Gendarmerie sous pression : face à l’explosion de la délinquance, comment présenter un bon bilan ?

Gendarmerie sous pression : face à l’explosion de la délinquance, comment présenter un bon bilan ?

04/10/2011 – 13h15
QUIMPER (NOVOpress Breizh) –
« Viser un bilan favorable de l’évolution de la délinquance en 2011 ». Alors que l’insécurité explose, le directeur de la gendarmerie nationale vient de donner à ses services des consignes pour que les résultats s’améliorent à tout prix en fin d’année – présidentielle oblige. Deux notes confidentielles révélées sur son blog par Jean-Jacques Urvoas, député du Finistère et « monsieur sécurité » du PS, qui traduisent le malaise d’un corps qui manque dramatiquement – comme la police – de moyens d’action.

Selon le général Jacques Mignaux, « dans le domaine des atteintes aux biens le bilan positif de l’action est intégralement compromis par la hausse préoccupante des cambriolages de résidences principales. » Il est vrai que les chiffres sont vraiment mauvais. Pour la période de janvier à août 2011 on a enregistré, en 9 mois la bagatelle de 15.868 atteintes aux biens pour le seul département de l’Hérault, 15.228 en Isère, 14.285 en Gironde, 13.351 en Haute-Garonne et 12.048 en Loire-Atlantique. Pour la Bretagne, réputée peu touchée par l’insécurité, ce sont 39.424 atteintes aux biens qui ont été enregistrées durant les trois premiers trimestres de cette année.

Les cambriolages de locaux d’habitations principales ont augmenté à Douai (Nord) de 162,2%, à Saintes (Charente-Maritime) de 87%, à Nîmes (Gard) de 75,2%, à Toulouse de 55,7%, à Nancy (Meurthe-et Moselle) de 83,7%. La liste est longue. Dans la paisible cité de Vitré (Ille-et-Vilaine) les cambriolages sont passés de 80 à 182 en l’espace d’un an.

Jean-Jacques Urvoas/Photo  : Assemblée nationale
Jean-Jacques Urvoas/Photo : Assemblée nationale

Comme le reconnaît le patron de la gendarmerie dans sa note du 23 septembre, destinée aux responsables régionaux, « ces derniers mois les succès précédemment enregistrés contre la délinquance marquent le pas (!) » et le nombre des atteintes aux biens «continue de croître en raison de la recrudescence des cambriolages». Afin d’ «inverser (cette) tendance dans les meilleurs délais», le général Mignaux demande une « très forte mobilisation » de tous les effectifs de la gendarmerie en leur fixant des objectifs.

Dans sa note en date du 15 septembre, il précise ainsi : « Vous ferez en sorte que l’intérêt des enquêteurs se focalise sur les trafics, usage et revente des stupéfiants, ainsi que sur les infractions à la loi sur l’immigration ». Les deux questions seraient-elles liées ? Il rappelle également que 80.000 personnes condamnées définitivement à des peines de prison supérieures à un an se promènent en liberté dans notre pays et qu’il serait peut-être bon de s’en préoccuper.

Mais rien de tel que de ne pas enregistrer des plaintes pour améliorer les statistiques. Le général Mignaux rappelle à ses troupes les dispositions de la circulaire de la Chancellerie du 2 août 2011 selon laquelle les parquets doivent « informer de leurs droits les nombreuses personnes qui déposent plainte sans avoir préalablement effectué de démarches auprès de leur banque pour bénéficier du remboursement prévu par la loi ou qui sont dans la pratique fortement incitées à le faire par leur banque alors que ce remboursement est indépendant du dépôt de la plainte ».Une incitation à refuser d’enregistrer les plaintes que voudraient déposer les personnes victimes d’une escroquerie commise par l’utilisation frauduleuse de leur carte bancaire à distance, essentiellement sur internet. En matière de statistiques pénales, tous les moyens sont décidément bons pour tenter de les améliorer.

Reste la réalité des faits, et ceux-ci sont têtus. Reste l’absence de moyens, que le pouvoir actuel est bien incapable de fournir. Reste enfin l’éventualité d’un gouvernement auquel monsieur Urvoas participerait. Mais, sauf imprévu, difficile d’imaginer que ce parfait représentant du système puisse fondamentalement changer la situation.

[box]Photo : bureaux de la gendarmerie nationale à Rouen. Zigazou76/Flickr sous licence creative common.[/box]

Italie : des commerçants pakistanais rackettés par un gang marocain

Italie : des commerçants pakistanais rackettés par un gang marocain

30/09/2011 – 17h30
ROME (NOVOpress) –
Ils faisaient régner la terreur parmi les commerçants étrangers de Foggia, dans les Pouilles, auxquels ils extorquaient des marchandises et de l’argent sous la menace. La police les a finalement arrêtés après la plainte d’un épicier pakistanais. Il y a un mois, ils avaient débarqué dans sa boutique armés d’un couteau, s’étaient emparés de 120 euros, avaient brisé une vitrine, et avaient menacé leur victime d’enlever un de ses jeunes enfants s’il osait porter plainte. La semaine dernière, ils avaient fait exploser une bombe artisanale dans un commerce alimentaire, provoquant des dégâts matériels. L’enquête a révélé que le magasin appartenait au même épicier.

Mohammed Derfoufi, 24 ans, son frère Badreddine, 21 ans, et Idriss Oiaamuoi, 27 ans, trois Marocains en situation irrégulière et sans domicile fixe, ont été arrêtés, sous l’inculpation d’association de malfaiteurs aux fins d’extorsion et de vol aggravé, et ont été reconnus par les victimes. Les enquêteurs pensent qu’au moins deux autres Maghrébins ont participé à ce racket.

La société multiraciale est donc la société multiraciste.

[box class=”info”] Sources : corrieredelmezzogiorno.corriere.it/ilgrecale.it[/box]

Les faits de violence ont augmenté de près de 2 % en France

Les faits de violence ont augmenté de près de 2 % en France

20/08/2011 10h10
PARIS (NOVOpress) – Selon un rapport de de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), publié hier vendredi 19 août, le nombre de faits de violence a augmenté de 1,832 %. Cet accroissement “est composée pour plus des trois quarts de violences physiques crapuleuses, c’est-à-dire de vols avec violences”, selon le rapport.

Alors que les vols commis sans violences n’augmentent que légèrement (+ 0,38 %), le nombre des cambriolages continue d’augmenter, progressant de 6,21 %.

Et selon l’ONDRP, le nombre d’affrontements entre bandes pour le premier semestre 2011 a baissé de 18,12 % par rapport à la même période en 2010.

Des voitures brûlent à Berlin pour la quatrième nuit consécutive

Des voitures brûlent à Berlin pour la quatrième nuit consécutive

19/08/2011 12h45
BERLIN (NOVOpress) – Lorsque l’on songe à des voitures incendiées, l’on pense facilement aux banlieues françaises et plus récemment à l’Angleterre. Or, le même phénomène touche la capitale fédérale allemande, Berlin. C’est même la quatrième nuit consécutive d’incendies de véhicules.

Pour la police et les autorités politiques, ces actes n’ont rien de politique mais ne seraient que du vandalisme. Une récompense de 5 000 euros est offerte à toute personne aidant à la résolution de ces crimes.

La chancelière Angela Merkel a condamné ces incendies de voitures et a appelé à un renforcement de la présence policière dans les lieux publics.

Ces actes ont lieu à un mois des élections municipale et régionale à Berlin. La coalition SPD (sociaux-démocrates) et Die Linke (ex-SPD et ex-communistes de RDA) qui gère la ville est accusée d’avoir bradé la sécurité, suite à des réductions de dépense publique.

Cette fois-ci, les incendies touchent les petites classes moyennes (commerçants, employés, etc.) dans des quartiers peu fortunés. D’où le sentiment que ces incendies n’ont rien de politique.

À chaque 1er mai, en effet, Berlin connaît des actes de violence commis par l’extrême gauche, dont des incendies de véhicule. Et en 2009, cette même extrême gauche, à travers le mouvement des Black Blocs, avait été accusée d’avoir incendié des véhicules de luxe, en réaction contre la boboïsation de la partie orientale de Berlin.

Insécurité : Jean-Jacques Urvoas (PS) préconise la création de « zones de sécurité prioritaires »

Insécurité : Jean-Jacques Urvoas (PS) préconise la création de « zones de sécurité prioritaires »


11/08/2011 – 18h00
QUIMPER/KEMPER (NOVOpress Breizh) —
Réagissant à l’affaire du parking de Marseille abandonné à une bande de « jeunes » racketeurs, Jean-Jacques Urvoas, député du Finistère en charge des questions de sécurité au PS,  s’est prononcé, dans un entretien accordé au site Atlantico, sur la politique à mener en matière de sécurité. Si cet inconsolable strauss-kahnien fait un constat lucide de la situation, s’il n’ose plus invoquer ouvertement les poncifs habituels (chômage, pauvreté etc…) concernant les facteurs de la délinquance, il demeure prudemment dans le non-dit quant à la cause profonde du problème. Politiquement correct oblige.

Pour le député socialiste l’affaire du parking de la cité phocéenne « est une confirmation de la situation d’abandon dans laquelle se trouve une ville. (Marseille) est en sous-effectifs policiers depuis des années, pour ne pas dire une décennie. La succession des ministres n’y fait rien. On utilise toujours les mêmes expédients, qui ne sont malheureusement pas des réponses. C’est la ville la plus violente de France. En moins de deux ans, il y a eu plus de quarante morts par balle. Les cambriolages augmentent, comme les agressions, et les effectifs policiers sont en baisse constante et impressionnante depuis plusieurs années. »

« Vous avez, précise Urvoas, de nombreux endroits dans Marseille, notamment dans les quartiers du Clos de la Rose ou de la Castellane, où ce sont des espaces publics – des rues, des halls d’immeubles – où il y a une appropriation similaire de l’espace public par quelques voyous… Je suis allé à cent mètres de la Cannebière avec le maire du quartier, Patrick Menucci : il y a des rues entières où je suis convaincu qu’un citoyen ne peut pas passer. »

A la question de savoir si cette situation se retrouve dans d’autres villes de France, J.J. Urvoas affirme que « c’est une situation que l’on retrouve à une ampleur différente dans d’autres villes et régions, évidemment dans la banlieue parisienne, mais pas seulement. », évoquant « des quartiers de Toulouse ou au Mas du Taureau à Vaulx-en-Velin. »

Marseille : le parking du racket par les "jeunes"
Marseille : le parking du racket par les "jeunes"

Constatant que la politique menée par Nicolas Sarkozy n’a rien réglé, le député breton estime « qu’il faut bâtir localement des stratégies locales de sécurité. La police agit partout avec la même doctrine d’emploi. Il faut donner aux chefs de police locaux la possibilité de discuter avec les élus et les procureurs des spécificités et urgences locales. »

L’État devrait selon lui créer des « zones de sécurité prioritaires », car « tous les problèmes ne sont pas égaux partout. Il y a des urgences qu’il faut traiter comme telles. Il faudra probablement définir une cinquantaine de zones de sécurité prioritaires dans lesquelles l’État concentrera des moyens différents. Il y aura un redéploiement des effectifs là où on a besoin d’eux. »

Ces « zones de sécurité prioritaires » risquent fort de recouper les « zones urbaines sensibles » créées par la loi du 14 novembre 1996 relative à la mise en œuvre du Pacte de relance pour la ville, dans lesquelles vivent une majorité de populations originaires du Maghreb, de Turquie et d’Afrique sub-saharienne. Une réalité qu’il n’est pas question, bien entendu, pour Jean-Jacques Urvoas d’évoquer ouvertement. Dans ce domaine, le non-dit demeure la règle de la bien-pensance politico-médiatique. Un cas de schizophrénie apparemment difficile à guérir.

Braquage en plein jour d’une bijouterie dans le quartier parisien de Belleville [vidéo]

Braquage en plein jour d'une bijouterie dans le quartier parisien de Belleville

Scène ahurissante d’un braquage en plein jour d’une bijouterie dans le quartier parisien et multiculturel de Belleville. Où l’on voit l’un des voyou faire le guet armé d’un fusil à pompe et d’une bombe lacrymogène. A part un homme, personne n’intervient. Et l’on voit même une camionnette laisser partir les braqueurs. Images

“Je suis un homme en colère” Entretien avec Gérard Schivardi [audio]

“Je suis un homme en colère” Entretien avec Gérard Schivardi

La délinquance s’étend de plus en plus fréquemment aux communes rurales. C’est le triste constat fait chaque jour par les maires et leurs administrés. Gerard Schivardi, maire de Mailhac (Aude) et candidat à la présidentielle 2007 soutenu par le Parti des travailleurs, avait pris il y a quelques mois un arrêté municipal imposant le couvre feu pour les mineurs de moins de 17 ans .  Cet arrêté était approuvé par la population, qui avait exprimé son ras-le-bol et sa colère après les dégradations et le viol survenu récemment. Suite à une campagne de presse stigmatisant notamment la politique “sécuritaire” de la municipalité, la préfecture s’était saisi de l’affaire et a considéré cet arrêté comme illégal, laissant la commune de Mailhac livrée aux mains des dealers, violeurs et autres délinquants.

Gérard Schivardi est en colère et il le fait savoir.

Propos recueillis par Yann Vallerie

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