Robert Ménard : « Il faut dénoncer avec vigueur les islamistes, aucun accommodement n’est possible »

Robert Ménard a fait afficher des caricatures de Mahomet de Charlie Hebdo dans sa ville de Béziers, en hommage à l’enseignant Samuel Paty, décapité par un islamiste tchétchène, le 17 octobre, à Conflans-Sainte-Honorine.

Il explique les raisons de cette initiative.

Depuis mercredi, les Biterrois peuvent voir dans la ville de Béziers, des affiches de Charlie Hebdo en hommage à Samuel Paty, ce professeur d’histoire Géographie assassiné par un terroriste tchétchène. Pourquoi avoir rendu hommage à Samuel Paty de cette façon ?

Il a été décapité après avoir montré ces caricatures-là dans ses classes. Aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, ces caricatures de Mahomet sont devenues une sorte d’étendard de la liberté.
Quoi qu’on en pense, le fait de les afficher veut dire « je suis pour la liberté d’expression dans un pays voltairien».
Avoir fait le choix à Béziers de publier ces caricatures de Mahomet et de les mettre dans les rues de la ville est une façon de rendre hommage à ce professeur qui a formidablement fait son métier. C’est aussi une façon de dire « voilà ce qu’un certain nombre de gens ne veulent pas voir ». Le blasphème n’est pas quelque chose qui existe en France. Et on ne veut pas en entendre parler. C’est pour cette raison que l’on a choisi de publier ces caricatures dans les rues de notre ville.

Concomitamment à l’exposition de ces caricatures, la mosquée de Béziers a été menacée des pires représailles par un internaute sur les réseaux sociaux. N’avez-vous pas peur de montrer ces caricatures ?

Je ne crois pas. Je suis persuadé du contraire. Dénoncer les islamistes. Dénoncer l’islam politique c’est prendre la défense des musulmans qui ne veulent pas entendre parler de ces extrémistes, de ces fous de Dieu, de ces intégristes, de ces ayatollahs. Si on veut renforcer les modérés parmi les musulmans, il faut dénoncer avec encore plus de vigueur et encore plus de rigueur les islamistes. Certaines personnes ne le comprennent pas. Croire que l’on peut trouver des espèces d’accommodement plus ou moins raisonnable avec les islamistes, c’est se mettre le doigt dans l’œil et les deux doigts dans les yeux. C’est perdre la bataille engagée. On a besoin de protéger ceux qui parmi les musulmans ont la vraie volonté de devenir des Français à part entière et pas seulement des Français de papier.

Comment avez-vous accueilli la réponse de l’hebdomadaire Charlie Hebdo « c’est dur d’être aimé par Robert Ménard » en rappelant que cela fait des décennies que Charlie Hebdo combat les idées que vous représenteriez ?

Un peu attristé. Je pensais que Charlie Hebdo était capable de défendre les opinions et la liberté de dire des gens ne pensent pas comme eux. Malheureusement, ils sont comme tout le reste de la gauche. Au fond, il y a un sectarisme qui peut être plus fort que n’importe quel principe.
Cela fait des années que je défends la liberté de la presse. Aujourd’hui et hier à la tête de Reporters sans Frontières, je continuerai à le faire. Comme le dit Élisabeth Levy dans un superbe papier ce matin « on est Charlie et Charlie a oublié d’être Charlie ».

Vous les défendrez malgré eux ?

Bien sûr. On aime ce qu’ils représentent même s’ils ne nous aiment pas. Je ne suis pas sûr qu’ils sortent très glorieusement de ce genre de propos.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Appels à la décapitation, demande de rançons : résister aux menaces islamistes

Jérémie Bréaud est le maire nouvellement élu de Bron, ville de 38 000 habitants de la banlieue de Lyon. Cette ville a basculé à droite le 28 juin, après une très longue mainmise du PS et du PC. Jeudi matin, les habitants de Bron ont découvert des appels au meurtre peints sur les murs de la ville : « Jérémy Breaud on va te décapité » et aussi « Nik la mumu ». La mumu en question, c’est la police municipale. Ces menaces sont prises au sérieux, et le maire est désormais sous protection policière.

« Surtout, pas d’amalgame ! Des inscriptions sur un mur ne signifient rien. L’activisme sécuritaire agace quelques dealers locaux. C’est tout » : voici, en résumé, le discours que tentent de tenir quelques rescapés des gauches locales, surtout du côté des écologistes et des Insoumis. Mais les Brondillants (les habitants de Bron) prennent en fait ces menaces très au sérieux. Pendant et après le confinement, les quartiers islamistes avaient retenti de tirs de mortier, et la pratique des rodéos urbains lors de mariages y était devenue courante. Cette ambiance « séparatiste » avait pesé dans le choix électoral des habitants. D’après les syndicats de police, ces menaces de mort sont la suite logique de la volonté de rétablissement de la loi en ville : « Opérations stups qui dérangent, refus des dérives et rodéos lors de mariages… la fermeté ne plaît pas à la racaille. Les élus sont désormais des cibles. » Des témoins ont vu une vingtaine de « jeunes » peindre ces appels à la décapitation.

Que les tagueurs soient des vendeurs de drogue n’exclut ni la connexion avec des réseaux islamiques ni un risque de passage à l’acte. On sait que beaucoup de délinquants sont islamisés en prison. Et le trafic de drogue finance largement ce terrorisme, en France comme ailleurs.

« Barbarie de l’islam radical »

Voici donc qu’après la droite nationale, après la population de souche des « quartiers », une grande partie de la classe politique découvre à son tour l’islamisme. Blanquer évoque même « les ravages de l’islamo-gauchisme ».

Le jeune maire de Bron, parlant de « barbarie de l’islam radical », a tenu à dire que ces menaces ne l’impressionnaient pas. Il a porté plainte. Il y a dix jours, déjà, il avait été menacé de mort, après une opération antidrogue sur sa commune.

Ce vendredi, lors de l’émission Bistro Libertés de Martial Bild, sur TVLibertés, le débat avait porté notamment sur la décapitation. Certains participants pensaient qu’une fois l’émotion retombée, l’affaire Paty serait vite oubliée, comme l’avait été la décapitation de ce chef d’entreprise, dans l’Isère, en 2015. D’autres espéraient un réveil salutaire, une prise de conscience, et aussi, pour la génération des lycéens d’aujourd’hui, un traumatisme qui les vaccinera à vie. Ce sera peut-être en effet le cas.

Mais l’émotion ne va pas retomber, tout simplement parce que les islamistes, eux, ne vont pas en rester là. Le choc de la décapitation du professeur, la sidération des Français semblent entrer dans leur stratégie. Déjà plusieurs écoles, dont une à Vannes (Morbihan), ont été visées par des demandes de rançon pour échapper à des décapitations. Simple « opportunisme » de truands locaux ? Peut-être, mais c’est un processus terroriste classique (FLN, Vietcongs, Khmers rouges, etc.) : terroriser, rançonner pour faire taire les majorités.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 23 octobre 2020

CCIF – BarakaCity : l’état découvre la lune

Après plus d’une douzaine de polémiques, il aura fallu attendre la décapitation de Samuel Paty pour que Gérald Darmanin s’attaque enfin au CCIF et à l’association Baraka City. Simples déclarations ou volonté réelle ?

Après l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a annoncé vouloir cibler 51 associations communautaires. Au micro d’Europe 1, le ministre des cultes a annoncé lundi matin vouloir « dissoudre plusieurs d’entre elles en Conseil des ministres ». Parmi elles, le Conseil contre l’islamophobie en France (CCIF) et Baraka City.

Le ministre de l’Intérieur vise particulièrement le CCIF qui bénéficie « des subventions d’Etat et des déductions fiscales » et qui serait « manifestement impliqué » dans la polémique lancée contre le professeur égorgé quelques jours plus tard, puisque « le père qui a lancé la fatwa se référence clairement à cette association », a indiqué Gérald Darmanin.

Une accusation que dément Marwan Muhammad, l’ancien directeur de l’association, toujours adhérent. « Sur ce dossier spécifique, le CCIF n’était pas intervenu ni juridiquement, ni en communication avec l’établissement, ni en encourageant ou en diffusant des contenus », a-t-il affirmé sur Europe 1 en annonçant vouloir « saisir la justice » pour des « propos diffamants ».

Revendications communautaires et relais de l’islam politique

Sous couvert de lutte contre l’islamophobie et les discriminations à l’égard des musulmans, le Conseil contre l’islamophobie en France se montre régulièrement comme un véritable lobby portant l’idéologie de l’islam politique dans le débat public, jusqu’à réclamer la reconnaissance de la communauté musulmane « comme une minorité » en France. Le CCIF est régulièrement accusé de proximité avec la mouvance intellectuelle des Frères musulmans, notamment pour son approche victimaire ou ses statistiques décriées.

Fondé en 2003 par Samy Debah, il s’est illustré à de nombreuses reprises, notamment durant la campagne de harcèlement contre le restaurateur du Cénacle, à Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis), qui avait été filmé en train de se scandaliser de la tenue de deux femmes voilées sur sa terrasse. Après une violente campagne sur les réseaux sociaux, obligeant le restaurateur à baisser définitivement le rideau, le CCIF s’était constitué partie civile durant le procès qui condamna le patron de l’établissement à 5 000 euros, dont 2 000 euros avec sursis, en mars 2017.

Pour Tariq Ramadan, contre Asia Bibi

L’association s’est fait une spécialité de devenir partie prenante dans les affaires liées à l’affirmation d’un islam politique. En 2018, alors que l’intellectuel proche des Frères musulmans Tariq Ramadan se retrouvait dans la tourmente après des accusations de viols, le CCIF vole à son secours et demande sa remise en liberté, dans un communiqué supprimé quelques heures plus tard, où il dénonçait « une justice à deux vitesses ».

Quelques mois plus tard, alors que la jeune femme chrétienne Asia Bibi, condamnée à mort pour blasphème, a enfin été libérée du Pakistan, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Christophe Castaner, décide de la recevoir. Une rencontre qui a provoqué la colère de Sefen Guez Guez, l’un des avocats du Collectif contre l’islamophobie en France, sur les réseaux sociaux. « Faut-il que je demande à mes clients sans papier de devenir catholiques pour qu’ils soient reçus par le ministre de l’Intérieur », s’est-il insurgé. Une comparaison douteuse avec les dizaines de milliers de migrants arrivant chaque année en France.

Le même avocat s’était engagé aux côtés de l’association contre un arrêté anti-burkini pris par le maire de Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes), en août 2016. Deux ans plus tôt, il défendait un agent de sûreté aéroportuaire de l’aéroport de Nice, soupçonné « de radicalisation religieuse ». Bien que se défendant d’être « l’avocat d’une communauté », Sefen Guez Guez avait évoqué sur LCI « l’oppression des musulmans » en France.

Baraka City, ou l’ONG aux multiples ambiguïtés

Vous vous souvenez certainement du moment de malaise sur le plateau du « Supplément » de Canal+ en 2016, où Najat Vallaud-Belkacem et les journalistes présents se sont soudainement heurtés aux contradictions du vivre-ensemble. Idriss Sihamedi avait alors assumé sans complexe son refus de serrer la main des femmes, au nez et à la barbe du ministre des Droits des femmes sous François Hollande. Une position qu’il réaffirma lors de l’instauration des distanciations physiques contre le coronavirus, se réjouissant de pouvoir, « dans la joie et la bonne humeur », dire non aux femmes lui tendant la main.

Repéré pour ses propos sur les attentats de Charlie Hebdo, Idriss Sihamedi est fiché par la DGSI pour ses accointances avec le milieu salafiste et est même interdit sur le territoire turc depuis mai 2019. Idriss Sihamedi est rapidement devenu populaire sur les réseaux sociaux et bénéficie régulièrement d’une vague de soutien, jusqu’à être en tête des tendances Twitter à chaque affaire judiciaire. Baraka City est suivie par plus de 710 000 personnes sur son compte Facebook qui, lui, n’est pas censuré. Le 15 octobre dernier, il est même placé sous contrôle judiciaire dans l’attente de son procès pour harcèlement sur les réseaux sociaux à l’encontre de la chroniqueuse de RMC, Zohra Bitan. Le fondateur de l’ONG aurait diffusé jusqu’à 120 tweets diffamatoires depuis son compte.

Maintenir la pression entre jeunes musulmans et policiers

Si ses premières actions s’inscrivaient dans l’action sociale de proximité, avec des maraudes et un soutien aux familles les plus démunies, l’association islamique à but non lucratif a bien changé de stratégie depuis. Pas une seule émeute dans les banlieues ne se déroule sans que Baraka City ne dénonce ou amplifie des dérapages policiers « racistes », comme à Toulouse lors d’une série d’attaques contre la police en 2018.

Le 16 novembre 2015, l’ONG publiait une vidéo intitulée « Raqqa est frappée par 20 missiles », où elle présentait des avions de chasse français bombardant des positions de l’Etat islamique dans la ville syrienne. « Nous craignons que des civils soient parmi les victimes », avertissait-elle. Après des centaines de milliers de partages, provoquant une vague d’indignation parmi les musulmans, cette vidéo s’est révélée hors de propos. Il s’agissait en réalité d’images postées le 14 novembre, veille des premières frappes françaises, par une agence de presse proche de Daesh. Une campagne censée discréditer l’action de la France contre l’Etat islamique, trois jours seulement après les attentats de Paris.

Si l’association dénonce « un abus de pouvoir » de la part de Gérald Darmanin qui souhaite s’y attaquer, la proposition de dissolution devrait bien être déposée devant le Conseil des ministres. Bien que de nombreuses personnalités, musulmanes ou non, aient alerté sur les ambiguïtés et les connivences entre ces associations et le milieu de l’islam radical, il aura fallu attendre une vingtaine d’attentats, dont la décapitation d’un professeur des collèges, pour que le gouvernement daigne enfin se poser la question d’une dissolution de ces structures, souvent opaques et implantées dans le paysage français.

Etienne Lafage

Article paru dans Présent daté du 20 octobre 2020

Alexandre Rodde : “Le djihad a évolué sur les cinq dernières années”

Alexandre Rodde, membre du Centre d’étude de la Sécurité et de la Défense (CESED), consultant en sécurité intérieure, officier de réserve de la Gendarmerie nationale et co-auteur avec Bernard Meunier, du livre “Passage à l’acte : Comprendre les tueries en milieu scolaire” (aux éditions Kiwi), était l’invité d’André Bercoff, lundi 19 octobre, sur Sud Radio

Dans son dernier livre, co-écrit avec Bernard Meunier, Alexandre Rodde traite les histoires de tuerie de masse dans le milieu scolaire. “Toutes les histoires ne concernent pas forcément le terrorisme en soit mais la protection de toutes les écoles“, précise l’auteur. En France, la seule tuerie de masse en milieu scolaire avait marqué les esprits en 2012. C’était à Toulouse, l’attentat contre Ozar Hatorah perpétré par Mohammed Merah.

Un changement de stratégie pour les terroristes

Depuis la seconde attaque contre Charlie Hebdo, le 25 septembre dernier, rue Nicolas-Appert à Paris, Alexandre Rodde travaille particulièrement sur la question du terrorisme et note que “le djihad a évolué sur les cinq dernières années“. Les terroristes tentent de “s’adapter aux méthodes policières et militaires que l’on a pu mettre en place au Moyen-Orient“, explique-t-il.

Une menace jusqu’alors “projetée“, où les groupes terroristes “envoyaient du personnel et les mettaient en liaison avec un niveau logistique important“, décrit le consultant. Meilleur exemple, les attentats du Bataclan ou de Charlie Hebdo en 2015, avec “des moyens importants, de l’ordre de 10.000 euros pour l’opération“, note Alexandre Rodde.

Des attaques low-cost

Désormais, les terroristes passent “à des attaques low-cost“. “Du fait qu’on ait détruit ces groupes djihadistes à l’étranger, ils sont obligés de changer de stratégie et incitent les gens qui sont déjà sur le sol français à passer à l’acte“, observe l’auteur. Une stratégie qui existe depuis longtemps et consiste à fomenter “plusieurs petites attaques où on tue une ou deux personnes à la fois, mais qui marque l’opinion publique“. L’objectif des djihadistes : “créer un conflit civil qui favoriserait la montée de l’islam radical“, affirme l’officier de réserve de la Gendarmerie.

Vendredi 16 octobre, un nouvel acte terroriste a secoué la France et l’univers scolaire. Un professeur d’histoire-géographie a été décapité à la sortie d’un collège à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Après l’émotion suscitée par cet acte barbare, les questions, notamment liées aux menaces qui pesaient contre ce professeur depuis plusieurs jours. “La question qu’il faut se poser c’est de savoir si l’information était transmise à la police locale et si quelque chose a été mis en place“, réagit l’auteur. “La partie sécuritaire ne doit pas être dans les mains de l’Éducation nationale qui n’est pas à même de s’occuper de ça“, rappelle-t-il.

Une analyse reprise du site Sud Radio

Assassinat d’un professeur : l’impuissance de nos dirigeants face à l’islamisme

L’assassinat barbare d’un professeur d’histoire, coupable d’avoir voulu expliquer à ses élèves l’importance de la liberté d’expression, est l’aboutissement extrême des menaces et des pressions régulièrement exercées dans les établissements scolaires par des familles qui font passer la loi de leur religion avant la loi de la nation.
Il est aussi la conséquence d’un laxisme trop fréquent, qui refuse de reconnaître la réalité : la volonté des islamistes d’imposer progressivement leurs conceptions politico-religieuses, incompatibles avec les valeurs de notre culture.

Faut-il rappeler que l’objectif de l’école est théoriquement d’instruire les élèves, en leur transmettant des savoirs objectifs et rationnels ? De leur apprendre à acquérir un jugement critique et à construire leur liberté de pensée ? Force est de constater que des professeurs de toutes disciplines subissent les pressions d’une minorité pour les faire renoncer à aborder des périodes de l’Histoire, des écrivains, des théories scientifiques, ou à effectuer avec tous les élèves certaines activités. Les enseignants seront-ils contraints, pour ne pas se mettre en danger, de céder au chantage exercé contre eux ou de s’autocensurer pour éviter des représailles, qui peuvent aller jusqu’à la décapitation ? Ce serait faire le jeu des ennemis de la France et renoncer à leur mission.

Force est de déplorer que les autorités publiques ne donnent pas toujours l’exemple de la fermeté devant ces comportements intolérables, que les professeurs de bonne volonté ne sont pas suffisamment soutenus par leur hiérarchie, plus soucieuse de donner l’illusion de la sérénité dans les établissements scolaires que de lutter contre ces dérives. Sans compter la crainte de se faire accuser de pratiquer des amalgames ou, pire, la complaisance idéologique pour l’islamo-gauchisme. Nos gouvernants vont défendre en paroles la liberté d’expression, décréter un hommage national, mais les actes suivront-ils ? S’ils agissent, seront-ils sans arrière-pensées, tant ils sont imprégnés de la pensée unique et du politiquement correct ?

Le gouvernement, à commencer par le président de la République et le ministre de l’Éducation nationale, devraient prendre des mesures efficaces pour combattre ces intrusions de l’islamisme. Malheureusement, si l’on ne peut douter de la sincérité de Jean-Michel Blanquer, qui a toujours montré son attachement au respect de la laïcité, les hésitations constantes d’Emmanuel Macron à nommer les choses, son opportunisme, l’influence de la gauche de sa majorité qui récuse la lucidité de ceux qui soulignent, depuis des années, l’impérialisme de l’islamisme, laissent le champ libre aux ennemis de la France.

Après un faux-semblant d’union nationale, les démons de l’angélisme ou de la connivence se réveilleront pour accuser les dénonciateurs de l’islamisme d’attiser les haines. On fermera les yeux sur l’entreprise conquérante d’une religion qui n’a jamais admis l’apostasie. On trouvera aux pires criminels des excuses économiques et sociales, on cédera encore du terrain. L’esprit munichois de capitulation n’a pas fini d’exercer ses ravages si nos dirigeants restent aveugles et ne prennent pas ce problème à bras-le-corps. Mais que peut-on attendre du pouvoir actuel ? Est-il capable d’audace et de pugnacité pour s’opposer à l’islamisme ?

Sans une prise de conscience salutaire, sans un sursaut de la nation, le roman de Michel Houellebecq, Soumission, risque fort de devenir bientôt l’avenir de la France. « Ils ne passeront pas », a promis Emmanuel Macron. Hélas, ils sont déjà passés !

Philippe Kerlouan

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Projet Macron contre les « séparatismes » – Totalement inadapté, voire dangereux, par Franck Deletraz

On aura beau lire et relire attentivement le discours prononcé vendredi dernier par Macron exposant les grands axes de la fameuse loi contre les « séparatismes » (Voir Présent daté du 3 octobre), c’est en vain, ou presque, que l’on essayera d’y trouver une mesure réellement à la hauteur de la gigantesque menace que fait planer sur notre pays l’islam dit « radical ». Certes, en pointant du doigt l’« islamisme », non sans répéter bien sûr qu’il faut absolument « éviter tout amalgame », le Président s’est pour une fois risqué à désigner l’ennemi. Certes, en dénonçant chez ce dernier « une organisation méthodique pour contrevenir aux lois de la République et créer un ordre parallèle (…) séparatiste dans un premier temps, mais dont le but final est de prendre le contrôle, complet celui-ci », de notre société, il a pu donner un instant l’impression d’avoir enfin pris conscience du fait que l’ultime objectif de ces gens n’était autre que de faire de la France un califat islamique. Et cependant, en éludant complètement le problème pourtant capital de l’immigration massive, en appelant une fois de plus nos compatriotes à la repentance pour leur passé colonial, en rendant lamentablement notre pays pour partie responsable de ce « séparatisme », et en énumérant une série de mesures gadgets là où les Français attendaient un véritable plan de guerre, Macron a fait une fois de plus la démonstration de sa totale incapacité à éradiquer la menace islamiste en France. Pire encore, en annonçant plusieurs mesures visant à créer « un islam des Lumières » en France, il a ouvert en grand la porte à une accélération de l’islamisation de notre pays.

Un projet liberticide pour les familles françaises

Seul bon point, peut-être, que l’on puisse accorder à Macron : son choix de nommer pour une fois l’ennemi, en pointant clairement du doigt le « séparatisme islamiste ». Et encore : il y aurait fort à dire au sujet de cette distinction pour le moins subtile que fait le Président (et l’ensemble de la classe politico-médiatique) entre les partisans d’un islam dit « radical » et le reste des musulmans qui, les uns comme les autres, ont tous pour seule véritable loi la Charia et pour unique livre de chevet le Coran. Cet ouvrage dont de nombreuses sourates appellent au meurtre des infidèles… En dehors de ce choix qui constituait un peu, il est vrai, « une première », son discours de plus d’une heure aura surtout consisté en une énumération de mesures, au mieux déjà vues et très insuffisantes (telles que la « réaffirmation de la neutralité des services publics », le « renforcement du contrôle de l’Etat sur les associations », ou bien encore l’« expulsion des imams salafistes »), au pire de nature à attenter gravement à la liberté des familles françaises, et même à accélérer l’islamisation de notre pays. C’est ainsi que, sous couvert de lutte contre les centaines d’écoles coraniques clandestines qui sévissent dans les banlieues ethniques, Macron a annoncé non seulement le renforcement du contrôle de l’Etat sur les établissements privés hors contrat, mais aussi la fin, dès la rentrée 2021, de la scolarisation à domicile (sauf pour raison de santé) : deux mesures qui, chacun l’aura compris, frapperont en priorité non pas les islamistes, qui de toutes façons « s’assoient » sur nos lois et recréeront des madrasas clandestines, mais les nombreuses familles françaises catholiques qui ont fait le choix légitime et jusque-là légal de ce type d’enseignement pour préserver justement leurs enfants de la propagande gauchiste dispensée aujourd’hui par les enseignants et leur éviter de sombrer avec ce navire en perdition qu’est l’Education nationale !

Une brèche ouverte pour les islamistes

Mais il y a plus inquiétant encore : cette volonté très ferme affichée vendredi par Macron d’« aider (l’islam) à se structurer » en France afin d’y « construire un islam des Lumières ». Un projet complètement inepte, qui trahit non seulement une profonde et grave méconnaissance de la vraie nature de cette religion par le chef de l’Etat, mais qui, en outre, aura pour principal effet d’accélérer l’islamisation déjà galopante de notre pays. Ainsi, là où les Français n’attendaient de l’Etat que fermeté et intransigeance, Macron a, pour mieux faire passer ces quelques mesurettes contre l’« islam radical », ouvert en réalité une brèche pou les islamistes. D’abord, en confiant la formation et le contrôle des futurs « imams français » à ce fameux Conseil français du culte musulman dont chacun sait qu’il est depuis des années noyauté par les Frères musulmans. Ensuite, en accordant une jolie enveloppe de « 10 millions d’euros » à la Fondation pour l’islam de France, afin de contribuer « au développement des études islamiques de haut niveau ». Comprenez à un renforcement de la présence de la culture islamique dans notre société. Et enfin, pour couronner le tout, en « enseignant davantage la langue arabe à l’école » ! Dernière mesure qui n’a pu être accueillie que comme une magistrale victoire par tous les salafistes présents sur notre sol… Bref, derrière cette prétendue loi contre le séparatisme islamiste, c’est quasiment une islamisation officielle, pensée et organisée de notre pays qui se dessine. La droite nationale et ceux qui gravitent autour ne s’y sont d’ailleurs pas trompés. Comme Sébastien Chenu (RN), qui a jugé ces mesures « timides et parfois inquiétantes ». Ou encore Dupont-Aignan (DLF), qui a déclaré de son côté : « alors que 27 % des musulmans de France considèrent la charia supérieure à la loi républicaine, ce ne sont pas les faibles annonces de Macron qui défendront nos modes de vie et valeurs ».

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 5 octobre 2020

I-Média – Deux journalistes menacées de mort par des islamistes

22/09/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Judith Waintraub, journaliste au Figaro, a relevé que BFM avait mis en avant une femme voilée le jour du 11 septembre. Une simple remarque qui a suscité une nuée d’insultes et de menaces.

Zineb El Rhazoui, ancienne journaliste de Charlie Hebdo, s’est aussi retrouvée menacée après avoir soutenu Judith Waintraub.


Menaces de mort contre Zineb El Rhazoui – Le scandaleux silence des médias et de l’État, par Franck Deletraz

Faudra-t-il attendre tranquillement qu’un djihadiste ou autre fou d’Allah s’en prenne physiquement à Zineb El Rhazoui pour que l’Etat se décide enfin à sévir, et que les grands médias cessent de fermer lamentablement les yeux sur le harcèlement dont cette courageuse journaliste fait l’objet ? Prise pour cible depuis des années par l’« islamophère » et ses complices, qui ne lui pardonnent pas ses déclarations récurrentes contre l’islamisation galopante de notre pays, l’ancienne collaboratrice de Charlie Hebdo a vu redoubler ces dernières semaines les appels au meurtre contre sa personne, au point de devoir lancer un appel au secours déchirant sur Twitter !

« J’ai envie de la décapiter »

Son « crime » ? Avoir osé évoquer le 14 septembre dernier sur LCI la polémique autour d’Imane Boune, et déclaré, à propos de cette étudiante voilée présentée de façon gratifiante par BFM TV, qu’elle était, après « enquête sur [son] environnement idéologique », « une militante islamiste, extrêmement prosélyte et radicale ». Des propos qui auront suffi à enflammer immédiatement la foule considérable des islamistes qui hantent les réseaux sociaux et valent à Zineb El Rhazoui un déferlement incessant de menaces de mort depuis des semaines. Parmi les innombrables « amabilités » citées par la courageuse journaliste, on retiendra celles-ci, particulièrement révélatrices de la barbarie que le gouvernement a laissé s’installer et prospérer en France : « Je vais la brûler cette connasse », « Poussez-la sous un train », « Qu’on lui coupe la tête à cette salope », ou encore « J’ai envie de la décapiter à coups de hache »…

« Nous ne laisserons rien passer. Jamais »

Face à un tel déferlement de haine et d’appels au meurtre, nous aurions été en droit d’attendre du gouvernement et des grands médias qu’ils s’indignent comme ils savent si bien le faire lorsqu’il est question de « propos racistes » ou d’« extrême droite ». Et même, de la part de l’Etat, qu’il interpelle les internautes concernés et les punisse. Or, dans le cas de Zineb El Rhazoui, rien. Silence complet de la grosse presse. Absence totale de réaction du gouvernement ! La seule réponse apportée à ce jour à ce flot incessant de haine est l’annonce de poursuites, faite par Thibault de Montbrial, l’avocat de la journaliste, qui a promis : « Nous allons nous occuper de ces jeunes gens : les plaintes pour menaces de mort envers Zineb El Rhazoui seront déposées contre eux dans les prochains jours. » Avant d’ajouter : « Nous ne laisserons rien passer. Jamais. » Reste quand même, pour la journaliste, ce goût particulièrement amère que ressentent tous ceux (et ils sont nombreux) que la République a honteusement trahis. Ainsi, confiait Zineb El Rhazoui, « alors que je n’ai jamais reçu autant de menaces de mort aussi explicites en si peu de temps, c’est la tristesse et l’écœurement qui l’emportent sur la colère ou même la peur ». Car, ajoutait-elle, « ce qui m’arrive, c’est ce qui, hélas, arrive au pays. Pauvre France ! » Et la journaliste d’avertir alors : « A tous ceux qui me soutiennent, réagissez si vous ne voulez pas que vos messages de soutien se transforment en messages de deuil. Je tiens les dirigeants de ce pays pour responsables de ce qui m’arrive ou m’arrivera. »

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 17 septembre 2020

Attentat au Bataclan – Patrick Jardin – “On ne va pas échapper à la guerre civile !”

14/09/2020 – FRANCE (NOVOpress)
L’auteur et entrepreneur Patrick Jardin, père de Nathalie, assassinée au Bataclan le 13  novembre 2015, lors de l’attaque islamiste, était l’invité d’André Bercoff, vendredi 11 septembre sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, “Bercoff dans tous ses états“. Il venait notamment présenter son livre “Pas devant les caméras !” (aux éditions Presse de la délivrance).

Père d’une des 137 victimes des attentats de Paris, le 13 novembre 2015, Patrick Jardin ne s’est jamais résigné et continue le combat pour faire éclater la vérité de cette horreur au grand jour. Dès le dimanche suivant les attaques, alors qu’il attendait son frère venu l’aider à retrouver sa fille, il fait la rencontre inopinée de Manuel Valls et n’hésite pas à l’interpeller. “La seule chose qui le préoccupait, c’est qu’il ne voulait surtout pas que ce soit filmé“, rapporte-t-il.

Plus ou moins blacklisté sur les radios et télévisions nationales“, Patrick Jardin s’est alors exprimé dans un livre, afin de “dévoiler ce que beaucoup de gens ne savent pas sur l’histoire des attentats du 13 novembre 2015“. Une entreprise “nécessaire” pour le père endeuillé qui souhaite “faire ouvrir les yeux” aux Français.

Le père de Nathalie prévient :

Mon but est de lutter contre l’islamisation de mon pays mais surtout pour que jamais dans mon pays, ne puisse se reproduire ce genre de massacre


Menace islamo-terroriste – Plus de 8 000 personnes fichées en France, par Franck Deletraz

Alors que doit s’ouvrir ce mercredi devant la cour d’assises spéciale de Paris le procès très attendu des attentats de janvier 2015 à Charlie Hebdo, Montrouge et l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a profité d’une visite qu’il a effectuée lundi au siège de la Direction générale de la sécurité intérieure pour livrer à la presse quelques chiffres effrayants et dresser un état des lieux de la menace terroriste en France. Une menace qui, sans surprise, reste « à un niveau extrêmement élevé ».

« 61 attentats déjoués depuis 2013 »

Ainsi, a expliqué Gérald Darmanin après avoir rendu hommage aux « femmes et aux hommes des services de sécurité […] qui mettent tout en œuvre pour protéger les Français », le « risque terroriste d’origine sunnite [demeure] la principale menace à laquelle est confronté notre pays ». Faisant l’état des lieux du nombre d’attentats déjoués dans notre pays au cours de ces dernières années, le ministre de l’Intérieur a alors précisé que « 61 attentats » avaient pu être empêchés par nos services de renseignement et nos forces de l’ordre « depuis 2013 », dont « 32 depuis 2017 » et un « projet d’attentat d’ampleur » en janvier 2020. Par ailleurs, a annoncé Darmanin, « plus de 8 000 personnes, 8 132 exactement, sont à ce jour inscrites au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT) ». Soulignons au passage que, quelques heures avant son intervention, Jean-François Ricard, qui dirige le parquet national antiterroriste, avait précisé de son côté que pas moins d’une demi-douzaine d’attentats avaient été déjoués au cours de ces derniers mois…

505 détenus terroristes islamistes bientôt libérés

Mettant ensuite l’accent sur les moyens supplémentaires que le gouvernement s’est engagé à allouer à la DGSI, et notamment sur une augmentation de ses effectifs de « 1 260 agents dans tout le quinquennat », le ministre de l’Intérieur a alors confirmé que sa direction déménagerait prochainement à Saint-Ouen, grâce à l’achat effectué en début d’année des terrains auparavant occupés par Le Parisien. Une opération qui, a-t-il précisé, devrait se chiffrer « à plus d’un milliard d’euros ». Enfin, abordant la question de la scandaleuse et irresponsable libération prochaine de « 505 détenus terroristes islamistes en lien avec la mouvance islamiste », auxquels il faut encore ajouter « 702 détenus de droit commun susceptibles de radicalisation » au moment même où, comme il l’a dit, la menace islamo-terroriste reste « à un niveau extrêmement élevé » en France, Gérald Darmanin a fait valoir qu’il s’agissait d’un… « défi sécuritaire majeur ». Non, sans blague ! Mais ce n’est pas fini : en effet, a ajouté le ministre, « en 2020, les prévisions de libération sont évaluées à 45 détenus pour des faits d’association de malfaiteurs terroristes », et en 2021 à « 63 terroristes islamistes condamnés ». Bref, de quoi compliquer encore un peu plus la tâche déjà difficile de la DGSI…

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 1er septembre 2020

L’élu de Saint-Denis Madjid Messaoudene traité de “pyromane clientéliste qui tapine avec les islamistes” par le syndicat Synergie-Officiers

Jean-Paul Garraud : “Retour des djihadistes : des bombes à retardement, des centaines de fanatiques éparpillés sur le territoire !”

Découvrez cette réaction de Jean-Paul Garraud, magistrat honoraire et député au Parlement européen au sujet du retour des djihadistes sur le sol français.

Nicole Belloubet a annoncé que 43 djihadistes seraient libérés de prison cette année, une soixante d’autres en 2021, et vous énoncez même d’autres chiffres : sur 726 terroristes emprisonnés en France en 2018, 406 seront libérés d’ici fin 2020. D’où viennent ces chiffres et que traduisent-ils ?

Ces chiffres proviennent d’une conférence donnée par Maître Thibault de Montbrial, éminent spécialiste de ces questions de terrorisme, lors d’un colloque en date du 25 novembre 2018 organisé par l’institut pour la Justice. De toute façon, nous ne disposons d’aucun chiffre officiel, l’écran de fumée est total.

Ainsi la Garde des Sceaux fait état de 43 djihadistes libérés d’ici la fin de l’année et “d’une soixantaine, l’année prochaine” . Sauf que selon d’autres sources, celle du ministère de l’Intérieur, ce serait 45 cette année, 57 l’année prochaine et 46 en 2022, elle a oublié de parler de 2022… Ces chiffres ne concernent que des détenus libérés suite à des condamnations prononcées en France.

Mais, qu’en est-il de tous ceux revenus ou qui vont revenir de Syrie, d’Irak ? Combien sont ils exactement ? Pour calmer les esprits, le ministre de l’Intérieur avait tenté de rassurer la population en précisant que ces individus seraient, selon sa formule,” judiciarisés”, ce qui, en droit, ne correspond à rien.

Alors, où sont-ils ? Combien sont-ils ? Quelles mesures ont été prises ? Sur quel fondement juridique ? En réalité, il y a tout lieu de craindre que ces bombes à retardement soient libres de leurs mouvements et qu’au total plusieurs centaines de fanatiques sont et seront éparpillés sur notre territoire.

Le juge d’application des peines du parquet national antiterroriste est en charge du suivi de ces détenus après leur libération mais, pour vulgariser le problème, peut-on vraiment mettre un policier derrière chacun, a-t-on les moyens de surveiller simultanément chaque détenu, que deviennent-ils en réalité… ? Sachant que la plupart des terroristes neutralisés après avoir commis une attaque étaient déjà sous surveillance…

Le juge d’application des peines ne s’occupera que des détenus libérés suite à une condamnation judiciaire française, avec des moyens matériels et légaux très limités. Pour les revenants du djihad et leurs familles, mystère total. Il est, de toute façon, insensé de faire bénéficier ces criminels des procédures d’application des peines de droit commun.

Comment voulez-vous réinsérer de tels individus dans une société qu’ils détestent au plus haut point ? Tout aménagement de peine devrait être interdit et toute sortie de fin de peine devrait être encadrée par des mesures de sûreté. J’ai tout un projet en la matière.

« Aucun de ces criminels n’est déradicalisé » écrivez-vous. Faut-il justement prendre des mesures pour déradicaliser ces personnes ? Lesquelles ?

La “déradicalisation” est, excusez-moi, une triste foutaise. Tous les professionnels de la Justice le savent. Le gouvernement engloutit des sommes conséquentes uniquement pour donner le change. Soit il ne mesure absolument pas le niveau d’endoctrinement de ces individus, soit il fait semblant de tenter d’apporter une réponse. Dans les deux cas, le risque est grand, même certain, de récidive. Encore une fois, l’islamiste ne peut-être considéré comme un délinquant quelconque. Il ne recherche pas une satisfaction personnelle, il combat un système. Il n’est pas dans une logique individuelle mais dans une logique de masse, systémique. Il n’a que faire de sanctions personnalisées, de réinsertion sociale, d’amendement, de rédemption, d’analyse sur soi, des notions de bien et du mal. Il agit au nom d’un totalitarisme, d’un fanatisme en vue de l’anéantissement de cette société de mécréants qu’il abhorre. Il veut l’application de la loi islamique, la charia, la soumission de la femme, et de tout non musulman (les dhimmis) au besoin par la force, la terreur.

Le gouvernement se devait de réformer notre législation en vue de l’adapter à la guerre contre le terrorisme que nous devons gagner. Les mots sont forts, pas les actes. Tous ces terroristes en liberté sont des récidivistes en puissance. Si, par malheur, ils participent de près ou de loin à de nouveaux attentats, ceux qui ont laissé faire alors qu’ils sont “aux responsabilités” seront justement responsables et coupables !

Entretien repris de Boulevard Voltaire

Alexandre Del Valle : “Les islamistes et l’extrême-gauche sont des alliés”

19/02/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Alexandre Del Valle, géopolitologue et auteur du livre “Le projet – La stratégie de conquête et d’infiltration des frères musulmans en France et dans le monde”, était l’invité d’Eric Morillot accompagné de Thierry Guerrier et Jacques de Guillebon, sur Sud Radio.


L’affaire Mila, ou les leçons de la “racaillisation” de la France

Le déferlement de haine et de menaces qui s’est abattu sur Mila après que quelques phrases de sa part ont été publiées sur les réseaux sociaux témoigne du renoncement de la France à défendre ses valeurs, estiment Jean Messiha et Frédéric Amoudru, ancien cadre d’une grande banque française.

Une jeune fille, comme des millions d’internautes, “tchate” sur Instagram et se livre à une foule d’anonymes. Une racaille s’en mêle et s’adonne à ce que tant de femmes et de jeunes filles doivent supporter dans l’espace public comme dans l’espace digital : les gauloiseries (si on peut encore utiliser ce termes sans être traité de raciste) et les réflexions salaces. Elle révèle son homosexualité et dit ne pas avoir envie de coucher avec un « renoi » ou « rebeu », ce qui est encore permis dans notre pays (mais pour combien de temps encore ?). S’ensuit une bordée d’injures homophobes et sexistes « au nom d’Allah ». Piquée au vif, la jeune fille contre-attaque et dit, en termes crûs, ce qu’elle pense de cette religion qu’on lui jette à la figure, alors que son tchat n’avait rien à voir avec les questions de foi.

Ce qui aurait pu n’être qu’une embrouille entre jeunes ou moins jeunes, comme il y en tant sur la toile, a tourné à un pugilat devenu viral sur la toile et a happé dans ses filets la société et l’Etat.

Le déferlement de haine et de menaces qui s’est abattu sur cette jeune française appartenant à un vieux peuple imprégné de judéo-christianisme mais volontiers blasphémateur, fortement laïque mais attaché à ses racines, est à la fois incroyable et tellement prévisible. Il résulte largement de l’ensauvagement et de la “racaillisation” que subit notre pays, au fur et à mesure du changement de paysage humain que les élites “humanistes” et “progressistes” lui ont imposé. Car – et ne nous y trompons pas – la très grande majorité de ceux qui voulaient une « punition » pour Mila, punition allant bien sûr jusqu’à la mort, est issue de cette immigration venue d’une partie du monde où l’intolérance religieuse, le sexisme et l’homophobie sont prédominants, même s’il existe une minorité musulmane éclairée et, pour ce qu’il en reste, chrétienne, juive ou non-croyante.

Mais ce qu’il y a de plus intéressant, c’est que Mila n’est pas seulement la cible de légions de “Mohammed”, “Yacine”, “Leïla” ou “Yasmine”, mais également de “Kevin” et autres “Jennifer”, qui ont pris fait et cause pour l’« honneur » d’une religion dont ils ne savent rien, ou par « solidarité » avec leur « potes ».

Pourquoi ? Parce que l’on a appris à cette jeunesse européenne que chanter « Jésus est pédé » c’est cool, mais que dire que l’« islam c’est de la merde » après avoir été traitée de « sale gouine », « sale pute », etc. au nom de l’islam est une abomination qui mérite opprobe et châtiment. Insulter la religion dont a émergé notre civilisation, qui a aidé à vivre et mourir avec l’espérance d’un monde meilleur les générations qui nous ont précédé, qui a poussé des hommes et des femmes à construire les plus beaux édifices de l’humanité, à écrire, peindre, sculpter, dessiner chanter des merveilles insondables etc., « ce n’est rien ». Mais rentrer dans le lard d’un connard qui vous insulte au nom de sa religion, étrangère et encore minoritaire, ça c’est intolérable. Un droit au blasphème à géométrie variable en somme.

Pour lire la suite, c’est ici !

Jérôme Blanchet-Gravel : « Affaire Mila : les islamistes ont réussi à imposer en France leur vision ! »

Le site Boulevard Voltaire a publié un entretien exclusif de Jérôme Blanchet-Gravel. Cet essayiste québécois revient sur l’Affaire Mila et s’inquiète notamment des résultats du récent sondage selon lequel 50% des Français désapprouvent le droit au blasphème. Pour Jérôme Blanchet-Gravel, cette information montre que les islamistes ont réussi à imposer, en France leur vision en faisant croire à une équivalence entre race et religion…

Jérôme Blanchet-Gravel, que vous inspire l’affaire Mila ?

Cette affaire confirme d’abord que la liberté d’expression recule dangereusement, même en France, pays censé en être le phare mondial. Certains commentaires émis par Mila dans sa vidéo devenue virale sont maladroits, voire vulgaires, ce qu’elle reconnaît elle-même. En revanche, le droit de blasphème faisait, jusqu’à récemment, partie de la culture française : les réactions démesurées contre Mila prouvent que ce droit est remis en question. Nous vivons dans une société où il est permis et même bien vu de se moquer publiquement de la tradition chrétienne. On l’a encore constaté récemment avec cet humoriste qui a qualifié Jésus de « pédé » à la radio. Mais l’islam, lui, serait intouchable.

Les apôtres de la diversité culturelle ne veulent pas interdire la critique de toutes les religions, mais précisément celle de l’islam. Le sort réservé aux religions juive et chrétienne importe très peu, pour eux. Au contraire, ces religions sont présentées comme les piliers idéologiques de l’impérialisme, l’intolérance et la colonisation. L’islam, lui, serait une grande religion de paix et d’amour : il aurait même le pouvoir de nous ramener à la concorde du califat de Cordoue. Quelle chance avons-nous !

Le sondage récent selon lequel 50% des Français désapprouvent le droit au blasphème est extrêmement inquiétant. Cette donnée montre que les islamistes ont réussi à imposer, en France, leur vision. Ils ont réussi à faire croire à une équivalence entre race et religion. Toute critique de l’islam est perçue comme une forme de racisme, alors que les Occidentaux dénigrent sans retenue leur propre héritage religieux. Mais, surtout, l’émotion est en train de supplanter la raison : la simple offense ressentie par un croyant zélé est considérée comme un véritable argument. Notre monde est de moins en moins rationnel.

#JeSuisMila et #JeNeSuisPasMila, visiblement, le débat contemporain à l’ère des réseaux sociaux refuse la nuance… Qu’en pensez-vous ?

J’avoue qu’il y a quelque chose de manichéen dans ce débat. Toutefois, à choisir, je suis Mila sans hésiter. Pour bien comprendre l’évolution des mentalités, il faut nous replonger à l’époque des suites de l’attentat de Charlie Hebdo, en janvier 2015. Un « Je ne suis pas Charlie » avait émergé et choqué, mais cette posture réactionnaire était beaucoup moins répandue que le « Je ne suis pas Mila ». L’opinion publique s’était massivement rangée derrière Charlie, ce qui n’est pas le cas pour Mila. Bien sûr, l’attentat de Charlie Hebdo a été particulièrement dramatique et violent, mais je ne sous-estimerais pas les centaines de menaces de mort et de viol reçues par Mila, qui demeure une jeune femme homosexuelle de 16 ans, faut-il le rappeler. D’ailleurs, où sont les féministes en vogue pour dénoncer frénétiquement la culture du viol ?

Le « Je ne suis pas Mila » témoigne d’un recul de la liberté de pensée corollaire à la radicalisation des sensibilités religieuses. La France s’enfonce dans l’émotivité superstitieuse et le politiquement correct. Par le fait même, elle renie son noble héritage.

On a tendance à regarder nos cousins outre-Atlantique comme des paladins de la liberté d’expression. Est-ce vraiment le cas ?

Oui et non. Le Québec est très influencé par la gauche multiculturaliste américaine, en particulier sa petite élite montréalaise, qui se complaît dans le confort de la consanguinité intellectuelle. Par sa simple position géographique, le Québec subit l’influence d’un monde anglo-saxon qui renoue plus que jamais avec son héritage puritain. Dans son rapport à la sexualité comme à la religion.

Toutefois, l’élection du gouvernement nationaliste du désormais Premier ministre François Legault, en octobre 2018, a redonné un élan aux défenseurs de la liberté d’expression au Québec. S’il lui manque quelque peu de profondeur intellectuelle, ce gouvernement a le mérite ne pas se soumettre au politiquement correct. C’est un vent de fraîcheur. En ce qui a trait aux thèmes comme « l’islamophobie » et le multiculturalisme, nous retrouvons au Québec sensiblement la même polarisation qu’en France, mais en version miniature.

Quel est l’adversaire, en ce cas ? Le politiquement correct ou la volonté d’une minorité religieuse visible ?

Le politiquement correct et le multiculturalisme se renforcement mutuellement : ils ont été fabriqués dans le même moule. Pour défendre la liberté de pensée, il faut renouer avec le débat raisonné et cesser de considérer la moindre réaction émotive comme un argument intelligent.

Sinon, ce qui est intéressant à observer, c’est la hiérarchie des différences scrupuleusement respectée par nos supposés défenseurs de la diversité intégrale. La diversité est loin d’être défendue sous toutes ses coutures. La race et la religion l’emportent sur la diversité sexuelle. Comme lesbienne de 16 ans, Mila fait théoriquement partie de la diversité. Cependant, Mila est blanche et a osé critiquer une religion étrangère. La diversité sexuelle est à la mode, mais surtout quand elle est « intersectionnelle ». Le progressiste 2.0 fera toujours passer la sensibilité d’un « colonisé » avant la différence sexuelle d’un « colonisateur ». Mila en paie le prix fort aujourd’hui.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Trois radiations demandées par la Préfecture, par Franck Deletraz

Les leçons de l’affaire Harpon et du carnage perpétré par cet islamo-terroriste à la préfecture de police de Paris en octobre 2019 ont-elles vraiment été tirées ? C’est ce que certains auront peut-être été tentés de croire en apprenant cette semaine que ladite préfecture avait récemment demandé la radiation de trois policiers pour cause de « radicalisation ». Sauf que, à en croire les chiffres révélés mardi par le ministre de l’Intérieur, ce ne seraient pas moins de « 106 cas » qui seraient actuellement « étudiés », dont 80 ont déjà été classés faute de preuves suffisantes…

Une véritable « faillite collective »

Mercredi dernier, à mi-parcours de ses travaux, la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’affaire Harpon, présidée par le député LR Eric Ciotti, rendait publics les premiers éléments d’un rapport qui promet d’être accablant pour les autorités. Allant jusqu’à faire part de la « sidération » de l’ensemble de la commission face à une telle « accumulation de dysfonctionnements majeurs, structurels, fonctionnels et organisationnels », et face à « l’amateurisme » incroyable de la DRPP, Ciotti dénonçait une véritable « faillite collective ». Rappelant notamment qu’il y avait eu « une accumulation de signes » en amont de la tuerie, que son auteur « n’aurait jamais dû rester dans un service aussi sensible », ou encore que « son habilitation secret-défense aurait dû lui être retirée » depuis longtemps, Ciotti et le rapporteur de la commission, Florent Boudié (LREM), mettaient enfin l’accent sur l’absence quasi totale de « culture de la vigilance de la vulnérabilité ». Bref, une situation proprement hallucinante et inconcevable au moment où, de l’aveu même de ceux qui nous gouvernent, la France est en guerre contre l’islamisme. Or, qu’en est-il aujourd’hui ? Mercredi, on apprenait que la préfecture de police de Paris avait transmis trois dossiers de demande de radiation de ses fonctionnaires pour cause de « radicalisation » à la DGPN : deux premiers visant des agents remarqués pour leur « pratique rigoriste de la religion musulmane » et leur « comportement prosélyte », toujours en cours d’instruction, et un troisième concernant un agent administratif dont « la pratique rigoriste de l’islam a des répercussions sur son travail », déjà entre les mains de la fameuse commission paritaire créée en 2017 pour statuer sur les cas de fonctionnaires présentant une menace pour la sécurité publique. Une « première », comme le soulignent les grands médias.

Quand la discrimination devient vitale

Une « première »… en deux ans d’existence ! Et alors même que, selon les chiffres avancés mardi par Castaner lui-même, pas moins de « 106 cas » de fonctionnaires suspectés de radicalisation seraient actuellement étudiés, rien que dans la police nationale ! 106 cas sur lesquels, d’ailleurs, 80 ont d’ores et déjà été classés sans suite, officiellement parce qu’« infondés ou fantaisistes », officieusement parce que l’administration s’est surtout montrée incapable d’apporter la preuve de leur dangerosité. Ce qui veut dire que depuis octobre 2019, seuls quatre policiers ont été suspendus, et neuf se sont vu confisquer leur arme de service ! Des chiffres qui montrent bien que l’Etat, en réalité, se refuse à prendre la mesure du danger qui nous menace. En effet, alors que toute nation en guerre, pour des raisons de sécurité évidentes, pratique une discrimination bien légitime en interdisant purement et simplement l’accès à l’ensemble des postes clefs de sa défense et de sa sécurité aux personnes susceptibles d’avoir un lien (même lointain) avec l’ennemi, la France macronienne, elle, s’entête de manière suicidaire, pour sauver un « vivre ensemble » auquel elle est la seule à croire, à faire un tri absurde entre « radicalisés », « non radicalisés », « en cours de radicalisation », « radicalisés mais gentils »…

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 6 février 2020

De Londres à Gand, en passant par Dieuze – La barbarie islamiste se déchaîne, par Franck Deletraz

Deux personnes grièvement blessées à l’arme blanche à Londres, plusieurs autres poignardées à Gand, les gendarmes de Dieuze attaqués au couteau… Alors qu’au cours des dernières 48 heures, la barbarie islamiste aura frappé pas moins de trois fois en Europe, nous sommes, une fois de plus, atterrés par les révélations faites par les grands médias sur le profil des assaillants, dont tout laissait à penser qu’ils passeraient à l’acte, et par cette incompétence incroyable, criminelle, dont font preuve les gouvernements européens dans leur lutte contre l’islamo-terrorisme.

Une cascade d’attentats

Lundi, après avoir reçu l’appel téléphonique d’un individu leur annonçant « qu’il était militaire, qu’il allait y avoir un carnage à Dieuze et qu’il se revendiquait de l’EI », les gendarmes de Dieuze faisaient l’objet d’une attaque au couteau par un jeune homme de 19 ans, qui a fait deux blessés. Parvenu à pénétrer jusque dans les bureaux de la caserne, l’agresseur, « un jeune militaire, en formation initiale depuis deux mois et actuellement en période probatoire », tentait de poignarder un gendarme, le blessant légèrement au bras, avant d’être lui-même blessé par un tir à l’abdomen. Si, à l’heure où nous écrivions ces lignes, presque rien n’avait fuité sur l’agresseur, et si le parquet national antiterroriste ne s’était pas encore saisi de l’affaire, tout laissait cependant à penser qu’il s’agissait bien d’une nouvelle attaque islamo-terroriste. Rappelons que la veille, déjà, l’Europe avait été frappée à deux reprises par les islamistes. A Gand où, sur ce boulevard très fréquenté qu’est le Bevrijdingslaan, un individu armé d’un couteau avait poignardé au moins deux passants, avant d’être neutralisé par les policiers. Mais surtout à Londres où, dans le quartier de Streatham, l’islamo-terroriste Sudesh Amman, pourtant bien connu des services de police, et prétendument « sous surveillance depuis un certain temps », avait grièvement blessé à l’arme blanche deux personnes, avant d’être abattu par les policiers, lors d’une attaque officiellement revendiquée lundi par l’Etat islamique.

Sudesh Amman, un cas emblématique

Une dernière affaire hautement révélatrice du laxisme criminel dont font preuve la plupart des gouvernements européens face à cette menace pourtant omniprésente et croissante qu’est l’islamo-terrorisme. Car, très rapidement, on apprenait que ledit Sudesh Amman, âgé de 20 ans, venait tout juste de sortir de prison. Un cas proprement hallucinant : interpellé en mai 2018 par la police britannique, Sudesh Amman, chez qui les enquêteurs avaient saisi plusieurs armes, et dans les appareils numériques duquel plus de 349 000 fichiers multimédias comprenant des tutoriels pour fabriquer une bombe, des vidéos de propagande islamiste, ainsi que des messages prouvant sa volonté de commettre un attentat avaient été découverts, avait en effet été condamné en novembre 2018 à trois ans et quatre mois de prison pour 13 infractions terroristes différentes ! Lors de son procès, le commandant antiterroriste de la police de Londres avait même fortement insisté sur sa très grande dangerosité, expliquant notamment que dans un bloc-notes récupéré chez Amman, celui-ci avait rangé en tête de ses « objectifs de vie » la « mort en martyr ». Et pourtant, cela ne devait pas empêcher la justice britannique de le remettre en liberté à la fin du mois de janvier dernier, avant même d’avoir purgé la moitié de sa peine ! Un véritable scandale judiciaire qui n’est pas propre, hélas, à la Grande-Bretagne. Car, si l’on reprend la liste des nombreux attentats islamistes qui ont ensanglanté l’Europe durant ces dernières années, on s’aperçoit que tous leurs auteurs (à quelques rares exceptions) étaient parfaitement connus des services concernés avant de passer à l’acte, et ont tous ou presque, à un moment ou à un autre de leur parcours, été abusivement remis en liberté par les justices française, belge ou encore allemande. Un laxisme totalement inconcevable et qui montre bien que l’Europe, dans sa quasi-totalité, n’a toujours pas pris conscience de la gravité du péril sans précédent qui pèse aujourd’hui sur elle.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 4 février 2020