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Les Gilets jaunes ne se laisseront pas berner, par Ivan Rioufol

Le débat sur l’immigration ? Disparu. L’augmentation du smic de 100 euros par mois pour tous ? Disparue. Le mea-culpa macronien ? Disparu. Le changement de cap ? Disparu. Une semaine après la réponse du chef de l’Etat aux Gilets jaunes, il ne reste déjà plus grand chose des promesses émises. “Je veux que nous mettions d’accord la Nation avec elle-même sur ce qu’est son identité profonde, et que nous abordions la question de l’immigration. Il nous faut l’affronter“, avait déclaré Emmanuel Macron lundi dernier. Mercredi, le sujet n’était déjà plus à l’ordre du jour. “Le salaire d’un travailleur au smic augmentera de 100 euros par mois dès 2019 (…)“, avait-il également annoncé. En réalité, seule la moitié des smicards bénéficieront de la mesure, le salaire du conjoint étant pris en considération pour écarter les couples les plus “aisés”.

Ce lundi, c’est Gilles Le Gendre, chef de file des députés La République en marche, qui a déclaré en guise de contrition que l’exécutif et la majorité avaient “probablement été trop intelligents, trop subtils, trop techniciens dans les mesures de pouvoir d’achat“. Quant au premier ministre, Edouard Philippe, il assure dans Les Echos de ce lundi n’avoir pas l’intention de changer de politique mais au contraire de l’accélérer. Il y a une semaine, le président avait pourtant précisé : “Nous ne reprendrons pas le cours normal de nos vies (…) sans que rien n’ait été vraiment compris et sans que rien n’ait changé“. Les Bernés apprécieront.

La mascarade et la suffisance sont des caractéristiques dont la macronie a visiblement du mal à se défaire. Or ces défauts alimentent l’exaspération populaire. Les gens sont en quête de transparence, d’honnêteté intellectuelle, de parler vrai. Comment rétablir la confiance rompue entre la France d’en haut et celle d’en bas si le chef de l’Etat n’est pas même capable de tenir à la lettre des promesses solennelles faites une semaine plus tôt ? Le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, évoque désormais l’envoi de “CRS ou de gendarmes” pour faire dégager les ronds-points occupés, après l’échec de la mobilisation des Gilets jaunes, samedi. L’Etat cherche à reprendre la main sur une contestation spontanée qui a fait trembler le pouvoir. Ce serait néanmoins une erreur de la part du gouvernement de croire la révolte apaisée, au prétexte d’un essoufflement des manifestants. Le “grand débat” annoncé risque d’être perçu comme une stratégie dilatoire destinée à étouffer la colère. Or ce jeu est dangereux : les Gilets jaunes ne sont évidemment pas prêts à rentrer dans le rang.

D’ailleurs, leur exigence d’un référendum d’initiative citoyenne montre que la crise n’est pas seulement fiscale, ni même sociale. Elle est, plus profondément, démocratique et identitaire. Macron est à la merci d’un retour explosif des Gilets jaunes, si ceux-ci venaient à s’estimer trompés par lui. Pour l’instant, ils ont quelques premières raisons de se sentir floués.

Ivan Rioufol

Texte daté du 17 décembre 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Les “gilets jaunes” ébranlent l’État faible, par Ivan Rioufol

Emmanuel Macron a assuré, l’autre jour, qu’il représentait “les vrais populistes […] Nous sommes avec le peuple”. À dire vrai, sa proximité avec la France profonde ne saute pas aux yeux. Le président a réussi à rendre fous de rage les “gilets jaunes” issus des provinces oubliées. Il aura fallu des scènes d’insurrection, samedi dernier à Paris, pour qu’il annule enfin, mercredi soir, les taxes de 2019 sur le carburant.

Mais le peuple reste invisible à ses yeux. Dimanche, sur C8, le député LaREM, Aurélien Taché, demandait : “C’est qui le peuple français ?”, en se faisant l’avocat de la souveraineté européenne voulue par Macron. Ce dernier est attendu lundi à Marrakech (Maroc) pour y signer le “pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières”. Le texte a été refusé par les États-Unis, Israël et de nombreux pays européens. Il assimile l’immigration à un droit de l’homme et à une richesse. Même le Parlement ne sera pas sollicité pour avaliser cet engagement à dissoudre le vieux peuple français dans un multiculturalisme sacralisé.

La conversion populiste de Macron tient du cynisme d’un salonard. Le progressisme, dont se réclame “en même temps” le chef de l’État, n’est guère plus ouvert aux révoltés de la France d’en bas. N’est-ce pas la gauche internationaliste qui a délaissé les “petits Blancs” trop franchouillards, au profit des minorités déracinées ? Ces jours-ci, les âmes généreuses redécouvrent leur fibre sociale pour s’approprier un mouvement qu’elles ont beaucoup insulté. La gauche fantomatique aimerait tant réduire les “gilets jaunes” à une lutte des classes ressuscitée !

Ceux qui dénigraient des “poujadistes” recasent leur “convergence des luttes”. Les anticapitalistes imposent des revendications sur l’abolition des privilèges, la haine du riche, le rétablissement de l’ISF, etc. Des collectifs “antiracistes” (Comité Adama, Comité Rosa-Parks) ont infiltré, samedi à Paris, la cause des cités dans celle des ruraux. Des lycéens cornaqués par le savoir-faire trotskiste entrent dans la danse, Jean-Luc Mélenchon jubile. François Hollande encourage…

Reste que la “révolution Facebook” a réussi, seule et en dépit de sa désorganisation, à ébranler l’État, la classe politique, les syndicats, les médias.

Ivan Rioufol

Texte daté du 6 décembre 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Gilets jaunes : Macron doit céder, par Ivan Rioufol

Emmanuel Macron doit céder. Il doit annoncer, tout de suite, l’abandon des taxes supplémentaires sur le carburant prévues au 1 er janvier. Le geste d’apaisement aurait même dû intervenir dès ce lundi matin. Ce recul ne sera pas la fin du monde, contrairement à ce qu’annoncent des écolos illuminés : la France n’émet qu’1% du CO2 mondial et, dans ce minuscule pourcentage, la voiture ne participe pas même à la moitié du gaz rejeté. Un entêtement du chef de l’Etat à “maintenir le cap” n’est plus tenable, sauf à vouloir attiser une folle stratégie du chaos, au nom d’un orgueil immature. L’insurrection populaire des Gilets jaunes a atteint, samedi, un degré de violence insupportable. Les ultras, de droite, de gauche et des cités, ont largement contribué aux saccages et aux pillages. Une troisième mobilisation nationale, samedi prochain, risquerait de livrer Paris aux armes mortelles de la guerre des rues.

Déjà, samedi, quelques halls d’immeubles d’habitation ont été la cible d’incendiaires. Tous les Gilets jaunes ne sont pas devenus enragés. Mais beaucoup d’entre eux font le constat, navrant, de n’espérer être entendus du Pouvoir qu’en se radicalisant toujours davantage. Devant cette France incandescente, il revient au président de la République d’abandonner sa posture volontariste. Macron est désormais attendu sur sa capacité à se réconcilier avec une société civile en rupture. L’urgence est de redonner au peuple en colère sa place dans la vie politique.

“Paris est fragile !”, jubilaient, samedi soir boulevard Malesherbes, des éléments de l’ultragauche ayant pris possession de la voie abandonnée par les forces de l’ordre. Ici, trois personnes auront suffi à construire un barrage. De fait, la capitale s’est révélée vulnérable, proie facile de commandos organisés. La décision de bloquer totalement l’accès aux Champs-Elysées à partir de la Place de l’Etoile a été l’occasion pour les Gilets Jaunes de se masser devant l’Arc de Triomphe, avant de l’abandonner dans l’après-midi à des casseurs de l’ultragauche et des cités. Parmi les slogans peints sur le monument : “L’ultradroite perdra”, “Justice pour Adama”, du nom d’un jeune homme, Adama Traoré, décédé au cours d’une interpellation policière.

Reste que beaucoup de Gilets jaunes n’ont pas jugé utile de se désolidariser des éléments les plus sauvages, voire de s’y opposer. Dans ce contexte, le gouvernement serait irresponsable s’il devait donner prétexte à une autre démonstration de force des insurgés. Ceux-là seraient néanmoins bien inspirés de s’inquiéter de l’image qu’ils sont en train de donner à cette révolte très française, toujours soutenue largement pas l’opinion. La Marseillaise, fréquemment entonnée par la foule, illustre la puissance de l’imaginaire révolutionnaire et la force patriotique du mouvement. Cependant il est urgent que les femmes, très présentes, modèrent la colère aveugle qui se prête aux infiltrations des loups.

Ivan Rioufol

Texte daté du 26 novembre 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

gilets jaunes

Les Gilets jaunes restent en position de force, par Ivan Rioufol

Le gouvernement ment. Alors qu’il vient de faire voter la loi anti-fake news voulue par Emmanuel Macron, il s’est prêté samedi à des désinformations grossières dans le but de diaboliser les Gilets jaunes, qui manifestaient à Paris. Passons sur le chiffre grotesque donné par Christophe Castaner de 106.301 manifestants qui auraient été précisément comptabilisés sur toute la France : que le ministre de l’Intérieur avalise une telle farce, mimant puérilement l’exactitude, en dit long sur la pratique du bidonnage mise en œuvre au sommet de l’Etat. Il n’est donc guère étonnant d’avoir entendu Castaner qualifier les protestataires des Champs Elysées de “séditieux”, en tentant une analogie loufoque avec la manifestation du 6 février 1934 place de la Concorde et en accusant “l’ultra-droite” d’être à l’origine des déplorables violences. Gérald Darmanin y est allé de son couplet : “Ce ne sont pas les Gilets jaunes qui ont manifesté (sur les Champs Elysées), c’est la peste brune qui a manifesté“.

Pour sa part, le chef de l’Etat lui-même, dans un premier tweet, n’a pas eu un mot à l’adresse du peuple en colère, sinon pour l’accabler de sa “honte”. Ce lundi, les médias révèlent que les 101 gardes à vue sont largement constituées de jeunes hommes venus des provinces et n’ayant rien à voir avec l’ultra-droite. En revanche, les Black Blocs (ultra-gauche) ont signé nombre des saccages commis contre des vitrines ou des cafés. C’est donc sciemment que le gouvernement a travesti les faits afin de tenter de couper les Gilets jaunes de l’opinion. Peine perdue évidemment.

Le recours à de telles désinformations illustre l’isolement du pouvoir, qui n’a plus que l’insulte et le mensonge à la bouche. En mars, Macron assurait : “Je ne sens pas la colère dans le pays”. Depuis, il se comporte comme s’il ne voulait toujours pas l’entendre. Quand il encourage ses ministres à évoquer des séditieux ou une peste brune chez les Gilets jaunes, il fait voir le mépris qu’il porte aux Oubliés, ces braves gens qui n’en peuvent plus de se faire insulter. D’autant que le chef de l’Etat, tout à son combat contre “la lèpre qui monte”, fiche la paix au nazislamisme qui gangrène les cités. En fait, Macon ne cesse de se mettre en position de faiblesse en dévoilant son incapacité à admettre ses erreurs. Jamais le pays n’a été aussi tendu, prêt à exploser de rage tant le mépris des “élites” semble inépuisable. L’urgence commanderait au pouvoir qu’il cesse ses provocations incendiaires et ses fake news, indignes d’une démocratie. Les Gilets jaunes, en dépit des incidents sur les Champs Elysées, sont en position de force.

Mardi, la réponse attendue de Macron ne saurait être de convoquer des experts, de créer des commissions ou d’imaginer des usines à gaz. Les Gilets jaunes exigent, dans l’urgence, la suppression immédiate des taxes supplémentaires sur les carburants. Ceux qui leur annoncent – grelin ! grelin ! – la fin du monde ressemblent aux illuminés d’une secte millénariste qui verraient partout des complots fascistes. La France n’a besoin ni d’un gourou, ni de cinglés.

Ivan Rioufol

Texte daté du 26 novembre 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Les femmes, fer de lance des gilets jaunes, par Ivan Rioufol

Elles s’appellent Pricilla Ludosky, Jacline Mouraud, Laetitia Dewalle, Mélodie Mirandella : alors que le gouvernement caricature les gilets jaunes en beaufs alcooliques, homophobes, racistes, violents, ce sont les femmes qui sont en première ligne dans les mobilisations de la France oubliée. Chantal Mazet, 63 ans, a été la première victime du mouvement de protestation lancé le 17 novembre. La retraitée a été écrasée samedi en Savoie par une automobiliste qui tentait de forcer un barrage. Sa fille, Alexandrine, a repris le combat. Cette réalité vient corriger l’image grossière que l’Etat cherche à diffuser, de gilets jaunes fascistoïdes manipulés par les extrêmes.

A ce jeu, la Macronie prend le risque de s’enfermer irrémédiablement dans l’entre-soi des gagnants de la mondialisation, incapables de s’ouvrir à la France d’en bas. Quand le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, alerte hier sur une “dérive totale” du mouvement, il insulte tous ceux – toutes celles – qui expriment l’exaspération de la classe moyenne, reléguée loin des métropoles et des regards. Cette France qui manifeste est éminemment respectable : c’est celle qui bosse et se lève tôt, et qui ne voit pas où passe ses impôts. Quand Jacline Mouraud, grande gueule des réseaux sociaux, interpelle le gouvernement : “Vous faites quoi de notre pognon ?”, elle rappelle derrière sa gouaille que la France est le pays au monde qui paye le plus d’impôts alors que ses services publics se détériorent.

Le nouveau monde est plus surement du côté des gilets jaunes que des “progressistes” macroniens. Ceux-ci ne réalisent pas qu’ils se sont mis eux-mêmes, par leur suffisance, sur la trajectoire du “dégagisme” initié par Emmanuel Macron. Le chef de l’Etat est, pour sa part, à la remorque d’une société civile dont il se prétendait le produit. En réalité, Macron se révèle le vieux jeune homme du monde ancien, centralisé et vertical, qu’il disait vouloir enterrer. Son raidissement solitaire le place en position de vulnérabilité, face à une dynamique populaire que rien ne semble devoir entraver dans la durée. Pour avoir contribué à affaiblir les corps intermédiaires, le voilà démuni face à un peuple qu’il croyait moribond et qu’il ne comprend pas.

Reste que les gilets jaunes devraient eux-mêmes prendre garde à ne pas tomber dans l’archaïsme des luttes sociales. La décision du syndicat FO Transports de rejoindre le mouvement fait voir le risque de la dénaturation d’une révolte originale. L’ubérisation du mouvement social devrait plutôt être l’occasion pour les syndicats d’engager leur refondation. L’émergence des réseaux sociaux, qui fédèrent les initiatives, pourrait aussi être l’occasion pour les gilets jaunes de s’affranchir des antiques méthodes de contestation (blocages) afin d’explorer les autres possibilités, plus novatrices, d’une révolution 2.0.

Ivan Rioufol

Texte daté du 21 novembre 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

gilets jaunes

La nouvelle révolution française, acte I, par Ivan Rioufol

Quand on cherche le peuple, on le trouve. Au sens propre comme au figuré. Emmanuel Macron aurait pu tenter de renouer avec les Oubliés, sur les terres desquels il était ces jours-ci. Mais il a choisi de se tenir à distance de la colère française lors de son “itinérance” autopromotionnelle sur les lieux de la Grande Guerre : des “gilets jaunes” ont été écartés des cortèges et des caméras. D’ailleurs, Macron a vu “ un peu tout et n’importe quoi ” dans ces frondes éparses. À l’issue de ses 1 000 kilomètres dans la ruralité, le président n’a apparemment rien saisi de l’attachement des gens à leur nation protectrice, malmenée par la mondialisation.

La célébration du centenaire du 11 Novembre, point d’orgue de la mise en scène d’une proximité présidentielle, a été l’occasion d’une pluie d’obus élyséens sur le “ nationalisme”. À entendre Macron, les citoyens qui n’adhéreraient pas à son idée de “souveraineté européenne”, qui efface les nations renaissantes, seraient des xénophobes et des fascistes en puissance. Mais ces canailles-là font masse. Le président a grand tort de les insulter et de s’en faire des ennemis.

Ce n’est pas seulement une révolte fiscale qui s’exprimera samedi, à l’appel des réseaux sociaux, sous le symbole du gilet jaune de la sécurité routière. Les taxes supplémentaires sur le carburant sont l’étincelle. Mais le terreau est depuis longtemps inflammable. Le gouvernement n’éteindra pas les braises avec ses derniers chèques compensatoires ou ses “superprimes” pour changer de voiture. Le chef de l’État n’est pas la seule cible de cette nouvelle révolution française, qui ouvre l’acte I d’un scénario improvisé.

L’égotisme de Macron n’a fait qu’exacerber les incompréhensions entre la France d’en haut et celle d’en bas. Le président n’a pas engagé la rupture avec l’ancien monde. La société civile, qu’il a prétendu représenter, ne se reconnaît pas dans cet homme soucieux de sa destinée. Une révolution démocratique, populaire, girondine se dessine. Déjà, les dirigeants ne dirigent plus vraiment. Ils vont devoir apprendre à écouter le peuple. La belle affaire !

Voilà ce qui arrive aux “ élites” quand elles diabolisent les “populistes” au lieu de les entendre dans ce qu’ils disent de raisonnable : le système technocratique est contesté par une révolte populaire enracinée.

Ivan Rioufol

Texte daté du 15 novembre 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

La révolte des peuples contre les utopies

Rien n’attise davantage la révolte des peuples que le mépris qu’ils reçoivent des “élites” contestées. Plutôt que de tenter de comprendre les raisons de leurs disgrâces, les représentants des démocraties malades s’entêtent à ne rien entendre des critiques. Ils accusent les contestataires de tenir des “discours de haine”. Cette rengaine est reprise cette semaine pour stigmatiser les électeurs brésiliens de Jair Bolsonaro : l’ancien militaire a récolté 55,2% des suffrages, face à une gauche en déroute morale. Le refrain s’entend aussi chez les européistes quand ils parlent des nouveaux élus qui, de l’Italie à la Pologne en passant par la Hongrie, défendent les intérêts de leurs concitoyens. En France, Emmanuel Macron n’est pas le dernier à caricaturer ces dirigeants “populistes”, qu’il assimile aux années 30. Il les voit comme “des esprits fous qui mentent à leur peuple”.

Évoquant l’autre jour les “nationalistes” français, il a appelé à “les combattre sur le terrain”. Ainsi parle le président de tous les Français, aveuglé par ses détestations partisanes. Oui, les discours de haine sont chez ceux qui les dénoncent.

Parce que Bolsonaro n’a pas brillé par la subtilité de ses répliques passées, le voilà avec la presse à ses basques : un bon signe pour lui. Ses détracteurs s’attardent sur les plus vulgaires de ses déclarations. Mais ils évitent de s’interroger sur la responsabilité des ex-présidents Lula da Silva et Dilma Rousseff : deux figures de la gauche radicale brésilienne qui avaient reçu l’onction du clergé médiatique international. Depuis, Dilma a été destituée en avril 2016 pour maquillage de comptes publics. En avril 2018, Lula a été mis en prison pour 12 ans, pour corruption. Ils laissent une économie en déficit et une insécurité invraisemblable : le Brésil compte sept meurtres par heure !

L’élection de Bolsonaro est le rejet du “progressisme” et de ses utopies foireuses. Ceux qui crient à la dictature refusent le verdict des urnes. L’histoire qui s’écrit privilégie les discours “antisystème” et les affranchis du politiquement correct. Bolsonaro s’inscrit dans cette vague, dévastatrice pour les faussaires.

Les peuples en colère n’ont pas fini de faire blêmir, y compris en France, ceux qui ont abusé de leur confiance ou qui s’autopromeuvent en guide inspiré.

Ivan Rioufol

Texte daté du 1er novembre 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

PMA pour toutes : attention, nation inflammable !, par Ivan Rioufol

Les Français sont-ils prêts à accepter, sans broncher, la PMA sans père ? Le comité consultatif national d’éthique (CCNE) a rendu, mardi, un avis favorable à l’extension de la procréation médicalement assistée aux couples de femmes, voire aux femmes seules. La Macronie ne cache pas son impatience de passer en force sur ce sujet : il fut une promesse du candidat Macron. “Je souhaite qu’on puisse aller jusqu’au bout car nous avons un mantra : nous faisons ce que nous avions annoncé que nous ferions”, a expliqué, mardi, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux. Pour sa part, le comité d’éthique argue de la “souffrance” des femmes en couple, désireuses d’avoir des enfants, pour leur ouvrir l’accès à la fécondation in vitro : une technique réservée jusqu’à présent aux couples hétérosexuels infertiles.

Ce faisant, c’est un droit à l’enfant que reconnait implicitement le CCNE. Il ne semble pas voir que son argument sur la souffrance peut être généralisé aux hommes en couple en mal d’enfants. Or la gestation pour autrui (GPA) leur est pour l’instant refusée, au juste motif que cette manipulation s’ouvre à la marchandisation du corps. Mais il ne faut pas être grand prêtre pour prédire, en cas de légalisation de la PMA pour toutes, la GPA en prochaine étape, au nom de l’égalité, de l’air du temps, de la constatation que tout est devenu possible dans la fabrication d’un bébé. L’homme-dieu peut devenir son propre créateur. Il peut même maîtriser le bébé parfait. Cette perspective étourdissante, affreuse dans son eugénisme, mérite mieux que les coups de menton de macroniens pressés d’avoir raison.

Emmanuel Macron est devenu trop faible politiquement pour prendre le risque de suivre ses hussards enfiévrés, sensibles à la victimisation homosexuelle. Les états généraux sur la bioéthique, qui ont énormément mobilisé les anti-PMA durant quatre mois, ne peuvent être ignorés au prétexte que les réponses ne correspondent pas aux sondages, ni aux vœux du pouvoir et des médias. Cet exercice démocratique, qui a été présenté par le CCNE comme une “consultation citoyenne”, reflète une partie des inquiétudes de la société.

L’emprise du relativisme, l’indifférence portée à la disparition du père dans la filiation artificielle, la chosification de l’enfant, la violation du miracle du vivant sont autant que questions qui ne peuvent être balayées au prétexte qu’il serait urgent de suivre le progrès, d’avoir l’esprit ouvert, de faire jeune, d’être de son temps. Le rêve de la Macronie ressemble au cauchemar du meilleur des mondes d’Aldous Huxley : un univers infernal et déshumanisé, prélude à un monde totalitaire, sans racine ni mémoire. En 2013, la France silencieuse est descendue à plusieurs reprises et massivement dans les rues, à l’appel de La Manif pour Tous, pour protester contre le mariage homosexuel et ses conséquences. Depuis, les Oubliés sont plus que jamais en ébullition. Le camp progressiste ne peut ignorer la puissance de la vague conservatrice, sensible notamment à la protection de la patrie, le pays des pères. Macron doit entendre le message que lui envoient ces Français : Attention, nation inflammable !

Ivan Rioufol

Texte daté du 26 septembre 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

L’islamisme, cette lèpre que Macron ignore, par Ivan Rioufol

Non, ce n’est pas l’idéologie islamiste qui fait peur. Ce qui fait peur, c’est la léthargie des dirigeants français devant cette plaie qui s’infecte. Ce qui fait peur, c’est leur insouciance face à l’ennemi. Son dessein est pourtant clair : il entend islamiser les musulmans d’Europe, afin de susciter des sécessions territoriales, puis des guerres de civilisation au cœur des démocraties occidentales. Dans son rapport sur “La fabrique de l’islamisme”, publié dimanche par l’Institut Montaigne, Hakim El Karoui part du préalable que “l’idéologie islamiste fait peur”. Ce faisant, l’essayiste proche du pouvoir oublie d’analyser les légèretés des puissants qu’il côtoie.

Quand Emmanuel Macron parle du populisme comme d’une “lèpre qui monte”, le président laisse en paix ceux qui empoisonnent la nation au nom du Coran. Quand son lieutenant, Christophe Castaner, soutient : « Qui doute que le réchauffement climatique pèse sur la dynamique du djihad ? », il avance une baliverne pour excuser les soldats d’Allah. Ces derniers ont toutes les raisons de se croire déjà vainqueurs.

Le mal à soigner est un poison français : celui de pensée paresseuse, qui se vautre dans la culpabilisation pour avoir la paix. Cette attitude est commune aux “élites” européennes incapables de se confronter au réel pour lui préférer les fausses pistes. Rien n’est plus convenu que de dénoncer, avec Macron, les « discours de haine » que tiendraient les « nationalistes ». Les médias se sont précipités pour s’effrayer de « chasses à l’homme » qui auraient eu lieu l’autre semaine à Chemnitz (Allemagne) au cours de protestations contre un meurtre commis par des réfugiés.

Mais lundi, le patron du renseignement allemand, Hans-Georg Maassen, a qualifié ce scandale de probable “désinformation délibérée visant à détourner l’attention du meurtre de Chemnitz”. Faut-il en effet le rappeler ? La haine est chez ceux qui tuent, non chez ceux qui dénoncent les tueurs. Cette inversion des jugements brouille la compréhension des événements. Il est impossible de se défendre si l’ennemi n’est pas désigné.

Présentant son rapport, lundi, El Karoui n’a pu s’empêcher de renouer avec cette culture de l’excuse, qui est au cœur de la victimisation dont se prévalent sans vergogne les islamistes.

Ivan Rioufol

Texte daté du 13 septembre 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Immigration, islam : que de temps perdu !, par Ivan Rioufol

Quelles découvertes ! L’immigration de peuplement et l’islam conquérant posent des problèmes aux sociétés européennes ? Incroyable ! Cela fait vingt ans et plus que quelques lanceurs d’alerte s’époumonent dans le désert, pour tenter de mobiliser sur ces deux sujets essentiels.

Mais, jusqu’alors, ces gêneurs se voyaient répondre que l’immigration était une chance et qu’ils étaient xénophobes, que l’islam était une religion de paix et qu’ils étaient racistes, que tout allait bien et qu’ils étaient anxiogènes. Le sociologue Raphaël Liogier écrivait un livre pour dénoncer “le mythe paranoïaque de l’islamisation” (2012).

On pouvait y lire : “Il n’y a aucune montée spectaculaire de l’islam, ni dans le monde en général ni en Europe“. Passons vite : il y aurait une somme à écrire sur les dénégationnistes en sciences sociales qui, depuis des décennies, mentent aux Français, déforment les réalités, insultent ceux qui rapportent ce qu’ils voient. On connait la suite : dimanche, la Suède sociale-démocrate a, à son tour, été bousculée par les Démocrates de Suède, parti anti-immigration et nationaliste qui ne cesse de progresser. Ses 17,7% des voix aux législatives sont une nouvelle mise en garde lancée à ceux qui n’ont toujours pas compris que l’intégration d’un peuple nouveau ne se fait jamais aisément, surtout quand les immigrés se réclament d’une culture islamique dont bien des valeurs essentielles ne s’accordent pas avec celles de la culture occidentale. L’enquête que publie ce lundi l’Institut Montaigne sur le danger que représente l’islamisme a le mérite de sortir des sentiers balisés. Mais ce que décrit l’étude n’est en fait qu’une somme d’évidences exposées ici depuis des lustres. Ce temps perdu pourra-t-il être rattrapé ?

Dans son rapport (La fabrique de l’islamisme), Hakim Et Karoui rappelle judicieusement que l’islamisme est “une véritable idéologie politique contemporaine“. Il la compare au communisme, dans sa dimension totalitaire qui dépasse la religion. Une précédente enquête de l’Institut Montaigne (2016) avait fait ressortir, pour la France, que 28% des musulmans étaient attachés à la charia (loi islamique) : un radicalisme partagé par 50% des moins de 25 ans, embrigadés dans une vision sécessionniste et autoritaire de l’islam. L’Internet fédère ces mouvements alimentés par les Frères musulmans et les salafistes. La polémique née de la prestation de la chanteuse Menem, apparue enturbannée sur TF1 en février, été soutenue par les réseaux islamistes qui cherchent à imposer le voile et tout autre signe de visibilité, à commencer par les mosquées.

Mais rappeler ces faits, comme le fait l’étude, revient désormais à enfoncer des portes ouvertes. Les solutions proposées ne sont pas à la hauteur du diagnostic. Créer un “discours musulman alternatif” ou un financement du culte par une taxe hallal sont des pistes qui évitent le rapport de force. Or une idéologie totalitaire se combat par la force. Il faut dénoncer les propagateurs de haine qui se cachent sous le masque de l’antiracisme ; il faut fermer les mosquées salafistes et expulser leurs imams ; il faut cesser de reculer devant les intimidations. Les dormeurs qui ne voient pas la sordide provocation islamiste que constituera, le 19 octobre dans le sanctuaire du Bataclan, la venue du rappeur Médine, qui chante le djihad, doivent aussi se réveiller d’urgence. Ceux qui somnolent, se taisent ou se soumettent sont plus dangereux encore que les salafistes. Ceux-là ne font que remplir un vide.

Ivan Rioufol

Texte daté du 10 septembre 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Après Benalla, Hulot démasque la macronie, par Ivan Rioufol

L’affaire Benalla, qui a éclaboussé le président cet été, a mis au jour la perpétuation du monde ancien construit sur le fait du prince et les privilèges du clan. L’affaire Hulot, qui ébranle à nouveau le pouvoir avec la démission surprise du ministre de la Transition énergétique, illustre pour sa part la constance de la vieille politique-spectacle et sa vacuité. Le nouveau monde, promis par Emmanuel Macron, se révèle être le recyclage de pratiques dépassées et détestables. “Make our planet great again”, avait lancé le chef de l’Etat en juin 2017, en mimant son aspiration à devenir le leader mondial de l’écologie. “Je ne veux plus me mentir”, lui a répondu, mardi matin sur France Inter, celui qui avait été présenté comme “une prise de guerre” quand il était entré au gouvernement il y a plus d’un an.

Hulot, en claquant la porte sans préavis et aussi brutalement, fait comprendre sa dénonciation des faux semblants produits par la théâtrocratie macronienne. Cette grande mascarade n’est évidemment pas une découverte pour ceux qui, dès le départ, ont pointé le cynisme et l’insincérité du chef de l’Etat. Après la désillusion d’une partie de la droite, échaudée par les pratiques népotiques de Macron, voilà une partie de la gauche qui est prise à son tour par le doute après les aveux de tromperie du ministre écolo. Le socle présidentiel, qui avait largement aimanté les uns et les autres, a pris un sérieux coup dans l’aile.

Nicolas Hulot a expliqué ses difficultés à affronter les défis écologiques en déclarant : “On s’évertue à entretenir voire à réanimer un modèle économique marchand qui est la cause de tous ces désordres”. Cette critique du libéralisme, fauteur de désordres écologiques, est de ces idées toutes faites qui restent à démontrer. Nombreux sont les acteurs privés qui pallient les insuffisances de l’Etat, qui lui-même peut devenir un acteur zélé des désastres. S’il est un ennemi de l’écologie, c’est le progressisme dont se réclament les idéologues Verts. Une écologie bien comprise est d’abord une démarche conservatrice : celle qui vise à protéger les ressources, les espèces, les paysages.

Le progressisme n’aime pas la limite. Il reste dans une fuite en avant qui légitime le bétonnage des sols, l’urbanisation à outrance, l’agression des sites. C’est pour amadouer Hulot que Macron a avalisé le programme off-shore des éoliennes. Des sites maritimes superbes risquent demain d’être défigurés par des champs d’éoliennes de 200 mètres de haut qui viendront saccager des horizons maritimes, comme entre Noirmoutier et l’île d’Yeu (62 éoliennes de 202 mètres chacune, sur 112 km2, à 11 km des côtes). L’écologiste Antoine Waechter parle, à propos du développement de l’éolien terrestre, d’une “escroquerie intellectuelle et politique” et dénonce “les spéculateurs du vent”. Hulot n’est pas l’écolo que l’on croit.

Ivan Rioufol

Texte daté du 29 août 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Pourquoi la censure française est un scandale, par Ivan Rioufol

Le scandale : dès qu’il s’agit d’immigration ou d’islam, la censure officielle veille et tranche. Dimanche, le préfet Frédéric Potier, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT a tweeté, amusé, en réaction à la suspension des comptes Facebook et Instagram du mouvement Génération Identitaire : “Je confirme, et ce n’est pas un incident technique…”. Il faut donc comprendre que cette sanction a été demandée par les pouvoirs publics. Il est reproché à Génération Identitaire de mener des campagnes contre l’immigration et l’islamisation, et ce faisant “d’attiser la haine”. Cette organisation, qui défend une Europe des nations, avait symboliquement bloqué dernièrement le col de l’Echelle (Hautes-Alpes), point de passage des clandestins.

En réponse à l’opération “Defend Europe”, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb avait dépêché des renforts de police et de gendarmerie, prenant acte de la faiblesse des contrôles aux frontières alpines et donc de la justesse de la cause. A contrario, ni Potier ni les responsables de Facebook n’ont jugé utile de suspendre le compte des black-blocs, ce mouvement anarchiste et anticapitaliste qui a fait de la violence et de la haine des flic sa signature. L’autre jour, Libération a fait sa une sur un de ces petits néo-fascistes, en lui accordant un entretien complaisant. Samedi, le maire de Béziers, Robert Ménard, a été agressé physiquement, à Saint-André-de-Cubzac (Gironde) par des militants de gauche, sans que personne ne s’émeuve. Le tort de Ménard est de soulever les problèmes liés à l’immigration de masse et à l’islam politique. Sur ces sujets, la gauche a lâché les chiens.

Dans son best-seller qui vient d’être traduit en français (1), le journaliste britannique Douglas Murray rappelle cette anecdote : nous sommes en 2015, et la chancelière allemande, Angela Merkel, cherche à étouffer les débats qui naissent de sa folle idée d’accueillir plus d’un million de réfugiés musulmans qui fuient les conflits régionaux ou la misère endémique. Murray raconte : “Merkel a demandé au fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, s’il était possible d’empêcher les citoyens européens de critiquer sa politique migratoire sur Facebook. “Allez-vous y travailler ?”, lui avait-elle demandé. Il lui avait assuré que oui (…)”.

Et Murray de conclure : “Il est fascinant de voir à quel point nous avons été censurés, alors que nous étions en train d’ouvrir grand nos frontières”. C’est cette même intolérable atteinte à la liberté d’expression qui se poursuit en France dans l’indifférence générale. Quand ce n’est pas le pouvoir qui cherche à mettre l’internet sous surveillance, c’est la justice qui sort son gourdin. C’est ainsi qu’Eric Zemmour a été condamné jeudi par la cour d’appel de Paris à 5000 euros d’amende pour provocation à la haine religieuse pour avoir notamment estimé qu’il fallait donner aux musulmans “le choix entre l’islam et la France”. Mais Napoléon a dit la même chose aux Juifs quand, en 1807, il a convoqué le Grand Sanhédrin en le sommant de choisir entre les valeurs de la nation et celles du judaïsme. Ceux qui cherchent à museler l’esprit critique sur l’immigration et l’islam radical se rendent complices de bouleversements identitaires et culturels potentiellement considérables. Ceux-ci peuvent très légitimement être jugés dangereux et inacceptables.

(1) L’étrange suicide de l’Europe (L’Artilleur)

Ivan Rioufol

Texte daté du 2 mai 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Ivan Rioufol parle de certains “pays d’Europe plus attirés par la virilité de Poutine que par la féminité de Bruxelles”

Quand l’Occident dénonce la propagande du régime russe, le moralisateur oublie de se regarder lui-même dans la glace. Vladimir Poutine peut dire merci à ses procureurs et à leurs gros sabots : les accusations portées par la Grande-Bretagne, qui a désigné sans preuve “le Kremlin de Poutine” dans l’empoisonnement d’un agent double à Salisbury, a eu pour effet de mobiliser l’électorat russe autour de son leader. Dimanche, Poutine a été plébiscité pour un 4e mandat présidentiel avec 76,7% des voix et une participation de 64,7%. Les Etats-Unis, la France, l’Allemagne et l’Union européenne, qui ont cru bon d’appuyer la dénonciation non étayée de Londres, doivent aujourd’hui faire face à un monde russe légitimement excédé d’être ainsi diabolisé par les donneurs de leçons loin d’être vertueux. Les soupçons de bourrages d’urnes, que relatent ce lundi les médias français, passent sous silence le pénible bourrage de crâne de la propagande occidentale. La Russie de Poutine est encore loin d’être une démocratie véritable.

Mais l’autoritarisme du tsar vaut celui du petit Bonaparte. Dominique de Villepin a d’ailleurs dénoncé, dimanche, “la tentation autoritaire” d’Emmanuel Macron (Le grand Jury RTL-LCI-Le Figaro). C’est Macron qui se réclame d’une position jupitérienne, après avoir fait croire qu’il serait à l’écoute de la société civile. Sa haute idée de lui-même s’ajoute à son mépris des corps intermédiaires, à son désir de limiter le droit d’amendement des parlementaires, ou à sa volonté de mettre l’internet sous surveillance au prétexte de traquer les propos racistes. La macrocrature dissimule un despotisme qu’il serait temps de regarder de plus près.

Cette coalition occidentale contre Poutine est d’autant plus absurde que l’homme fort de Moscou est celui qui est venu en aide aux Chrétiens d’Orient, lâchés par l’Europe pusillanime et menacés d’éradication par l’Etat Islamique. Ceux qui accablent le président russe sont les mêmes qui viennent de se soumettre honteusement au président turc Recep Erdogan, dont les troupes sont entrées victorieuses, dimanche, dans l’îlot kurde d’Afrine (Syrie). Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et l’Union européenne, oubliant leurs grands principes, ont abandonné à son sort leur allié kurde, pour ne pas fâcher le sultan Erdogan qui menace de pousser vers l’Europe les réfugiés qu’il retient encore sur son territoire.

L’Occident a un ennemi mortel, représenté par l’islam totalitaire. C’est contre lui que les belles âmes se devraient d’être intransigeantes. En réalité, le camp occidental devrait regarder derrière lui : il s’apercevrait que personne ne le suit plus dans ses déclamations narcissiques et hautaines. Son mépris pour la Russie de Poutine est en train de pousser ce continent, par dépit, vers des alliés dangereux comme la Chine, la Turquie ou l’Iran.

Jeudi dernier, le premier ministre hongrois, Viktor Orban, a déclaré : “Bruxelles ne défend pas l’Europe (…) Ceux qui n’arrêtent pas l’immigration à leurs frontières disparaissent”. Pour l’Occident sermonnaire mais tremblant, la politique du pire serait de pousser dans les bras d’une Russie amère et revancharde des pays d’Europe dégoûtés, plus attirés par la virilité de Poutine que par la féminité de Bruxelles.

Ivan Rioufol

Texte daté du 19 mars 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

L’union des droites, cauchemar de la Macronie, par Ivan Rioufol

Les exemples de l’Autriche et de l’Italie le démontrent : les droites unies font gagner des élections. En France, la Macronie a tout intérêt à rendre cette union inatteignable, si elle veut conserver sa position centrale actuellement dominante. Un feu nourri a accueilli la décision de Marine le Pen, dimanche au congrès de Lille, de débaptiser le Front national pour en faire le Rassemblement national. Les vieilles ficelles de la diabolisation vont à nouveau être tirées pour faire passer l’idée que de FN nouvelle formule resterait en fait un parti d’extrême droite. En réalité, ce qui fut vrai avec Jean-Marie le Pen dans son attrait pour la violence et le coup de force ne l’est plus avec sa fille, même si des abrutis et des racistes peuvent encore se manifester ici et là. Si l’Aube Dorée, en Grèce, ou le Jobbik, en Hongrie, méritent la qualification d’extrême droite, le mouvement populiste dans lequel s’inscrit le FN se réclame d’abord de la démocratie et de sa préservation.

C’est au nom de la démocratie et que ces mouvements souverainistes européens demandent une meilleure écoute des citoyens oubliés et alertent sur le totalitarisme que représente la nouvelle idéologie islamiste. Steve Bannon, l’ancien conseiller de Donald Trump, invité surprise du congrès, n’a pas eu tort de rappeler, samedi : “L’Histoire est de notre côté”. Des médias ont publié une photo de Bannon tendant le bras à la manière du “Heil” hitlérien, alors qu’il saluait l’assistance…

Observer le gouvernement lancer des réformes comme à Gravelotte, dans une fuite en avant brouillonne et illisible, fait comprendre la vulnérabilité de la stratégie d’Emmanuel Macron. S’il s’arrête de pédaler, il tombe. Or ce risque se profile tant ce bougisme persiste à faire l’impasse sur les grandes questions sociétales qui réveillent les peuples, partout en Europe et aux Etats-Unis. La Macronie va évidemment persister à brasser du vent et à redoubler ses accusations contre le FN, présenté comme un repoussoir. L’union des droites est son cauchemar. En revanche, les Républicains ne peuvent poursuivre cette même tactique absurde. Rien de distingue vraiment les discours de Laurent Wauquiez de ceux de Marine Le Pen sur l’immigration de masse ou le communautarisme. L’économie est un sujet qui se prête à des compromis.

A l’évidence, des passerelles idéologiques existent. Thierry Mariani, député LR, a raison de constater qu’il y a des “points communs” entre les deux formations. Son idée d’un “rapprochement” n’a rien de saugrenue : elle ne fait que reprendre, mais avec plus de quarante ans de retard, la stratégie gagnante de François Mitterrand quand il fit l’Union des gauches entre le PS et le très stalinien PCF. La vague conservatrice, que Macron prétend pouvoir contenir, est prête à passer outre les lignes rouges. L’opinion ne craint plus d’être caricaturée. Encore faudrait-il que les droites aient enfin l’intelligence de s’apercevoir qu’elles visent le même objectif.

Ivan Rioufol

Texte daté du 12 mars 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Laurent Wauquiez peut remercier ses détracteurs, par Ivan Rioufol

Laurent Wauquiez n’a que des bénéfices à tirer de ce faux scandale politique suscité par des propos qui n’étaient pas destinés à être diffusés. La droite frileuse, qui s’émeut de la “violence” et de la “grossièreté” du chef de l’opposition, laisse voir sa détestation de l’homme : un rejet qui pourrait le rendre sympathique à ceux qui attendent d’un dirigeant qu’il s’affranchisse de la pensée cotonneuse, des mots enrobés, des sucreries de salon. Jeudi, Wauquiez a donné un cours devant des étudiants de l‘EM Lyon Business School de Lyon, en ayant préalablement obtenu d’eux la garantie morale de la confidentialité des propos : un engagement qui a apparemment été violé par un des participants, puisque la discussion a été partiellement diffusée vendredi soir dans l’émission “Quotidien”.

Dans les extraits proposés, le président LR accuse Nicolas Sarkozy d’avoir mis sur écoute des membres du gouvernement lors de Conseils des ministres. Il pense que le candidat Emmanuel Macron a joué un rôle dans la mise en place d’une “cellule de démolition” contre François Fillon. Il annonce la chute de Gérald Darmanin, ministre des Comptes publics, visé par une enquête pour abus de faiblesse : Wauquiez compare ce dossier à “du Cahuzac puissance 10”. Au bout du compte, des propos certes iconoclastes, mais guère plus décapants que ceux qui peuvent être parfois tenus en “off” entre un politique et un journaliste. S’il y a scandale, il est dans la rupture du pacte de confiance qui avait été passé pour ce cours. II est vrai que la parole donnée est une valeur qui se démonétise.

Xavier Bertrand, le patron des Hauts-de-France, a dit dimanche avoir entendu, dans les propos de Wauquiez, “les mots de la famille Le Pen, la même tonalité, la même violence”. Pour lui, “c’est pire que du Trump”. Bertrand suggère même à demi-mots que le patron LR pourrait orchestrer à son tour “des cellules de démolition” contre Darmanin ou Nicolas Hulot, avalisant ainsi un possible complot politique qu’il refuse pourtant d’envisager contre Fillon. En réalité, ces opérations groupées de dézingage de Wauquiez risquent d’être préjudiciables à ceux qui s’y prêtent. En effet, par leur fébrilité, ses détracteurs se piègent eux-mêmes en défendant la pérennité du monde aseptisé qui horripile une partie importante de l’opinion. Celle-ci en a soupé des hypocrites postures morales qui invitent à jeter des voiles pudiques sur les sujets qui fâchent.

Fillon, dans sa stratégie présidentielle construite sur “le courage de la vérité”, avait déjà eu contre lui tous ceux qui n’étaient pas prêts à se confronter au réel. Cette même union des craintifs se met en place pour tenter d’abattre Wauquiez. Les coups seront violents. A la capacité de résistance du patron LR s’évaluera ce qu’il a dans le ventre. Son intérêt est d’avoir la meute à ses trousses, s’il se sent capable de l’effrayer. Non seulement son “parler vrai” devant des étudiants de Lyon n’a pas été un scandale, mais cette nécessité de dire les choses doit se poursuivre et s’amplifier. S’il réussit l’épreuve du feu, Wauquiez s’en grandira d’autant.

Ivan Rioufol

Texte daté du 19 février 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Ivan Rioufol : « L’idéologie islamiste totalitaire est en train d’envahir non seulement la twittosphère, mais aussi le débat, au point de faire reculer des journalistes »

14/02/2018 – FRANCE (NOVOpress)
Vendredi dernier, sur CNews, le journaliste Ivan Rioufol s’est étonné de voir la chanteuse Mennel « enturbanée, alors que les Iraniennes se battent pour enlever le voile », et a déclaré qu’un « voile, aujourd’hui, porté à la télévision, c’est un signe politique ».

Ces propos ont déclenché une polémique sur laquelle le journaliste revient au micro de Boulevard Voltaire.


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Mennel : ce que révèle le clash sur CNews, par Ivan Rioufol

En France, l’islam politique se comporte comme en terrain conquis. Il n’est déjà plus possible de dénoncer son essence totalitaire sans que l’islamosphère, ses idiots utiles, la rhinocérite bien-pensante (ce qui fait du monde) ne fassent front. A tour de rôle, ceux-là sont prêts à hurler à l’islamophobie, au racisme, à la haine de l’autre, au retour des années trente, etc. Les réactions suscitées par mon intervention, vendredi matin sur CNews (L’heure des pros), à propos de la jeune chanteuse Mennel Ibtissem, ont été révélatrices de la puissance prise par cette idéologie liberticide sur les réseaux sociaux, même si les messages pataugent dans la vulgarité la plus sommaire. Mennel est cette talentueuse jeune femme apparue le 3 février sur TF1 dans l’émission The Voice. Elle s’est retirée depuis de ce concours de variétés, sous le poids des révélations sur ses engagements islamistes que laissaient déjà voir son port du turban. Pour avoir justement soutenu, sur CNews, que son turban était “un signe politique” et que l’islam n’était pas seulement “une religion” mais également “un corpus politique, une idéologie totalitaire”, mon opinion a suscité, dans un premier temps, l’hystérisation d’une confrontation sur le plateau. Mon indignation devant le raisonnement d’un de mes interlocuteurs a été par la suite l’occasion de petits montages vidéo destinés à me faire paraître comme le fauteur du clash. Jusqu’ici, rien de grave, sinon des procédés déloyaux. Nombreux sont ceux qui n’ont pas été dupes. Le plus navrant est venu ensuite.

Une “journaliste”, Feïza Ben Mohamed, a lancé sur Twitter un “appel” à signaler mes propos au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) pour “incitation à la haine”, appel relayé par le “confrère” Jean-Michel Aphatie. Ces délateurs décomplexés, qui semblent assurés de rencontrer l’écoute bienveillante du CSA, cautionnent ainsi l’intolérance islamique sur laquelle précisément je mets en garde. Ces nouveaux “collabos” donnent une idée de la perméabilité de la presse à l’islam radical. Dans le même temps, je me faisais, m’a-t-on-dit (mais je n’ai pas vu l’extrait), insulter sur C8 par le réalisateur Dominique Farrugia ; il se serait inspiré, dans ses injures contre moi, de l’indigne comparaison entre le sort des juifs dans les années trente et celui des musulmans aujourd’hui. J’ai pu remarquer, chez d’autres commentateurs soucieux de préserver leur confort intellectuel, leur empressement à excuser les prises de position de Mennel en avançant sa “jeunesse” et son “droit à l’erreur”.

Je ne me souviens pas avoir entendu de telles compréhensions lorsqu’un enfant avait traité Christiane Taubira de “guenon” en 2013 ; mais passons. Reste de cet épisode, certes anecdotique, la photo assez ressemblante d’une société fragilisée, fracturée, par l’emprise du sectarisme coranique et par la veulerie de ceux qui sont prêts à se soumettre. Dimanche, épuisée par la violence des injures déversées, la militante anti-islamiste Henda Ayari a lancé un tweet désespéré : “Je suis fatiguée, démoralisée de lire toutes ces horreurs qu’on dit sur moi. C’est un combat très dur, bien trop dur (…)” Merci à tous ceux qui la soutiendront, et qui soutiendront plus généralement ces femmes qui osent, seules, affronter l’islam totalitaire.

Ivan Rioufol

Texte daté du 12 février 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

La France confrontée à l’islamisme, par Ivan Rioufol

Alors que des femmes iraniennes défient le pouvoir islamiste en ôtant leur voile en public, alors que des femmes kurdes, cheveux au vent, prennent les armes contre l’Etat islamique et désormais contre les forces turques dans la région d’Afrine (Syrie), la chanteuse d’origine syrienne Mennel Ibtissem a choisi d’apparaître, samedi soir sur TF1, les cheveux enturbannés. Son interprétation de la chanson de Leonard Cohen, Hallelujah, a emballé le jury de The Voice. Il n’en reste pas moins que Mennel, jolie et talentueuse jeune femme, ne cache rien de ses sympathies, à en juger par l’historique de ses tweets. Une proximité intellectuelle semble notamment apparaître avec le prédicateur islamiste Tariq Ramadan. Ce défenseur de la visibilité de l’islam, notamment à travers le port du voile ou du turban, a été placé en détention provisoire pour des accusations de viols.

Dans le contexte aussi tendu que celui que connaît la France, il y a de la provocation de la part de Mennel Ibtissem à se présenter, faussement ingénue, sous un tel signe de ralliement à l’islam politique. D’autant qu’inciter la femme à se couvrir les cheveux souligne sa soumission dans la culture islamique. Le Coran est empli de préceptes qui infantilisent et dévalorisent la femme. Ainsi, par exemple, de la sourate 5, verset 6 (La table servie) qui, donnant des conseils de propreté, ne craint pas de douteux amalgames : “Si l’un de vous revient du lieu où il a fait ses besoins, ou si vous avez touché aux femmes et que vous ne trouvez pas d’eau, alors recourez à la terre pure, passez-en sur vos visages et sur vos mains”…

La propagande islamique sait user de tous les moyens pour tenter de subvertir la société française et de fracturer son unité. La banalisation du voile ou de ses dérivés est une manière parmi d’autres d’imposer en douceur un séparatisme de fait dans une société que les islamistes voudraient de plus en plus multiculturelle. C’est d’ailleurs là tout le combat de Ramadan, qu’il est peut-être en train de perdre après les révélations sur ses comportements machistes et violents. Le théoricien de la réislamisation de la communauté musulmane européenne, et plus spécifiquement française, aura en tout cas beaucoup de mal, cette fois, à se présenter en victime.

C’est sur ce registre, surexploité, de la victimisation des minorités que le terroriste “français” Salah Abdeslam, seul survivant du commando qui a semé la mort à Paris le 13 novembre 2015, s’est brièvement présenté, ce lundi matin, devant la justice belge, à Bruxelles. Il doit y être jugé pour sa participation à la fusillade ayant précédé son arrestation, en mars 2015, dans le quartier de Molenbeck. “Je n’ai pas peur de vous”, a-t-il déclaré avant d’expliquer qu’il ne parlera pas d’avantage : “Mon silence ne fait pas de moi un criminel (…). Je place ma confiance en Allah (…) Je témoigne qu’il n’y a pas de divinité à part Allah (…) Ce que je constate, c’est que les musulmans sont jugés, traités de la pire des manières, impitoyablement, il n’y a pas de présomption d’innocence”. Les familles des victimes apprécieront. Mais Abdeslam est déjà, lui aussi, un héros pour certains.

Ivan Rioufol

Texte daté du 5 février 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol