Le naufrage du Bac pour tous, par Ivan Rioufol

La démagogie a eu raison du bac. Les premiers résultats de mardi (95,2% de reçus) s’annoncent supérieurs à ceux de 2020 (95,7% de reçus, après les épreuves de rattrapage). Autant dire que l’ « épreuve » n’en est définitivement plus une. L’examen est devenu un leurre dont les élèves sont les victimes. Le Covid a servi d’accélérateur dans la révélation de l’imposture : cette grande braderie du baccalauréat, créé en 1808 par Napoléon et euthanasié par Jean-Michel Blanquer, a été rendue possible par la généralisation en 2020 (à 80%) du contrôle continu et par la valorisation des épreuves orales. Le ministre de l’Education n’est évidemment pas le coupable principal de cette débâcle.

Elle a ses racines dans l’idéologie égalitariste et ses refus de l’élitisme, du mérite, de la sélection. Autant dire que le ver est dans le fruit depuis 1945 et la mainmise de la fonction publique par le PCF de l’époque. Le syndicalisme de l’Education nationale, acquis depuis toujours aux idées de la gauche radicale, a beaucoup fait pour obtenir l’effondrement de la transmission de la « culture bourgeoise ». Dans La connaissance inutile (1988), Jean-François Revel avait déjà dénoncé la politisation des manuels scolaires, y voyant « la confirmation du processus de stalinisation de l’enseignement français après la guerre ». Mais qui osera demander des comptes aux fossoyeurs de l’école française ?

Il faut dire que la droite et la gauche ont participé ensemble au naufrage du bac et plus généralement du système éducatif. Dès 1967, Alain Peyrefitte, ministre de Charles de Gaulle, avait proposé notamment la suppression du cours magistral, des leçons apprises par coeur ou des devoirs à la maison. En 1975, la réforme Haby sur le collège unique allait accentuer l’uniformisation des parcours et la bienveillance dans les notations.

Depuis, la massification n’a fait qu’inciter l’appareil éducatif, sous perfusion militante, à l’abaissement des exigences. Un saccage aggravé, depuis, par la discrimination positive imposée au profit des jeunes issus de la nouvelle immigration extra-européenne. Dans Le Figaro de ce mardi, un enseignant dénonce le « secret de Polichinelle » qui consiste à gonfler les notes.

Il explique : « Le problème est là : un niveau de plus en plus faible mais une nécessité de faire croire que les enfants sont aussi géniaux d’année en année ». Non seulement le niveau des élèves ne cesse de baisser, mais celui des professeurs aussi. Le rapport du sénateur Gérard Longuet s’inquiète ainsi de la chute de niveau des enseignants en mathématiques.

En 2020, la moyenne des admis au concours externe du Capes était de 8 sur 20 (L’Opinion, mardi).

Rien de vaut une école qui désapprend pour rendre les jeunes esprits malléables. Les déconstructeurs ont gagné. Qui s’en indigne ?

Ivan Rioufol

Texte daté du 7 juillet 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Pour un vaccin contre l’hystérie hygiéniste, par Ivan Rioufol

L’hystérie hygiéniste gagne les esprits, jusqu’au sommet de l’Etat. « Notre croissance dépendra de la vaccination », estime Bruno Le Maire, samedi dans Le Parisien. Pour le ministre de l’Economie, seule la vaccination « nous permettra de retrouver le plus rapidement une vie normale, de la croissance, des emplois et de l’activité ». Dimanche, sur RTL, François Bayrou se prononce en faveur d’une vaccination obligatoire. « Depuis le premier jour de l’épidémie (…) j’ai pensé que la seule issue était la vaccination (…) J’ai toujours pensé que ça finirait par la décision collective de rendre la vaccination obligatoire ».

Le Haut-commissaire au plan craint qu’un nouveau variant finisse par être « particulièrement nocif pour les enfants en bas âge ». Dans le JDD, Laurent Berger (CFDT) et Geoffroy Roux de Bézieux (Medef) expliquent : « Nous appelons solennellement les salariés à se faire vacciner ». Dans ce même journal, Alain Fischer, responsable de la stratégie vaccinale, affirme: « Ceux qui attendent commettent une erreur », tandis que 96 médecins exigent la vaccination obligatoire pour les soignants. Pour sa part, le directeur de l’Agence régionale de santé de Nouvelle Aquitaine, Benoît Elleboode, prévient : « Personne n’y échappera. Toute personne non vaccinée sera contaminée ».

Une fois de plus, le pouvoir est le premier à alimenter la panique sanitaire. Il a réduit sa politique à sa capacité de convaincre les récalcitrants. Or cette stratégie devient un prétexte à ne rien voir hormis le Covid. Quand Le Maire fait dépendre la reprise de l’économie du vaccin, il se décharge commodément de ses responsabilités. Cela fait un an et demi que le pays s’est immobilisé, tétanisé par des discours apocalyptiques qui se sont révélés faux. La raison a été évacuée au profit de la croyance.

Celui qui argumente sur le manque de recul sur les vaccins ARN, et qui observe les réserves de médecins ou de scientifiques, est désigné par les fanatiques de la vaccination comme un danger en puissance. Le « virus chinois » a exporté avec lui un arsenal répressif qui autorise à dénoncer le sous-citoyen, sinon à le sanctionner. Plutôt que de vouloir forcer le personnel hospitalier à se faire vacciner, les pouvoirs publics feraient mieux de s’interroger sur ces refus venant de professionnels qui côtoient les malades.

Il est permis également de s’étonner que les deux pays (la Grande-Bretagne et Israël) qui connaissent la plus forte recrudescence des contaminations sont ceux qui ont le plus vacciné.
N’en déplaise à Bayrou, la question se pose aussi de savoir si les variants ne seraient pas liés aux vaccins eux-mêmes. A quand un vaccin contre la peur moutonnière ?

Ivan Rioufol

Texte daté du 5 juillet 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Comment la macronie hystérise la politique

Macron

La macronie hystérise la politique. Son discours sur la « bienveillance » est factice. C’est Gérald Darmanin qui a déclaré, à Dijon jeudi dernier : « On voit bien la marque satanique que représenterait une victoire du RN ». Quelques jours plus tôt, le chef de l’Etat avait pourtant dit : « J’appelle tout le monde au respect et au calme ». Ce week-end, à Péronne (Hauts-de-France), les réseaux sociaux ont montré un Eric Dupond-Moretti vociférant et débraillé s’en prendre, sur une terrasse de bistrot, à un élu du RN, Damien Rieu, après avoir été alpagué par François Ruffin (LFI). Déjà, le 21 juin 2018 à Quimper, Emmanuel Macron avait désigné les adversaires de l’Europe souveraine comme « une lèpre qui monte ».

Lors de ses vœux du 31 décembre de la même année, parlant des Gilets jaunes, le président avait dénoncé les « porte-voix d’une foule haineuse » accusée de s’en prendre « aux élus, aux forces de l’ordre, aux journalistes, aux juifs, aux homosexuels, aux étrangers » dans un amalgame s’apparentant à une « fake news ». Derrière le faux-nez de l’ « apaisement » se laisse voir une caste hautaine et désormais ouvertement agressive, qui n’argumente que par l’insulte et la diabolisation. Loin de donner l’exemple de la maîtrise de soi et de la cohésion nationale, la macronie attise les divisions en lâchant, dans une société inflammable, des incendiaires comme Darmanin et Dupond-Moretti.

En réalité, les mots officiels ne veulent plus rien dire sinon, de manière orwellienne, l’inverse de leur sens. La « bienveillance » LREM est un permis de cracher sur l’opposant. Pareillement, la « liberté » se rapproche de la censure quand elle est revendiquée par l’extrême gauche. Samedi, la « marche des libertés, contre les idées d’extrême droite », qui a rassemblé poussivement 120 organisations, a montré son intolérance pour le débat démocratique. Manifester contre des idées qui déplaisent est une réponse qui caractérise la dérive fascistoïde de cette gauche asséchée, qui n’existe plus que dans l’affrontement et la violence. Il est à remarquer que les « antifas », ces nouveaux fachos, n’ont pas jugé utile de perturber la procession. Il ne faut évidemment pas compter sur ces donneurs de leçons de démocratie pour s’émouvoir, par exemple, du sort de Mila, 18 ans, poursuivie par les islamistes pour avoir critiqué Mahomet. Dimanche, sur TF1, la jeune fille a confié son calvaire, qui laisse de marbre les féministes : « Même si je suis dehors, je suis en prison (…) Je vais forcément ne pas rester en vie ». Cette extrême gauche, qui dit s’inquiéter des idées d’extrême droite (sans définir ce que l’expression recouvre) avait manifesté, en novembre 2019 à Paris, avec les islamistes et leurs idées totalitaires, sexistes et judéophobes. Lors de la manifestation de samedi, Jean-Luc Mélenchon a été enfariné par un homme se présentant de gauche, mais de droite selon les médias. Le délitement ne fait que commencer.

Ivan Rioufol

Texte daté du 14 juin 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Mélenchon, ou le complotisme décomplexé, par Ivan Rioufol

Le complotisme existe : il est à l’extrême gauche. Dimanche, sur France Inter, Jean-Luc Mélenchon a déclaré : « Vous verrez que lors de la dernière semaine de la campagne présidentielle, nous aurons un grave incident ou un meurtre. Cela a été Merah en 2012 ; cela a été l’attentat de dernière semaine sur les Champs Elysées. Avant, on avait eu papy Voise dont personne n’a jamais entendu parler après. Tout ça, c’est écrit d’avance. Nous aurons le petit personnage sorti du chapeau. Nous aurons l’événement gravissime qui va une fois de plus permettre de montrer du doigt les musulmans et d’inventer une guerre civile. Voilà, c’est bateau tout ça ! ».

Mohamed Merah est ce terroriste islamiste qui, en mars 2012, avait tué sept personnes dont des militaires et trois enfants juifs assassinés dans l’école Ozar Hatorah à Toulouse. Aucun des journalistes présents lors de cette sortie du leader de la France insoumise n’a jugé bon de le questionner sur son déni du djihad, mené par Merah au nom d’Al-Qaïda, ni sur la dimension antisémite de l’attentat. Ce refus de l’extrême gauche de reconnaître la responsabilité des fanatiques de l’islam dans les crimes qu’ils commettent au nom d’Allah est une forme de complicité. En choisissant de victimiser les musulmans plutôt de dénoncer des meurtres commis en leur nom, Mélenchon dévoile sa soumission à une idéologie conquérante, violente, totalitaire. II est le traître, évoqué dans mon dernier essai (Les Traîtres).

Ce complotisme chimiquement pur sera-t-il décortiqué par les médias moutonniers ? Peu probable : ils ne voient de manigances et de conspirations que chez ceux qui refusent les discours obligés du Système. Pour la meute à carte de presse (à carte de paresse, devrais-je écrire), le bon complotiste ne peut être que de droite ou d’extrême droite. L’Express de cette semaine consacre sa une à Philippe de Villiers, qualifié de « Meilleur complotiste de France ».

L’Express reproche notamment à l’essayiste à succès, créateur du Puy du Fou, de prévenir du risque d’un monde numérisé et totalitaire, tel qu’il en voit l’élaboration dans le livre de Klaus Schwab : « Covid-19 : La Grande réinitialisation ». Mais c’est bien le fondateur du sommet mondialiste de Davos qui écrit (page 278) : « Nous devons sans tarder mettre en route la Grande réinitialisation (…) La pandémie nous donne cette chance : elle représente une fenêtre d’opportunité rare mais étroite pour réfléchir, réimaginer et réinitialiser notre monde ».

En réalité, les accusations en complotisme sont généralement faites pour étouffer des opinions divergentes et imposer les oeillières. Les prétendus lanceurs d’alerte ne voient rien de l’inquiétante dérive de la gauche radicale, toute entière mobilisée dans un rapprochement avec l’islam, quitte à s’aveugler de ses folies guerrières. Mélenchon s’est déshonoré, mais les médias aussi.

Ivan Rioufol

Texte daté du 7 juin 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Immigration : les faits démentent le baratin, par Ivan Rioufol

L’immigration est « une chance pour notre pays », assure encore Emanuel Macron dans la revue Zadig. Cette confortable conviction lui avait fait applaudir, en 2015, la décision d’Angela Merkel d’accueillir plus d’un million de réfugiés syriens sur son sol. Depuis, la honte de l’antisémitisme nazi a laissé place à un antisémitisme islamiste tout aussi répugnant.

Vendredi, dans les rues d’Hambourg (Allemagne), des groupuscules islamistes liés au mouvement Muslim Interaktiv ont participé à une démonstration de force calquée sur les parades nazislamistes du Hamas à Gaza, aux cris de : « Israël assassin d’enfants ! ». Le même jour, en France, Ndiaye Dieye s’attaquait au couteau à une policière dans le commissariat de la Chapelle-sur-Erdre (Loire-Atlantique) avant d’être abattu par la police. Les premiers mots de Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, ont été pour dire que le forcené, était « un Français né en France ». Dieye était né en effet dans cette même commune en 1981. Il était fiché comme islamiste radical depuis 2016. Condamné une vingtaine de fois depuis 1998, il était sorti de prison en mars. « L’auteur des faits avait purgé sa peine », s’est également empressé de commenter le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti. « Il n’y a pas eu d’aménagements. Il avait un suivi socio-judiciaire qu’il a respecté complétement ». Bref, rien de particulier à signaler…

L’obsession du gouvernement est de nier tout lien entre immigration et délinquance, immigration et nouvel antisémitisme, immigration et violences faites aux femmes, immigration et terrorisme, etc. C’est notamment le crédo de Darmanin (« Je suis à 100.000 lieux de faire le lien entre insécurité et immigration »). Mais les faits démentent le baratin. Les chiffres officiels révèlent que 24% des détenus sont des étrangers, majoritairement africains ou maghrébins. S’il n’est pas possible d’avoir des statistiques ethniques concernant les détenus issus de l’immigration, les témoins du monde pénitentiaire s’accordent à reconnaître que les détenus originaires du continent africain « sont massivement surreprésentés particulièrement dans les maisons d’arrêt » (Laurent Lemasson).

Selon le parquet de Paris, 75% des mineurs déférés sont des illégaux. Bref, il faut être intellectuellement malhonnête pour assurer que l’immigration n’a aucune responsabilité dans la nouvelle insécurité. Il faut être déconnecté des réalités comme l’est Emmanuel Macron pour flatter, dans le JDD, « une immigration légale dont nous avons besoin pour notre économie ». L’islamiste de la Chapelle-sur-Erdre était aussi « schizophrène sévère ». Selon le pédopsychiatre Maurice Berger, cette maladie se remarque de plus en plus après des unions consanguines des clans importés. Une chance, l’immigration ? Un peu de sérieux !

Ivan Rioufol

Texte daté du 31 mai 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

L’infantilisation de la politique, officialisée par Emmanuel Macron, par Ivan Rioufol

Le pays s’effondre ? Amusons-nous ! Allons faire une galipette dans les jardins de l’Elysée en compagnie du chef de l’Etat ; écoutons-le s’exclamer, apparemment surpris : « Putain, ils sont là ! », en découvrant au détour d’un bosquet le groupe « heavy metal » nantais, Ultra Vomit. Ces scènes font partie du « coup de com’ » d’Emmanuel Macron, diffusé dimanche sur YouTube avec la complicité des « influenceurs » humoristiques McFly et Carlito, qui comptent plus de 6 millions d’abonnés. La vidéo, tournée au cœur de la présidence et construite sur un « concours d’anecdotes », a été vue par plus de 7 millions de personnes en 24 heures. Dans son dernier essai, l’ancien maire socialiste de Sarcelles, François Pupponi, écrit (1) : « La France est au bord du chaos. Elle est en miettes. Fracassée. Eparpillée. « Façon puzzle », dirait-on avec Michel Audiard, s’il y avait encore une infime possibilité d’en rire. Ce n’est plus le cas ». Mais si, rions ! A L’Elysée, rien n’est grave. En tout cas, tout est permis pour tenter d’attirer l’électorat incertain des 18-24 ans, tandis que celui des 25-34 ans glisse pour partie vers le RN. Jamais l’infantilisation de la politique macronienne n’avait été si loin dans sa caricature. Jamais la propagande n’avait été autant assumée. Relire l’Ecclésiaste : « Malheur au pays dont le roi est un enfant ».

Tout à son obsession de « transformer » le pays en le déconstruisant, le président s’en prend à sa propre fonction, qu’il avait dit vouloir rehausser après l’épisode François Hollande. Le marketing en politique n’est assurément pas une nouveauté, et moins encore la politique-spectacle. Mais un stade supplémentaire a été franchi, hier, dans le degré zéro de la réflexion. Car c’est un vide qui est proposé à l’électorat le plus jeune, représenté par ce duo en baskets, portant T-shirts et bonnet sur la tête pour l’un. Le footballeur Kilian MBappé a également été enrôlé un instant par le chef de l’Etat dans cette opération de dépolitisation.

La flatterie révèle d’ailleurs le mépris dans lequel est tenue cette jeunesse manipulable par la culture manga et la rigolade. Dans cet épisode burlesque, le divertissement est l’unique message. « Il n’y a pas de hiérarchie », dit l’un des youtubeurs à l’adresse du président, qualifié de « directeur de la Gaule ». L’un d’eux lui confie sa consommation de cannabis : « J’avais un oinj au bec, de la pure weed ». En gage, Macron a promis de mettre la photo des deux compères en vue, lors de l’un de ses prochains grands discours; pourquoi pas celui du 14 juillet. Pour sa part, le rappeur Youssoupha, qui appelle au meurtre d’Eric Zemmour et au viol de Marine Le Pen, a été choisi par la Fédération française de football pour représenter l’hymne national des Bleus. L’Elysée, en campagne présidentielle, a donné son feu vert à l’indécence et au racolage.

(1) Lettre à mes compatriotes musulmans, Editions du Cerf

Ivan Rioufol

Texte daté du 24 mai 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Ce que la colère policière dit aux faux-culs

manifestation policiers

La colère policière est la colère française. Elle dépasse la profession et ses syndicats. La démonstration de cette solidarité sera vraisemblablement apportée ce mercredi à partir de 13 heures, avec le « rassemblement citoyen » auquel appellent les forces de l’ordre, devant l’Assemblée nationale. J’y serai. Cette initiative a été prise après l’égorgement par un Tunisien, le 24 avril, de Stéphanie Monfermé, au cœur du commissariat de Rambouillet, puis le meurtre, par un « jeune », d’Eric Masson, le 5 mai, au cours d’un contrôle d’identité à Avignon. Mais cette colère française désigne, en creux, des coupables.

Ils ne siègent pas seulement au Palais Bourbon, là où se font les lois. Les responsables de la haine anti-flics et des guérillas urbaines incessantes sont tous ceux qui, depuis des décennies, ont laissé le pays s’affaiblir et rendre les armes face à une contre-société conquérante. Ce mercredi, les policiers demanderont davantage de sévérité contre leurs agresseurs. Ils dénonceront probablement le laxisme judiciaire et le peu d’attention portée aux victimes. Cette retenue formelle permettra à l’ensemble des partis politiques (hormis La France Insoumise) d’être présents, ainsi que le ministre de l’Intérieur lui-même, Gérald Darmanin. Mais ce bal des faux-culs ne peut faire illusion : les pyromanes sont dans ce monde politique qui maltraite la France.

En appelant les citoyens en renfort, les policiers excédés participent au réveil des consciences. Leur action s’inscrit dans la logique des derniers lanceurs d’alerte. Les militaires ont été les premiers à dénoncer le « délitement » de la nation. Le 11 mai, ce sont 93 policiers en retraite qui ont pris la relève en invitant les élus à « tout mettre en œuvre pour mettre fin à la situation gravissime que traverse la France en matière de sécurité et de tranquillité publique ». Ces anciens flics réclament à leur tour « des mesures efficaces pour reconquérir notre propre pays et rétablir l’autorité de l’Etat partout où elle est défaillante ».

Les syndicats de policiers ne disent pas autre chose. Aussi est-il indécent d’observer, par sa présence annoncée, la tentative de récupération de Darmanin. Hier, le ministre de l’Intérieur traitait de « lâches » les militaires d’active venus anonymement en soutien de leurs aînés. C’est lui qui refuse également de faire le lien entre l’immigration et l’insécurité, sans vouloir admettre que la police est vue comme une présence étrangère dans certaines cités majoritairement musulmane.

L’aveuglement dogmatique de Darmanin est plus généralement celui d’une caste qui joue aujourd’hui au pompier, tout en ayant laissé s’installer une société conflictuelle et incendiaire.

Ivan Rioufol

Texte daté du 20 mai 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Immigration : le pouvoir en veut encore !

immigration clandestins

« L’immigration est une chance pour la France ». On connaît la chanson. Les mouvements « antiracistes », fascinés par leur propre vertu, en imposèrent les paroles sirupeuses. Jacques Chirac fut un interprète docile du refrain, après François Mitterrand (« Les étrangers sont chez eux, chez nous »). Emmanuel Macron a rejoint la chorale en avalisant le pacte de Marrakech en 2018 : un texte tout entier consacré à la sublimation des « réfugiés et des migrants ». Les fauteurs de trouble sont donc connus : ils sont à rechercher dans cette classe politique immature qui n’a jamais voulu réfléchir aux conséquences conflictuelles d’un afflux massif de populations venues d’une autre civilisation, d’une autre culture, d’une autre religion.

Car il faut vivre sur une autre planète pour répéter encore que l’étranger est une aubaine pour le pays. Tous les sondages s’accordent à reconnaître que les Français ont mesuré les limites de la litanie. Les faits rappellent, tous les jours, le choc qui oppose désormais la contre-société extra-européenne à la communauté nationale. Il est vain de désigner l’immigré comme étant la source des déséquilibres et des désordres que connaît la nation submergée. Les vrais coupables sont au pouvoir. Et ils n’ont toujours rien compris…

Pitoyables sont les « antiracistes » professionnels qui s’émeuvent d’avoir entendu des propos anti-juifs, samedi, lors des manifestations pro-palestiniennes organisées en France et en Europe. S’il faut une preuve des tensions liées à la « société ouverte », la décision du gouvernement d’interdire le rassemblement parisien suffit à la démonstration. Le nouvel antisémitisme est ravageur. Il s’exprime notamment en Allemagne, qui avait cru racheter son passé nazi en s’ouvrant au monde musulman. Cette réalité explosive n’a pas empêché Jean-Luc Mélenchon, ce week-end, de se lancer dans une ode à la « créolisation » de la France. Il s’est félicité que, d’ici 2050, « 50% de la population française sera métissée ».

Or cette paresse intellectuelle, qui refuse de prendre en compte l’offensive islamiste en France, est aussi celle de François Bayrou. Dimanche, le haut commissaire au plan a fait publier, dans le JDD, une de ses notes sur la crise démographique, qui risque de mettre en péril le système de retraites par répartition. Plutôt que de réfléchir à un autre système par capitalisation, Bayrou ne voit que deux solutions : « Avoir plus d’enfants et accueillir des personnes d’autres pays ». « La France devra jouer des deux leviers dans des proportions raisonnables qui garantissent le maintien de la cohésion nationale ».

Mais, bon sang ! C’est l’immigration qui met à mal, aujourd’hui, la cohésion nationale ! Ce monde politique, aveuglé, est dangereux.

Ivan Rioufol

Texte daté du 17 mai 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Pourquoi la France est un volcan, par Ivan Rioufol

La France est un volcan prêt à se réveiller. La colère n’est pas seulement chez les policiers et les militaires, qui ne prennent plus de gants pour l’exprimer. La colère est au cœur de ceux qui constatent les démissions quotidiennes de l’Etat bavard, confronté à la montée des violences et des insécurités. Certes, samedi, Emmanuel Macron a admis : « C’est une réalité de dire qu’il y a de la violence dans notre société et qu’elle enfle (…) Il nous faut continuer d’avancer pour que la réponse pénale soit au rendez-vous de la réalité de la société et de son évolution ». Mais que valent ces mots quand le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, choisit dès ce week-end de quitter son poste pour aller mener campagne contre Marine Le Pen dans les Haut-de-France, pour les régionales ? Il suffit, pour illustrer le décalage entre les « élites » et la vie des gens, d’observer ce ministre de la Justice, empli de suffisance et de mots gras.

Il semble n’avoir rien entendu du message des foules venues l’autre jour, place du Trocadéro à Paris et ailleurs en France, pour réclamer « justice » dans l’assassinat Sarah Halimi. Il semble ne rien mesurer non plus des désordres publics causés par le laxisme de l’institution. Dupond-Moretti ne trouve, en effet, rien de plus urgent que de se montrer devant des caméras pour insulter « Marine Le Peste », dénoncer la « haine que propage le RN » et qualifier lui-même sa présidente d’ « ennemie que j’exècre ! ». Cette violence verbale laisse voir une pensée frustre.

Cette classe politique, qui se caricature dans l’arrogance et le nombrilisme, n’est pas à la hauteur de la situation que connaît le pays. La décence devrait amener les responsables à s’interroger sur les faillites d’un système qui produit tant de désastres. Les socialistes ont, de ce point de vue, le bon goût de faire profil bas, ce lundi, à l’occasion de l’anniversaire de la victoire de François Mitterrand, le 10 mai 1981. Ils sont pour beaucoup – mais la droite n’a pas été en reste – dans l’affaiblissement de la nation. Et cette situation est parfaitement décrite par la deuxième lettre ouverte aux dirigeants, publiée hier soir sur le site de Valeurs Actuelles, signée cette fois par des militaires d’active. Dès ce lundi j’ai apporté, avec des milliers d’autres, mon soutien à ce texte qui refuse de se plier aux intimidations. La force du document, qui met en garde conte un « effondrement » et une « guerre civile », tient à son réalisme factuel.

Cette alerte militaire s’ajoute aux exaspérations des policiers qui prennent l’opinion à témoin. Outre une forte mobilisation populaire, dimanche à Avignon après le meurtre d’Eric Masson par un trafiquant de drogue, la « marche citoyenne » du mercredi 19 mai s’annonce importante. Les policiers et les militaires, conspués et ridiculisés par les ennemis intérieurs et leurs collaborateurs, sauront-ils réveiller les consciences ? Il est temps, pour les indignés, de se faire entendre.

Ivan Rioufol

Texte daté du 10 mai 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Entre tambouilles et violences, l’agonie du vieux monde

Les appareils, politiques ou syndicaux, ne représentent plus qu’eux-mêmes. Ils sont appelés à se heurter à une société civile qui a pris le large en s’émancipant des mots d’ordre décidés par des castes. C’est un ancien monde, déphasé, qui agonise sous nos yeux. Dimanche, en région Paca, des politicards ont perpétué d’antiques tambouilles en vue des élections régionales tandis qu’à Paris la CGT a été agressée par des manifestants du 1er mai. « Nous assistons à la naissance de l’ère des soulèvements populaires », va jusqu’à soutenir le sociologue Michel Maffesoli dans son dernier essai (1). Pour lui, « le peuple ne supporte plus le mensonge propre au discours officiel ». Une chose est sûre : les « élites » vont avoir du mal à se faire entendre de cette partie de la population, la plus vulnérable, qui subit quotidiennement les désastres de décennies d’idéologies hors-sol.

Si l’épisode des Gilets jaunes a peu de chance de renaître dans sa première spontanéité, d’autres mouvements d’humeur sont à prévoir. D’autant que les dirigeants ne semblent pas disposés à revoir leurs habitudes et à se mettre à l’écoute d’une société inquiète. Il suffit, pour s’en convaincre, d’observer la violence verbale avec laquelle la macronie a accueilli l’alerte existentielle lancée par des militaires en retraite sur la vulnérabilité de la France. La vérité ferait-elle peur à ceux qui veulent la taire ?

L’accord passé en catimini, pour la région Paca, entre La République en marche et le républicain Renaud Muselier est une illustration de l’appauvrissement des partis, obsédés par leur survie. Eric Ciotti (LR) a eu beau jeu de rappeler, ce lundi sur Europe 1, que « notre idéal n’était pas de battre le RN », mais d’apporter des réponses aux attentes des gens. Il est probable que le choix de Muselier, désavoué par son parti (LR), incitera des républicains, faute de candidats, à rallier Thierry Mariani (RN), dans un rapprochement d’ailleurs souhaité par de nombreux citoyens.

Quant à l’agression subie par des militants CGT durant la manifestation parisienne, elle est venue rappeler l’hostilité que peut susciter une organisation sclérosée. Nous seulement la CGT a perdu l’autorité de ses « gros bras » dissuasifs mais elle apparaît débordée par une extrême gauche qu’elle cherche à singer. Le syndicat dénonce une « extrême violence », commise par des « groupes d’individus dont certains se revendiquaient Gilets jaunes ». Déjà, le 1er mai 2019, Philippe Martinez, le patron de la CGT, avait dû être un temps exfiltré de la manifestation sous la pression de black blocs. Dès le 17 novembre 2018, jour de la première manifestation des Gilets jaunes, les syndicats avaient fait connaître leur opposition à ces initiatives populaires leur tournant le dos. Elles vont se poursuivre. Les exaspérations des Français précipitent la fin d’un monde.

(1) L’ère des soulèvements, Les éditions du Cerf

Ivan Rioufol

Texte daté du 5 mai 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Il y a un lien entre l’insécurité et la politique de l’autruche

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Une chose est sûre : il y a un lien entre l’insécurité et l’aveuglement. Les premiers responsables du Grand Effondrement sont les dirigeants français qui pratiquent, depuis plus de trente ans, la politique de l’autruche à propos de l’immigration de masse. Cette commode cécité est partagée par la bien-pensance, qui s’affole aujourd’hui que des islamistes tuent régulièrement au nom d’Allah. Mais qui, sinon ces belles âmes moutonnières, ont répété que l’immigration était « une chance pour la France », que l’islam était « une religion de paix et de tolérance » et que la nation devait s’ouvrir à la diversité ? Dimanche, place du Trocadéro à Paris, une foule inquiète a manifesté sa colère après la décision de la cour de Cassation d’exonérer de sa responsabilité pénale Kobili Traoré, l’assassin de Sarah Halimi, défenestrée au cri d’Allah Akbar parce qu’elle était juive.

Vendredi, c’est une femme policière, Stéphanie Monfermé, qui a été égorgée par un sicaire du djihad, Jamel Gorchese : l’horreur s’est déroulée dans le commissariat de Rambouillet (Yvelines). Ne serait-il pas temps d’exiger des autorités musulmanes qu’elles fassent connaître, autrement que par des mots, leur condamnation de ces barbaries ? Plutôt que de manifester contre l’ « islamophobie qui tue », comme ce fut le cas le 10 novembre 2019 à Paris, pourquoi les musulmans et tous les autres ne descendraient-t-ils pas dans la rue pour dénoncer, enfin clairement, l’islamisme qui tue ?

La politiquement correct reste une prison mentale pour beaucoup de ceux qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes, pour reprendre la juste réflexion de Bossuet. Dimanche, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a déclaré, en commentant l’assassinat de la policière par ce Tunisien, ancien clandestin régularisé en 2020 : « Je refuserai toujours de tirer un trait entre immigration et terrorisme ». Pour lui, « ce discours vise à attiser les haines dans le pays ». Avant lui, Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, avait déclaré, le 28 juillet 2020 : « Je suis à 100.000 lieues de faire le lien entre l’immigration et l’insécurité ».

Ces postures progressistes, partagées par des représentants et intellectuels de la communauté juive, sont à la source des maux qui accablent la France. Car il faut être idéologiquement imperméable aux faits pour contester, comme le fait le gouvernement et le conformisme, le lien entre l’insécurité et une immigration de masse qui ne s’intègre plus. Valérie Pécresse (LR) a évidemment raison quand elle dit : « Il faut cesser de nier le lien entre terrorisme et immigration ». Mais pourquoi avoir attendu tant d’années avant d’admettre de telles évidences ? Hier, au Trocadéro, aucun représentant du RN n’a été invité, visiblement, à prendre la parole. Ce mouvement, s’il fut en effet répulsif, est pourtant devenu un des pôles de résistance à cet islamisme qui terrorise les Juifs, les policiers et plus généralement la nation et sa démocratie. Face à l’ennemi, il serait temps d’enlever les œillères.

Ivan Rioufol

Texte daté du 8 mars 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Les censeurs voient des complotistes partout, par Ivan Rioufol

Complotiste ! L’accusation fait florès, à mesure que l’Ordre sanitaire étend son emprise sur les gens. Quiconque s’éloigne du discours officiel est présumé suspect d’alimenter une rébellion contre le système. Philippe de Villiers, qui invite à lire le livre de Klaus Schwab (« Covid 19 : la grande réinitialisation ») comme un programme visant à la numérisation du monde et des individus, est mis au rang des « conspirationnistes » par les gendarmes de la pensée obligée. Parions que ce même sort sera réservé à Xavier Bazin, journaliste scientifique qui fait paraître une enquête (1) sur le poids économique de la Big Pharma dans le monde de santé. Il écrit : « L’anomalie, dans ce système, ce sont les grands professeurs indépendants de l’industrie. En infectiologie, il n’y a vraiment que le professeur Raoult, en France, qui possède un tel niveau de responsabilité et de prestige, tout en étant entièrement financé sur fonds publics, donc avec une indépendance totale vis-à-vis de l’industrie. C’est ce qui explique sa parole totalement libre, son indépendance scientifique manifeste et aussi la détestation dont il fait l’objet dans les plus hauts cénacles du pouvoir médical ». Le professeur Christiane Perronne, bête noire du biopouvoir, ne dit pas autre chose (2) quand il cite comme témoin Bruno Toussaint, directeur de la revue médicale Prescrire : « Avoir des liens avec des firmes pharmaceutiques influence l’opinion sur les médicaments en leur faveur ».

En réalité, l’accusation en complotisme est, trop souvent, une arme de propagande mise au service de la protection d’intérêts, eux-mêmes défendus par une pensée dominante. Il est significatif de constater que la mère de la petite Mia, arrêtée dimanche en Suisse après avoir voulu récupérer son enfant, a été présentée comme complotiste par les médias et le procureur au motif qu’elle serait « contre la dictature sanitaire » et la « barbarie du système ». Il n’est pas question de nier la réalité d’un courant authentiquement paranoïaque, persuadé d‘avoir à résister à une conjuration mondiale pédocriminelle ou satanique.

Toutefois, il est malsain de vouloir faire taire toute critique du discours hygiéniste. Ce n’est pas être complotiste d’être réservé sur les nouveaux vaccins délivrant du matériel génétique viral (ADN ou ARN) dont les effets sont encore mal connus. La méfiance de l’opinion sur le vaccin AstraZeneca (suspendu au Danemark) n’est pas blâmable. Elle n’est que la conséquence de symptômes certes marginaux mais qui peuvent légitiment inquiéter. Pareillement, l’opprobre lancé contre ceux qui retiennent l’hypothèse d’un virus sorti d’un laboratoire chinois commence à se heurter au doute. Les Echos de ce lundi rappellent que le scénario d’une « mystérieuse évasion » du Covid-19 du labo P4 de Wuhan reste plausible. Le quotidien rappelle que le SARS, « dangereux cousin du Covid, s’est déjà évadé à quatre reprises de labos de haute sécurité ». En fait, les censeurs voient du complotisme partout.

(1) Big Pharma démasqué ! Editions Guy Trédaniel
(2) Décidément, ils n’ont toujours rien compris ! Albin Michel

Les balances, collaborateurs zélés de la nouvelle « biocrature »

La délation s’épanouit dans l’Ordre sanitaire. Or, personne ne s’affole de la régression qui s’installe. Comme aux plus belles heures de l’Occupation, les collaborateurs zélés abondent pour dénoncer les mauvais Français qui s’éloignent parfois des normes et des interdits. Ces consignes ponctuent depuis plus d’un an une vie sociale et intime sous surveillance. La nouvelle « biocrature », cette tyrannie hygiéniste que rien ne freine, n’en finit pas de produire des contraintes de plus en plus absurdes. C’est ainsi que les préfets ont décidé, dans certains départements littoraux, le port du masque obligatoire sur les plages balayées par les vents marins ! Il est probable que cette nouvelle atteinte aux libertés, dénuée de sens, suscitera son lot de sycophantes haineux. Un citoyen libre est vu, désormais, comme une menace pour la collectivité.

Emmanuel Macron avait prévenu, le 14 octobre 2020 sur TF1 : « On s’était progressivement habitué à être une société d’individus libres. Nous sommes une nation de citoyens solidaires. Nous ne pourrons pas nous en sortir si chacun ne joue pas son rôle, ne met pas sa part. Voilà la clé ». Or c’est un monde policier et de surveillances mutuelles qui progressivement s’impose dans l’apathie quasi-générale. La chasse au virus autorise-t-elle ces constantes atteintes à la démocratie, dans une propagande sécuritaire toujours plus culpabilisante ? La contagion de la peur, alimentée par le pouvoir, est en train de faire des ravages dans les esprits craintifs, mesquins, paranoïaques. Ceci n’est pas la France.

Le comble a été atteint, jeudi, avec la mise en garde à vue pour quelques heures du curé et de son vicaire d’une église parisienne – Saint-Eugène-Sainte-Cécile (IX e) – dénoncés sur les réseaux sociaux par un participant à une messe de Pâques victime de son succès. Le diocèse de Paris n’a lui-même rien trouvé de plus utile que d’ouvrir aussi une procédure canonique contre les deux « délinquants ». La police leur reproche une « mise en danger délibérée de la vie d’autrui », un « non-port du masque » et un « rassemblement de plus de six personnes sans respect des gestes barrières ». Il se trouve que je connais cette église qui propose le rite romain et est fréquentée par beaucoup de jeunes catholiques. Elle applique depuis le début de l’état d’urgence les obligations exigées, même si les prêtres, en effet, ne portent pas le masque durant les offices et posent, à la demande, l’hostie sur la langue.

Est-ce là, sérieusement, un scandale ? Seul le désir de nuire a pu pousser l’ « indic », ce beau salaud, à poster une vidéo comme un lettre anonyme. Et c’est bien cet esprit malsain qui a été avalisé par les policiers et, hélas ! par le diocèse lui-même. Dans le même temps, une chaîne de télévision dénonçait des « dîners clandestins » organisés par un beau parleur piégé par son besoin de paraître. La prohibition a toujours suscité des comportements illégaux. Mais la chape de plomb qui étouffe les Français et réjouit les balances ne peut plus durer. Trop d’Etat oppresseur mène à la phobie de l‘Etat. Gare à l’explosion !

Ivan Rioufol

Texte daté du 12 avril 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

L’idée claire, ennemie du « En même temps » macronien

La confusion mentale du gouvernement est l’enfant du « En même temps » d’Emmanuel Macron. La « pensée complexe » du président est à la source du désordre intellectuel observable au sommet de l’Etat. L’indécision née de la pratique du « cul entre deux chaises » est aggravée par la propension de la bureaucratie à produire des normes à la chaîne. Cette alliance de l’irrationalité présidentielle et d’une haute fonction publique hors sol a pondu, samedi matin, des « attestations », stupides pour des gens sensés.

L’initiative a été, certes, rapidement suspendue. Mais l’épisode vient rappeler l’urgence d’une réforme de l’Etat technocratique, et la nécessité pour les dirigeants de comprendre la vie des Français. Si un arbre se juge à ses fruits, la Macronie n’a produit, durant ces douze mois d’épidémie de Covid, que des interdits de plus en plus intrusifs et des règlements plus kafkaiens les uns que les autres. Le sommet a été atteint avec ce dernier concept de « l’enfermement extérieur », une « troisième voie » présentée jeudi par Jean Castex comme l’innovation française du moment. A ce point d’absurdité, même les mots manquent : le « confinement » new-look, développé par le premier ministre, est un terme qui a été jugé inapproprié par Macron dès le lendemain: « Je crois que le mot confinement n’est pas adapté à la stratégie présentée », a-t-il dit La coquecigrue ne sera donc pas nommée…

Les « élites » ont un tel mépris du peuple ordinaire qu’elles se méfient des solutions trop accessibles. Pourquoi faire simple quand un fonctionnaire surdiplômé peut faire compliqué, en décrétant quinze motifs de sorties avec attestations et astérisques renvoyant en bas de pages ? Louis XIV avait compris ce qui reste aujourd’hui une énigme pour ceux d’en haut : « La fonction de roi consiste principalement à laisser agir le bon sens, qui agit tout naturellement et sans peine ». Macron laisse comprendre ces derniers temps qu’il s’agacerait des lourdeurs administratives et du poids des « enfermistes », symbolisés par Olivier Véran, le ténébreux ministre de la Santé. Il n’empêche : Véran est toujours à son poste, en dépit des contre-vérités qu’il a pu dire depuis un an. Quant au cafouillage ubuesque du gouvernement, il est aussi le produit de l’entourage présidentiel. « Soyez fiers d’être des amateurs ! », avait lancé Macron, il y a un an, aux députés LREM. Le manque de professionnalisme semble être une faille plus générale. Certes, le chef de l’Etat s’est heureusement opposé, le 29 janvier, à ceux qui réclamaient un confinement drastique pour tous. Mais en prenant, cette fois, ce chemin de traverse incongru, il confond compromis et irrésolution. L’idée claire lui serait-elle devenue inatteignable ?

Ivan Rioufol

Texte daté du 22 mars 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Le vrai vaccin sera celui qui chassera le Covid des esprits

Le vrai vaccin sera celui qui chassera le Covid des esprits. Depuis un an, date du premier confinement (17 mars 2020), les Français ne cessent de se contaminer par le virus de la peur.
Celui-ci, parce qu’il asphyxie le pays, est bien plus mortel que tous les variants. Or l’angoisse est quotidiennement alimentée par les discours anxiogènes de l’Etat et de ses experts scientifiques et médicaux. « Le moment est venu », a dit ce mercredi, sur RTL, Martin Hirsch, directeur général de l’Assistance-Publique-Hôpitaux de Paris, plaidant pour un retour rapide au confinement en Ile-de-France, au moins le week-end. Cela fait douze mois que des garde-chiourmes en blouse blanche monopolisent la parole. Le patron de l’AP-HP, enivré de son pouvoir terrorisant, est celui qui, en décembre, a mis fin aux fonctions du professeur Christian Perronne, chef de service à l’hôpital de Garches, au motif que ce spécialiste des maladies infectieuses proposait de soigner les patients atteints du Covid avec de vieilles molécules (l’hydroxychloroquine notamment) non agrées par la science. L’Ordre sanitaire a imposé un despotisme hygiéniste sans commune mesure avec la létalité du virus. Jamais le raisonnement « bénéfices-risques », appliqué aux vaccins, n’a été retenu pour évaluer les conséquences, désastreuses, d’un pays mis sous cloche. La panique doit trouver urgemment son antidote.

La raison, dès le départ, a cédé la place face à l’émotion et au mimétisme. Ce sont ces deux travers qui ont conduit, lundi, le chef de l’Etat à suspendre brutalement le vaccin anglo-suédois AstraZeneca, dans la foulée de l’Allemagne et d’autres pays européens. Ce même l’affolement avait initialement poussé les Etats – et pas seulement la France – à faire pression sur les laboratoires pharmaceutiques afin qu’ils accélèrent leurs productions vaccinales. Israël a été jusqu’à accepter de donner (anonymement) les données personnelles de ses habitants-cobayes à Pfizer. La Commission européenne s’est elle-même engagée auprès d’AstraZeneca et d’autres fabricants à « couvrir financièrement certains risques des entreprises, pour garantir que les vaccins sont effectivement disponibles pour les citoyens de l’UE afin de protéger la santé publique ».

En fait, AstraZeneca a expérimenté en direct un vaccin potentiellement aléatoire. Le « risque zéro », qui motive les adeptes du confinement, a été ici contourné. Comprenne qui pourra ce monde devenu fou. Reste à trouver la bonne issue. Elle a été esquissée, après d’autres, par le professeur Eric Caumes, lundi sur Europe 1 : « La réponse a cette épidémie est plus philosophique » que médicale, a-t-il dit. Oui, la vie c’est aussi la mort. Y réfléchir, enfin, ne pourra nuire à la santé mentale de nous autres, frères humains infantilisés…

Ivan Rioufol

Texte daté du 17 mars 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Face au terrorisme intellectuel de l’islamo-gauchisme – Il faut soutenir les nouveaux profs-courage !, par Ivan Rioufol

Klaus Kinzler

Serait-ce le retour des Hussards Noirs, surnom donné par Charles Péguy aux instituteurs de la IIIe République ? Une hirondelle ne fait pas le printemps. Toutefois, avoir entendu, mardi matin chez Pascal Praud (CNews), Klaus Kinzler appeler à « ouvrir sa gueule » contre la lâcheté du monde universitaire a été une bouffée d’air frais. Après Didier Lemaire, ce professeur de philosophie qui a dénoncé l’islamisation de Trappes, voici donc un professeur d’allemand de l’IEP de Sciences Po de Grenoble qui, avec un même courage, a décidé de résister au terrorisme intellectuel de l’islamo-gauchisme. « Je suis un citoyen, mais aussi un guerrier », a prévenu Kinzler. « Je ne me laisserai pas marcher sur les pieds ».

Dans son collimateur : la lâcheté des enseignants chercheurs de son Institut. Ils ont cautionné un procès en « islamophobie », ouvert contre lui et un autre collègue par l’UNEF locale et l’Union syndicale Sciences Po Grenoble. Le 4 mars, des banderoles avaient été collées sur les murs de l’établissement : « Des fascistes dans nos amphis. L’islamophobie tue ». Suivaient les noms des deux prétendus coupables. Il leur était reproché d’avoir contesté l’amalgame entre antisémitisme, racisme et islamophobie, ce dernier terme étant instrumentalisé pour rétablir le délit de blasphème. Rappel : c’est parce qu’il a été qualifié d’islamophobe que le professeur d’histoire-géographie Samuel Paty a été décapité il y a cinq mois par un fanatique. C’est pour cette même raison que la rédaction de Charlie Hebdo a été décimée le 7 janvier 2015…

La « libération de la parole » ira-t-elle jusqu’à dénoncer de l’intérieur l’enfermement intellectuel qui a gagné, ici et là, l’enseignement supérieur ? L’accusation de Kinzler confirme les dégâts du militantisme « antiraciste » dans le monde scientifique. Cette propagande a déteint sur de nombreux étudiants. Mardi, certains à l’IEP récitaient encore, en inversant les situations : « L’islamophobie, c’est la mort et la terreur (…) Ce sont les mosquées qui sont attaquées comme les femmes voilées poignardées. C’est la peur, tous les jours, que cela arrive ». Ce mercredi, sur Europe 1, Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, a lancé comme un vœu pieux : « Il ne faut pas de pensée unique dans l’Université ». En fait, l’enseignement supérieur paie des décennies de cooptations entre pairs, qui ont exclu les esprits non conformes.

Aujourd’hui, ce sont quelques rares profs de gauche qui haussent le ton et commencent à se faire entendre. Quand, en 2003, votre serviteur avait pris, dans Le Figaro, la défense de Louis Chagnon, prof d’histoire-géo accusé d’avoir rappelé l’exécution d’une tribu juive par Mahomet, le silence avait été assourdissant. En septembre 2012, Le Nouvel Observateur en était toujours aux méthodes staliniennes encore en vigueur à Sciences Po Grenoble, en dressant en une la listes des « néo-fachos et de leurs amis », coupables d’alerter sur l’islamisation de la France. Cette gauche-là est-elle prête à réparer ses erreurs ? Elle a beaucoup à se faire pardonner…

Ivan Rioufol

Texte daté du 8 mars 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

La Journée de la femme, ce cache-misère, par Ivan Rioufol

Ce lundi est « la journée de la femme ». Les curieux seront priés de ne pas regarder de trop près la condition féminine dans les cités de la « diversité ». « La belle chose qu’est la destruction des mots ! », avait écrit George Orwell, qui a bien analysé le mécanisme du mensonge au service d’une pensée totalitaire. Il est plaisant de se souvenir que cette journée internationale des femmes avait été lancée par Lénine, il y a tout juste un siècle, au nom de la cause communiste, avant d’être reprise plus tard par les premières féministes. En 74 ans de soviétisme, jamais une seule femme ne siégea pour autant au Politburo, comme me le fait remarquer ce matin mon confrère Bernard Lecomte ! Cette année encore, un voile pudique (un de plus) sera jeté sur l’authentique culture patriarcale et sexiste qui s’est installée dans la nouvelle France islamique. Des militantes en viennent même à défendre leur liberté de s’habiller, sans vouloir s’arrêter sur le symbole de soumission au mâle que représente le recouvrement du corps sexué. L’Etat, volontiers moralisateur, se garde de formuler des exigences à cette partie de la société d’origine immigrée. Pourtant, comme l’écrit Vincent Coussedière (1) : « Etre neutre en matière de religion ne veut pas dire être neutre purement et simplement en matière de moeurs ».

Le « vivre ensemble » est l’autre cache-misère qui est utilisé comme un leurre par les propagandistes du séparatisme. « Vivre ensemble c’est urgent ! », disaient des pancartes brandies par les islamo-gauchistes rassemblés dans une même manifestation contre « l’islamophobie », le 10 novembre 2019 à Paris. Ce cliché est brandi à mesure que la société se délite. L’ « antiracisme » connaît le même sort : plus les rapports se racialisent, plus les désinformateurs trafiquent les mots. Ces derniers temps, la contre-société islamisée multiplie les démonstrations de force contre la France. Les « intifadas » se succèdent comme autant de répétions générales. Le 27 février, c’est un photographe de presse, Christian Lantenois (L’Union), qui a été laissé pour mort dans un quartier « sensible » de Reims. Or l’Etat persiste à détourner le regard tout en tenant pour la galerie des discours martiaux. Ce week-end, tandis que des émeutes gagnaient Rillieux-la-Pape, dans la banlieue lyonnaise, les forces de l’ordre s’en prenaient aux braves gens qui prenaient le soleil sur les quais de la Seine à Paris. L’injustice et le deux poids deux mesures sont devenus les normes d’un Etat faible avec les forts, fort avec les faibles. Ce déséquilibre est devenu insupportable.

(1) Eloge de l’assimilation Le Rocher

Ivan Rioufol

Texte daté du 8 mars 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Ivan Rioufol : « Ce virus a été un révélateur de l’extraordinaire inefficacité de l’État »

01/03/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Face à la recrudescence de l’épidémie de Covid, le gouvernement entend un peu plus serrer la vis, quitte à en passer par des confinements localisés. Alors que l’état d’urgence sanitaire a été prolongé jusqu’en juin prochain, la question de la mise en danger des libertés fondamentales devient de plus en plus pressante.

Le journaliste et essayiste Ivan Rioufol confie sa grande inquiétude à Sputnik et lance un appel aux Français à reprendre leur destin en main.