Notre combat pour l’Europe

Discours de Nicolas Pradines, de la promotion Dante de l’Institut Iliade, prononcé le 11 juin 2022 à Florence.

« Exister, c’est combattre ce qui me nie » est sans doute la citation de Dominique Venner la plus appropriée à laquelle je peux rattacher mon engagement dans le combat pour notre identité.

Je fais partie de ceux qui, comme beaucoup, se seraient contentés de vivre une vie ordinaire sans se soucier de l’avenir de notre civilisation, s’il n’était pas gravement menacé. Mais l’époque en a voulu autrement. Admiratif depuis mon enfance des grands personnages de notre longue histoire européenne, des valeurs et vertus qu’ils incarnent, je réalisais que le monde nouveau qui se dessinait, voulait effacer ces modèles et tout ce qui a permis la grandeur de notre civilisation.

Écœuré par le reniement général qui frappe notre continent, par la mise en avant de la lâcheté et de la faiblesse, en réaction à cette dystopie, j’ai choisi d’agir en prenant part au combat pour notre identité, comme pour me définir face au monde du laid omniprésent, et répondre à l’appel du devoir, comme tant d’autres de ma génération.

En effet, une part croissante de notre génération est bien consciente du caractère inestimable et sacré de l’héritage civilisationnel commun que nous ont légué nos aïeux, et dont nous sommes de fait dépositaires. Héritage qui nous est donné avec la charge de nous en montrer digne, autant que nous le pouvons, de le conserver et le transmettre aux générations qui nous succéderont.

Pour nous lancer dans cette reconquête de l’identité, il est nécessaire de s’assurer d’avoir les bases théoriques.

C’est là la vocation de la formation proposée par l’Institut Iliade.

Cette formation se déroule sur une année universitaire. Chaque promotion est composée d’une vingtaine d’auditeurs sélectionnés par un entretien, permettant ainsi de rassembler des personnes déjà engagées dans divers mouvements, et qui ont toutes à cœur la défense de ce qui fait ce que nous sommes, de nos valeurs et de nos traditions.

Véritable formation métapolitique, elle est fractionnée en cinq week-ends à thèmes permettant aux auditeurs d’acquérir les bases ou de compléter leurs connaissances sur l’Histoire de l’Europe : les fondements de nos racines grecques et romaines, l’Histoire des idées, la géopolitique, et les pensées non conformes. Les conférences données par les intervenants éminents de l’Institut jettent les principes nécessaires et les références utiles à l’approfondissement personnel.

Chaque promotion commence par élire une figure tutélaire. Notre promotion, la 11ème, a ainsi choisi de se placer sous l’égide de Dante Alighieri, « Il sommo poeta », en hommage à son héritage, pour l’anniversaire des sept siècles de sa disparition. Père de la langue italienne et fondateur de son identité, son engagement fut total, et il nous rappellera sans cesse que la pensée accompagne l’action.

Pour stimuler la cohésion du groupe, l’une des sessions se déroule ainsi en province, à l’initiative des auditeurs, permettant de resserrer les liens au gré d’activités culturelles régionales autour du triptyque cher à l’Institut : la nature comme socle, l’excellence comme but, la beauté comme horizon.

Au-delà de la formation théorique, c’est un véritable esprit de cohésion qui se crée entre les membres des promotions, et des liens perdureront bien après le calendrier initial. Car la formation n’est pas une fin en soi, mais un moyen permettant de se forger les armes nécessaires au combat culturel que nous souhaitons mener. En prenant exemple sur nos figures tutélaires, il est demandé aux auditeurs de traduire dans l’action leur engagement, en produisant un travail personnel exploitable par l’Institut Iliade, sous forme d’article, d’évènement ou de toute autre initiative personnelle.

Il est en effet important de mettre l’accent sur l’action :

Face aux menaces qui pèsent sur notre civilisation, le temps n’est pas à la complaisance dans un bovarysme confortable, à rêver à la beauté d’un monde disparu, sans participer à la vie de la cité. Nous refusant à être des spectateurs, nous nous inscrivons en tant qu’acteurs de notre Histoire. Rejetant le statut de consommateur, nous aspirons à la création au service de nos valeurs. Sans pour autant vouloir en vain recréer ce qui a existé, mais en retrouvant l’esprit même qui a permis de bâtir ce monde, autour de ce qui a toujours eu et aura toujours de la valeur. Pour que nous n’ayons pas à rougir devant ceux qui nous ont précédés, et que nous puissions dire comme les spartiates : « Nous sommes ce que vous fûtes ; nous serons ce que vous êtes. »

Il y a maintes façons pour les jeunes Européens de mener leur action. Chacun selon ses talents et ses aspirations peut agir. Le réseau des promotions successives de l’Institut Iliade va ainsi permettre la mise en relation de ces compétences pour travailler en commun. Enfin, gardons l’espérance. Soyons convaincus du réveil des Européens appelé par Dominique Venner, et travaillons à l’amorcer.

Je finirai sur une anecdote relative à l’espérance :

Espérance que j’ai bien failli perdre une fois, un soir de novembre 2018. Nous nous étions rendus, avec le chœur dont je fais partie, sur la crête des Éparges, non loin de Verdun, haut lieu de sacrifice et d’héroïsme dans la Grande Guerre civile européenne.

Ceci afin de rendre hommage à notre poète Maurice Genevoix qui y combattit, et à nos ancêtres qui tombèrent au champ d’honneur, en chantant à nouveau les chants qui avaient été entonnés par eux, un siècle plus tôt, et ainsi raviver leur souvenir.

Après la prestation, regrettant tristement le maigre intérêt qu’avait suscité le centenaire de cette guerre pour nos contemporains et la trentaine de villageois seulement rassemblés, notre hôte m’interrompit : « Mais, ce que vous faites ici, c’est comme une étincelle dans la nuit, et ne vaut-elle pas davantage qu’un feu d’artifice en plein jour ? »

Si notre action ce soir-là, en rendant un bel hommage à nos anciens, a procuré de la ferveur et de la fierté aux habitants des Éparges, ce n’est pas en vain.

Il n’y a pas d’actions inutiles, si elles s’inscrivent dans la ligne de nos valeurs, et chaque étincelle que l’on fera scintiller participera au combat de la reconquête. La beauté, surgissant d’un acte si modeste soit-il, est toujours bonne à saisir. Et dans notre tenue, nos attitudes, en tous lieux, sachons toujours montrer notre enthousiasme dans notre combat.

Texte repris du site institut-iliade.com

« Le profond murmure », le discours magistral de Renaud Camus prononcé à l’occasion du colloque « Restaurer le politique : identité, souveraineté, sacré » vient d’être publié

Renaud Camus : renouer avec l’essence de l’être, combattre notre dépossession

L’écrivain Renaud Camus livre un essai magistral dans lequel il démonte les ressorts du « remplacisme global davocratique », cette idéologie qui dépossède l’homme de ses particularismes, jusqu’à son essence.

Où sont donc passés les fils et les filles de notre sang ? Où sont les hommes qui peuplaient jadis nos terres, ceux qui mourraient pour l’honneur, ne s’agenouillaient que devant Dieu, leur souverain ou une femme ? Nos rites et nos traditions tutélaires auraient-ils disparu ? Qu’a-t-on fait du silence, des sons, des odeurs et des formes qui dessinaient jadis notre monde ? Que sont devenus les manuels d’histoire qu’étudiaient les enfants ? Qu’en est-il enfin de nos processions, de nos danses et de nos chants ? Et de l’instinct animal, de l’homme sauvage ? Où est cette liberté qu’on nous a tant vantée ? La mort elle-même semble avoir disparu de ce monde…

Tel est le constat de Renaud Camus qui, après le Petit et le Grand Remplacement, nous offre avec La Dépossession une somme monumentale pour cibler les sources et les racines de notre dépossession civilisationnelle, ethnoculturelle, politique et finalement humaine, qui précède notre remplacement. Plus qu’un état des lieux de ce qui nous est quotidiennement ôté, l’œuvre magistrale de Renaud Camus, sans jamais le nommer, nous ramène au principe fondamental de notre identité. À l’heure où l’égalitarisme universaliste nous éloigne de la beauté, de la grandeur, de l’effort et de l’excellence, son livre se présente comme un manifeste constructif, œuvre de résistance contre la raison, la science et la soumission.

Rappelant que l’homme dépossédé de ses particularités est en réalité dépossédé de son humanité, Renaud Camus donne pleinement sens aux célèbres paroles de Joseph de Maistre : « Il n’y a point d’homme dans le monde. J’ai vu dans ma vie des Français, des Italiens, des Russes, je sais même, grâce à Montesquieu, qu’on peut être Persan, mais quant à l’homme je déclare ne l’avoir rencontré de ma vie. S’il existe, c’est bien à mon insu. »

C’est en effet l’appartenance à un corps et à une communauté, l’enracinement dans un sol, un sang et une lignée, qui nous font homme. L’homme dépossédé de tout particularisme n’est plus rien, et finalement n’est plus homme. L’« anti-tout » – antifasciste, antiraciste ou antispéciste – se nomme finalement très bien lui-même ! Renaud Camus dresse une liste vertigineuse de nos dépossessions actuelles, ces dernières étant encouragées par nos dirigeants qui promeuvent conjointement l’éradication de la culture et la culture de l’éradication. Effacement des sexes, des races, des limites, suppression même du sens des mots. Constat effroyable ! D’autant plus terrible que la dépossession de l’être s’avère la condition préalable à la mise en place du « remplacisme global davocratique ».

Si nous ne sommes pas totalement innocents des maux qui nous accablent, la généalogie qu’en propose Renaud Camus ramène inévitablement à l’américanisation de nos sociétés. Il nous livre une longue réflexion sur le fordisme et la manière dont il prépare le Grand Remplacement : de la Ford T à l’homme de Métropolis, véritable machine à broyer l’humanité. L’écrivain affirme, s’il résumait son livre en une phrase, elle serait la suivante : « Le remplacisme global davocratique est le stade ultime du fordisme. »

Exposant et démontant les schémas mentaux de nos ennemis pour revenir à l’essentiel et révéler de manière sous-jacente notre vision du monde, l’ouvrage se conçoit comme une somme englobante, une arme de combat intellectuel, physique et métaphysique pour lutter contre le « BNG » (bloc négationniste-génocidaire) et reprendre notre destin en mains. Il ne s’agit évidemment pas d’ un mode d’emploi, d’autant que l’antinatalisme de l’auteur n’est nullement la solution de nos maux mais plutôt l’un deux… On peut refaire l’esprit d’un peuple ; encore faut-il que ce peuple survive. La démographie est contre nous – il le dit lui-même – et c’est sûrement notre premier champ de bataille. Car lorsqu’il n’y a plus personne, il n’y a plus d’esprit à conquérir et la bataille des idées n’a plus de sens !

Comme à chaque fois cependant, Renaud Camus propose une œuvre à contre-courant, à la croisée des genres littéraires et philosophiques, l’œuvre d’un homme libre pour nous sortir de l’enclos de la pensée conforme. Un pavé de 800 pages, parfois redondant – la pédagogie n’est-elle pas un art de la répétition ? -, souvent digressif, mais avant tout une bouffée d’air frais au style envolé pour tenter de se rapprocher de l’essence de l’être, de notre identité, de notre moi collectif. Un ouvrage qu’on lit autant par conviction que par goût de la langue. C’est aussi une œuvre magistrale pour ceux qui ont décidé de ne plus se voiler la face, de faire sécession et qui refusent la fatalité !

Face à l’homme du rien, homme sans nature et sans culture, homme sans existence et sans réalité, – l’homme sans l’homme -, nous défendons l’homme de la terre et des morts, homme du sol et du sang, rêveur, entier, vivant, l’être réel, fier de ses racines et maître du destin.

Solenn Marty – Promotion Jean Raspail

La Dépossession. Ou du remplacisme global, Renaud Camus, La Nouvelle Librairie éditions, 846 pages, 33,50 €.

Tribune reprise de institut-iliade.com

« Restaurer le politique » : les interventions salutaires du colloque de l’Institut Iliade

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Les combines de bas-étage qui se succèdent inlassablement lors des scrutins électoraux abîment la grandeur du Politique. En pleine campagne présidentielle, l’Institut Iliade lui a redonné ses lettres de noblesse, devant un auditoire nombreux et attentif, dans l’enceinte de la prestigieuse Maison de la Chimie, au cœur du VIIe arrondissement de Paris.

Ce thème toujours plus actuel est introduit par Philippe Conrad, membre fondateur et président de l’Iliade. Il rappelle l’urgence de redéfinir l’essence du politique, à l’heure où la démocratie est menacée par une crise aiguë de confiance, où notre civilisation vit une entreprise de déconstruction sans précédent. C’est le rôle métapolitique de l’Institut Iliade. Travail qui s’ancre dans la durée et permet de mobiliser toutes les énergies disponibles : des générations d’hommes et de femmes formées intellectuellement pour constituer le creuset d’une nouvelle élite, pour le sursaut et le réveil de notre civilisation européenne. L’illusion de l’optimisme progressiste et la fin de l’histoire prônée par Francis Fukuyama a fait long feu. Ainsi, au-delà de la conjoncture des élections, restaurer le politique, c’est remettre en cause la primauté accordée à l’économie, c’est lui rendre sa liberté face au gouvernement des juges, c’est remettre en cause la figure de l’homo festivus (Philippe Murray), contrecarrer les entreprises de subversion intellectuelle dont le wokisme n’est qu’un aspect, et dépasser la contradiction entre peuple et élite.

Le jeune philosophe Ego non est donc intervenu sur les fondements du politique en revenant sur l’hypothèse de son autonomie. En effet, le politique ne peut se réduire ou se confondre avec la morale, à l’esthétique ou au juridique. Cette autonomie posée, il s’agit ensuite de définir les critères d’identification de ce qui est politique en s’appuyant particulièrement sur deux grands penseurs, Carl Schmitt et Julien Freund, et notamment les travaux effectués par le premier sur la distinction entre ami et ennemi. Agir politiquement, c’est accepter la possibilité du conflit, exercer l’autorité et manifester de la puissance. Restaurer le Politique est donc un défi. Une entreprise qui ne peut se faire correctement sans le retour du sacré, souligne Javier Portella. Ce dernier est enfoui et il faut qu’il rayonne de nouveau au grand jour afin d’embrasser avec joie l’ambivalence foncière qui marque notre sort en tant que peuple, en tant que communauté inscrite dans l’histoire.

Reconquête « cognitive »

Cela ne peut se faire en dehors du réel. Pour nous Européens, le géographe Olivier Eichenlaub démontre qu’il faut mener une politique de puissance, celle-ci étant inexistante dans l’Europe technocratique de Bruxelles. La renaissance doit s’appuyer sur un appareil politique renouvelé et débarrassé de la veulerie qui a conduit le continent à son lamentable état de « dormition ». Parallèlement, il est plus que temps d’entamer aussi une reconquête « cognitive » en se réappropriant ou en redécouvrant l’histoire, la géographie et les particularités de chaque peuple d’Europe.

Un impératif qui se couple à celui de lutter contre la davocratie qui transforme l’homme en machine, comme l’explique l’écrivain Renaud Camus. En effet, le système qui a besoin que l’individu devienne un simple consommateur est sous-tendu par deux exigences : une croissance démographique du nombre de ces derniers et l’interchangeabilité du produit consommateur « homme ». C’est donc logiquement qu’on procède au remplacement systématique des populations à faible taux de croissance (Européens). Ce remplacement n’est possible s’il est nié et dénié, que si l’on ne pose pas de différence fondamentale entre ce qui remplace et ce qui est remplacé. Interdire le mot race constitue donc la proclamation du dogme de l’inexistence des races. Ce négationnisme tient, entre autres inepties, par une répression idéologique organisée par un système aux ordres d’ « un gouvernement des juges » magistralement décrypté par le professeur Frédéric Rouvillois.

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L’Institut Iliade appelle les peuples d’Europe à se réveiller et à restaurer le politique [Reportage]

colloque iliade

15/04/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Depuis 2015, l’Institut Iliade organise son colloque annuel dans la prestigieuse enceinte de la Maison de la Chimie à Paris. Il représente la grande réunion annuelle des Européens qui souhaitent le rester.

Samedi 2 avril, plus de 1200 personnes sont venues assister à la neuvième édition qui avait pour thème principal « Restaurer le politique« .

Comme chaque année, une dizaine d’intervenants se sont succédé sur scène, seuls ou à plusieurs au cours de la journée. Nous sommes allés à la rencontre des différents écrivains présents comme Renaud Camus, Julien Rochedy, Benedikt Kaiser (écrivain allemand) ou encore David Engles, professeur-chercheur en histoire romaine à l’ Instytut Zachodni.

L’équipe de Breizh-info est allée à la rencontre de plusieurs exposants présents comme des artisans, des dessinateurs et des sculpteurs mais aussi des maisons d’éditions.

Quelques spectateurs et membres de l’organisation ont bien voulu répondre à leurs questions également.

La journée s’est déroulée comme celles des autres années dans le calme et dans une ambiance chaleureuse et fraternelle.

Romain Petitjean, le directeur du développement et de la coordination a confié que les équipes travaillent déjà depuis deux mois sur le colloque de 2023 qui aura pour thème « Les changements anthropologiques ».


GAFA, Big Pharma… Qui gouverne le monde ?

Michel Geoffroy

Intervention de Michel Geoffroy, table ronde « GAFA, Big Pharma… Qui gouverne le monde ? », IXème colloque de l’Institut Iliade, samedi 2 avril 2022.

Gouverner le monde ? Il ne faut pas se laisser impressionner par la propagande des mondialistes occidentaux : ils sont bien incapables de gouverner le monde et le monde ne se dirige pas vers son unification mais devient au contraire multipolaire.

Le projet de prendre la direction du monde a été forgé à la fin du XIXème siècle dans les pays anglo-saxons ; d’abord en Grande Bretagne autour de Lord Milner (la Table Ronde et le « commonwealth of nations ») puis aux États-Unis au prétexte de leur destinée manifeste et de l’excellence de leur système politique. Ce projet, élaboré au moment où les Européens dominaient le monde, recycle en partie la promesse biblique d’une soumission des royaumes à la nation élue, reprise par le puritanisme. Et avec la dissolution de l’URSS en 1991, les États-Unis, alors super puissance occidentale, ont cru être en mesure d’imposer leur gouvernance (nouvel ordre mondial) partout et de mettre fin à l’histoire à leur seul profit.

Mais ce projet a définitivement échoué au XXIème siècle. En réalité le monde est justement en train d’échapper aux mondialistes[1] occidentaux.

Le XXIème siècle se caractérise avant tout en effet par la fin de la domination occidentale sur le monde, comme l’avait très bien annoncé Samuel Huntington et qui pour cette raison fut diabolisé : un monde qui s’est « modernisé sans s’occidentaliser » comme il l’écrivait, c’est-à-dire qui accède à la puissance matérielle jusque-là détenue par les seuls occidentaux, mais sans pour autant adopter leur idéologie (leurs « valeurs » en novlangue) ni se soumettre à eux.

Et confrontée à l’immigration de masse, l’Europe domine d’autant moins le monde que c’est le monde entier qui s’installe au contraire sur sa terre et qui y impose ses mœurs, sa religion et ses guerres.

Que ce soit en Afghanistan, en Corée du Nord ou au Mali, à l’évidence les Occidentaux gouvernent de moins en moins le monde !

La véritable question n’est donc pas tant qui gouverne le monde mais bien qui gouverne le monde occidental.

La question est pertinente car si les mondialistes échouent à dominer le monde, ils ont bien le projet d’asseoir leur domination sur les peuples occidentaux. A moins que ces derniers ne se rebellent et reprennent leur destin en mains !

Où se trouve désormais le pouvoir dans le monde occidental ?

Les concepts génériques de Super Classe Mondiale[2] d’oligarchie, de Système, d’hyper classe, de Davocratie, d’État profond etc… qui se sont répandus dans le langage politique désignent un phénomène majeur qui s’est produit en Occident à partir de la fin du XXème siècle : la prise du pouvoir par les grandes entreprises mondialisées et les grandes institutions financières, principalement anglo-saxonnes, aux dépens des peuples et des États.

Il s’agit d’un phénomène avant tout occidental car ailleurs en Asie, en Chine ou en Russie par exemple, voire en Afrique, le politique continue de dicter ses choix aux acteurs économiques (comme certains oligarques l’ont appris à leurs dépens[3]). Ces pays sont donc diabolisés par les médias occidentaux, propriété du nouveau pouvoir économique transnational.

Cette prise de pouvoir marque l’aboutissement de la révolution des Lumières qui avait conduit à désencastrer l’économie de la société en promouvant l’individualisme méthodologique et en détruisant tous les corps intermédiaires, laissant l’individu seul face à l’État comme face au marché. La révolution libérale/libertaire initiée dans la seconde moitié du XXème siècle a achevé ce mouvement. Car la révolution libérale anglo-saxonne initiée dans les années 1980 (Reagan et Thatcher) a rendu les États incapables de résister au pouvoir économique, qui s’est déterritorialisé au surplus, avec la mondialisation économique et financière. Et elle a conduit à privatiser un nombre croissant de fonctions étatiques autrefois qualifiées de « souveraines ».

Cela se traduit par l’ascension d’un pouvoir économique et financier transnational désormais plus riche et plus puissant que bien des États occidentaux et par l’expansion de grands monopoles privés (comme par exemple les GAFAM censurant le président des États-Unis en 2020, la conquête spatiale hier enjeu de souveraineté au temps de la guerre froide, désormais privatisée etc…). Mais un pouvoir qui, à la différence de celui des États, n’est pas soumis aux obligations de continuité et de protection de la population, bien au contraire, ni à celles de la responsabilité politique.

En Occident le nouveau pouvoir économique mondialisé se renforce constamment car il socialise les pertes et les effets pervers (payés par les États et les peuples : exemples avec l’immigration, les délocalisations ou la crise bancaire de 2008) et privatise les bénéfices (prenons l’exemple des contrats léonins passés entre l’UE et Big Pharma prévoyant que les effets secondaires des « vaccins » ne pourront être mis à charge des labos). Pour cette raison, les États, croulant sous les dettes, s’appauvrissent pendant que les grandes entreprises mondialisées s’enrichissent ; la richesse devient de plus en plus transnationale et la pauvreté, cantonnée dans l’espace national.

Symbolique de ce transfert de pouvoir, de plus en plus de grandes entreprises deviennent politiquement militantes et prescripteurs idéologiques (chartes des valeurs, censure ou exclusion des dissidents, caractère idéologique de la publicité), comme le montrent au premier chef les GAFAM. C’est ce qu’on appelle le capitalisme woke ou la responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) : la grande entreprise devient militante du progressisme. D’autant que derrière la plupart des commandements du progressisme sociétal on trouve des intérêts marchands bien précis : comme les grandes entreprises (favorables à l’immigration), les femmes CSP+ (qui militent pour la féminisation des emplois de direction), les lobbies de l’éolien, du tout électrique (écologie punitive), du tout numérique (GAFA), de la viande industrielle (végans), ou Big pharma (PMA/GPA, transsexualisme, vaccination) etc….

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« Restaurer le politique » Jean-Yves Le Gallou présente le colloque de l’Institut Iliade

Jean-Yves Le Gallou

Ce samedi 2 avril, l’Institut Iliade organise son grand colloque annuel. Cette année, le thème le suivant : « Restaurer le politique – Identité, souveraineté, sacré ». Pour s’inscrire à cet événement exceptionnel, rendez-vous à cette adresse : https://institut-iliade.com/iliade/colloque-iliade-2022/.
Découvrez l’entretien accordé par Jean-Yves Le Gallou, co-fondateur de l’Institut Iliade et président de la Fondation Polémia, au quotidien Présent.

Présent : Vous organisez le samedi 2 avril le neuvième colloque de l’Institut Iliade, une semaine avant le premier tour de l’élection présidentielle. Que recouvre un tel contexte pour le combat civilisationnel qui est le vôtre ?

Jean-Yves Le Gallou : L’Institut Iliade n’est pas hors sol. Il s’inscrit dans la longue durée mais il prend aussi en compte l’actualité. Et deux aspects au moins du combat civilisationnel figurent à l’ordre du jour de l’élection présidentielle : la question du Grand Remplacement ethnique et civilisationnel et celle de la guerre russo-ukrainienne. Qui prend les traits d’un choc de civilisation : la géopolitique américaine opposant monde atlantique et monde orthodoxe (Brezinski, Huntington) se confrontant à la géopolitique eurasiatique solidarisant la Russie avec sa base arrière asiatique (Dougine). Pour le plus grand malheur de l’Europe de l’Atlantique à l’Oural et des peuples européens.

Présent : Le colloque se penche sur la question du politique sous sa triple dimension « Identité – Souveraineté et Sacré ». L’Institut Iliade n’étant pas un mouvement politique, les auditeurs ne doivent-ils s’attendre qu’à des interventions théoriques ?

Jean-Yves Le Gallou : Certaines interventions auront des côtés très pratiques : je pense, par exemple à celle de Frédéric Rouvillois : « Reprendre le pouvoir aux juges ». Et sur « Ethnos et polis » gageons que Renaud Camus ne gardera pas sa langue dans sa poche ! Ceci étant l’objectif de l’Iliade est d’apporter des éclairages, des éléments de réflexion non d’élaborer un programme électoral (c’est un autre exercice…) ni de donner des consignes de vote. Mais après tout « Souveraineté, identité, sacré » est une bonne grille de lecture pour éliminer le pire et choisir le meilleur. La question identitaire étant à nos yeux la question primordiale. Soyons clair à cet égard, le combat identitaire ne se résume pas à un combat électoral trop souvent piégé par les médias mais il reste l’un des champs de bataille politique et idéologique qui ne peut être déserté.

Présent : Qui sont les invités exceptionnels qui s’exprimeront à la tribune cette année ?

Jean-Yves Le Gallou : Comme à l’accoutumée il y aura un superbe plateau. De grands intellectuels : Alain de Benoist, Michel Maffesoli, Paul-Marie Couteaux, Renaud Camus, Javier Portella, David Engels. Des universitaires de renom et des essayistes puissants : Frédéric Rouvillois, Olivier Eichenlaub, Michel Geoffroy, Lionel Rondouin. Des hussards aussi vigoureux que talentueux : Julien Rochedy, Laurent Obertone, Pierre-Antoine Plaquevent, Nicolas Faure, Charles de Meyer. Des jeunes pousses comme Ego Non. Des journalistes : Alexandre Bouclay et Ferenck Almassy. Sans oublier les patrons des grands instituts de formation comme Alexandre Pesey, Edouard Husson, Fabrice Lesade et Martin Sellner. Ni les équipes de l’Iliade : Philippe Conrad, Romain Petitjean, Floriane Jeannin.

Vous noterez qu’il s’agit bien d’un colloque européen avec des intervenants venus d’Espagne, de Belgique, de Pologne, de Hongrie, d’Autriche.

Présent : La part belle est, comme chaque année, faite aux stands amis, aux dédicaces et à la convivialité. Après une édition 2020 placée sous contrainte, ce colloque sera-t-il aussi l’occasion d’une journée retrouvailles françaises et européennes, après deux années de morosité sanitaire ?

Jean-Yves Le Gallou : Face à la dictature sanitaire l’Iliade a fait sienne la devise de Guillaume d’Orange : « Je maintiendrai ». Nous sommes fiers d’avoir tenus contre vents et marées le VII e colloque (l’écologie à l’endroit) et le VIIIe colloque (l’économie au service des peuples). Hélas en mode dégradé. Nous retrouvons liberté et convivialité le 2 avril. Le IXe colloque sera un grand opéra européen unissant conférences et réflexions, découvertes artistiques et esthétiques ainsi qu’échanges autour d’un livre ou d’un… verre.

Texte repris du site Polémia

Colloque de l’Iliade « Restaurer le politique » : Entretien avec Romain Petitjean

colloque iliade

Paris Vox a publié cet entretien avec Romain Petitjean en charge de la coordination et du développement de l’Institut Iliade avant l’organisation de leur prochain colloque annuel.

Que peut-on attendre de ce neuvième colloque ?

Du foisonnement et de la vie !

Foisonnement intellectuel tout d’abord grâce au thème exigeant du politique qui sera traité une semaine avant le premier tour de l’élection présidentielle. Où se trouve vraiment le pouvoir ? Qui est l’ami ? Qui est l’ennemi ? Quels sont les alliés et les adversaires ? Les élections sont-elles notre seul horizon ? Comment imposer et diffuser nos thèmes dans le champ électoral mais aussi dans les autres champs de pouvoir ?

Foisonnement communautaire ensuite, le colloque annuel de l’Institut Iliade qui réunit plus d’un millier de personnes étant LE rendez-vous le plus important des identitaires en France. La Vie pleine et entière comme nous la revendiquons s’exprime et s’épanouit dans l’environnement esthétique que nous nous attachons toujours à soigner, et à travers les dizaines de stands d’exposants. Sans oublier la garderie qui permet d’accueillir les enfants et les familles (première unité politique attaquée frontalement par le système marchand déconstructeur) ni la buvette qui reprend, après la parenthèse malheureusement pas totalement refermée de la coronafolie, enfin ses droits !

Quel sens ont la politique et le citoyen à l’heure d’un monde ultra connecté ?

La connexion à outrance, l’horizontalité de la transmission des savoirs, la fluidité des échanges peuvent donner la fausse impression d’un lien entre les citoyens et la vie de la Cité. Il n’en est malheureusement rien, surtout dans un monde de consommateurs indifférenciés qui s’ébattent dans des sociétés ethniquement et culturellement hétérogènes.

Seuls une certaine verticalité, des corps intermédiaires solides, une subsidiarité naturelle, une dimension sacrée indispensable à nos vies et surtout le lien intime entre substrat ethnique et territoire, permettent une réelle démarche politique. C’est tout le sens de notre engagement.

Le premier tour de l’élection présidentielle se tient le 10 avril. L’Iliade réunit son colloque annuel une semaine plus tôt. L’identité sera-t-elle l’enjeu majeur de cette élection ?

Nous le souhaitons ardemment.

Les lubies assimilationnistes des républicains hors-sols, mais aussi d’une partie de la dissidence nous ont fait perdre énormément de temps alors même que les Européens, et le peuple Français, attendent de retrouver le souffle de l’histoire, le génie et la grandeur qui est la leur. Ça ne peut se faire qu’après avoir reconcilié ethnos et polis.

La justice sociale, la protection de notre environnement, notre génie créateur et explorateur sont autant d’objectifs qui sont aujourd’hui freinés à la fois par le système de la marchandise, le Grand Remplacement de nos peuples et le Grand Effacement de notre mémoire. Il faut s’attaquer de front à ces périls et le reste suivra !

L’Institut Iliade s’exporte bien, son manifeste est aujourd’hui traduit en Italien, un colloque a été tenu récemment en Espagne. L’avenir de l’Iliade s’écrit-il désormais en Europe ?

L’ensemble de nos livres est désormais traduit, ou en cours de traduction en anglais, en italien, en allemand et en espagnol. C’est évidemment par ce biais-là, celui de la doctrine et du corpus idéologique, que nous entretenons des liens avec les intellectuels et les militants de toute l’Europe.

Nous avons des correspondants dans de nombreux pays et mois après mois, nous activons ce réseau.

L’Institut Iliade a choisi un développement stratégique pérenne. Après huit années d’existence, l’Iliade possède une maturité suffisante pour accélérer son rayonnement international. Nous sommes lus et attendus.

Nous sommes aussi à l’affût des auteurs émergents dans les pays européens.

Découvrir le programme : https://institut-iliade.com/iliade/colloque-iliade-2022/

Tribune reprise de Paris Vox

Guerre en Ukraine, conséquence de l’impéritie des élites occidentales

guerre ukraine

Aucun Européen digne de ce nom ne peut se réjouir de ce qui se passe en Ukraine.
Une tribune de Michel Geoffroy.

Une guerre entre Européens ne ferait qu’ajouter au suicide démographique et géopolitique de notre continent. A fortiori si elle devait déborder le monde slave, comme semblent le souhaiter certains irresponsables, va-t-en-guerre de plateaux télévisés. Il serait temps que l’Europe sorte de sa dormition.

Un conflit prévisible

Le conflit entre la Russie et l’Ukraine était pourtant prévisible : il était même annoncé !

Car il plonge ses racines dans la politique américaine d’encerclement de la Russie qui s’est traduite par l’extension continue de l’OTAN vers ses frontières, en contradiction avec les engagements pris par les occidentaux lors de la chute de l’URSS. Dans la volonté atlantiste, aussi, d’empêcher à tout prix l’émergence d’une Europe de l’Atlantique à l’Oural et pour cela, de fractionner durablement notre continent. Dans le renouveau matériel et spirituel de la Russie, enfin.

Mais les élites d’Europe occidentale se sont enfermées dans le déni : elles ont refusé de voir que nous étions entrés dans un monde polycentrique, où les nations et les civilisations ré-émergentes ont accédé à la puissance et n’entendent plus se plier aux diktats occidentaux.

Un monde par conséquent de plus en plus instable et de moins en moins occidental, justement, comme l’avait prévu Samuel Huntington.

Une mortelle illusion

Le conflit en Ukraine marque le retour du tragique pour une Europe de l’Ouest qui ne s’est préparée à rien car elle a cru que le doux commerce, la communication et le droit procédural suffiraient à tout résoudre.

Une Europe occidentale qui a cru que sa dormition pourrait rester paisible alors qu’elle laissait se développer les sources d’instabilité non seulement à ses portes, mais sur son sol même. Et qu’elle se complaisait dans la déconstruction maladive de son identité et dans son propre remplacement ethnique.

Le choc des puissances qui se déroule en Ukraine met fin brutalement à cette mortelle illusion.

Il démontre l’inexistence de l’Union Européenne, nain stratégique, militaire et diplomatique, simple courroie de transmission d’intérêts ou de lubies idéologiques qui ne sont pas les nôtres.

Car entre les États-Unis, la Russie, l’Inde ou la Chine, l’Europe marchande, déconstruite et immémorante ne compte plus au 21ème siècle.

L’impéritie des élites occidentales

La guerre en Ukraine illustre donc, une nouvelle fois, l’impéritie des élites d’Europe occidentale.

Celles-ci n’ont pas voulu voir la détérioration de l’état ukrainien ; elles ont fermé les yeux sur ce qui se passait dans le Donbass ; elles n’ont pas réellement veillé à l’application des accords de Minsk ; elles ont ignoré les avertissements répétés de la Russie ; elles ont tout misé sur l’OTAN.

Et maintenant que la crise est là, voilà que nos bisounours promoteurs d’écriture inclusive, de vivre ensemble et de déplacements en trottinette, tiennent maintenant des discours martiaux, mais au plus mauvais moment.

Ils jouent aux « chefs de guerre », ils condamnent, ils brandissent des sanctions, ils déplacent des troupes, ils censurent. Ils gesticulent.

Ils démontrent surtout leur incapacité dramatique à maitriser les évènements qu’ils ont laissé advenir et contre lesquels ils ne nous ont pas préparés au surplus.

Comme leurs prédécesseurs de 1939 nous ont conduit au désastre.

Le réveil sera rude

Le conflit en Ukraine montre enfin que les mots, tabous en Europe occidentale, de souveraineté, de frontière, d’intérêt national, de volonté et de puissance avaient encore tout leur sens au 21ème siècle. Du moins pour ceux qui entendent jouer un rôle dans le nouveau siècle multipolaire qui s’avance.

Pour les autres, réduits à l’état d’objet de l’histoire, c’est-à-dire à l’état de proie, ce siècle promet d’être bien douloureux.

Faute de l’avoir compris, notre continent risque une nouvelle fois de devenir le champ de bataille où se rejoue l’affrontement éternel, décrit autrefois par Thucydide, entre puissance émergente et puissance dominante ; mais cette fois, malheureusement à l’âge nucléaire.

Il serait temps que les Européens se réveillent… au bord du gouffre !

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

On peut aussi rappeler au passage que les « bonnes consciences » occidentales étaient moins ardentes à dénoncer Moscou lorsque les bolchéviques écrasaient Prague, Budapest et Berlin-Est en 1954 et 1968 (seuls quelques Européens courageux le faisaient à l’époque : dont Dominique Venner).

Pourquoi la civilisation européenne ? Le Manifeste de l’Institut Iliade

manifeste Iliade

C’est un superbe « Manifeste » que nous livre l’Institut Iliade, limpide, exigeant, volontariste, et qui décline nos racines, notre être au monde, notre devenir. Ainsi conçu, c’est le noyau qui portera le fruit. Quel Européen ne s’y retrouverait pas ? Entretien avec Romain Petitjean, directeur du développement d’un Institut qui n’en finit pas de se développer.

ÉLÉMENTS : Pourquoi un manifeste ? Les manifestes ont longtemps été le propre des avant-gardes artistiques de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Serait-ce parce que l’Institut Iliade se conçoit comme une avant-garde : l’avant-garde de la renaissance européenne ?

ROMAIN PETITJEAN. Ce manifeste a pour ambition de faire de nous une avant-garde. À l’heure où tout s’effondre, où l’on nous somme d’être remplacés, d’oublier notre passé, de devenir des consommateurs indifférenciés, nous voulons affirmer la possibilité d’un renouveau civilisationnel pour l’Europe. Pour cela, l’Institut Iliade appelle à une réappropriation par les Européens de leur identité. Entendue ainsi, la « révolution » ne consiste pas à faire table rase, c’est au contraire un mouvement de retour à l’origine, pour y puiser des forces nouvelles, pour réaffirmer la nécessité de construire l’avenir sur la base de valeurs intangibles.

S’agissant du parallèle avec les avant-gardes artistiques, il est pertinent dans la mesure où l’Institut Iliade attache une importance particulière non pas seulement aux idées, mais à l’idée même du beau. C’est ce que nous disaient déjà les Grecs : ce qui est bon est toujours beau. En ce sens, si le monde moderne nous contraint à nous insurger contre lui, c’est qu’il n’a su produire que de la laideur : un urbanisme de masse, la bétonisation omniprésente, et un art qui ne sait plus rien figurer. Les stagiaires de la récente promotion Dante, qui suivent en ce moment nos formations, ont trouvé un mot juste pour se définir : « Combattre la société du Même, tenir à distance le laid, et protéger notre enclos civilisationnel ».

ÉLÉMENTS : Comme pour la revue Éléments, le théâtre des opérations de l’Institut Iliade se déploie au niveau européen. Qu’est-ce qui fonde la singularité de l’Europe, son « exceptionnalisme », pour reprendre le terme du Manifeste de l’Institut Iliade ? Quelles en sont les permanences derrière les contingences ?

ROMAIN PETITJEAN. C’est évidemment une « vue du monde » propre. L’essayiste René Marchand disait que les civilisations sont des planètes différentes. Ces différences se perçoivent dans quantité de traits : la place de la femme, le rapport au sacré, le goût pour l’exploration et la conquête, mais aussi l’art du doute, etc. Je crois qu’une très grande spécificité européenne a toujours été la capacité à articuler harmonieusement des principes contradictoires : l’ouverture au monde et la défense du foyer, les dimensions matérielles et spirituelles de l’existence, la pensée abstraite et la sensibilité. Quantité d’autres civilisations ont vu dans ces principes contradictoires des antagonismes. Autre spécificité de la civilisation européenne, la hiérarchie de valeurs propre à tous les peuples de notre continent : d’abord les valeurs spirituelles et guerrières, ensuite seulement les valeurs économiques. D’autres civilisations ont placé beaucoup plus haut les valeurs purement économiques.

ÉLÉMENTS : Chaque manifeste est une « adresse » qui a vocation à investir l’espace public et le champ politique. L’Institut Iliade se préparerait-il à se lancer en politique ?

ROMAIN PETITJEAN. Nous faisons de la politique. Simplement, cette dernière ne se réduit pas au champ électoral – qui n’est pas le lieu qui correspond à notre vocation. Nous avons de très nombreuses activités de formation, par les séminaires destinés aux jeunes générations et par notre production éditoriale. Ce faisant, nous préparons une génération à agir sur tous les terrains, y compris le combat électoral, mais ce n’est là qu’un débouché parmi d’autres. Il y a dans nos rangs certains élus, mais c’est une minorité. Si nos thèmes peuvent peser dans les programmes, ou si notre vocabulaire peut être repris, nous en sommes évidemment ravis. Nous avons vocation à faire bouger les lignes sur tous les sujets. Tel est d’ailleurs le but du Manifeste, publié à quelques mois de l’élection présidentielle : proposer une doctrine claire, cohérente, alternative et totale à ceux qui entendent défendre la France et la civilisation européenne. Les personnes qui nous suivent semblent l’avoir compris, puisque l’on note beaucoup d’achats groupés de lecteurs qui souhaitent diffuser ce texte autour d’eux.

Pour lire la suite, c’est ici !

Mai 2022 : premier Raid Via Romana

Motodysseus

Motodysseus… Dans l’esprit d’aventure hérité des grandes odyssées européennes, du voyage d’Ulysse aux périples des aventuriers modernes, l’Institut Iliade constitue aussi une communauté vivante. C’est ce qu’entendent affirmer concrètement les raids Motodysseus au contact de la route et du vent.

À travers l’Europe, ces parcours à moto allient technique et tradition pour une ré-immersion immédiate dans nos paysages et notre culture, rythmée par des conférences ou des exposés de haut niveau, sur des sites ou dans des lieux d’exception. En avant, calme et fou, l’Iliade part en visite sous le regard croisé d’Hermès et de Dionysos, le long d’itinéraires riches culturellement et sportivement. En selle, cavaliers !

À l’image des légions romaines de retour de campagne sur le limes germain, le raid « Via Romana » part du Rhin et traverse les Alpes pour rejoindre le Piémont italien, avec une première nuit qui s’annonce fraîche en altitude. Il longe ensuite les côtes de Toscane, avec un passage à Gênes, à Lucques et à Pise sous le soleil couchant des plages ligures et tyrrhéniennes. À mi-parcours, l’arrivée à Rome permettra de visiter la capitale impériale et de redécouvrir l’urbanisme de ses quartiers contemporains. À travers les paysages exceptionnels de Toscane, puis de Lombardie, le retour sera l’occasion d’une pause gastronomique obligatoire du côté de Florence. Une dernière étape est prévue au musée Guzzi, face au lac de Côme, pour le centenaire du constructeur mythique italien.
Dates

– Départ le vendredi 20 mai 2022 à 08h00 de Barr (Alsace)
– Arrivée le samedi 28 mai 2022 à 18h00 à Barr (Alsace)

L’arrivée et le retour à Barr ne sont pas pris en charge par l’organisation. Plusieurs solutions peuvent être envisagées individuellement ou collectivement pour s’y retrouver : descente à moto, transporteur spécialisé et train, remorquage en voiture, etc.

Conditions d’inscription

Pour des raisons pratiques, les inscriptions sont limitées à 12 personnes.

Le raid est organisé par des membres de l’Iliade dont certains sont expérimentés dans l’organisation d’expéditions à l’étranger et d’autres dans la conduite, le pilotage et la mécanique des motos. Ces compétences permettent d’ouvrir le parcours à tous publics, sous condition d’être en bonne forme physique et de disposer d’un véhicule permettant de rouler longtemps et en sécurité, à une vitesse suffisante pour ne pas retarder le groupe.

Contact : motodysseus@institut-iliade.com

Texte repris du site Institut-iliade.com

[Zoom] Institut Iliade – Romain Petitjean et Solenn Marty : Manifeste pour l’enracinement

Manifeste de l’Institut Iliade : Pour le réveil des Européens !

manifeste Iliade

24/11/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Après sept ans d’existence, l’Institut Iliade a été rejoint par plusieurs centaines de jeunes, lors des cycles de formation et des colloques. Que pense cette nouvelle génération ? À quelles actions appelle-t-elle face au « grand remplacement » et au « grand effacement » ?

À l’heure ou la civilisation européenne subit des attaques sans précédent, l’Institut Iliade appelle au sursaut en formulant une doctrine claire, une vision du monde fondée sur nos enracinements concrets et charnels : nos ancrages biologiques et familiaux, nos communautés politiques, notre civilisation. Mais le manifeste de l’Institut Iliade est aussi un bréviaire appelant au réveil, à la prise de conscience communautaire, à la reconquête de tous les bastions en déshérence, et à la renaissance de notre civilisation.

À l’occasion de la publication de ce manifeste, l’Institut Iliade lance un appel « aux jeunes européens », placardé à des milliers d’exemplaires dans plusieurs villes de France et dans des lieux symboliques. Toute une génération doit être concernée par le combat vital en cours. Toute une génération est appelée à redresser la tête et à marcher fièrement.

Les auteurs de ce manifeste sont de jeunes cadres de l’Institut Iliade.

Manifeste de l’Institut Iliade, La Nouvelle Librairie éditions, 2021, 108 pages. ISBN : 978-2-491446-74-1. 5,00 €

Pour commander : https://boutique.institut-iliade.com/product/manifeste-de-linstitut-iliade/

L’art de la table, un art de vivre civilisationnel

art table

Boustifailler, se sustenter, casser la croûte, dîner, dévorer, grignoter, déguster, sont des activités centrales de nos vies. Comme l’écrivait Jean Anthelme Brillat–Savarin : « L’univers n’est rien que par la vie, et tout ce qui vit se nourrit [1]. »

En effet, manger peut répondre pour certains à un besoin simplement physiologique ; pour d’autres, il s’agit aussi d’un plaisir, d’une tradition, voire même d’une manière de communier avec les dieux. En effet, la cuisine nous rattache à une tradition profonde, une filiation ancienne de gestes et de savoir-faire transmis de génération en génération. Elle a probablement toujours relié les Hommes, la terre, les morts et les dieux.

Quoi de plus émouvant que de goûter les premières fraises de l’été fraîchement cueillies dans la rosée du matin, humer la viande sur la braise comme aux premiers temps, partager sa table avec des amis, transmettre à ses enfants une délicieuse recette familiale ?

Pour nous, Européens, la gastronomie est un signe de civilisation, un héritage historique, une conséquence géographique, un marqueur sociologique.

Notre héritage historique nous est parvenu malgré les assauts incessants des cultes orientaux avec leurs interdits alimentaires et leur morale ascétique. En effet, jamais l’héritage gréco-latin n’a été interrompu. Poursuivi et développé dans les monastères au Moyen-Âge et favorisé par les maisons nobles, l’art de la table a su contourner tous les interdits et toutes les réformes pour atteindre un niveau de finesse et de sophistication exceptionnel [2] . Aristote n’était probablement pas seul au mont Saint Michel durant le haut Moyen Âge, il a certainement dû être accompagné d’Apicius.

Notre géographie et nos climats ont eux aussi participé de la définition de notre façon de nous nourrir. Pour ne prendre qu’un exemple déclinable à l’infini, dans les régions méditerranéennes domine l’huile d’olive alors qu’au nord le beurre et la crème trônent en maîtres. Encore aujourd’hui, alors que la circulation des produits est largement facilitée, ces frontières subsistent et se perpétuent fièrement, une « ligne de partage des gras » en quelque sorte.

Enfin, la cuisine est aussi un marqueur social : cuisine bourgeoise versus cuisine paysanne. En découle toute une façon de s’approprier la table, de nommer, de se tenir, d’utiliser les accessoires. Le paysan utilisant un superbe coutelas pour découper sa viande ou le bourgeois reprenant son enfant avec la fameuse formule « ne mets pas les coudes sur la table », chacun marque son appartenance sociale. Ou quand la fourchette dessine les contours des strates sociales.

Manger serait peut-être alors un des socles de notre identité. Un sol profond et fertile source d’une vitalité toujours renouvelée : renaissance du vignoble géorgien et hongrois, navet de Pardailhan, porc kintoa ou gascon, saumon de l’Adour, vache pie noire de Bretagne… Les grandes tables ne s’y sont pas trompées, elles y puisent une part importante de leur créativité tout en apportant une technicité de pointe, notamment avec les innovations de la cuisine moléculaire.

La cuisine étant avant tout un partage, ce que j’aimerais vous faire découvrir ici, ce sont ces tables grandes ou moins grandes, ces lieux humbles ou prestigieux dont le seul dénominateur commun est une recherche sincère d’excellence : une sole d’hiver de l’île d’Yeu de 500 grammes saisie sur sa fine peau délicatement écaillée, le fromage de chèvre de Carrus dont le lait de printemps est une des expressions les plus subtiles des parfums des hautes Corbières, un foie gras d’oie entier à peine rosé à cœur et furtivement saisi au sautoir, une manière différente d’aborder le vin entre ciel et terre…

Ce bref amuse-bouche, je l’espère, vous donnera envie de parcourir mes prochains itinéraires gastronomiques mais surtout la curiosité de pousser la porte de ces lieux d’initiés ou parfois la magie opère sur les papilles et dans les cœurs.

Nicolas d’Aubigny — Promotion Marc Aurèle

[1] Jean Anthelme Brillat-Savarin, La physiologie du goût
[2] Jean-Robert Pitte, Gastronomie française. Histoire et géographie d’une passion

Tribune reprise de Institut-iliade.com

Vivre en Européen : la nature comme socle, l’excellence comme but, la beauté comme horizon [vidéo]

européen identité

18/10/2021 – FRANCE (NOVOpress)
L’Institut Iliade pour la longue mémoire européenne lance une nouvelle vidéo : « Vivre en Européen : nature, excellence, beauté ». Face aux menaces mortelles qui pèsent sur la civilisation, les peuples et les nations d’Europe, et à l’incapacité des mouvements populistes à imposer en l’état un nouveau rapport de force politique, ce film richement illustré propose en quelques minutes un ressourcement dans la vision du monde propre aux « Vieux Européens ».

Il expose ce que les « murs porteurs » de notre civilisation peuvent apporter comme réponse concrète et stimulante aux défis du moment, autour du triptyque proposé par Dominique Venner : « La nature comme socle, l’excellence comme but, la beauté comme horizon ». Il constitue en cela une alternative au risque de perte de confiance et d’espoir dans l’avenir qui guette nos compatriotes : « Quand l’esprit se souvient, le peuple se maintient ! ».


Stage de formation de l’Institut Iliade – « Apprendre – Comprendre – Combattre »

Iliade formation

24/09/2021 – FRANCE (NOVOpress)
La formation constitue l’une des missions principales de l’Institut Iliade. Après avoir lancé son cycle général, l’Iliade innove et propose depuis 2021 une formation à destination des jeunes adultes.

Sur un week-end, cette formation aborde huit thématiques essentielles au combat de jeunes Européens, soutenu par des interventions de qualité. Lieu d’apprentissage, le cycle Jeune de l’Institut Iliade est aussi un lieu de rencontres: des intervenants, experts reconnus en leurs domaines, mais aussi des autres participants.

Clôture ds inscriptions le 30 septembre 2021.

Pour s’inscrire : https://institut-iliade.com/formation-cycle-jeunes/

Privilège blanc, déconstruction d’une imposture

privilège blanc

Qui avait entendu parler du privilège blanc avant que le mouvement Black Lives Matter, à la suite de la mort de George Floyd, en 2020, ne lui donne une audience internationale ? Pas grand monde en vérité. Un mort plus tard (et des centaines de manifestations), tout le monde en parle et ne parle même plus que de cela. Comment en sommes-nous arrivés là ? C’est l’objet même du livre de Georges Guiscard : « Le privilège blanc. Qui veut faire la peau aux Européens ? », paru à la Nouvelle Librairie sous le parrainage de l’Institut Iliade. Une enquête fouillée, première du genre, qui sort à point nommé.

ÉLEMENTS : On n’a jamais autant parlé de privilège blanc. Or, on en connaît mal la généalogie et la nature. Quels en sont les penseurs, les militants, les soutiens, les idiots utiles ?

GEORGES GUISCARD : Le premier à employer l’expression est le militant communiste américain Theodore W. Allen. Dans un ouvrage publié en 1975, il affirme que le concept de race blanche est une « invention » visant à diviser les travailleurs dans les plantations coloniales : un sentiment de « privilège de la peau blanche » aurait permis de créer une hiérarchie.

En 1988, la féministe antiraciste Peggy McIntosh popularisa l’expression en la reprenant dans son essai « White Privilege: Unpacking the Invisible Knapsack ». Elle y liste une série d’avantages liés à sa peau blanche, invisibles à ceux qui en bénéficient – Allen parlait déjà « d’angle mort blanc » –, comme la couleur des pansements qui rappelle que la norme, en Occident, est d’avoir la peau blanche.

McIntosh explique qu’elle pensait naïvement que « le racisme ne pouvait exister que par des actes individuels de méchanceté » avant de comprendre que le racisme est en fait un « système invisible » dont on jouit « de par sa naissance ». C’est l’idée centrale de cette théorie : l’Occident tout entier se serait construit sur le racisme au bénéfice des Blancs, par l’esclavage en Amérique et par la colonisation en Europe. Ce racisme, consubstantiel à nos sociétés, est présent partout quoique souvent diffus, prenant la forme de discriminations systémiques désavantageant en permanence les non-Blancs.

Au-delà de ces deux pionniers, le concept du privilège blanc prend sa source dans des axiomes typiquement marxistes de relations entre dominants et dominés, nourris par la théorie critique de l’École de Francfort et les postmodernistes de la French Theory. Ces intellectuels ont élaboré le cadre de référence, celui des « structures d’oppression » qui seraient constitutives de nos sociétés. L’expression actuelle de ces idées, conséquence de nos sociétés multiraciales, est la « théorie critique de la race » dans laquelle les Blancs se substituent schématiquement à la bourgeoisie et les non-Blancs au prolétariat.

Dans ce courant plus spécifique, on trouve notamment Kimberlé Crenshaw, féministe afro-américaine qui théorisa l’intersectionnalité – c’est-à-dire le cumul des discriminations – pour rappeler aux féministes blanches qu’elles restent des privilégiées. Plus récemment ont émergé des figures comme Ibrahim X. Kendi ou Robin DiAngelo, l’auteur de White fragility, dont le postulat est qu’un Blanc qui n’accepte pas d’être qualifié de raciste démontre par-là son racisme. Ce dernier exemple illustre bien l’une des caractéristiques du concept de privilège blanc, qui n’est fait que de raisonnement circulaire et de biais de confirmation.

Les militants appartiennent la plupart du temps à une minorité raciale et sont souvent issus des minorités. D’une part les convaincus, les politiques, les décoloniaux motivés par une forme de ressentiment, mêlant haine, jalousie et culture de l’excuse. Rohkaya Diallo et Houria Bouteldja sont, en France assez représentatives de ce phénomène. À leurs côtés se trouvent des personnes plus cyniques, qui manient ces idées à des fins plus personnelles : notoriété, argent… On pense à Assa Traoré, dont la position de victime fonctionne comme un statut social qui lui donne accès à la une du Time et à une paire de Louboutin, mais aussi plus largement à n’importe quel Afro-Maghrébin qui criera vite au racisme pour prendre l’avantage sur un adversaire ou attirer la sympathie.

Les soutiens sont plus blancs. Le capitalisme woke, qui joue sur les codes du privilège blanc mais aussi sur les thèmes du lobby LGBT pour des motivations à la fois idéologiques et commerciales. La haute bourgeoisie qui cherche à signaler sa vertu morale, tel Emmanuel Macron assurant dans les colonnes de L’Express qu’ « être un homme blanc peut être vécu comme un privilège ». Et bien sûr la cohorte de sociologues stipendiés – tel Éric Fassin –, artistes et journalistes qui prêchent la bonne parole de l’idéologie dominante.

Quant aux idiots utiles, ce sont tous les Blancs woke, « éveillés », qui acquiescent à leur expropriation au nom d’un antiracisme ethnomasochiste. Ils sont convaincus que la « blanchité » est un fléau à éradiquer, même si cela doit passer par leur contrition et, à terme, leur soumission. Il y a là une forme de néo-protestantisme, idée que je développe dans l’ouvrage.

ÉLEMENTS : La notion de privilège blanc a trouvé en Joe Biden un allié de poids. Comment expliquez-vous le ralliement de la bourgeoisie progressiste à cette thèse ? Serait-ce parce que la gauche Terra Nova US – les démocrates – a trouvé une majorité électorale composite à base de minorités (mais pas la gauche française) ?

GEORGES GUISCARD : Joe Biden, qui a parlé en juin du racisme systémique comme d’une « tache sur l’âme de la nation » – vocabulaire renvoyant au néo-protestantisme que j’évoquais –, est effectivement emblématique. Biden a été choisi par le parti démocrate car il incarnait une forme de pondération, d’équilibre, qui paraissait tactiquement opportune. Il a toujours été considéré comme un modéré et un centriste, de quoi rassurer les électeurs de droite rétifs au style tumultueux de Trump.

Biden, qui a pourtant très vite donné des gages à la gauche woke, a admis son propre privilège blanc et s’est même agenouillé devant des manifestants de Black Lives Matter. Il y a là un mélange de stratégie politique et d’idéologie. Stratégie d’abord, que le journaliste américain Steve Sailer a nommée la « coalition des marges ». Il s’agit d’unir toutes les minorités – non-Blancs, LGBT, musulmans… – ainsi que les femmes, entretenues dans un sentiment d’infériorité ou de désavantage structurel et partiarcalo-raciste, contre un adversaire oppresseur commun : l’homme blanc hétérosexuel et chrétien. D’après Sailer, cette approche a permis l’élection d’Obama en 2008.

En France, la stratégie « Terra Nova » dont vous parlez suit ce modèle. L’abandon des classes populaires pour la coalition des marges est explicite dans la « contribution n° 1 » du think tank au programme du PS en 2012, qui précise que, chez les Français immigrés et leurs enfants, « le rapport de force droite-gauche y est extrême, de l’ordre de 80-20 voire 90-10 ». L’avantage de cette approche électorale est que la part des minorités dans la population ne peut que croître par le jeu démographique, basculement accentué lorsque la gauche parvient au pouvoir.

Mais il ne faut pas y voir qu’un froid plan pour la prise du pouvoir : l’idéologie joue un rôle majeur dans cette mutation. Ce sont toujours les minorités fanatiques et intolérantes qui parviennent à vaincre, car elles refusent la tiédeur, les compromis. Elles sont capables de plus de violence, de plus d’intransigeance. C’est très visible avec le wokisme, de plus en plus exigeant, prêt à excommunier les lâches qui doutent. Plus dynamiques, plus convaincues, ces avant-gardes entraînent les autres à leur suite… ou bien les purgent, ce que l’on voit avec la cancel culture qui frappe volontiers les anciens alliés.

L’évolution de Mélenchon illustre parfaitement ce mécanisme, cette « spirale de la pureté » analysée par les sociologues Bradley Campbell et Jason Manning dans leur ouvrage The Rise of Victimhood culture. Vieux laïcard communisant qui défendait « l’idée qu’on a le droit de ne pas aimer l’islam » en 2015, Mélenchon marchait quatre ans après « contre l’islamophobie » avec les islamistes du CCIF. Il a été comme happé par sa jeune garde radicale et woke, dont Danièle Obono. À sa décharge, Mélenchon se refuse encore à parler de privilège blanc. Finira-t-il, comme Biden, à mettre le doigt dans l’engrenage par stratégie pour finir presque plus radical que ceux qu’il veut séduire ?

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Parution : Le Privilège blanc. Qui veut faire la peau aux Européens ?

Privilège blanc

Trop blancs les pansements, le ballet et la ponctualité ? Racistes les statues, la randonnée et les mathématiques ? De Black lives matter à Emmanuel Macron en passant par l’afroféministe Rokhaya Diallo, ils sont nombreux à l’affirmer : la civilisation européenne est insupportablement blanche. Il faut la déconstruire.

La notion de privilège blanc est un élément central de la mutation socio-politique en cours. Dans son essai, Georges Guiscard décortique la genèse du concept, dogme principal de la nouvelle religion woke. Il en présente ensuite les multiples facettes – « intersectionnalité », signal de vertu de la bourgeoisie blanche, capitalisme woke, stratégie sociale des minorités… – pour mieux réfuter les arguments de ses zélateurs.

L’ouvrage a par ailleurs la fraîcheur d’aborder le tout sous un angle novateur à droite. Le phénomène woke sonne le glas de l’universalisme, dénoncé comme une conception typiquement européenne ; un « truc de Blancs ». Impossible de l’affronter sans fourbir de nouvelles armes. Puisque « c’est l’ennemi qui vous désigne » (Freund), Guiscard a pris le parti d’accepter la lecture raciale imposée par la gauche woke afin de pouvoir correctement la cerner.

Les partisans du concept de privilège blanc ne s’en cachent même plus : leur objectif est d’abolir la civilisation occidentale et de soumettre les Européens, les Blancs. Préfacé par François Bousquet, directeur de La Nouvelle Librairie et rédacteur en chef de la revue Éléments, Le Privilège blanc. Qui veut faire la peau aux Européens ? est une lecture indispensable à ceux qui veulent les protéger.

Georges Guiscard est étudiant en sciences politiques et est auditeur de l’Institut Iliade, promotion Don Juan d’Autriche (2015-2016).

Le Privilège blanc. Qui veut faire la peau aux Européens ? Georges Guiscard, La Nouvelle Librairie éditions, 2021, 222 pages.
ISBN : 978-2-491446-63-5
Prix : 16,00 €

Texte repris du site Valeurs Actuelles