Le refus du risque rend la France apeurée, par Ivan Rioufol

Est-ce ainsi que les hommes vont vivre ? Le choix d’une société hygiéniste, imposé sans débat par Emmanuel Macron, est une alarmante régression démocratique. Mercredi soir, le chef de l’État a été jusqu’à recommander aux Français de “se laver les mains“. Au prétexte de sauver l’hôpital public, infecté par la bureaucratie, le pouvoir rabaisse les citoyens infantilisés au rang d’une chiourme à mater : tel est le sens qui peut être donné au couvre-feu (21 h -6 h), cette mesure policière répressive qui sera imposée dès samedi, pour au moins quatre semaines, en Île-de-France et dans d’autres métropoles. En fait, un autre séparatisme disloque la nation.

Ce divorce-là oppose, radicalement, la France d’en haut à celle d’en bas. Ce schisme n’est pas moins dangereux que le sécessionnisme politique qui pousse des cités islamisées à rompre avec la République. Dans les deux cas, l’État dévitalisé et apeuré est prêt aux prudences les plus irréalistes pour éviter les tempêtes.

Protéger la vie : l’argument est avantageusement avancé par le gouvernement pour justifier ses défensives face au virus ou aux guérillas urbaines. Cet apparent humanisme n’a pourtant pas empêché les députés de la majorité, dans la torpeur d’août, de voter pour l’interruption médicale de grossesse (IMG) à neuf mois, c’est-à-dire au terme de la naissance, en cas de “détresse psychosociale” de la mère. Les mêmes « progressistes » de LREM ont, comme la députée Albane Gaillot, crié “Victoire !” après le vote l’autre jour d’un allongement de l’IVG de 12 à 14 semaines. Dans Le Monde (7 octobre), Israël Nisand, chef du service de gynécologie obstétrique au CHU de Strasbourg, a décrit ainsi l’acte médical qu’il réprouve : “À 14 semaines, le fœtus mesure 120 millimètres et la tête est ossifiée. Ce qui veut dire qu’il faut couper le fœtus en morceaux et écraser la tête pour le sortir du ventre.”
Ces gens qui exhibent leur grande bonté sont des monstres.

La France achèverait son déclin si elle devait devenir, sans résister, ce pays lâche et tremblant qui s’étend, sous la direction d’”élites” soucieuses de s’épargner trop d’ennuis. Subrepticement, la société verse dans la paranoïa quotidienne, au prétexte de ne prendre aucun risque.

Ivan Rioufol

Texte daté du 15 octobre 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Pourquoi l’Etat a perdu la guerre des rues

L’Etat a perdu la guerre des rues. Pour avoir rendu les armes, il est la cible permanente de la contre-société qui s’est installée dans les cités d’immigration. Ce week-end, c’est le commissariat de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) qui a été pris d’assaut, dans la nuit de samedi à dimanche, par une quarantaine de voyous armés notamment de mortiers d’artifice. Les policiers, réfugiés dans leurs locaux, n’ont pas même tenté de riposter. Aucun renfort n’a été envoyé sur place pour faire cesser l’humiliation. Mercredi, à Herblay (Val-d’Oise), deux policiers ont été extraits de leur voiture banalisée par trois délinquants.

Roués de coups et désarmés, ils ont été tirés à vue par leurs agresseurs. L’une des victimes serait entre la vie et la mort. Dès 2005, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, avait promis en juin “de nettoyer au Kärcher” la Cité des 4000 à la Courneuve (Seine-Saint-Denis), avant de s’engager en octobre à “débarrasser de la racaille” la cité d’Argenteuil (Val d’Oise). Quinze ans plus tard, ce sont les enfants qui ont pris la relève. “Nous serons intraitables”, a encore déclaré ce lundi matin le premier ministre, Jean Castex…

Les mots sont devenus obscènes. Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, a assuré dimanche que “les petits caïds n’impressionnent personne“. Il veut interdire la vente publique de ces mortiers d’artifice, utilisés comme armes par destination. Mais il lui faudrait proscrire aussi, dès lors, les boules de pétanque ou les réfrigérateurs, quand ils sont projetés des étages pour tenter de tuer du flic. Sans parler des “voitures folles”. En réalité, l’Etat est débordé par une réalité qu’il a volontairement mésestimée.

Nous sommes en guerre“, avait cru bon de répéter, six fois, Emmanuel Macron, le 16 mars, en désignant le Covid-19 comme l’envahisseur devant qui les Français allaient devoir se soumettre. Or la vraie guerre est ailleurs. Elle est menée, de l’intérieur, contre la France et ses représentants. Jusqu’à présent, la “défense de la vie” (qui n’a pas empêché les députés “progressistes” de rallonger le délai d’IVG de 12 à 14 mois) a suffi pour mettre le pays à l’arrêt. Pareillement, le pouvoir est tétanisé à l’idée qu’un “jeune” pourrait être tué. Cet humanisme est présenté comme le summum d’une civilisation éclairée. Pourtant, il est en train de produire, outre des désastres psychologiques, une faillite économique et sociale et un déchainement barbare. Criminel angélisme.

Ivan Rioufol

Texte daté du 5 octobre 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Covid: quand l’hygiénisme devient irrespirable, par Ivan Rioufol

L’ordre sanitaire technocratique, qui multiplie les interdits avec volupté, devient irrespirable. Enfermé dans sa logique hygiéniste, le gouvernement ne cesse d’alimenter un discours anxiogène et infantilisant. Or il est irresponsable, de la part des dirigeants, de maintenir plus longtemps la France dans une peur qui la paralyse. Mardi, le Covid-19 a causé la mort de 66 personnes. Un chiffre relativement constant depuis un mois. Dans ses pics, l’épidémie approchait les 1500 décès par jour.

Il n’y a donc pas, objectivement, de deuxième vague, en dépit de ce qu’affirment ceux qui attisent le trouillomètre et empêchent la vie de reprendre ses droits. Même si le professeur Didier Raoult a reconnu, mardi sur CNews, l’apparition d’un “variant” plus sévère que les autres, la panique n’a pas lieu d’être. Elle n’est entretenue qu’en raison de la faiblesse récurrente de l’hôpital public, qui manque toujours de lits de réanimation et de médecins. Ce problème de logistique et d’organisation est sérieux. Cependant il n’autorise pas Olivier Véran, ministre de la Santé, à jouer plus longtemps au tyranneau.

Donald Trump, sortant de sa brève hospitalisation d’après Covid, lundi, a tenu le discours qu’Emmanuel Macron devrait s’approprier : “Ne laissez pas le coronavirus vous dominer. N’ayez pas peur de lui, nous allons le battre (…) Sortez de chez vous, soyez prudents !”. Il est paradoxal que le mouvement présidentiel, La République en marche, soit celui qui incite à ne plus bouger, sinon en appliquant une liste frileuse de précautions décourageantes. L’immobilisation de la France durant le confinement va se payer d’un coût économique et social colossal, avec un endettement jamais atteint et un taux de chômage aux alentours de 10%.

Or il est criminel de vouloir maintenir ainsi le pays sous cloche, en pénalisant encore davantage les bistrotiers, restaurateurs, promoteurs de spectacles et d’autres encore. Lundi, l’élue marseillaise Samia Ghali a lancé l’initiative d’une création d’un Conseil scientifique marseillais. Il viendrait remplacer les “diktats” hors-sol de Paris et de sa bureaucratie. Cette révolte girondine est salutaire : il est grand temps que les citoyens s’émancipent de cet Etat tentaculaire et inefficace. Il empoisonne le pays, au prétexte de le soigner.

Ivan Rioufol

Texte daté du 5 octobre 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Islam radical : le lent “réveil républicain”, par Ivan Rioufol

Faut-il croire au “réveil républicain” annoncé, vendredi, par Emmanuel Macron ? Reconnaissons au chef de l’Etat d’avoir mis fin, dans les mots, au somnambulisme d’Etat face à l’islam radical. “Force est de constater qu’il y a un islamisme radical qui conduit à nier les lois de la République, qui conduit à banaliser la violence (…)“, a déclaré le chef de l’Etat, en visite aux Mureaux (Yvelines). Certes, on pourra ergoter sur le pléonasme contenu dans le recours à l’expression d’un “islamisme radical”, qui semble vouloir déresponsabiliser l’islam de ses propres dérives. Cependant, il faut reconnaître à Macron de n’avoir pas reculé devant le procès en islamophobie et en racisme que ne manqueront pas de lui faire les tenants de cet islam politique et totalitaire, qu’il a choisi de dénoncer comme étant un “danger”.

Applaudissons donc à ce discours contre le “séparatisme islamiste”, clairement et uniquement focalisé contre la nouvelle “contre-société”, si souvent décrite ici. Récemment, un sondage Ifop a rappelé que 40% des Français musulmans et 75% des moins de 25 ans font passer leurs convictions religieuses avant les valeurs de la République.

Néanmoins, quand Macron prétend que “le chemin, c’est celui que je viens de tracer“, il s’approprie un diagnostic qui a été fait par d’autres depuis des décennies. L’audace dont il se flatte est toute relative. D’autant que les mesures qu’il préconise, et qui s’étaleront dans le temps, ne répondent pas à l’urgence de la menace. En réalité, si le chef de l’Etat a rompu le tabou d’un islam radical intouchable, il n’a pas osé remonter à la source de son implantation en France. La cause est à rechercher dans une constante immigration de peuplement et un abandon des exigences d’assimilation à la communauté nationale.

Quand Macron constate : “Nous avons nous-mêmes construit notre propre séparatisme“, en regrettant la participation de l’Etat à la ghettoisation des quartiers, il se laisse aller à la rituelle séance de culpabilisation face aux minorités. Cependant, les vrais responsables du séparatisme islamiste sont tous ceux, Macron compris, qui continuent à laisser venir une massive immigration musulmane appelée à devenir française par le droit du sol et de la nationalité automatique.

Le réveil républicain, dont s’enorgueillit Macron, n’a ouvert qu’un oeil…

Ivan Rioufol

Texte daté du 5 octobre 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Trump, bête noire d’une gauche à la dérive, par Ivan Rioufol

Trump Président Mur

Les démocrates américains raffolent de la réplique de Joe Biden à Donald Trump : “Will you shut up, man !” (“Tu vas la fermer, mec !”). C’était cette nuit, lors de la première confrontation télévisée entre les deux candidats à la présidentielle. Rarement la vulgarité et l’insulte n’auront été portées, de part et d’autre, à une telle intensité. Il n’empêche : la riposte de Biden, comprise ce mercredi comme un heureux trait d’esprit par les anti-Trump, dit tout du sentiment de supériorité morale qui habite la gauche américaine. Ce fait n’est certes pas nouveau.

Son mépris pour l’adversaire avait déjà conduit Hillary Clinton, lors de la campagne de 2016, à qualifier de “déplorables” les supporters de Trump. Ce dernier a d’ailleurs déjà eu l’occasion de rappeler à ses électeurs : “Ils n’en ont pas après moi, mais après vous ». Toutefois, la radicalité du camp démocrate a pris le pas sur la mesure. Quand Trump dénonce le 4 juillet (discours au Mont Rushmore) le “totalitarisme” de ceux qui, notamment, “essaient de démolir les statues de nos fondateurs”, et quand il accuse “le nouveau fascisme d’extrême gauche qui exige une allégeance absolue“, il met le doigt sur une gauche orgueilleuse mais inquiétante dans ses intransigeances. Biden, qui laisse craquer le vernis, en est le représentant.

La presse, aveuglée par son anti-trumpisme pavlovien, ne semble pas s’inquiéter de la violence des coups portés par le camp progressiste contre ce que représentent les Etats-Unis dans leur histoire et leurs valeurs. La culpabilité blanche, brandie comme un étendard par les démocrates, porte en elle un nouveau racisme. Dans un entretien récent au Figaro, Joseph Bottum, professeur et essayiste américain, explique : “Je n’imagine pas qu’un professeur ayant une chaire à la Sorbonne soit forcé d’assister à des classes obligatoires organisées pour le corps professoral sur la “culpabilité blanche” et enseignées par des gens qui viennent à peine de finir le collège.

Mais c’est la réalité des université américaines”. La hargne est moins chez Trump que chez les fanatiques qui veulent faire table rase du vieux monde dont le candidat républicain s’est fait le porte-voix. En cela, et en dépit de ses outrances, la bête noire des démocrates pourrait bien être porté vers la victoire, par leur sectarisme et leur haine (voir mon blog précédent). Ce qui fait dire à Bottum : “Je vois potentiellement une guerre civile a feu doux éclater si Trump gagne cette élection ! (…) Ce ne sera pas le triomphe des républicains, mais celui du mal”. Les démocrates, devenus épurateurs éthiques et ethniques, sont le danger.

Ivan Rioufol

Texte daté du 30 septembre 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Menace islamiste – La France vulnérable doit fermer ses portes

S’il y a une guerre à mener en France, c’est contre l’islam politique. Une fois de plus, il a armé le bras d’un fanatique, Ali Hassan, qui a grièvement blessé au couperet deux personnes, vendredi à midi devant les anciens locaux de Charlie-Hebdo, à Paris. Le terroriste, venu du Pakistan, a expliqué avoir voulu se venger des caricatures de Mahomet, produites à nouveau par l’hebdomadaire à l’occasion du procès des attentats de janvier 2015, qui se déroule actuellement. L’islamiste, entré en France il y a trois ans sous le statut de mineur isolé, ignorait que la rédaction avait déménagé. La veille, le premier ministre, Jean Castex, avait déclaré sur France 2, parlant du Covid-19 contre lequel Emmanuel Macron avait dit précédemment, et à trois reprises, être “en guerre” : “Mon seul objectif c’est de vous protéger“.

En réalité, si le gouvernement sait multiplier les interdits et les obligations pour faire respecter son contestable ordre sanitaire et hygiéniste, il reste totalement inefficace face au totalitarisme islamique. Le chef de l’Etat devrait, vendredi 2 octobre, en dire plus sur sa riposte face à cet ennemi cruel, qui se pavane en pays conquis. La solution est simple dans son énoncé : cet islam-là n’a rien à faire en France. Les vrais responsables de cet énième attentat sont ceux qui, au cœur du pouvoir, laissent encore venir les sicaires et ceux qui les endoctrinent.

Manuel Valls a raison quand il déclare, dimanche dans Le Parisien : “Il faut clairement désigner l’islamisme comme l’ennemi et le défi de ce début de siècle“. Votre serviteur le répète depuis plus de vingt ans, sous les sifflets des traîtres à visage humain. Le salafisme et les frères musulmans, qui veulent la charia en France, n’y ont pas leur place. Cependant, il serait temps, également, de remonter à la source de cette islamisation importée, en asséchant les filières d’immigration de peuplement. Or ce sujet reste tabou chez les somnambules et ceux qui se réveillent. La France continue d’accueillir environ 400.000 immigrés par an. Ali Hassan, qui dit avoir 18 ans mais en paraît plus, fait partie de ces 40.000 mineurs inexpulsables. Ils coûteraient deux milliards d’euros par an à la collectivité.

La législation leur permet de faire valoir le regroupement familial pour leurs parents et leur fratrie. A Paris, ces “enfants des rues” seraient à l’origine de 60% des violences. L’islamisme continuera son extension tant que les lois d’accueil, socle de la doctrine de l’Union européenne qui impose ses normes, lui permettront de surjouer la victimisation. Lutter contre l’islamisme oblige préalablement la France à retrouver sa souveraineté législative afin de choisir ses invités. Il faut rompre avec la Cour européenne des droits de l’homme, qui a offert les clés aux squatters de la nation et à ses ennemis. Oui, la France vulnérable doit désormais fermer ses portes.

Ivan Rioufol

Texte daté du 28 septembre 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Ce qui pousse Trump vers la victoire, par Ivan Rioufol

N’en déplaise à la basse-cour médiatique, qui lui est unanimement hostile, Donald Trump est de ces dirigeants qui ont le mieux compris leur époque. Il est dans le sens de l’histoire, qui oppose les déracinés aux enracinés. C’est ce que la gauche américaine ne veut pas comprendre. A ce titre, il pourrait être réélu le 3 novembre, en dépit des prédictions inverses. La condescendance des hommes politiques français à son égard est un conformisme, repris dernièrement par Nicolas Sarkozy. Il est vrai que le président américain a bien des défauts. Mais il a des idées claires sur les enjeux de son mandat. “Je fais la politique du XXI e siècle”, avait-il déclaré en septembre 2019. “L’avenir n’appartient pas aux mondialistes, l’avenir appartient aux patriotes”.

Plus que jamais, c’est cette vision qui s’impose. Jamais l’universalisme n’a été autant décrié. Jamais le souverainisme n’a été autant loué. La prochaine élection présidentielle française se jouera sur ce terrain. Il est arpenté par Trump depuis son élection en 2016. “Nous demandons un grand réveil des nations”, avait-il déclaré en septembre 2017 devant l’ONU. En juillet 2017, à Varsovie, il avait ajouté : “Si nous n’oublions pas qui nous sommes, nous ne pourrons pas être vaincus”. En France, la victoire en 2022 ira au candidat qui saura parler de la sorte.

Il est d’ailleurs plaisant d’observer la constance avec laquelle les détracteurs de Trump se mettent le doigt dans l’oeil. C’est à peine si les médias ont rappelé son rôle dans l’historique accord de normalisation conclu entre Israël, les Emirats arabes Unis et Bahreïn. L’événement a eu lieu le 15 septembre à la Maison Blanche. Ce rapprochement, qui scelle la défaite des Palestiniens, a été tacitement avalisé par l’Arabie saoudite, dont le prince héritier a promis de rompre avec le wahhabisme.

D’autres nations arabes sunnites pourraient s’y joindre. Or cette pacification, destinée à isoler l’Iran chiite, doit autant à la persévérance de Benyamin Netanyahou qu’au président américain. Il faut relire les augures de ceux qui annonçaient le soulèvement de la rue arabe, après la décision de Trump, en décembre 2017, de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël et d’y installer l’ambassade américaine. “Décision regrettable”, avait commenté Emmanuel Macron. Le choix du président français de rester l’interlocuteur de l’Iran des ayatollahs et du Hezbollah terroriste isole désormais la France dans le monde sunnite. Sale temps pour les donneurs de leçons.

Ivan Rioufol

Texte daté du 21 septembre 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

L’inutile acharnement de Véran contre Raoult

Les fabricants de peur détestent le professeur Didier Raoult. Il les rend hystériques. Cela fait des mois que le scientifique assure, en effet, que l’épidémie de coronavirus n’est pas si mortelle. Il l’a redit ce lundi matin sur CNews, interrogé par Laurence Ferrari : “Ca sert à rien de s’affoler (…) La mortalité de cette maladie n’a rien de terrifiant (…)“. Pour lui, les chiffres des décès causés par le virus ne seront pas significatifs sur l’ensemble de l’année 2020. Il parle également de “délire sur l’hydroxychloroquine“, interdite aux médecins depuis mai. Selon lui, elle “diminue la mortalité de 50%“.

Déjà, le 19 août, le médecin marseillais avait tenu des propos similaires. Mais cette fois, Raoult n’est plus seul. Vendredi, dans Le Parisien, 35 chercheurs, universitaires et médecins ont appelé “les autorités politiques et sanitaires françaises à cesser d’insuffler la peur à travers une communication anxiogène qui exagère systématiquement les dangers (…)“. Ils ont dénoncé également la décision du ministère de la Santé de “suspendre leur liberté de prescrire les médicaments autorisés de leur choix“. Samedi, dans Le Figaro, des médecins de la région marseillaise ont apporté leur soutien à celui que des fanatiques, parfois liés à des intérêts pharmaceutiques, présentent comme un “gourou” ou un “charlatan” appuyé par “l’extrême droite”.

Olivier Véran est, depuis le début, en première ligne dans cette cabale qui a atteint l’irrationnel. Dans ce bras de fer, la science n’est qu’un prétexte. En réalité, le ministre de la Santé s’emploie à vouloir défendre un Ordre sanitaire qui répond davantage “au désir des politiques d’avoir un rôle” (Raoult, ce matin) qu’à des dangers réels.

Dès le 3 mai, Véran reprochait au médecin de “n’être pas très responsable“, en niant l’existence d’une deuxième vague. Or celle-ci, annoncée tout l’été, n’est toujours pas là. Début septembre, le ministre promettait pour dans quinze jours “une augmentation des cas graves de coronavirus“, tandis que le Conseil scientifique évoquait le 10 septembre “une circulation inquiétante du virus“. Ces discours alarmistes sont ceux d’un pouvoir qui prend goût à infantiliser les citoyens, en leur imposant des pénitences. Récemment, Véran a reproché à Raoult d’avoir dit “des trucs qui étaient faux“, sans s’interroger sur ses propres mensonges initiaux sur l’utilité des masques ou la véracité de l’étude bidonnée du Lancet démolissant le protocole Raoult. Ce matin le professeur a laissé poindre son agacement à être traité par le ministre “comme un vilain petit canard“. L’acharnement de Véran contre Raoult fera forcement une victime parmi les deux adversaires. Or Véran devrait se méfier : le vent tourne, les yeux s’ouvrent. Et les faits sont têtus.

Ivan Rioufol

Texte daté du 14 septembre 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Eric Dupond-Moretti, le maillon faible

Eric Dupond-Moretti est une aubaine pour Marine Le Pen. Le garde des Sceaux symbolise, à lui seul, l’anachronique complexe de supériorité morale qui se retrouve chez beaucoup de dirigeants hors-sol. Or ce travers égotique rend les “élites” imbuvables pour ceux qui doivent supporter leurs prêches. Tout ce qui est devenu odieux aux yeux des sermonnés – l’auto-contentement du donneur de leçons, son aveuglement sur les réalités, sa diabolisation de l’adversaire – est représenté jusqu’à la caricature par le ministre de la Justice et ses indignations de salonnard. Il semble vivre sur une autre planète.
Dimanche, piqué au vif par les critiques que venait de lui adresser la présidente du RN à Fréjus, (“Dupond-Moretti, c’est Taubira en pire“), l’ancien ténor du barreau a répliqué par tweet : “Mme Le Pen ment énormément et je le prouverais aux Français. Des mots de plus en plus forts et des idées de plus en plus populistes. Près de 40 ans après son abolition, elle reparle de la peine de mort. Marine Le Pen, c’est son père en pire. Rien de neuf sous le soleil de Fréjus ». Dupond-Moretti, alors brillant avocat, avait souhaité en 2015 l’interdiction du FN. A l’entendre aujourd’hui, l’orgueil blessé, on songe à Bertold Brecht : “Ne serait-il pas plus simple pour le gouvernement de dissoudre le peuple et d’en élire un autre ?“.

Alors que le mur des idéologies s’écroule sous le poids de leurs mensonges, Dupond-Moretti persiste à ne pas comprendre l’exigence de vérité qui gagne l’opinion. Sa haine irréfléchie du populisme – posture que même Emmanuel Macron semble vouloir atténuer – le place dans un rôle loufoque de mandarin claquemuré dans sa Cité interdite. Le mot “ensauvagement”, qu’il a critiqué mardi, est jugé justifié par 70% des Français (sondage Ifop diffusé ce lundi). Sa négation d’une augmentation des violences est contredite par les chiffres. Le Figaro publie ce lundi un dossier accablant sur les actes de violence gratuite qui ont explosé en vingt ans. Selon Patrice Ribeiro, secrétaire-général de Synergie-Officiers, “Darmanin, l’élu de terrain (NDLR : ministre de l’Intérieur), est dans la reconnaissance du réel et Dupond-Moretti, l’avocat multimillionnaire, est dans le déni, l’aveuglement idéologique et loin de la réalité des gens“. Celui qui prétend s’adresser “à l’intelligence des gens” et représenter la “nuance” se comporte comme un apparatchik. Son rôle semble tellement contreproductif, surtout à l’heure où Macron promet de se “réinventer“, que son maintien à la tête de la Justice, rendue au nom du peuple français, est une question qui doit être posée. Le maillon faible tiendra-t-il jusqu’au bout ?

Ivan Rioufol

Texte daté du 7 septembre 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Islam : la lâcheté de ceux qui s’aveuglent, par Ivan Rioufol

ivan-rioufol

L’aveuglement sur l’état de la France est une lâcheté largement partagée. Rien n’est plus commode que de nier, par exemple, la montée de l’insécurité ou de l’islamisation, pour se contenter de brasser de l’air autour de l’ordre sanitaire et de ses principes de précaution. Les hommes politiques qui se prêtent à cette mascarade auront à répondre de leur démission devant l’histoire. Ainsi, mardi, le garde des Sceaux, Eric Dupont-Moretti, s’en est pris aux populistes coupables à ses yeux d’alerter sur l’expansion et la banalisation de la violence.

Pour lui, l’ “ensauvagement” (un mot employé par le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin) est un leurre qui n’exprime qu’un “sentiment d’insécurité” “de l’ordre du fantasme”. Ce dénégationnisme balourd va de pair avec celui qui prétend que “l’islam est compatible avec la République” : une formule creuse reprise notamment par Emmanuel Macron. Ce slogan permet de ne pas s’interroger plus avant sur les causes du séparatisme islamique qui s’installe. Reste qu’un sondage Ifop, publié ce mercredi par Charlie Hebdo, vient rappeler l’attrait de la charia (loi islamique) sur la jeune génération de musulmans français.

Cela fait longtemps que les sondages – et les observateurs sans œillères – décrivent la propension de l’islam à se séparer du reste de la communauté nationale. Déjà, en 2003, le président de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), Lhaj Thami Breze, proche des Frères musulmans, avait prévenu : “Le Coran est notre constitution”. En septembre 2016, l’Institut Montaigne avait révélé que près de 50% des jeunes musulmans rejetaient le modèle démocratique pour lui préférer la loi islamique et ses interdits.

Cette fois, le sondage montre que 74% des jeunes musulmans de moins de 25 ans font passer leurs convictions religieuses avant les valeurs de la République ! Ce pourcentage est ramené à 40% pour l’ensemble de la population musulmane. Celle-ci est évaluée à plus de dix millions de personnes. Si 82% des Français musulmans condamnent l’attentat contre Charlie (le procès des sous-fifres s’ouvre aujourd’hui), ils ne sont plus que 74% chez les jeunes. Les falsificateurs, qui parlent d’”esprit complotiste” chez ceux qui décrivent le réel, laissent faire la libanisation du pays éclaté et son lent chaos. Ces traîtres sont les complices du déclin français.

Ivan Rioufol

Texte daté du 2 septembre 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Rien n’est plus moderne que la nostalgie, par Ivan Rioufol

Plus que jamais, je revendique ma nostalgie : celle d’une douce France qui s’efface au profit d’un vivre ensemble orwellien conçu pour masquer la haine et la violence. Celles-ci s’étendent aujourd’hui comme des flaques de sang. Cette remarque me vient, à nouveau, à la lecture dans Le Figaro de ce mercredi de l’excellent article de l’écrivain Thomas Morales (“La France qui me manque”), dont je partage entièrement l’esprit. Morales écrit : “Tout ce que j’ai aimé disparaît peu à peu : tous mes repères se désagrègent, je ne reconnais plus mon pays aigri et vengeur (…) Je le répète, regarder en arrière ne sera jamais un signe de faiblesse, plutôt l’espoir fou de se régénérer”.

Je crois cette réflexion porteuse d’avenir politique. En effet, les désastres imposent de rejeter le progressisme inhumain qui sème la guerre des regards, la guerre des rues, ces répétions d’une possible guerre civile. Dans Les Traîtres (Pierre-Guillaume de Roux, 2020), je consacre un chapitre à l’effondrement de Nantes, ma chère ville natale. Il est stupéfiant d’observer la rapidité (trente ans) avec laquelle cette cité si paisible et charmante est devenue l’une des villes les plus dangereuses de France, à cause de choix idéologiques appliquant à la lettre la repentance, l’ouverture à l’Autre, l’excuse sociale. Qui jugera ces démolisseurs ? Ils sont les vrais vandales.

Je persiste : la nouvelle modernité sera réactionnaire. C’était le thème d’un de mes essais (De L’urgence d’être réactionnaire, PUF 2012). Je voulais dire par là qu’il était devenu urgent d’être réactif, afin de rompre radicalement avec ce système impensé qui met le pays dans un état de faiblesse, de médiocrité et d’ensauvagement. Tout s’est depuis aggravé. Rien n’est plus sot qu’un homme politique qui se flatte de ne pas être nostalgique, pour paraître dans le vent. Hannah Arendt détestait cette “dégradante obligation d’être de son temps”. Après elle, Roland Barthes avoua aussi : “Tout à coup, il m’est devenu indifférent de ne pas être moderne”.

Il est évidemment vain d’espérer au retour de la France d’hier, tant elle a été abîmée par ses dirigeants successifs. Mais je crois au réveil des peuples, soucieux de défendre ce qui peut l’être encore de l’âme française. Je refuse que, dans un siècle, un écrivain visitant le pays puisse faire cette même réflexion que fit Chateaubriand traversant en 1806 la Grèce sous occupation ottomane, en s’étonnant de ne plus reconnaître ce peuple qui fut “le plus léger et le plus spirituel de la terre”. Il écrit (1) : “Quel désert ! Quel silence ! Infortuné pays ! Malheureux Grecs ! La France perdra-t-elle ainsi sa gloire ? Sera-t-elle ainsi dévastée, foulée aux pieds dans la suite des siècles ?”…

(1) Itinéraire de Paris à Jérusalem

Ivan Rioufol

Texte daté du 27 août 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

L’urgence sécuritaire, sujet occulté, par Ivan Rioufol

La violence ? Quelle violence ? Pour le gouvernement, il y a une urgence sanitaire et une urgence économique. Les autres désordres ne sont, pour Emmanuel Macron lui-même, qu’une somme d’ “incivilités”. C’est d’ailleurs un Conseil de défense sanitaire que présidera, mardi, le chef de l’Etat, tout à sa “guerre” contre le coronavirus. Le président a même décidé de retarder l’annonce du plan de relance économique, initialement annoncé pour cette semaine. “L’urgence est économique et sanitaire”, a d’ailleurs confirmé, ce lundi sur RTL, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire. L’urgence sécuritaire, qui devrait s’imposer comme une évidence à un pouvoir réaliste, n’est pas même une expression qui vient à l’esprit des gouvernants, ni même de leurs principaux opposants.

Le somnambulisme est la marque de la macronie, héritière de trente ans de dénis sur la montée inexorable des chocs multiculturels. Les barbares qui ont saccagé, jusqu’à tôt ce lundi matin, des vitrines des Champs Elysées et des voitures du quartier, sont d’abord les protégés des belles âmes. Au nom de droits de l’homme dénaturés, celles-ci les laissent faire ou les excusent, au titre de leur appartenance à des minorités prétendument oppressées. Ceux qui les critiquent sont des “racistes”.

“Wala, on va tout casser” : voici le genre de propos entendus cette nuit à Paris par des témoins (Le Figaro), auprès de racailles dépitées par la défaite de leur club de football du Paris Saint Germain (propriété du Qatar, lui-même soutien des Frères musulmans) en finale de la Ligue des champions. En réalité, une victoire aurait eu les mêmes effets, tant ces voyous ont pris la mesure de leur impunité. Alors que le pouvoir avait montré une extrême brutalité contre la répression des Gilets jaunes (un mort, 24 éborgnés, 5 mains arrachées, 2448 blessés chez les manifestants, 1742 chez les forces de l’ordre), il observe en revanche une évidente retenue quand il a à affronter la nouvelle guerre des rues, ces petites intifadas qui cherchent la moindre occasion pour affirmer leur hostilité à la République et à la France.

Prendre les Champs Elysées pour cible répond à une visibilité recherchée. Or les images de cette nuit montrent des casseurs se déchaîner sans être inquiétés par la police. Quand Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, déclare il y a un mois: “Il faut stopper l’ensauvagement d’une partie de la société”, il dit les mots attendus. Mais la paix civile ne se gagnera pas par la capitulation. Or l’autorité de l’Etat est en miettes. Il ne sait plus imposer que des masques aux plus dociles.

Ivan Rioufol

Texte daté du 24 août 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Le masque imposé défie la révolte

Le masque imposé complète, opportunément, la grande mascarade macronienne : elle est dénoncée ici depuis les premiers pas présidentiels d’Emmanuel Macron, metteur en scène d’un “monde d’après” vide de sens, de vision, de projets, de dépassements. Tout cet été, le discours dominant a martelé que l’épidémie de Covid-19 restait active et que la deuxième vague se profilait : un alarmisme ne reposant, jusqu’à présent, sur aucun fait à ce point dramatique.

Mais fabriquer des peurs, avec l’appui d’experts choisis, est la pente du pouvoir qui perd pied et de médias moutonniers. Après avoir entendu Olivier Véran, ministre de la Santé, déclarer solennellement ce mois d’août qu’il fallait “rechercher la fraîcheur à tout prix” quand il faisait chaud, voici le premier ministre, Jean Castex, qui envisage d’étendre le port du masque dans l’espace public, dans une même dramatisation de la vie quotidienne. A Paris comme ailleurs, le masque à l’extérieur devient obligatoire en certains quartiers. L’Occident dévisse, la France s’effondre, la violence se généralise, mais les idées fixes du gouvernement restent le populisme, le réchauffement climatique et le coronavirus. Cette démission est celle d’”élites” dépassées, qui se rassurent en expérimentant la docilité de citoyens terrorisés. Toutefois, l’apparente soumission du peuple reste trompeuse.

Beaucoup de Français, soucieux de leur prochain, sont prêts à accepter le masque dans la rue. Cette marque de solidarité, qui rompt avec l’individualisme de naguère, dit l’heureuse évolution altruiste des nouvelles mentalités. Toutefois, le risque existe aussi d’infantiliser ceux qui, élevés dans le culte vide du matérialisme immédiat, ne jurent plus que par la sécurité sanitaire maximum. En illustration de cette crainte, voici un extrait de la “Tactique du diable“, de l’écrivain britannique et chrétien C.S. Lewis, paru en 1942, que mon ami Roland Jaccard, notamment chroniqueur à Causeur, m’a transmis l’autre jour. (1)

“(…) Et comment as-tu fait pour amener autant d’âmes en enfer à l’époque ?

” -Grâce à la peur.

” -Oh, oui, Excellente stratégie, vieille et toujours actuelle. Mais de quoi avaient-ils peur ? Peur d’être torturés ? Peur de la guerre ? Peur de la faim ?

“- Non. Peur de tomber malade.

“- Mais personne d’autre ne tombait malade à l’époque ?

“-Si, ils tombaient malades.

“- Personne d’autre ne mourait ?

” -Si, ils mouraient.

” -Mais il n’y avait pas de remède à la maladie ?

” -Il y en avait.

” -Alors, je ne comprends pas.

” -Comme personne d’autre ne croyait ou n’enseignait sur la vie éternelle et la mort, ils pensaient qu’ils n’avaient que cette vie, et ils s’y accrochaient de toutes leurs forces, même si cela leur coûtait

“leurs affections (ils ne s’embrassaient plus, ne se saluaient plus, ils n’ont eu aucun contact humain pendant des jours et des jours !),

leur argent (ils ont perdu leur emploi, dépensé toutes leurs économies et pensaient encore avoir de la chance parce qu’ils n’avaient pas à gagner leur pain ! »),

leur intelligence (un jour la presse disait une chose et le lendemain elle se contredisait, pourtant ils croyaient à tout ! ),

“leur liberté (ils ne sortaient pas de chez eux, ne marchaient pas, de rendaient pas visite à leurs proches … C’était un grand camp de concentration pour prisonniers volontaires, Ahahahahah !). Ils ont tout accepté, tout, tant qu’ils pouvaient prolonger leur misérable vie un jour de plus. Ils n’avaient plus la moindre idée que c’est Lui, et Lui seul, qui donne la vie et la termine.

“Ca s’est passé comme ça !

“Ca n’avait jamais été aussi facile”.

La question est de savoir si les Français, apeurés et déboussolés, sont encore prêts à tout accepter, au nom de l’Ordre sanitaire et de son hygiénisme médiatisé. La servitude volontaire, décrite par La Boétie, est un piège qui demeure. Le masque dans la rue peut aussi être vu, dans son obligation politique abusive, comme une muselière, un bâillon, une entrave à la liberté. Dans les années soixante, De Gaulle confiait à ses interlocuteurs : “Les Français sont des veaux, des dégonflés”. Il y a, il est vrai, un somnambulisme inquiétant. Mais, pour ma part, je fais néanmoins le pari du réveil et de la révolte. Il suffit d’une minorité. La mascarade a assez duré.

(1) Rajouté à 17h30, ce lundi : des intervenants assurent que ce texte, présumé avoir été publié en 1941 dans The Guardian, ne serait pas de C.S .Lewis. D’autres sources me disent qu’il y aurait eu deux éditions du livre et que l’extrait, partie d’un feuilleton, serait dans l’une mais pas dans l’autre…Cela ne change rien à mon propos, mais ce doute doit être noté, et levé si possible.

Ivan Rioufol

Texte daté du 17 août 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Derrière la République des grandes gueules, par Ivan Rioufol

Voici donc, pour la galerie, la République des grandes gueules. Avec Eric Dupont-Moretti à la Justice, Roselyne Bachelot à la Culture et Marlène Schiappa à la Citoyenneté, le chef de l’Etat a tenté, lundi soir, de mettre quelques paillettes à un gouvernement couleur muraille. Cette mise en scène vise à accrocher l’attention d’un public qui s’endort déjà à écouter le nouveau premier ministre, Jean Castex.

Remarquons au passage qu’aucun membre des Républicains ne se retrouve dans le casting : une absence qui laisse deviner le peu d’attractivité qu’a rencontré ce gouvernement de crises, qui s’est heureusement débarrassé de Christophe Castaner, Nicole Belloubet et Sibeth Ndiaye. Il est vrai que rien n’est moins engageant que de monter sur le Titanic. Toute la question est désormais de savoir si l’opinion se laissera distraire par les prévisibles coups d’éclat de ces trois personnalités atypiques. Cela semble peu probable, tant la communication macronienne est devenue artificielle et lassante.

Pour autant, Dupont-Moretti à la Chancellerie pourrait se comporter comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. A moins que sa nomination par le Prince ne soit une manière plus machiavélique de contenir l’ambitieux avocat. Il a déjà retiré sa plainte contre X pour violation de la vie privée et des correspondances, dans l’affaire des fadettes qui mettait en cause le parquet national financier.

Le nouveau garde des Sceaux ira-t-il jusqu’à réclamer la suppression de ce parquet, dont l’indépendance politique est devenue suspecte depuis l’affaire Fillon? Ses premiers actes le diront. Reste que, derrière son anticonformisme affiché, se laisse voir le profil plus banal du donneur de leçons, ce clone de la gauche moralisatrice. En 2015, celui qui aura désormais à défendre les libertés malmenées avait réclamé l’interdiction du parti de Marine Le Pen. Ce manque d’originalité est un élément de sa personnalité tonitruante. Grande gueule aux petits pieds ? A suivre.

Ivan Rioufol

Texte daté du 7 juillet 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Ceux qui veulent libaniser la France, par Ivan Rioufol

Les Français sauront-ils résister à la puissance de l’idéologie diversitaire ? Construite en apparence sur la non-discrimination et la lutte contre le racisme – deux objectifs qui ne peuvent recueillir que l’unanimité – cette doctrine racialiste se révèle être, en réalité, une menace pour l’unité française et sa civilisation fragile. Il suffit d’observer la haine qui s’exprime désormais ouvertement contre des personnages historiques (Colbert, Napoléon, De Gaulle, etc) ou contre la police républicaine pour relativiser la sincérité des bons sentiments exaltés par les minorités. Or force est de constater que ce politiquement correct, instrumentalisé au profit des nouveaux colonisateurs, rencontre peu d’obstacles sur sa route.

La victoire des Verts, dimanche aux municipales, a été comprise par les “indigénistes” comme une excellente nouvelle. Elle s’ajoute à un mouvement mondial qui a pris son accélération après la mort, le 25 mai à Minneapolis (Etats-Unis), de George Floyd, un noir étouffé sous le genou d’un policier blanc. Dernièrement, la firme française L’Oréal a décidé de retirer certains mots de ses produits cosmétiques, tels que : blanc, blanchissant, clair. Dimanche, Le Parisien a consacré une double page en hommage à Assa Traoré (“La combattante”) présentée comme exemplaire dans la défense de son frère délinquant, mort alors qu’il résistait à des gendarmes. La lutte contre le “privilège blanc” est une infamie raciale cautionnée par des “antiracistes”…

Mais le conformisme médiatique est tel que l’imposture de ce “diversitisme” est relégué au rang de fantasme extrémiste. Le Monde de ce mercredi fait paraître un encart publicitaire d’une page pour valoriser un texte présentant la France comme raciste et l’invitant à renoncer à l’intégration au profit de l’inclusion. L’auteur écrit : “Ceux qui rejettent encore la diversité au nom de l’intégration républicaine oublient que le pacte républicain prévoit que la loi garantit une égalité de traitement pour tous”. Le dessein de ce genre de prose, qui oublie la citoyenneté et son lien avec la nation, est de soutenir une France multiculturelle. Le but est également celui des militants de l’islam politique qui récusent le modèle français.

Or, il est acquis que ce “vivre ensemble” pousse au séparatisme ; certaines banlieues le démontrent. Ces promoteurs d’une libanisation de la société devraient être désignés pour ce qu’ils sont : des adversaires de la république. Mais ils ont leurs avocats au cœur du pouvoir. Ce mercredi, le Défenseur des droits, Jacques Toubon, présentera son bilan de six ans de mission. Il est salué par les immigrationnistes pour avoir dénoncé une “discrimination systémique”. L’ accusation autorise les nouveaux occupants à rester ce qu’ils sont tout en crachant sur la France quand elle ose émettre une exigence. Faudrait-il laisser ces déconstructeurs en paix ?

Ivan Rioufol

Texte daté du 1er juillet 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

La poussée Verte, effet d’un somnambulisme, par Ivan Rioufol

La vague des abstentionnistes (60%) est le message à entendre des municipales. “La déferlante écologiste” – titre du Figaro de ce lundi – bouscule assurément la politique. Les partis traditionnels paient leur paresse intellectuelle, à commencer par LREM et son “en même temps” illisible. Mais cette poussée Verte, qui ramène la gauche décatie dans ses soutes, tire profit d’un environnement politique dévasté par le conformisme et le somnambulisme. La victoire d’Europe Ecologie les Verts, alliée à la gauche et à l’extrême gauche, illustre la persistante vitalité du politiquement correct, qui navigue de plus en plus en terrain conquis.

Or, c’est cette pensée obligée, dévolue à l’idéal mondialiste et diversitaire, qui a arasé le débat et privé des électeurs de porte-paroles. La déferlante écologiste est d’abord une déferlante idéologique. Est-ce à dire que la France se serait convertie à l’immigrationnisme, au communautarisme et aux aménagements avec l’islam politique, ces voies promues par les écolos ? Ce lundi sur Europe 1, Yannick Jadot, le patron des Verts, a redit qu’il fallait d’abord “apaiser les tensions”, en reprenant le vocabulaire de ceux qui, en fait, n’entendent pas résister aux assauts des minorités ethniques et religieuses contre la civilisation française. Cette poussée Verte réveillera-t-elle les endormis ?

Le défi à venir, pour ceux qui redoutent les conséquences de cette première victoire des adeptes du multiculturalisme, va être de tenter de remobiliser cette France qui ne veut plus jouer le jeu éthéré d’une démocratie tournant à vide. Le peuple, en colère ou désabusé, doit redescendre de l’Aventin. La passivité des abstentionnistes peut servir d’argument à des écologistes ayant un dessein subversif derrière leurs camomilles. Après tout : qui ne dit mot consent. On se souvient que l’égérie des vainqueurs de dimanche, la jeune suédoise Greta Thunberg, avait co-signé un texte il y a un an dans lequel le lien était fait entre la crise climatique et “des systèmes d’oppressions coloniaux, racistes et patriarcaux”. Cette dialectique est reprise en France par les mouvements “antiracistes” et indigénistes qui s’en prennent aux statues et à la mémoire française.

Jadot, ce matin, a admis que son mouvement visait à la reconstruction du socialisme et de ses valeurs. Mais il fut aussi celui qui signa l’appel à manifester contre l’islamophobie, en novembre 2019. Si Jadot s’abstint en définitive de rejoindre cette “manifestation de la honte”, organisée par des mouvements islamistes, bien des EELV se mêlèrent à la démonstration de force. Les Français trompés ne peuvent se laisser une nouvelle fois abuser par une écologie doctrinaire. A eux de réagir.


Ivan Rioufol

Texte daté du 22 juin 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Macronie : le poisson pourrit par la tête, par Ivan Rioufol

Il y a quelque chose de pourri au royaume de la Macronie. Tout pue la lâcheté, la traîtrise, l’intérêt clanique, le compromis avilissant. Les médias sont tellement somnolents qu’ils ne s’indignent même pas de l’effondrement de l’Etat devant les nouvelles minorités ethniques, quand elles exhibent leur couleur de peau pour exiger les excuses des Blancs. Mêmes les clandestins s’autorisent à manifester massivement. Les prétendus défenseurs de la démocratie, eux, ont déjà oublié le scandale politique, révélé l’autre jour par Eliane Houlette, procureur du parquet national financier, d’une justice en lien constant avec le pouvoir dans la chute de François Fillon, candidat favori à l’élection présidentielle de 2017.

Parallèlement, l’heureuse démolition de la loi Avia par le Conseil constitutionnel, jeudi, n’a conduit à aucune mise en cause des mouvements “antiracistes” qui, Licra en tête, ont comme objectif d’ajouter toujours plus de lois liberticides à la libre expression, afin de protéger une diversité victimaire. Et voici que l’on apprend que les 150 membres tirés au sort de la convention citoyenne pour le climat, qui ont rendu leurs conclusions dimanche, ont été cornaqués par 140 experts. Relire Marc Bloch, dans L’Etrange défaite : “Rien ne trahit plus crûment la mollesse d’un gouvernement que sa capitulation devant les techniciens“.

La pensée confuse ajoute à la crise de l’intelligence qui empêche la Macronie jacteuse de parler clair et d’employer des mots justes. Le “en même temps” présidentiel produit des coquecigrues à la chaîne. Hier, c’est la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, qui s’est emmêlée dans ses explications verbeuses en justifiant que telle infirmière, Farida C., qui lançait des projectiles contre la police, réponde de ses actes tout en déclarant : “Je ne saurais pas expliquer à mes enfants s’il est normal ou pas de jeter des pierres sur les forces de l’ordre“. En réalité, cette phrase indigne dit le doute qui s’est installé au cœur de l’Etat léthargique sur sa légitimité à affronter ceux qui ont compris l’intérêt qu’ils avaient à se plaindre d’être “discriminés” ou d’être les cibles d’une “police raciste”.

Partout où le regard se porte désormais, la violence est là au quotidien. Elle n’est plus seulement sociale. Elle est devenue raciale, identitaire, communautaire. Elle est revancharde pour ceux qui se réclament de la colonisation française passée. L’effacement de la force publique face aux affrontements entre communautés musulmanes, récemment à Dijon, n’a été qu’un symptôme d’une capitulation plus générale qui gagne, comme un virus, le sommet de l’Etat. Le poisson est en train de pourrir par la tête. La relève est urgente.

Ivan Rioufol

Texte daté du 22 juin 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Jean Raspail, visionnaire de l’actuel effondrement, par Ivan Rioufol

Jean Raspail est mort le samedi 13 juin. Ce jour-là, des barbares tentaient de déboulonner des statues et des plaques de Grands Français, ou les badigeonnaient de peinture. Colbert, Napoléon, de Gaulle étaient notamment mis sur les listes des indésirables, dressées au nom de la table rase. Dans le même temps, dans les rues de Paris, une foule “antiraciste” conduite par des leaders se revendiquant du noir leur peau disait sa haine de la police républicaine et de la France, accusée d’être discriminante pour les Noirs et les Arabes. Ceux qui, dans la manifestation, hurlaient : “Sales juifs !”, ou : “Sales blancs !” étaient laissés en paix par leurs voisins. Ce même jour à Dijon, ancienne capitale des Ducs de Bourgogne, des affrontements extrêmement violents débutaient entre des tchétchènes et des maghrébins exhibant leurs armes à feu, tandis que la police se faisait remarquer par son absence.

Ces scènes d’effondrement d’une nation, envahie par “Big Other” et désarmée par les “élites”, auraient pu sortir tout droit d’un roman visionnaire de Raspail. En 1973, son sulfureux Camp des Saints avait décrit une telle débâcle, née de l’intrusion massive d’immigrés miséreux décidés à conquérir un pays indolent et converti à l’apaisement, cette lâcheté dont se prévalent les puissants pour renoncer à défendre la nation. Jean Raspail est mort le jour où la France a été désignée, par des minorités violentes se réclamant de leurs races et de leurs origines, comme l’ennemi à abattre et à remplacer. L’infréquentable écrivain ne pouvait pas trouver là plus bel hommage à sa lucidité. Le 13 juin, oui, l’histoire lui a donné raison.

C’est dans sa tenue bleue d’officier de marine, uniforme qu’il portait en tant que membre des Ecrivains de marine, que Jean Raspail a été inhumé. Ce mercredi matin, en l’église Saint-Roch à Paris, son cercueil avait été recouvert du drapeau bleu blanc vert de la Patagonie. Il y a quarante ans, l’écrivain explorateur avait, en effet, imaginé faire de cette terre perdue d’Amérique du Sud le lieu d’un royaume littéraire, hors du monde mais pourtant bien réel : le Royaume de Patagonie, dont il s’était auto-désigné consul général. De fait, très nombreux étaient ce matin les Patagons naturalisés par Jean Raspail, dont votre serviteur, à s’être retrouvés en cette ancienne église royale, jadis cure du Palais des Tuileries, pleine à craquer. Ceux qui voudront caricaturer l’écrivain royaliste, fervent défenseur de la mémoire de Louis XVI, ricaneront de savoir que les funérailles auront été conduites, en latin, par des curés de la Fraternité Saint Pierre, en présence du Comte de Paris, du prince de Bourbon-Parme et du représentant du Duc d’Anjou.

Ces “progressistes” passeront à côté de l’aventurier et de l’homme de lettre fasciné par les peuples oubliés, les cultures exotiques, les soldats vaincus, les civilisations qui s’écroulent. La chute brutale de la Constantinople chrétienne sous les assauts musulmans, le 29 mai 1453, était de ces épisodes qu’il aimait rappeler. Mais l’écrivain était aussi celui qui imaginait les renaissances, sur les ruines laissées par les démolisseurs. C’est parce que Raspail a, intuitivement, vu juste trop tôt que son nom a été banni par le Système. Un sort semblable avait été supporté en 1968 par le député conservateur britannique Enoch Powell, exclu de la politique pour avoir alerté sur les dangers de l’immigration de masse. Aujourd’hui, il apparaît que les projections de Powell étaient exactes…

Ivan Rioufol

Texte daté du 17 juin 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol