Mariage homosexuel : une clause de conscience pour les maires ?

Mariage homosexuel : une clause de conscience pour les maires ?

11/10/2012 –12h00
PARIS (NOVOpress) –
A trois semaines de la présentation en Conseil des ministres du texte ouvrant aux homosexuels le droit au mariage, Le Collectif des maires pour l’enfance a annoncé mercredi avoir écrit aux « 155 000 maires et adjoints aux maires pour les inviter à signer l’appel des maires pour l’enfance ». « Nous leur demandons s’ils sont intéressés par une consultation des maires avant toute réforme sur la famille, s’ils sont pour ou contre le mariage homosexuel et s’ils sont demandeurs d’une clause de conscience qui leur permette de ne pas célébrer ces mariages », a expliqué le député-maire UMP de la Manche Philippe Gosselin.

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Jacques Bompard revient sur le racisme anti-blancs [vidéo]

03/10/2012 — 10h00
PARIS (NOVOpress) — Lors d’une question orale à l’Assemblée nationale, le député patriote Jacques Bompard revient sur la polémique causée par le livre de Jean-François Copé, qui évoquait le racisme dont sont victimes les blancs et les Français de souche sur leur propre sol. Bien entendu, Jacques Bompard se fait conspué par les députés de gauche, mais le plus savoureux reste la réponse alambiquée de Manuel Valls

Mariage homosexuel : les pétitions commencent à circuler

Mariage homosexuel : les pétitions commencent à circuler

29/09/2012 – 10h00
PARIS (NOVOpress) — Jacques Bompard, maire d’Orange (84100), a écrit à tous les maires de France le 20 septembre dernier au sujet du projet du gouvernement d’ouvrir le mariage aux personnes de même sexe. Un grand nombre de maires lui ont répondu positivement et lui ont demandé de lancer une pétition. Jacques Bompard leur propose de coordonner leur action d’élus locaux enracinés dans leurs territoires, en dehors de l’action des partis politiques. Son action vise à défendre le bien commun et le droit de chaque enfant à avoir un père et une mère. Pour cela, Jacques Bompard a adressé à tous les maires de France une pétition contre le mariage entre deux personnes, pour l’organisation d’un référendum sur ce sujet et, au cas où cette loi serait adoptée, pour l’insertion d’une clause de conscience pour les élus.

“Tous pour le mariage”, la réaction des évêques

De leur côté, les évêques ont également réagi avec une pétition “Tous pour le mariage” qui a déjà recueilli plus de 25000 signatures. Monseigneur Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, qui compte parmi les parrains de cette action, avait notamment déclaré à Nouvelles de France le 15 septembre dernier : “Je pense la refonte structurelle du mariage conduit à une sorte de mutation anthropologique. Le mariage est essentiellement fondé sur l’altérité et aujourd’hui on cherche à remettre en cause ce qui fait l’essence de cette institution. Plus grave encore, on pratique une discrimination à l’égard de l’enfant qui n’a pas plus le droit d’avoir un père et une mère.”

Entretien avec Jacques Bompard « Ce qui marche, c’est l’union des droites »

Entretien avec Jacques Bompard « Ce qui marche, c’est l’union des droites »

Le 17 juin, Jacques Bompard (photos), maire d’Orange, président de la Ligue du Sud, a été élu député du Vaucluse avec 58,77 % des voix – le meilleur résultat de la région. Après avoir déjà siégé à l’Assemblée en 1986, sous les couleurs du Front national, il fait son grand retour au Palais-Bourbon. En toute indépendance et grâce à une stratégie d’union des droites.

 

Minute : Comment vous sentez-vous, à la veille de revenir à l’Assemblée nationale ?

Entretien avec Jacques Bompard « Ce qui marche, c’est l’union des droites »Jacques Bompard : Je ressens une immense satisfaction, notamment parce que je suis le député le mieux élu du Vaucluse. Mon autre grand motif de satisfaction, c’est d’avoir été élu sans le soutien d’un grand parti national. Cela illustre le fait que j’ai le soutien massif de la population, ce qui est le plus important pour moi. Et je n’aurai de devoir qu’envers les électeurs, ce qui n’est pas toujours le cas lorsqu’on est porté par de grosses formations, où règnent les logiques d’appareil et des liens de dépendance susceptibles de faire écran entre les électeurs et leur député.

Dans quel contexte s’est déroulée l’élection ?

Dans cette 4e circonscription du Vaucluse, il y avait une droite assez fortement divisée, avec, outre votre serviteur, plusieurs candidats divers droites; mais aussi Annie-France Soulet pour le Front national; Bénédicte Martin, candidate UMP; et Paul Durieu, suppléant de l’ancien ministre des Transports, Thierry Mariani, qui, privé d’une investiture assez légitime, s’est présenté en dissident…

Au final, je ne suis pas mécontent d’être sorti premier de ce panier de crabes pour affronter en duel le socialiste Pierre Meffre. Je l’ai emporté, de toute évidence, grâce à un bon report des voix de droite.

Comment expliquer qu’il n’y ait pas eu de geste en votre faveur de la part du FN, alors que vous n’aviez pas mis de candidat de la Ligue du Sud face à Marion Maréchal-Le Pen ?

Marion était favorable à une entente, et l’a clairement fait savoir. Mais Jean-Marie Le Pen n’a pas voulu, à cause d’une brouille qui remonte à 2005 et sur laquelle, pour ma part, j’ai de puis longtemps passé l’éponge.

C’est pourquoi j’ai donné mon accord pour que le vice-président de la Ligue du Sud, Hervé de Lépineau, soit le suppléant de Marion Maréchal-Le Pen. Il n’y a pas eu de réciprocité, et c’est bien dommage, mais tout est bien qui finit bien !

En revanche, comme il n’y avait pas eu d’accord départemental avec le FN nous avons présenté, sur les autres circonscriptions du Vaucluse, des candidats « Union de la droite et du centre ». Nous avions un candidat venu du Nouveau centre, un RPF et deux candidats issus des Jeunes gaullistes.

Le Vaucluse pourrait-il devenir un laboratoire de l’union des droites ?

Nous avons su bâtir un modèle qui peut servir à l’échelle nationale car, face à l’union des gauches, seule l’union des droites peut réussir! Cela ne peut se faire sans sacrifice: ainsi, dès le premier tour, dans le cadre de l’Union de la droite et du centre, nous n’avons présenté qu’un seul candidat de la Ligue du Sud… Mais au moins, cela a-t- il débouché sur une victoire !

Et dans les autres circonscriptions ?

Marion Le Pen a été élue grâce à un accord local. Les autres candidats de l’Union – qui se sont déclarés seulement un mois avant l’élection – ont hélas été vaincus, malgré des scores souvent honorables. Outre le mauvais tempo, je crois sincèrement que c’est parce qu’ils ont voulu se présenter sur les thèmes propres à leur formation initiale… Ils l’auraient sans doute emporté en revendiquant les thématiques de la Ligue du Sud.

Ce peut être un enseignement pour l’avenir…

Tout à fait, d’autant que la Ligue du Sud ne fonctionne pas du tout selon les schémas verticaux des grands partis nationaux, FN compris. Nous marchons en réseaux plus « horizontaux », plus souples et pour tout dire, plus amicaux. Nous acceptons le multipartisme, le fait d’avoir des attaches avec des structures extérieures… Là où les autres mettent de l’autoritarisme, nous tentons de mettre le plus d’intelligence possible.

La rigidité des appareils mène à l’échec. C’est d’ailleurs ce qui explique – en partie – que l’UMP et le Front national n’aient pas encore réussi à mettre en place des partenariats solides, alors même que le front républicain a sérieusement craqué durant ces élections. Un peu plus de souplesse de part et d’autre aurait pu le faire définitivement voler en éclats.

Envisagez-vous de travailler avec Marion Le Pen, à l’Assemblée ?

Bien sûr ! Elle regarde vers l’avenir et cherche l’efficacité.

Et avec la Droite populaire, voire l’UMP ?

Evidemment! Moi, je suis entièrement libre, je peux donc travailler avec toutes les personnes de bonne volonté. Je ne me vois pas avec un groupe de gauche, car rien ne nous rassemble, mais il y a bien des membres de l’UMP qui partagent nos valeurs – prenez Lionnel Luca ou Philippe Meunier. Sur le plan des idées, les passerelles existent. Ce qui est certain, c’est que tactiquement, il est bon de s’apparenter pour peser dans les débats. Je suis donc partisan de rejoindre un groupe qui me laissera ma liberté de penser et de voter. S’il y en a un, c’est parfait. Sinon, on fera ce qu’on peut avec ce qu’on a !

Quelles seront vos premières actions ?

J’ai deux idées en matière de défense des libertés. Sachant que la première des libertés, c’est la sécurité et la deuxième, celle qui libère, le travail. Je pense qu’il faut mettre en place un droit au travail, assorti d’un revenu minimum d’insertion.

Il faut insérer les gens dans le tissu social, au lieu de les exclure par l’assistanat. Nos concitoyens les plus modestes doivent retrouver leur dignité et participer à la vie de la société.

Concernant la sécurité, je suis favorable à une refonte des pléthoriques lois françaises, dont la connaissance finit même par échapper aux spécialistes. Il faut refondre les codes de manière simplifiée et clarifiée, afin que, réellement, nul ne soit plus censé ignorer la loi. C’est à partir de cette redéfinition qu’il sera possible de punir ceux qui la violent. Je vais tenter d’intégrer la commission des lois et, comme il y a des gens intelligents dans tous les groupes, il sera sans doute possible de faire avancer des projets allant dans le sens du bien commun.

Et voilà, pour anticiper votre prochaine question, comment un électron libre peut agir efficacement à l’Assemblée nationale !

Propos recueillis par Patrick Cousteau

[box class=”info”] Article de l’hebdomadaire “Minute” du 20 juin 2012 reproduit avec son aimable autorisation. En kiosque ou sur Internet.[/box]

Entretien avec Jacques Bompard « Ce qui marche, c’est l’union des droites »

Résultats des législatives 2012 : attention à l’intoxication médiatique !

Résultats des législatives 2012 : attention à l'intoxication médiatique !

24/06/2012 —16h00
Via POLEMIA — « C’est la droitisation de l’UMP qui lui a fait perdre les élections législatives » : voilà l’affirmation reprise en boucle par les médias de l’oligarchie depuis le 17 juin 2012, une assertion d’ailleurs répétée par les principaux médiagogues de l’UMP mais qui ne repose sur aucune réalité. Nos lecteurs trouveront, en PDF, une analyse très complète et très argumentée des résultats réalisée par Etienne Lahyre.

Il s’agit d’une analyse implacable des faits qui démontre notamment :

1-Que les législatives sont dans l’étroite dépendance de la présidentielle ; que l’abstention a été particulièrement forte dans les régions de droite (Alsace-Moselle, littoral méditerranéen, Rhône-Alpes), régions qui sont aussi les zones de force du Front national. On constate d’ailleurs, dans les circonscriptions où le Front national est fort au premier tour mais absent du second, une forte poussée de l’abstention au deuxième tour (de 4% à 6% supplémentaires). Cette dégradation des reports des électeurs FN vers l’UMP ne peut pas s’expliquer par sa « droitisation » mais, au contraire, par son insuffisance…

2-A contrario, le Front national améliore considérablement sa situation au deuxième tour par rapport aux élections antérieures. Non seulement il gagne des voix dans les duels UMP/FN, ce qui est habituel, mais surtout sa situation s’améliore fortement en triangulaires et en duels FN/gauche :

– en triangulaires : là où le FN arrive en troisième position, il reculait fortement en pourcentage en 1997, mais il résiste très bien en 2012 ; là où le FN arrive en deuxième place, il progresse nettement, bénéficiant d’un « vote utile » en provenance de l’UMP comme dans le Gard, ce qui permet l’élection de Gilbert Collard ;

– en duels gauche/FN, les reports de l’UMP et des divers droites sur le FN sont nettement meilleurs que lors des échéances électorales précédentes ; dans les 21 circonscriptions concernées le FN récupère au deuxième tour 92,5% du total FN + UMP + divers droites.

3-L’exemple du Comtat Venaissin

A Orange, Jacques Bompard obtient 22% au premier tour et rassemble sur sa candidature d’union populiste 59% des suffrages au deuxième tour ; sa stratégie d’union facilite l’élection de Marion Le Pen à Carpentras-Sud et celle d’un UMP à Carpentras-Nord. A Cavaillon, la gauche est éliminée dès le premier tour. Ainsi, dans le Vaucluse quatre des cinq circonscriptions sont acquises à la droite mais la gauche minoritaire l’emporte en triangulaire (avec un FN devant l’UMP) à Avignon.

4-L’intoxication médiatique sur la droite populaire

Les médias de l’oligarchie ont souligné à l’envi ce qu’ils ont appelé « la débandade de la droite populaire ». Or, sur 38 députés réinvestis 20 sont réélus, dont trois en triangulaires. Sur les 30 candidats en duel au deuxième tour, 15 améliorent les résultats de deuxième tour de la présidentielle, ce qui est une performance remarquable puisque, en moyenne nationale, l’UMP atteint 44% le 17 juin, en recul de 4,5% sur le résultat du 6 mai de Sarkozy.

Sur les 18 candidats battus, 6 le sont en triangulaire dont un au profit du FN : ce n’est pas la « droitisation » des candidats qui les a privés des voix FN, c’est la distorsion entre leurs paroles et leurs actes.

Quant aux 12 candidats battus en duel, seuls deux le sont dans des circonscriptions où Sarkozy avait obtenu plus de 50% des suffrages. A contrario 6 d’entre eux sont battus malgré une performance meilleure que celle du président sortant. Les difficultés de la droite populaire ne sont pas dues à son mauvais positionnement politique mais à la nature des circonscriptions concernées.

L’étude d’Etienne Lahyre est un outil de travail indispensable pour comprendre ce qui s’est passé les 10 et 17 juin 2012 et ne pas se laisser abuser par des « observateurs » aussi mal informés que malhonnêtes.

Vaucluse : Charte d’union de la Droite et du Centre

Vaucluse : Charte d’union de la Droite et du Centre

C’est ce qu’ont signé 5 candidats aux législatives dans les 5 circonscriptions du Vaucluse, Patrick Gangloff, Christophe Lombard, Astrid Ducros, Jacques Bompard et François Vaute. Ils se disent unis sous cette bannière, et soutenus par aucun parti politique. Ils expliquent « ne pas être d’accord sur tout, sauf sur l’essentiel. » L’essentiel est

« de passer outre le carcan des partis politiques. Ceux-là même qui sont responsables de la situation exécrable que connaît la France en terme d’emploi, d’économie, d’environnement, d’identité, de service public. »

Christophe Lombard est membre du Nouveau Centre, Jacques Bompard (photo) est le patron de la Ligue du Sud.

[box class=”info”] Source : Le salon beige. [/box]

Comment Bompard fait l’union des droites – Par Antoine Vouillazère

Comment Bompard fait l’union des droites - Par Antoine Vouillazère

Jacques Bompard va-t-il retrouver les bancs de l’Assemblée nationale où il avait siégé, au sein du groupe Front national, de 1986 à 1988 ? L’hypothèse est prise très au sérieux : dans sa circonscription du Vaucluse délaissée par Thierry Mariani, le président de la Ligue du Sud est en train de faire l’union à droite. Jusqu’au Nouveau Centre… Et il a même rencontré Marion Le Pen…

Les élections au scrutin majoritaire, que le Front national tient pour défavorables à ses candidats, Jacques Bompard connaît. En 2002, le maire d’Orange a été élu conseiller général du Vaucluse avec 54 % des voix. Et réélu en 2008 avec près de 60 % des suffrages face au candidat de l’UMP, Louis Driey. Son épouse Marie-Claude, maire de la commune voisine de Bollène, élue elle aussi conseiller général en 2004 avec 55 % des voix, a été réélue en 2011 avec un score supérieur.

Depuis 1993, cette très droitière quatrième circonscription du Vaucluse, où, au second tour de la présidentielle, Nicolas Sarkozy a obtenu 60 % des suffrages, était le fief de Thierry Mariani, le fondateur de la Droite populaire. Or l’ancien ministre des Transports l’a quittée pour aller se faire élire, en juin, dans l’une des nouvelles circonscriptions des Français établis hors de France. La conseillère régionale Bénédicte Martin, investie par l’UMP, n’a pas son aura. Au sein même de son parti, elle est contestée, à tel point que Paul Durieu, successeur de Mariani à l’Assemblée nationale lorsque celui-ci est devenu ministre, se présente en dissident de l’UMP.

Un maire UMP pour suppléant

Et pendant que l’UMP se déchire tant et si bien qu’on se demande si l’un des deux candidats franchira la barre des 12,5 % des inscrits, Jacques Bompard, lui, engrange les soutiens. Le plus important est celui de Louis Driey, son adversaire des cantonales de 2008, qui est cette fois son suppléant ! (photo en Une, de gauche à droite, Jacques Bompard et Louis Driey). Le maire UMP de Piolenc, cinquième plus importante commune de cette circonscription dont les deux villes principales sont Orange et Bollène, est un ancien fervent soutien de Mariani et un ancien ennemi acharné de Bompard. Mais la politique suivie pendant cinq ans par Nicolas Sarkozy a beaucoup joué dans son évolution.

Joint par « Minute », Louis Driey, maire depuis 1995 et ancien du RPR, dit avoir ouvert les yeux : « On nous a menti pendant cinq ans avec cette histoire d’immigration choisie et non subie. En fait, on a eu 200 000 nouveaux immigrés par an ! Un million en cinq ans ! » Sa suspension de l’UMP pour son alliance avec Bompard le laisse de marbre : « Moi je suis un homme de terrain. Que tous ceux qui font de la politique sur le dos des citoyens ne s’en prennent qu’à eux-mêmes. C’est normal que ça se retourne contre eux. » Et Driey assure que, au deuxième tour, « d’autres maires vont nous rejoindre ». Des élus qui, comme lui, n’ont pas apprécié que l’Etat veuille rattacher de force Orange et les treize communes qui l’entourent dans un rayon de dix kilomètres, pourtant fortes de 70 000 habitants, à la Communauté d’agglomération du Grand Avignon, manœuvre purement politicienne visant à en attribuer la présidence à un socialiste et la première vice-présidence à Marie-Josée Roig, le maire UMP d’Avignon.

Parmi les autres appuis dont bénéficie Jacques Bompard, il faut citer le responsable départemental du Nouveau Centre, Christophe Lombard, conseiller municipal à Cavaillon ; Jean-Marie Busquet, le responsable local du Parti radical ; Roland Roticci, qui était candidat face à lui pour le Modem aux législatives de 2007 ; le Rassemblement pour la France (qui a désormais Christian Vanneste pour président national) ; et… Patrick Bassot.

La rencontre avec Marion Le Pen

Elu conseiller général du canton de Carpentras-nord avec 54,34 % des voix face au socialiste sortant lors du scrutin de mars 2011, Patrick Bassot est l’unique conseiller général FN de France. Dans la troisième circonscription du Vaucluse (qui comprend Carpentras) où Marion Le Pen se présente aux législatives, il soutient bien sûr la candidate frontiste. Mais dans la quatrième, il soutient Bompard. Et pas Annie-France Soulet, la candidate investie par le Front national. Sans hésitation.

« Moi je regarde le travail qui a été fait et Jacques Bompard est un homme qui a fait un travail tout à fait extraordinaire dans sa commune, nous explique Patrick Bassot. On ne peut que lui rendre hommage pour cela et j’aimerais que les élus FN fassent le même travail que lui. » Elu FN il est, élu FN il entend demeurer. « Je ne rejoins pas la Ligue du Sud » tient-il à préciser. Mais il s’estime « libre de mes actes et de mes paroles » et a le propos clair : « Si mon parti veut gagner, il faut qu’il rassemble, pas qu’il divise. Ça serait intelligent que… » Patrick Bassot ne termine pas sa phrase. Que le FN retire sa candidate, venue d’Avignon, face à Bompard ? C’est bien cela qu’il voulait dire : « Ce serait une bonne chose… Mais ce sont les instances nationales qui décident… »

Dans la troisième circonscription, un accord a été trouvé : Hervé de Lépineau, vice-président de la Ligue du Sud de Bompard, a retiré sa candidature au profit de Marion Le Pen. Dans la quatrième, la logique voudrait qu’il y ait réciprocité. Marion Le Pen y est favorable. Dans les premiers jours de mai, la jeune femme a rencontré Jacques Bompard. « Elle m’a fait une très bonne impression et est tout à fait sympathique, nous confie ce dernier. Et elle est de mon avis : elle est tout à fait favorable à une entente départementale. » Au retrait, donc, de la candidate du FN dans la circonscription de Bompard. Mais ce n’est pas elle qui décide…

Le veto de Jean-Marie Le Pen

Selon nos informations, suite à cette rencontre qui s’est tenue à Orange, Marion a eu une violente altercation avec son grand-père. Car Jean- Marie Le Pen, lui, ne veut pas entendre parler d’un accord. « Le Pen assouvit de vieilles vengeances », déplore Bompard… « Je suis prêt à rencontrer Jean-Marie Le Pen dans l’intérêt national, ajoute le maire d’Orange, mais Le Pen ne veut manifestement pas me voir. » Une rancune qui remonte à 2005 quand Bompard, qui avait été l’un des fondateurs du FN en 1972, a été exclu de son bureau politique et en a tiré les conséquences en s’éloignant d’un parti qui, par ailleurs, ne comprenait pas qu’il privilégie l’ancrage local.

En octobre 2011 déjà, après plusieurs semaines de contacts indirects, un déjeuner avait failli avoir lieu à Paris entre Jacques Bompard et Marine Le Pen. La date avait été fixée. Deux jours avant, le FN avait informé Bompard que le rendez-vous était annulé. Jean-Marie Le Pen était intervenu… Et les tentatives ultérieures d’effectuer un rapprochement ont toutes échoué.

« Quelqu’un a dit en bureau politique du FN, révèle le président de la Ligue du Sud : “Bompard risque d’être le seul élu.” Ça a tout réglé… Il n’y a rien à faire face au poids des appareils qui défendent les intérêts partisans. Dans l’intérêt national, il faut changer les méthodes et changer les esprits. La gauche sait faire l’union. Le Front national développe oralement une stratégie d’union de la droite, mais ne la fait nulle part. »

Au menu du déjeuner annulé d’octobre figurait pourtant une possibilité d’accord gagnant/gagnant : Jacques et Marie-Claude Bompard auraient apporté chacun leur parrainage à Marine Le Pen, moyennant quoi le Front national s’engageait à ne pas présenter de candidat dans la circonscription de Bompard. L’entourage de la présidente du FN y était favorable, et elle aussi semble-t-il. Jean-Marie Le Pen a mis son veto. Alors que Jacques Bompard est en train de réaliser localement ce que Marine Le Pen souhaite réaliser sur le plan national : faire exploser la droite et opérer une recomposition autour de lui…

 Antoine Vouillazère

[box class=”info”] Article de l’hebdomadaire “Minute” du 16 mai 2012 reproduit avec son aimable autorisation. En kiosque ou sur Internet.[/box]

Comment Bompard fait l’union des droites - Par Antoine Vouillazère

Histoire économique. Mairies FN : elles auraient mérité le triple A ! – Par Jean-Yves Le Gallou

Histoire économique. Mairies FN : elles auraient mérité le triple A ! - Par Jean-Yves Le Gallou

L’opinion médiatique est unanime : la gestion des mairies FN (conquises en 1995 et 1997) a été catastrophique, absolument ca-tas-tro-phi-que, vous dis-je. Le Front national lui-même ne cherche pas à démentir : pour certains de ses dirigeants, parce que les maires des villes concernées ont été exclus du FN ; pour les autres, parce que de toute façon on ne peut rien contre une opinion médiatique aussi fermement (même faussement) établie.

Il n’y a qu’un seul problème : cette opinion médiatique est complètement à l’opposé de la réalité. Tous les maires FN, ou ex-FN, ont rétabli la situation financière de leur ville. Ce n’est pas ici une question d’opinion, c’est une question de chiffres.

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Pas une question d’opinion : une question de chiffres

Prenons la ville d’Orange, toujours dirigée par Jacques Bompard. Quand ce militant national a pris la ville en 1995, la dette par habitant s’élevait à 1462€ par habitant ; elle n’est plus que de 79€ par habitant en 2010 : 20 fois plus faible qu’à Carpentras ou Cavaillon ; 40 fois plus faible qu’à Avignon. Et les taux des quatre taxes locales ont baissé. Et pourtant, en 2010, les investissements à Orange restent élevés : 571€ par habitant, plus que dans les autres grandes communes du Vaucluse. Quant au taux de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, c’est le plus bas du Vaucluse.

Catherine Mégret est devenue maire de Vitrolles en 1997. Ella a été réélue en 2001 (avant de perdre son mandat à la suite d’une annulation survenue dans une période particulièrement difficile pour sa formation de rattachement, le MNR). Mais, là encore, la comparaison des ratios financiers entre 1997 et 2001 montre l’ampleur du redressement financier accompli. L’endettement a baissé, passant de 811 millions de francs à 687 millions de francs ; et ce alors même que la taxe d’habitation a diminué, que le prix de l’eau a baissé de 10% et celui de la taxe des ordures ménagères de 25%. Dans le même temps la capacité d’équipement est remontée.

Une analyse comparable peut être faite sur Marignane dont Daniel Simonpieri fut le maire de 1995 à 2008.

Les campagnes de sidération et de désinformation

Il est d’ailleurs intéressant de rappeler les résultats d’un sondage, publié en 2001 et portant sur l’opinion des habitants de Marseille, Vitrolles et Marignane sur leur municipalité : sur les faits – qualité de la gestion, fiscalité, propreté, sécurité – Vitrolles et Marignane devançaient Marseille. En revanche, Jean-Claude Gaudin jouissait de la meilleure image ! On mesure ici l’effet des campagnes de désinformation et de sidération des médias nationaux ainsi que de France3 Provence et de La Provence.

A Toulon aussi il y a eu redressement financier, selon la Cour des comptes

Reste Toulon. C’est la ville la plus importante prise par le Front national en 1995, une ville qui a cumulé les problèmes et les polémiques. Pourtant, là aussi, le bilan financier est positif. Il y a à l’appui de cette affirmation un rapport de la Chambre régionale des comptes portant sur la période 1995-2005. Certes, le rapport ne va pas sans formuler des critiques : par exemple certaines pratiques anciennes – des avantages sociaux remontant aux années cinquante – ont perduré et l’absentéisme est resté à un niveau élevé. Mais l’encours de la dette par habitant a diminué, passant de 1491€ à 1382€ de 1997 à 2000. La capacité d’autofinancement disponible s’est aussi améliorée.

Cela n’a pas empêché les campagnes de diffamation de durer jusqu’en 2010. Ainsi, lorsqu’un litige opposant Jean-Marie Le Chevallier à son successeur agissant au nom de la ville de Toulon fut tranché par le Conseil d’Etat en faveur de l’ancien maire de Toulon, Le Point titra sur le thème « Toulon, la facture du FN s’alourdit encore ! » alors que le Conseil d’Etat venait simplement de rappeler des règles de droit habituelles. Evidemment tout cela laisse des traces dans les esprits. C’est le but, d’ailleurs…

Un jugement plutôt positif des électeurs

Les électeurs locaux, eux, ont porté un jugement nuancé et souvent positif sur les mairies Front national. Notons d’abord qu’en dehors de Vitrolles, conquise à la majorité absolue en 1997, les mairies de Marignane, Toulon et Orange ne furent gagnées, en 1995, que dans le cadre d’élections triangulaires, les vainqueurs ne commençant leur mandat qu’avec un potentiel de moins de 40% des suffrages. Pourtant trois des quatre maires furent réélus en 2001. Et Jacques Bompard le fut à nouveau en 2008.

Après Orange, Bollène se redresse financièrement

Sa gestion d’Orange a d’ailleurs paru si convaincante que les électeurs de la commune voisine de Bollène ont porté à la tête de leur ville Marie-Claude Bompard, la femme de Jacques Bompard. A Bollène aussi le redressement financier est en cours : ainsi la dette par habitant est passée de 1646€ au 1er janvier 2008 à 1143€ au 1er janvier 2012.

Ces résultats financiers sont d’autant plus remarquables que, durant les mêmes périodes, l’endettement de l’Etat et des collectivités territoriales a explosé. A contrario on peut dire qu’avec une gestion comparable à celle des villes FN, la France aurait gardé le triple A et surtout ne serait pas plombée par l’endettement excessif qui est le sien.

Cette affirmation est, bien sûr, politiquement incorrecte. Mais elle repose sur des faits et des chiffres, ce qui la rend peu susceptible d’intéresser les médias de l’oligarchie. Car dans le monde médiatique les faits comptent peu, les préjugés comptent davantage.

Jean-Yves Le Gallou

[box class=”info”] Source : Polémia. [/box]

Photo : Hôtel de Ville d’Orange. Crédit photo : Véronique PAGNIER via Wikipédia, domaine public.