeau des droits de l’Homme.

Remarquons qu’ils ont très rapidement été relayés par nos moyens de désinformation. Le message hypocrite prétend faire honte aux habitants pacifiques des îles de la mer Égée qui, submergés et exaspérés, osent réagir contre ces réfugiés vrais ou faux, qu’ils ont accueillis ou supportés en surnombre depuis 5 ans. Les gens des fameuses “ONG” subventionnaires se montrent plus arrogants encore.

Mais le fond du sujet, l’objectif réel que poursuit le président turc, ne doit pas être dissimulé. C’est là que réside la cause de ces évènements et des interventions de la Turquie chez sa voisine méridionale, État souverain qui ne fait plus, depuis bientôt un siècle partie de l’Empire ottoman.

Le 26 février Recep Tayyip Erdogan s’exprimait devant le Türkiye Büyük Millet Meclisi, le parlement d’Ankara. Il affirmait ce jour-là, sur le ton agressif qu’on lui connaît, avoir dit à son allié d’hier Poutine, ennemi d’avant-hier, rival d’aujourd’hui et adversaire probable de demain : “Ôtez-vous de notre chemin” en Syrie.

Quel chemin ? Vers quel but ?

Le lendemain 27 février, il se souvenait de son appartenance à l’OTAN et demandait à celle-ci de se solidariser, sur le fondement du traité de Washington de 1949.

Le 28 février, le secrétaire général Stoltenberg s’exécutait de bonne grâce et s’exprimait dans ce sens lors d’un point de presse. Il semble toutefois avoir surinterprété le traité d’alliance. C’est l’article 6 de cet accord, remontant à la guerre froide qui en définit le périmètre d’application. Celui-ci comprend le territoire de ses membres, y compris les départements français d’Algérie. Cette dernière disposition, devenue caduque en 1963 semble difficilement extensible aux anciens vilayets ottomans de Syrie et d’Irak où s’aventure l’armée turque.

Dès lors, le 29 février, Erdogan entreprenait de tordre le bras à l’Union européenne, la menaçant sur ses frontières en exigeant que celle-ci s’aligne sur la position de l’OTAN.

Le 2 mars, le président bulgare Borissov se rendit aussitôt à Ankara pour tenter d’organiser une négociation, ce que son interlocuteur refusa.

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Menaces d’Erdogan – L’Europe au pied du mur, par Jean-Gilles Malliarakis

Il est assurément trop tôt pour prévoir où conduira véritablement, et jusqu’où ira, la volonté affichée du gouvernement turc d’inonder l’Europe de réfugiés et d’immigrants. Certains prenaient peut-être jusqu’ici cette menace, maintes fois réitérée par Erdogan, pour une rodomontade qui ne serait jamais mise à exécution. Sur la forme la tradition ottomane retrouvée ne se dément pas. Et c’est sans doute ce qui, le 28 février en fin de matinée encore, amenait le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg à exprimer la “totale solidarité” des membres du Conseil Atlantique avec leur inconstante et infidèle alliée.

Après un entretien téléphonique du 27 avec Mevlut Cavusoglu, ministre des affaires étrangères à Ankara, l’article 4 du traité signé à Washington en 1949 avait même été invoqué. Or, c’est dans l’affaire syrienne que la clause était supposée fonctionner. Depuis 2011, Erdogan en compagnie des islamistes, prétend défendre les droits de l’homme dans ce pays, contre ce que les médias ont pris l’habitude d’appeler l’armée du régime, élément de langage désignant tout simplement l’armée régulière, d’un pays juridiquement souverain depuis 1946, détaché de l’Empire ottoman depuis le traité de Sèvres.

Or, dès le lendemain 29 février, encouragés sans doute par cette affirmation hasardeuse d’une complaisance de principe, les agents du pouvoir d’Ankara déclenchaient, depuis Istanbul, la marche vers l’Europe de milliers d’illégaux.

L’activation du chantage migratoire a donc d’ores et déjà introduit une nouvelle dimension dans les relations avec la Turquie. Et cette perspective ne sera pas si facilement éliminée. Tout le monde a compris en effet, qu’en fonction des développements futurs, et si son utilisation devait demeurer impunie, cette arme d’un genre nouveau sera activée chaque fois que l’actuel gouvernement d’Ankara et les réseaux des Frères musulmans la jugeront utile. Ceci jusqu’à ce qu’un mécanisme éliminatoire intervienne.

Même la très incertaine, et si souvent incohérente, Merkel se sait obligée de réagir. Elle doit se prémunir elle-même contre la poussée protestataire qui s’est exprimée dans divers scrutins au niveau des Länder. Elle demeure certes encore accrochée à une chancellerie où elle a fait plus que son temps. Elle sait que sa maladroite politique d’accueil affirmée en 2015 avait déjà engendré son recul dans l’opinion populaire, au mépris de ce qui avait, au contraire par le passé consolidé sa popularité, quand en 2011 elle avait constaté l’échec du modèle multiculturel “Multikülti”.

C’est ainsi que le 2 mars, lors d’une conférence de presse à Berlin, Steffen Seibert au nom du gouvernement allemand a voulu affirmer que l’Union européenne attend de la Turquie qu’elle respecte l’accord turco-européen de 2016. Car celui-ci visait à empêcher les migrants d’atteindre l’Europe, et pour cela environ 3,2 milliards d’euros ont déboursés par les contribuables européens pour défrayer Ankara et, notamment, équiper sa flotte de garde-côtes.”Nous sommes convaincus de la valeur de l’accord et nous attendons qu’il soit respecté”, déclare un peu platement le porte-parole de Merkel.

Ce concept semble très au-dessous d’une situation qui ressemble de plus en plus à une invasion organisée. Elle justifie amplement la requête du gouvernement d’Athènes sur le fondement de l’article 78-3 du traité de l’Union européenne, qui prévoit de façon explicite le cas précis.

Notons cependant sa rédaction très molle : “Au cas où un ou plusieurs États membres se trouvent dans une situation d’urgence caractérisée par un afflux soudain de ressortissants de pays tiers, le Conseil, sur proposition de la Commission, peut adopter des mesures provisoires au profit du ou des États membres concernés. Il statue après consultation du Parlement européen.”

C’est en cette occasion que le politiquement-islamiquement correct ne manquera pas de chercher à invoquer la convention de 1951 et l’obligation pour l’Europe d’accueillir et de répartir “toute la misère du monde”.

Oui l’Europe est au pied du mur, et c’est au pied du mur qu’on voit le maçon.

Toutes les îles grecques de la mer Égée, jusqu’à Rhodes et jusqu’à la république de Chypre, de même qu’en Méditerranée occidentale les îles de Lampedusa, Malte et le rocher de Gibraltar devraient être désormais, solennellement, proclamées inviolables sentinelles européennes, à défendre solidairement contre toute attaque venue de l’Orient.

Si cette doctrine n’est pas affirmée et mise en pratique, non seulement par Frontex mais par tous les moyens disponibles, ce seront ensuite la Sicile, la Sardaigne, la Corse, les Baléares, puis la Bulgarie, la Provence ou la Campanie.

Les Européens responsables, cela existe, l’ont compris et ils proclament, enfin, leur solidarité.

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Lutte contre le “séparatisme islamiste” – Questions sans réponses, par Jean-Gilles Malliarakis

Il paraît donc que ce 18 février à Mulhouse, chef de l’État, chef constitutionnel des armées, le président Macron a exprimé sa préoccupation devant ce qu’il appelle le séparatisme.

On nous assure que ses services et lui-même auraient prudemment réfléchi depuis plusieurs mois devant l’élément de langage le moins explosif face à un politiquement correct, parfaitement rodé quant à lui.

Il aurait désiré le mot qui coûterait le moins cher en termes électoraux et médiatiques.

Et pour cela, il a choisi le terme, sémantiquement, le plus inapproprié : car séparatisme implique un projet de séparation.

Mais, pour se séparer il faut être uni par quelque chose.

Or, la vérité c’est que nous ne sommes pas unis. Nous sommes en guerre, non pas avec un quelconque séparatisme mais avec l’islamisme : en Afrique avec l’opération Barkhane ; en Méditerranée orientale, où le Charles-De-Gaulle n’a pas appareillé pour une croisière touristique ; mais d’abord en France.

Ce n’est pas parce que le gouvernement cache la vérité de ces divers terrains d’affrontement qu’il ne la connaît pas.

C’est pourquoi sans doute, chose nouvelle et presque inouïe, Macron a osé désigner, – du bout des lèvres certes, mais quand même… – l’État qui, aujourd’hui pilote la subversion islamiste mondiale, celle des Frères musulmans : il s’agit bel et bien de la Turquie entre les mains depuis bientôt 20 ans du mégalomane islamiste Erdogan.

Candidate au rôle de petite Chine, aux portes de l’Europe, paradis de la contrefaçon et des trafics en tous genres, n’est-ce pas un certain Juppé, en 1993, qui l’a imposée, contre l’avis du parlement européen, non pas en tant que membre de l’Union européenne mais partenaire de l’union douanière ? Juppé l’homme de toutes les erreurs siège aujourd’hui au conseil constitutionnel.

Depuis lors, des flots ont coulé entre les rives du Bosphore. Et, dans ce pays qu’on nous vantait pour un fidèle et fiable allié de l’occident, un bastion de la laïcité et de la démocratie, les confréries de l’islamisme ont pu, à partir de 1997, entreprendre leur ascension.

S’emparent-ils des municipalités d’Ankara, d’Istanbul ou de Smyrne ? D’éminents spécialistes nous expliquent alors qu’il s’agit d’une version locale de la démocratie chrétienne.

Gagnent-ils, pour la première fois, les élections législatives de 2002 ? Les experts américains y voient le triomphe de leurs meilleurs alliés.

Et quand ils s’engagent dans l’aventure irakienne en 2003, ces mêmes experts galonnés la conçoivent avec l’appui d’une armée turque, supposée laïque. Ces troupes promises ne viendront jamais. Les Américains devront s’embourber dans une guerre désastreuse, recruter des dizaines de milliers de mercenaires. Car un certain Erdogan a commencé un virage en politique extérieure, que l’on se refuse à voir en face.

Explose-t-il sa haine en 2009 à Davos ? On ne veut pas y voir sa volonté de s’instituer comme chef mondial de l’islamisme.

Pour la première fois, pourtant, depuis la chute de l’Empire ottoman, le chef turc est applaudi comme un nouveau calife par des foules autrefois ralliées au rêve d’un nationalisme arabe.

Subit-il en 2013 la plus grave crise de sa carrière, la mobilisation des opposants, la rupture avec son dernier allié libéral et humaniste Gülen, la révélation du climat de corruption mafieuse et confrérique qui l’entoure ? On ne fait rien contre cet excellent partenaire de l’OTAN.

La suite est trop connue pour qu’on doive la rappeler au titre d’un passé, supposé révolu, aux yeux de nos communicants : elle fait partie de notre actualité et, surtout, de la triste situation présente du peuple turc. Ses pouvoirs vont être constitutionnellement renforcés, désormais presque illimités. Des centaines d’opposants ou d’esprits libres pacifiques sont emprisonnés. La presse est étouffée. Les derniers journaux libres ont été rachetés plus ou moins de force et transformés en instruments de la propagande officielle, etc.

Entre temps, son camarade Morsi a été évincé du pouvoir en Egypte par le peuple et par l’armée de ce beau pays millénaire, où existent encore des amitiés françaises, et une forte présence chrétienne malmenée précisément par les islamistes.

Mais en France on fait la fine bouche. Ce militaire qui les a chassés, qui ose protéger les Coptes, etc., est-il vraiment, sincèrement, un ami du politiquement correct ?

Soyons donc clair : ce n’est pas à un quelconque “séparatisme” que nous sommes tous confrontés, que nous nous sentions, que nous soyons, chrétiens, bouddhistes, juifs, laïcs, musulmans pacifiques, ex-musulmans étant devenus athées ou chrétiens, etc.

C’est face à l’islamisme en Afrique que nos forces sont engagées et que de jeunes soldats versent leur sang. De la part des moyens de désinformations hexagonaux, ils savent très bien ne devoir guère attendre de reconnaissance hélas; ni pour eux ni, pour les veuves et les orphelins qu’ils laissent derrière eux. De loin en loin, de façon d’ailleurs maladroite, on surjoue l’émotion le temps d’une cérémonie médiatisée dans la cour des Invalides. Mais rien ne suit vraiment et durablement.

J’invite ainsi la présidence de la république à se pencher sur le compte Twitter du chef d’État major de l’armée de terre. Il exprimant sa “profonde tristesse à l’annonce du décès du sergent-chef Morgan Henry, engagé sur #Barkhane.”

Pas besoin de descendre bien loin dans les réponses que nos pires ennemis installent impunément, sous pseudonymes, sur les fameux réseaux sociaux pour voir, certes, que pas mal de Français rendent hommage à leur jeune et courageux compatriote, mais aussi que des islamistes se frottent les mains. Lisez certains d’entre eux : vous y verrez clairement quelle guerre intérieure nous est menée.

Que fait-on contre l’anonymat de leurs messages de haine antifrançaise ?

Et si vous vous demandez quelle sera leur prochaine offensive, lisez donc l’édition en langue française de l’agence officielle de l’État turc, Anadolu. Elle n’est pas destinée aux originaires de l’Hexagone mais elle est parfaitement disponible sur internet. Vous verrez quelles accusations incroyables elle diffuse auprès d’un certain public francophone, contre la France colonialiste, raciste, génocidaire et esclavagiste. Rien que ça…

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Belloubet paradigme de la terrorisation, par Jean-Gilles Malliarakis

Les déclarations lamentables sur l’affaire Mila de l’actuelle garde des Sceaux capitulaient, ce 29 janvier, devant une des revendications fondamentales de l’islamisme. Celui-ci réclame la reconnaissance d’un délit de blasphème ; quelques lâches, terrorisés, lui en concèdent le bien-fondé. Elles ont attisé une colère exceptionnelle. Et celle-ci s’est exprimée à juste titre, bien au-delà de l’opposition de droite.

Commençons par la sphère politique. Les tribunaux médiatiques parisiens s’emploient actuellement, par ailleurs, dans la perspective des municipales, à diviser et à minimiser le poids des opposants de droite. Cette mini-crise est parvenue à les réunir dans une position commune.

Zeus rend fou ceux qu’il veut perdre. Et les cafouillages gouvernementaux contrarient l’intention stratégique de ce pouvoir macronien, de plus en plus chancelant, dans la pratique, et cependant péremptoire dans les affirmations de ses prétendues certitudes. Ils donnent ainsi une occasion de s’unir, au-delà de clivages en voie de devenir factices, à tous les amis de la Liberté.

Dans une excellente tribune libre [1], Élisabeth Badinter, Élisabeth de Fontenay, Marcel Gauchet, Jacques Julliard, Jean-Pierre Le Goff, toutes personnalités courageuses que l’on étiquetterait difficilement à l’extrême droite, ont su dresser le procès du conformisme politiquement correct des nouveaux dhimmis : “nous paierons cher cette lâcheté“.

Franz-Olivier Giesbert, à sa manière provocatrice habituelle, pose la question “La France, nouveau Pakistan ?” Et de remarquer, à très juste titre, n’en déplaise à Talleyrand, que “tout ce qui est exagéré n’est pas insignifiant. Aussi outrancière soit-elle, écrit-il, la question posée par le titre de cet éditorial mérite d’être posée, tant sont mauvais les vents qui soufflent aujourd’hui sur la France.”[2]

Les reculades du pouvoir face à l’islamisme fournissent des arguments et des ailes à Francis Bergeron, vieux camarade des luttes anticommunistes. Dans Présent, utile petit quotidien qu’il dirige, journal privé de subventions et de recettes publicitaires, jamais cité dans les revues de presse, son analyse, difficilement réfutable, développée ce 30 janvier dénonce ainsi le rôle de “porte-parole de la Ligue islamique“[3] joué par Mme Belloubet.

Il me semble avoir malheureusement, dramatiquement, raison.

La relation entre cette femme du monde et la sinistre mais habile confrérie des Frères musulmans peut paraître hypothétique, sinon controuvée. Son évocation sera immanquablement dénoncée pour conspirationniste. Votre chroniqueur s’empresse donc de le dire : certes, non, Mme Belloubet ne reçoit, ni directement ni indirectement de consignes, ni de Youssef al Qaradawi, ni de l’un quelconque des cache-nez des adeptes de feu Hassan el Banna, telle l’UOIF devenue Musulmans de France. Organisation interdite comme terroriste par de nombreux États, notamment en Égypte où elle était apparue en 1928, mais solidement implantée dans 79 autres pays, bénéficiant du soutien financier du Qatar, aujourd’hui maîtresse de la Turquie sous la férule de Recep Tayyip Erdogan, c’est son réseau d’influence qui inspire le projet du régime actuel d’organisation d’un islam “de France”. Mme Belloubet n’en représente qu’un fragile petit pion.

Appelée en 2017 aux responsabilités ministérielles, non par le soutien d’une légitimité électorale mais par le jeu technocratique du nouveau pouvoir, quand elle s’exprime, on la sent en effet sous l’emprise d’une Terreur rampante.

Cette terrorisation exemplaire ressemble fort à l’ombre permanente de la menace que font peser les criminels islamistes les plus violents et les plus malfaisants.

Un récent rapport[4] émanant de la DGSI tiendrait pour contrôlés par ce que l’on désigne du mot pudique de “communautarisme” quelque 150 quartiers dûment cartographiés. À noter que ce terme fonctionne comme cache sexe indistinct, à l’instar de ceux de “radicalisé”, voire de “la religion”. Éléments de langage imposés par le conformisme politiquement correct, chacun sait qu’ils s’appliquent en l’occurrence à une seule “communauté”, une seule “religion”, une seule “radicalité”. Le public se montre de moins en moins dupe de ce genre de camouflages, incitations à la colère.

Le 18 janvier le chef de l’État était pressé de parler[5] par l’ancien maire strauss-khanien de Sarcelles François Pupponi. On présente encore celui-ci comme un député PS. En fait, s’il siège aujourd’hui, au sein de cette Chambre d’enregistrement qu’on appelle encore Assemblée Nationale en tant que député du Val d’Oise, c’est aux côtés des radicaux-socialistes.

“Parlez Monsieur le Président” semble-t-il demander au maître des horloges. Les Français savent qu’en 2017, une partie d’entre eux, sur la promesse d’un nouveau monde, ont voté pour des communicants, mais qu’ils ont porté au pouvoir des clowns. En 2020, les citoyens et les contribuables de ce pays n’attendent plus des paroles. Ils exigent des actes.

[1] Publiée par L’Express le 31 janvier
[2] cf. son éditorial dans Le Point N° 2475 du 30 janvier 2020
[3] cf. éditorial en ligne de Présent N° 9543, en ligne le 30, édition papier datée du 31 “Belloubet en porte-parole de la Ligue islamique”
[4] Révélé le 18 janvier par le Journal du Dimanche
[5] Entretien réalisé par Emmanuelle Souffi, à propos du livre qu’il vient de consacrer aux “Émirats de la République.”

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent