La tyrannie verte, par Jean-Claude Rolinat

Jamais, à ma connaissance, dans l’histoire de France, une minorité électorale aura eu autant de poids. Ceux que l’on appelle les « verts », justement bien définis comme étant des « pastèques », verts à l’extérieur et rouges à l’intérieur, non contents d’exercer leur dictature de fait sur la société, ont été rejoints par toute une cohorte d’imbéciles heureux qui vont des ennemis de la chasse aux « antispécistes », en passant par les adversaires de la tauromachie et autres végans.

Loin de moi de négliger la question environnementale, la protection de la nature et des espèces animales – dont l’humain –, et végétales. Mais trop, c’est trop ! La cause de la défense animale, par exemple, conduit à vouloir convertir tout le monde à s’alimenter de viande chimique ! « La protection de la planète », comme « ils » le répètent sous forme de slogan, pour que ça rentre bien dans les têtes, passe, selon les Verts, par la suppression petit à petit, de l’automobile, grande conquête libératrice du XXe siècle. Est-on certain que des millions de véhicules électriques, aux performances pour l’instant modestes, pollueront moins la planète ? En tout cas, ces nouveaux modes de transport nous rendront dépendants, par leur source énergétique, de la Chine et, accessoirement, ce qui est moins grave, de la Bolivie (alimentation des piles). Le « tout vélo » ou la patinette, vecteurs chers à nos « bobos » des grandes villes, montrent déjà leurs limites et rendent tout déplacement de piéton « accidentogène ».

La suppression du nucléaire

Autre hérésie pour la production d’énergie de masse, la suppression du nucléaire et son remplacement par des éoliennes et par l’électricité solaire. Outre que ces grands épouvantails polluent le paysage pour un rendement coût-production minable, car tributaires, comme la marine à voile de jadis, du vent, la seconde ne peut être performante que dans des régions de grand ensoleillement. D’abord, le sud de la France, la péninsule ibérique, la botte italienne, la Grèce, etc. pourraient peut-être, – peut-être ! –, tirer leur épingle du jeu. Mais là aussi, l’esthétique peut en souffrir. A l’époque pas si lointaine où j’étais 1er adjoint au maire de mon village, nous avions dû refuser à un agriculteur d’installer des panneaux solaires sur son toit, sa ferme étant située à moins de 500 m d’un porche d’église classé !

La fermeture de la centrale de Fessenheim, dont la vie aurait pu être prolongée, outre qu’elle va dévaster économiquement toute une petite ville, va nécessiter, peut-être, de la part d’EDF– j’en reste à cette appellation – la sollicitation du renfort énergétique allemand grâce à ses centrales à charbon ! On marche sur la tête ! Le nucléaire, sous réserve de sa sûreté et de sa sécurité, les deux allant de pair, – Tchernobyl ne répondait à aucune de ces deux exigences, et Fukushima était construite sur une faille sismique –, est, pour l’instant, la plus propre des énergies, la moins polluante : « c’est bon pour la planète » !

Reste le problème du retraitement et du stockage des déchets, question qui est en voie de résolution : parions sur l’intelligence humaine. De plus, quel mauvais signal envoyé à des acquéreurs extérieurs éventuels, si la France renonçait à son industrie nucléaire, déjà qu’avec l’EPR, nous enregistrons de lourds retards !

Dans le domaine des transports, « on » s’en prend à l’aérien, qui n’en a pas besoin, la profession étant sinistrée à cause du coronavirus. Mais quid des « géants des mers », paquebots de croisières, tankers et autres super cargos que le capitaine Haddock n’aurait pas eu à commander, la plupart glissant vers l’automatisme ?

Les Verts sont des fous furieux. Prenons l’exemple des nouveaux maires de quelques grandes villes, élus grâce à la désertion des électeurs, avec 60 % d’abstention. La plupart de ces édiles n’ont aucune représentativité. Où est leur légitimité ? Mais, qu’on le veuille ou non, ils sont légalement élus, ils peuvent donc exercer leurs nuisances. A Lyon, historique « métropole des Gaules », c’est l’écriture inclusive qui est adoptée pour les actes municipaux, à Bordeaux on supprime le sapin de Noël, et quoi demain à Grenoble ou à Strasbourg ?

Autres maniaques qui veulent régenter la composition de nos assiettes, les végétariens et autres végans. S’il est tout à fait nécessaire de surveiller et de réglementer encore mieux le fonctionnement des abattoirs, je ne vois pas à quel titre on pourrait nous interdire de manger de la viande ? En Inde, j’avais vu des membres de la secte ultra des Jaïns, balayer le sol d’un temple devant mes pieds, pour que je n’écrase pas, par inadvertance, un insecte ! Veut-on en arriver là, à de telles absurdités « cultuelles » ou « culturelles » ? Curieusement, tous ces militants de la cause animale ne s’occupent jamais des processus halal ou kacher d’abattage des bêtes. Prudents sans doute, ils ne s’aventurent pas dans ces zones scabreuses.

La chasse à courre

La chasse à courre est dans le collimateur de ces militants, comme la corrida. Ces deux pratiques, vieilles comme Hérode, sont enracinées dans des milieux culturels bien précis. Dans un cas comme dans l’autre, l’animal destiné à la mise à mort, a sa chance. Quoique l’on puisse penser de ces deux passions, elles sont partagées par des centaines de milliers de personnes, surtout la seconde. Quant à la chasse traditionnelle, c’est une pratique qui remonte aux premiers âges de notre histoire. Que celui qui n’a jamais dégusté du gibier lève la main ! Aujourd’hui, les chasseurs sont dans la ligne de mire, demain ce seront les pêcheurs et les producteurs de foie gras.

Georges Pompidou, à une époque où je pouvais encore prétendre à la jeunesse, disait qu’il faut « arrêter d’emmerder les Français ». Eh bien, aujourd’hui, l’heure est venue « d’emmerder » les écolos et autres défenseurs « bidon » des petits oiseaux et de la nature. Partout où c’est possible, par le bouche-à-oreille, il faut convaincre nos familles, nos amis, nos voisins, de la nocivité de l’écologie politique, de la doctrine nauséabonde de tous ces bien-pensants. Il faut libérer la véritable écologie de ce kidnapping effectué par les « écolos ». Partout où c’est possible, il faut écrire aux parlementaires LREM ou EELV, pour dénoncer leurs votes, les harceler, poliment, ne pas les lâcher et, surtout, surtout, empêcher les députés de cette mauvaise cause, d’être réélus.

Dernier avatar, le gouvernement, par la voie de sa ministre Barbara Pompili, a capitulé devant les antispécistes, en interdisant progressivement la présence de la faune sauvage dans les cirques itinérants. Outre que c’est la mort programmée de ces autres « gens du voyage », on supprime par avance la capacité d’émerveillement de toute une partie de la population rurale, qui n’a peut-être pas le temps d’aller dans les zoos et autres grands parcs animaliers, ni les moyens de s’offrir un safari photos vendu sur catalogue en papier glacé. Que deviendront tous ces fauves, nés en captivité, qu’il sera impossible de remettre dans le monde sauvage, où ils seraient incapables de survivre ? Oui, face à la souffrance animale, domestique ou commerciale, il y a une nécessité de légiférer pour améliorer le confort des bêtes, et d’accentuer, si nécessaire, la répression de ceux qui se comportent en bourreaux. Mais, de grâce, ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain ! Dans le numéro du jeudi 1er octobre, l’hebdomadaire Valeurs actuelles, dans l’interview qu’il publie de Johanna Clermont, la nouvelle égérie du monde de la chasse, déclare que « vous pouvez interdire la chasse, mais il y aura toujours une chaîne de la prédation ! On ne nourrira jamais des prédateurs carnivores à la croquette végane. »On ne saurait mieux dire.

Jean-Claude Rolinat

Article paru dans Présent daté du 7 octobre 2020

[Entretien Novopress] Jean-Claude Rolinat : “Ian Smith, c’est l’aventure de la brousse”

[Entretien Novopress] Jean-Claude Rolinat : "Ian Smith, c'est l'aventure de la brousse"

15/01/2015 – PARIS (NOVOpress)
Dans le dernier ouvrage de la collection Qui-suis-je ? aux éditions Pardès, Jean-Claude Rolinat revient sur une figure méconnue et ô combien symbolique d’Européen en Afrique : le rhodésien Ian Smith (photo).

Propos recueillis par Pierre Saint-Servant


Voyageur impénitent, vous êtes l’auteur de plusieurs ouvrages sur l’Amérique latine, le Québec, l’Afrique du Sud ou encore Israël. Sur la Rhodésie, vous avez publié en 2002 le Livre noir de la Rhodésie blanche. Pourquoi revenir aujourd’hui sur la personnalité de Ian Smith ?

Le Livre noir de la Rhodésie blanche, soyons franc, n’a pas rencontré le succès que j’en escomptais. Les gens oublient les évènements et les jeunes générations n’ont pas l’air d’être très curieuses…C’est pour cela que je reprends, sous la forme d’une biographie du « père de l’indépendance » rhodésienne, l’aventure de l’homme blanc au cœur de l’Afrique australe.

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Je n’ai pas peur de comparer ces colons avec les premiers « sabras » israéliens au risque de faire grincer des dents, avec les Pieds noirs d’Algérie ou les Portugais en Angola. C’est le même profil d’aventurier au sens noble du terme : des défricheurs, des bâtisseurs, des pionniers.

Tel que nous le découvrons, Ian Smith est le type parfait de l’Européen travailleur et cultivé, forgé par une éducation rigoureuse et renforcé par l’épreuve des combats. Des hommes de sa trempe semblent avoir depuis longtemps disparu des planchers. En quoi Ian Smith peut-il être considéré comme “exceptionnel” ?

Il faut des héros à notre jeunesse française, disons « de droite » au sens très large du terme, et des héros d’un combat « contemporain ». Jeanne d’Arc, Saint-Louis, Napoléon c’est très bien, mais « c’est un peu daté ». Ian Smith c’est un héros de la dernière guerre, un pilote de combat, c’est aussi et surtout, au départ, l’aventure de la brousse. Il porte comme beaucoup d’autres « le fardeau de l’homme blanc » comme disait Kipling. Je n’ai pas peur de comparer ces colons avec les premiers « sabras » israéliens au risque de faire grincer des dents, avec les Pieds noirs d’Algérie ou les Portugais en Angola. C’est le même profil d’aventurier au sens noble du terme : des défricheurs, des bâtisseurs, des pionniers.

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