Istanbul, Djakarta, Ouagadougou, la concurrence de la terreur

18/01/2016 – MONDE (NOVOpress)
Si les attentats d’Istanbul et Djakarta sont imputables à l’État islamique, celui de Ouagadougou porte la marque d’Al-Qaeda, qui veut montrer qu’elle a encore des crocs.

Au moins 29 personnes, dont deux Français, ont été tuées au cours d’une attaque à Ouagadougou, revendiquée par Al-Qaeda au Maghreb islamique (AQMI). Vendredi, des assaillants s’étaient mis à tirer dans deux établissements de la capitale du Burkina Faso, avant de faire irruption dans l’hôtel Splendid. L’assaut des forces armées, qui avait débuté à 2 heures du matin, s’est achevé ce samedi en fin de matinée avec le soutien des forces spéciales françaises.
Un scénario similaire à celui des attentats de novembre à Paris : des terroristes entrent dans des lieux publics fréquentés, tirent dans le tas et meurent sous les balles des forces armées.
Après l’attentat d’Istanbul, mardi dernier, qui a fait 10 morts et 17 blessés, attribuée à État islamique (EI) et celui perpétré en Indonésie (deux morts et 20 blessés), jeudi dernier, qui porte aussi la marque de Daesh, celui de Ouagadougou ressemble un peu à la réponse du berger à la bergère.
Al Qaeda, qui en a attribué la responsabilité au groupe Al-Mourabitoune de l’islamiste algérien Mokhtar Belmokhtar, cherchait à frapper la France dans son pré carré africain. Au delà de la cible première, le groupe terroriste en perte de vitesse au Moyen-Orient et en Europe voulait montrer qu’il fallait encore compter avec lui, notamment dans la zone sahélo-saharienne. L’Afrique reste en effet l’un des derniers bastions d’Al Qaeda et le groupe terroriste entend bien marquer sa présence et marquer des points face à son rival de l’État Islamique.

Les deux organisations terroristes partagent les mêmes cibles : « l’occident » et tout ce qui semble se rapprocher de ses valeurs.
Au Burkina Faso, le gouvernement a été nommé il y a trois jours et le nouveau président élu démocratiquement, Roch Marc Christian Kaboré, a pris ses fonctions il y a deux semaines. « C’est une transition politique d’un régime semi-autoritaire vers la démocratie. Cela fait du pays un symbole de progrès, d’avancée. C’est aussi ce genre de symbole que les terroristes veulent détruire », commente Cynthia Ohayon, experte à l’International Crisis Group (ICG) à Dakar.


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Attentat à Istanbul: l’étrange réaction d’Erdogan

Recep Tayyip Erdoğan

13/01/2016 – TURQUIE (NOVOpress)
La Turquie est frappée une nouvelle fois par le terrorisme. Cette fois c’est Istanbul qui a été visée par un attentat qui semble porter la marque de l’État islamique.

Les autorités turques tentent d’imposer un black-out médiatique, tandis que le président Erdogan semble décider à mettre l’État islamique et le PKK dans le même sac.


«Faites semblant d’être chrétiens» : L’État islamique publie un manuel destiné aux djihadistes européens

Source : RT en français

L’État islamique (Daesh) a édité un manuel de conseils aux djihadistes britanniques qui voudraient organiser des attentats. Un de conseils principaux est de se fondre le mieux possible dans la masse en se rasant la barbe et en portant une croix chrétienne.
Le livret explicatif appelé « lone wolf mujahidine » (le moudjahidine loup solitaire) prodigue tout une série de conseils à ceux qui souhaiteraient commettre un véritable carnage sans indications et sans coordination particulière.

À la page 58 du manuel, dont la couverture représente la statue de la Liberté et la ville de New York en flammes, le texte évoque l’importance de l’effet de surprise pour le résultat le plus destructeur et meurtrier possible.
Il explique également que pour avoir le moins de chances possible de se faire repérer, les djihadistes solitaires potentiels ont intérêt à se rendre dans des établissements publics de divertissement tels que les bars et les boîtes de nuit, car là-bas, les gens seront ivres et ne se soucieront pas le moins du monde de leur présence.

« Un endroit où la musique est très forte est préférable pour discuter, car ainsi, les conversations ne pourront pas être enregistrées », annonce le manuel.

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Après l’agression d’un prof juif à la machette, Cazeneuve s’inquiète de « l’influence de la propagande de Daesh sur Internet »

11/01/2016 – FRANCE (NOVOpress)
Un enseignant juif a été attaqué à la machette ce lundi 11 janvier à Marseille. Bernard Cazeneuve, qui s’est exprimé dans l’après-midi, s’inquiète du passage à l’acte d’individus isolés, inconnus des services de renseignements et radicalisés sur Internet : « Cet acte témoigne du risque pour certains individus isolés (…) de passer à l’acte sous l’influence de la propagande diffusée sur Internet par Daesh. La menace à laquelle nous sommes confrontés peut conduire des individus aux profils différents à passer à l’acte avec violence », a commenté le ministre de l’Intérieur.

https://www.youtube.com/watch?v=Zdpv9nZRpRY

L’État islamique : des experts médiatiques à la recherche du coup d’éclat permanent

Terrorisme en France : message d'un djihadiste

09/01/2016 – INTERNATIONAL (NOVOpress)
D’après un rapport de Reporters sans frontières (RSF), les « reporters » de l’État islamique sont considérés comme « des cadres importants sinon essentiels dans le fonctionnement du califat ».
Ces djihadistes bénéficient de nombreux privilèges, matériels ou financiers. Si certains sont payés jusqu’à sept fois plus que le fantassin de base, ils bénéficient aussi d’une voiture de fonction, d’un smartphone et d’un équipement informatique dernier cri.

Selon le think-tank britannique Quilliam, la « Fondation Base » apparaît comme le centre de commandement des médias de l’État islamique.

Insatiable machine à propagande, la Fondation Base publie quelque 15.000 documents par an, dont 800 vidéos et une vingtaine de magazines, le tout en onze langues dont le mandarin. La grande majorité des vidéos dépeignent une vie quotidienne idéalisée dans le califat. Elles mettent en scène des djihadistes qui administrent la ville, règlent la circulation, construisent des écoles, dînent dans des restaurants… Ensuite, les vidéos de manoeuvres guerrières représentent un bon tiers des contenus. Dans cet agglomérat hétéroclite, seuls 2,13% des contenus sont violents. Mais ces images atroces sont le fer de lance de la communication de Daech vers l’occident.


L’État islamique menace la Grande-Bretagne

05/01/2016 – MONDE (NOVOpress)
Une vidéo postée par l’État Islamique met en scène l’exécution de cinq espions britanniques et des menaces contre l’Angleterre et David Cameron.

Les cinq victimes de Daesh confessent leurs activités : transmission de documents sur les conditions de vie à Raqqa, ou d’informations sur les déplacements de l’État islamique. Vêtus de la fameuse tenue orange, ils attendent leur exécution d’une balle dans la tête pendant le discours d’un des djihadistes. Celui-ci s’adresse en anglais au Premier ministre britannique. Il le menace d’envahir la Grande-Bretagne pour instaurer la charia. Il met également en garde les militaires anglais qui viendraient combattre l’État islamique.


https://www.youtube.com/watch?v=5NahGdfh6-Q

Non à la Turquie dans l’UE !

19/12/2015 – EUROPE (NOVOpress)
Comme le dit si justement Robert Ludovic, la Turquie est le trait d’union de l’Europe avec L’Etat Islamique… ET comme le montre bien le dessin, c’est la Russie qui dévoile que derrière Erdogan, c’est Daesh qui nous attend.

Le Su-24 russe abattu ne présentait aucune menace pour la Turquie

18/12/2015 – MONDE (NOVOpress)
Sous les yeux d’experts internationaux et de la presse, les Russes ont ouvert la boîte noire du SU-24 qui a été descendu par des chasseurs turcs. Les Russes affirment détenir la preuve que leur bombardier ne représentait aucune menace pour la Turquie.

La boîte noire du bombardier russe abattu par la chasse turque est endommagée, mais elle sera exploitable, selon les autorités russes. Celles-ci ont invité des experts de 14 pays afin de participer au déchiffrage de la « boîte noire » du Su-24. Néanmoins, seuls les représentants de la Chine, de la Grande-Bretagne et des États-Unis ont consenti à y participer.

« Pour le moment, nous avons toute la base de preuves nécessaires, confirmant l’absence de violation de l’espace aérien turc par l’avion russe », a dit le porte-parole des Forces aérospatiales russes Sergueï Dronov.

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La boîte noire du SU-24 russe abattu par les Turcs en corus de démontage devant la presse et des experts internationaux.

Si cette information se trouvait confirmée de source indépendante, ce serait la preuve flagrante de la forfaiture turque, qui ne fait dès à présent guère de doute. Cela placerait Erdogan, que Wikileaks accuse de préméditation dans cette affaire, documents à l’appui, dans une position très délicate par rapport à la Russie, mais aussi à ses alliés, notamment américains.


L’ostracisme comme arme politique

Marine Le Pen lors du 1e Mai 2012

18/12/2015 – POLITIQUE (NOVOpress)
Comment peut-on se débarrasser d’un adversaire politique encombrant et gênant ? Dans un système manichéen, où le bien et le mal s’affronte, il n’y a rien de plus simple pour nos gouvernants d’utiliser les médias, acquis pleinement à la pensée unique, pour diaboliser un adversaire apte à les battre.

Les partis actuels dits de gouvernement sont devenus les maîtres de l’ostracisme. Jouant avec un certain talent et avec une bonne dose d’hypocrisie mais aussi de malhonnêteté intellectuelle le rôle émouvant des défenseurs de la démocratie et des valeurs de la République, notre oligarchie politique n’hésite pas quand ses intérêts sont menacés à sortir l’artillerie lourde en créant une hostilité collective contre les individus désignés comme dangereux pour l’idéologie dominante.
Systématiquement, le levier de l’émotion est employé lorsque la société mondialisée, sans-frontière et multiculturelle est attaquée dans ses fondements. Pour ceux qui ont la prétention de s’inscrire réellement dans le jeu démocratique en présentant aux peuples des idées politiques autres que celles défendues par notre élite apatride, la sanction est immédiate et les comparaisons les plus haineuses et les plus inacceptables sont automatiquement employées pour faire taire tout esprit d’opposition.

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L’Amalgame

17/12/2015 – POLITIQUE (NOVOpress)

À quand une assignation à résidence et une condamnation de Marine Le Pen pour apologie du terrorisme islamiste et intelligence avec Daech ?
Le parquet de Nanterre a ouvert une enquête contre Marine Le Pen sur signalement du ministère de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, parce qu’elle avait publié sur son compte Twitter des photos des atrocités commises par l’EI. Elle répondait en cela à Jean-Jacques Bourdin qui s’est livré mercredi matin sur RMC et BFMTV à une nouvelle comparaison ignoble entre Daech et le FN avançant que la stratégie de l’un consiste à favoriser l’autre et parlant de « communauté d’esprit ».
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Marine Le Pen a aussitôt réagi sur Twitter : « Le parallèle fait ce matin par Jean-Jacques Bourdin entre Daech et le FN est un dérapage inacceptable. Il doit retirer ses propos immondes. » Elle a alors publié trois photos d’exécutions de l’EI avec le commentaire suivant : « Daech c’est ça ! ».
Avant de déclarer au Figaro :
« Ça suffit. Cela commence à bien faire. Si ces attaques sont désormais la ligne de BFM, puisque Ruth Elkrief a osé le même rapprochement (NDLR : voir notre interview de Gilbert Collard dans Présent du 15 décembre) il est temps que cela cesse. Je dis stop ! Nous avons été comparés à Hitler pendant des années, nous n’allons pas accepter cela une nouvelle fois. Sept millions de Français sont derrière le Front national. Ils ont droit à un minimum de respect. »

Manuel Valls est bien évidemment monté au créneau sur Twitter : « Monstrueuses photos. Mme Le Pen : incendiaire du débat public, faute politique et morale, non-respect des victimes ». Jusqu’à la dénonciation de Cazeneuve auprès de la plateforme Pharos de la direction centrale de la police judiciaire… 130 morts dans Paris il y a un mois, mais le vrai danger c’est le FN.
L’enquête préliminaire pour « diffusion d’images violentes » vise donc Marine Le Pen, mais aussi Gilbert Collard qui avait publié une photo d’exécution et commenté : « L’État socialiste, régime policier pour l’instant, tragi-comique : on laisse filer les terroristes et on persécute leurs pires ennemis ! »

La presse avait été « moins prude pour diffuser massivement la photo du petit Aylan » a rappelé Marine Le Pen en référence au petit garçon syrien échoué sur une plage turque, dont l’image avait été exploitée dans la plus totale indécence.

Qualifiant la réaction de Marine Le Pen d’hystérique, Jean-Jacques Bourdin, en roi des faux-culs qu’il est, n’a cessé de susurrer à ses auditeurs ces deux derniers jours : « J’ai trop de respect pour les électeurs du FN, je vous respecte trop mesdames et messieurs les électeurs pour vous insulter. » En effet ce sont eux qui font ses audiences.
Il sait parfaitement jouer habilement (de moins en moins il semble) sur les deux tableaux : inviter les responsables du Front national qui font exploser ses audiences, donner la parole à un électorat FN de plus en plus nombreux parmi ses auditeurs et combattre le Front national en bon militant médiatique (« l’homme libre » !) ainsi qu’il l’avait rétorqué à Mélenchon en 2014 alors que ce dernier lui reprochait d’inviter tout le temps le FN : « La parole qu’on a donnée au FN c’était une parole critique, les reportages qu’on a faits c’était justement pour critiquer ». On ne s’en serait pas douté…

Caroline Parmentier

Gilles Kepel: la montée du jihadisme et celle du FN sont “deux phénomènes qui se ressemblent”

Gilles Kepel

17/12/2015 – MÉDIAS (NOVOpress)
Gilles Kepel estime que le FN et l’État Islamique sont « deux phénomènes congruents, qui se ressemblent, dans les deux cas, il y a une inclusion de plus en plus faible ».
Quand le sociologue de service ressort l’amalgame FN/Daesh, on est sûr de voir ressortir de vieilles lunes marxisantes sur l’explication sociale de la montée aux « extrêmes ». Pathétique.

La Turquie multiplie les provocations à l’encontre de la Russie

16/12/2015 – MONDE (NOVOpress)
Deuxième incident naval en 24 heures : des bateaux civils venus de Turquie effectuent des manœuvres dangereuses contre des navires russes.

Multiplication de provocations, tests de la fermeté de la marine russe ou succession de bourdes ? Tout laisse à penser que la multiplication des incidents entre navires turcs et russes ne doit rien au hasard.
Hier, en mer Égée, un chalutier turc s’est approché à environ 600 mètres du destroyer russe Smetlivy, obligeant l’équipage, après de multiples appels radio et visuels, à tirer des coups de semonce pour stopper la course du bateau de pêche turc. La Turquie a d’ailleurs annoncé suite à cet incident que « sa patience avait des limites », estimant la réaction russe disproportionnée. Côté russe, on estime au contraire que la tension entre les deux pays justifie les mesures prises, par ailleurs en plein accord avec le droit international.
Aujourd’hui, c’est un navire de commerce en provenance de Turquie qui a entravé la marche d’un convoi russe en mer Noire.
Deux installations gazières étaient déplacées vers une nouvelle zone d’exploitation à l’entrée des eaux territoriales russes. C’est alors qu’un vaisseau naviguant sous pavillon turc a croisé la route du convoi, « Agissant en violation des règlements internationaux pour prévenir les collisions en mer et des conventions de navigation généralement reconnues, le vaisseau turc n’a pas laissé passer le convoi naviguant perpendiculairement et essayé de s’arrêter sur son chemin, provoquant une situation de collision », a fait savoir Chernomorneftegaz dans un communiqué ajoutant que le capitaine du bateau turc gardait le silence malgré les tentatives d’entrer en contact par radio.
Un croiseur russe est intervenu pour chasser l’intrus tandis qu’un remorqueur venait au secours du convoi particulièrement peu manœuvrable.

La Turquie, qui a abattu un bombardier russe voilà trois semaines, est entrée illégalement en Irak il y a quelques jours, qui frappe sur les Kurdes au lieu d’attaquer Daesh — qu’il soutient en sous-main —… est en train de devenir un fauteur de guerre de première importance. Rappelons que c’est ce même pays que Merkel et l’UE veulent faire rentrer dans l’Europe de Bruxelles.


Crédit photo : Tostan via WikiCommons (CC) = destroyer Smetlivy

Les femmes chrétiennes prennent les armes contre l’État islamique

16/12/2015 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Face aux exactions perpétrées quotidiennement par l’État islamique à l’encontre des chrétiens, en Irak et en Syrie, un bataillon de femmes-soldats a vu le jour en Syrie, nommé : « les forces de protection des femmes de Mésopotamie ». Ce dernier est composé de femmes syriaques, décidées à défendre l’existence de cette minorité chrétienne face à l’Empire islamique. Aujourd’hui, une cinquantaine de combattantes ont répondu à l’appel.


La Russie emploie des sous-marins contre l’État Islamique

09/12/2015 – MONDE (NOVOpress)
Après les missiles de croisière tirés depuis des navires et les bombardiers stratégiques, la Russie a frappé Daesh avec des missiles tirés depuis un sous-marin. Un arsenal qui envoie des messages clairs.

Pour la première fois, l’armée russe a frappé des cibles en Syrie avec des missiles de croisière tirés depuis un sous-marin en Méditerranée.
« Toutes les cibles ont été détruites », a déclaré e ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou, indiquant que des infrastructures pétrolières, des dépôts de munitions et une fabrique de mines avaient été visés.
Les observateurs militaires avaient déjà été frappés (eux aussi…) par la précision à longue distance et la puissance des missiles de croisière « Kalibr », déjà tirés depuis des croiseurs stationnés en mer Caspienne et à nouveau lancés, depuis le sous-marin de dernière génération Rostov-sur-le-Don.

Avec des hélicoptères, des avions d’attaque au sol et des chasseurs-bombardiers, la Russie déployait déjà un arsenal aérien complet contre l’État Islamique. S’y sont ajoutés des bombardiers stratégiques et des missiles de croisière.
L’emploi de ces systèmes d’armes n’a rien d’innocent. De fait, le « boulot » pourrait être aussi bien fait avec des bombardements aériens classiques, mais l’efficacité opérationnelle n’est pas le seul facteur qui rentre en ligne de compte. Tout d’abord, cela permet aux différentes composantes militaires russes d’acquérir de l’expérience et de tester en conditions réelles les armes et les hommes.

Mais surtout, cela envoie des signaux clairs aux autres intervenants sur le terrain, notamment les Américains et les Turcs. Après l’affaire du TU-24 descendu par la chasse turque dans un véritable guet-apens et le bombardement d’installations de l’armée régulière syrienne par les avions de la « coalition » (démenti par les USA), la Russie a montré les muscles et fait passer un message.
Les États-Unis et Israël avaient été prévenus en amont des frappes russes effectuées depuis un sous-marin ; les Russes n’étaient pas tenus de le faire selon l’accord du 21 octobre destiné à éviter les incidents entre avions, aux termes duquel la Russie communique ses plans de vol en Syrie. Cette « mesure supplémentaire de précaution » des Russes a été « appréciée », selon le porte-parole du Pentagone Peter Cook.

Pentagone qui aura certainement aussi apprécié à sa juste valeur la déclaration de Vladimir Poutine, qui notait en passant que les missiles de croisière Kalibr pouvaient être équipés de têtes nucléaires, tout en espérant que l’usage de la force nucléaire « ne sera jamais nécessaire dans la guerre contre le terrorisme ».
Les états-majors occidentaux étant parfaitement au courant des capacités atomiques de ces missiles de croisière, les relever dans une déclaration publique revient en langage diplomatique à mettre en gras, souligné en rouge et surligné en jaune le message sous-jacent : « nous restons calmes, mais cessez de nous casser les… pieds, maintenant. »

Charles Dewotine

Qui fournit internet à l’État islamique ? Des opérateurs satellite européens ?

09/12/2015 – FRANCE (NOVOpress)
Une enquête du Spiegel a donné des informations sur la manière dont l’État islamique (EI) parvient à se connecter à Internet, notamment pour diffuser sa propagande.

Les djihadistes utiliseraient essentiellement des connexions par satellite qui permettent de se connecter dans des régions dévastées par les conflits où les infrastructures de télécommunication ont été détruites.

Or, d’après le quotidien allemand, ces satellites utilisés par l’EI seraient gérés par des opérateurs européens et notamment le français Eutelsat, détenu pour partie par la Caisse des dépôts et consignations.


Général Pinatel : la Turquie organise l’invasion migratoire en lien avec l’État islamique

Source : Sputnik
Spécialiste en géopolitique, géostratégie et sur les questions du Moyen-Orient, le Général Pinatel n’a rien d’un fantaisiste. Quand il affirme que la Turquie est à l’origine des vagues de migrants qui envahissent l’Europe, en lien avec l’État Islamique, il donne tout le crédit d’un expert reconnu à une thèse que de nombreux observateurs pressent depuis longtemps. Il éclaire ainsi les choix diplomatiques français et européens d’une lumière crue. Quand donc allons-nous revoir nos alliances et notre politique étrangère ?

Les preuves du soutien de la Turquie à l’État islamique s’accumulent

03/12/2015 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Dans un entretien à l’agence de presse Sputnik, le major-général au service de renseignement de l’Armée syrienne libre, Hosam Al-Awak a déclaré « Nous avons à notre disposition des photos représentant des contrats pétroliers signés entre la Turquie et le groupe terroriste Daech ».
Dans cet entretien-choc, nous apprenons que la Turquie soutient l’État islamique depuis 2011 « Depuis le début de la crise syrienne, en 2011, la Turquie continue à soutenir par tous les moyens les islamistes radicaux et djihadistes syriens dans leur lutte contre les groupes modérés », a-t-il souligné.
Pour le major-général, « Les Frères musulmans de Syrie, couvrant cette activité, coopéraient avec lesdites organisations pour éliminer l’Armée syrienne libre, ainsi que d’autres groupes modérés ».

Cela ouvrirait-il une recomposition des alliances ?
Alors que les Russes soutiennent fermement Bachar Al-Assad, l’Armée syrienne libre qui cherche à le détrôner depuis 2011, souhaite s’allier.
C’est ce que déclare le major syrien dans cet entretien : « Nous estimons que la Russie est une alliée par excellence. Face à la crise syrienne, les Russes pourraient sans aucun doute coopérer avec toutes les factions modérées, y compris l’Armée syrienne libre », a poursuivi le militaire.
Et de souligner : « Le cas échéant, l’implication russe dans le conflit syrien portera ses fruits. À l’avenir, nous comptons défendre les intérêts russes en Syrie ».

Le Général Desportes devant le Sénat : ce sont les USA qui ont créé l’État Islamique

Source : Sénat
L’intervention du Général Vincent Desportes devant la Commission des affaires étrangères du Sénat est à lire absolument. Ce grand stratège, limogé pour son franc-parler, ne déroge pas à sa réputation. S’il est étonnant d’entendre dans les enceintes feutrées du Palais du Luxembourg nommer aussi directement les responsables du chaos — Les USA en l’occurrence —, il est aussi intéressant de l’entendre dénoncer l’amateurisme et le manque de vision de la politique étrangère française, et notamment son volet militaire. Extrait.

Général Vincent Desportes, professeur associé à Sciences Po Paris. — Avant de revenir vers les critères d’évaluation des opérations extérieures, je crois qu’il faut dire, affirmer et répéter sans faiblesse : « Daesh delenda est ». Ayons la force de Caton l’Ancien.

Daesh est aujourd’hui le danger majeur. Nous n’avons certes pas les moyens de tout, en même temps. Les menaces doivent être priorisées, quitte à consentir quelques compromis avec les moins brûlantes : dans le monde réel, dans un contexte de ressources et de moyens limités, notre politique ne peut être que réaliste.

« Daesh delenda est »… mais nous ne pourrons répandre le sel sur le sol de l’Irak et de la Syrie. Il faudra au contraire le rendre fertile pour de nouvelles semences.

« Daesh delenda est »… et pourtant votre interrogation demeure fondamentale : personne ne doute ici qu’il faille détruire Daesh, mais devons-nous participer nous-mêmes à cette destruction ?

Un mot sur Daesh, d’abord.

Ne doutons pas de la réalité de la menace directe pour nos intérêts vitaux, dont notre territoire et notre population. Daesh est le premier mouvement terroriste à contrôler un aussi vaste territoire (35 % du territoire irakien, 20 % du territoire syrien). Ce qui représente 200 000 km² (soit l’équivalent de l’Aquitaine, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, PACA et Rhône-Alpes réunis) et une population de l’ordre de 10 millions de personnes. Ce territoire est imparfaitement, mais réellement « administré » par un « ordre islamique », fait de barbarie et de rackets. Daesh dispose d’un véritable « trésor de guerre » (2 milliards de dollars selon la CIA), de revenus massifs et autonomes, sans comparaison avec ceux dont disposait Al-Qaïda. Daesh dispose d’équipements militaires nombreux, rustiques, mais aussi lourds et sophistiqués. Plus que d’une mouvance terroriste, nous sommes confrontés à une véritable armée encadrée par des militaires professionnels.

Quel est le docteur Frankenstein qui a créé ce monstre ? Affirmons-le clairement, parce que cela a des conséquences : ce sont les États-Unis. Par intérêt politique à court terme, d’autres acteurs — dont certains s’affichent en amis de l’Occident — d’autres acteurs donc, par complaisance ou par volonté délibérée, ont contribué à cette construction et à son renforcement. Mais les premiers responsables sont les États-Unis. Ce mouvement, à la très forte capacité d’attraction et de diffusion de violence, est en expansion. Il est puissant, même s’il est marqué de profondes vulnérabilités. Il est puissant, mais il sera détruit. C’est sûr. Il n’a pas d’autre vocation que de disparaître.