Mennel : ce que révèle le clash sur CNews, par Ivan Rioufol

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En France, l’islam politique se comporte comme en terrain conquis. Il n’est déjà plus possible de dénoncer son essence totalitaire sans que l’islamosphère, ses idiots utiles, la rhinocérite bien-pensante (ce qui fait du monde) ne fassent front. A tour de rôle, ceux-là sont prêts à hurler à l’islamophobie, au racisme, à la haine de l’autre, au retour des années trente, etc. Les réactions suscitées par mon intervention, vendredi matin sur CNews (L’heure des pros), à propos de la jeune chanteuse Mennel Ibtissem, ont été révélatrices de la puissance prise par cette idéologie liberticide sur les réseaux sociaux, même si les messages pataugent dans la vulgarité la plus sommaire. Mennel est cette talentueuse jeune femme apparue le 3 février sur TF1 dans l’émission The Voice. Elle s’est retirée depuis de ce concours de variétés, sous le poids des révélations sur ses engagements islamistes que laissaient déjà voir son port du turban. Pour avoir justement soutenu, sur CNews, que son turban était “un signe politique” et que l’islam n’était pas seulement “une religion” mais également “un corpus politique, une idéologie totalitaire”, mon opinion a suscité, dans un premier temps, l’hystérisation d’une confrontation sur le plateau. Mon indignation devant le raisonnement d’un de mes interlocuteurs a été par la suite l’occasion de petits montages vidéo destinés à me faire paraître comme le fauteur du clash. Jusqu’ici, rien de grave, sinon des procédés déloyaux. Nombreux sont ceux qui n’ont pas été dupes. Le plus navrant est venu ensuite.

Une “journaliste”, Feïza Ben Mohamed, a lancé sur Twitter un “appel” à signaler mes propos au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) pour “incitation à la haine”, appel relayé par le “confrère” Jean-Michel Aphatie. Ces délateurs décomplexés, qui semblent assurés de rencontrer l’écoute bienveillante du CSA, cautionnent ainsi l’intolérance islamique sur laquelle précisément je mets en garde. Ces nouveaux “collabos” donnent une idée de la perméabilité de la presse à l’islam radical. Dans le même temps, je me faisais, m’a-t-on-dit (mais je n’ai pas vu l’extrait), insulter sur C8 par le réalisateur Dominique Farrugia ; il se serait inspiré, dans ses injures contre moi, de l’indigne comparaison entre le sort des juifs dans les années trente et celui des musulmans aujourd’hui. J’ai pu remarquer, chez d’autres commentateurs soucieux de préserver leur confort intellectuel, leur empressement à excuser les prises de position de Mennel en avançant sa “jeunesse” et son “droit à l’erreur”.

Je ne me souviens pas avoir entendu de telles compréhensions lorsqu’un enfant avait traité Christiane Taubira de “guenon” en 2013 ; mais passons. Reste de cet épisode, certes anecdotique, la photo assez ressemblante d’une société fragilisée, fracturée, par l’emprise du sectarisme coranique et par la veulerie de ceux qui sont prêts à se soumettre. Dimanche, épuisée par la violence des injures déversées, la militante anti-islamiste Henda Ayari a lancé un tweet désespéré : “Je suis fatiguée, démoralisée de lire toutes ces horreurs qu’on dit sur moi. C’est un combat très dur, bien trop dur (…)” Merci à tous ceux qui la soutiendront, et qui soutiendront plus généralement ces femmes qui osent, seules, affronter l’islam totalitaire.

Ivan Rioufol

Texte daté du 12 février 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

La France confrontée à l’islamisme, par Ivan Rioufol

Alors que des femmes iraniennes défient le pouvoir islamiste en ôtant leur voile en public, alors que des femmes kurdes, cheveux au vent, prennent les armes contre l’Etat islamique et désormais contre les forces turques dans la région d’Afrine (Syrie), la chanteuse d’origine syrienne Mennel Ibtissem a choisi d’apparaître, samedi soir sur TF1, les cheveux enturbannés. Son interprétation de la chanson de Leonard Cohen, Hallelujah, a emballé le jury de The Voice. Il n’en reste pas moins que Mennel, jolie et talentueuse jeune femme, ne cache rien de ses sympathies, à en juger par l’historique de ses tweets. Une proximité intellectuelle semble notamment apparaître avec le prédicateur islamiste Tariq Ramadan. Ce défenseur de la visibilité de l’islam, notamment à travers le port du voile ou du turban, a été placé en détention provisoire pour des accusations de viols.

Dans le contexte aussi tendu que celui que connaît la France, il y a de la provocation de la part de Mennel Ibtissem à se présenter, faussement ingénue, sous un tel signe de ralliement à l’islam politique. D’autant qu’inciter la femme à se couvrir les cheveux souligne sa soumission dans la culture islamique. Le Coran est empli de préceptes qui infantilisent et dévalorisent la femme. Ainsi, par exemple, de la sourate 5, verset 6 (La table servie) qui, donnant des conseils de propreté, ne craint pas de douteux amalgames : “Si l’un de vous revient du lieu où il a fait ses besoins, ou si vous avez touché aux femmes et que vous ne trouvez pas d’eau, alors recourez à la terre pure, passez-en sur vos visages et sur vos mains”…

La propagande islamique sait user de tous les moyens pour tenter de subvertir la société française et de fracturer son unité. La banalisation du voile ou de ses dérivés est une manière parmi d’autres d’imposer en douceur un séparatisme de fait dans une société que les islamistes voudraient de plus en plus multiculturelle. C’est d’ailleurs là tout le combat de Ramadan, qu’il est peut-être en train de perdre après les révélations sur ses comportements machistes et violents. Le théoricien de la réislamisation de la communauté musulmane européenne, et plus spécifiquement française, aura en tout cas beaucoup de mal, cette fois, à se présenter en victime.

C’est sur ce registre, surexploité, de la victimisation des minorités que le terroriste “français” Salah Abdeslam, seul survivant du commando qui a semé la mort à Paris le 13 novembre 2015, s’est brièvement présenté, ce lundi matin, devant la justice belge, à Bruxelles. Il doit y être jugé pour sa participation à la fusillade ayant précédé son arrestation, en mars 2015, dans le quartier de Molenbeck. “Je n’ai pas peur de vous”, a-t-il déclaré avant d’expliquer qu’il ne parlera pas d’avantage : “Mon silence ne fait pas de moi un criminel (…). Je place ma confiance en Allah (…) Je témoigne qu’il n’y a pas de divinité à part Allah (…) Ce que je constate, c’est que les musulmans sont jugés, traités de la pire des manières, impitoyablement, il n’y a pas de présomption d’innocence”. Les familles des victimes apprécieront. Mais Abdeslam est déjà, lui aussi, un héros pour certains.

Ivan Rioufol

Texte daté du 5 février 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Affaire Théo : sale temps pour la fabrique du mensonge, par Ivan Rioufol

Ils nient, tripatouillent, insultent. Les “dénégationnistes” sont prêts à tout pour empêcher que des évidences soient dites, dès lors qu’elles risqueraient d’affaiblir le statut de “victime” que ces bidouilleurs accordent aux minorités qui se disent dominées. Le journaliste David Thomson a été le premier, en 2014, à alerter sur les risques d’attentats en France commis par des djihadistes français. Les images d’archives ont gardé la trace de débats télévisés de l’époque : elles montrent Thomson, témoin de ce qu’il a vu sur les terrains moyen-orientaux et français, en prise avec des contradicteurs qui le moquent. Ce sont ces militants en chaises longues que Thomson épingle quand il dénonce, dans Le Figaro du 26 janvier, ces “experts faussaires abonnés aux plateaux télé pour meubler du vide avec du vide et (qui) continuent d’occuper, hélas, la majeure partie du temps d’antenne”. La description est exacte. Derrière, il y a les visages et les noms des spécialistes dans la fabrique du mensonge. Mais pour eux, le temps se gâte.

Il est vrai que les enfumages sont de plus en plus voyants et grossiers. Apparue lundi sur les réseaux sociaux, la vidéo de l’interpellation du “petit Théo”, le 2 février 2017 à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), démolit en quelques secondes une année de propagande antiflics. La scène enfin dévoilée avait été décrite par la “victime” et ses soutiens médiatiques comme un déshabillage suivi d’un viol à l’aide d’une matraque.

En réalité, l’incident se révèle être conforme aux conclusions de l’enquête de l’IGPN (la police des polices) récusées par la pression idéologique : une rébellion violente de Théo (22 ans, 1,94 mètre) contre quatre policiers qui prennent des coups et en rendent. Nulle part sur les images n’apparaît le viol qui a valu à l’un des fonctionnaires sa suspension. François Hollande, qui ne s’était pas rendu au chevet de deux policiers brûlés vifs dans leur voiture à Viry-Châtillon (Essonne), s’était déplacé pour saluer Théo Luhaka sur son lit d’hôpital.

La force des réalités est un tsunami appelé à balayer les désinformations et les propagandes produites par la dialectique victimaire.

Ivan Rioufol

Texte daté du 1er février 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

L’Europe de l’Est écrit l’histoire, par Ivan Rioufol

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Le petit monde fortuné de Davos, qui s’est donné rendez-vous pour l’année prochaine avec la certitude d’être au cœur de l’histoire, ferait bien de descendre sur terre. Le “populisme”, que les puissants s’honorent de dénoncer, est une marée qui monte plus inexorablement que les actuelles inondations. Dimanche, les Tchèques ont réélu leur “Trump européen” en la personne de Milos Zeman. Il a fait de la lutte contre l’immigration son principal combat. Comme le rappelle Le Figaro de ce lundi, Zeman qualifie l’afflux de migrants en Europe “d’invasion organisée” et de “bouillon de culture” propice à des attaques terroristes. Les gens, visiblement, comprennent ce qu’il dit. Il suffit par exemple de constater l’état de la Suède, qui s’est ouverte depuis longtemps à un multiculturalisme qui se voulait exemplaire, pour convenir des désastres produits par l’arrivée massive de cultures différentes : le pays est en proie à une insécurité inédite (Le Figaro, samedi). 40% des policiers suédois sont exposés à des violences ou à des menaces. Les viols explosent. Un quart de la population affirme être affecté dans sa qualité de vie. Bref les odes à la mondialisation, repris ces derniers jours au Forum économique de Davos, ne font rêver qu’une caste de privilégiés. Ceux-ci voient en Emmanuel Macron son enfant prodige. “France is back !”, a d’ailleurs lancé le président français devant une assemblée conquise. En réalité, ni Macron ni ses dévots ne voient rien des mouvements tectoniques qui sont en train de bouleverser les équilibres européens.

L’histoire s’écrit à l’Est. Elle s’élabore loin des médias, dans ces pays détestés par la caste mondialiste, par l’Union européenne et par le chef de l’Etat français. Dernièrement, Macron n’a pas ménagé ses attaques contre la Pologne. Elle sait pourtant de quoi elle parle, elle qui a combattu jadis l’invasion ottomane puis le totalitarisme communiste : des expériences qui laissent l’esprit en alerte devant les dangers futurs. Quand Trump est venu en juillet à Varsovie pour déclarer aux Polonais : “Vous êtes l’âme de l’Europe” (bloc-notes du 14 juillet 2017), les médias français ont négligé l’évènement. A tort. Comme le soutient le spécialiste Tony Corn dans la dernière livraison de la revue Le Débat, “Washington va s’investir massivement (politiquement, militairement et économiquement)” dans le club dit de L’initiative des trois mers (Baltique-Adriatique-Mer Noire), qui comprend douze pays membre de l’UE (les quatre pays du Visegrad plus l’Autriche, la Slovénie et la Croatie, ainsi que les trois pays baltes, la Roumanie et la Bulgarie). Selon Corn, “l’Amérique va promouvoir le rôle régional de la Pologne et de la Roumanie, deux pays qui sont considérés comme les alliés européens les plus fiables”. A Davos, l’assemblée huppée a applaudi mollement, vendredi, le président américain et ses manières de plouc. Ces économiquement snobs feraient pourtant bien de méditer le conseil de Trump, de ne “pas oublier les gens” et de “répondre aux voix des oubliés”. C’est le peuple qui fait l’histoire.

Ivan Rioufol

Texte daté du 29 janvier 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

La cour à Versailles, loin des prisons pourries, par Ivan Rioufol

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Côté jardin, Versailles et son ordre grandiose. Côté cour, les prisons pourries par le salafisme. Pour qui ne sait ce que le choc des cultures veut dire, le déroulé de ce lundi offrira une parfaite illustration. Tandis que la grande majorité des 188 établissements pénitentiaires amorcent depuis ce matin un mouvement de blocage des entrées mené par les gardiens en réponse aux agressions qu’ils subissent de détenus islamistes, Emmanuel Macron reçoit, dans le faste du château de Louis XIV, 140 des plus puissants dirigeants du monde économique. Le problème est qu’entre ces deux univers, le chef de l’Etat n’est à l’aise que dans le plus feutré et le plus prévisible. S’il s’est gardé d’aller visiter une prison en ébullition, il s’est rendu ce matin dans l’usine Toyota d’Onnaing (Nord), qui va bénéficier de 400 millions d’euros d’investissement du constructeur automobile japonais. Ce soir, dans le décor splendide de Versailles, il dînera notamment avec les patrons de Coca-Cola, Rolls-Royce, Facebook, Google, Goldman Sachs, Novartis, etc. Il se rendra ensuite au sommet de Davos, mercredi. Cette opération de séduction des investisseurs étrangers a été baptisée, par celui qui veut faire de la France une “start-up nation” : “Choose France”. C’est ainsi que l’on cause en Macronie. On y pense “wordwide”. On y méprise aussi les ploucs et les ‘esprits tristes’ qui ne se laissent pas abuser par le clinquant et l’artifice des opérations de communication.

Toute la faiblesse du chef de l’Etat se retrouve dans ces deux actualités parallèles. Car si Macron a une réponse élaborée pour les investisseurs économiques dont il partage les codes, il n’en a pas pour ceux qui sont laissés en première ligne face à la violence menée au nom d’Allah. Le tout économique, qui est au cœur de la politique du président, n’est d’aucune aide pour résoudre l’énorme défi de l’islam politique et conquérant qui cherche à envahir la France. Or ce ne sont pas seulement les gardiens de prison qui disent aujourd’hui se rendre à leur travail “la peur au ventre”. Cette expression et de plus en plus entendue, également, chez des enseignants d’établissements “sensibles”. L’autre jour, les professeurs du collège Rosa-Parks, dans les quartiers nord de Marseille, ont exercé leur droit de retrait après l’agression d’une enseignante par une élève de 5 e. Le chef de l’Etat voit-il la réalité de ces situations, au-delà de ses efforts pour impressionner le monde économique ? Rien n’est moins sûr. L’environnement protégé dans lequel vit Macron ressemble comme deux gouttes d’eau au “monde ancien” qu’il prétend avoir enterré. Le plus dur n’est pas de convaincre des investisseurs pour s’installer en France. Le plus dur est de chasser de France une idéologie qui la déteste et veut la détruire. La cour, reconstituée à Versailles l’espace d’une journée, montre la même insouciance que l’aristocratie de jadis. Pour elle, la suite fut tragique.

Ivan Rioufol

Texte daté du 22 janvier 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

La “fermeté” de Macron à l’épreuve de Notre-Dame-des-Landes, par Ivan Rioufol

Ivan Rioufol

La “fermeté” est le terme que les médias emploient – y compris Le Figaro – pour rendre compte de la politique migratoire d’Emmanuel Macron. Il est vrai que, mardi à Calais, le chef de l’Etat a promis qu’il n’y aurait plus de “Jungle” à cet endroit. Il a dénoncé l’irresponsabilité de certaines associations d’aide aux migrants. Mais tout cela est la moindre des choses. Ce mercredi, dans Le Parisien, Xavier Bertrand, le président de la région Hauts-de-France, se dit d’ailleurs “déçu par le manque d’annonces claires sur le règlement de la question migratoire à Calais”. En réalité il y a, comme toujours, beaucoup d’effets d’annonces et de postures dans la stratégie du chef de l’Etat. Il y a peu, il prônait l’accueil pour tous et vantait la politique d’ouverture d’Angela Merkel. La poignée d’intellectuels qui signent, dans Le Monde daté de ce jour, un article intitulé : “M. Macron, votre politique contredit l’humanisme que vous prônez” n’ont pas tort quand ils pointent le double discours présidentiel. En fait, la “fermeté” de Macron se lira aux actes, c’est-à-dire en l’occurrence à la réalité des renvois des déboutés du droit d’asile politique. En attendant, l’autoritarisme dont fait preuve le chef de l’Etat sur des sujets annexes ressemble de plus en plus à une duperie. Le choix de renoncer à la construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), qui pourrait être annoncé ce mercredi, confirmerait la pusillanimité qui habite le président “jupitérien”.

“Je fais ce que j’ai dit”, aime à répéter Macron. En avril 2017, il assurait à propos de ce nouvel aéroport, dont le projet a été approuvé à 55,17% en juin 2016 par les habitants de la Loire-Atlantique : “Il y a eu un vote, mon souhait c’est de le respecter et donc de le faire”. La vraie fermeté serait, bien entendu, de mettre en œuvre ce projet qui a également passé tous les obstacles juridiques. Or ce qui se dessine – sauf surprise de dernière minute – est un renoncement du pouvoir à affronter la poignée de “zadistes” qui occupent les terres expropriées et s’opposent violemment à l’aéroport. Hier, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a précisé avant toute décision officielle que la ZAD allait être “évacuée des éléments les plus radicaux”. Cette annonce laisse comprendre que non seulement l’Etat s’apprête à reculer, mais qu’il maintiendrait sur place les éléments plus pacifiques, engagés dans une économie locale alternative et écologique. Il faut naturellement compter sur le savoir-faire des communicants de l’Elysée, qui ne manqueront pas de mettre en valeur la “fermeté” présidentielle consistant à clore un dossier vieux de cinquante ans. Mais le recul de l’Etat “bienveillant” sur Notre-Dame-des-Landes resterait, hélas, la victoire des minorités violentes. L’Etat faible le deviendrait encore bien davantage. Les contestataires retiendront la leçon.

Ivan Rioufol

Texte daté du 17 janvier 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Quand des femmes dénoncent leur victimisation, par Ivan Rioufol

Bonne nouvelle : les assauts contre le politiquement correct et ses interdits se multiplient. Edwy Plenel a fait les frais, récemment, de la mise en cause de son prétendu antiracisme, produit d’une lutte des “dominés” mise au service du totalitarisme islamique. Cette fois ce sont les néo-féministes qui sont contestées, par d’autres femmes, dans leur posture victimaire et leur lutte des sexes. La haine que laissent voir ces nouvelles bigotes du puritanisme, en réplique à une tribune publiée dans Le Monde daté de ce mercredi et signée par un collectif de cent femmes, dévoile la minceur de leur dialectique conflictuelle.

Dans la réponse publiée sur le site francetvinfo, Caroline de Haas et trente autres militantes accusent les blasphématrices d’être des “récidivistes en matière de défense de pédocriminels ou d’apologie du viol”. Les mères-la-pudeur concluent que “les porcs et leurs allié.e.s (sic) ont raison de s’inquiéter. Leur vieux monde est en train de disparaître”. Ce matin, sur Europe 1, une chroniqueuse a grossièrement insulté Elisabeth Levy (Causeur), qui figure parmi celles qui ont signé, avec Catherine Deneuve, Catherine Millet, Catherine Robbe-Grillet, ce texte argumenté qui rend les dames patronnesses hystériques. S’il est trop tôt pour identifier un réel mouvement de rejet face au terrorisme intellectuel qui s’étend toujours davantage, en France comme aux Etats-Unis, la panique qui gagne les faiseurs de morale laisse deviner néanmoins la conscience de leur fragilité.

Que dit ce texte du Monde? Que l’affaire Weinstein (ce producteur américain accusé de viols) était nécessaire, mais que la parole libérée s’est, depuis, trompée de cibles en soupçonnant chaque mâle en liberté d’être un prédateur sexuel en puissance. Les procès publics et les accusations sans preuve sont des dérives qui conduisent à imposer une morale victorienne, reposant sur la victimisation de la femme, ce sexe toujours faible. Les signataires mettent en perspective cette régression avec la “vague purificatoire” qui s’emballe. “Là on censure un nu d’Egon Schiele sur une affiche, ici on appelle au retrait d’un tableau de Balthus d’un musée au motif qu’il serait une apologie de la pédophilie”.

Le film Blow-up, d’Antonioni, est dénoncé par une universitaire pour sa misogynie. D’autres exemples sont cités. Les signataires auraient pu rajouter Le Carmen de Bizet réécrit par Leo Muscato : cette fois, c’est Carmen qui tue Don José car, selon Muscato, “on ne peut pas applaudir le meurtre d’une femme”. Cet hygiénisme de la pensée est insupportable. Il va d’ailleurs au-delà de la mise sous surveillance du sexe. Comme l’a expliqué le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, le pouvoir entend également promouvoir une “information propre”, en traquant les “fake news” sur l’internet. Il est grand temps de mettre un terme à ces atteintes tous azimuts à la liberté, sous couvert de moraline. Bravo à ces femmes qui partent à l’assaut sous les crachats !

Ivan Rioufol

Texte daté du 10 janvier 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Macron, sabre en bois et main tremblante, par Ivan Rioufol

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Emmanuel Macron s’en va en guerre. Mais il brandit un sabre en bois. Ce lundi, à peine arrivé en Chine, le président a invité à “une relance de la bataille climatique”. L’égalité “femme-homme” sera aussi un combat pour 2018 : ce matin sur Europe 1, Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes, a annoncé un “plan dur et concret” sur l’égalité salariale. Et voilà le chef de l’Etat qui monte également au front contre l’insécurité routière. “J’accepte d’être impopulaire”, a dit crânement Edouard Philippe, son premier ministre, en annonçant pour mardi la généralisation d’une limitation de vitesse à 80 km/ h sur certaines routes. Reste que ces mises en scène tapageuses d’un volontarisme ne s’attardent que sur des sujets consensuels (le climat, l’égalité entre les sexes) ou des cibles vulnérables (les automobilistes).

En réalité, le pouvoir macronien n’est guère différent des précédents : il reste fort avec les faibles et faible avec les forts. Le probable recul de Macron devant les zadistes de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), cette poignée d’ultras qui refusent le projet d’aéroport avalisé par la justice et un référendum local, devrait en apporter prochainement une autre démonstration. Mais sans attendre cette capitulation annoncée, qui sera alors maquillée par l’Elysée en marque d’autorité d’un président qui sait trancher, les lourds silences du chef de l’Etat sur le terrorisme, l’islam, la cohésion nationale suffisent à mesurer ses faiblesses.

Le lynchage d’une policière par des “jeunes sensibles”, lors du Nouvel An à Champigny-sur-Marne, est venu rappeler ce qu’est devenue la France : une nation éclatée, conflictuelle, gagnée par un néo-racisme porté par des minorités querelleuses. Il est des lieux où une contre-société islamisée s’est installée, dans la haine de la France, de ses représentants, de sa démocratie. C’est en France qu’un philosophe, Robert Redeker, est sous protection policière depuis plus de dix ans, cible d’une fatwa. C’est en France que les journalistes de Charlie Hebdo vivent dans un bunker et ne peuvent sortir qu’escortés par des flics.

D’anciens collaborateurs du journal satirique subissent aussi ce sort. C’est en France que des politiques irresponsables persistent à s’indigner d’une “islamophobie” sans comprendre qu’en usant de ce mot piégé ils consolident une idéologie totalitaire qui cherche à embrigader les musulmans. Dimanche, aux Folies Bergères, la gauche la plus lucide a rendu hommage, en présence de Manuel Valls, aux victimes des attentats de janvier 2015, dont les journalistes de Charlie. Cette gauche-là, minoritaire, lentement se réveille et c’est tant mieux. Il y a encore trois ans, alors premier ministre, Valls assurait que “l’intégration ne veut plus rien dire” ; il accusait la France de pratiquer une forme d’apartheid contre les populations immigrées, en alimentant la dialectique victimaire développée par l’islamo-gauchisme qu’il dénonce. Mais que pense Macron ? Ses évitements, camouflés derrière la logorrhée d’une “pensée complexe”, ressemblent de plus en plus à des renoncements. Face à l’islam conquérant, sa main tremble.

Ivan Rioufol

Texte daté du 8 janvier 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Ivan Rioufol : “Emmanuel Macron est un accident de l’Histoire. Il a bénéficié de l’effondrement des partis vermoulus”

22/12/2017 – FRANCE (NOVOpress)
Ivan Rioufol publie, aux Éditions de L’Artilleur, un livre intitulé Macron, la grande mascarade. Sa thèse est limpide : Macron n’a pas apporté la révolution, comme il veut le faire croire, mais il fait vivre au contraire un grand bond en arrière.

Il a redynamisé le pouvoir des élites en canalisant la société civile qu’il avait appelée à la rescousse pour n’en faire qu’un parti godillot.

Macron achève le système. C’est un accident de l’Histoire dans la mesure où sa venue a surpris tout le monde. Il y a encore un an, personne ne le voyait arriver à ce point de son parcours politique.
Il a bénéficié d’un effondrement des partis qui étaient des partis vermoulus. Il n’a suffi qu’à donner un coup d’épaule pour qu’ils s’effondrent. Il a également bénéficié de cette coalition des affaires contre François Fillon dans la dernière ligne droite.
Il est le produit d’un monde finissant. Il est un des rares en Europe à défendre une vision postnationale, une Europe souveraine et à ne pas comprendre que tout ne se résume pas à l’économie.
Je lui fais le procès de ne voir que d’un œil. Il ne veut expliquer les grandes questions sociétales qu’à travers l’économie et donc avec une vue beaucoup trop restreinte pour répondre aux questions liées à l’immigration, au communautarisme et à la montée de l’islam radical. Ce sont des sujets qui pour lui sont des impensés politiques.


La France liée par le politiquement correct, par Ivan Rioufol

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Un vœu pour 2018 ? Que le ridicule terrasse enfin les “antiracistes” : ils rendent imbuvables les minorités décrétées intouchables. Ce week-end, le footballeur de l’équipe de France, Antoine Griezmann, a dû présenter ses excuses pour s’être grimé en basketteur noir des années 1980, portant une perruque afro ; il voulait honorer les Harlem Globetrotters. Une même polémique imbécile s’est abattue sur la nouvelle Miss France, Maëva Coucke, qui avait déclaré, défendant sa candidature : “ Après une blonde, une brune, une Miss à la crinière de lionne, pourquoi pas une rousse”. Avoir rappelé les cheveux crépus d’Alicia Aylies, à qui elle a succédé, a valu à l’élue rousse d’être accusée de racisme. Le Monde de mardi a consacré aux “nouveaux militants de l’antiracisme” un article complaisant sur les stages racialisés interdits aux Blancs, sans y trouver à redire. La décision du gouvernement de revenir sur la nomination de la militante racialiste Rokhaya Diallo au Conseil national du numérique a suscité plus d’indignations que ses propos haineux dénonçant un “racisme d’État”. Etc.

L’emprise du politiquement correct ne cesse de s’étendre. Cette année, des militants noirs ont exigé de débaptiser des lieux portant le nom de Colbert, accusé d’avoir favorisé l’esclavage. Ces justiciers miment les activistes américains qui déboulonnent les statues du général sudiste Robert E. Lee et instruisent le procès de Christophe Colomb. Dans la foulée, le mâle blanc hétérosexuel est devenu, aux yeux des néoféministes, un prédateur sexuel en puissance. Une semblable présomption de culpabilité pèse sur la société d’accueil, accusée de n’en faire jamais assez pour les “migrants”. La dialectique antiraciste considère l’islam comme la religion des faibles et le musulman comme le damné de la terre. Dans une tribune collective publiée samedi par Le Monde, des maires (dont Martine Aubry et Alain Juppé) renoncent à différencier les réfugiés officiels des déboutés du droit d’asile qui veulent rester sur le territoire. Ils écrivent : “Accueillir dignement les nouveaux habitants relève de nos responsabilités à tous.” Et allons donc !

L’endoctrinement humanitariste, qui oblige à accueillir qui veut et à céder à qui exige au nom de la diversité sacralisée, est une menace pour la cohésion nationale et la paix civile.

Ivan Rioufol

Texte daté du 21 décembre et repris du blog d’Ivan Rioufol

Immigration : Macron dans ses contradictions, par Ivan Rioufol

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Une désuète conversation de salon : c’est ce à quoi s’est prêté le journaliste de France 2, Laurent Delahousse, en interrogeant Emmanuel Macron, dans une séquence préenregistrée mardi soir et diffusée dimanche soir sur la chaîne publique. Sur le fond, rien n’est à retenir de cette pure opération de communication et d’auto-promotion. Macron a estimé que son élection “a stupéfait le monde”. Il a expliqué qu’il avait fait enlever de l’antichambre du premier étage les portraits “des présidents morts” pour les remiser après restauration dans une pièce à part.

Les téléspectateurs ont assisté à la mise en scène du président déambulant dans les pièces de l’Elysée (du bureau doré au hall d’entrée), de manière à bien faire comprendre qu’il était perpétuellement “en marche”. Pas un instant, les questions de Delahousse, visiblement envouté par le regard fixe de son interlocuteur, n’auront cherché à fâcher le jeune monarque républicain, prêt à déceler “l’esprit chagrin”, voire la “haine” (chez Laurent Wauquiez) derrière la moindre critique. Ce week-end, le chef de l’Etat, féru de symbolique, avait choisi le site du château de Chambord pour fêter un pré-Noël en famille, dans un gîte rural situé sur le domaine royal. Alors que les médias assurent que Macron s’apprête à défendre une position de grande fermeté sur l’immigration clandestine, ce sujet n’aura pas été abordé. Il ne l’avait pas été davantage lors de sa campagne électorale, ni lors de son débat avec Marine Le Pen ou lors de sa première intervention télévisée du 15 octobre. Hier soir, la forme a de nouveau primé sur le fond.

Les efforts que déploie le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, pour feindre l’autorité de l’Etat face à l’afflux d’immigrés fuyant la misère, ont du mal à convaincre. Ce lundi, sur RTL, Collomb a dit son souhait de voir les associations humanitaires travailler “de manière partenariale” avec les pouvoirs publics. Or ces associations refusent de distinguer entre le réfugié politique et l’exilé économique. Elles prônent un “asile pour tous”, au nom des droits de l’homme et de la non-discrimination : des principes dont se réclame Macron, qui ne cesse de dénoncer les “populistes” qui demandent des freins à ces flux migratoires qui perturbent de plus en plus la cohésion nationale. “La situation sur Paris est totalement explosive”, assure même le ministre de l’Intérieur.

Pourtant, dans Le Monde de ce week-end, des maires de grandes villes (dont Martine Aubry et Alain Juppé) signent une tribune collective dans laquelle ils se préoccupent “du déracinement des migrants”, qui doivent être intégrés, qu’ils soient réfugiés reconnus ou déboutés du droit d’asile ayant décidé rester. Ces maires écrivent : “Accueillir dignement les nouveaux habitants relève de nos responsabilités à tous”. Reconnaître aux clandestins le statut de “nouveaux habitants” dit tout du renoncement des prétendus humanistes à faire obstacle à une substitution de population. Pour s’opposer à cette folle invasion, Macron serait obligé de se dédire. “Je fais ce que j’ai dit”, a-t-il prévenu hier.

Ivan Rioufol

Texte daté du 11 décembre et repris du blog d’Ivan Rioufol

Le peuple, pièce manquante de la politique, par Ivan Rioufol

Et le gagnant est… l’abstention. En Corse, 47,4% des électeurs ont boudé le scrutin territorial, qui a donné dimanche la majorité absolue (56,5%) à la liste nationaliste. Chez les Républicains, Laurent Wauquiez a été élu, hier, dès le premier tour avec 74,64% des suffrages. Mais les 235.000 militants se sont abstenus à 57,54%. Cette désaffection révèle la crise qui affecte les partis. En Corse, La République en marche, qui prétend renouveler l’offre, n’a récolté que 12,7% des voix. L’attentisme de l’électorat, en quête d’une expression qui lui ressemble, est partout palpable. Samedi, à Paris, cette France populaire et oubliée s’est manifestée dans sa puissance (un million de personnes) à l’occasion des obsèques de Johnny Hallyday.

C’est une foule culturellement homogène, rassemblée partout aux alentours de l’Eglise de la Madeleine, qui a sifflé et hué quelques secondes Emmanuel Macron, à peine avait-il prononcé, sur le parvis : “Mes chers compatriotes (…)”. C’est pour avoir demandé au public, à l’issue de son discours, d’applaudir Johnny Hallyday que le chef de l’Etat a pu s’éviter une sortie peut-être plus hasardeuse. Mais cette tentative de récupération politique, qui a conduit la famille du chanteur à déclarer Marine Le Pen indésirable à la cérémonie alors qu’une partie de son électorat était dans les rues voisines et sur la place de la Concorde, n’a eu pour effet que de montrer l’attachement de cette France invisible, recueillie durant toute la cérémonie religieuse, aux racines chrétiennes de la nation. Ironie de l’histoire : jamais la croix n’a été si présente dans l’espace public qu’en ce 9 décembre, journée anniversaire de la loi de 1905.

C’est vers cette France populaire, que François Fillon n’avait su approcher, que Wauquiez doit aller s’il veut consolider sa frêle assise. L’échec cinglant de Maël de Calan (9,5%), parrainé par Alain Juppé, a démontré une fois de plus que les militants républicains ne voulaient plus entendre parler de la droite centriste et molle, qui persiste à ne rien comprendre des souffrances de la société. Cette partie-là de la droite ressemble trop au centrisme macronien pour ne pas le rejoindre.

Le gros des abstentions vient de la nation périphérique : une classe moyenne qui a disparu depuis longtemps des radars des formations politiques traditionnelles. La prolophobie, qui habite la droite bien peignée, est un non-sens. Rien n’était plus sympathique et émouvant que la France populaire rassemblée pour Johnny. Difficile d’ailleurs de ne pas remarquer l’absence de la France de la “diversité” dans ce recueillement collectif, qui devrait être une source d’inspiration pour Wauquiez. Il ne pourra non plus faire l’économie d’un sérieux travail intellectuel pour redonner une doctrine à son parti. “Nous devons reconstruire la pensée de la droite”, a-t-il déclaré. Il ne reste plus qu’à espérer que la réflexion conduise à cette évidence d’une union de toutes les droites, comme la gauche sut le faire dès les années soixante-dix. Que la Macronie hurle devant cette perspective, rien de plus normal : c’est sa survie qui serait en jeu. Que la droite pavlovienne en fasse autant est stupide.

Ivan Rioufol

Texte daté du 11 décembre et repris du blog d’Ivan Rioufol

Ce que cache la “Grande cause” anti-sexiste, par Ivan Rioufol

La France est en guerre, l’ennemi intérieur s’affaire, l’antisémitisme suinte, le racisme anti-blanc se pavane, la laïcité est ridiculisée… mais Emmanuel Macron se mobilise contre la montée du sexisme. Il est vrai que ce combat-là est sans danger. Il peut se contenter de grands mots. Les insécurités et les menaces que subissent les femmes, dans les rues ou les transports collectifs, sont évidemment insupportables. L’explosion du machisme s’inscrit dans le processus de délitement d’une société à l’abandon. Cependant, le choix présidentiel de lancer prioritairement, samedi, la “Grande cause du quinquennat pour l’égalité femmes hommes” passe volontairement à côté des autres grands défis posés par une contre-société qui s’islamise dans l’indifférence. D’autant que rien n’est dit des sources culturelles de ce mépris des femmes.

Le combat néo-féministe se contente de dénoncer la domination du mâle blanc, ce présumé prédateur qui serait symbolisé par Harvey Weinstein. L’excuse sociale des militantes de la délation va en revanche aux minorités issues de la diversité. Le scandale lié à l’islamiste Tariq Ramadan est certes venu rompre involontairement l’omerta. Le nouveau délit d’”outrage sexiste” vise bien les harcèlements de rue, qui s’observent dans les cités ou les quartiers d’immigration. Cependant, quand le chef de l’Etat parle plus généralement d’une “société française malade du sexisme”, il cautionne un amalgame qui fait douter de l’efficacité de la “Grande cause”.

Macron refuse de se confronter à l’islam. Or l’islam porte dans ses textes, pris à la lettre, le nouvel antisémitisme, le nouveau racisme, le nouveau sexisme. Le président a toujours tenu des propos émollients sur ce sujet. Il voit dans cette idéologie une religion d’amour, de tolérance et de paix (RAPT), sans s’attarder sur ses dérives politiques et totalitaires. Christophe Castaner, le patron de LREM, a d’ailleurs expliqué, l’autre jour sur RMC : “L’islam est une religion de bonheur et d’amour, comme la religion catholique”.

Cette naïveté volontaire est une manière commode de renoncer à identifier les sources des comportements islamiques. Manuel Valls, qui se dit solidaire de Macron, est en réalité son exact contraire quand l’ancien premier ministre déclare, dimanche au Grand Jury, que “l’islamisme a à voir avec l’islam” et que prétendre l’inverse revient à “déresponsabiliser l’islam”. Cet aveuglement présidentiel, qui même sur le sexisme n’est guère lucide, est évidemment préoccupant. Il augure mal de la manière dont le chef de l’Etat va répondre à la “nouvelle France anti-juive” qui, comme le rappelle samedi Pierre-André Taguieff dans un entretien à La Revue des Deux Mondes, “se concentre dans les populations issues de l’immigration de culture musulmane”. N’est-ce pas là la vraie priorité pour Macron ?

Ivan Rioufol

Texte daté du 27 novembre et repris du blog d’Ivan Rioufol

Prières de rue, Tariq Ramadan : la parole se libère contre les idées fausses, par Ivan Rioufol

Le vent tournerait-il ? Le déconomètre, qui s’emballe depuis près de quarante ans, a du plomb dans l’aile. Vendredi dernier, une centaine d’élus de Clichy (Hauts-de-Seine) ont manifesté leur indignation devant les prières de rue. Elles y sont organisées illégalement depuis huit mois par des fidèles qui se plaignent de l’éloignement de leur mosquée. La suite dira si, après ce premier face-à-face tendu, le ministre de l’Intérieur sortira de sa torpeur. Tout aussi réjouissante est l’avoinée qui s’abat sur le journaliste Edwy Plenel, patron de Mediapart. L’ami de Tariq Ramadan, accusé de viols, était le symbole sacralisé du journalisme moralisateur. Même à gauche, les outrances du faux curé commencent à être comprises pour ce qu’elles ont toujours été : des complaisances avec le totalitarisme coranique. Manuel Valls mène l’assaut contre ce drôle d’”antiraciste”. Mercredi, l’ex-premier ministre a accusé Plenel de “complicité intellectuelle” avec le terrorisme. La “parole libérée” est une glasnost à la française qui déborde des rangs des seules néoféministes.

Les résistants de la 25e heure découvrent la lune. Hier encore, beaucoup étaient avec la meute quand il s’agissait de marginaliser les premiers lanceurs d’alerte, forcément réactionnaires et infréquentables. Votre serviteur se souvient des inepties des procureurs d’alors. Mais Schopenhauer avait prévenu : “Toute vérité franchit trois étapes : d’abord elle est ridiculisée. Ensuite elle subit une forte pression. Puis elle est considérée comme ayant toujours été une évidence.” Reste la satisfaction d’être moins seul, et celle de ne s’être pas trompé sur cette presse militante qui nie les faits, sur cette gauche perdue qui croit retrouver les vertus du communisme, Allah en plus, dans l’islamisme en guerre contre l’Occident.

Cependant, les persistantes réticences à regarder en face les faux gentils, la fracture identitaire, la guerre civile qui vient, la grande mascarade du macronisme, sont des encouragements pour continuer d’enfoncer les clous…

Ce qui survient, dans ce rejet des dénis et ce retour au bon sens, sont les premiers pas vers une émancipation des esprits.

Ivan Rioufol

Texte daté du 16 novembre et repris du blog d’Ivan Rioufol

Terrorisme : la guerre est aussi intérieure, par Ivan Rioufol

Terrorisme islamiste

Une guerre civile menace la France, mais la Macronie garde les yeux fermés. Ce lundi, le chef de l’Etat s’est rendu sur les lieux des attentats djihadistes du 13 novembre 2015, notamment au Bataclan, pour rendre un hommage silencieux aux 130 morts et aux 683 blessés. L’offensive terroriste avait été lancée du fief de l’Etat islamique à Raqqa. La chute de la ville syrienne, et de Daesch, n’ont pas éteint les risques, même si Emmanuel Macron a cru bon de supprimer le secrétariat d’Etat à l’aide aux victimes, créé en février 2016. Dans Le Figaro de ce jour, le patron de la DGSI confirme : “Tout ce qui se passe sur les théâtres d’opérations est transposable sur notre territoire”. Ces propos de Laurent Munez signifient donc que la guerre extérieure est aussi une guerre intérieure. Elle est principalement menée par des Français, en tout cas administrativement, contre d’autres Français. Le général Pierre de Villiers, ancien chef d’Etat-major des armées, l’admet aussi (1) : “Désormais, l’ennemi peut aussi bien se trouver à l’intérieur de l’Hexagone que très loin au-delà des mers”. En 2015, le ministre de la Défense de l’époque, Jean-Yves Le Drian, soutenait encore : “Je ne parlerai jamais d’ennemi intérieur”.

Il y a, oui, une cinquième colonne, motivée par la détestation de l’Occident et singulièrement de la France. Or, quand le président déclare tout dernièrement, à Abu Dhabi : “Ceux qui veulent faire croire que l’islam se construit en détruisant d’autres monothéismes sont des menteurs et vous trahissent”, il cautionne un irénisme qui désarme les élémentaires vigilances. Faut-il rappeler à Macron l’éradication des Chrétiens d’Orient ou des Juifs en terre d’islam. Faut-il lui rappeler les motivations suprémacistes du djihad et l’intolérance salafiste ? Qui ment ?

Le déni du choc des cultures empêche le chef de l’Etat de comprendre une partie des ressorts de l’offensive islamiste. Quand il préfère expliquer le terrorisme par les conditions économiques et sociales ou par le réchauffement climatique, il sous-estime la guerre en cours et les moyens d’y répondre. On comprend encore mieux, au regard de cet état d’esprit si craintif, la démission du général de Villiers, ses “désaccords majeurs” évoqués dans son livre, et ses inquiétudes pour l’avenir de la défense nationale. Ceux qui voient en Macron un président de choc, brutal et cassant avec ses adversaires, ne distinguent pas la main qui tremble dès qu’il s’agit de sortir du confort de la technocratie et de ses impératifs financiers. Vendredi, à Clichy (Hauts-de-Seine), une centaine d’élus ont dû pallier la démission des pouvoirs publics en s’opposant enfin à des prières de rue organisées illégalement en centre-ville depuis 8 mois, alors même que la commune compte deux mosquées.

L’effacement de l’Etat face au communautarisme et aux minorités est une plaie qui reste à soigner. Le soir du 11 novembre, des drapeaux algériens et marocains ont été déployés devant l’Arc de Triomphe et la tombe du Soldat Inconnu par des centaines de supporters de foot, dont certains criaient : “On est chez nous !”. Les médias n’ont pas même relevé ces scènes choquantes. Elles illustrent pourtant un multiculturalisme qui fait le lit de possibles tensions à venir. Sachant de Macron ne fera qu’aggraver ces situations, il reste aux Français écoeurés à sonner eux-mêmes le tocsin.

(1) Servir, Fayard

Ivan Rioufol

Texte daté du 13 novembre et repris du blog d’Ivan Rioufol

Défendre l’identité oblige à l’union des droites, par Ivan Rioufol

Aborder la question identitaire, c’est être d’extrême-droite. Thierry Solère débite sans cesse cette ânerie, avec d’autres égarés de la droite béate. Ils se sont auto-baptisés “constructifs”. La petite bande alerte sur la dérive des Républicains, mais refuse de les quitter. “Je trouve qu’ils sont de plus en plus à droite”, a également commenté le premier ministre, Edouard Philippe. Ce n’est pas la lucidité qui caractérise cette amicale des faux-culs, mise au service d’Emmanuel Macron et de sa prétention à avaler la droite libérale. La question identitaire est, en effet, partout présente en Europe. En Catalogne et en Espagne, elle accélère une histoire potentiellement conflictuelle.

L’Allemagne, l’Autriche, la République Tchèque, les Pays-Bas, la Hongrie, la Pologne et bien d’autres nations voient des mouvements patriotiques qui se consolident sur le rejet de l’immigration massive et de l’islam politique. En France, le procès Merah a dévoilé, pour ceux qui en doutaient, la réalité de la contre-société islamique régulièrement décrite ici : elle ne reconnaît pas les lois françaises, mais celles de l’islam. Sur Twitter, le succès de MontreTaCroix, en réaction à la décision du Conseil d’Etat se supprimer la croix d’une statue érigée à Ploërmel (Morbihan), révèle le potentiel de résistance culturelle qui existe dans la France indignée.

Laurent Wauquiez a donc mille fois raison de vouloir répondre politiquement à ce réveil des peuples, des nations, des mémoires. D’autant que Macron et ses joyeux caniches ne veulent rien voir du choc des cultures, partout à l’oeuvre. Leur monde désincarné et sans vision humaine se réduit à des chiffres et des techniques. Même Alain Juppé semble aujourd’hui reconnaître que son “identité heureuse” était une sottise. Mais que de temps perdu à écouter les poncifs de Solère and Co !

Ces ombres bavardes se prennent pour Jean Moulin résistant au nazisme. Les constructifs n’ont évidemment plus leur place chez les Républicains. Ceux-là devraient les mettre à la porte mardi, si le vaudeville ne réserve pas une nouvelle surprise après la fausse éviction de mardi dernier. Pour autant, il reste encore un sérieux doute sur la capacité de Wauquiez de couper les ponts avec la droite culpabilisatrice, cette infernale machine à perdre. Quand il répète sagement, et dimanche encore, qu’il ne fera jamais d’alliance avec le Front national tout en disant la même chose que lui, il se prosterne devant un totem devenu incongru.

La défense de l’identité française échouera si elle en reste à des querelles de chapelles, à des confrontations d’ego, à des guerres de tranchées. Macron a pour lui de ne rien s’interdire. En ce seul domaine, il est un modèle à suivre pour Wauquiez. Sinon, il reviendra à la société civile, en ultime recours, de prendre son destin en mains.

Ivan Rioufol

Texte daté du 30 octobre et repris du blog d’Ivan Rioufol

Ivan Rioufol : « La banalisation de la barbarie est le risque qui se profile »

ivan-rioufol

03/10/2017 – FRANCE (NOVOpress) :  « La banalisation de la barbarie est le risque qui se profile en France », écrit Ivan Rioufol sur son blog, expliquant que, « au prétexte de ne pas stigmatiser les musulmans, nombreux sont les donneurs de leçons qui ferment les yeux sur l’intolérable ». Exemples :

« Lors de la première flambée antisémite observée en 2000 chez des jeunes des banlieues, les mouvements antiracistes avaient regardé ailleurs. Lors de la tuerie de Merah, Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy furent d’abord désignés comme responsables. »

Autres extraits :

« Les excuses sociales, psychologiques ou psychiatriques sont régulièrement avancées pour amoindrir les actes les plus abjects. Le clientélisme politique est une autre raison. Elle pousse l’extrême gauche à une odieuse bienveillance avec l’islamisme, comme le dénonce Manuel Valls avec pertinence. La prétendue France insoumise de Jean-Luc Mélenchon collabore en fait avec cette idéologie totalitaire. Elle a des points communs avec le communisme et le nazisme. »

« Bref, la barbarie islamiste est aussi répugnante que ceux qui la protègent, aux noms de bons sentiments dévoyés. Ceux-là sont même plus dangereux encore pour la cohésion nationale que ces terroristes minables, qu’un Etat normalement constitué aurait déjà vaincus. Ces faux antiracistes, fausses féministes, faux humanistes sont de vrais imposteurs. Ce n’est, certes, pas une découverte. Mais il est temps qu’ils dégagent à leur tour. »

Extrait d’un texte d’Ivan Rioufol intitulé
« Dégagez, faux antiracistes, faux féministes ! »
publié sur son blog

Macron : sortir du piège des happy few, par Ivan Rioufol

François Hollande les désignait, en privé, comme « les sans-dents ». Emmanuel Macron parle, en public, des « gens qui ne sont rien » : une déclaration faite jeudi soir lors de la visite à Paris d’un incubateur de start-up, lancé par Xavier Niel. Dans les deux cas, ce sont les mêmes exclus du système officiel qui sont montrés du bout des doigts par les deux chefs de l’Etat. Les « sans-dents », comme « les gens qui ne sont rien », sont ceux qui ne trouvent pas leur place dans la mondialisation, ni dans l’américanisation de la société managériale. Le gouvernement a fait ce week-end un « team building » durant lequel il est peu probable que le sort des Oubliés ait été abordé.

La photo officielle du président de la République ne cache rien de l’ambition du jeune homme qui s’est identifié à Julien Sorel : Le Rouge et le Noir fait partie des trois livres (avec Gide et de Gaulle) disposés sur le bureau présidentiel. Macron pose debout, un bout de fesse sur la tranche du bureau de Charles de Gaulle, les mains crispées sur les bords du meuble. Se dégage de cette image travaillée l’impression d’un personnage fier et heureux de caresser les attributs d’une réussite domptée et familière. Le portait me fait penser à ces clichés de riches intérieurs où des personnages bien nés et désinvoltes posent négligemment leur coude sur le rebord de la cheminée, un verre à la main : un monde dépassé.

C’est de ce piège rétrograde pour happy few que Macron doit sortir. Un chef de l’Etat ne peut se laisser caricaturer à ce point dans le symbole d’une réussite économique, en oubliant que toute une partie de la France en colère se fiche bien qu’on lui parle de PIB et du respect des 3 % de déficit.

Un sondage paru hier dans le JDD montre que les Français seraient à 61 % préoccupés par la montée de l’islamisme radical dans leur pays, tandis que le chômage n’inquièterait que 36 % des sondés. Ils seraient également 62 % à estimer que la France doit accueillir moins d’immigrés.

Cette photographie, qui n’a rien pour surprendre sur ce blog, n’est pourtant pas celle qui accompagne la prise de pouvoir du président. Le discours officiel, repris par les médias accommodants, consiste à marteler que tout se réglera avec la réforme du droit du travail et de la fiscalité. Le chef de l’Etat dira ce lundi à 15 h (j’écris ce billet rapide à 12 h 30) devant le congrès réunis à Versailles les grandes lignes de sa politique à venir, qui reste encre floue.

S’il persiste à ne pas voir cette France qui souffre de l’immigration et de l’islam conquérant, il est peu probable que celle-ci reste passive durant cinq ans. Il se dit, non sans arguments, que Macron imite Obama. Mais c’est Donald Trump que l’angélisme élitiste a produit.

Ivan Rioufol

Texte daté du 3 juillet et repris du blog d’Ivan Rioufol