Etat islamique : la politique étrangère de la Turquie sévèrement attaquée

Etat islamique : la politique étrangère de la Turquie sévèrement attaquée

09/10/2014 – ANKARA (NOVOpress via le Bulletin de réinformation)
Les autorités d’Ankara ne souhaitent pas se retrouver partie à une intervention sous l’égide des Etats-Unis. Les inquiétudes de la Turquie s’accentuent devant la décision de quelques Etats occidentaux d’armer les groupes de combattants kurdes, notamment le Parti de l’union démocratique, classée dans la liste des organisations terroristes par les Etats-Unis et l’Union européenne.

Des liens tacites ont visiblement été établis avec les groupes djihadistes, tels le Front Al-Nosra et Daesh. Cette posture ne peut se comprendre que par l’obsession du gouvernement turc à faire tomber le régime de Bachar Al-Assad depuis l’été 2011. Ni Ankara, ni Paris, ni Washington ou Londres n’ont été capables d’évaluer précisément la réalité des rapports de forces en Syrie et de comprendre les dynamiques entre le pouvoir baasiste et les différentes composantes de la société syrienne.

Photo Une : Recep Tayyip Erdoğan, fondateur du parti islamiste turc AKP et actuel président dela République de Turquie. Crédit : World Economic Forum via Wikipédia (cc).

Afrique, terre du “djihad” : l’analyse de Bernard Lugan [Présent 8197]

Afrique, terre du "djihad" : l’analyse de Bernard Lugan [Présent 8197]

26/09/2014 – PARIS (NOVOpress)
Bernard Lugan (photo) est l’un des meilleurs spécialistes français de l’Afrique. Il a réussi (non sans essuyer plusieurs procès et tentatives de censure) à concilier la fidélité à ses convictions avec une brillante carrière d’historien, de chercheur, d’auteur de très nombreux ouvrages spécialisés. Nommé expert par le Tribunal pénal international pour statuer sur les massacres du Rwanda, il enseigne également à l’Ecole de guerre, à Coëtquidan, et donne des conférences à l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) et au Centre des hautes études militaires (CHEM).

Propos recueillis par Caroline Parmentier


Que vous inspire l’engagement de la France par ses frappes aériennes contre l’Etat islamiste ?

Je ne suis pas spécialiste du Moyen-Orient et c’est pourquoi je me garderai bien de me prononcer sur le fond. Cependant, trois points doivent être soulignés :
1– Nous payons les conséquences de la destruction du régime de Saddam Hussein et de la déstabilisation de la Syrie.
2 – La guerre ne pourra être gagnée qu’au sol, car les islamistes vont se disperser parmi la population afin d’échapper aux frappes aériennes contre lesquelles ils ne peuvent pas lutter.
3 – Sans l’Iran, les Kurdes et le régime syrien, l’EIL ne pourra pas être vaincu.

Une du numéro 8197 de "Présent"
Une du numéro 8197 de “Présent”

L’Afrique est-elle devenue la terre du djihad ?

Elle l’est depuis le phénomène almoravide qui, au XIème siècle fut le premier djihad régional ; il eut deux directions, la vallée du fleuve Sénégal au sud et le Maroc au nord. L’une des forces de l’islamisme sahélien est qu’il s’agit d’une résurgence historique ramenant directement aux djihads des XVIIIème et XIXème siècles qui enflammèrent la totalité de la région depuis le Soudan à l’est jusqu’au Sénégal à l’ouest. L’islamisme sahélien d’aujourd’hui s’abreuve à cette « fontaine de rêve » fermée par la colonisation. Cette réalité inscrite dans la longue durée est difficilement perceptible par des observateurs ou des politiciens esclaves de l’immédiateté et de leur inculture.

Comment expliquez-vous la guerre du Mali et quelle est la situation actuelle ?

Quand le sage montre la lune, le sot regarde le doigt. En d’autres termes, l’islamisme n’est ici que la surinfection d’une plaie ouverte depuis la nuit des temps, bien avant l’islam, entre nordistes nomades (Touaregs ou Maures) et sudistes noirs sédentaires. Au Mali, les événements furent déclenchés par les Touaregs qui ne voulaient plus subir les exactions de l’armée de Bamako. D’une manière tout à fait opportuniste, les islamistes se greffèrent sur le mouvement et le coiffèrent. Puis, l’intervention française les ayant chassés, nous en sommes revenus au problème de départ qui est celui de la cohabitation entre nordistes et sudistes.

Comment analysez-vous la guerre que mène Boko Haram au Nigeria ?

Boko Haram est, selon moi, autant une manifestation identitaire nordiste qu’une affirmation religieuse. Il s’inscrit en effet très exactement dans la lignée des sultanats djihadistes nordistes, dont celui de Sokoto, ce dernier fondé par le djihad des Peuls mené par Ousmane dan Fodio à la fin du XVIIIème siècle. Boko Haram( s’explique d’abord parce que le pouvoir a basculé au Nigeria. Jusqu’à ces dernières années, les nordistes contrôlaient l’armée, donc l’Etat, ce qui leur permettait de piller les ressources pétrolières du sud. Or, aujourd’hui, ce sont les sudistes chrétiens qui sont à la fois au pouvoir et à la tête de l’armée. Ce renversement de situation est insupportable aux nordistes, comme j’ai pu le constater lors de mon dernier passage au Nigeria.

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L’Etat islamique affirme avoir décapité l’otage britannique David Haines

15/09/2014 – PARIS (NOVOpress)
David Haines (en tenue orange sur la photo), Ecossais de 44 ans retenu en Syrie depuis mars 2013, a donc été exécuté par l’État islamique. Père de 2 enfants, David Haines était un travailleur humanitaire qui venait notamment en aide aux réfugiés syriens. Dans une vidéo de 2 minutes 27 secondes intitulée « Un message aux alliés de l’Amérique », les djihadistes reprochent au Royaume-Uni d’avoir rejoint la coalition des Etats-Unis, qui mènent des frappes contre l’Etat islamique en Irak.

L’Elysée condamne “l’odieux assassinat” de David Haines. C’est évident sauf que cela fait déjà plusieurs mois que des vidéos de décapitation circulent sur le Net sans réaction vraiment officielle de l’exécutif français. Récemment, un père franciscain a été égorgé en Syrie par les assassins islamistes. Les têtes n’auraient donc pas toutes la même valeur ?

Des musulmans protestent contre les actes de l’Etat islamique en brûlant son drapeau

Des musulmans protestent contre les actes de l'Etat islamique en brûlant son drapeau

10/09/2014 – PARIS (via le Nouvel Obs)
S’inspirant de l’Ice Bucket Challenge, des musulmans protestent contre les actes de l’Etat islamique en brûlant son drapeau et en publiant les images avec le mot-clé #BurnISISFlagChallenge. Un buzz médiatique qui n’empêche pas le massacre bien réel des Chrétiens d’Orient et des Yazidis et qui ne couvre pas le silence des autorités musulmanes quant aux exactions perpétrées par l’Etat islamique.