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Pour Eric Zemmour, « les électeurs ne sont pas indécis mais stratèges »

20/04/2017 – FRANCE (NOVOpress) : « On connaît nos classiques : la “drôle de guerre“ est suivie de la “guerre éclair“ », a expliqué ce matin Eric Zemmour sur RTL : « D’abord, on s’enlise dans une situation de “ni guerre ni paix“ qui épuise les nerfs et les volontés. Puis, soudain, c’est l’offensive meurtrière et mort aux vaincus. Depuis des mois, c’était une drôle de campagne : pas vraiment d’affrontements, pas vraiment de débats, pas vraiment de polémiques. On s’évite, on s’ignore, on se neutralise, on fait de la morale, pas de la politique. Faites la com’, pas la guerre. […] Ce n’était pas une campagne présidentielle, mais un concours de patinage artistique. »

« Et soudain, observe Zemmour, tout s’emballe. On tire de tous les côtés. On parle vraiment de la France, de son devenir, de son identité, de son peuple. On parle vraiment des sujets qui fâchent, on sort du corset étouffant de l’économisme » :

« Les menaces d’attentat donnent une intensité nouvelle au climat. Jusqu’à présent, aucun candidat ne savait exactement de quoi parler car il ne savait pas exactement qui était son adversaire. Cette période est révolue, chacun a trouvé son adversaire. La politique, c’est d’abord la désignation d’un ennemi, eux et nous. »

A trois jours du premier tour, qu’observe-t-on ?

« Hamon est mort et il le sait. Mélenchon a peur de gagner. Débordé par sa base, il est en train de renoncer, dans la panique, à la sortie de l’euro. Dans les meetings de Le Pen, on crie de nouveau : “On est chez nous“. Dans ceux de Macron, on crie désormais : “Et en même temps“. Fillon cesse enfin de parler du déficit et de la dette pour évoquer les racines chrétiennes de la France. Il a enfin compris que l’élection se jouait à droite et pas au centre. Macron dénonce les catholiques de Sens commun qui sont chez Fillon pour mieux cacher Mohamed Saou, l’ami des Frères musulmans qui est chez lui. Autour de SOS Racisme et de Bernard-Henri Lévy, on tente de rejouer les années 1980 pour lancer le combat anti-Le Pen. Mais la petite main jaune ne se vend plus guère. »

Pour Eric Zemmour, ce qui est en train de se passer peut se résumer ainsi :

« La dynamique de Mélenchon réveille le vote Fillon à droite. La résistance de Le Pen consolide le vote Macron à gauche. Les électeurs ne sont pas indécis mais stratèges. Ils se prennent pour des généraux qui font déplacer leur bulletin de vote comme des troupes de soldats. C’est le temps des grandes manœuvres. »