La macrocrature, paradis pour les censeurs, par Ivan Rioufol

Les censeurs frétillent d’aise dans la macrocrature. Depuis que le pouvoir a décidé de promouvoir une “information propre” (expression de Benjamin Griveaux, alors porte-parole du gouvernement, utilisée en janvier 2018), les flics de la pensée paradent et roulent des mécaniques. Ils font des listes, dénoncent, excluent. Pour ces garde-chiourmes, tout est simple : ce qui ne s’accorde pas au discours officiel est d’extrême droite et “haineux”. Le culte de la diversité s’arrête aux opinions : celles-ci doivent être uniformes et lisses, autorisées ou interdites. L’extrême gauche procède de ce même manichéisme, quand elle s’oppose à des prises de paroles non homologuées au coeur même des universités. Ceci explique sans doute le silence de la milice médiatique face aux nouveaux fascistes qui, au prétexte de défendre des minorités, sèment la terreur et la violence là où ils passent. La radio publique France Inter est caricaturale de ce sectarisme soviétoïde quand une journaliste s’y alarme dernièrement d’entendre sur CNews des journalistes “très très à droite, voire parfois d’extrême droite” (en citant notamment votre serviteur), sans s’interroger sur son militantisme et ses oeillières.

Il est vrai que les journalistes du service public n’avaient pas moufté quand, en mai 2018, la ministre de la Culture, François Nyssen, avait donné comme mission aux télévisions et radios d’Etat de se mettre au service de l’idéologie différentialiste et racialiste, en jugeant notamment les “mâles blancs” trop nombreux à l’antenne.

La chasse aux “fake news” et aux “propos haineux”, lancée par le législateur sans définition des incriminations, a élargi le périmètre des opinions délictueuses. Depuis, les sycophantes se bousculent pour obtenir le silence des dissidents. C’est en se prévalant de cette traque contre les pensées déviantes qu’un “collectif citoyen de lutte contre le financement du discours de haine”, Sleeping Giants, incite des annonceurs à retirer leur publicité de sites ou d’émissions de télévision jugés arbitrairement infréquentables. Boulevard Voltaire a ainsi perdu de nombreux annonceurs. L’émission “Face à l‘Info” (CNews) avec Eric Zemmour est sous la même menace. Ce boycott vient d’atteindre l’hebdomadaire Valeurs Actuelles, qui dénonce avec raison “la censure des bien-pensants”.

Cette atmosphère délétère est bien le produit d’une démocrature. Si la macronie n’a pas pu instituer un Conseil de l’ordre des journalistes, la mise en place le 2 décembre d’un Conseil de déontologie journalistique et de médiation est un pas supplémentaire dans la mise sous surveillance de la liberté d’expression. Toutefois, les rédactions de plusieurs grands médias, dont Le Figaro, ont dénoncé cette mainmise indirecte de l’Etat. Une résistance se lèverait-elle ? Mardi, le Groupe Canal + a fait savoir qu’il jugeait “injustifiée” la mise en demeure du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel après un propos tenu par Zemmour. Le groupe, présidé par Vincent Bolloré, a décidé de saisir le Conseil d’Etat en accusant le CSA d’abus de pouvoir. Dans une démocratie, les censeurs ne peuvent avoir gain de cause.

Ivan Rioufol

Texte daté du 4 décembre 2019 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Les femmes des cités, oubliées des féministes, par Ivan Rioufol

Ivan Rioufol

Qui sont les conjoints meurtriers ? Qui sont les violeurs ? Qui sont les harceleurs ? L’homme blanc!, répondent les néo-féministes, prêtes à tirer à vue. On se souvient de l’accusation sans appel de l’une d’entre elles, Caroline de Hass, dans L’Obs (14 février 2018) : “Un homme sur deux ou trois est un agresseur“. Cette militante avait tweeté le 7 janvier 2016, après une série de viols et de violences sexuelles commis contre des femmes lors de la soirée du Nouvel An par de jeunes maghrébins, à Cologne et dans d’autres villes allemandes : “Ceux qui me disent que les agressions sexuelles en Allemagne sont dues à l’arrivée de migrants : allez déverser votre merde ailleurs“.

Caroline de Haas est de ces “féministes” qui ont participé à la “manifestation de la honte” du 10 janvier à Paris, organisée par des mouvements islamistes et d’extrême gauche, notamment en soutien aux femmes voilées. C’est elle également qui a co-organisé la Marche contre les violences sexistes et sexuelles, qui a réuni près de 40.000 personnes à Paris, samedi. Un succès incontestable. Toutefois, il n’y a aucune audace à dénoncer un “patriarcat” dans une société conquise depuis longtemps par le féminisme, au point d’avoir rendu l’homme inutile dans la procréation entre lesbiennes. L’écart de salaires dans certaines professions reste le seul reliquat d’une inégalité qui doit être corrigée. Mais rien n’est plus facile que de se contenter de dénoncer le prédateur occidental et hétérosexuel, dont Harvey Weinstein, Jeffrey Epstein, Roman Polanski seraient les symboles.

Si les féministes ont un vrai combat à mener, il est auprès des femmes des cités. Elles sont soumises au machisme et au sexisme d’une culture qui n’a aucune raison d’être épargnée des critiques communes. Le courage serait de manifester en Seine-Saint-Denis, par exemple. Quand Caroline de Haas, Laurence De Cock, Clémentine Autain ou Rokhaya Diallo se joignent aux islamistes, elles cautionnent une idéologie qui reconnait aux hommes la prééminence sur les femmes (sourate II-228), autorise le mari à frapper son épouse (sourate IV-34), permet la polygamie, ferme les yeux sur les excisions, les mariages forcés, etc. En 2014, l’actrice Julie Gayet, compagne de François Hollande et participante à la Marche de samedi, avait apporté son concours à un clip de Lisa Azuelos dénonçant les mariages forcés de petites filles.

Mais, afin de ne pas stigmatiser les minorités maghrébines, africaines ou asiatiques qui pratiquent ces usages, la scène avait été transposée dans l’univers d’une famille parisienne de la grande bourgeoisie catholique… Samedi, des femmes ont été éjectées du cortège pour avoir rappelé la réalité des agressions sexuelles, qui ne se résument pas au procès récurrent du mâle blanc. Défendre la femme est une nécessité et il y a des salauds dans tous les milieux. Mais observer les “féministes” baisser les yeux devant l’islam rétrograde laisse voir leur trahison.

Ivan Rioufol

Texte daté du 18 novembre 2019 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Immigration : l’aveu d’impuissance du pouvoir, par Ivan Rioufol

Face à l’immigration, le gouvernement ne lèvera pas le pied. Le durcissement de la politique macronienne, annoncé ce mercredi, se traduira en fait par une consolidation de l’immigration économique (13%) et de l’immigration étudiante (32%). Les règles d’accès à la santé gratuite pour les demandeurs d’asile seront certes un peu plus strictes. Mais l’Allocation pour demandeur d’asile (ADA), qui aimante en France les réfugiés déboutés de pays voisins, ne fait pas partie des suppressions envisagées. Une fois encore, le pouvoir se paye de mots en laissant croire en sa détermination à aborder un sujet qui, dans le laxisme qu’il laisse voir, obsède une partie de l’opinion. Une fois encore, la macronie met en scène la grande mascarade qui, depuis deux ans et demi, caractérise ce quinquennat de l’esbroufe. Emmanuel Macron participe volontiers à la promotion de la panique mondialiste sur le Grand réchauffement, qui justifie l’arrivée en Europe de “réfugiés climatiques”. En revanche, il avalise la critique du Grand remplacement, cette expression interdite.

Ce phénomène de substitution de population, en action dans certains points du territoire français, est la cible de tous les dénégationnistes. Ceux-ci font tout pour sous-estimer l’immigration de masse et ses refus de s’intégrer. Pourtant, même le démographe bien-pensant Hervé Le Bras le reconnaît aujourd’hui (1) : “Je pense que d’ici à une génération, un Français sur deux aura au moins un parent ou un grand parent d’origine étrangère“.

L’aveuglement collectif sur la réalité de l’immigration et ses conséquences sert de prétexte à la poursuite de mesures impensées. Entendre Edouard Philippe déclarer ce matin : “Nous voulons reprendre le contrôle de notre politique migratoire” fait penser à une blague. L’impuissance publique est intimement liée à l’occultation des réalités. Dans Le Figaro de mardi, le député (LR), François Cornut-Gentille, rappelle l’absence de mesures démographiques fiables pour dresser des diagnostics sérieux sur la Seine-Saint-Denis. Il écrit : “Selon nos interlocuteurs, les étrangers en situation irrégulière seraient 150.000, 250.000 voire 400.000”. Semblablement, le nombre de musulmans en France oscille de 5 millions à plus de 10 millions. Certains avancent le chiffre extravagant de 20 millions. Comment concevoir une politique dans un tel brouillard ?

Reste qu’en choisissant de n’imposer des quotas qu’à l’immigration de travail, le gouvernement ne touche ni au regroupement familial ni aux filières universitaires parfois détournées de leur objet. Il veut même atteindre l’objectif de 500.000 étudiants étrangers en 2027 ! Rappelons qu’en 2018 la France a accueilli 122.000 demandeurs d’asile, délivré 255.000 cartes de séjour et pris en charge 40.000 mineurs non accompagnés, sans compter les clandestins. Il faudrait un coup de frein. Mais c’est sur l’accélérateur que le gouvernement appuie, avec l’immigration économique et universitaire. Gare à la casse en 2022 !

(1) L’Express, 25 septembre 2019

Ivan Rioufol

Texte daté du 4 novembre 2019 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Islamisme : naufrage de la gauche collabo, par Ivan Rioufol

Le gratin des collabos de l’islamisme a signé son entrée dans l’Annuaire de Honte. En effet, plus de cinquante personnalités ont appelé, vendredi dans Libération, à manifester contre l’islamophobie, le 10 novembre à Paris. Alors que bilan officiel des actes racistes en France pour 2018 a recensé 100 actes antimusulmans, soit le plus bas niveau depuis 2010, les signataires assurent : “Depuis des années, la dignité des musulmanes et des musulmans est jetée en pâture (…) Depuis des années, les actes qui les visent s’intensifient”. En réalité, seuls les actes antisémites (541) ont bondi de 74% en 2018, majoritairement sous la pression de la judéophobie islamique. Les actes antichrétiens (1063) sont restés stables. Mais le récent attentat contre la mosquée de Bayonne par un vieux cinglé, ajouté à la remarque faite par un élu RN à une mère portant le hidjab dans une enceinte publique, ont suffi à ces militants de l’islam pour faire passer les musulmans de France pour les victimes d’un racisme “en raison de leur foi”.

La lutte contre l’islamophobie n’est plus seulement la bannière des fondamentalistes, qui cherchent à criminaliser la critique de l’islam politique et à réintroduire le délit de blasphème. Ce combat est devenu également celui d’une gauche qui s’est perdue dans la flatterie d’une idéologie totalitaire, violente, sexiste, judéophobe. A côté d’organismes infiltrés par l’islamisme comme le CCIF ou l’Unef, ou de militants comme Yassine Belattar, Rokkaya Diallo ou Edwy Plenel, se retrouvent dans Libé les noms de Jean-Luc Mélenchon (LFI), Philippe Martinez (CGT) Yannick Jadot (EELV), Olivier Besancenot (NPA)…

Ce pacte entre l’islamisme et la gauche communautariste n’est, à dire vrai, pas une surprise. Ces deux mondes partagent une même détestation de l’Occident et de ses libertés. Mais ce front vient opportunément consolider la stratégie de victimisation de l’islam politique, qui pousse les exaltés à la confrontation avec leurs opposants. Samedi, une manifestation islamiste anti-Zemmour, organisée devant CNews, a laissé déborder un ahurissant flot de haine et de menaces. Abdelaziz Chaambi, militant de la Coordination contre le racisme et l’islamophobie et fiché S, a tout d’abord dénoncé “la poignée de sionistes” qu’il croit voir dans une partie du PS. Il a ensuite rendu hommage à ses “frères de Gaza“. “Gaza, c’est l’islam qui résiste et qui se bat contre l’armée sioniste”, a-t-il déclaré sous les applaudissements d’une petite foule. “Maintenant il faut se battre !“. Parlant d’Eric Zemmour, Chaambi l’a présenté comme “un bâtard né d’un mariage incestueux entre les politiques et les médias“.

Il a poursuivi : “Ils ont fabriqué un monstre. Une bête immonde, quand elle est nourrie de nourriture avariée, elle nous chie sur la gueule. Quand elle mange de la nourriture franco-française, elle nous chie des Caroline Fourest, des Bruckner, des Praud, des Zemmour, des Morano, des Rioufol, des Clavreul, des Bouvet, des Odoul. Et quand ce monstre mange du couscous ou de la harissa il nous chie des Zohra Bitan, des Lydia Guirous, des Zineb El Rhazoui “.
Voici avec qui la gauche traîtresse et ses censeurs ont choisi de faire cause commune. Est-il besoin de commenter davantage ce naufrage?

Ivan Rioufol

Texte daté du 4 novembre 2019 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Stop à la haine contre la France !, par Ivan Rioufol

A quand une pétition pour dire : Stop à la haine contre la France ? Le Monde de ce mercredi publie une adresse à Emmanuel Macron : “Monsieur le président, dites stop à la haine contre les musulmans de France“. Ce texte fait suite à l‘incident politique causé par un élu RN à la vue d’une femme portant un hidjab noir dans le public de l’assemblée régionale de Bourgogne-Franche-Comté. Il a été signé par 90 noms du show-biz, des médias ou du monde universitaire. Le plus connu est l’acteur Omar Sy. Les signataires rappellent le “traumatisme” subi par l’enfant de 10 ans venu se blottir dans les bras de sa mère mise en cause. Ils assurent : “Ne nous y trompons pas, l’extrême droite a fait de la haine contre les musulmans un outil majeur de sa propagande, mais elle n’en a pas le monopole”. Le ton est, à plusieurs reprises, menaçant. “Jusqu’où allons-nous accepter que des citoyens, des citoyennes, soient insultés, agressés, attaqués, stigmatisés en raison de leur religion ? (…) Jusqu’où pouvons-nous tolérer encore ces discours et actes de haine contre une partie de nos concitoyens ?“.

A aucun moment, ces protestataires n’ont fait connaître leur effarement après les assassinats de quatre policiers par un islamiste infiltré au coeur de la préfecture de Paris. Aucun d’entre eux n’étaient présents non plus, jeudi place Saint Michel à Paris, pour dénoncer la dérive islamiste. A dire vrai, la manifestation, organisée par l’imam de Drancy, Hassen Chalghoumi, n’a rassemblé qu’une dizaine d’imams et un public très clairsemé, dont votre serviteur.

Il est saugrenu de voir Omar Sy, personnalité préférée des Français dans le dernier classement du JDD, se prêter à la victimisation des musulmans mal aimés. Plus grave est la dialectique des pétitionnaires, qui criminalisent l’approche critique de l’islamisme. Le redire, à tous les idiots utiles de cette idéologie sexiste et judéophobe : mettre en cause l’islam politique, identifiable aux uniformes qu’il arbore, n’a rien à voir avec une stigmatisation des musulmans dans leur ensemble. Ce sont les signataires qui se prêtent à l’amalgame en prétendant parler au nom de tous les musulmans. En réalité, ils sont les porte-paroles d’un islam séparatiste qui combat les règles communes de la discrétion, socle de la laïcité. Porter un hidjab au cœur d’une assemblée politique est une provocation politique.

Fatima, la femme voilée, a été soutenue durant l’épisode par une élue régionale, Nisrine Zaïbi, qui a été naguère en rapport avec l’UOIF et le CCIF (L’Opinion, ce mercredi). Fatima s’est d’ailleurs confiée au Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), proche des Frères musulmans. Elle déclare : “Aujourd’hui, j’ai une opinion négative de ce qu’on appelle la République. Et je trouve que le ministre de l’Education a dit quelque chose de honteux lorsqu’il a parlé du voile”. Jean-Michel Blanquer ne juge “pas souhaitable” le port du voile pour les mères accompagnatrices lors de sorties scolaires. Ces militants islamistes peuvent parfaitement vivre selon leurs règles. Mais alors, qu’ils rejoignent un pays islamique. Et qu’ils laissent la France en paix !

Ivan Rioufol

Texte daté du 16 octobre 2019 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Ces journalistes qui réclament la censure, par Ivan Rioufol

Ivan Rioufol

Faire taire Eric Zemmour ! Il est l’homme à abattre. Les islamistes peuvent toujours continuer à prêcher la haine dans les cités, à humilier les femmes, à injurier les Juifs et à attiser la guerre civile, ils ne seront pas inquiétés par les censeurs : ceux-là auront toujours un mot d’excuse pour les minorités. Mais rien n’est plus urgent que de condamner un journaliste coupable de refuser de fermer les yeux et de se plier aux injonctions de la pensée officielle. Mardi, le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête pour “injures publiques” et “provocation publique à la discrimination“. La procédure vise des propos tenus, samedi, par mon confrère lors de la Convention de la droite, organisée par le magazine L’Incorrect, en présence de Marion Maréchal. La veille, un communiqué de la Société des Journalistes du Figaro, se prévalant d’une volonté “de l’immense majorité” des journalistes, a demandé “instamment à la direction de la rédaction de mettre un terme” aux “provocations” du chroniqueur maison.
Dans son éditorial de ce mercredi, Le Monde fait le parallèle entre le discours anti-islam de Zemmour, d’”inspiration fasciste“, et celui d’Edouard Drumont, “figure française de l’antisémitisme de combat“. D’autres titulaires de cartes de presse ont aussi fait connaître leur désir de voir sanctionné celui qui ne traverse pas la rue dans les clous. Alors que la liberté d’expression se rétrécit toujours un peu plus, des journalistes montent en première ligne pour cautionner cette régression démocratique. Ils font le lit de la pensée totalitaire.

L’hallali contre Zemmour, encouragé par le gouvernement, révèle l’assujettissement d’une partie de la presse au politiquement correct et à ses délits d’opinion. L’esprit de l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, qui proclame que “la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme”, est piétiné par les nouvelles législations : au prétexte de lutter contre le racisme et la discrimination, elles en viennent à réprimer des propos trop réalistes. Rien n’est plus imbécile que de préférer le gourdin au débat. Ceux qui veulent que Zemmour se taisent sont des fuyards. Ils renoncent à argumenter et préfèrent interdire. Cette démarche est celle des régimes despotiques et fascistoïdes.

Pour ma part, j’estime que Zemmour est parfois trop outrancier dans ses analyses. Je ne partage pas son pessimisme ni sa vision apocalyptique de la société. Quand il déclare : “Tout est détruit“, je pense qu’il se trompe : il ne semble pas mesurer la force vitale de la France oubliée, qui entend reprendre son destin en main. Je trouve qu’il a tort quand il désigne l’islam et l’immigration comme des facteurs aggravants du désastre français. Pour moi, le vrai désastre vient de la trahison des élites, qui ont ouvert la France à l’islam et à l’immigration. Ce sont ces dirigeants français qui devraient rendre des comptes, et non des boucs émissaires étrangers qui sont venus remplir des vides. Mais ces divergences ponctuelles sont de celles qui se règlent dans le choc des idées. Ceux qui veulent imposer le silence des cimetières sont des dangers publics.

Ivan Rioufol

Texte daté du 2 octobre 2019 et repris du blog d’Ivan Rioufol

PMA et écologisme, pour oublier le peuple, par Ivan Rioufol

Ils disent : respectons la nature et ses limites ! Les macroniens ne jurent plus que par l’écologisme, ce mondialisme qu’ils croient plus présentable. Mais les mêmes s’enflamment pour défendre la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples de femmes et les femmes seules. Transgresser la nature serait donc interdit… mais autorisé. La contradiction montre la fragilité de la conversion d’Emmanuel Macron à l’idéologie verte, cet universalisme de substitution. Les plus cohérents des écolos sont ceux qui, comme José Bové, refusent toute manipulation du vivant, qu’il soit végétal, animal ou humain.

Le projet de PMA pour toutes, examiné par les députés depuis mardi, viendra bouleverser la condition humaine. Celle-ci sera dégagée du fait qu’un enfant était jusqu’alors, sauf pour les couples hétérosexuels infertiles, le fruit d’une rencontre charnelle entre une femme et un homme. Désormais, la technique autorise l’homme-dieu à devenir son propre créateur. Dès lors, tout est envisageable. L’homme transgenre pourra même être mère. Bienvenue chez les apprentis sorciers.

Les minorités homosexuelles militantes, qui attendrissent les progressistes, sont en train de bouleverser la procréation au nom de l’égalitarisme et de leur bon plaisir. Elles arguent de leur douleur à ne pouvoir enfanter. Du coup, les lobbies en sont à justifier l’homme enceint. Ainsi, dans Libération, Cléo Carastro, historienne et anthropologue, a pu écrire mardi, dans la logique d’une PMA ouverte aux femmes devenues hommes (les “trans”) : “(…) C’est pour tou-te-s qu’il faut penser (la PMA pour toutes), pour les hommes et les femmes souhaitant engendrer (…) Deux hommes peuvent engendrer en mobilisant leurs seules forces procréatrices, et deux femmes le peuvent également (…).” Ces déconstructeurs ont perdu toute décence. Ils sont devenus mabouls. S’ébauche Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley : un univers totalitaire où les bébés fonctionnels sortent de laboratoires.

Rien n’est plus dangereux que les courbettes du pouvoir devant ces groupuscules despotiques et capricieux, qu’il prend pour l’air du temps.

Ivan Rioufol

Texte daté du 27 septembre 2019 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Immigration : Macron n’est pas crédible, par Ivan Rioufol

Miracle ! Emmanuel Macron a recouvré la vue ! Il a dit, lundi devant les élus de La République en Marche !, parlant d’immigration : “Nous n’avons pas le droit de ne pas regarder ce sujet en face“. Le chef de l’Etat laisse comprendre qu’il entend désormais venir sur le terrain de Marine le Pen, dans un manichéisme qu’il a déjà construit : à elle “le repli” ; à lui “une solution ouverte mais pas naïve”. S’il fallait démontrer l’absence de doctrine du macronisme, ce revirement en serait une illustration. Au prétexte de suivre l’air du temps, voici Narcisse qui ferraille un jour contre les populistes, se fait leader de la planète le lendemain, épouse la cause écologiste le jeudi et finit sa semaine en se découvrant attentif aux détresses des “classes populaires”, laissées en première ligne face à la diversité bénie. C’est sous sa présidence que l’immigration a explosé : en 2018, le pays a reçu 122.000 demandeurs d’asile et a délivré 255 .000 titre de séjour.

Ce mercredi, Macron rencontre le nouveau gouvernement italien, qui s’est débarrassé de Mattéo Salvini au prétexte qu’il réclamait la consultation du peuple. Sous sa politique, l’arrivée des clandestins a chuté de 80% en Italie. Mais Macron exècre cet antimondialiste qui dit que l’immigration non désirée pose un problème. En revanche, le président avait soutenu Angela Merkel quand, en 2015, elle avait unilatéralement ouvert l’Allemagne à plus d’un million de clandestins venus du Moyen- Orient.

Mais, après tout, Macron aurait bien le droit de changer d’avis. Cependant, il se garde de reconnaître ses erreurs d’analyse sur l’immigration vue comme une “chance”, et sur la ringardise des nations souveraines. Son combat contre les populistes s’en prend à ceux qui se confrontent aux réalités et tentent d’y apporter des remèdes pragmatiques. En réalité, Macron reste un immigrationniste. Son progressisme, construit sur la protection des nouvelles minorités ethniques ou sexuelles, l’empêche de remettre en cause le modèle multiculturel qui effrite la cohésion nationale. Il se dit que le président aurait dans l’idée de réduire l’assiette de l’Aide médicale d’Etat (AME) et d’être plus vigilant sur le droit d’asile, détourné à des fins économiques.

Très bien. Mais l’immigration ne se résume pas à ces cas annexes. Si elle est vue comme un problème par les Français, c’est parce qu’elle s’accompagne d’un refus d’adhésion à la culture d’accueil. 66% des sondés estiment que les immigrés ne font pas d’efforts pour s’intégrer en France (Le Monde, mardi). Or Macron se garde d’aborder ce terrain, qui nécessiterait de réduire les facilités d’accession à la nationalité et de combattre l’idéologie islamiste qui pousse à la sécession des cités musulmanes. En fait, le cynisme de Macron montre un homme prêt à tout pour sa survie politique face à la droite. Mais son insincérité devient débordante. Il n’est pas crédible.

Ivan Rioufol

Texte daté du 18 septembre 2019 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Retraites : les fourmis se révoltent, par Ivan Rioufol

Les fourmis ne veulent pas payer pour les cigales. Ce lundi, les premières seront dans les rues de Paris pour protester contre la réforme des retraites : elle prévoit de leur faire les poches pour financer les secondes. Avocats, médecins, pilote, hôtesses, etc., n’entendent pas être essorés au nom de l’instauration d’un “système universel” qui viendrait colmater les déficits des régimes spéciaux et les incapacités de l’Etat à gérer des retraites équilibrées. Dans cette rébellion, menée par le collectif SOS Retraites, les 70.000 avocats sont plus particulièrement mobilisés. Alors que leur régime autonome – qui n’est pas un régime spécial – ne coûte pas un sous au contribuable, le pouvoir envisage de faire main basse sur ses deux milliards d’euros de réserves, gérées par la caisse nationale des barreaux. Dans cette perspective, les cotisations des avocats passeraient aussi de 14 à 28%, pour des redistributions moindres.

Pour sa part, vendredi dernier, la RATP a paralysé les transports parisiens pour défendre, elle, son régime spécial de retraite. Mais lui est financé à hauteur de 60% par l’argent public – donc par tous les autres citoyens. Ce régime permet un départ à la retraite à 57 ans, et même à 52 ans pour les roulants et les travailleurs en souterrain. La pension brute moyenne est de 3 705 euros mensuels, contre 2 206 euros pour un fonctionnaire d’Etat (chiffres de la Cour des Comptes). La cigale, qui vient se plaindre, est indéfendable.

L’injustice est l’aiguillon des révoltes populaires. L’insurrection des Gilets jaunes a été motivée par le sentiment d’iniquité partagé par une classe moyenne appelée à payer toujours davantage de taxes et d’impôts sans en percevoir les retours. La France périphérique est venue rappeler qu’elle valait autant d’attention que la France des cités, arrosée par les milliards de la “politique de la ville”. La solidarité nationale, principe sur lequel s’est construit l’Etat-providence dans la France homogène de l’après-guerre, est appelée à être de plus en plus contestée, dans une société qui ne cesse de se morceler. Dans un entretien au Figaro, vendredi, l’essayiste Denis Olivennes remarque : “Notre Etat-providence a engendré une égalité injuste“.

Plus gravement, le système redistributif en vient à avaliser des spoliations, en pénalisant les plus prévoyants au profit de ceux qui ont pris goût à vivre, comme à la RATP, au dépens de la collectivité. Or cette politique, qui est celle que veut suivre le gouvernement sur les retraites, ne peut être comprise dans sa brutalité. La France éclatée vit sur un volcan. Plutôt que de chercher à casser ce qui fonctionne et ne coûte rien à la collectivité, en s’en prenant aux régimes autonomes, le gouvernement ferait mieux d’inciter les cigales à imiter les fourmis.

Ivan Rioufol

Texte daté du 16 septembre 2019 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Que sont les Français devenus ?, par Ivan Rioufol

Ivan Rioufol

Que reste-t-il de la galanterie, du respect de la femme, de ces marques d’un peuple éduqué ? Que sont, cher Rutebeuf, les Français devenus ? Depuis le début de l’année, 75 femmes ont été tuées par un mari, un amant, un ami. En riposte, le gouvernement va organiser, le 3 septembre, un “Grenelle des violences conjugales”. Mais la décadence se lit aussi aux insultes qui pleuvent sur les femmes dans les rues, aux mains aux fesses dans le métro ou le bus, aux viols parfois.

Samedi dernier, à Paris, 1 500 personnes se sont retrouvées, place de la République, pour alerter sur cette régression. Toutefois, qu’attendent les femmes qui protestent pour parler clair ? Celles-ci dénoncent un “féminicide”, pour faire comprendre que les tuées l’auraient été parce que femmes. Dans “homicide”, elles entendent “homme”, au lieu d’”humain”. Ces néoféministes imposent au meurtre un mobile – la haine de la femme par l’homme prédateur – qui exclut des sources plus complexes, sociales ou culturelles. Elles obscurcissent les causes.

La paupérisation, la déculturation, l’abêtissement expliquent l’effondrement des mœurs dans bien des familles, y compris bourgeoises. La banalisation de la drogue et de la pornographie contribue à l’ensauvagement des esprits faibles. Or le concept de “féminicide”, non reconnu par le droit mais repris par Emmanuel Macron, ne permet pas de saisir ces situations sociales. Et les protestataires se gardent également de nommer la responsabilité de la culture islamique dans les atteintes sexistes. C’est pourtant cette idéologie virile qui asservit les femmes des cités.

C’est le Coran qui avalise la polygamie, exige de l’épousée qu’elle soit vierge au mariage et de la femme qu’elle se soumette à son mari (“Elles [les femmes] sont votre champ de labour. Allez à votre champ comme vous l’entendez […]“.) C’est la sourate 4 verset 34 qui autorise l’homme à frapper son épouse : “Les hommes ont autorité sur les femmes (…). Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance (…) frappez-les (…)“. Or les féministes baissent les yeux devant cet islam rétrograde.

Réduire la question des violences faites aux femmes à une lutte des sexes, comme le font les fausses rebelles et les militantes de la PMA pour toutes, est un procédé qui occulte les réalités.

Ivan Rioufol

Texte daté du 3 juillet 2019 et repris du blog d’Ivan Rioufol

L’alternance passe par l’union des droites, par Ivan Rioufol

Il y avait de la dérouillée dans l’air. Mais, contre toute attente, elle s’est abattue dimanche soir sur Les Républicains, bien davantage que sur La République en Marche. Certes, Emmanuel Macron perd son pari face à Marine Le Pen : son mouvement (LREM) ne récolte que 22,41% des voix aux Européennes, contre 23,31% au RN. L’échec était prévisible. Reste que l’écart des voix (moins de 1%) limite la déroute envisagée. “Ce n’est pas une défaite”, a même cru pourvoir assurer, ce matin sur Europe 1, Nathalie Loiseau, la tête de liste LREM. Il est vrai que la macronie peut se réjouir d’avoir poursuivi avec succès le dynamitage des vieux partis. Le parti socialiste, associé à Place Publique, ne récolte que 6,3% des suffrages. Quant à la liste PR, conduite par le prometteur François-Xavier Bellamy, elle s’effondre à 8,44%. Là est le séisme. J’avoue ne l’avoir pas envisagé.

Les sondeurs non plus n’ont rien vu venir. La Bérézina oblige la droite de Laurent Wauquiez à admettre qu’elle n’est plus crédible aux yeux des Français, même si près de 50% des électeurs n’ont pas participé au scrutin. Le bureau politique des LR doit se réunir ce lundi soir. Il n’est pas sûr que les caciques du parti soient disposés à entendre ce que suggèrent les électeurs en invitant la vieille droite à choisir son nouveau camp, bien dessiné par Macron : soit celui des “progressistes”, dominés par LREM, soit celui des souverainistes, dominés par le RN. Le spectre de “l’extrême droite” est devenu un cliché qui ne rend plus compte de la diversité du vote civilisationnel.

Dès hier soir, la gauche en déroute n’avait que le mot “union” à la bouche. Mais ce que s’autorisent les socialistes depuis 1971 et le congrès d’Epinay, qui allait sceller l’alliance avec le très stalinien PCF, est refusé à la droite par les faiseurs de morale. Cet interdit unilatéral a été tellement intégré par la droite de gouvernement qu’elle est la première désormais a rejeter l’hypothèse d’un rapprochement avec le RN, alors que celui-ci n’a plus rien de commun avec l’infréquentable FN de Jean-Marie Le Pen. Dès hier soir, les barons de LR semblaient être d’accord pour relancer, sans autre imagination, l’union avec le Centre, en passant par le silencieux Xavier Bertrand. “Tout est à reconstruire du sol au plafond“, a expliqué Valérie Pécresse, ce matin sur RTL. Reste que la fin de l’histoire est déjà écrite, si Les Républicains persistent à regarder de haut un RN qui capte le vote souverainiste : lors de la prochaine présidentielle, en cas de probable nouveau duel Macron-Le Pen, cette dernière aura de grande chance d’être à nouveau battue, à cause de son isolement.

C’est cette absurdité qui est à résoudre, alors que partout en Europe les populistes se consolident sur des alliances et des personnalités compétentes. Sur les questions sociétales, les différences entre François-Xavier Bellamy et Jordan Bardella étaient mineures. Des électeurs LR ont d’ailleurs apporté des voix à la liste RN, dans la recherche d’un vote utile. Macron, comme la gauche, redoute une union des droites. Or son opposition aux souverainistes est l’occasion de consolider cette force politique, seule capable d’assurer l’alternance.

Ivan Rioufol

Texte daté du 16 mai 2019 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Avec Notre-Dame, reconstruire la France, par Ivan Rioufol

Notre-Dame

Marie saura-t-elle rassembler les Français divisés ? Ce serait là un miracle pour l’Église éreintée et pour la nation déchristianisée. Néanmoins, force est de constater la sidération collective née de l’incendie de Notre-Dame de Paris, dédiée à la Vierge. Dès les premières flammes, la vie politique s’est effacée derrière la puissance intacte d’une mémoire millénaire. Le feu a jailli, lundi à 18 h 50, d’une partie de la charpente en chêne posée il y a huit cent cinquante ans. L’enfer a ravagé la toiture de la cathédrale, symbole de la chrétienté en Europe depuis le XIIe siècle. Emmanuel Macron, qui devait distiller à 20 heures ses premières mesures après le grand débat, a judicieusement choisi de différer ses annonces. Les partis ont également suspendu leurs joutes en perspective des élections européennes. La soudaine vulnérabilité de Notre-Dame, gravement défigurée en une poignée d’heures, est venue rappeler, comme un châtiment, la fragilité d’une nation quand elle devient oublieuse de son passé et de sa culture. Dans la soirée, le président a appelé, “tous ensemble”, à rebâtir l’édifice. Pour une fois, Macron a su être enthousiasmant.

Il faut parfois des tragédies pour sortir les peuples décadents de leur frivolité amnésique. Le temps dira si la douleur causée par la blessure d’un chef-d’œuvre, sorti des mains de générations d’anonymes inspirés par la quête du beau et du bien, saura se transformer en une renaissance. C’est pour avoir orgueilleusement négligé la mémoire et la lente expérience, au profit de la jouissance immédiate, que la modernité a renoncé à s’identifier à un idéal partagé. Le cheap, le toc, le bagou accompagnent son sillage. Rien n’est donc plus disruptif – ce mot macronien – que de tenter d’être à nouveau à la hauteur des humbles bâtisseurs du Moyen Âge. Lundi, une souscription nationale a été lancée pour faire renaître Notre-Dame de ses cendres. Beaucoup des plus grandes fortunes de France ont rapidement offert près d’un milliard d’euros. De nombreuses autres familles les suivront, sachant où ira leur argent.

L’occasion est donnée aux Français, éduqués dans l’illusion créative de la table rase et de l’homme nouveau, de retrouver le goût de la conservation, de la transmission, du respect des racines.

Ivan Rioufol

Texte daté du 18 avril 2019 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Grand débat : atterrissage dangereux, par Ivan Rioufol

Défense de rire : ils étaient cinquante Foulards rouges, dimanche, place de la Bastille. Mobilisés par la macronie pour répliquer au “fascisme” et à la “violence” des Gilets jaunes, les tenants du parti de l’Ordre ont dû annuler leur marche vers la place de la Nation. Les commentateurs, prompts à souligner l’essoufflement du mouvement populaire lancé le 17 novembre, n’ont pas jugé utile de s’attarder sur le fiasco du camp qu’ils défendent. Cet échec spectaculaire dit beaucoup, pourtant, de l’isolement croissant du pouvoir. Ceux qui reprochent aux révoltés de répéter : “Nous sommes le peuple” ont arithmétiquement raison ; toute la France n’est évidemment pas Gilets jaunes. Cependant, rien n’aurait dû être plus facile pour le pouvoir et ses soutiens que de mettre en place une autre contre-manifestation nationale, faisant suite à celle du 27 janvier qui avait rassemblé laborieusement 10.000 personnes selon la police. Mais il faut croire que les citoyens ne se bousculent pas pour s’identifier aux “winners” de la “start-up nation”, promus par Emmanuel Macron.

Les ploucs de la France périphérique ne parlent pas le globish et n’ont pas une calculette dans le cerveau. Pour autant, leurs idéaux démocratique et civilisationnel rendent leurs adversaires, prétendument sophistiqués, de plus en plus frustes, patauds, manichéens, complotistes. Les Foulards rouges, qui se poussent du col et disent représenter le progrès et la vertu, ont fait la démonstration, dimanche, de leur incompréhension du monde qui vient. L’histoire leur tourne le dos. Ce message est à entendre par le chef de l’Etat, qui se prépare à apporter ses réponses à l’insurrection civique.

Le pouvoir, s’il veut sauver ses meubles, s’oblige à accompagner les premiers pas de la nouvelle révolution lancée par les Gilets jaunes. Un projet de société est à réinventer. Ce lundi, sur Europe 1, Nadine Morano (LR) a expliqué : “Les Français attendent de Macron qu’il répare ses fautes“. Cette analyse n’est qu’en partie exacte. En effet, le président n’est pas le seul responsable d’un système asphyxié par quarante ans de politiques indifférentes aux réalités et aux injustices subies par les Oubliés. Ce lundi, le premier ministre, Edouard Philippe, a fait la “restitution” du grand débat national, au cours d’un raout verbeux organisé au Grand Palais. Il se confirme que l’immigration est le sujet absent, alors qu’il apparaît dans les sondages comme la préoccupation première des Français pour les Européennes.

Cette incongruité jette un doute sur la représentativité de ceux qui ont répondu à l’invitation du Pouvoir, qui a “langé” (lapsus hilarant de Philippe qui voulait dire : lancé) la parole des Français. Certes, les technocrates sauront apporter des réponses ponctuelles à l’exaspération fiscale ou à la simplification du mille-feuilles administratif. Mais ces mesures ne peuvent ignorer la quête de sens qui s’exprime aussi tous les samedis, sans violences depuis que l’extrême gauche se fait plus discrète ces trois dernières semaines. Il faut se plonger dans ces rassemblements disparates, où gauche et droite, extrême gauche et extrême droite se côtoient et se parlent, pour mesurer le besoin de mettre l’homme au cœur des décisions. La macronie est-elle capable d’appréhender cette dimension? L’atterrissage s’annonce dangereux.

Ivan Rioufol

Texte daté du 8 avril 2019 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Pacte de Marrakech : la fausse fake news…, par Ivan Rioufol

Se méfier des chasseurs de “fake news” : ils se révèlent souvent les adeptes des désinformations et des mensonges qu’ils dénoncent. “La désintox a souvent le parfum de l’intox”, note la spécialiste des médias, Ingrid Riocreux (1), exemples à l’appui. Dans son livre, elle stigmatise “le monde idéal du Journaliste, où tout le monde est favorable à l’IVG et à l’immigration, où règne un consensus universel parfait sur la question du réchauffement climatique, où tout le monde considère Donald Trump uniquement comme un histrion, (…)“. La mode est, ces temps-ci, à la “déconstruction” d’informations qui dérangent.

L’exercice est rarement très convaincant. Les redresseurs de torts, presse écrite comme audiovisuelle, s’y adonnent néanmoins avec gourmandise. Ce sont les mêmes faux curés qui adorent depuis toujours prêcher la morale, quitte à plier les réalités à leur idéologie humanitariste. Ces pédago-justiciers appartiennent à un petit monde en quête de respectabilité : il a de lui-même une opinion si élevée qu’il juge ceux qui lui tournent le dos comme des arriérés. Dernièrement, la meute éreintait ainsi les “complotistes” qui alertaient, comme votre serviteur (bloc-notes du 14 décembre), sur la signature, le 10 décembre 2018 à Marrakech (Maroc) du “pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières”, ratifié notamment par Emmanuel Macron. Les traqueurs de “fake news” juraient que ce texte, présenté en effet comme non contraignant, n’avait aucune incidence sur les politiques migratoires pourtant promues en termes élogieux. Ce que nous y lisions n’était donc pas ce que nous y lisions…

C’est pourtant en appui de ce pacte, également signé par le Vatican, que le pape François a argumenté son “discours aux migrants”, samedi à Rabat. Il a appelé “à passer des engagements pris” à des “actions concrètes pour considérer les migrants comme des personnes et non des numéros”. Sa position vient démentir les bobards colportés par une maréchaussée mobilisée dans l’enfumage toxique. Le pape considère, logiquement, que le texte signé l’engage et qu’il doit être suivi d’effets. La France comme Le Vatican ont ainsi accepté de “recadrer le discours sur la migration“, de faciliter le regroupement familial, de valoriser les cultures accueillies. Les signataires (160 pays) sont d’accord plus généralement pour défendre une immigration qui “contribue à la prospérité mondiale”, pour sanctionner financièrement les médias mal-pensants, pour ne pas faire de différence entre l’immigré légal et le clandestin.

Non seulement le pacte de Marrakech offre, comme je le soulignais, un socle pour des jurisprudences et des lois futures, mais il autorise dès à présent à promouvoir une ouverture à l’immigration de peuplement. “Vous n’êtes pas des marginaux, a assuré le pape aux migrants, vous êtes au centre du cœur de l’Eglise“. Pour le Chrétien, selon le pape, un immigré est “le Christ lui-même qui frappe à nos portes”. Ceux qui ont banalisé le pacte de Marrakech en insultant les lanceurs d’alerte ont menti. Ce sont les mêmes professionnels du déni.

(1) Les marchands de nouvelles (L’Artilleur)

Ivan Rioufol

Texte daté du 1er avril 2019 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Les Gilets jaunes, toujours soutenus, par Ivan Rioufol

Ceux qui s’échinent depuis quatre mois à caricaturer les Gilets jaunes en émeutiers ensauvagés, en factieux, en antisémites-racistes-homophobes, n’arrivent pas à ébranler significativement l’opinion. Selon un sondage Viavoice publié ce mercredi, une majorité de Français (57%) reste solidaire de la révolte populaire, unanimement décriée par le Système et ses commentateurs. 10% des sondés se disent Gilets jaunes et 47% disent les soutenir. Je reconnais bien volontiers faire partie de cette seconde catégorie. Ceux qui annoncent la fin du mouvement, après le saccage des Champs-Elysées, samedi, par des commandos d’extrême-gauche soutenus par des protestataires, doivent se rendre à l’évidence : le pays est traversé par un soulèvement d’une ampleur historique.

Les Oubliés ne rendront pas les armes tant qu’ils n’auront pas obtenu leur place dans la république. Continuer à minimiser cette insurrection civique, comme le fait la macronie et ses fers de lance médiatiques, est une erreur d’analyse qui peut s’avérer dangereuse. Car rien ne peut résister à un peuple quand celui-ci arrive, ce qui est désormais le cas avec les Gilets jaunes, à incarner un combat contre l’injustice d’un monde trop fermé. Les insultes, déversées sur les indésirables par l’establishment, n’ont réussi qu’à caricaturer ceux d’en haut dans leur morgue et leur aveuglement. La seule réponse sécuritaire apportée ces jours-ci par le gouvernement n’aura comme effet que d’accentuer le bras de fer. Emmanuel Macron n’est pas Jupiter ; mais il pourrait devenir Néron, à prendre ainsi le risque de l’épreuve de force. La France est plus que jamais inflammable.

Selon le sondage (réalisé les 6 et 7 mars), près de neuf Français sur dix (86%) pensent qu’il faudra “réorienter la politique économique et sociale actuelle“. 78% se prononcent pour la rénovation des “institutions et de la démocratie”. Une majorité (62%) se dit aussi favorable à l’inscription dans la Constitution d’un référendum d’initiative citoyenne (RIC). Les sondés souhaitent néanmoins que ce RIC, une des revendications prioritaires des Gilets jaunes, soit étroitement encadré et en particulier qu’il ne remette pas en cause “la Constitution ou les libertés fondamentales” (77%). Si 58% des personnes interrogées trouvent que le grand débat a été “une bonne chose”, elles sont également 71% à penser que cette initiative présidentielle “est surtout un moyen de communication pour le Président de la République et le gouvernement“.

Au total, il apparait que les ploucs du “monde ancien”, ridiculisés par le président et sa Cour, sont en réalité porteurs d’une authentique révolution (bloc-notes du 17 novembre 2018). Le “monde nouveau”, que Macron prétend symboliser, est un leurre, une posture, un effet de communication. La vraie modernité est aujourd’hui portée par cette contestation qui entend rompre avec un système immobile et injuste. La première victoire des Gilets jaunes, en dépit de leur désorganisation et de leur nouvelle pente vers la violence, est d’avoir éveillé les esprits aux réformes. Macron cessera-t-il un jour de se regarder le nombril ?

Ivan Rioufol

Texte daté du 18 mars 2019 et repris du blog d’Ivan Rioufol

La grande mascarade du grand débat, par Ivan Rioufol

Le grand débat national s’achemine vers la grande débâcle annoncée (blog du 9 janvier). En dépit de la propagande d’Etat qui survend le “succès” de l’initiative présidentielle, les chiffres apportent un sérieux bémol à l’euphorie. S’il y a eu 1,4 million de contributions, elles ne proviennent que de 300.000 contributeurs. Cette faible participation, au regard des 46 millions d’électeurs inscrits, relativise l’auto-contentement d’Emmanuel Macron. D’autant que c’est une France “urbaine, favorisée et retraitée” qui s’est majoritairement exprimée, aux dires de Jérôme Fourquet (IFOP) : c’est-à-dire une population éloignée des préoccupations des Gilets jaunes, éléments déclencheurs de la manoeuvre élyséenne. 10.000 communes ont également ouvert 16.000 cahiers de doléances. 7000 réunions ont été tenues, sans qu’il soit possible de savoir si elles ont été suivies par beaucoup de citoyens.

Au total, l’opération aura surtout été le prétexte pour Macron de s’inviter à plusieurs reprises, et sur la longueur, dans des débats encadrés et retransmis en direct sur les chaines d’information. Il a trouvé là l’occasion de se laisser aller à un one man show, en mettant en scène une incontestable maîtrise des dossiers techniques. Mais, trois mois après le lancement du grand débat, qui se termine cette fin de semaine, que faut-il retenir ? La semaine dernière, Macron a demandé à ses ministres de lui transmettre “des propositions le plus rockn’roll possible“. Cette infantilisation des enjeux laisse perplexe. La grande mascarade colle aux basques de la macronie.

Le point de départ est, rappelons-le, de répondre à la révolte existentielle des Français oubliés. Quand, mardi dernier à Milan, Bernard-Henri Lévy dépeint les Gilets jaunes qui manifestent à Paris chaque samedi comme des types qui ne pensent qu’à “casser du flic, du juif et du pédé“, l’écrivain proche de Macron laisse voir sa profonde incompréhension de la révolte et sa rupture avec la France périphérique et rurale. Dans son outrance, incroyablement haineuse, BHL fait aussi comprendre que seule lui importe la défense du chef de l’Etat. Or cet esprit de meute est partagé par le reste de la cour. Elle se montre incapable d’entendre les critiques qui lui portées. Le désarroi du camp présidentiel s’observe aux crocs montrés par la garde rapprochée, mais aussi au manque d’imagination des politiques.

Alors qu’une partie des Français réclame moins de taxes, d’impôts et de technocratie, le pouvoir ne cesse de raisonner en terme de fiscalité supplémentaire et d’usines à gaz. La dernière idée en date serait, selon le député LREM Cédric Villani entendu ce lundi matin sur Europe 1, d’augmenter les impôts pour les riches. Il n’était pas utile de faire tout ce tintouin pour en arriver à cette banalité démagogique. En fait. Depuis la première manifestation des Gilets jaunes le 17 novembre, rien n’a bougé. A la (bonne) question initiale posée par Jacline Mouraud à l’adresse de Macron : “Qu’est-ce que vous faites du pognon des Français ?“, aucune réponse n’a été apportée à ce jour. Oui, les prochaines semaines s’annoncent rockn’roll … pour Macron.

Ivan Rioufol

Texte daté du 11 mars 2019 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Les Gilets jaunes se font voler leur révolution, par Ivan Rioufol

Les Gilets jaunes voient leur révolution confisquée. Eux qui cherchent notamment à “démocratiser la démocratie” (expression de Laurent Fabius, ce mercredi sur RTL) ne maîtrisent plus vraiment un mouvement qui leur échappe. Il a été habilement détourné, à la fois par la gauche et par le chef de l’Etat, dans une même stratégie du coucou, du nom de cet oiseau qui pond dans le nid des autres, quitte à semer la peur chez les récalcitrants. Cela fait quelques semaines que les premiers Gilets jaunes, ces petits patrons ou employés du privé venus à Paris du fond des provinces, ont laissé place à des manifestants plus urbains, plus syndicalisés, plus politisés, plus violents. C’est un militant de la CGT du nord qui pilotait le transpalette, préalablement dérobé, qui a servi à défoncer la porte du porte-parolat du gouvernement, le 5 janvier. L’extrême gauche est désormais bien visible dans les défilés qui se radicalisent et dégénèrent.

Elle est reconnaissable à ses slogans, ses drapeaux, son organisation. Les black blocs et les antifas sont là comme des poissons dans l‘eau. Parallèlement, Emmanuel Macron a, lui aussi, réussi à s’approprier une partie de la révolte populaire, en transformant le besoin d’expression de la société oubliée en un long monologue présidentiel, retransmis par toutes les chaines d’information. Se vérifie chaque semaine la critique émise par Chantal Jouanno, présidente de la commission nationale du débat public, d’un “grand débat faussé”. Ce prétexte avait justifié sa décision de se retirert du processus, après une polémique sur son salaire élevé. Mais, de fait, ce devrait être aux Français d’interroger le pouvoir, et non l’inverse.

Cette stratégie du coucou est préjudiciable au mouvement de fond. Il paie là son manque d’organisation, de programmes, de leaders. Résultats : la gauche tente d’introduire dans les revendications ses marottes sur la lutte des classes, la haine du riche, l’égalitarisme au cordeau. Macron a entamé, en douce, sa campagne pour les Européennes tout en assurant qu’il n’en est rien. La macronie, habitée par ses idées fixes, tente déjà de revendre sa fiscalité écologique en la présentant cette fois-ci comme “équitable”. Avant même de connaître les résultats du grand débat, 86 députés de la majorité présidentielle signent, ce mercredi dans Le Figaro, une tribune qui défend le retour à la taxe carbone, ce détonateur du réveil des Oubliés.

Alors que les Gilets jaunes réclament moins de taxes et d’impôts, le gouvernement réfléchit à de nouvelles impositions. Bienvenue en Absurdie ! En fait, tout se met en place pour attiser davantage des frustrations des citoyens irrités : une fois de plus, ils sont en train de voir leur parole confisquée par des partis qui n’ont rien vu venir, et par un pouvoir qui n’entend pas changer de ligne. C’est ce que le patron des députés LREM, Gilles Le Gendre, a déclaré ce matin sur LCI : “On a changé sur la méthode, mais pas sur les objectifs”. Reste que rien n’est aujourd’hui réglé de la révolution entamée, qui réclame plus de démocratie, plus de proximité, moins d’assistanat (lire ici). La France est sur un volcan. Relire Victor Hugo : “Le plus haut symbole du peuple, c’est le pavé. On marche dessus, jusqu’à ce qu’il vous tombe sur la tête”.

Ivan Rioufol

Texte daté du 13 février 2019 et repris du blog d’Ivan Rioufol

La Macronie, entre complotisme et censure, par Ivan Rioufol

Emmanuel Macron ne se résout pas à écouter la colère populaire. D’autant qu’elle se focalise de plus en plus sur sa propre personne. “C’est une crise qui vient de loin“, a coutume d’expliquer le chef de l’Etat, comme pour s’exonérer de sa responsabilité. Il veut aussi croire que la grogne est manipulée par les réseaux sociaux, qui eux-mêmes seraient instrumentalisés par des mains étrangères invisibles. Le complotisme a gagné le chef de l’Etat quand ce dernier, jeudi face à quelques journalistes, laisse comprendre qu’il voit une instrumentalisation de la Russie de Poutine et de ses chaînes françaises derrière la frange la plus radicalisée des Gilets jaunes. Le 8 janvier, Marlène Schiappa s’était également interrogée : “Qui finance les casseurs ? Des puissances étrangères ? La question n’est pas incongrue, eu égard aux positions de responsables italiens.” La secrétaire d’Etat avait demandé, en vain, la divulgation de l’identité des donneurs de la cagnotte ouverte en soutien au boxeur Christophe Dellinger, qui s’était acharné sur un policier à terre.

En réalité, le pouvoir laisse voir un affolement qui lui fait lancer des soupçons à la volée. La Macronie aux abois ne jure plus que contre les “fake news” et les “infox”, sans se rendre compte qu’elle-même alimente la machine à fantasmes et à désinformations. Qui a parlé, à propos des Gilets jaunes, de “foule haineuse” ou de “peste brune” sinon le président et son entourage ? : des termes injurieux affiliés aux propagandes manichéennes des régimes autoritaires. L’anti-macronisme ne se réduit évidemment pas à ces caricatures. L’enferment du pouvoir, en dépit du grand débat, n’aboutira qu’à radicaliser davantage ceux qui réclament leur place dans un système politique et social actuellement asphyxié.

Le complotisme d’Etat pourrait à la rigueur faire sourire s’il ne s’accompagnait d’une volonté gouvernementale de reprendre en main une information qui lui échappe. Il y a près d‘un an, la ministre de la Culture d’alors, Françoise Nyssen, avait confié aux chaines publiques une mission de “décryptage des fausses nouvelles” en leur assignant comme objectif de “changer les mentalités sur le terrain”. Depuis, la loi anti fake-news est venue également alourdir les menaces sur la liberté d’expression en confiant à un juge le soin de dire si une information est vraie ou non. Récemment, le nouveau ministre de la Communication, Franck Riester, a annoncé le renforcement des pouvoirs du Conseil supérieur de l’audiovisuel, le gendarme de la pensée sur les radios et les télévisions.

Est envisagée également la création d’une “instance de déontologie” de la presse. Et jeudi, Macron lui-même a évoqué l’idée d’installer l’Etat au cœur même de la fabrique de l’information, comme seule sans doute la Corée du nord ose encore le faire. Il a déclaré, en effet : “Le bien public, c’est l’information (…) Il faut s’assurer qu’elle est neutre, financer des structures qui assurent la neutralité. Que pour cette part-là, la vérification de l’information, il y ait une forme de subvention publique assumée, avec des garants qui soient des journalistes (…)“. Oui, le président envisage de faire prendre en charge par l’Etat certains journalistes à qui il serait demandé d’assurer une information propre, officielle, labellisée, certifiée conforme. Une information sous surveillance de la censure…

Ivan Rioufol

Texte daté du 4 février 2019 et repris du blog d’Ivan Rioufol