Éric Zemmour : “Entre Ryad et Téhéran, ce n’est pas encore la guerre”

05/01/2016 – INTERNATIONAL (NOVOpress)
L’exécution d’un imam chiite par l’Arabie Saoudite a provoqué des manifestations très hostiles à Téhéran, avec qui Ryad a rompu les relations diplomatiques.

“Ce n’est pas la guerre entre l’Arabie Saoudite et l’Iran. Enfin, pas encore”, affirme Éric Zemmour. “L’ambassade saoudienne à Téhéran brûle et Ryad rompt ses relations diplomatiques avec l’Iran, mais ce n’est pas la guerre, pas encore”, insiste le journaliste, pour qui la guerre est pourtant “dans les têtes et dans les cœurs : une guerre de mille ans entre chiites et sunnites, une guerre civile au sein de la nation musulmane”. Il explique que si l’Iran est une république et si l’Arabie est une monarchie, “seul le Coran fait loi”.

Pour le journaliste, “la révolution iranienne de 1979 a refait de la religion le moteur politique du monde arabo-musulman”.

Depuis lors, les deux rivaux s’affichent comme le meilleur musulman, le plus cher à Allah, le plus respectueux de son message divin, même quand il s’agit d’occire les infidèles.

Pour Éric Zemmour, Téhéran comme Ryad ont fait de l’islam “un message mondialisé, le seul qui depuis la chute de l’Union soviétique s’oppose à sa version occidentale”.


L’exécution d’un dignitaire chiite par l’Arabie saoudite provoque une grave crise avec l’Iran

04/01/2016 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

47 prisonniers du régime saoudien sunnite ont été exécutés par balle ou par décapitation, vendredi dernier après la prière. L’Arabie saoudite avance qu’il s’agit de terroristes. Pourtant parmi les exécutés seuls deux étaient membres d’Al-Qaida. De nombreux autres étaient membres de la minorité chiite. Parmi lesquels le cheikh Nimr Baqer al Nimr, condamné à mort pour sédition contre le régime.

Comment le monde chiite a-t-il réagi ?
Des manifestations ont eu lieu à Beyrouth, Ankara, Bagdad, jusqu’au Pakistan et au Cachemire. À Bahreïn, de violents affrontements ont opposé les manifestants et la police. À Téhéran, les manifestants ont pris d’assaut l’ambassade saoudienne samedi soir et l’ont incendiée au cocktail Molotov.

Des responsables chiites se sont également exprimés
Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah, a prévenu « le sang du cheikh Nimr, poursuivra la famille des Saoud dans le monde et dans l’au-delà ». Il a également appelé à la condamnation des Saoud pour leur soutien au terrorisme. Il a insisté sur le combat pacifique du cheikh Nimr et a rappelé la responsabilité du Hezbollah dans l’évitement d’un conflit chiite-sunnite. L’ayatollah Khamenei, guide suprême iranien, a quant à lui averti que la main divine vengerait ce crime.

L’Arabie saoudite a rompu ses relations diplomatiques avec l’Iran
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir, a annoncé hier la rupture des relations diplomatiques avec l’Iran. Tous les diplomates iraniens ont 48 h pour faire leurs bagages et rentrer à Téhéran. Il accuse le régime de passivité envers les manifestants. Il a également accusé l’Iran d’ingérence dans les affaires du royaume et de créer des cellules terroristes sur le sol saoudien.

Crédit photo : WikiCommons (CC) = cheikh Nimr Baqer al Nimr

Terrorisme en Syrie : l’enjeu pétrolier

23/11/2015 – MONDE (NOVOpress)
L’ex-directeur de la DGSE, Alain Juillet, met au jour les raisons du financement des mouvements djihadistes en Syrie par le Qatar et l’Arabie Saoudite.

L’ex-directeur du renseignement de la DGSE, Alain Juillet, met au jour les raisons secrètes du financement des mouvements djihadistes en Syrie par le Qatar et l’Arabie saoudite.

Posté par FRANCE INFO sur vendredi 20 novembre 2015

Quelle Europe ? Par Vincent Revel

04/11/2015 – EUROPE (NOVOpress)
Incapable d’avoir une ligne constructive à propos du problème syrien, Bruxelles joue encore avec le feu. Pour essayer de contraindre les Turcs à mieux contrôler leurs frontières, nos technocrates européens relancent une possible adhésion de la Turquie à l’Union européenne.

Face aux défis, crises, conflits et dangers de l’ère moderne – démographie croissante et galopante qui prévaut dans la majorité des pays musulmans et dans les pays en voie de développement, émergence politique et économique des puissances chinoise et indienne, défi du terrorisme islamiste et radicalisation du monde musulman, prolifération de la menace nucléaire, mondialisation des échanges, immigration de masse qui fragilise de nombreuses nations, loi des marchés financiers, grandes criminalités organisées, problèmes écologiques, impérialisme américain… -, l’Europe n’aurait-t-elle pas besoin, dans les années à venir, de se définir et de s’exprimer en tant que civilisation pour continuer à se faire entendre et respecter sur la scène internationale ?

L’Europe, à l’image de la France, défend, avec conviction et depuis trop longtemps, l’idée du multiculturalisme. L’ouverture aux cultures étrangères est devenue une obligation, une nécessité et un devoir pour les pays européens au point de vouloir les assimiler à nos sociétés et parfois les substituer à nos traditions.
Selon nos commissaires européens et les gardiens de la pensée unique, la diversité est considérée aujourd’hui comme une chance. Ce phénomène, typiquement occidental, est vécu comme une fatalité avec laquelle les nations européennes doivent se développer et vivre pour espérer construire un avenir radieux. Seuls les avantages du multiculturalisme sont mis en avant et jamais les inconvénients ne sont sérieusement pris en compte.

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Enquête étatsunienne sur les véhicules de l’État islamique

20/10/2015 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Les États-Unis ont lancé une enquête sur les véhicules de l’État islamique)
Il y a peu, l’administration du Département du Trésor étatsunien a lancé une enquête afin de savoir d’où venaient les 4X4 Toyota Hilux qu’arborent régulièrement les combattants de l’État islamique Daesh. Après enquête, il s’avère que ce sont les États-Unis eux-mêmes qui les leur ont fournis, en offrant des parcs automobiles entiers à ladite « opposition modérée » de Syrie. Cette opposition, en réalité le front Al-Nostra, qui découle d’une branche d’Al-Qaïda, a ensuite inondé le pays des dits véhicules. L’État islamique n’a eu ensuite qu’à se fournir auprès des nombreux groupes terroristes de la région.
Selon les mots du sous-secrétaire adjoint étatsunien à la Défense pour le Moyen-Orient, la Toyota Hilux, « Est l’équivalent en version véhicules de l’AK-47 » et se trouve partout dans la région. Les talibans et Boko Aram sont aussi de grands amateurs de cette voiture, à la fois résistante et permettant d’installer une mitrailleuse sur son arrière.

Le rôle de ces véhicules ne serait pas négligeable)
Il s’avère que la Toyota Hilux est appréhendée par plusieurs analystes, comme étant une arme à part entière et un démultiplicateur de puissance, pouvant rivaliser avec des véhicules militaires légèrement blindés. En 2006, l’émission de divertissement anglo-saxonne Top Gear avait fait passer une série d’épreuves à ce 4X4 : après avoir été lancé contre un arbre, jeté dans la mer pendant cinq heures puis incendié, il roulait toujours.
Les dirigeants de la marque Toyota affirment, quant à eux, ne pouvoir contrôler toutes les destinations de la vente de leur produit. En outre, les ventes en Syrie ont cessé depuis 2012. Toutefois, entre 2011 et 2013, les ventes de Toyota Hilux ont triplé à destination de l’Irak, pays par lequel transiterait un grand nombre de véhicules vers la Syrie.
Après avoir envoyé ses drones en reconnaissance, l’armée russe estime que l’État islamique possède, à lui seul, près de 10 000 4X4 Toyota. Les voitures tout-terrain sont un élément-clef des conflits et des intérêts des pays producteurs. Ainsi, l’alliance entre General Motors et Toyota a permis la création d’un million de 4X4 Toyota aux États-Unis. Ces véhicules sont aussi intégrés par l’armée étatsunienne en Irak et en Afghanistan. De fait, la marque Toyota fait aussi entièrement partie du complexe militaro-industriel étatsunien.


Visite de Manuel Valls à Riyad : du « tintouin » au pays de l’or noir

14/10/2015 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Sous couvert d’un voyage à caractère commercial, le Premier ministre Manuel Valls a entrepris lundi une visite en Arabie saoudite. Sur sa page twitter Valls annonce triomphant « 10 milliards d’euros de contrats ! Le gouvernement mobilisé pour nos entreprises et l’emploi ».

Cette apparente victoire économique ressemble fort à un échange de bons procédés
L’Arabie saoudite investit en France en échange de l’appui du gouvernement français dans sa politique étrangère. La France y trouve son compte économiquement. Quant à l’Arabie, trahie par son allié américain qui a réchauffé ses relations avec l’Iran et a renoncé à intervenir en Syrie, elle rééquilibre sa diplomatie en direction de la France. Ces deux pays ont en effet des vues convergentes en matière internationale : intransigeance vis-à-vis de Bachar El-Assad, fermeté sur le nucléaire iranien ou encore entente au sujet du conflit yéménite.

Le gouvernement Valls n’a pour une fois pas de prévention morale
Chantre de la défense des droits de l’homme, Manuel Valls est peu sévère avec l’Arabie saoudite.
Prompt à s’émouvoir de supposées mesures liberticides à l’encontre de l’opposition russe, habitué des accusations gratuites contre le régime de Bachar El-Assad, le Premier ministre ne s’est guère fait entendre pour défendre Ali Al-Nimr, l’opposant saoudien chiite condamné à mort.

Et l’Arabie saoudite ne reste pas inactive sur le territoire français
Quant au prosélytisme de l’Arabie Saoudite en France, dans le financement et le développement de l’Islam radical, le gouvernement n’y trouve rien à redire. Les déclarations d’une Nadine Morano lui paraissent autrement plus dangereuses pour la République que le wahhabisme saoudien.


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La rancune tenace de l’Iran contre Rushdie

09/10/10/2015 – CULTURE (NOVOpress)
Invité d’honneur de la célèbre Foire internationale du livre de Francfort, Salman Rushdie suscite toujours la colère de l’Iran, qui appelle à boycotter l’événement. L’auteur des Versets sataniques est toujours sous le coup d’une fatwa le condamnant à mort.

La Foire internationale du livre de Francfort, le plus grand événement mondial de ce secteur, qui s’ouvre le 14 octobre aura pour thème la liberté d’expression. Elle a invité Salman Rushdie, auteur des Versets sataniques, à prononcer un discours inaugural sur ce thème.
L’Iran, par la voix du vice-ministre de la Culture, a protesté et appelé les pays musulmans à boycotter l’événement. « Les responsables ont choisi pour thème la liberté d’expression, mais ont invité quelqu’un qui a insulté nos croyances, a déclaré le vice-ministre iranien, Abbas Salehi. Les offenses de Salman Rushdie et de certains caricaturistes sont une violation de la liberté d’expression. »
Jürgen Boos, le directeur de la Foire du livre de Francfort, a défendu l’invitation de Salman Rushdie, en déclarant que « sa biographie et son œuvre littéraire lui confèrent une voix importante dans une discussion à l’échelle mondiale sur la liberté d’expression dans l’édition ».

Un simple boycott de la foire serait après tout un moindre mal, puisque Salman Rushdie a été condamné à mort par une fatwa de l’ayatollah Khomeini en 1989, sentence réaffirmée en 2005 par le Guide suprême Ali Khamenei, et en 2007 par le président d’alors, Mahmoud Ahmadinejad.
De telles condamnations sont prises tout à fait au sérieux, ayant conduit régulièrement à l’assassinant de la personne visée. Rushdie vit donc avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, il est sous surveillance policière permanente et doit mener une existence dans l’ensemble discrète.


Syrie : la Russie rebat les cartes des alliances

07/10/10/2015 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

L’hypocrisie de la coalition occidentale est dénoncée
La politique extérieure française en Syrie a été dénoncée par le député Jacques Myard (Les Républicains) dans un communiqué. Dénonçant la propagande médiatique qui vise à diaboliser les frappes aériennes russes en Syrie, le député rappelle que le soutien de la Russie à Bachar El-Assad n’a rien de nouveau et que, contrairement aux occidentaux le gouvernement russe ne cherche pas à cacher ce qu’est réellement l’opposition syrienne : des islamistes affiliés au groupe terroriste Al Nosra, lui-même rattaché à Al-Qaida. Pendant que les Russes sont dénoncés pour leur soutien au régime syrien, les États-Uniens et les Français financent le groupe auteur des attentats du 11 septembre 2001 contre les deux tours jumelles de New York.

Cette situation permet l’émergence d’une nouvelle donne
Cette méfiance à l’encontre des positions de l’Occident rend possible l’émergence d’une nouvelle coalition régionale, qui en dit long sur les bouleversements en cours. Ainsi, selon le président Bachar El-Assad, une coalition entre la Syrie, la Russie, l’Iran et l’Irak est la plus à même de lutter efficacement contre l’État islamique. En outre, et bien que cela soit rarement mentionné, cette coalition est de fait rejointe aussi par la Chine, qui finance en très grande partie l’intervention russe en Syrie. Par ailleurs, il convient de rappeler que, dans le strict droit international, l’intervention américano-occidentale viole la souveraineté de la Syrie ; à l’inverse, l’intervention russe a été demandée par le gouvernement syrien, et est donc absolument légale.

On peut donc parler d’un retour en force de la Russie sur le plan international
Il est clair que cette crise marque le grand retour de la politique internationale de la Russie au-delà de l’Europe. Le potentiel de sympathie et de crédibilité de cet État semble flambant neuf, puisque le Premier ministre de l’Irak, Haïder Al-Abadi, a lui même officiellement fait la demande à Vladimir Poutine de bombarder l’État islamique présent sur son territoire.

Crédit photo : SU 25 russes en syrie © Ministère russe de la défens


Le retour au réel – par Bernard Lugan

Source : Blog de Bernard Lugan
Comme l’écrit Thomas Flichy dans un article intitulé « Géopolitique : retour aux règles du jeu »[1], les faux paradigmes d’hier ont volé en éclats cependant que les paradigmes prétendument désuets, se sont au contraire révélés opérants.

C’est donc à un retour au réel que nous assistons. Obstinément nié depuis 1945 au nom d’une idéologie désincarnée, ce réel revient en force depuis l’éclatement des blocs à travers la renaissance de la vieille Russie, le retour de l’Iran, l’éveil de la Chine et de l’Inde.
Aveugles à la perte du monopole intellectuel découlant de ce basculement géographique et géopolitique, les responsables « occidentaux » ont continué à vouloir régir le monde au nom de leurs vieilles lunes. Ils y ont même ajouté de nouveaux impératifs catégoriques comme la féminisation de la société et la place réservée aux minorités sexuelles. Sans voir que ces règles, applicables à eux-mêmes, soit à moins de 15% de la population mondiale, sont rejetées par 85% de l’humanité…

Prisonniers de leurs dogmes, autistes et sourds à la fois, ils sont désemparés quand le réel leur explose à la figure. Comme en Syrie où, au nom des « droits de l’homme », ils ont armé les pires fanatiques et mis à bas une société multi-confessionnelle. Or, voilà qu’après avoir parlé du président Assad comme d’un nouvel Hitler, acculés par les évidences, ils se préparent, toute honte bue, à discuter avec lui.

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Yémen : le conflit s’éternise dans l’indifférence générale

01/10/2015 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Cela fait plus d’un an que le Yémen est déchiré par une violente guerre civile, opposant le gouvernement sunnite d’Abd Rabo Mansour Hadi aux factions rebelles chiites d’Abdul-Malik al-Houthi.
La conquête progressive du Nord-Ouest du Yémen — et donc le contrôle de la capitale Sanaa — par ces dernières a d’abord contraint le gouvernement à l’exil en Arabie voisine, avant qu’il ne puisse s’installer récemment à Aden.

Ce conflit régional revêt en réalité une importance stratégique )
Au-delà de l’affrontement, si l’on peut dire classique entre sunnites et chiites, cette guerre est le théâtre miniature des affrontements déchirant actuellement le globe. Le gouvernement renversé est soutenu par une vaste coalition sunnite regroupant l’Égypte, le Maroc le Qatar, et l’Arabie saoudite.
Cette dernière s’est même lancée dans une invasion directe du pays. Elle s’oppose aux rebelles chiites, ayant pour alliés l’Iran et la Russie. La très forte activité d’Al-Qaida dans la région n’arrange guère les choses, puisque celle-ci contrôle désormais des pans entiers du territoire. Ici comme ailleurs, les Occidentaux ont choisi de soutenir les sunnites.

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Victimes des bombardements au Yemen

La situation ne s’améliore pas… )
Non, et la guerre semble devenir de plus en plus incontrôlable. Pour ne prendre que le dernier exemple en date, du 28 septembre dernier — qui s’avère également être le plus meurtrier depuis le début –, la coalition sunnite a bombardé… la fête de mariage d’un homme affilié aux factions rebelles, en plein désert. Bilan : cent trente et un morts, dont une majorité de femmes et d’enfants.

Il est assez étonnant que les médias, d’habitude si prompte à dénoncer les atteintes aux droits de l’homme, se désintéressent de ce conflit. )
Sûrement trop occupés à dénoncer les exactions de Bachard El-Assad et à gloser sur la Zemmourisation de la France, nos médias traditionnels ne trouvent pas le temps de parler de cette tragédie. À moins que la soumission au grand frère américain n’y soit pour quelque chose…

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Enfant victime des derniers bombardements saoudiens au Yemen

 

 

Bouleversement géopolitique : Obama prêt à travailler avec la Russie et l’Iran pour combattre l’État Islamique

29/09/2015 – MONDE (NOVOpress)
Avec une certaine réticence, Barack Obama a accepté à la tribune des Nations Unies l’idée de travailler avec l’Iran, la Russie – et donc Bachar El-Assad — pour lutter contre Daesh. Le résultat d’un bouleversement des équilibres géostratégiques majeur… et lourd de menaces. Par Charles Dewotine

C’est un revirement qui laisse – une fois de plus — la diplomatie française sur le carreau.
Obama a admis l’idée de travailler avec la Russie et l’Iran et donc avec leur allié Bachar El-Assad, contre l’État Islamique en Syrie. Bien sûr, le président américain a dénoncé le président syrien, traité de « tyran » et accusé de « massacrer des enfants innocents », mais le Département d’État a déjà accepté de revoir « le calendrier de son départ ». En clair, le renversement d’Assad n’est plus à l’ordre du jour… Sauf pour Hollande, ce dont tout le monde se moque.

Obama, en avalant des couleuvres de la taille d’un boa constrictor – collaborer avec la Russie, Grand méchant devant l’éternel et l’Iran, naguère encore sur la liste des États-voyous — répondait ainsi au vœu de Poutine, formulé le jour même, à la même tribune des Nations Unies.
Le président russe plaidait la nécessité de former une vaste coalition anti-djihadiste qui serait « semblable à celle contre Hitler » dans laquelle Russie, Iran, États-Unis, mais aussi pays arabes et le gouvernement légal syrien auraient tous un rôle à jouer. Il a insisté sur le fait que refuser de coopérer avec le gouvernement syrien et son armée dans cette lutte serait « une énorme erreur » et a sévèrement taclé -sans les nommer bien sûr- les USA, leurs alliés et leur politique de «révolutions démocratiques» dont on subit les conséquences :

Sous la forme de vagues de migrants fuyant les régions ravagées par la guerre et cherchant une vie meilleure en Europe.
[…]
Est-ce que vous comprenez ce que vous avez fait ? Personne n’y répondra. Au lieu du triomphe de la démocratie, nous voyons la violence et le désastre social, personne ne pense aux droits de l’Homme et aux droits à la vie.

Au vu des résultats bien minces de l’US Air Force dans la lutte contre l’État islamique… et des preuves du soutien yankee, turc et saoudien – au grand minimum passif ou involontaire — à ce même « Califat » qui s’accumulent, Obama n’avait d’autre choix que de manger son chapeau. Il ne peut en effet laisser la situation pourrir ou lui échapper totalement alors que l’opinion américaine pense à près de 70 % que l’EI est la principale menace pour leur pays et que les élections présidentielles approchent. Même s’il ne sera pas candidat, Obama doigt en tenir compte.

Pourtant, les enjeux de ce spectaculaire rebondissement vont toutefois bien au delà du sort de Daesh ou d’Assad. Il suffit pour s’en convaincre de regarder de plus près les acteurs en scène.

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Pèlerinage meurtrier à La Mecque : Téhéran accuse l’Arabie saoudite

24/09/2015 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Le vice ministre des Affaires étrangères iranien a accusé les responsables saoudiens d’avoir grossièrement géré les mesures de sécurité, parlant même d’irresponsabilité, après la bousculade qui a fait hier plus de 700 morts, dont 90 citoyens iraniens, pendant le pèlerinage annuel de La Mecque. Le vice ministre a annoncé que l’Iran avait installé une cellule d’accueil spéciale sur le lieu de l’accident pour venir en aide aux pèlerins iraniens. Cette bousculade est le deuxième drame à frapper les pèlerins cette année à La Mecque, après la chute d’une grue sur la Grande mosquée qui avait fait plus de 100 morts le 11 septembre dernier.


Nucléaire iranien : un accord après 12 ans de tensions

14/07/2015 – MONDE (NOVOpress)
12 ans de tractations et de volte-face, un dernier round de négociations prolongé plusieurs fois, auront finalement abouti à un compromis sur le nucléaire iranien. Celui-ci pourra être développé à des fins civiles, l’occident lève les sanctions économiques.

Au terme de 21 mois de négociations et d’un round final de plus de 17 jours, un accord a été finalement trouvé entre et les pays du « P 5+1 » (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) et l’Iran sur le nucléaire, ce matin à Vienne. Si tout se déroule sans obstacle, le texte de Vienne doit maintenant être approuvé par le Congrès américain et par le Parlement iranien.
Les Iraniens ont accepté plusieurs points cruciaux aux yeux de grandes puissances dans l’optique de cantonner strictement leur programme nucléaire à des fins civiles. Les diplomates citent notamment un régime renforcé d’inspections des installations nucléaires (parc de centrifugeuses, production de concentré d’uranium — « Yellow cake » —…). L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) aura ainsi le droit de procéder à des inspections intrusives. De même, l’enrichissement d’uranium et la production de plutonium seront encadrés afin de rester dans des normes civiles.

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Accord sur le nucléaire iranien : et si les USA n’en voulaient pas ?

10/07/2015 – MONDE (NOVOpress)
Alors que se prolongent les négociations-marathon sur le nucléaire iranien, qui semblent sur le point d’aboutir, il est intéressant d’écouter Paul Craig Roberts. Cet économiste et journaliste paléoconservateur explique pourquoi Washington ne veut pas qu’elles aboutissent.

Tandis que la France se montre optimiste sur la possibilité d’un accord définitif de limitation des activités nucléaires de l’Iran en échange de la levée des sanctions internationales contre ce pays, les États-Unis sont plus réservés. Plusieurs fois repoussée, la date-butoir concernant un accord sur le programme nucléaire iranien était fixée à mardi dernier. Pourtant, les négociations du P5+1 (États-Unis, Grande-Bretagne, France, Allemagne, Russie et Chine) qui se déroulent à Vienne se prolongent encore au moment où nous écrivons ces lignes.

Les choses vont dans le bon sens c’est pourquoi j’ai décidé de rester jusqu’à demain matin.

Déclarait hier soir Laurent Fabius. John Kerry, le chef de la diplomatie américaine indiquait quant à lui qu’il n’avaient pas l’intention de céder à la précipitation. « Un accord ne peut être atteint que si nos lignes rouges sont respectées », a déclaré de son côté Ali Akbar Velayati, conseiller du guide suprême Ali Khamenei. Un autre haut responsable iranien mettait ce propos en perspective, pointant du doigt la responsabilité de l’Occident.

Il y a eu des changements de position (…) particulièrement depuis la nuit dernière. Brusquement, chacun avait ses propres lignes rouges. La Grande-Bretagne a sa ligne rouge, les États-Unis ont leur ligne rouge, la France, l’Allemagne…

On ne peut s’empêcher de penser que les États-Unis jouent la montre dans ce dossier, donnant l’impression de vouloir aboutir alors qu’ils ne souhaitent pas réellement solder ce dossier. En effet, à défaut d’un accord signé à 6 heures du matin à Vienne, le Congrès des États-Unis, dominé par les républicains, aura désormais soixante jours pour valider le texte, au lieu de trente jours. L’administration démocrate du président Barack Obama craint qu’un doublement du délai à soixante jours ne fasse capoter l’accord. Cela répondrait en fait au vœu secret américain, selon Paul Craig Roberts économiste et journaliste paléoconservateur américain.

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Le point sur l’État islamique en vidéo

02/07/2015 – MONDE (NOVOpress)
7 minutes pour comprendre l’ascension de l’État islamique et son fonctionnement. Une vidéo didactique et assez impartiale, à voir pour se mettre les idées au clair. On attend une suite sur les ramifications de cette organisation terroriste dans le monde.


Comprendre la domination de l'Etat islamique en… par lemondefr

Crédit photo : Capture d’écran de la vidéo du monde.fr

Syrie : rififi chez les djihadistes

05/06/2015 – MONDE (NOVOpress)
Syrie, le Front Al Nosra s’oppose plus ouvertement à l’État islamique

Le chef du Front Al Nosra, la branche syrienne d’al-Qaida, a déclaré dans un entretien qu’il ne voit pas de solution rapide au conflit qui l’oppose à l’État islamique en Syrie. Abou Mohamed al Golani précise « Nous espérons de l’État islamique qu’ils se repentiront devant Allah et qu’ils reviendront à la raison. Sinon, il n’y aura rien d’autre que des combats entre nous »
Il avait cependant déclaré il y a quelques semaines que le régime de Damas reste leur cible prioritaire.
Le Front Al Nosra est une alliance formée de différents groupes islamiques combattants. Ils sont notamment soutenus par le Qatar, l’Arabie saoudite et… la Turquie, laquelle livre aussi des armes à l’État islamique.

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La Turquie, alliée de l’État Islamique, pas de l’occident

Recep Tayyip Erdoğan

Source : Boulevard Voltaire
Qui croit encore que la Turquie est alliée de l’occident ? Entre réislamisation du pays et tropisme géopolitique et historique anti-chiite, le pays soutient de plus en plus ouvertement nos ennemis de l’État Islamique.

Les combattants envoyés et les armes livrées par le Hezbollah libanais, l’Iran et la Russie n’étaient pas pour rien dans la résistance opiniâtre opposée par le régime de Bachar el-Assad à la subversion et dans les quelques succès qu’il avait remportés sur le terrain à la fin de l’année dernière.
Les revers qu’accumulent le régime de Bachar el-Assad depuis quelques semaines doivent moins à l’afflux des djihadistes venus de toute l’Europe et du Moyen-Orient qu’à l’appui financier, matériel et militaire qu’apportent aux insurgés de généreux et discrets donateurs étrangers.

Si la province d’Idleb, dont Damas avait prématurément annoncé la reconquête, lui échappe aujourd’hui en grande partie, si le réduit alaouite lui-même, autour de Tartous et de Lattaquié, semble désormais menacé, la proximité de ces deux zones avec la Turquie de M. Erdoğan n’y est pas pour rien.

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Le retour de l’Iran, par Aymeric Chauprade

Le retour de l’Iran, par Aymeric Chauprade

La chute de Sanaa n’a été que peu commentée ; pourtant, la prise de contrôle de la capitale yéménite par les rebelles chiites Houthis a d’importantes répercussions et doit surtout être interprétée dans un contexte plus large : la stratégie régionale de Téhéran dont l’influence s’étend désormais sur tout le Golfe.

De l’encerclement à l’offensive…

Ce résultat était pourtant loin d’être acquis : au cours de la décennie précédente, l’influence perse avait été réduite sous les coups de butoir de la diplomatie néo-conservatrice américaine et l’Iran, pratiquement encerclée. Présentes en 2001 en Afghanistan, les forces armées américaines envahissaient deux ans plus tard l’Irak. Au Liban, Assad retirait progressivement son armée sous la pression de Washington (2005), et l’État hébreu commençait de s’entendre avec l’Azerbaïdjan dans un échange dont seul Israël a le secret : devenant conseiller militaire de Baku comme il l’est de Singapour et de New-Dehli, Tel-Aviv lui vendait des armes, lui achetait son pétrole (un tiers de son approvisionnement) et infiltrait ses agents de sabotage via cette base avancée de sa lutte féroce et clandestine contre le programme nucléaire iranien. Enfin, dernier trait, au moment même où Israël recevait enfin de Washington le feu vert pour la fourniture de bombes anti-bunkers (les massive ordnance penetrators), Moscou refusait de livrer à Téhéran le système S-300 de défense sol-air de moyenne portée, indispensable bouclier pourtant de son programme nucléaire… et entamait des négociations avec Ryad pour l’exportation du S-400, le nec plus ultra de la défense sol-air.

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