Séparatisme : une loi de mauvaise foi ?, par Etienne Defay

loi séparatisme

Dans une tribune publiée dans Le Figaro, le pasteur François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France, Eric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France et le Métropolite Emmanuel Adamakis, du Patriarcat œcuménique en France, ont alerté sur le contenu de la loi sensée lutter contre le « séparatisme ».

S’ils affirment que la loi de 1905 avait été accueillie avec douleur par les catholiques, elle avait en revanche été saluée par les protestants et les orthodoxes. Sans nier qu’elle a été vue comme une « machine de guerre contre l’Eglise », les signataires se veulent conciliants et insistent sur la nécessité pour les cultes de se retrouver dans l’ambition et la promesse de la République permettant « d’unir des hommes et femmes extrêmement divers ». On peut y voir avec regret une sorte de réaffirmation du toast d’Alger symbolisant l’attachement de l’Eglise de France à la République. On peut lever les yeux au ciel en voyant se déverser un énième angélisme très épiscopal à l’encontre d’un régime qui les aura davantage martyrisé que servi, mais le fond du propos n’est pas là. On a souvent pointé du doigt le robinet d’eau tiède qu’est bien souvent la conférence des évêques de France, la voir prendre position par le biais de son président tranche avec l’habitude ancrée de faire le dos rond. Car le sujet est d’importance.

On l’a beaucoup écrit ici mais ce projet de loi tire, sciemment ou lâchement, largement à coté de la cible. On attendait de la fermeté vis-à-vis de l’islamisme, on a vu un rejet pur et simple de toute religion, la République a raté l’occasion de se réconcilier avec son histoire et de nommer clairement son ennemi. Alors que l’islamisme se répand dans nos rues, les responsables chrétiens voient avec désolation leurs églises prises dans cette redoutable tenaille les rejetant du côté des islamistes. Foin de l’Histoire de ce pays, ses mœurs, ses coutumes et ses racines. Le christianisme est devenu, par le jeu éculé de l’égalitarisme et surtout du renoncement, une idéologie potentiellement dangereuse. Peu importe que l’évangile au sens radical ne peut conduire qu’à la sainteté, il ne vaut pas mieux aux yeux du législateur qu’une charia dont il faut se méfier.

D’ailleurs, les responsables chrétiens ont, sans le nommer évidemment, désigné l’ennemi en saluant « les dispositions permettant de lutter plus directement contre les mariages forcés, les mutilations sexuelles des jeunes filles, l’inégalité de l’héritage… » Autant de traditions étrangères au christianisme, autant de pratiques importées avec l’immigration musulmane. La France est au bord du gouffre et les chrétiens se voient injustement visés alors même que nos politiques savent pertinemment qu’ils ne sont qu’un moyen de diversion afin de ne pas assumer frontalement leur terreur à l’idée de nommer le mal.

A peine trois ans après le discours de Macron aux Bernardins, la République tire à nouveau le glaive laïcard, hélas il est en bois. C’est suffisant pour cogner sur les chrétiens mais pas assez pour pourfendre l’islamisme. Seule menace séparatiste de cette nation.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 10 mars 2021

Zemmour face à Darmanin : “Votre loi est vaine, pour une raison simple : vous traitez les conséquences, pas les causes. Il n’y a pas d’islamisme sans islam, et pas d’islam sans immigration”

Trappes, le grand aveuglement

Samuel Paty

A Trappes, un professeur de philosophie, M. Didier Le Maire fait l’objet de menaces, doit être protégé par la police et changer de métier pour avoir pris la défense de son collègue assassiné, M. Paty.
Le maire de la ville et la municipalité ont pénétré dans le lycée pour distribuer des tracts dénonçant ses propos. Le ton médiatique général est à l’incrédulité, au scepticisme: le professeurs n’aurait-il pas une part de responsabilité? Un provocateur? Le système politico-médiatique tend à relativiser la gravité des troubles: « aucune menace sérieuse », lit-on. Trappes, ce serait tout autre chose. De fait, l’aveuglement et la lâcheté font rage. Qu’un professeur de philosophie, sous la pression des islamistes ne puisse pas assurer son cours et s’exprimer en toute liberté et sécurité est en soi une monstruosité. Ce qui se passe dans cette commune est abject.

Selon des informations de la presse (Marianne), les habitants juifs de Trappes ont dû quitter la ville en raison du climat de persécutions qui y règne, tout comme la communauté portugaise qui y était nombreuse. Les populations musulmanes qui refusent l’ordre islamiste (y compris vestimentaire) sont poussées au départ à leur tour. Cela s’appelle une épuration ethnique. Et cela se passe en France en 2021. Il n’y a aucunement matière à relativiser ni à nuancer: la tonalité générale politico-médiatique est scandaleuse. Depuis 60 ans, le pouvoir politique est coupable d’avoir laisser s’installer une telle situation qui rappelle les heures les plus sombres de l’histoire dans un climat médiatique et intellectuel dominé par l’angélisme et le déni.

Rien de ce que nous voyons aujourd’hui, et surtout pas dans les gesticulations politiques, de l’extrême droite à l’extrême gauche et en passant pas la loi creuse dite sur le « séparatisme », pour ne pas appeler les choses par leur nom, n’est à la hauteur de cet immense et monstrueux scandale.

Solidarité totale et sans la moindre réserve à l’égard de M. Didier Le Maire, et tous les professeurs de philosophie, de français, de mathématiques, de sciences naturelles ou d’éducation physique qui subissent de plein fouet, dans leur métier et leur vie privée, l’effondrement sur plusieurs décennies d’une république comme un château de carte.

Il est bien de combattre le djihadisme au Sahel. Pourquoi le laisse-t-on depuis si longtemps prospérer sur le territoire français?

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Ne pas capituler devant l’islamisme, par Jean-Gilles Malliarakis

islamisme

Pendant toute l’année 2020, la fermeté de la politique française face à l’islamo-terrorisme a pu paraître satisfaisante. Même le projet, absurde au regard des Mahométans eux-mêmes, d’un conseil des imams, et de leur formation par l’État – qui se veut « laïc !» –, pouvait être jugé comme partant d’un bon sentiment. La défausse de la Grande Mosquée de Paris aura sans doute délégitimé à nouveau le vieux serpent de mer. L’alignement de la prédication coranique sinon avec les valeurs de la république, ce qui strictement ne veut rien dire, du moins avec les traditions françaises, ce projet maintes fois remanié par tous les ministres de l’Intérieur depuis plus de 20 ans retourne au néant de son utopie.

C”est surtout à l’extérieur, par la présence militaire en Afrique, par le déploiement des Rafales, par l’alliance avec l’Égypte et par la dénonciation du jeu trouble de la Turquie que l’on avait pu apprécier une sorte de volonté de résister à l’islamo-terrorisme. Ceci se traduisait alors aussi par dans l’action discrète mais inlassable et efficace des agents de nos services que par les propos du ministre de la Défense.

Oui dans ces conditions on pouvait espérer que la France renoue avec son rôle historique, avec sa mission, celle du “peuple inventeur de la Croisade” (Péguy). Et votre chroniqueur doit-il l’avouer ? Il se plaisait à rêver d’un tel redressement.

Le point faible cependant ne résidait, et ne se situe, ni dans les doctrines, ni dans les actions extérieures.

Il provenait comme toujours du mal rongeur qui détruit la solidité intérieure de ce pays.

Tant que l’on n’aura pas fait taire à l’intérieur les discours, les propagandes, les délires de la culpabilisation “décoloniale”, ils viendront nous trahir. Ils prendront le relais de l’ennemi.

Ce n’est donc pas sans inquiétude que nous les avons vus réapparaître au grand jour en ce début d’année.

Le 8 décembre encore avait eu lieu un entretien téléphonique entre les deux ministres des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et Mevlut Cavusoglu, « à la demande de ce dernier », précisait le Quai d’Orsay. À la suite de quoi la diplomatie française avait publié un communiqué glacial, rappelant les « exigences françaises et européennes de clarifications. »

Or, le 10 janvier M. Macron s’adresse en des termes surprenants à son homologue turc : « Değerli Tayyip, parlons-nous ! À votre disposition pour une visioconférence », écrit-il de sa main le président français, usant du mot turc Değerliqui signifie « cher ».

Deux jours plus tôt, le 8 janvier, le quotidien pro-business L’Opinion, souvent mieux inspiré, avait confié à son spécialiste des questions militaires, Jean-Dominique Merchet, le soin de dresser, en sombre, le bilan de l’intervention française au Mali, successivement depuis 2013, Serval, qui fut un succès, et maintenant Barkhane. Sa conclusion : il faut plier bagages.

En réalité, si la résistance à l’islamo-terrorisme ne se résume pas à la présence militaire, tout retrait est interprété par l’adversaire lui-même comme une capitulation.

Il faut donc se féliciter qu’au contraire, appliquant l’adage romain “si tu veux la paix, prépare la guerre“, certains pays montent en gamme quant aux moyens de leur défense nationale et de notre défense commune de l’Europe.

Et il faut enfin saluer l’intervention très ferme de l’Archevêque d’Athènes : en cette année du Bicentenaire de la guerre d’Indépendance de 1821 contre l’oppresseur ottoman, il rappelle qu’il faut regarder l’islamisme non comme une religion mais comme une doctrine de conquête. On aimerait entendre un discours analogue dans la patrie de saint Louis.

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Face à l’islamisme : Moins de “chartes”, plus de charters !

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Dimanche, les composantes du Conseil français du culte musulman (CFCM) s’étaient concertées pour une éventuelle signature de la « Charte des principes » de l’islam en France. Une majorité (5 sur 9) l’a approuvée lundi. Présent daté de mardi faisait remarquer que cette charte se contente de réécrire – spécialement pour les musulmans vivant en France – ce qui figure déjà de fait dans le Code pénal. Par exemple : « Tu ne tueras pas ton prochain s’il abandonne l’islam », ou encore « tu n’exciseras pas tes filles », « tu ne les marieras pas de force », « tu n’obligeras pas ta femme (ou tes femmes) à vivre cachée(s), comme prisonnière (s) », « tu n’exigeras pas de la future femme de ton fils que la famille produise un certificat de virginité », « tu appliqueras les lois du pays dans lequel tu vis, pas celles en vigueur en Turquie ou en Afghanistan ». Il fallait une charte pour cela ?

Néanmoins, ne boudons pas notre plaisir : si majoritairement les organisations du CFCM se rallient à ce texte, qui exige aussi que cessent les campagnes sur la prétendue islamophobie de la France, c’est que le rapport de force a un peu évolué dans le bon sens. De ce point de vue, Marine Le Pen a raison de juger positive l’adhésion de principe du CFCM. Certes, comme nous l’indiquions mardi, la taqiya dissimulera ce que pense réellement une large fraction de musulmans.

Mais peu importe, au fond. Ce texte a d’abord le mérite de donner raison à ceux qui s’indignaient depuis des années de l’absence de réaction face à une dérive mortifère, au nom du pluralisme culturel. Non seulement les islamistes assassinaient des Français, mais il fallait en outre subir la stigmatisation constante des « souchiens », chargés de tous les péchés du monde, ce qui n’empêchait pas pour autant (et n’empêche toujours pas) un flot grossissant de « réfugiés » de venir s’implanter dans la « patrie de l’islamophobie ».

22 % des musulmans

Le texte va en outre diviser la communauté musulmane et il faut espérer que cette division isolera toujours plus les terroristes, et facilitera la fermeture des mosquées où se prêche le djihad, où se bâtissent des réseaux inféodés à des Etats étrangers, voire hostiles.

A la vérité, le CFCM n’est lui-même guère représentatif des musulmans du pays. « Le CFCM n’a aucune emprise […] sur la réalité des musulmans de France », dit l’imam de Bordeaux. 60 % des mosquées ne sont affilées à aucune des composantes du CFCM, et quatre fédérations du CFCM sur neuf ont refusé, pour l’heure, de valider un texte qui réaffirme un refus des ingérences étrangères (les fédérations pro-turques, financées grâce à cette ingérence étrangère) et deux fédérations intégristes (dont les sinistres Frères musulmans), qui n’entendent pas renoncer à la notion d’islam politique. Le CFCM ne représente donc dans les faits que 22 % des musulmans. Mais nous aurions aussi bien pu avoir droit, comme dans d’autres pays occidentaux, à une charte destinée à favoriser l’identité musulmane…

Pour respecter tout de même la règle du « en même temps », on apprenait à la même heure que la mairie de Beaucaire était condamnée à 5 000 euros d’amende par jour, jusqu’au démontage de sa crèche de noël. La République est sauvée !

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 20 janvier 2021

Réalités de l’islamisme, par Jean-Gilles Malliarakis

islamisme

Portant à 49 ce 2 janvier, le nombre de soldats français tombés au Mali dans la lutte où notre armée est engagée dans la guerre contre l’islamo-terrorisme, ce sacrifice devrait imposer, par respect, un peu plus de rigueur à nos dirigeants.

Comme l’écrit clairement le chef de file de la droite sénatoriale : “La France [étant] de nouveau endeuillée par la mort de deux soldats au Mali, leur sacrifice dans la lutte contre le terrorisme nous oblige à mener cette guerre sans trembler sur notre sol. Je pense ce matin à leurs familles et à leurs frères d’armes.

Quelques jours plus tôt, dans un communiqué daté du 28 décembre,le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz, infligeait un camouflet à la politique musulmane de l’État, en annonçant qu’il se retirait de façon “irrévocable” du dernier projet administratif en date : celui d’un illusoire “Conseil national des imams”. Ce projet, étant lié au fameux “Conseil français du culte musulman” lui semble inacceptable du fait de l’influence islamiste au sein du CFCM, autrement dit de la connivence de cet organisme avec les adeptes de l’islam radical que combattent nos soldats en Afrique. Il accuse clairement les islamistes radicaux de “saborder toutes les initiatives qui visent à créer des rapprochements salutaires entre les musulmans de France et la communauté nationale”.

En quittant l’instance gouvernementale, il saborde clairement le projet puisqu’il le prive de la participation de 300 mosquées.

Or, depuis peut-être 30 ans, les ministres de l’Intérieur qui se sont succédé, déjà Pierre Joxe (1988-1991), déjà Chevènement (1997-2000), et même Pasqua (1993-1995) auront caressé, l’un après l’autre, la même chimère administrative : organiser en France une pratique nationale de la prédication mahométane.

La plus grave erreur commise au cours de ces diverses tentatives, remonte à plus de 20 ans, à l’époque où Chevènement occupait la place Beauvau dans l’équipe de la gauche plurielle sous le gouvernement Jospin. Sous prétexte de respecter en effet les convictions islamiques, il fut acté que la version française intégrerait une de leurs traditions les plus inacceptables, les plus contraires aux nôtres : “celui qui change de religion tue-le”.

Mais l’étatisme ne recule devant aucune imposture, en vertu sans doute du théorème bien connu de Michel Audiard : les sots ça ose tout c’est même à cela qu’on les reconnaît.

Dans la dernière version, celle qui se réclame d’un projet “d’islam de France”, l’État en arrive à ambitionner de l’unifier et d’en “former” les prédicateurs (imams).

D’abord, l’illégitimité du projet du point de vue des intéressés devrait sauter aux yeux de manière éclatante, si nous n’étions paralysés par le laïcisme : que penseraient en effet les catholiques de France si on leur imposait une organisation unitaire de tous les chrétiens, des traditionalistes aux conciliaires les plus “progressistes”, des luthériens aux calvinistes, etc., et si, fusionnant le séminaire d’Écône avec celui d’Issy les Moulineaux, on leur assignait des formateurs choisis par Gérald Darmanin ?

D’autre part, pour parler d’un islam “de France”, il faudrait pouvoir lui trouver des racines, des théologiens, des mystiques, représentatifs d’une filiation dans l’histoire de notre pays. De la Trappe de Soligny dans le Perche à l’abbaye de Sénanque dans le Luberon, en passant par le temple de l’Oratoire à Paris ou par la vieille synagogue d’Orgon en Provence, il n’en existe pas.

Le préfet Lallement qui aime citer Trotski imagine-t-il inaugurer la série ?

La réalité des communautés musulmanes que l’on recense dans l’Hexagone ne se révèle pas seulement divisée : elle se trouve déchirée entre des influences, toutes étrangères.

Citons en particulier celles qui se sont opposées à la tiédasse charte des valeurs officielles. Il s’agit : du Tabligh fondamentaliste et de son organisme Foi et Pratique ; de l’ex-UOIF renommé Musulmans de France, succursale des Frères musulmans ; et du Milli Görüs turc représenté par Fatih Sarikir. Dans la doctrine et dans la pratique de ces courants, la religion musulmane sert à combattre toute assimilation. La plus “francisée”, ne lui en déplaise se situe à la Grande Mosquée de Paris, dans l’orbite de l’État algérien qui, sauf erreur, n’aime pas beaucoup s’entendre dire qu’il procède de 12 départements anciennement français.

Avec quelles autres influences se trouve-t-elle ainsi en concurrence : d’abord celle du Maroc dont le roi se veut lui-même commandeur des Croyants ; de plus en plus avec celle de la Turquie, via une diaspora qui considère l’assimilation comme un crime contre l’humanité, et via les Frères Musulmans qui, chassés d’Égypte sont passés sous protection d’Erdogan ; et enfin celle de l’Arabie saoudite qui encourage et finance les salafistes.

Où est-il donc l’islam “de France” ? Dans les rêves de nos technocrates, peut-être ; dans la réalité nationale sûrement pas.

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Mali : allons-nous continuer encore longtemps à faire tuer nos soldats parce que les décideurs français ignorent ou refusent de prendre en compte les réalités ethno-politiques locales ?, par Bernard Lugan

soldats Mali

C’est très probablement en représailles de la mort de Bag Ag Moussa, un des principaux adjoints du chef touareg Iyad ag Ghali tué par Barkhane le 10 novembre 2020, que deux Hussards de Chamborant (2° de Hussards), ont perdu la vie le samedi 2 janvier, à quelques kilomètres de la base de Ménaka, quand leur VBL (véhicule blindé léger) a sauté sur une mine.

A la différence de la mort de nos trois hommes du 1° Régiment de Chasseurs de Thierville survenue le lundi 28 décembre, au sud de Gao, l’explosion qui a provoqué celle des deux Hussards s’est produite plus au nord, dans une région qui était devenue « calme », les décideurs français semblant avoir enfin compris qu’ici, nous ne sommes pas face au même jihadisme que plus au sud. Comme je ne cesse de le dire depuis des années, et comme je le montre dans mon livre Les Guerres du Sahel des origines à nos jours, ici, le conflit n’est en effet pas à racine islamiste puisqu’il s’agit d’une fracture inscrite dans la nuit des temps, d’une résurgence ethno-historico-économico-politique touareg conjoncturellement abritée derrière le paravent islamiste.

Pour bien comprendre la situation, il nous faut revenir en arrière, au mois de juin 2020 avec la mort de l’Algérien Abdelmalek Droukdal, le chef d’Al-Quaïda pour toute l’Afrique du Nord et pour la bande sahélienne, abattu par l’armée française sur renseignement algérien. Cette liquidation qui libérait le Touareg Iyad ag Ghali de toute sujétion à l’Arabe Abdelmalek Droukdal, s’inscrivait dans le cadre d’un conflit ouvert qui avait éclaté entre les deux branches du jihadisme régional. L’EIGS (Etat islamique dans le Grand Sahara), rattaché à Daech prône en effet la disparition des ethnies et des Etats et leur fusion dans le califat universel. Tout au contraire, le groupe d’Al-Qaïda, dirigé par Iyad ag Ghali « associé » aux services algériens privilégie l’ethnie touareg et ne demande pas la disparition du Mali.

Le coup d’Etat qui s’est produit au Mali au mois d’août 2020, a ensuite permis de donner toute liberté à la négociation entre Bamako et la branche locale d’Aqmi, avec pour but de régler le conflit du nord Mali. Pour la France, l’opération était entièrement profitable car cela permettait de fermer le front du nord.

Même si nous avons perdu ce « doigté » qui était une de nos spécialités à l’époque des « Affaires indigènes » et ensuite des emprises militaires permanentes, dans la durée, avec des unités dont c’était la culture, il allait donc être possible, avec un minimum d’intelligence tactique, et en jouant sur cette opposition entre jihadistes, de laisser se régler toute seule la question du nord Mali. Et cela, afin de commencer à nous désengager après avoir concentré tous nos moyens sur la région des « 3 frontières », donc sur l’EIGS, et également sur certains groupes peul jouant sur plusieurs tableaux à la fois[1].

Or, le 10 novembre 2020, une insolite opération française menée près de Ménaka, donc en zone touareg, s’est soldée par la mort de Ba Ag Moussa, un des principaux adjoints de Iyad ag Ghali. Les Touareg ayant pris cette action comme une provocation, il était donc clair qu’ils allaient mener des représailles.

Par devoir de réserve, je n’ai alors pas commenté cette opération sur mon blog, mais j’ai prévenu « qui de droit » que les Touareg allaient, d’une manière ou d’une autre, venger la mort de Ba Ag Moussa et qu’il allait falloir être vigilants dans la région de Ménaka. D’autant plus que, alors que, depuis plusieurs mois, les opérations françaises avaient évité la zone touareg, les derniers temps, elles y avaient repris. Comme si un changement de stratégie avait été décidé à Paris, un peu « à l’américaine », c’est-à-dire en « tapant » indistinctement tous les GAT (Groupes armées terroristes) péremptoirement qualifiés de « jihadistes », et peut-être pour pouvoir « aligner du bilan ». Une stratégie sans issue reposant sur une totale méconnaissance des réalités ethno-politiques locales, et dont nos soldats viennent de payer le prix sur le terrain.

Le signal donné par les Touareg étant donc clair, aux autorités françaises d’en tirer maintenant les leçons. Veulent-elles oui ou non ré-ouvrir à Barkhane un deuxième front au nord ?

En ce jour de tristesse, j’ai une pensée particulière pour le sergent Yvonne Huynh, avec lequel, à la veille de son deuxième séjour au Mali, j’avais longuement échangé sur les causes profondes du conflit, et je tiens, à travers ce communiqué, à faire part de mes sincères condoléances aux « Frères bruns », ses camarades de Chamborant hussards.

Bernard Lugan

[1] L’on pourra à ce sujet se reporter à mon communiqué en date du 24 octobre 2020 intitulé « Mali : le changement de paradigme s’impose ».

Bernard Lugan

Texte repris du Blog de Bernard Lugan

La mission de lutter contre l’islamisme confiée… aux islamistes

CFCM séparatisme islamisme

Dans son plan de lutte contre le séparatisme (entendez : l’islam politique), le gouvernement prévoit de confier la « certification des imams » au Conseil français du culte musulman, le CFCM. Or ce CFCM n’est qu’une fédération d’associations certes islamiques, voire islamistes, mais qui ne sont pas pour autant des associations dirigées par des imams. Et c’est bien pourquoi les imams vont à reculons vers cette solution. « Comment ça se fait qu’on impose par le haut un Conseil national des imams ? Les imams sont majeurs et vaccinés, et sont capables de s’organiser d’eux-mêmes », réagissait récemment un imam classé modéré ? Ne parlons pas des autres !

Mais il y a aussi du bon sens à vouloir savoir comment sont formés les imams, quand on réalise que les terroristes islamistes sont passés par des mosquées et qu’il existe donc un lien entre les actes terroristes et ce que l’on y entend parfois.

Alors, mettre la formation des imams sous le contrôle du CFCM, composé de laïcs, est-ce la solution ? C’est là qu’intervient Jordan Bardella, pour rappeler, sur Twitter, ce qu’est le CFCM, seule structure supposée « modérée » que Macron ait à se mettre sous la dent en fait de partenaire pour un dialogue sur cette question. Pour le jeune vice-président du Rassemblement national, « Frères musulmans, associations turques aux mains d’Erdogan, organisations salafistes », il y a là « les officines les plus radicales ».

Il a raison : outre la porosité intellectuelle entre islamistes et CFCM, la moitié des affiliés au CFCM tirent leur légitimité – et leurs subsides – d’Etats étrangers, voire d’Etats hostiles, qui ne se gênent pas pour injurier la France et ceux qui la représentent, comme l’a fait récemment Erdogan.

Pour une charte républicaine islamique, il n’y aura pas de problème

Le CFCM est censé également rédiger une « charte républicaine » sur laquelle ses affiliés s’engageront. S’il s’agit d’une charte républicaine islamique, il n’y aura pas de problème. Car la plupart des Etats islamistes sont des Etats républicains. Mais de quoi cela nous protégera-t-il ?

Les imams contestent toutefois le principe même de passer par le CFCM, rappelant que c’est l’Etat qui a créé le CFCM, et c’est l’Etat qui exige de lui cette mise en place d’une instance de contrôle sur le religieux. Or le laïcisme « à la française » (et nous sommes bien placés pour le savoir) considère que « la laïcité doit combattre les religions, les repousser intégralement dans la sphère du privé », et que le laïcisme ne défend pas « une laïcité de neutralité mais de neutralisation du fait religieux ».

La « charte républicaine » est censée proclamer l’adhésion des musulmans à la République, rappeler que l’islam de France n’est qu’une religion, pas un système politique, et enfin que les Etats islamiques étrangers ne doivent plus pratiquer l’ingérence ? Or c’est le gouvernement français de l’époque qui a conçu ainsi le CFCM. Trois fédérations sur les neuf qui la composent sont islamistes, et des Etats étrangers contrôlent la moitié des associations affilées : l’échec est déjà inscrit dans ce constat.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 24 novembre 2020

Notre faiblesse ne justifie pas l’islamisme et le Grand Remplacement, par Clément Martin (Les Identitaires)

Certains voient dans les attentats la sanction de nos faiblesses et de notre décadence. De la même manière, le Grand Remplacement ne serait que la conséquence de notre « grand effacement » intellectuel. Tenter de freiner le Grand Remplacement ou de lutter contre le terrorisme par des moyens concrets serait donc pure perte temps : il faudrait « remonter aux causes » plutôt que de « s’en prendre aux conséquences ».

Fermer les frontières est à la portée de n’importe quel État

Tout d’abord, les résistants identitaires ne négligent pas la réflexion sur les causes. Mais le combat politique, au service du bien commun, tend premièrement à écouter les plaintes de notre peuple, qui portent généralement sur des problèmes tangibles (insécurité, islamisation, dégradation du cadre de vie…) auxquels un militant honnête et intègre doit porter un grand intérêt. Nous envisageons la conquête du pouvoir, seul levier apte à résoudre les difficultés des Français, et il faut donc concevoir les outils que nous utiliserions pour soigner notre pays. On peut ergoter longtemps pour savoir quel réseau occulte manipule la France, mais cela ne fait pas avancer la situation de la jeune femme harcelée par la racaille sur la route du travail. Pour identifier les racines du terrorisme islamique et du Grand Remplacement, on peut invoquer la politique étrangère américaine, la guerre en Libye ou la crise économiques dans les pays d’émigration. Mais qui détient la clef pour résoudre les maux du Moyen-Orient et de l’Afrique noire ? En revanche, fermer les frontières et les maintenir étanches, par des contrôles rigoureux et l’instauration de l’immigration zéro, est à la portée de n’importe quel État.

On peut vivre heureux en France à condition de s’en donner les moyens

Un État peut également expulser les imams islamistes et leurs plus chauds partisans ainsi que les détenus binationaux ou étrangers. Ces mesures de bon sens, qui touchent seulement les « conséquences » de malheurs plus profonds, n’en sont pas moins suffisantes pour ramener l’ordre et la paix. Il n’y a que des paresseux déguisés en théoriciens scrupuleux pour mépriser cette démarche humble et pragmatique. Persuadés que l’on peut vivre heureux en France à condition de s’en donner les moyens, les Identitaires ont publié en 2017 : 30 mesures pour une politique d’identité et de remigration.

La haine des islamistes ne trouve pas sa source dans notre faiblesse

Ensuite, pourquoi tant de haine de la part des islamistes ? Pourquoi tant de violence et d’intimidations quotidiennes de la part de la racaille ? Ce n’est pas parce que nous serions devenus « décadents » et faibles, même si le succès des sous-produits culturels les plus médiocres nous montre bien une certaine dégénérescence intellectuelle au sein des nôtres. S’ils nous détestent, ce n’est pas en raison de notre nihilisme moral, de l’esprit Charlie ou de la déchristianisation. C’est parce que nous sommes français. En effet, les attentats islamistes n’ont pas commencé en novembre 2015 au Bataclan. Les attaques de l’islam ont commencé en 711 au sud de l’Espagne, se sont prolongées en France avant le coup d’arrêt de 732, ont repris le siècle suivant en Provence tout en se démultipliant dans l’ancien empire romain d’Orient, à Constantinople, avant de toucher la Serbie, la Hongrie, la Bulgarie, Vienne à deux reprises et l’île de Malte jusqu’à la victoire chrétienne de Lépante. Le choc de civilisations entre le monde helléno-chrétien et musulman est très ancien. Les Francs du neuvième siècle étaient-ils Charlie ? Pas vraiment. Cela n’a pas empêché les Maures d’attaquer leurs domaines. Le conflit a toujours été présent entre ces deux mondes. L’attentat de Nice l’a rappelé : en frappant des fidèles au cœur d’une église, ils ont montré que la France, à leurs yeux, est un bloc. Orientaux et Africains ont une mentalité tribale : pour eux, la France est une tribu et depuis les croisés jusqu’aux boomers de gauche, c’est la même tribu qu’ils combattent, celle des kouffars, des infidèles blancs.

Militantisme exemplaire plutôt qu’autoflagellation

D’autre part, cela ne doit pas nous faire éluder nos faiblesses bien réelles : dévirilisation, addiction au consumérisme, dépendance aux réseaux sociaux, peur de la force, déconstruction des identités sexuelles et culturelles… Nos pathologies d’homme blanc sont nombreuses et nous désarment en face de la barbarie des immigrés issus de pays musulmans. Mais nommer les tares de la société française pour les éradiquer afin de redevenir des hommes et des femmes debout, ce n’est pas relativiser les attentats sous prétexte que nous « l’aurions bien mérité ». Faible, la société française l’est. Par l’exemple d’un activisme exigeant et toujours en éveil, nous voulons donner à notre peuple l’exemple d’une force capable de réveiller, dans le cœur de chaque Français, la flamme de Charles Martel, de saint Louis et de Jeanne d’Arc.

Clément Martin

Texte repris du site de : Les Identitaires

Face à l’islamisme : le nécessaire retour du politique – Cyril Raul (Les Identitaires)

Comment vider le politique de sa substance ? Faites preuve de fermeté face à des phénomènes que vous ne pouvez à vous seul résoudre, comme une pandémie ou le réchauffement climatique. Tout en restant laxiste sur des problèmes concrets contre lesquels vous pouvez agir : l’immigration, la délinquance et l’islamisme.

Fermeté sanitaire, laxisme migratoire

Cette semaine a une nouvelle fois illustré ce constat. Mercredi, le président de la République annonçait aux Français un nouveau confinement via des mesures particulièrement sévères, expression d’un autoritarisme bien souvent inutile. Face à ce virus mondial, l’État allait à nouveau sévir durement en infligeant aux Français les pires restrictions d’Europe se traduisant notamment par la fermeture de la plupart des commerces et un nouveau suicide économique.

Au lendemain de ces annonces, un attentat islamiste commis par un migrant frappait à nouveau la ville de Nice dans une basilique. Bilan : 3 morts, dont la décapitation au couteau d’une paroissienne, quelques jours après celle du professeur Samuel Paty. L’auteur est un Tunisien fraîchement débarqué de Lampedusa. Un migrant, tout comme l’était l’assassin tchétchène de Samuel Paty.

Le drame aurait donc une nouvelle fois pu être évité avec une politique ferme sur l’immigration. Mais ce gouvernement sait être autoritaire sur ce qu’il ne peut influencer qu’à la marge et laxiste sur ce que sa responsabilité politique lui intime pourtant de prendre fermement en main. Car le calcul politique, la peur de « l’amalgame », paralysent toute action gouvernementale sur le sujet de l’immigration musulmane source du terrorisme islamiste en France.

Modérés islamistes et islamistes modérés

Depuis la décapitation de Samuel Paty, l’opinion attend pourtant des choix forts. Et dans un conseil de défense ayant eu lieu vendredi, les services de renseignement ont donné des informations graves et très claires au gouvernement, sans tabou ni emphase. D’après un article d’Europe 1, le renseignement français aurait alerté le président et le ministre de l’Intérieur sur les passerelles existant entre les musulmans modérés, les salafistes, les Frères musulmans et les djihadistes. À ce sujet, les propos d’un spécialiste s’étant confié à la radio sont édifiants : « on n’est plus face à quelques individus à surveiller. Désormais, on affronte des masses qui veulent nous détruire ».

Dans une intervention du 27 octobre, le président du CFCM, Mohamed Moussaoui, pourtant considéré par les médias comme « modéré » , déclarait d’ailleurs au sujet des caricatures que « pour préserver l’ordre public, il faut parfois renoncer à certains droits. » On peine ici à cerner la distance entre l’islamiste qui menace l’ordre public et le modéré qui fait du chantage à l’ordre public. Un chantage qui prend ici la forme d’une allusion mais, plus souvent, de menaces très claires de dizaines de milliers de musulmans dits pourtant « modérés » sur les réseaux sociaux. Difficile de ne pas voir dans ces phénomènes une confirmation de cette « massification » de l’islamisme bien cernée par les services de renseignement.

Comment agir

Le politique ne peut désormais plus dire qu’il n’a pas les cartes en mains pour agir. Seule sa peur de l’amalgame et du préjugé le paralyse. Or, le préjugé est pourtant une arme du politique. Comme le disait le philosophe Edmund Burke, « en cas d’urgence le préjugé est toujours prêt à servir ; il a déjà déterminé l’esprit à ne s’écarter jamais de la voie de la sagesse et de la vertu, si bien qu’au moment de la décision, l’homme n’est pas abandonné à l’hésitation, travaillé par le doute et la perplexité. ». Selon l’auteur irlandais, ce préjugé « fait de la vertu une habitude et non une suite d’actions isolées. »

Pour enfin agir contre les islamistes mais aussi pour rendre au politique sa substance, il est nécessaire de faire des choix forts et de ne plus palabrer. Les Français n’en peuvent plus des bougies et des appels aux valeurs républicaines, de ces débats entre Arabes laïcs et islamistes qui ont peut-être leur intérêt dans le monde musulman mais ne nous concernent pas ici, chez nous, en France. Il n’y a pas d’autres solutions au terrorisme islamiste que la remigration. Au politique de franchir le pas.

Cyril Raul

Texte repris du site de : Les Identitaires

Confinement, islamisme… Vers une révolte des Français ?

Selon le général de Gaulle, « les Français étaient des veaux ». Une fois de plus, il s’est trompé. Les Français sont plutôt des moutons. Il y a longtemps qu’on leur tond la laine sur le dos, mais les voici maintenant parqués comme des moutons, égorgés comme des moutons ! Toutefois, cela pourrait ne pas durer, car même les agneaux peuvent se révolter et devenir enragés.

Un gouvernement aussi incompétent que pleutre

En 1974, « Le mouton enragé » était le titre d’un film complexe de Michel Delville évoquant une société qui n’est plus, mais le titre reste d’actualité. Confinement, terrorisme islamiste, les Français n’en peuvent plus d’un gouvernement aussi incompétent que pleutre. Incompétent, nous avons comme Premier ministre, donneur de leçons et de civisme, celui-là même qui a raté le déconfinement et permis donc la prétendue seconde vague.
Quant à Olivier Veran, l’homme propage la peur, car lui-même redoute que sa gestion incohérente de la crise ne l’emmène devant des tribunaux où on juge au nom du peuple français.

Un gouvernement pleutre, on le voit pour la rentrée scolaire où la grande manifestation de l’école pour la liberté d expression s’est effilochée au fil des jours. Samuel Paty est devenu un héros gênant. Il était glorifié, on aimerait bien dans certaines écoles passer à autre chose. Qui ne voit que le droit de blasphémer est mis en cause, lentement mais surement, car le corps enseignant par idéologie ou crainte est incapable de l’assumer. Les islamistes vont remporter une nouvelle victoire par auto-censure… Heureusement, pour ceux qui idolâtrent la liberté d’offenser, il restera toujours les catholiques.

Le reconfinement ne passe pas. Les maires, notamment ceux du sud, ont sonné le signal de la révolte. Les petits commerçants, dos au mur, deviennent les porte-parole d’une large partie de l’opinion publique. On voit un retour des gilets jaunes, sinon une renaissance du poujadisme, avec une fronde des élus locaux et un rejet de Paris.

Face à l’islamisme, nos compatriotes ont compris que le gouvernement de cette démocratie était incapable de nous défendre. Il faut changer sinon le gouvernement ou du moins ; comme nous l’avons écrit ici avant que cette thématique ne s’impose : l’état de droit.

« Nous sommes la France »

Tout dépend de la réaction de la jeunesse qui veut avoir un avenir peut-être républicain, mais plus surement français.
« Nous sommes la France », c’était le mot d’ordre d’une manifestation de plusieurs centaines de personnes à Nice devant la basilique Notre-Dame martyrisée face à un quartier très « populaire » (comme on dit maintenant par antiphrase) en plein centre-ville.

« Nous sommes chez nous ! Islam hors de France ! » L’horreur absolue pour les médias présents qui ont rarement filmées, et jamais diffusé sur les chaines mainstream, les images de cette manifestation digne et imposante. Le quotidien régional n’en a parlé que trois jours plus tard, pour donner d’ailleurs la parole à ceux qui se sont désolidarisés des slogans identitaires et en précisant bien que tous ces manifestants islamophobes étaient connus et répertoriés.

Pour le moment, ce type de réaction est à dire vrai très limité. Mais cela change des bouquets de fleurs, des nounours et des bougies. Le système fait tout pour revenir le plus vite possible au « pas d’amalgames » sans oublier le « pas de vagues ». La preuve par la rentrée scolaire.

Les mouvements violents de protestation contre les confinements en Europe se multiplient, notamment en Italie et en Espagne. La France est sur le point de ne plus accepter l’inacceptable.

Le gouvernement le sait et il va annoncer des mesures pour désamorcer la colère faute de trouver un vaccin pour éradiquer la rage ovine. Nos dirigeants politico-mediatico-sanitaires devraient méditer une maxime. Elle est signée d’Antoine de Rivarol écrivain voltairien mais monarchiste, et « français par excellence » selon le titre d’un livre qui lui a été consacré : « Quand les peuples cessent d’estimer, ils cessent d’obéir. »

On y est…. Peut-être !

Pierre Boisguilbert

Texte repris du site Polémia

Au secours de la France : “N’ayez pas peur !”, par Ivan Rioufol

Les technocrates et les idéologues sont les destructeurs de la France. Ce sont eux qui doivent être mis publiquement en accusation. Les premiers sont en train de transformer la nation en prison de la Santé, à cause de leur incapacité à gérer le système hospitalier face au Covid-19. Les seconds, parce qu’ils ont ridiculisé la patrie et culpabilisé le peuple, sont en train de livrer un pays sans âme et désarmé aux conquérants islamistes. La peur est l’instrument que se partagent ces démolisseurs démoniaques. Les gens sont terrorisés par un virus dont Emmanuel Macron a dit qu’il pourrait tuer jusqu’à 400.000 personnes !

Déjà, en mars, les fanatiques de l’apocalypse sanitaire avaient prévu jusqu’à 500.000 morts pour la première vague : elle s’est soldée par 33.000 décès. Au prétexte de “protéger les vivants” (Edouard Philippe, en mai), le pouvoir a transformé les citoyens en une masse peureuse, prête à solder sa liberté pour sa sécurité. Cette perte du courage est une aubaine pour les égorgeurs, bras armés d’un islam enragé. Ce lundi matin, c’est la trouille au ventre que de nombreux professeurs s’apprêtaient à proposer une minute de silence dans leurs classes, après la décapitation de Samuel Paty. Ces humiliations font honte à la France.

Notre civilisation ne peut se reconnaître dans ces abandons, ces lâchetés. Jamais l’impératif de Jésus, repris par Jean-Paul II en 1978, n’a été aussi nécessaire : “N’ayez pas peur !“. “Dieu vomit les tièdes !“, écrit également Jean. Ces rappels nous obligent au secours de la France. Vieille nation chrétienne et littéraire, elle est méprisée dans son passé quand le gouvernement, pris d’une frénésie tyrannique, classe le livre en produit “non essentiel”, tout en interdisant les messes.

La fermeture des libraires et la suspension des cultes sont des actes obscurantistes : la norme hygiéniste considère désormais les nourritures intellectuelles ou spirituelles comme accessoires à la survie. Dimanche soir, sur TF1, Jean Castex a semblé avoir mesuré, parlant de l’islam, les dangers représentés par les idéologues, fossoyeurs de la nation : “Je veux dénoncer ici toutes les compromissions qu’il y a eu pendant trop d’années, les justifications à cet islam radical : nous devrions nous auto-flageller, regretter la colonisation, je ne sais quoi encore (…)“. Mais le premier ministre reste le symbole le plus abouti du technocrate coupé de la vie des gens et des réalités. Il fait partie du problème.

Ivan Rioufol

Texte daté du 2 novembre 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Philippe de Villiers: «C’est au virus islamiste qu’il faut faire la guerre»

Philippe de Villiers

Philippe de Villiers déplore le traitement différentiel entre le coronavirus et le virus islamiste. Pour lutter contre le premier, le gouvernement n’hésite pas à mettre en oeuvre des mesures d’exception contestables tandis que pour face au second, qui relève selon lui d’ «une vraie agression invasive», on refuse de prendre des mesures de guerre au motif qu’elles pourraient être liberticides.
Une tribune publiée sur Figarovox.

Tout est hors de contrôle: le Covid, le terrorisme. Emmanuel Macron court derrière, il court après les mots, après les morts, martial, impuissant. Le champ lexical utilisé depuis le printemps – «Nous sommes en guerre» – apparaît aujourd’hui comme une outrance et un terme inapproprié: l’épidémie court toujours et les terroristes aussi. Affleure dans la tête des Français, désemparés, l’idée que le pays n’est pas gouverné et que l’État est aux mains d’une bande d’amateurs.

Faute de boucler les frontières nationales, on réinstaure la frontière domestique.

L’impéritie des autorités, censées mener deux guerres à la fois, affleure dans le traitement différentiel des deux virus. Il y en a un qui relève de la sécurité sanitaire. Pour protéger la population de cet ennemi viral, on a choisi de nous enfermer, de nous assigner à résidence. Faute de boucler les frontières nationales, on réinstaure la frontière domestique. On prend des mesures liberticides, on met à plat l’économie, on déchire les tissus conjonctifs de la France industrieuse parce qu’on considère que la protection sanitaire est plus importante encore que toutes les libertés ; puis on annonce, en quinze jours, en puisant dans la même panoplie belliqueuse, d’abord le couvre-feu – qui est un confinement de nuit – ensuite le confinement qui est un couvre-feu de jour, jamais pratiqué, même en 40.

Face à l’autre virus, le virus islamiste, qui, pour le coup, relève d’une vraie agression invasive, on refuse de prendre des mesures de guerre au motif qu’elles pourraient être liberticides, et donc, au sens des maniaques du juridisme, exposées à la censure juridictionnelle. Ainsi se retient-on de toucher au regroupement familial, aux cinq-cents mosquées islamistes. On récuse la chaîne fatale: l’immigration est le terreau de l’islam, qui est le terreau de l’islamisme, qui est le terreau du terrorisme. On refuse de répondre à la guerre par la guerre et on laisse la population se faire égorger. En d’autres termes, d’un côté, sans s’encombrer de scrupules, on nous confisque nos libertés, au nom de la sécurité sanitaire, de l’autre côté, on n’ose pas se donner les moyens de garantir la sécurité physique.

La France est devenue le carrefour planétaire des assassins de la civilisation.

L’audace du gouvernement, quand il s’agit de nous bâillonner dans la rue et de nous infliger les gestes-frontières dans notre quotidien, contraste avec le laxisme pratiqué à l’égard des islamistes. On ne touche pas à nos frontières, on sanctuarise le droit d’asile: la France est devenue le carrefour planétaire des assassins de la civilisation.

D’où vient donc ce traitement différentiel? Pour avoir entretenu, avec Emmanuel Macron, des conversations graves sur ce sujet, je peux répondre à cette question: la culture mondialiste de nos élites – qui imprègne la macronie – a épanoui un hédonisme et un individualisme qui ont anéanti nos défenses immunitaires.

L’hédonisme – la marchandisation absolue du divin marché – vient de muter en un hygiénisme d’État. On met la Santé au-dessus de la vie, au-dessus des affections, de la création, du travail, des émotions: la distanciation et les gestes-barrières font du parent et du voisin un ennemi qui peut vous frapper par contagion. On met la survie biologique au-dessus de la vie, de toute autre forme de vie – sociale, créative, spirituelle, culturelle -, on évacue le risque – le risque de la vie – et on cajole l’espoir que les Gafam nous procurent, à la faveur des prothèses d’éternité du post-humanisme, une assurance-vie définitive.

L’hygiénisme d’État, qui est donc la pointe diamantée de l’hédonisme matérialiste, nous persuade que la vie ne vaut que par la Santé – on peut tuer les embryons par confort et on met les vieux au mouroir pour éloigner des yeux la santé finissante. Cet hygiénisme globalisé est le frère siamois de l’individualisme qui, par la proclamation absolue de «l’État de droit», ne vise qu’à protéger les droits individuels dans leurs variétés les plus excentriques. Ce juridisme désintègre la nation. Jadis, la Cour suprême, c’était le peuple. Aujourd’hui, le peuple ne peut plus rien décider. Il y a quatre cours suprêmes, au-dessus de lui, qui décident à sa place.
Il faut réserver la guerre à ceux qui nous la font.

On ne mènera pas deux guerres à la fois: une contre les Français et l’autre contre les ennemis de la France. Il faut réserver la guerre à ceux qui nous la font. Aujourd’hui, on enferme les Français au motif qu’ils sont virtuellement des porteurs de virus et on laisse circuler, à nos frontières, les étrangers qui ont déclaré la guerre à notre civilisation.

Tout est à l’envers, il faut tout remettre à l’endroit. En sortant de la confusion entre deux urgences: l’une relève d’une organisation de la santé publique et l’autre de la guerre. D’abord, il faut libérer les Français, les laisser vivre. On parle beaucoup du Moyen-Âge, mais on pratique l’inverse du lazaret et de la quarantaine: du temps de la Lèpre, on confinait les malportants et on laissait libres les bien-portants. Aujourd’hui, on fait l’inverse: on prive de liberté les bien-portants. L’urgence est d’augmenter les lits de réanimation. Que ne l’a-t-on fait plus tôt? Pour le reste, rien ne remplacera l’immunité collective, à la suédoise, qui donne aujourd’hui des résultats incontestables.

Quant à l’autre guerre – celle-là qui n’est pas allégorique -, il faut la mener comme peut le faire un pays en guerre – on nous a déclaré la guerre et, dans cette guerre, il y a chez nous une cinquième colonne. On ne répond pas à la guerre par des bougies, des exhortations, ou même des lois. On répond à la guerre par l’état de guerre. Notre Constitution a prévu cette situation, en son article 36: c’est «l’état de siège». Il peut être décrété en conseil des ministres, «en cas de péril imminent résultant d’une guerre étrangère ou d’une insurrection armée».

L’ennemi n’est pas dans le séparatisme, il ne veut pas se séparer de nous, il veut nous conquérir.

Alors l’autorité militaire a le droit de faire des perquisitions, d’éloigner les individus suspects, de procéder à la recherche des armes. Et on peut punir la haute-trahison.

On nous parle de «séparatisme». C’est nouveau. Mais ce n’est encore qu’un faux-semblant. L’ennemi n’est pas dans le séparatisme, il ne veut pas se séparer de nous, il veut nous conquérir. L’idée d’une «France décoloniale», c’est l’idée d’une France défrancisée par l’effort de nouveaux colonisateurs. Que veulent-ils? Nous soumettre.

Nous vivons peut-être les dernières heures de la paix. Pauvre start-up nation en fin de cycle, qui se débat, au rythme d’un horizon cauchemardesque décliné en une trilogie fatale: le bâillon, le couvre-feu, la décapitation. Cette sémantique du désastre signe l’échec d’une politique de bisounours qui, depuis cinquante ans, vivent dans leur petit monde d’inculture et de playmobil. Ils ont oublié tout simplement que l’Histoire est tragique.

Tribune reprise de FigaroVox

I-Média – Confinement, attentats islamistes… La France sous pression

30/10/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Ce nouveau numéro d’I-Média revient sur l’annonce par Emmanuel Macron d’un nouveau confinement avant de proposer une chronique intitulée “Les islamistes déclarent la guerre à la France”.
Entre les attaques d’Erdogan, les manifestations dans le monde entier et la menace intérieure liée à la démographie, la France semble sur le point d’entrer en guerre ouverte contre l’islamisme.


Guillaume Bigot, après l’attentat de Conflans : « On assiste à un retournement de veste des politiques sur l’islamisme »

Depuis l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine, on assiste à de nombreuses prises de parole de la part des politiques ayant la volonté d’engager « la guerre » contre l’islamisme.

Guillaume Bigot, qui vient de publier La Populophobie (Plon), s’interroge sur la portée de la parole de la classe politique et se dit « écœuré » devant l’hypocrisie de ceux qui dénoncent l’islamisme après avoir souvent « cherché l’accommodement » .

Depuis l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine, on sent une volonté de la part de nos politiciens d’engager la guerre, pour reprendre leurs mots contre le terrorisme islamiste. Cependant, derrière les mots, on attend encore une action claire. Le moins que l’on puisse dire, la parole est assez chaotique. Quelle est votre opinion sur la parole politique ?

Est-ce que la parole politique porte encore ? Cela nous ramènerait aux origines de la réflexion politique dans un grand livre d’Aristote qui distingue la parole tout court et la parole qui a vocation à devenir des actes. Le propre de la parole politique n’est pas du tout une parole verbale, si j’ose dire, mais une parole qui est performative, destinée à se transformer en acte. Quand la plupart de nos citoyens entendent une déclaration de guerre de la République, il savent très bien que c’est la même déclaration de guerre que celle qui a été faite par le Président Hollande au lendemain des attentats de Charlie Hebdo et au lendemain des attentats du Bataclan. Ce ne serait déjà que la quatrième fois, après Nice, que la République solennellement dit « Vous allez voir ce que vous allez voir, nous déclarons la guerre ». Comble de ce paradoxe, c’est lorsque le président de la République dit « nous n’avons plus besoin de mots, il faut des actes concrets ».
Quand on entend quelqu’un qui parle pour dire qu’il faut des actes concrets, c’est presque un aveu. Il est en train de dire, justement, ce qu’il n’est pas en train de faire.
Deuxième point, c’est la cacophonie, la contradiction, le retournement de veste. Il fallait vraiment avoir l’estomac bien accroché pour constater que, place de la République, il y avait la célèbre égérie islamo-gauchiste. On va peut-être revenir sur les termes. L’islamisme, c’est l’extrême droite islamique. La seule extrême droite qui reste debout, aujourd’hui, c’est l’extrême droite des islamistes.

Le terme « extrême droite islamique » nous paraît être une alliance de terme qui est propre à « l’islamo-gauchisme ».

L’islamo-gauchisme, c’est le vichysme. C’est la nouvelle définition de la collaboration. Les termes sont malheureusement totalement impropres et absolument renversés.
Prenons le droit d’asile. Quel était le droit d’asile ? Quand la France donnait le statut de réfugié, les gens se battaient pour la liberté parce qu’ils étaient persécutés dans leur pays. Vous voyez bien le renversement complet de sens. En réalité, aujourd’hui, qu’est-ce que c’est que ce droit d’asile ? C’est donner le droit à des étrangers de venir sur notre territoire pour persécuter ceux qui défendent la liberté chez nous. Il y a un renversement complet. Les termes ne veulent plus rien dire.
En réalité, ce qu’on appelle les islamo-gauchistes ne sont rien d’autre que les descendants de Vichy et de Pétain. L’attitude de Vichy, de Pétain et de l’extrême droite en 1940 est une attitude qui consiste à dire que des gens nous menacent, nous agressent et on va leur trouver de bonnes raisons. On va dire qu’ils ne sont pas si méchants et on va sympathiser avec eux. C’est exactement la même attitude que cette soi-disant gauche. On n’en est plus là. Il y avait de quoi être écœuré en voyant la représentante de l’UNEF et en voyant la LICRA. Cette dernière avait attaqué Georges Bensoussan, en 2002, lorsqu’il avait sorti son livre. C’était vraiment le premier lanceur d’alerte sur ce qu’il se passait dans les banlieues perdues de la République.
Bensoussan disait « On ne peut plus enseigner la Shoah dans certains quartiers ». Les élèves musulmans se lèvent et disent « Hitler n’a pas fini le travail ».
Ce livre-là était considéré comme du racisme. La LICRA avait donc porté plainte contre M. Bensoussan. Où était la LICRA ? Elle rendait hommage à M. Paty. Où était SOS Racisme, dirigé par M. Sopo, qui ne cesse de se coucher devant toutes manifestations ? Il était place de la République. Où était le Parti socialiste, qui avait nommé M. Bianco à la tête de l’Observatoire sur la laïcité ? Il était place de la République.
Enfin, il y a le silence, me semble t-il assez éloquent, de M. Dupond-Moretti, qu’il a brisé lui-même sur France Inter. Il va dire simplement « Je suis écœuré par la récupération politique ». Il n’est pas principalement écœuré par le fait qu’un enseignant se trouve décapité parce qu’il a défendu nos principes les plus précieux. Mais il est choqué et écœuré parce qu’il y a un discours qui dit « On vous l’avait bien dit ». Globalement, chacun choisit ses écœurements.

Vous parlez de la gauche, mais on peut aussi parler de la droite. Depuis quelques jours, on voit un phénomène assez révélateur sur Twitter. Les Républicains se perdent en superlatifs pour dénoncer la menace islamique. Et de l’autre côté, on a des comptes islamiques qui s’amusent à déterrer toutes les opérations qu’avaient pu faire des élus UMP ou LR pour séduire l’électorat musulman. On ne compte plus les élus locaux LR qui se rendaient dans les mosquées tenues par les Frères musulmans pour aller faire un peu de racolage. Toutes ces contradictions sont en train d’exploser par ceux qui sont attaqués par leurs « amis d’hier ».

Je sors un livre qui s’appelle La Populophobie. Pourquoi il faut remplacer la classe dirigeante française aux Éditions Plon. Ce n’est pas pour en assurer la publicité, mais juste pour dire que l’argument clé de ce livre, c’est la formule très simple d’Albert Einstein : « Ce ne sont pas ceux qui ont créé les problèmes qui vont les résoudre. » C’est très simple.
Oui, la classe politique gauche ou droite a activé, a cherché l’accommodement et l’apaisement. Il y a des retournements de vestes. On accusait Edgard Faure, politicien de la IVe et début de la Ve République. Il disait : « Ce n’est pas moi qui ait tourné, mais c’est le vent qui a tourné. »

Vous avez sans doute suivi l’hommage à Samuel Paty en direct de la Sorbonne et le discours d’Emmanuel Macron. Beaucoup ont salué son discours pour sa clarté et sa gravité. Quels ont été vos pensées ?

Mes pensées ont été très partagées. Quoi qu’on en pense, Emmanuel Macron est le chef de l’État, le président de la République. Je pense qu’on est tous tenus à une sorte de devoir d’unité. L’unité n’est pas nécessairement à l’unanimisme. Il y a quelque chose de poignant dans son discours. La situation était elle-même poignante. Le texte de Jaurès était, bien sûr, impeccable. Le texte de Camus était lui-même impeccable. Ce qui était très gênant, c’est ce qu’on appelle le pathos. C’est le fait de vouloir jouer sur l’émotion en expliquant qu’à la fin, ce sont les gentils qui gagnent. C’est parce que nous sommes les plus gentils, parce que nous sommes les meilleurs, parce que nous sommes les plus émus, parce que nous sommes pleins d’émotion et pleins de larmes que nous triompherons à la fin.
Il faut, malheureusement, prendre un peu de recul historique. Si nous avons écrasé Adolph Hitler et le Troisième Reich, ce n’est parce qu’on a beaucoup versé de larmes sur ses victimes. C’est parce qu’on a déversé 30.000 tonnes de bombes incendiaires sur les villes allemandes. C’est ça qui a fait plier l’Allemagne.
J’étais un peu gêné. Je comprends qu’il y avait une volonté de célébrer la culture. C’est normal, puisque c’est ce qu’incarnait M. Paty, mais il s’avère que dans notre ADN, nous Français en tant que nation, en tant que peuple et dans notre histoire, il y a quelque chose de très guerrier. Dans la guerre des Gaules, Jules César avait dit : « C’est un peuple très débonnaire, très pacifique, mais lorsqu’il se met en colère, ils sont terrifiants. »
Écoutez les paroles de « La Marseillaise ». J’étais gêné que l’on joue « La Marseillaise » de cette façon, de manière un peu plus lente avec des violons. Encore une fois, c’est la Garde républicaine qui la joue comme cela, mais je me demande si les paroles de « La Marseillaise » « Aux armes citoyens », il n’aurait pas fallu les prononcer dans la cour de la Sorbonne. La France n’est pas seulement un pays de lettres. C’est aussi un pays des armes.

Est-ce la République qui affaiblit ces valeurs guerrières ?

Je ne le crois pas. Je pense que la République a été très forte. La République française et la République célébrée par les fameux hussards noirs ont transformé la nation française en spartiate.
Dans les pires combats contre l’agresseur allemand, en 14-18, on a perdu jusqu’à 20.000 hommes par jour. La France a tenu comme aucun peuple ne l’avait fait – peut-être les Spartiates, dans l’Antiquité. La République avait fait cela. Ce n’est donc pas la République qui est en cause. Je suis entièrement d’accord avec vous sur le fait que l’on ne veuille plus parler de « République française » ou comprendre la République comme étant uniquement la forme juridique et institutionnelle de la France, d’une nation, d’une terre, d’un peuple ou d’une histoire ; c’est une édulcoration. Il y a une volonté très claire, de la part de notre classe dirigeante, de détacher la République, forme universelle et purement juridique, de quelque chose qui serait non seulement charnel mais surtout quelque chose qui a trait à une mémoire ou à une dynamique historique qui est vouée.
Dans l’Histoire et dans la mémoire, je suis très frappé qu’on ne parle sans arrêt que d’identité. La France n’est pas un musée. La France n’a pas vocation a se diluer dans l’Union européenne. C’est tout le problème.
Pourquoi parle-t-il de la République ? Parce qu’il pense que la France, c’est le passé, et l’avenir, c’est l’Union européenne. Si la France ne peut pas projeter son destin sur le monde, sur l’avenir et qu’elle n’a pas un avenir, cela ne sert à rien de célébrer son passé.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Franceinfo : de l’art de la minimisation du poids de l’islamisme à l’école

Dans la masse des reportages diffusés sur Franceinfo depuis l’assassinat islamiste du professeur Samuel Paty le vendredi 16 octobre 2020 à proximité du collège où il travaillait, l’émission « le choix de franceinfo » donnait à entendre un reportage très prudent et peu « stigmatisant » le lundi 19 octobre 2020.

L’émission d’Alexis Morel proposait ce sujet : Contestations d’enseignement : « Nous sommes confrontés à une remise en question de la parole du professeur par rapport aux réseaux sociaux ». Le reportage explique « le désarroi » de nombreux enseignants face « aux réactions de certains de leurs élèves sur des parties jugées sensibles du programme ».

Les faits indiqués dans l’émission

– Les enseignants « sont en première ligne face à des paroles parfois choquantes, des contestations d’enseignements voire à des atteintes à la laïcité ». Le professeur Samuel Paty a utilisé les caricatures de Mahomet lors d’un de ses cours sur la liberté d’expression. Elles ne « sont pas en soi, noir sur blanc, dans le programme. En revanche, il s’agit d’un support pédagogique comme un autre, c’est-à-dire une base de travail qui relève de la liberté pédagogique des professeurs. »

– Les « faits préoccupants » seraient minoritaires. Ce n’est pas tout à fait exact : les collèges sont le lieu des tabous. Les bons élèves attendent de passer à autre chose, les mauvais bénéficient de mensonges visant à leur faire croire qu’ils ne le sont pas tant que cela – mais ils le savent en réalité. Les racistes anti-blancs, suprémacistes noirs, islamistes et jeunes délinquants, quant à eux, savent qu’il suffit de ne pas faire attention à ce qui se dit à l’école, que le réel n’est plus dans les salles de classe.

– Étonnement ? Franceinfo n’évoque pas l’islamisme et la religion musulmane au sujet des « faits préoccupants », prétendument « minoritaires » (en réalité, des centaines de faits ne remontent pas vers les autorités de l’éducation nationale par souci de « ne pas faire de vague », « éviter que cela dégénère avec des populations ethniques qui sont concrètement menaçantes dans les établissements », selon un témoin que nous avons interrogé). Selon le ministère il n’y aurait que 300 signalements de contestations en moyenne par an.

– Ce qui est évoqué dans l’émission ? Les contestations « du génocide arménien » et l’écriture de « croix gammées sur une copie ».

– Franceinfo évite ainsi soigneusement de parler d’islamisme et de « stigmatiser » les musulmans. Le choix des mots minimise : « Certaines parties du programme sont aussi plus sensibles car elles abordent des évènements liés à l’histoire personnelle des élèves. À un point tel que, parfois, en fonction du contexte et de la classe, des enseignants anticipent et optent pour un sujet plutôt qu’un autre. « Nous devons étudier la décolonisation et l’indépendance de nouveaux États, explique Claude, professeur d’histoire-géo en lycée professionnel. On doit étudier le cas de l’Inde et de l’Algérie et faire un focus, au choix, entre Gandhi ou la Toussaint Rouge, qui déclenche la guerre d’Algérie… »

Le souci : le génocide arménien ou les croix gammées

Ainsi, les sujets qui posent problème sont le génocide arménien et les élèves, que l’on suppose tout de même peu nombreux, enclins à dessiner des croix gammées… L’apologie de la violence islamiste ? Le refus des hommages aux presque 300 victimes du terrorisme musulman en France ? L’antisémitisme musulman quotidien des « jeunes » des cités ? Alexis Morel n’a pas… eu d’informations, semble-t-il.
Le choix de l’expression « vie personnelle » est révélateur : à quoi est-il fait référence ?

Autres soucis ? « Des contestations d’enseignements mais aussi le refus d’aller à la piscine ou encore des bagarres dans la cour pour des motifs religieux ». Refus de la piscine ? Pourquoi donc ? Bagarres du fait de « religions » ? Laquelle ? L’auditeur n’en saura pas plus.

Le rôle du cours d’éducation morale et civique

Pour l’EMC, « Selon les programmes, cet enseignement, prévu de l’école primaire au lycée, a trois objectifs : apprendre le respect d’autrui, construire une culture civique et acquérir et partager les valeurs de la République. C’est dans ce cadre qu’on y étudie donc des notions aussi diverses que la liberté d’expression, la laïcité, ou encore les discriminations. Généralement, les professeurs partent de situations concrètes pour faire réfléchir les élèves, les aider à construire un jugement et à débattre. »

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