Ceux qui veulent libaniser la France, par Ivan Rioufol

Les Français sauront-ils résister à la puissance de l’idéologie diversitaire ? Construite en apparence sur la non-discrimination et la lutte contre le racisme – deux objectifs qui ne peuvent recueillir que l’unanimité – cette doctrine racialiste se révèle être, en réalité, une menace pour l’unité française et sa civilisation fragile. Il suffit d’observer la haine qui s’exprime désormais ouvertement contre des personnages historiques (Colbert, Napoléon, De Gaulle, etc) ou contre la police républicaine pour relativiser la sincérité des bons sentiments exaltés par les minorités. Or force est de constater que ce politiquement correct, instrumentalisé au profit des nouveaux colonisateurs, rencontre peu d’obstacles sur sa route.

La victoire des Verts, dimanche aux municipales, a été comprise par les “indigénistes” comme une excellente nouvelle. Elle s’ajoute à un mouvement mondial qui a pris son accélération après la mort, le 25 mai à Minneapolis (Etats-Unis), de George Floyd, un noir étouffé sous le genou d’un policier blanc. Dernièrement, la firme française L’Oréal a décidé de retirer certains mots de ses produits cosmétiques, tels que : blanc, blanchissant, clair. Dimanche, Le Parisien a consacré une double page en hommage à Assa Traoré (“La combattante”) présentée comme exemplaire dans la défense de son frère délinquant, mort alors qu’il résistait à des gendarmes. La lutte contre le “privilège blanc” est une infamie raciale cautionnée par des “antiracistes”…

Mais le conformisme médiatique est tel que l’imposture de ce “diversitisme” est relégué au rang de fantasme extrémiste. Le Monde de ce mercredi fait paraître un encart publicitaire d’une page pour valoriser un texte présentant la France comme raciste et l’invitant à renoncer à l’intégration au profit de l’inclusion. L’auteur écrit : “Ceux qui rejettent encore la diversité au nom de l’intégration républicaine oublient que le pacte républicain prévoit que la loi garantit une égalité de traitement pour tous”. Le dessein de ce genre de prose, qui oublie la citoyenneté et son lien avec la nation, est de soutenir une France multiculturelle. Le but est également celui des militants de l’islam politique qui récusent le modèle français.

Or, il est acquis que ce “vivre ensemble” pousse au séparatisme ; certaines banlieues le démontrent. Ces promoteurs d’une libanisation de la société devraient être désignés pour ce qu’ils sont : des adversaires de la république. Mais ils ont leurs avocats au cœur du pouvoir. Ce mercredi, le Défenseur des droits, Jacques Toubon, présentera son bilan de six ans de mission. Il est salué par les immigrationnistes pour avoir dénoncé une “discrimination systémique”. L’ accusation autorise les nouveaux occupants à rester ce qu’ils sont tout en crachant sur la France quand elle ose émettre une exigence. Faudrait-il laisser ces déconstructeurs en paix ?

Ivan Rioufol

Texte daté du 1er juillet 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

La poussée Verte, effet d’un somnambulisme, par Ivan Rioufol

La vague des abstentionnistes (60%) est le message à entendre des municipales. “La déferlante écologiste” – titre du Figaro de ce lundi – bouscule assurément la politique. Les partis traditionnels paient leur paresse intellectuelle, à commencer par LREM et son “en même temps” illisible. Mais cette poussée Verte, qui ramène la gauche décatie dans ses soutes, tire profit d’un environnement politique dévasté par le conformisme et le somnambulisme. La victoire d’Europe Ecologie les Verts, alliée à la gauche et à l’extrême gauche, illustre la persistante vitalité du politiquement correct, qui navigue de plus en plus en terrain conquis.

Or, c’est cette pensée obligée, dévolue à l’idéal mondialiste et diversitaire, qui a arasé le débat et privé des électeurs de porte-paroles. La déferlante écologiste est d’abord une déferlante idéologique. Est-ce à dire que la France se serait convertie à l’immigrationnisme, au communautarisme et aux aménagements avec l’islam politique, ces voies promues par les écolos ? Ce lundi sur Europe 1, Yannick Jadot, le patron des Verts, a redit qu’il fallait d’abord “apaiser les tensions”, en reprenant le vocabulaire de ceux qui, en fait, n’entendent pas résister aux assauts des minorités ethniques et religieuses contre la civilisation française. Cette poussée Verte réveillera-t-elle les endormis ?

Le défi à venir, pour ceux qui redoutent les conséquences de cette première victoire des adeptes du multiculturalisme, va être de tenter de remobiliser cette France qui ne veut plus jouer le jeu éthéré d’une démocratie tournant à vide. Le peuple, en colère ou désabusé, doit redescendre de l’Aventin. La passivité des abstentionnistes peut servir d’argument à des écologistes ayant un dessein subversif derrière leurs camomilles. Après tout : qui ne dit mot consent. On se souvient que l’égérie des vainqueurs de dimanche, la jeune suédoise Greta Thunberg, avait co-signé un texte il y a un an dans lequel le lien était fait entre la crise climatique et “des systèmes d’oppressions coloniaux, racistes et patriarcaux”. Cette dialectique est reprise en France par les mouvements “antiracistes” et indigénistes qui s’en prennent aux statues et à la mémoire française.

Jadot, ce matin, a admis que son mouvement visait à la reconstruction du socialisme et de ses valeurs. Mais il fut aussi celui qui signa l’appel à manifester contre l’islamophobie, en novembre 2019. Si Jadot s’abstint en définitive de rejoindre cette “manifestation de la honte”, organisée par des mouvements islamistes, bien des EELV se mêlèrent à la démonstration de force. Les Français trompés ne peuvent se laisser une nouvelle fois abuser par une écologie doctrinaire. A eux de réagir.


Ivan Rioufol

Texte daté du 22 juin 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Macronie : le poisson pourrit par la tête, par Ivan Rioufol

Il y a quelque chose de pourri au royaume de la Macronie. Tout pue la lâcheté, la traîtrise, l’intérêt clanique, le compromis avilissant. Les médias sont tellement somnolents qu’ils ne s’indignent même pas de l’effondrement de l’Etat devant les nouvelles minorités ethniques, quand elles exhibent leur couleur de peau pour exiger les excuses des Blancs. Mêmes les clandestins s’autorisent à manifester massivement. Les prétendus défenseurs de la démocratie, eux, ont déjà oublié le scandale politique, révélé l’autre jour par Eliane Houlette, procureur du parquet national financier, d’une justice en lien constant avec le pouvoir dans la chute de François Fillon, candidat favori à l’élection présidentielle de 2017.

Parallèlement, l’heureuse démolition de la loi Avia par le Conseil constitutionnel, jeudi, n’a conduit à aucune mise en cause des mouvements “antiracistes” qui, Licra en tête, ont comme objectif d’ajouter toujours plus de lois liberticides à la libre expression, afin de protéger une diversité victimaire. Et voici que l’on apprend que les 150 membres tirés au sort de la convention citoyenne pour le climat, qui ont rendu leurs conclusions dimanche, ont été cornaqués par 140 experts. Relire Marc Bloch, dans L’Etrange défaite : “Rien ne trahit plus crûment la mollesse d’un gouvernement que sa capitulation devant les techniciens“.

La pensée confuse ajoute à la crise de l’intelligence qui empêche la Macronie jacteuse de parler clair et d’employer des mots justes. Le “en même temps” présidentiel produit des coquecigrues à la chaîne. Hier, c’est la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, qui s’est emmêlée dans ses explications verbeuses en justifiant que telle infirmière, Farida C., qui lançait des projectiles contre la police, réponde de ses actes tout en déclarant : “Je ne saurais pas expliquer à mes enfants s’il est normal ou pas de jeter des pierres sur les forces de l’ordre“. En réalité, cette phrase indigne dit le doute qui s’est installé au cœur de l’Etat léthargique sur sa légitimité à affronter ceux qui ont compris l’intérêt qu’ils avaient à se plaindre d’être “discriminés” ou d’être les cibles d’une “police raciste”.

Partout où le regard se porte désormais, la violence est là au quotidien. Elle n’est plus seulement sociale. Elle est devenue raciale, identitaire, communautaire. Elle est revancharde pour ceux qui se réclament de la colonisation française passée. L’effacement de la force publique face aux affrontements entre communautés musulmanes, récemment à Dijon, n’a été qu’un symptôme d’une capitulation plus générale qui gagne, comme un virus, le sommet de l’Etat. Le poisson est en train de pourrir par la tête. La relève est urgente.

Ivan Rioufol

Texte daté du 22 juin 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Jean Raspail, visionnaire de l’actuel effondrement, par Ivan Rioufol

Jean Raspail est mort le samedi 13 juin. Ce jour-là, des barbares tentaient de déboulonner des statues et des plaques de Grands Français, ou les badigeonnaient de peinture. Colbert, Napoléon, de Gaulle étaient notamment mis sur les listes des indésirables, dressées au nom de la table rase. Dans le même temps, dans les rues de Paris, une foule “antiraciste” conduite par des leaders se revendiquant du noir leur peau disait sa haine de la police républicaine et de la France, accusée d’être discriminante pour les Noirs et les Arabes. Ceux qui, dans la manifestation, hurlaient : “Sales juifs !”, ou : “Sales blancs !” étaient laissés en paix par leurs voisins. Ce même jour à Dijon, ancienne capitale des Ducs de Bourgogne, des affrontements extrêmement violents débutaient entre des tchétchènes et des maghrébins exhibant leurs armes à feu, tandis que la police se faisait remarquer par son absence.

Ces scènes d’effondrement d’une nation, envahie par “Big Other” et désarmée par les “élites”, auraient pu sortir tout droit d’un roman visionnaire de Raspail. En 1973, son sulfureux Camp des Saints avait décrit une telle débâcle, née de l’intrusion massive d’immigrés miséreux décidés à conquérir un pays indolent et converti à l’apaisement, cette lâcheté dont se prévalent les puissants pour renoncer à défendre la nation. Jean Raspail est mort le jour où la France a été désignée, par des minorités violentes se réclamant de leurs races et de leurs origines, comme l’ennemi à abattre et à remplacer. L’infréquentable écrivain ne pouvait pas trouver là plus bel hommage à sa lucidité. Le 13 juin, oui, l’histoire lui a donné raison.

C’est dans sa tenue bleue d’officier de marine, uniforme qu’il portait en tant que membre des Ecrivains de marine, que Jean Raspail a été inhumé. Ce mercredi matin, en l’église Saint-Roch à Paris, son cercueil avait été recouvert du drapeau bleu blanc vert de la Patagonie. Il y a quarante ans, l’écrivain explorateur avait, en effet, imaginé faire de cette terre perdue d’Amérique du Sud le lieu d’un royaume littéraire, hors du monde mais pourtant bien réel : le Royaume de Patagonie, dont il s’était auto-désigné consul général. De fait, très nombreux étaient ce matin les Patagons naturalisés par Jean Raspail, dont votre serviteur, à s’être retrouvés en cette ancienne église royale, jadis cure du Palais des Tuileries, pleine à craquer. Ceux qui voudront caricaturer l’écrivain royaliste, fervent défenseur de la mémoire de Louis XVI, ricaneront de savoir que les funérailles auront été conduites, en latin, par des curés de la Fraternité Saint Pierre, en présence du Comte de Paris, du prince de Bourbon-Parme et du représentant du Duc d’Anjou.

Ces “progressistes” passeront à côté de l’aventurier et de l’homme de lettre fasciné par les peuples oubliés, les cultures exotiques, les soldats vaincus, les civilisations qui s’écroulent. La chute brutale de la Constantinople chrétienne sous les assauts musulmans, le 29 mai 1453, était de ces épisodes qu’il aimait rappeler. Mais l’écrivain était aussi celui qui imaginait les renaissances, sur les ruines laissées par les démolisseurs. C’est parce que Raspail a, intuitivement, vu juste trop tôt que son nom a été banni par le Système. Un sort semblable avait été supporté en 1968 par le député conservateur britannique Enoch Powell, exclu de la politique pour avoir alerté sur les dangers de l’immigration de masse. Aujourd’hui, il apparaît que les projections de Powell étaient exactes…

Ivan Rioufol

Texte daté du 17 juin 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Oui, Macron morcelle un peu plus la France, par Ivan Rioufol

Emmanuel Macron dira sans doute, ce dimanche soir, tout le bien qu’il pense de la police, accusée d’être raciste et violente par des minorités ethniques revanchardes. Il mettra en garde, probablement, contre le séparatisme qu’elles veulent politiquement imposer en France. Le président de la République ne peut, certes, être tenu pour responsable de quarante ans de somnambulisme d’Etat. Cela fait des décennies que le ver du racialisme a été introduit dans le discours dominant par l’idéologie antiraciste. Celle-ci ne juge qu’en fonction de la couleur de la peau et de l’origine. Le Noir et l’Arabe sont victimes, forcément victimes.

Leurs droits les exonèrent de leurs devoirs. Reste que Macron n’a jamais rien fait pour résister à ce lent poison différentialiste, qui détruit la nation de l’intérieur en la fragmentant. Au contraire : il a aggravé le multiculturalisme, qui rend impossible le vivre ensemble. Faut-il rappeler certaines de ses déclarations ? “Il n’y a pas de culture française. Il y a une culture en France. Elle est diverse” (Lyon, février 2017) ; “La colonisation est un crime, c’est un crime contre l’humanité, c’est une barbarie” (Alger, février 2017) ; “Je vois les Arméniens, les Comoriens, les Italiens, les Algériens, les Marocains, etc.(…) Je vois les Français !” (Marseille, mai 2017) ;”Quand je parle de langue française, je parle de nos langues françaises. Son épicentre (…) est sans doute dans le bassin du fleuve Congo” (Erevan, Arménie, octobre 2018) ; “Deux mâles blancs qui ne vivent pas dans les banlieues se remettent un rapport sur les banlieues” (mai 2018, à propos du rapport Borloo). Oui, Macron s’est soumis de bonne grâce au communautarisme, qui a déclaré la guerre à la nation indivisible. Osera-t-il enfin, ce soir, désigner l’adversaire, soutenu par l’extrême gauche antisémite et l’islamisme conquérant ?

La lâcheté des “élites”, prêtes à s’agenouiller ces jours-ci devant la fierté Noire, est à la source de la débandade de l’Etat. Elle fut prophétisée par Jean Raspail, mort samedi, dans Le Camp des Saints (1973). L’ordre sanitaire, qui vient d’immobiliser le pays sous la férule policière, ne peut faire illusion sur l’autorité réelle du gouvernement : le voici qui s’excuse devant les minorités tyranniques. Elles accusent la France de tous les maux, mais acceptent ses générosités. Des descendants de colonisés ont entrepris de coloniser la nation qu’ils détestent. Le récent lâchage des policiers par leur chef, Christophe Castaner, n’est pas le moindre des abandons d’un dirigeant. Son recul face aux culpabilisations des racialistes mériterait sa démission. Pour avoir déclaré que “l’émotion dépasse les règles juridiques”, le ministre de l’Intérieur a rendu l’Etat de droit flexible, donc inopérant.

Comment comprendre, en effet, que des manifestations “antiracistes”, interdites par l’état d’urgence sanitaire (pas plus de dix personnes), soient autorisées ? La république vacille, contaminée par le virus de la haine anti-occcidentale. Mais une nation ne peut se défendre si elle se montre incapable de protéger son histoire. Même Jean-Marc Ayrault, ancien premier ministre, s’en prend maintenant à Colbert, pensant flatter les révisionnistes de la “diversité”. Samedi, à Paris, la manifestation “antiraciste” organisée par le collectif Adama Traoré a laissé voir sa récupération par l’islamo-gauchisme, à travers des insultes antisémites (“Sales Juifs !”) et des slogans antisionistes. Voilà quel est l’état désastreux de la France, à quelques heures de la déclaration présidentielle. Plus que jamais, la question identitaire s’impose dans le débat public. Il s’agit de protéger la nation de ses ennemis intérieurs et de ses traîtres, jusqu’ici épargnés par Macron. Cette résistance doit unir tous ceux qui ne veulent pas voir la France mourir. Prise au cou, elle n’arrive pas à respirer.

Ivan Rioufol

Texte daté du 14 juin 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Le gourdin sanitaire, pour masquer les mensonges d’Etat, par Ivan Rioufol

Partout, la courbe est la même : l’épidémie de Covid-19 est en phase descendante. La “deuxième vague”, prédite par certains, n’est actuellement pas observable. Aucune raison ne s’oppose plus à la levée des derniers interdits imposés par le gouvernement. Les jardins, les cafés, les restaurants, les théâtres, les cinémas doivent rouvrir. Les Français doivent pouvoir se rendre où ils veulent, en se délivrant de cette laisse des 100 km imposée comme une punition. Surtout, les citoyens doivent urgemment s’émanciper de l’emprise étatique qui les a déresponsabilisés, à force d’être traités comme des enfants incapables. Trois-quarts des salariés ont été pris en charge par l’Etat. On en serait presque à remercier à plat ventre le premier ministre de la grande bonté qu’il aurait à ouvrir la cage.

Or il est urgent de s’extraire de cette bulle émolliente et de cet Etat tentaculaire, afin de retrouver le goût du travail, du risque, de la vie. Car s’il est une leçon à tirer de cette crise qui s’achève, c’est de ne plus retomber dans ce confinement archaïque qui a ruiné la nation. L’endettement a déjà atteint 115% de la richesse nationale. Le Pouvoir, parce qu’il s’est défié de la société civile et de son intelligence collective, a brisé une dynamique. La Suède, qui a fait confiance aux gens en refusant le confinement, compte 4000 morts pour 10 millions d’habitants, c’est-à-dire 40 morts pour 100.000 habitants. La France, pays qui a confiné le plus longtemps et le plus sévèrement, compte, avec 28.500 décès, 42 morts pour 100.000 habitants…Oui, la Suède a fait mieux que la France.

Il est vrai que le traitement de la dette passionne moins que le traitement du virus proposé par le docteur Didier Raoult. Tel est l’effet du Parti de l’ordre sanitaire : il donne à l’Etat l’occasion de s’affirmer dans un autoritarisme brutal, afin de faire oublier ses mensonges. Bien des libertés ont été malmenées durant ces mois d’enfermements. Mais il en est une qui a été violée et qui apparaît avec la polémique entretenue par le ministre de la Santé, Olivier Véran, autour du professeur marseillais : la liberté de prescrire accordée aux médecins. L’hydroxychloroquine, médicament qui était en vente libre depuis des décennies jusqu’à la mi-janvier, est devenue un danger mortel ! Elle a été interdite ce mercredi par le ministère de la Santé.

En fait, depuis un décret du 25 mars, les médecins de ville ne pouvaient déjà plus le prescrire. Pourtant, parallèlement, comme l’a rappelé le sénateur Alain Houpert (LR) le 13 mai au Sénat, le gouvernement a “incité les médecins à prescrire du Rivotril injectable dans les Ephad, pour dissimuler la pénurie d’autres produits.” Houpert : “Tout médecin, et j’en suis, sait ce que cela signifie“. Le Rivotril est, en effet, un neuroleptique utilisé dans les soins palliatifs pour accélérer la fin de vie… Comme le soulignent ces médecins libéraux, rassemblés autour du slogan : “Laissons les médecins prescrire“, ces décrets les ont contraints à enfreindre leur serment d’Hippocrate, en les empêchant de porter assistance à leurs patients. C’est ce même gourdin administratif qui s’abat sur l’impertinent docteur Raoult, plébiscité par ses patients. C’est ainsi que des sentiments d’injustice s’installent dans la société civile…

Ivan Rioufol

Texte daté du 27 mai 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Camélia Jordana promeut la haine du flic, par Ivan Rioufol

Les minorités plaintives, qui se disent victimes de la “haine” française, ont trouvé en Camélia Jordana leur incendiaire tranquille. Samedi, sur France 2, la chanteuse a déclaré : “Il y a des milliers de personnes qui ne se sentent pas en sécurité face à un flic, et j’en fais partie (…) Je parle des hommes et des femmes qui vont travailler tous les matins en banlieue et qui se font massacrer pour nulle autre raison que leur couleur de peau. C’est un fait !”. Dominique Sopo, président de SOS Racisme, a estimé que la jeune femme, petite fille d’un couple d’Algériens militants du FLN durant la guerre d’Algérie, “a tenu à dénoncer une réalité“. Sopo a précisé son propos dans un tweet : “Quand des noirs et des arabes demandent justice en dénonçant le racisme, le racisme s’abat sur eux“.

Quand les racistes beuglent contre les noirs et les arabes, il faut les écouter car, vous comprenez, ils sont en “insécurité culturelle””. Le député ex-LREM, Aurélien Taché, a également soutenu l’outrance de Camélia Jordana assimilant la police, composée également de noirs et d’arabes, à une force nazifiée. Aux Etats-Unis, c’est le candidat démocrate, Joe Biden, qui a estimé qu’un noir “n’est pas noir” s’il vote Donald Trump. Cet engrenage conflictuel et néoraciste, alimenté par des descendants d’indépendantistes algériens ayant pourtant rejoint la France, ou par des idéologues d’un “antiracisme” excluant les blancs, indigne peu les “progressistes”. Ceux-ci préfèrent, en tout, dénoncer la “réacosphère” ou de la “fachosphère”, ces lieux où la parole circule encore librement.

Je pourrais, il est vrai, ne pas relever les propos de la péronnelle. Ce n’est pas la première fois que le show biz, consommateur de pensées toutes faites, dit des âneries. Mais c’est parce que ce type de réflexion se répand et trouve ses défenseurs jusqu’à l’Assemblée nationale qu’il serait temps de s’inquiéter de l’impunité de ces fauteurs de guerre civile. Quand Camélia Jordana parle ainsi, elle porte la parole d’une contre-société. Celle-ci voit dans la police une force illégitime car étrangère, dès qu’un flic pénètre dans les territoires perdus par la République. La “partition” décrite par François Hollande, ou le “séparatisme” nommé ainsi par Emmanuel Macron, sont une même bombe à retardement. Or des minorités militantes tentent de l’amorcer dans l’apathie médiatique.

Sur le plateau, samedi, les appels induits à la résistance contre la France n’ont pas reçu de contradictions. Personne ne s’est levé pour dénoncer, non plus, le racisme des antiracistes. C’est ainsi qu’en Grande-Bretagne le scandale d’un réseau de proxénètes pakistanais ayant exploité des jeunes filles a été longtemps occulté, en dépit des alertes du journaliste Tommy Robinson, lâché de tous car jugé trop à droite (voir mes blogs de 2018). La ministre de l’Intérieur britannique, Priti Patel, vient de reconnaître, selon Valeurs Actuelles : “Ce qui est arrivé à ces enfants restera (…) sur la conscience de notre pays“. Camélia Jordana, se comportant comme en pays conquis, veut débattre avec Christophe Castaner pour lui dire son fait. Une explication avec un juge serait sûrement plus utile.

Ivan Rioufol

Texte daté du 25 mai 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

La chloroquine, bête noire des “élites”, par Ivan Rioufol

La chloroquine serait-elle populiste ? La question est absurde. Mais elle ne l‘est guère plus que la guerre de tranchées qui s’est installée entre les pro et anti-Raoult, ce professeur marseillais qui prescrit l’hydroxychloroquine pour lutter contre le Covid-19 (mon blog du 27 avril). Lundi, Donald Trump a annoncé qu’il prenait lui-même, préventivement, ce médicament désormais au cœur d’une polémique entre réalistes et idéalistes. Le président des Etats-Unis a expliqué : “J’ai reçu beaucoup de courrier disant que ça semblait avoir un impact positif. Peut-être que oui, peut-être que non. Mais même si ce n’est pas le cas, vous n’allez pas tomber malade ou mourir“.

Or c’est précisément ce pragmatisme – “qu’est-ce que vous avez à perdre ?”, a également dit Trump – qui indigne tous ceux qui en appellent au respect des normes, des procédures, des études comparatives, des homologations, des avis de la Science, cette Eglise qui excommunie les relaps. Ceux-ci n’ont pas tort, sur le principe, d’en appeler au doute et à la prudence. Mais ces attentistes et ces idéologues ne proposent rien, en attendant, pour tenter de tuer ce virus. L’étude Discovery, qui devait offrir ses lumières, s’est révélée être un fiasco. Raoult est le seul qui, pour l’instant et avec les moyens du bord, offre une solution facile, accessible et qui donne empiriquement, et au total, de bons résultats.

C’est cette approche du “Tout est bon !”, défendue par le philosophe Paul Feyerabrend, inspirateur de Didier Raoult (1), qui est parfaitement comprise par une partie de l’opinion (et par moi même…), plus sensible aux actes d’urgence qu’aux querelles dogmatiques et aux intérêts boursiers du “Big Pharma”. Ce n’est pas tant la droite qui se reconnaît dans Raoult – il vient de rejoindre le philosophe Michel Onfray dans son nouveau mouvement souverainiste baptisé Front populaire – qu’un monde de supposées “élites”, déconnectées des faits, rétives au bon sens, et ne sachant plus argumenter que par la provocation, la caricature, l’insulte.

Le traitement réservé à Raoult ressemble à celui subi hier par les Gilets jaunes, ces ploucs conspués par la France d’en-haut. Il est d’ailleurs frappant de constater le même surplomb que se donnent généralement les procureurs anti-Raoult, qui disent voir en lui un charlatan ou un timbré, sans jamais rien démontrer de probant. En attendant que les faits s’établissent, Raoult est bien l’homme-surprise qui a émergé de cette crise sanitaire. Il est paradoxalement porté par ceux qui rêvent de le faire taire ou de le ridiculiser. Ceux-ci l’ont moqué lorsqu’il a dit qu’il ne croyait pas à une “deuxième vague” de Covid. Pour l’instant, elle n’est pas là…

(1) Contre la méthode, Esquisse d’une théorie anarchiste de la connaissance (déjà cité)

Ivan Rioufol

Texte daté du 4 mai 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Entretien avec Ivan Rioufol : Après le politiquement correct, le sanitairement correct !

12/05/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Le journaliste-éditorialiste du Figaro, Ivan Rioufol, est devenu le défenseur courageux de la révolte des Gilets Jaunes et le « gaulois réfractaire » à la Macronie, ses pompes et ses œuvres.

Pour TVLibertés, l’auteur de « Macron, la grande mascarade » dénonce la bunkérisation de la pensée dans notre pays et affirme qu’au politiquement correct s’ajoute aujourd’hui le sanitairement correct. Le Parti de l’Ordre Sanitaire fait régner sa loi. Et malheur à ceux qui, comme le Professeur Raoult, osent exprimer des analyses divergentes.

Entretien sans langue de bois…


Edouard Philippe devrait écouter le Café du Commerce

Edouard Philippe Ecriture inclusive

La macronie est chatouilleuse : elle ne goûte guère la contradiction. Emmanuel Macron avait, le 31 mars, qualifié d’ “irresponsables” ceux qui n’étaient pas convaincus par sa “guerre” contre le Covid-19. Le président y avait vu des sortes de traîtres portant atteinte à la nation. Cette fois, c’est son premier ministre qui a montré, lundi, son agacement devant les mêmes esprits chagrin. S’adressant à l’Assemblée nationale, Edouard Philippe a notamment déclaré : “J’ai été frappé par le nombre de commentateurs ayant une vision parfaitement claire de ce qu’il aurait fallu faire à chaque instant. La modernité les a fait souvent passer du Café du Commerce à certains plateaux de télévision. Les courbes d’audience y gagnent ce que la convivialité des bistrots y perd. Mais je ne crois pas que cela grandisse le débat public”. Ces propos de comptoir d’homme vexé seraient anodins s’ils n’avaient été tenus, solennellement, devant la représentation nationale.

Philippe a raison d’estimer que la critique est d’autant plus facile que cette crise sanitaire est complexe. Cette évidence devrait-elle faire taire les remarques des observateurs ? La charge convenue contre le Café du Commerce (qui a dû fermer, comme tous les bistrots) s’entend d’habitude chez les “élites” auto-satisfaites et en manque d’arguments. Votre serviteur fait partie de ces “commentateurs” qui, “sur certains plateaux de télévision” (CNews en l’occurrence, dans l’émission de Pascal Praud – L’heure des pros, plusieurs fois par semaine), décortiquent le confinement depuis le 17 mars. La parole y est libre et les débats contradictoires. Faudrait-il comprendre que Philippe, qui excelle à mettre la France au pas, voudrait aussi des valets à sa botte?

Le pouvoir montre sa désinvolture dès qu’il s’agit des libertés. Plutôt que de responsabiliser les citoyens, le premier ministre a choisi de les maintenir dans un statut d’infériorité à l’issue du 11 mai. Même les églises sont priées de renoncer encore à leur liberté de culte. La complexité technocratique du plan de déconfinement, présenté hier, tient au fait que l’Etat ne se résout pas à lâcher prise, au prétexte de “protéger les vivants”, comme l’a dit Philippe. Mais cette ambition messianique dit tout d’un Etat qui ne touche plus terre et croit porter une parole sacralisée. Or c’est bien parce que le pouvoir vit dans une autre dimension qu’il aurait intérêt à redescendre de son nuage pour côtoyer les mortels.

Plutôt que de moquer les conversations de bistrot qu’il croit entendre sur des plateaux de télévision, le premier ministre gagnerait à les écouter. Il est évidemment plus rassurant de se laisser flatter par les cireurs de pompes; ils ne manquent pas, sur d’autres plateaux plus dociles. Cependant, le débat démocratique ne veut rien dire s’il se réduit à de collectifs bains de pieds en eau tiède. Le gouvernement devrait entendre ceux qui lui disent qu’il a menti sur les frontières, les masques, les tests. Il devrait entendre ceux qui lui reprochent de malmener les libertés au nom de l’unité nationale et du sanitairement correct. Les coupables ne sont pas les Français, comme le laisse croire Philippe qui menace de repousser le 11 mai à plus tard si les citoyens se relâchent. C’est l’Etat qui a failli. C’est lui qui doit trinquer.

Ivan Rioufol

Texte daté du 29 avril 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Covid-19 : les dessous de la rage anti-Raoult, par Ivan Rioufol

Une autre épidémie gagne une partie du corps scientifique et médical : la rage anti-Raoult. Elle a déjà contaminé aussi quelques intellectuels lucides, à commencer par Alain Finkielkraut. Le professeur marseillais, spécialiste mondialement reconnu en infectiologie et microbiologie, est devenu un repoussoir “populiste” pour le nouveau Parti de l’Ordre Sanitaire et ses milices. Celles-ci, qui recrutent leurs sicaires sur les réseaux sociaux, sont prêtes à dresser les listes de ceux qui ne respectent pas le confinement ou qui affichent leur indiscipline face aux interdits du sanitairement correct. Nombreux sont les brocanteurs de morale qui, une fois de plus, révèlent leur vocation de petits flics. C’est ainsi également que Raoult vient d’être indirectement épinglé par le conseil national de l’Ordre des médecins.

Ce dernier a, le 23 avril, dénoncé les “protocoles de recherches cliniques illégaux“, en visant plus particulièrement le traitement à base de chloroquine proposé par le professeur contre le Covid-19. Dans le même temps l’Armée reconnaissait, après des preuves dévoilées sur l’internet, avoir commandé à la Chine, par précaution, des stocks de chloroquine. Cela fait trois mois que le professeur Didier Raoult propose une solution contre le Covid. Il se heurte à la loi des normes et à des querelles de chapelle. En 1985, avec l’apparition du sida, Laurent Fabius, premier ministre, avait refusé d’agréer le test américain Abbott dans l‘attente d‘un test Pasteur en cours de préparation. Six mois avaient été perdus. 200 personnes avaient été contaminées chaque mois. Va-t-on vers un autre scandale sanitaire ?

L’emprise de la politique dans le débat factuel sur l’efficacité de la chloroquine est absurde. Se laisse voir une Science qui s’impose comme une idéologie, avec ses certitudes, ses sectarismes, ses dissidents. Raoult ne pêche pas par modestie, c’est entendu. Mais faudrait-il qu’il s’excuse, devant ses procureurs, d’être ce qu’il est ? Voici un médecin qui soigne, dans l’urgence, des patients qui semblent majoritairement satisfaits. Dans un de ses derniers tweets, il citait le maréchal Foch “Les règlements, c’est bon pour l’exercice, mais au moment du danger, il faut autre chose”. C’est ce pragmatisme que revendique Raoult et qui lui donne raison. Pour mieux le comprendre, il faut lire un de ses inspirateurs, le philosophe autrichien Paul Feyerabend. Dans son livre (Contre la méthode, Esquisse d’une théorie anarchiste de la connaissance, Seuil, 1975), Feyerabend écrit notamment : “Toutes les méthodologies ont leurs limites, et la seule “règle” qui survit, c’est “Tout est bon”“. Si Feyerabend constate la séparation entre l’Eglise et l’Etat, il regrette : “Il n’y a pas de séparation entre l’Etat et la Science“. Or, pour lui, seule cette séparation “peut être notre chance de vaincre la barbarie forcenée de l’âge technico-scientifique et d’accéder à l’humanité dont nous sommes capables (…)“.

Feyerabend conclut : “Libérons la société du pouvoir d’étranglement d’une science idéologiquement pétrifiée, exactement comme nos ancêtres nous ont libérés du pouvoir d’étranglement de la vraie-et-unique religion !“. L’épreuve de force lancée par le Parti de l’Ordre Sanitaire contre le professeur Raoult fera forcément une victime. La rage perdra.

Ivan Rioufol

Texte daté du 27 avril 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Le confinement tue la France à petit feu, par Ivan Rioufol

Le “mal français” ? Il est au cœur du pouvoir macronien. Ce dernier se révèle chaque jour un peu plus technocratique, pusillanime, sans imagination. Sa défense d’un monde intellectuellement et sanitairement propre, aseptisé, le rend incapable de répondre à l’irruption du tragique (en l’espèce, le Covid-19). Dans son train-train balisé, la notion de risque n’a pas sa place. Illustration dimanche, avec l’interminable “conférence de presse” (sans presse) du premier ministre, du ministre de la Santé et de quelques experts ayant apporté leurs tableaux, leurs courbes, leurs cases à cocher. “Rien (…) ne trahit plus crûment la mollesse d’un gouvernement que sa capitulation devant les techniciens“, avait remarqué Marc Bloch en 1940, parlant de ceux qui avaient causé la défaite de la France face à l’Allemagne.

Cette même réflexion peut être reprise pour s’inquiéter de l’insignifiance du discours politique d’Edouard Philippe : une platitude qui se calque sur l’attitude du chef de l’Etat, ce faux guerrier (“Nous sommes en guerre !“) qui a ordonné le grand repliement derrière des pantoufles, des tisanes et des couettes. Entendre Philippe expliquer, mal à l’aise, que la sortie du confinement le 11 mai devra prioritairement “préserver la santé des Français” tout en assurant “la continuité de la vie de la nation” laisse voir l’inquiétante emprise de la nouvelle idéologie du “sanitairement correct” sur le gouvernement. Mais ces quêtes de pureté et de bonne santé sont de ces lubies qui, par la peur qu’elles suscitent, peuvent tuer une démocratie.

En titrant mon dernier bloc-notes : “La France, gagnée par la pensée bavarde“, je ne pensais pas être si vite illustré par le premier ministre lui-même. D’autant que Philippe, jusqu’alors, était plutôt de ceux qui savaient faire court et efficace. Prendre deux heures pour ne rien annoncer, sinon qu’il reparlera dans quinze jours des modalités du déconfinement, est la marque d’un pouvoir qui patauge et s’affole. Saluer un exposé “pédagogique”, comme le font d’aimables commentateurs, revient à considérer les citoyens comme des enfants qui ne comprennent rien à rien. Les gens ont, au contraire, parfaitement mesuré les failles de l’Etat-mamma, incapable d’assumer son rôle protecteur le plus valorisant.

Comment le premier ministre ose-t-il d’ailleurs se réjouir d’une production nationale de masques passée de 4 à 8 millions chaque semaine quand la consommation hebdomadaire en secteur hospitalier est de 45 millions ? Ce que les Français attendent d’un gouvernement qui se dit en guerre est qu’il explique clairement comment il va généraliser les masques et les tests pour tous. Or la France demeure, encore aujourd’hui, ce pays de la pénurie dont les dirigeants prennent la parole pour ne rien dire. “Tu causes, tu causes, c’est tout ce que tu sais faire“, aurait dit la Zazie de Queneau à Philippe. Mais ni elle ni les autres n’ont toujours pas de masques pour prendre le métro. Il est urgent de sortir du déconfinement : il tue la France a petit feu.

Ivan Rioufol

Texte daté du 20 avril 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

France confinée : gare à l’effet cocotte-minute !, par Ivan Rioufol

Le confinement de la colère française ne la fera pas disparaître. Il est certes facile de critiquer le gouvernement et d’aligner les “yaka” et les “faukon” dans ses charentaises. Je reconnais la difficulté pour un pouvoir d’avoir à gérer une épidémie jusqu’alors inconnue. Le peuple lui-même a aussi, forcément, sa part dans ce monde atteint par la médiocrité et la confusion intellectuelle. Il n’empêche : la macronie n’a pas son pareil pour accumuler les mensonges, les jactances et les fièvres despotiques. Quand le préfet de police de Paris, Didier Lallement, dérape vendredi en assurant (avant de s’en excuser) que les patients atteints du Covid-19 et en réanimation auraient dû respecter le confinement, sa posture martiale et casquettée relève d’une fanfaronnade de petit pion.

Quand, le même jour, la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, touitte que le gouvernement réunit les plateformes numériques “pour lutter contre les fausses informations et les contenus haineux” et dit vouloir promouvoir “la bonne information“, elle confirme l’incapacité du pouvoir à mesurer ses propres fautes. Car c’est bien le gouvernement, et Sibeth Ndiaye en tête, qui ont abusé les gens en assurant, avant de se dédire, que les frontières nationales ne servaient à rien pour réduire l’épidémie, pas plus que les masques de protection ou les tests de dépistage. Comment prétendre porter une “information fiable” (Adrien Taquet, ministre LREM) après avoir trompé l’opinion à ce point ? Entendre Emmanuel Macron, le 31 mars, traiter d’ “irresponsables” ceux qui le critiquent laisse voir ce qu’est cette “macrocrature“, souvent dénoncée ici, qui déshonore la démocratie. Comment ne pas être gagné par l’indignation ?

La grande mascarade s’accroche aux basques de Macron. Plus que jamais, la remarque du moraliste colombien Nicolas Gomez Davila résume l’effondrement contemporain : “Toute époque finit en mascarade” (1). L’ironie du fiasco de la théâtrocratie macronienne tient à ses palinodies à propos de l’utilité… des masques. Si le sujet n’était tragique depuis que la ville italienne de Bergame a été la première touchée, il faudrait relire Verlaine (Les Fêtes galantes) : “Votre âme est un paysage choisi que vont charmant masques et bergamasques (…)“. Après avoir écouté le professeur Jérôme Salomon assurer à plusieurs reprises, dans ses glaçants points de presse quasi-quotidiens, que les masques ne servaient à rien pour les usagers de la rue, le voici qui déclare désormais : “Peut-être qu’un jour nous proposerons à tout le monde de porter une protection“.

Quand il sera trop tard ? Après avoir assuré que les tests n’étaient pas utiles pour tout le monde, le ministère de la Santé vient de permettre, pour ce lundi, à des laboratoires non hospitaliers (y compris vétérinaires) de les pratiquer enfin. Mais pourquoi cette perte de temps! Dans Le Figaro de ce lundi, trois grands noms de la médecine recommandent d’appliquer contre le Covid-19 la méthode du professeur marseillais Didier Raoult, qui se heurte encore à des obstacles administratifs et à des querelles de chapelle perpétuées par l’indécision des pouvoirs publics. Et tandis que la France sanitaire s’écroule, la terreur islamiste poursuit parallèlement son œuvre. Cette fois, c’est à Roman-sur-Isère qu’un réfugié soudanais hurlant : Allah Akbar ! a égorgé au couteau, samedi, Thierry et Julien. Gare à l’effet cocotte-minute de la France confinée !

(1) Réflexion qui a inspiré le titre de mon livre : Macron, la grande mascarade (L’Artilleur, 2017), réédité depuis sous le titre : Macron, de la grande mascarade… aux gilets jaunes (L’Artilleur, 2019)

Ivan Rioufol

Texte daté du 6 avril 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

La France, malade de ne plus rien produire, par Ivan Rioufol

Les faits sont là, insultants. La France, 6e puissance mondiale, ne produit plus rien de ce qui pourrait la sortir de son confinement sanitaire : ni masques, ni tests, ni respirateurs, ni rien. Pas même du doliprane. La nation, qui s’enorgueillissait de son coûteux système de Santé, est semblable à un pays du tiers-monde dans ses pénuries d’outils essentiels. La voici en effet contrainte, terrassée par le Covid-19, d’appeler à l’aide des pays qui, légitimement, servent en priorité leurs propres intérêts. Le gouvernement s’achemine, faute de solutions alternatives rapides, vers l’imposition d’une quarantaine effective, comme aux pires moments des grandes épidémies de jadis. Le confinement de quinze jours a déjà prolongé de deux semaines, ce week-end, par le premier ministre. Cet immobilisme forcé s’annonce économiquement et socialement explosif. Ce lundi, les premiers masques ont été livrés par la Chine. Mais il en faudrait au moins un milliard pour que la population en bénéficie. Or la France ne peut en fabriquer que 6 à 8 millions par semaine.
Les seuls besoins hospitaliers en demandent 40 millions par semaine. Les tests de dépistage manquent pareillement, faute notamment d’industries françaises de biologie moléculaire. Quand l’Allemagne arrive à proposer dès à présent 500.000 tests par semaine, la France en aligne dix fois moins. Les respirateurs sont semblablement devenus des équipements rares, fabriqués ailleurs pour l’essentiel. Quant à l’usine proche de Lyon qui fabrique de la chloroquine, ce remède contre le virus, elle a été placée en redressement judiciaire. Le naufrage français est impressionnant.

Quand le ministre de la Santé, Olivier Véran, assure dans le JDD : “Il n’y a eu aucun retard (…) L’anticipation a été absolue dès le premier jour“, il abime une parole officielle qu’il avait réussi à crédibiliser en usant de sobriété. La défense d’Edouard Philippe n’est pas plus convaincante quand il déclare, samedi : “Je ne laisserai personne dire qu’il y a eu du retard sur la prise de décision s’agissant du confinement“. Le premier ministre a assurément pris la bonne décision. Reste que c’est son gouvernement qui avait préalablement autorisé le premier tour des municipales. J’ai moi-même défendu ce choix à l’époque, au vu des éléments qui étaient rapportés.

A posteriori, l’erreur est patente. Toutefois la question est de savoir quel était alors le véritable degré d’information du pouvoir. A en croire depuis Agnès Buzyn, ancien ministre de la Santé, Emmanuel Macron avait été prévenu, le 11 janvier, de la catastrophe (Le Monde, 18 mars). Pourquoi l’Etat ne s’est-il affolé qu’au dernier moment ? Dans le Figaro Magazine, le patron des urgences de l’hôpital Georges-Pompidou à Paris, Philippe Juvin, pointe la responsabilité des conseillers, qu’il accuse de “trahison”. Le professeur Didier Raoult, promoteur de la chloroquine, est proche de cette longueur d’onde quand il accuse d’incompétence, dans Le Monde de ce week-end, le Conseil scientifique mis en place par le gouvernement. Les politiques sont-ils à la hauteur ? La question, en tout cas, s’impose.

Ivan Rioufol

Texte daté du 26 mars 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Covid-19 : la résistance de la France d’en bas, par Ivan Rioufol

Ils sont nombreux, les petits, les obscurs et les sans-grades, qui luttent à main nue contre le coronavirus. Ils font partie, avec le corps hospitalier et médical, de ces braves qui maintiennent la France debout. Ce sont ces oubliés et ces modestes qui gèrent les magasins d’alimentation, transportent les marchandises, nettoient les villes, assurent la sécurité, font respecter la loi. Si ceux-ci venaient à réclamer leur “droit de retrait”, pour protéger leur vie, l’Etat ne tiendrait plus qu’à un fil. Les Français applaudissent avec raison, chaque soir à 20 heures, les médecins et leurs équipes. Mais qui songe vraiment aux caissières, aux éboueurs, aux facteurs, aux policiers et à tous ces anonymes qui n’ont pas rejoint les “planqués”?

Je m’empresse de préciser que je suis moi-même de ces confinés qui résistent en pantoufle, même si je n’ai pas quitté Paris et si je poursuis ma collaboration à CNews en me rendant trois fois par semaine dans les studios de la chaîne. Reste que la France d’en haut, qui s’éventait hier devant ces ploucs de Gilets jaunes en moquant leur patriotisme suspect, est à son tour devenue invisible et silencieuse. L’exode de nombreux citadins vers la France périphérique est venu rehausser encore davantage le courage de cette classe moyenne qui continue à aller travailler chaque matin, le plus souvent sans aucune protection. Le président de la République, qui a déclaré le pays “en guerre” contre le Covid-19, aura à récompenser ces combattants de l’ombre.

Dans l’urgence, il s’agit de protéger une armée en haillons. Il lui faut, comme pour les hôpitaux, des masques, des gants, des tests. Des primes doivent être distribuées. Pourquoi ne pas affecter la somme des contraventions au confinement à ces soldats sans armes ? Les grandes entreprises doivent avoir la décence de renoncer à leurs dividendes. Si rien n’est fait pour eux, ceux qui réclament un confinement total au moins jusqu’à la fin avril auront raison : la vie n’a pas de prix. Mais quel sera alors le solde économique, social, humain ? La gestion de cette crise sanitaire (1100 morts à ce jour en France) doit prendre garde à ne pas aggraver le mal en jetant des familles dans la misère et en poussant des entreprises à la faillite.

L’absurde serait atteint si l’Etat devait être amené à débourser des milliards d’euros en plans de relance et en aides, pour n’avoir su investir à temps dans des protections élémentaires. Lundi, le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, a appelé ceux “qui n’ont pas d’activité” à rejoindre “dans les champs” les agriculteurs en manque de main d’oeuvre pour des ramassages saisonniers. 80.000 postes sont à pourvoir. Cet appel peut s’entendre, même s’il contredit le : “Restez chez vous” du gouvernement. Il faut au moins nourrir la France. Emmanuel Macron a raison de ne pas fermer la porte au pragmatisme et au cas par cas. Encore faudrait-il qu’il n’utilise pas les volontaires comme de la chaire à canon.

Ivan Rioufol

Texte daté du 26 mars 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Le nécessaire retour aux frontières, par Ivan Rioufol

Fron-tière : un mot que le progressiste a du mal à épeler et à prononcer. Pour les convertis à la nouvelle religion des droits de l’homme et aux sociétés ouvertes, rien ne doit plus distinguer ni séparer les nations et les peuples. L’utopie est en vogue dans la macronie, ce produit de l’air du temps. Il y a deux semaines, parlant de l’épidémie du coronavirus, le ministre de la Santé, Olivier Véran, déclarait : “On ne fermera pas les frontières car ça n’aurait pas de sens“. Propos repris dans la foulée par la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye : “Les frontières physiques n’ont pas de sens pour un virus”. Pas de sens : une expression répétée dès lors par la moutonnerie médiatique, s’évertuant à ne pas voir non plus le lien entre la mondialisation et la contamination du Covid-19 comme une traînée de poudre. Mais qu’observe-t-on ces jours-ci, sinon le recours aux frontières, aux confinements, aux quarantaines ? Après Israël, qui a fermé ses entrées immédiates aux arrivants des pays à risque (dont la France), l’Italie a décidé ce week-end de faire vivre le nord du pays – de Milan à Venise – dans une sorte de camp retranché jusqu’au 3 avril.

Pour sa part, la Chine assure avoir maîtrisé le virus après avoir cloîtré 56 millions d’habitants. Comment l’Etat français peut-il soutenir, sinon par un a priori idéologique qui rend sot, qu’un virus transmissible par le contact humain se joue des frontières physiques ? Sans doute ne sont-elles pas suffisantes. Mais la France et l’Italie, les deux pays d’Europe les plus affectés, paient aussi le prix d’aveuglements politiques sur le rôle protecteur que peuvent avoir les nations soucieuses de maîtriser leurs portes.

En réalité la frontière n’a pas fini de s’imposer comme une nécessité à ceux qui pensaient en avoir fini avec ce concept ringard défendu par des arriérés. Le coronavirus est la mauvaise conscience des mondialistes. Ceux-ci sont condamnés à déplorer, ce lundi, l’effondrement des marchés boursiers, de Hong Kong à Londres. En France, l’impact sur l’économie devrait être de plusieurs dixièmes de points de PIB, selon le ministre du Budget, Bruno Le Maire. Et la menace parallèle que fait courir la Turquie d’Erdogan sur l’Europe et ses nations oblige encore davantage à réhabiliter en urgence ces indésirables limites territoriales. Elles s’avèrent plus que jamais indispensables. A l’invasion du virus chinois s’ajoute en effet la tentation du sultan islamiste de conquérir l’Europe vénusienne, en s’abritant derrière des réfugiés moyen-orientaux et notamment des femmes et des enfants.

Le président turc est attendu ce lundi à Bruxelles. Mais il est à craindre que l’Union européenne herbivore ne rende à nouveau les armes devant la Turquie carnivore. Erdogan, qui se bat pour la consolidation de ses propres frontières, connait la fragilité de celles de l’UE. Il a mesuré la culpabilité postchrétienne de ses dirigeants. Dimanche, il a appelé la Grèce à “ouvrir ses portes” aux migrants : “Hé, la Grèce ! Je te lance un appel…Ouvre tes portes également et libère-toi de ce fardeau. Laisse-les aller dans d’autres pays européens”. Qui bottera le cul de la brute ?

Ivan Rioufol

Texte daté du 9 mars 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

« Les Traîtres » : le réquisitoire incomplet du procureur Rioufol

Le nouvel essai d’Ivan Rioufol, éditorialiste bien connu, Les Traîtres[1], se lit avec grand intérêt d’autant plus que le sujet est vraiment d’actualité.

Qui sont ces traîtres en effet ? « Ceux qui ont abandonné la France », comme l’affirme le sous-titre du livre. Ceux qui « par leur fanatisme universaliste menacent la France millénaire[2] ». Et ceux qui ont pour seul ennemi le peuple enraciné et ses avocats.

Le ton est donné de cet essai roboratif qui, en trois chapitres bien enlevés, règle son compte àl’oligarchie prétentieuse qui prétend tout savoir et en tout cas savoir mieux que le peuple français ce qui est bon pour lui.

Mais, comme l’écrit Ivan Rioufol,« il suffit de mettre le nez dehors pour comprendre l’étendue du merdier français produit par40 ans de décisions bavardes, irréfléchies et déshumanisées, avalisées par les technocrates de l’Union européenne et les comptables des sommets de Davos. Ils ont défiguré la France et brisé sa société[3] ».

La définition du crime d’abord

En 170 pages, le procureur Rioufol dresse un acte d’accusation détaillé.

La définition du crime d’abord, qui consiste à déconstruire la France, à insulter son peuple et à réduire au silence tous ceux qui contestent ce suicide organisé et que l’on accuse de « déclinisme », de « populisme », d’extrémisme de droite et même d’antisémitisme. Comme lorsque le ministre Darmanin voyait dans les Gilets jaunes défiler des« chemises brunes ». Pendant que Jacques Attali affirmait dans un tweet du 4 octobre 2019 que « le souverainisme n’est que le nouveau nom de l’antisémitisme » !

Le crime consiste à abandonner les Français à leur sort, pour leur préférer les personnes d’origine immigrée et de religion musulmane.

Le crime, c’est l’indifférence des puissants vis-à-vis des Français d’origine, « moqués par des humanistes en chaise longue, uniquement sensibles à la maltraitance animale et au mal-être des immigrés[4] ». Pendant que les Français, devenus des exilés de l’intérieur, « constatent que leurs intérêts passent après ceux des minorités plaintives et querelleuses [qui] ont créé leur nation dans la nation[5] ». Avec l’aide des traîtres.

Les traîtres ne reculeront devant rien

Les traîtres pensaient s’être débarrassés des Français.

Mais voici que ces Gaulois« sont dans la plaine », pour reprendre le titre du premier chapitre du livre. Ils sont venus sur les ronds-points, symboles de la déconstruction méthodique des paysages français, en portant de surcroît un gilet jaune pour qu’on les voie bien !

Comme l’écrit Ivan Rioufol, ce monde de revenants a effrayé leurs assassins qui « tremblent de peur tant ils se devinent coupables[6] » et c’est pourquoi les traîtres ont eu recours à la violence pour disperser ces fantômes.

Car « non seulement les traîtres ne reconnaîtront jamais leurs fautes, mais ils ne reculeront devant aucun trucage pour imposer le silence aux témoins révoltés[7] ». Car le Système n’ayant pas de plan B, il ne se laissera pas déposséder de son pouvoir. C’est bien la grande leçon de la crise des Gilets jaunes en France.

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