Entre tambouilles et violences, l’agonie du vieux monde

Les appareils, politiques ou syndicaux, ne représentent plus qu’eux-mêmes. Ils sont appelés à se heurter à une société civile qui a pris le large en s’émancipant des mots d’ordre décidés par des castes. C’est un ancien monde, déphasé, qui agonise sous nos yeux. Dimanche, en région Paca, des politicards ont perpétué d’antiques tambouilles en vue des élections régionales tandis qu’à Paris la CGT a été agressée par des manifestants du 1er mai. « Nous assistons à la naissance de l’ère des soulèvements populaires », va jusqu’à soutenir le sociologue Michel Maffesoli dans son dernier essai (1). Pour lui, « le peuple ne supporte plus le mensonge propre au discours officiel ». Une chose est sûre : les « élites » vont avoir du mal à se faire entendre de cette partie de la population, la plus vulnérable, qui subit quotidiennement les désastres de décennies d’idéologies hors-sol.

Si l’épisode des Gilets jaunes a peu de chance de renaître dans sa première spontanéité, d’autres mouvements d’humeur sont à prévoir. D’autant que les dirigeants ne semblent pas disposés à revoir leurs habitudes et à se mettre à l’écoute d’une société inquiète. Il suffit, pour s’en convaincre, d’observer la violence verbale avec laquelle la macronie a accueilli l’alerte existentielle lancée par des militaires en retraite sur la vulnérabilité de la France. La vérité ferait-elle peur à ceux qui veulent la taire ?

L’accord passé en catimini, pour la région Paca, entre La République en marche et le républicain Renaud Muselier est une illustration de l’appauvrissement des partis, obsédés par leur survie. Eric Ciotti (LR) a eu beau jeu de rappeler, ce lundi sur Europe 1, que « notre idéal n’était pas de battre le RN », mais d’apporter des réponses aux attentes des gens. Il est probable que le choix de Muselier, désavoué par son parti (LR), incitera des républicains, faute de candidats, à rallier Thierry Mariani (RN), dans un rapprochement d’ailleurs souhaité par de nombreux citoyens.

Quant à l’agression subie par des militants CGT durant la manifestation parisienne, elle est venue rappeler l’hostilité que peut susciter une organisation sclérosée. Nous seulement la CGT a perdu l’autorité de ses « gros bras » dissuasifs mais elle apparaît débordée par une extrême gauche qu’elle cherche à singer. Le syndicat dénonce une « extrême violence », commise par des « groupes d’individus dont certains se revendiquaient Gilets jaunes ». Déjà, le 1er mai 2019, Philippe Martinez, le patron de la CGT, avait dû être un temps exfiltré de la manifestation sous la pression de black blocs. Dès le 17 novembre 2018, jour de la première manifestation des Gilets jaunes, les syndicats avaient fait connaître leur opposition à ces initiatives populaires leur tournant le dos. Elles vont se poursuivre. Les exaspérations des Français précipitent la fin d’un monde.

(1) L’ère des soulèvements, Les éditions du Cerf

Ivan Rioufol

Texte daté du 5 mai 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Il y a un lien entre l’insécurité et la politique de l’autruche

ivan-rioufol

Une chose est sûre : il y a un lien entre l’insécurité et l’aveuglement. Les premiers responsables du Grand Effondrement sont les dirigeants français qui pratiquent, depuis plus de trente ans, la politique de l’autruche à propos de l’immigration de masse. Cette commode cécité est partagée par la bien-pensance, qui s’affole aujourd’hui que des islamistes tuent régulièrement au nom d’Allah. Mais qui, sinon ces belles âmes moutonnières, ont répété que l’immigration était « une chance pour la France », que l’islam était « une religion de paix et de tolérance » et que la nation devait s’ouvrir à la diversité ? Dimanche, place du Trocadéro à Paris, une foule inquiète a manifesté sa colère après la décision de la cour de Cassation d’exonérer de sa responsabilité pénale Kobili Traoré, l’assassin de Sarah Halimi, défenestrée au cri d’Allah Akbar parce qu’elle était juive.

Vendredi, c’est une femme policière, Stéphanie Monfermé, qui a été égorgée par un sicaire du djihad, Jamel Gorchese : l’horreur s’est déroulée dans le commissariat de Rambouillet (Yvelines). Ne serait-il pas temps d’exiger des autorités musulmanes qu’elles fassent connaître, autrement que par des mots, leur condamnation de ces barbaries ? Plutôt que de manifester contre l’ « islamophobie qui tue », comme ce fut le cas le 10 novembre 2019 à Paris, pourquoi les musulmans et tous les autres ne descendraient-t-ils pas dans la rue pour dénoncer, enfin clairement, l’islamisme qui tue ?

La politiquement correct reste une prison mentale pour beaucoup de ceux qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes, pour reprendre la juste réflexion de Bossuet. Dimanche, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a déclaré, en commentant l’assassinat de la policière par ce Tunisien, ancien clandestin régularisé en 2020 : « Je refuserai toujours de tirer un trait entre immigration et terrorisme ». Pour lui, « ce discours vise à attiser les haines dans le pays ». Avant lui, Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, avait déclaré, le 28 juillet 2020 : « Je suis à 100.000 lieues de faire le lien entre l’immigration et l’insécurité ».

Ces postures progressistes, partagées par des représentants et intellectuels de la communauté juive, sont à la source des maux qui accablent la France. Car il faut être idéologiquement imperméable aux faits pour contester, comme le fait le gouvernement et le conformisme, le lien entre l’insécurité et une immigration de masse qui ne s’intègre plus. Valérie Pécresse (LR) a évidemment raison quand elle dit : « Il faut cesser de nier le lien entre terrorisme et immigration ». Mais pourquoi avoir attendu tant d’années avant d’admettre de telles évidences ? Hier, au Trocadéro, aucun représentant du RN n’a été invité, visiblement, à prendre la parole. Ce mouvement, s’il fut en effet répulsif, est pourtant devenu un des pôles de résistance à cet islamisme qui terrorise les Juifs, les policiers et plus généralement la nation et sa démocratie. Face à l’ennemi, il serait temps d’enlever les œillères.

Ivan Rioufol

Texte daté du 8 mars 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Les censeurs voient des complotistes partout, par Ivan Rioufol

Complotiste ! L’accusation fait florès, à mesure que l’Ordre sanitaire étend son emprise sur les gens. Quiconque s’éloigne du discours officiel est présumé suspect d’alimenter une rébellion contre le système. Philippe de Villiers, qui invite à lire le livre de Klaus Schwab (« Covid 19 : la grande réinitialisation ») comme un programme visant à la numérisation du monde et des individus, est mis au rang des « conspirationnistes » par les gendarmes de la pensée obligée. Parions que ce même sort sera réservé à Xavier Bazin, journaliste scientifique qui fait paraître une enquête (1) sur le poids économique de la Big Pharma dans le monde de santé. Il écrit : « L’anomalie, dans ce système, ce sont les grands professeurs indépendants de l’industrie. En infectiologie, il n’y a vraiment que le professeur Raoult, en France, qui possède un tel niveau de responsabilité et de prestige, tout en étant entièrement financé sur fonds publics, donc avec une indépendance totale vis-à-vis de l’industrie. C’est ce qui explique sa parole totalement libre, son indépendance scientifique manifeste et aussi la détestation dont il fait l’objet dans les plus hauts cénacles du pouvoir médical ». Le professeur Christiane Perronne, bête noire du biopouvoir, ne dit pas autre chose (2) quand il cite comme témoin Bruno Toussaint, directeur de la revue médicale Prescrire : « Avoir des liens avec des firmes pharmaceutiques influence l’opinion sur les médicaments en leur faveur ».

En réalité, l’accusation en complotisme est, trop souvent, une arme de propagande mise au service de la protection d’intérêts, eux-mêmes défendus par une pensée dominante. Il est significatif de constater que la mère de la petite Mia, arrêtée dimanche en Suisse après avoir voulu récupérer son enfant, a été présentée comme complotiste par les médias et le procureur au motif qu’elle serait « contre la dictature sanitaire » et la « barbarie du système ». Il n’est pas question de nier la réalité d’un courant authentiquement paranoïaque, persuadé d‘avoir à résister à une conjuration mondiale pédocriminelle ou satanique.

Toutefois, il est malsain de vouloir faire taire toute critique du discours hygiéniste. Ce n’est pas être complotiste d’être réservé sur les nouveaux vaccins délivrant du matériel génétique viral (ADN ou ARN) dont les effets sont encore mal connus. La méfiance de l’opinion sur le vaccin AstraZeneca (suspendu au Danemark) n’est pas blâmable. Elle n’est que la conséquence de symptômes certes marginaux mais qui peuvent légitiment inquiéter. Pareillement, l’opprobre lancé contre ceux qui retiennent l’hypothèse d’un virus sorti d’un laboratoire chinois commence à se heurter au doute. Les Echos de ce lundi rappellent que le scénario d’une « mystérieuse évasion » du Covid-19 du labo P4 de Wuhan reste plausible. Le quotidien rappelle que le SARS, « dangereux cousin du Covid, s’est déjà évadé à quatre reprises de labos de haute sécurité ». En fait, les censeurs voient du complotisme partout.

(1) Big Pharma démasqué ! Editions Guy Trédaniel
(2) Décidément, ils n’ont toujours rien compris ! Albin Michel

Les balances, collaborateurs zélés de la nouvelle « biocrature »

La délation s’épanouit dans l’Ordre sanitaire. Or, personne ne s’affole de la régression qui s’installe. Comme aux plus belles heures de l’Occupation, les collaborateurs zélés abondent pour dénoncer les mauvais Français qui s’éloignent parfois des normes et des interdits. Ces consignes ponctuent depuis plus d’un an une vie sociale et intime sous surveillance. La nouvelle « biocrature », cette tyrannie hygiéniste que rien ne freine, n’en finit pas de produire des contraintes de plus en plus absurdes. C’est ainsi que les préfets ont décidé, dans certains départements littoraux, le port du masque obligatoire sur les plages balayées par les vents marins ! Il est probable que cette nouvelle atteinte aux libertés, dénuée de sens, suscitera son lot de sycophantes haineux. Un citoyen libre est vu, désormais, comme une menace pour la collectivité.

Emmanuel Macron avait prévenu, le 14 octobre 2020 sur TF1 : « On s’était progressivement habitué à être une société d’individus libres. Nous sommes une nation de citoyens solidaires. Nous ne pourrons pas nous en sortir si chacun ne joue pas son rôle, ne met pas sa part. Voilà la clé ». Or c’est un monde policier et de surveillances mutuelles qui progressivement s’impose dans l’apathie quasi-générale. La chasse au virus autorise-t-elle ces constantes atteintes à la démocratie, dans une propagande sécuritaire toujours plus culpabilisante ? La contagion de la peur, alimentée par le pouvoir, est en train de faire des ravages dans les esprits craintifs, mesquins, paranoïaques. Ceci n’est pas la France.

Le comble a été atteint, jeudi, avec la mise en garde à vue pour quelques heures du curé et de son vicaire d’une église parisienne – Saint-Eugène-Sainte-Cécile (IX e) – dénoncés sur les réseaux sociaux par un participant à une messe de Pâques victime de son succès. Le diocèse de Paris n’a lui-même rien trouvé de plus utile que d’ouvrir aussi une procédure canonique contre les deux « délinquants ». La police leur reproche une « mise en danger délibérée de la vie d’autrui », un « non-port du masque » et un « rassemblement de plus de six personnes sans respect des gestes barrières ». Il se trouve que je connais cette église qui propose le rite romain et est fréquentée par beaucoup de jeunes catholiques. Elle applique depuis le début de l’état d’urgence les obligations exigées, même si les prêtres, en effet, ne portent pas le masque durant les offices et posent, à la demande, l’hostie sur la langue.

Est-ce là, sérieusement, un scandale ? Seul le désir de nuire a pu pousser l’ « indic », ce beau salaud, à poster une vidéo comme un lettre anonyme. Et c’est bien cet esprit malsain qui a été avalisé par les policiers et, hélas ! par le diocèse lui-même. Dans le même temps, une chaîne de télévision dénonçait des « dîners clandestins » organisés par un beau parleur piégé par son besoin de paraître. La prohibition a toujours suscité des comportements illégaux. Mais la chape de plomb qui étouffe les Français et réjouit les balances ne peut plus durer. Trop d’Etat oppresseur mène à la phobie de l‘Etat. Gare à l’explosion !

Ivan Rioufol

Texte daté du 12 avril 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

L’idée claire, ennemie du « En même temps » macronien

La confusion mentale du gouvernement est l’enfant du « En même temps » d’Emmanuel Macron. La « pensée complexe » du président est à la source du désordre intellectuel observable au sommet de l’Etat. L’indécision née de la pratique du « cul entre deux chaises » est aggravée par la propension de la bureaucratie à produire des normes à la chaîne. Cette alliance de l’irrationalité présidentielle et d’une haute fonction publique hors sol a pondu, samedi matin, des « attestations », stupides pour des gens sensés.

L’initiative a été, certes, rapidement suspendue. Mais l’épisode vient rappeler l’urgence d’une réforme de l’Etat technocratique, et la nécessité pour les dirigeants de comprendre la vie des Français. Si un arbre se juge à ses fruits, la Macronie n’a produit, durant ces douze mois d’épidémie de Covid, que des interdits de plus en plus intrusifs et des règlements plus kafkaiens les uns que les autres. Le sommet a été atteint avec ce dernier concept de « l’enfermement extérieur », une « troisième voie » présentée jeudi par Jean Castex comme l’innovation française du moment. A ce point d’absurdité, même les mots manquent : le « confinement » new-look, développé par le premier ministre, est un terme qui a été jugé inapproprié par Macron dès le lendemain: « Je crois que le mot confinement n’est pas adapté à la stratégie présentée », a-t-il dit La coquecigrue ne sera donc pas nommée…

Les « élites » ont un tel mépris du peuple ordinaire qu’elles se méfient des solutions trop accessibles. Pourquoi faire simple quand un fonctionnaire surdiplômé peut faire compliqué, en décrétant quinze motifs de sorties avec attestations et astérisques renvoyant en bas de pages ? Louis XIV avait compris ce qui reste aujourd’hui une énigme pour ceux d’en haut : « La fonction de roi consiste principalement à laisser agir le bon sens, qui agit tout naturellement et sans peine ». Macron laisse comprendre ces derniers temps qu’il s’agacerait des lourdeurs administratives et du poids des « enfermistes », symbolisés par Olivier Véran, le ténébreux ministre de la Santé. Il n’empêche : Véran est toujours à son poste, en dépit des contre-vérités qu’il a pu dire depuis un an. Quant au cafouillage ubuesque du gouvernement, il est aussi le produit de l’entourage présidentiel. « Soyez fiers d’être des amateurs ! », avait lancé Macron, il y a un an, aux députés LREM. Le manque de professionnalisme semble être une faille plus générale. Certes, le chef de l’Etat s’est heureusement opposé, le 29 janvier, à ceux qui réclamaient un confinement drastique pour tous. Mais en prenant, cette fois, ce chemin de traverse incongru, il confond compromis et irrésolution. L’idée claire lui serait-elle devenue inatteignable ?

Ivan Rioufol

Texte daté du 22 mars 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Le vrai vaccin sera celui qui chassera le Covid des esprits

Le vrai vaccin sera celui qui chassera le Covid des esprits. Depuis un an, date du premier confinement (17 mars 2020), les Français ne cessent de se contaminer par le virus de la peur.
Celui-ci, parce qu’il asphyxie le pays, est bien plus mortel que tous les variants. Or l’angoisse est quotidiennement alimentée par les discours anxiogènes de l’Etat et de ses experts scientifiques et médicaux. « Le moment est venu », a dit ce mercredi, sur RTL, Martin Hirsch, directeur général de l’Assistance-Publique-Hôpitaux de Paris, plaidant pour un retour rapide au confinement en Ile-de-France, au moins le week-end. Cela fait douze mois que des garde-chiourmes en blouse blanche monopolisent la parole. Le patron de l’AP-HP, enivré de son pouvoir terrorisant, est celui qui, en décembre, a mis fin aux fonctions du professeur Christian Perronne, chef de service à l’hôpital de Garches, au motif que ce spécialiste des maladies infectieuses proposait de soigner les patients atteints du Covid avec de vieilles molécules (l’hydroxychloroquine notamment) non agrées par la science. L’Ordre sanitaire a imposé un despotisme hygiéniste sans commune mesure avec la létalité du virus. Jamais le raisonnement « bénéfices-risques », appliqué aux vaccins, n’a été retenu pour évaluer les conséquences, désastreuses, d’un pays mis sous cloche. La panique doit trouver urgemment son antidote.

La raison, dès le départ, a cédé la place face à l’émotion et au mimétisme. Ce sont ces deux travers qui ont conduit, lundi, le chef de l’Etat à suspendre brutalement le vaccin anglo-suédois AstraZeneca, dans la foulée de l’Allemagne et d’autres pays européens. Ce même l’affolement avait initialement poussé les Etats – et pas seulement la France – à faire pression sur les laboratoires pharmaceutiques afin qu’ils accélèrent leurs productions vaccinales. Israël a été jusqu’à accepter de donner (anonymement) les données personnelles de ses habitants-cobayes à Pfizer. La Commission européenne s’est elle-même engagée auprès d’AstraZeneca et d’autres fabricants à « couvrir financièrement certains risques des entreprises, pour garantir que les vaccins sont effectivement disponibles pour les citoyens de l’UE afin de protéger la santé publique ».

En fait, AstraZeneca a expérimenté en direct un vaccin potentiellement aléatoire. Le « risque zéro », qui motive les adeptes du confinement, a été ici contourné. Comprenne qui pourra ce monde devenu fou. Reste à trouver la bonne issue. Elle a été esquissée, après d’autres, par le professeur Eric Caumes, lundi sur Europe 1 : « La réponse a cette épidémie est plus philosophique » que médicale, a-t-il dit. Oui, la vie c’est aussi la mort. Y réfléchir, enfin, ne pourra nuire à la santé mentale de nous autres, frères humains infantilisés…

Ivan Rioufol

Texte daté du 17 mars 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Face au terrorisme intellectuel de l’islamo-gauchisme – Il faut soutenir les nouveaux profs-courage !, par Ivan Rioufol

Klaus Kinzler

Serait-ce le retour des Hussards Noirs, surnom donné par Charles Péguy aux instituteurs de la IIIe République ? Une hirondelle ne fait pas le printemps. Toutefois, avoir entendu, mardi matin chez Pascal Praud (CNews), Klaus Kinzler appeler à « ouvrir sa gueule » contre la lâcheté du monde universitaire a été une bouffée d’air frais. Après Didier Lemaire, ce professeur de philosophie qui a dénoncé l’islamisation de Trappes, voici donc un professeur d’allemand de l’IEP de Sciences Po de Grenoble qui, avec un même courage, a décidé de résister au terrorisme intellectuel de l’islamo-gauchisme. « Je suis un citoyen, mais aussi un guerrier », a prévenu Kinzler. « Je ne me laisserai pas marcher sur les pieds ».

Dans son collimateur : la lâcheté des enseignants chercheurs de son Institut. Ils ont cautionné un procès en « islamophobie », ouvert contre lui et un autre collègue par l’UNEF locale et l’Union syndicale Sciences Po Grenoble. Le 4 mars, des banderoles avaient été collées sur les murs de l’établissement : « Des fascistes dans nos amphis. L’islamophobie tue ». Suivaient les noms des deux prétendus coupables. Il leur était reproché d’avoir contesté l’amalgame entre antisémitisme, racisme et islamophobie, ce dernier terme étant instrumentalisé pour rétablir le délit de blasphème. Rappel : c’est parce qu’il a été qualifié d’islamophobe que le professeur d’histoire-géographie Samuel Paty a été décapité il y a cinq mois par un fanatique. C’est pour cette même raison que la rédaction de Charlie Hebdo a été décimée le 7 janvier 2015…

La « libération de la parole » ira-t-elle jusqu’à dénoncer de l’intérieur l’enfermement intellectuel qui a gagné, ici et là, l’enseignement supérieur ? L’accusation de Kinzler confirme les dégâts du militantisme « antiraciste » dans le monde scientifique. Cette propagande a déteint sur de nombreux étudiants. Mardi, certains à l’IEP récitaient encore, en inversant les situations : « L’islamophobie, c’est la mort et la terreur (…) Ce sont les mosquées qui sont attaquées comme les femmes voilées poignardées. C’est la peur, tous les jours, que cela arrive ». Ce mercredi, sur Europe 1, Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, a lancé comme un vœu pieux : « Il ne faut pas de pensée unique dans l’Université ». En fait, l’enseignement supérieur paie des décennies de cooptations entre pairs, qui ont exclu les esprits non conformes.

Aujourd’hui, ce sont quelques rares profs de gauche qui haussent le ton et commencent à se faire entendre. Quand, en 2003, votre serviteur avait pris, dans Le Figaro, la défense de Louis Chagnon, prof d’histoire-géo accusé d’avoir rappelé l’exécution d’une tribu juive par Mahomet, le silence avait été assourdissant. En septembre 2012, Le Nouvel Observateur en était toujours aux méthodes staliniennes encore en vigueur à Sciences Po Grenoble, en dressant en une la listes des « néo-fachos et de leurs amis », coupables d’alerter sur l’islamisation de la France. Cette gauche-là est-elle prête à réparer ses erreurs ? Elle a beaucoup à se faire pardonner…

Ivan Rioufol

Texte daté du 8 mars 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

La Journée de la femme, ce cache-misère, par Ivan Rioufol

Ce lundi est « la journée de la femme ». Les curieux seront priés de ne pas regarder de trop près la condition féminine dans les cités de la « diversité ». « La belle chose qu’est la destruction des mots ! », avait écrit George Orwell, qui a bien analysé le mécanisme du mensonge au service d’une pensée totalitaire. Il est plaisant de se souvenir que cette journée internationale des femmes avait été lancée par Lénine, il y a tout juste un siècle, au nom de la cause communiste, avant d’être reprise plus tard par les premières féministes. En 74 ans de soviétisme, jamais une seule femme ne siégea pour autant au Politburo, comme me le fait remarquer ce matin mon confrère Bernard Lecomte ! Cette année encore, un voile pudique (un de plus) sera jeté sur l’authentique culture patriarcale et sexiste qui s’est installée dans la nouvelle France islamique. Des militantes en viennent même à défendre leur liberté de s’habiller, sans vouloir s’arrêter sur le symbole de soumission au mâle que représente le recouvrement du corps sexué. L’Etat, volontiers moralisateur, se garde de formuler des exigences à cette partie de la société d’origine immigrée. Pourtant, comme l’écrit Vincent Coussedière (1) : « Etre neutre en matière de religion ne veut pas dire être neutre purement et simplement en matière de moeurs ».

Le « vivre ensemble » est l’autre cache-misère qui est utilisé comme un leurre par les propagandistes du séparatisme. « Vivre ensemble c’est urgent ! », disaient des pancartes brandies par les islamo-gauchistes rassemblés dans une même manifestation contre « l’islamophobie », le 10 novembre 2019 à Paris. Ce cliché est brandi à mesure que la société se délite. L’ « antiracisme » connaît le même sort : plus les rapports se racialisent, plus les désinformateurs trafiquent les mots. Ces derniers temps, la contre-société islamisée multiplie les démonstrations de force contre la France. Les « intifadas » se succèdent comme autant de répétions générales. Le 27 février, c’est un photographe de presse, Christian Lantenois (L’Union), qui a été laissé pour mort dans un quartier « sensible » de Reims. Or l’Etat persiste à détourner le regard tout en tenant pour la galerie des discours martiaux. Ce week-end, tandis que des émeutes gagnaient Rillieux-la-Pape, dans la banlieue lyonnaise, les forces de l’ordre s’en prenaient aux braves gens qui prenaient le soleil sur les quais de la Seine à Paris. L’injustice et le deux poids deux mesures sont devenus les normes d’un Etat faible avec les forts, fort avec les faibles. Ce déséquilibre est devenu insupportable.

(1) Eloge de l’assimilation Le Rocher

Ivan Rioufol

Texte daté du 8 mars 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Ivan Rioufol : « Ce virus a été un révélateur de l’extraordinaire inefficacité de l’État »

01/03/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Face à la recrudescence de l’épidémie de Covid, le gouvernement entend un peu plus serrer la vis, quitte à en passer par des confinements localisés. Alors que l’état d’urgence sanitaire a été prolongé jusqu’en juin prochain, la question de la mise en danger des libertés fondamentales devient de plus en plus pressante.

Le journaliste et essayiste Ivan Rioufol confie sa grande inquiétude à Sputnik et lance un appel aux Français à reprendre leur destin en main.


Haro sur les Bastilles de la pensée unique !, par Ivan Rioufol

La morgue des mandarins est devenue insupportable. En médecine, une secte apocalyptique annonce le pire depuis un an, en refusant d’entendre les avis contraires. Or ce monde clos et péremptoire se ridiculise à mesure que l’épidémie de Covid semble stagner. Le 24 janvier, le JDD titrait comme une alarme : “Reconfinement imminent“. Un mois plus tard, les fabriquants de peur qui annonçaient inévitable cette troisième mise sous cloche généralisée rasent les murs. Il est trop tôt pour tirer un bilan définitif de leurs erreurs, les “variants” du virus n’ayant pas dit leurs derniers mots. Mais ceux qui étaient traités de complotistes pour vouloir débattre des certitudes de la science sont en droit de demander des comptes. Car les dégâts psychologiques, sociaux et économiques causés par les sachants, dont l’AP-HP reste le vivier, s’annoncent considérables. Philippe Pétain aussi avait voulu “sauver des vies”, ce crédo d’Emmanuel Macron, en acceptant de rendre les armes et de collaborer avec l’ennemi. Une fois de plus, le prix à payer sera lourd. Jean-Luc Jeener accuse (1), pensant notamment au sort des abandonnés des Ehpad : “Parce qu’on voulait à tout prix combattre la mort, on a déclenché des morts encore plus terrifiantes. Parce qu’on est obsédé par le matériel, on a annihilé le spirituel (…) parce qu’on a voulu sauver les corps, on a blessé les âmes…C’est impardonnable“.

Mais l’heureuse contestation ne s’arrête pas aux mandarins de la médecine qui ont cru pouvoir faire la loi. Les Sciences sociales, cette autre forteresse de la pensée lisse, sont sommées à leur tour de s’ouvrir à l’autocritique. Cette fois, l’assaut a été mené, contre toute attente, par Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur. En accusant l’islamo-gauchisme de “gangrèner” l’université et en persistant à demander, ce lundi matin encore sur RTL, un “état des lieux” sur cette recherche universitaire obligée, Mme Vidal a récolté les mêmes violentes attaques que celles lancées par les Diafoirus à chapeaux pointus contre les dissidents de l’Ordre sanitaire.

La très médiocre accusation en complotisme demeure l’argument central d’une pétition de 800 enseignants publiée dans Le Monde de ce week-end. Les signataires réclament la démission du ministre, dont ils disent qu’elle “ânonne le répertoire de l’extrême droite sur un islamo-gauchisme imaginaire“. Ils dénoncent “une chasse aux sorcières” et une “répression intellectuelle”. En fait, les mêmes mécanismes de préservation du discours unique sont ici déployés. Ils reposent sur la victimisation et la diabolisation de l’empêcheur de tourner en rond. L’ampleur de l’indignation suffit pourtant à démonter que l’islamo-gauchisme (terme inventé en 2002 par l’historien Pierre-André Taguieff) est bien une réalité politique promue par la cooptation entre pairs. Ces citadelles idéologiques ont fait leur temps. Toutes les Bastilles doivent être mises à bas. “Ce n’est pas ma priorité”, a pourtant tempéré Mme Vidal ce matin…

(1) Pour en finir avec la liberté, Atlande

Ivan Rioufol

Texte daté du 22 février 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Génération Identitaire : la parole entravée, par Ivan Rioufol

En France, le terrorisme intellectuel se porte comme un charme. A gauche, voici un professeur de philosophie, Didier Lemaire, qui se fait traiter de “menteur” et d’ “irresponsable” par ceux – y compris le préfet des Yvelines – qui ne veulent pas entendre ses alertes sur l’islamisation de Trappes et son basculement civilisationnel. Sur CNews vendredi, le maire de la ville, Ali Rabeh, a désigné ma consoeur Elisabeth Lévy et votre serviteur comme les “fauteurs de trouble”. A droite, c’est le mouvement Génération Identitaire qui est, depuis vendredi soir, menacé de dissolution par le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. La faute de Génération Identitaire : dénoncer, par des actions ponctuelles et non violentes, la montée de l’islamisme en France ainsi que l’immigration de masse et incontrôlée.

Alors que le discours médiatique se félicite avec raison de la “libération de la parole” quand il s’agit d’entendre les victimes de pédophilie ou d’inceste, il persiste à cautionner l’omerta sur les bouleversements sociétaux et culturels que connaît la nation depuis près d’un demi-siècle. La Ligue de défense noire africaine, mouvement suprémaciste noir qui traite notamment Colbert de “fils de pute” et crache abondamment sur la France “raciste” et “colonialiste”, est laissée en paix par Darmanin, au même titre que les frères musulmans ou les salafistes…

La criminalisation de la pensée dissidente est un procédé qui ne devrait pas avoir sa place dans une démocratie avancée. Or, rares sont ceux qui protestent contre la chape de plomb qui interdit encore d’aborder sereinement les sujets liés à l’islam et à l’immigration. En voulant dissoudre Génération Identitaire, Darmanin veut faire taire des voix dissonantes en instruisant un procès en racisme. L’arme est d’autant plus malhonnête intellectuellement que le ministre de l’Intérieur n’ose désigner l’islam politique comme le véritable danger : il soutient que le séparatisme, qu’il dit vouloir combattre, est également le fait des “survivalistes”, des “suprémacistes blancs” et de “l’ultragauche”. Surtout, le censeur de Génération Identitaire participe à l’opacité sur l’immigration de masse.

Face à Marine Le Pen, jeudi soir sur France 2, Darmamin a soutenu que la part des étrangers en France était sable (6,8% en 1982, 7,4% actuellement), en omettant de rappeler les naturalisations massives d’immigrés qui parfois ne se reconnaissent pas comme Français. Il avait tenu ce même raisonnement biaisé en expliquant, le 1 er février dernier (France Inter) : “Notre ennemi ne relève pas de l’immigration car trois-quarts des attentats sur notre sol ont été commis par des Français”. Des Français, oui, mais issus très majoritairement d’une immigration qui ne s’intègre plus. Il est temps de faire place à une vérité que Darmanin cherche visiblement à manipuler.

Ivan Rioufol

Texte daté du 15 février 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Islamisation de le France – Comment faire taire un lanceur d’alerte, par Ivan Rioufol

ivan-rioufol

Il faut faire taire Didier Lemaire. Parce que le professeur de philosophie d’un lycée de Trappes (Yvelines) a dénoncé l’emprise de l’islamisme sur la ville, se met en place le processus habituel de la dénégation, à l’œuvre depuis des décennies. Le procédé consiste non seulement à nier les faits, mais à décrédibiliser le témoin jusqu’à tenter de le faire passer pour un malade. C’est ce à quoi s’emploie le nouveau maire de Trappes, Ali Rabeh, franco-marocain proche de l’ex-socialiste Benoit Hamon. Rabeh, qui menace de porter plainte contre l’enseignant, a qualifié les propos de Lemaire de “délirants” en laissant comprendre qu’ils émanaient d’un militant politique et d’un homme fragile : “Je m’inquiète de son équilibre. Il ne va pas bien visiblement“.

Le 2 octobre 2020, sur CNews, j’avais moi-même été la cible des insultes de ce maire. A ma question : “Avez-vous pris conscience de l’emprise de l’islam politique, de l’emprise même de la charia en certains lieux de votre territoire ?”, Rabet m’avait accusé de “brasser du vent“, d’être un “ignare“, de proférer des “insanités“. Il m’avait répliqué : “La charia ça n’existe pas à Trappes ! Ni partout en France !“. Les réseaux sociaux communautaristes avaient été enchantés de la véhémence de Rabeh contre Elisabeth Lévy et moi-même.

Que l’élu de Trappes nie l’existence de la charia en certains endroits de France et sur sa commune, pépinière de djihadistes, semble être moins grave que l’affirmation de Lemaire assurant qu’il n’y a plus de salons de coiffure mixtes à Trappes. Rabeh en ayant trouvé un, cette preuve aura suffi pour jeter la suspicion sur l’ensemble des faits rapportés par l’enseignant. Dans Le Monde de ce mercredi, le préfet des Yvelines, Jean-Jacques Brot, se dit lui-même “inquiet des outrances” du lanceur d’alerte accusé de “mettre de l’huile sur le feu”. Brot est un défenseur de la politique d’asile et de la société ouverte.

C’est lui qui a géré l’accueil des Syriens et des Irakiens en France, en 2015. L’empressement du préfet à venir en renfort du maire, en ajoutant sa pierre au lynchage du professeur, dit la lâcheté de la République face à l’islam politique. Le 26 octobre 1985, Le Figaro Magazine avait titré sa une, illustrée par une Marianne voilée : “Serons-nous encore Français dans trente ans?” A l’époque, le scandale avait été quasi-unanime. Pourtant, une contre société islamiste, anti-française, s’est bien installée depuis. Cela fait plus de trente ans que la France est conduite par des dirigeants aux yeux grands fermés. Il est urgent d’écouter Didier Lemaire.

Ivan Rioufol

Texte daté du 10 février 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Confinement : la fin de l’hystérie sanitaire ?

Le confinement ne sert à rien. A rien, sinon à déresponsabiliser les gens et à créer un système mentalement oppressif et économiquement destructeur.

Après un an d’hystérie sanitaire, la raison a tenté une percée vendredi soir, avec la décision d’Emmanuel Macron, annoncée par son premier ministre, de surseoir au troisième confinement jusqu’alors annoncé comme imminent. “J’ai confiance en nous“, a tweeté samedi le chef de l’Etat, en feignant d’oublier sa précédente politique d’infantilisation et de culpabilisation des Français. Dans la foulée, il a reconnu aux frontières une utilité protectrice qu’il contestait jusqu’alors, parce qu’il ne fallait pas donner raison à Marine Le Pen. Ces enfantillages disent le poids des idéologies dans la crise du Covid.

Ici comme ailleurs, les “élites” n’ont pas admis d’autres solutions que les leurs. Cela fait cinquante ans qu’elles répètent, après Margaret Thatcher : “There is no alternative !“. Or, il y a des alternatives à toute politique. Surtout quand le célèbre épidémiologiste de Stanford, John Ionannidis, assure lui-même, après avoir notamment étudié le cas français : le confinement ne sert à rien. Pire : selon lui, cette solution archaïque aggrave les risques en enfermant les gens entre eux !

Les catastrophistes et leurs médias ne se précipitent pas pour évoquer l’étude de Ionannidis, révélée en France par Les Echos. La propagande officielle et ses modélisations n’ont jamais été sérieusement contestées lorsqu’elles annonçaient 400.000 morts en France si rien n’était fait ! Ce lundi, Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, a assuré sur France Info que le couvre-feu “a un effet“. Vendredi, il déclarait à l’instar d’Olivier Véran, ministre de la Santé : “Le couvre-feu ne freine pas assez le virus“.

Ces contradictions témoignent d’un affolement au sommet de l’Etat. Le gouvernement est-il en train de prendre conscience de l’excessive influence politique d’une science apocalyptique et intolérante ? Dimanche, à Paris, la Coordination Santé Libre, qui revendique 30.000 médecins généralistes, a tenu sa deuxième conférence de presse (confidentielle) depuis sa création le 9 janvier. Les praticiens présents ont déploré l’absence de débats sur les réponses à apporter au Covid et la marginalisation des médecins de terrain. Ceux-ci plaident pour une prise en charge précoce des patients. Ils assurent que des traitements en phase virale peuvent éviter beaucoup de phases inflammatoires.

La députée Martine Wonner, partie prenante de cette résistance, a appelé à la censure du gouvernement, en application de l’article 49-2 de la Constitution. Sera-t-elle suivie ?

Ivan Rioufol

Texte daté du 1er février 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

L’Etat au défi de la désobéissance civile

manifs confinement

Une saine révolte pousse de plus en plus de Français à rejeter l’Ordre sanitaire et ses interdits avilissants. Les fanatiques de l’hygiénisme, qui ont nationalisé la Santé au nom d’un mimétisme mondialiste, apparaissent enfin, pour beaucoup, comme des idéologues exaltés n’ayant cure des règles démocratiques et des libertés individuelles. Si chacun a pu se satisfaire, dans un premier temps, de voir l’économie céder le pas au nom de la “protection des vivants” (Edouard Philippe), cette vision messianique est devenue un leurre et un danger. Aujourd’hui, ce sont d’autres vies qui sont mises en péril par des enfermements autoritaires qui frappent indistinctement.

La jeunesse, en particulier, n’a pas à être sacrifiée plus longtemps pour sauver les plus anciens. Rien n’est plus naturelle, en réalité, que cette épidémie de la vieillesse. Les adeptes de l’homme augmenté et du transhumanisme croyaient pouvoir vaincre la mort, en repoussant toujours d’avantage son échéance. Un microbe est venu rappeler ces docteurs Folamour à la modestie. Faut-il relire Molière (L’école des femmes)? “Le petit chat est mort” et, oui, nous sommes tous mortels.

L’instrumentalisant de la peur est un procédé indigne. La macronie en fait, depuis le début, un usage immodéré en désignant tout à la fois le réchauffement climatique, le populisme et le coronavirus comme autant de scénarios apocalyptiques. Une seule Vérité est assénée et médiatisée complaisamment. Les avis non conformes sont exclus. Les censures sont des recours. Or c’est bien à un réveil des consciences que l’on assiste face à la propagande sanitaire qui n’offre d’autres issues que le confinement ou le couvre-feu.

Le refus de la peur et le besoin de liberté sont des ressorts qui pourraient faire descendre dans les rues, si le pouvoir choisissait de poursuivre sa fuite en avant dans le risque zéro, la centralisation du pouvoir et la méfiance de l‘autre. Ce mercredi, un énième Conseil de défense devrait décider d’un troisième confinement.

L’incapacité des dirigeants à envisager des alternatives (soins par des généralistes, protection des plus vulnérables, décentralisation des politiques, etc.) justifierait, si elle devait se confirmer, des désobéissances civiles. Il est urgent de déconfiner les esprits et de redécouvrir la vraie vie.

Ivan Rioufol

Texte daté du 27 janvier 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Ce que le lynchage de Yuriy révèle de la France

yuriy

L’Etat aime à le répéter : une civilisation se reconnaît à la protection qu’elle porte à ses vieux. Ce prétexte sert d’argument massue au gouvernement. Ainsi prépare-t-il l’opinion à un troisième confinement, réclamé en urgence par un Conseil scientifique obstinément apocalyptique. Dans cette hystérie sanitaire, la France est devenue un immense village Potemkine, à la manière des façades en carton-pâte dressées sur le parcours de Catherine II de Russie pour masquer la déchéance. La fuite en avant dans l’endettement du pays (près d’un milliard d’euros par jour) n’est pas un sujet abordé, ni les détresses psychologiques et dépressives causées par l’enfermement, ni les multiples atteintes aux libertés.

Le “quoi qu’il en coûte” d’Emmanuel Macron est le trompe-l’œil destiné à occulter les misères. Mais l’artifice est fragile. L’ensauvagement d’une partie de la jeunesse reste le vrai symptôme d’une civilisation en détresse. Ce sujet n’est pas neuf. Toutefois rien n’est fait pour le faire émerger. Il aura fallu que les réseaux sociaux se mobilisent – Twitter en l’occurrence – pour que lynchage de Yuriy, 15 ans, sur la dalle de Baugrenelle (15e arrondissement de Paris) réveille les esprits.

Il n’y aura pas de “marche blanche” pour Yuriy, frappé à terre par dix voyous. Les coups reçus, le 15 janvier, cherchaient pourtant à le tuer. On ignore à ce jour l’étendue des séquelles. Mais ce n’est que vendredi que l’acharnement bestial a été diffusé sur Twitter, forçant les médias et les politiques à s’emparer du drame. Un conseiller du chef de l’Etat s’est depuis entretenu avec la mère, Nataliya. Le scandale est bien sûr dans ce déchaînement atroce.

Mais il est aussi dans l’accoutumance. Ceux qui se gargarisent de leur humanisme en réclamant la priorité aux plus anciens ne disent rien du sort des plus jeunes, livrés à eux-mêmes. A Nantes, quatre fusillades ont eu lieu récemment. Ce lundi, Le Figaro décrit l’acte d’un commando d’une dizaine d’hommes encagoulés qui ont fait irruption au CHU pour y délivrer un jeune dealer. Une pudeur médiatique tait le plus souvent l’origine des agresseurs.

Pendant ce temps, la plateforme Disney supprime du profil “Enfants” des classiques comme Peter Pan, les Aristochats ou la Belle et le clochard, jugés racistes ou stéréotypés. Derrière la propagande vertueuse, la France “Orange mécanique” (Laurent Obertone) prospère en paix.

Ivan Rioufol

Texte daté du 25 janvier 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Le souverainisme, bouée de la macronie perdue, par Ivan Rioufol

Le Covid aurait-il eu raison de la “société ouverte“, chère à la macronie ? Sa conversion apparente au souverainisme donne des gages au “parti des enracinés” dont je veux bien être un porte-parole. Le journaliste Yvan Audouard, disparu en 2004, parlait des “chiens de garde de la connerie” pour dénoncer les travers de son siècle. Leurs héritiers gardent toujours les entrées du Pouvoir. N’est-ce pas Olivier Véran, immuable ministre de la Santé, qui affirmait en février 2020 : “On ne fermera pas les frontières car ça n’aurait aucun sens” ? “Les frontières physiques n’ont pas de sens pour un virus“, avait rajouté Sibeth NDiaye, la porte-parole du gouvernement, recasée depuis chez Adecco France. Le 10 mars 2020, c’est Emmanuel Macron lui-même qui qualifiait de “mauvaise décision” le choix de l’Autriche de se fermer à l’Italie contaminée.

Il aura donc fallu près d’un an pour que l’Etat comprenne l’utilité des frontières comme protections naturelles, singulièrement en cas d’épidémie.
En effet, après l’annonce du premier ministre Jean Castex, jeudi dernier, de faire tester et de mettre sous surveillance les voyageurs venant de l’extérieur de l’Union européenne, la mesure pourrait être étendue au cœur de l’espace Schengen. “Nous envisageons de renforcer au sein de l’espace européen les mesures de contrôle“, a admis dimanche le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes.

Ce réveil tardif s’accompagne, chez Bruno Le Maire, d’un débordement d’affections soudaines pour le patriotisme économique. Au risque, comme souvent chez les nouveaux convertis, d’en faire trop dans leurs nouvelles convictions. C’est ainsi que le ministre de l’Economie, jadis défenseur du libéralisme, vient de s’opposer au “rapprochement amical” entre le Français Carrefour et le Québécois Couche-Tard, dans le domaine de la distribution alimentaire.

C’est au nom de la “sécurité alimentaire” que Le Maire a entravé cette alliance décidée par deux entrepreneurs privés, pourtant plus au fait de leurs intérêts commerciaux que l’Etat, si piètre gestionnaire. On passera sur cette paranoïa qui gagne le gouvernement, quand il croit déceler dans un pacte amical une tentative d’agression. Mais le message, ici envoyé, d’un Etat tentaculaire et intrusif n’est pas à la hauteur des enjeux. Le besoin d’enracinement, révélé par la crise sanitaire, peut faire bon ménage avec un libéralisme ordonné, libre et non faussé. En revanche, il ne s’accorde pas avec le laxisme d’Etat quand il renonce à maitriser l’immigration de masse et les sources intérieures de l’insécurité au quotidien. C’est cette “société ouverte” là qui doit fermer ses portes.

Ivan Rioufol

Texte daté du 11 janvier 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

La jeunesse n’a pas à payer pour le Covid

covid-19

Les médecins doivent cesser de faire de la politique ; les politiques doivent s’extraire de la “biopolitique”, qui fait de la Santé et de l’amélioration génétique l’essentiel de leurs préoccupations. La nouvelle pensée unique ne jure que par le confinement et le couvre feu contre le Covid. Cet automatisme est en train de créer des tragédies supplémentaires. La jeunesse oubliée en est la cible. Hier soir, à Lyon, une étudiante suicidaire a été sauvée in extrémis par ses camarades. Samedi, un étudiant en droit de l’université Jean Moulin Lyon 3 s’est défenestré. Il est grièvement blessé.

Ce mercredi, sur RTL, le président de cette université, Eric Carpano, a déclaré : “L’heure est grave (…) La jeunesse ne doit pas être l’angle mort de nos politiques publiques“. En l’occurrence, c’est elle qui est sommée de se sacrifier pour sauver ses aînés. Or, ceux qui vantent la solidarité entre les générations le font à sens unique, sans un regard pour les plus jeunes. Dans Le Monde de mardi, sept médecins de l’association PandemiA ont défendu la perspective d’un troisième “confinement strict et précoce“, tout en admettant que le procédé était “de plus en plus mal vécu par la population“. Il serait temps que la politique reprenne le pouvoir, en cessant de considérer, comme dans le Knock de Jules Romains, que “tout homme bien portant est un malade qui s’ignore”.

La logique du tout sanitaire obscurcit la raison et ramollit l’esprit. “Il faut protéger les vivants“, avait lancé Edouard Philippe en mai 2020, dans un dessein un brin mégalo. Protéger les vivants pour en faire des ombres craintives, à quoi bon ? Emmanuel Macron avait déclaré à son tour : “Il n’y a rien au-dessus de la vie“. Mais pourquoi évacuer si vite la dimension spirituelle de l’existence ? Vivre pour vivre n’a aucun de sens, sinon pour un être animalisé, vidé d’idéal.

Quand le ministre de la Santé, Olivier Véran, renchérit à son tour : “La priorité est pour la santé“, il confirme l’absence d’imagination d’une politique incapable de s’affirmer autrement qu’en entretenant artificiellement la peur de la maladie. L’urgence est donc d’en finir avec cette obsession hygiéniste qui, au prétexte de “sauver des vies“, va en mettre bien d’autres en péril. On sait que ce virus n’est guère mortel : il ne tue que 0,1% de la population. De surcroit, les morts du Covid sont en majorité des personnes très âgées ou très vulnérables. La logique voudrait donc que ce soit vers elles, et seulement elles, qu’aillent les attentions, les précautions, les soins, les vaccins. La jeunesse, privée de tout, n’a pas à être punie : elle n’est coupable de rien. Faudrait-t-il qu’elle se révolte pour se faire entendre ?

Ivan Rioufol

Texte daté du 13 janvier 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

La censure des Gafa, danger pour la démocratie, par Ivan Rioufol

Le coup d’Etat est celui de la Silicon Valley. Ses ardents défenseurs de la mondialisation viennent de révéler leur mépris des oppositions : seules priment leurs convictions. Si la démocratie est ébranlée, c’est à cause des Gafa : Google, Apple, Facebook, Amazon ont interdit l’expression de Donald Trump sur leurs réseaux sociaux. L’assaut du Capitole (Washington) le 6 janvier par des extrémismes convaincus de s’être fait voler leurs votes pro-Trump restera bien sûr comme un épisode lamentable, ayant causé la mort de cinq personnes. Mais voir en cette révolte l’équivalent de la prise du Palais d’Hiver de 1917 contre les Romanov ou de la Nuit de Cristal menée par les nazis en 1938 revient à alimenter l’hystérie anti-Trump : elle n’aura jamais cessé depuis son élection il y a quatre ans.

Les Démocrates en sont à espérer sa destitution avant la passation des pouvoirs le 20 janvier. Certains fanatiques anti-Trump brandissent la menace d’une guerre nucléaire déclenchée par dépit par le président sortant. Pourtant, Karl Marx avait prévenu : “L’histoire se répète toujours deux fois : la première fois comme une tragédie, la deuxième fois comme une farce”. La prise du Capitole par des clowns et des allumés restera une farce. Elle n’aura duré qu’une poignée d’heures. Plus grave en revanche est la prétention des nouveaux maîtres du monde d’y faire régner leur ordre.

Hier, le JDD d’Arnaud Lagardère, dont le groupe média vient d’obtenir d’Emmanuel Macron un prêt garanti par l’Etat de 465 millions d’euros, a justifié sur deux pages la décision de Twitter de fermer le compte personnel de Trump (88,7 millions d’abonnés) en rappelant les contenus les plus outranciers de 25 messages. Ce lundi, la presse française ne s’attarde pas sur cette censure invraisemblable, qui rejoint celles décidées par Facebook et Instagram.

Le site alternatif Parler vient également d’être exclu par Google, Apple et Amazon. La réserve est venue ce lundi, sur France Inter, de Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, qui s’est heureusement dit “choqué” de ces initiatives. “La régulation des géants du numérique ne peut pas et ne doit pas se faire par l’oligarchie numérique elle-même“. Reste que c’est le gouvernement auquel il appartient qui s’entête à vouloir traquer la “haine” en ligne, sans se préoccuper des atteintes aux libertés d’expression qu’induisent ces conceptions moralisatrice du débat. La prise du Capitole est le symptôme d’une crise de la démocratie. Elle oppose les mondialistes aux patriotes, les déracinés aux enracinés. Cette crise est partout palpable, notamment en France. Or, en interdisant la parole “populiste”, les opérateurs privés se comportent comme des autocrates. Ils sont un danger pour la démocratie.

Ivan Rioufol

Texte daté du 11 janvier 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol