Le Japon et le défi russo-chinois [vidéo]

Le Japon et le défi russo-chinois

Emmanuel Lincot reçoit Edouard Pflimlin (www.fenetreeurope.com).

Depuis la fin de la Guerre Froide, les relations entre le Japon et l’Inde se sont considérablement transformées, tant sur le plan économique que sur le plan militaire. Ce rapprochement stratégique est-il orienté contre les objectifs chinois ? Le rapprochement entre Japonais et Américains est-il lié aux contentieux insulaires tant vis-à-vis des Russes que des Chinois ?

À propos de l’auteur

Emmanuel LincotEmmanuel Lincot

Directeur de la Chaire des Études Chinoises Contemporaines (Institut Catholique de Paris). Politiste, sémiologue et sinologue de formation, il s’intéresse aux enjeux contemporains de la Chine tant dans les domaines politiques que culturels. Enrichi par une longue expérience de terrain en Asie, il mène une activité de conseil auprès de multinationales et des services de l’État.

[box class=”info”] Source : Realpolitik.tv. Publié par Emmanuel Lincot le 22 mars 2012, enregistré le 23 février 2012. [/box]

Mondialisation : les plus pauvres règleront la facture

Mondialisation : les plus pauvres règleront la facture

13/02/2012 – 08h00
BRUXELLES (NOVOpress) — Sans doute trop occupés par la crise, le pseudo débat électoral ou les petites phrases des uns ou des autres, nos médias semblent bien avoir passé sous silence un événement pourtant de premier plan : le sommet euro-indien de vendredi dernier. Pourtant ce dernier ne visait rien moins qu’à donner une impulsion décisive à l’accord de libre-échange sur lequel l’Inde et l’UE planchent en toute discrétion déjà depuis 2007. Le porte parole du commerce de l’UE John Clamcy estimait même que cette rencontre pourrait être décisive « pour aboutir à un accord dans les meilleurs délais ».

Selon Bruxelles, les négociations seraient déjà en phase finale, et les discussions porteraient principalement encore sur l’automobile et les pièces détachées, ainsi que les vins et spiritueux. L’accord de libre-échange vise une très large ouverture du marché, la libéralisation de presque l’ensemble des échanges commerciaux entre l’EU et l’Inde, et concerne outre les marchandises et les services, également les marchés publics et la propriété intellectuelle. Les entreprises européennes bénéficieront ainsi d’un accès illimité au marché indien (1,2 milliards d’habitants), où la présence d’une classe moyenne en forte croissance et avide de produits de consommation, laisse augurer de juteuses affaires et encore plus de perspectives d’expansion. En échange, l’Inde demande en plus de droits de douane européens réduits, que l’on supprime également des critères non monétaires, comme la conformité à des normes et d’autres règlements régissant l’importation dans les pays européens.

Le secteur agroalimentaire espère des profits considérables grâce à ce nouveau et vaste marché. Les producteurs de volailles allemands qui peinent à écouler tout ce qui n’est pas blanc de poulet, pourront enfin expédier massivement par bateau tout ce que le consommateur européen boude, tout en s’épargnant d’onéreux frais de retraitement de déchets. Et les producteurs laitiers sont également dans les starting-blocks. Les seulement 4000 tonnes de lait en poudre et 15 tonnes de fromage expédiés par les Allemands entre janvier et novembre 2011 laissent espérer une marge de croissance potentielle colossale. Sans compter que comme croit le savoir Michael Lohse, porte-parole de l’Union des agriculteurs allemands, la classe moyenne indienne est friande de charcuterie et l’alimentation made in Germany bénéficie d’une excellente réputation aussi en Inde.

Pourtant, avec sa production estimée à 112,5 millions de tonnes, l’Inde est un des premiers producteurs laitiers mondiaux. Mais presque les trois quarts de ses 70 millions de vaches appartiennent à des petits ou très petits paysans, dont la survie tient aux fortes taxes sur les importations. Un récent essai de suppression des taxes douanières à la demande de l’OMC en 1999, avait abouti à une multiplication par quarante des importations de petit-lait en un an, puis à une remise en place dans l’urgence de taxes à hauteur de 60 %.

De même, l’importation massive de cuisses de poulets européennes pourrait casser les prix et menacer la survie de millions de ces petits producteurs qui élèvent leurs volailles dans les arrière-cours.

Des ONG européennes et indiennes soulignent le fait que 90% de la population travaille dans des secteurs non structurés, et que près de 800 millions d’Indiens survivent encore avec moins de 3 Dollars par jour. Cet accord de libre-échange laisse craindre un phénomène de déclassement social massif et l’ouverture de chaines d’hypermarchés occidentales risque de ruiner des millions de commerçants des rues, de marchands forains et de propriétaires de petits commerces de toute sorte, qui en l’absence d’autre formation n’auront guère de chances de trouver un autre gagne-pain.

Il y a certes une résistance à ce projet qui cherche à s’organiser sur place et appelle à des manifestations de protestation. Chez nous une bonne vingtaine de députés européens verts et de gauche ont adressé un courrier au Commissaire du commerce de l’UE Karel De Gucht, pour le mettre en garde devant les conséquences probables de cette brutale ouverture des frontières, en réclamant une pause des négociations et une analyse des conséquences prévisibles sur des groupes de population fragiles comme les pêcheurs et les agriculteurs. Et ils protestent également contre le fait que de nombreux documents de ces négociations soient systématiquement dissimulés aux représentants de la société civile.

Mais toutes ces considérations n’intéresseront sans doute guère la masse des députés européens appelés un jour prochain à se prononcer sur cet accord.

Crédit photo : McKay Savage via Flickr (cc)

En Lorraine comme en Bretagne, Arcelor-Mittal réduit fortement son activité

En Lorraine comme en Bretagne, Arcelor-Mittal réduit fortement son activité

01/10/2011 – 08h30
NANTES (NOVOpress Breizh) – L’inquiétude règne parmi les 600 salariés du site d’Arcelor-Mittal de Basse-Indre, une commune de l’agglomération nantaise. La direction de l’entreprise a en effet annoncé hier, lors d’un CE extraordinaire, sa décision de recourir au chômage partiel pour le dernier trimestre 2011. Une situation qu’on retrouve en Lorraine où le groupe indien a décidé l’arrêt temporaire de la filière liquide Lorraine qui intervient dès le 1er octobre
.

Selon les déclarations d’un militant CGT à Ouest-France, l’entreprise « est confrontée, depuis juin, à une baisse progressive des commandes, ce qui affecte la production… Alors qu’on tournait en 5X8 et à plein pot jusqu’en juin, on est tombés à un rythme en 3X8, 4 jours par semaine au lieu de 7 jours sur 7 (2) et à 12 postes au lieu de 21. » Toujours selon celui-ci « La perte financière pour les salariés (indemnisés à hauteur de 75 % du salaire brut, soit environ 90 % du salaire net), représente entre 20 et 30 % si l’on inclut la perte de l’indemnité d’astreinte pour le travail en 5X8... ».

En lorraine, ce sont 1511 salariés dont 595 des sites de Florange (CDI, intérimaires et apprentis) et 390 sous-traitants qui vont être touchés par cette fermeture. Pour justifier celle-ci, le magnat indien de l’acier invoque une baisse des commandes, due notamment « aux conséquences de la sécheresse » sur le marché de l’acier.

Après l’arrêt du haut-fourneau P3 le 6 juin dernier, c’est le P6, second haut-fourneau dela Fensch, qui va à sont son tour être arrêté dès demain, de même que la totalité du train à chaud et ce pour une période indéterminée. Une décision qui pourrait être lourde de conséquence, car rallumer un haut-fourneau est une opération délicate et aucune date n’a été annoncée pour la reprise de l’activité.

Pour certains cette fermeture s’explique surtout par une stratégie purement spéculative du groupe visant à réduire l’activité des sites de Lorraine pour maintenir le prix de l’acier à un haut niveau, ce qui lui procure des marges confortables. Alors que le site de Dunkerque tourne à plein régime et que Fos-sur-Mer achève sa rénovation, Arcelor Mittal n’a procédé, depuis de nombreuses années à aucun investissement en Lorraine. N° 1 mondial de la sidérurgie, le groupe a réalisé en 2010 un chiffre d’affaires de près de 59 milliards d’euros pour un résultat net de 2.200 millions d’euros.

Interrogé sur ce dossier, Eric Besson, ministre chargé de l’Industrie, s’est borné à dire en réponse à une question de Michel Liebgott (PS, Moselle) qu’il « espérait pour le début de l’année prochaine » le redémarrage du haut fourneau mis en veille par Arcelor-Mittal à Florange. « Le groupe Arcelor (…) continue à présenter un programme précis et chiffré de maintenance, qui permettra de maintenir l’outil de production dans de bonnes conditions et le redémarrage que nous espérons – je dis bien nous espérons – pour le début de l’année prochaine ». Une phrase qui en dit long sur le pouvoir, en 2011, d’un ministre de l’Industrie face à une multinationale indienne, dans un secteur aussi stratégique que la production d’acier.

L’uranium plus abondant que jamais ?

12/07/2011 – 11h30
NEW DELHI (NOVOpress) –
Un des arguments des écologistes à l’encontre de l’énergie nucléaire est que les faibles réserves mondiales en minerai d’uranium peuvent conduire rapidement à une hausse considérable du coût du combustible si les prévisions d’ouverture de nouvelles centrales viennent à se réaliser.

Le 19 juillet 2011, le président de la Commission de l’énergie atomique de l’Inde a annoncé qu’une étude de quatre années de la mine de Tumalapalli, près de la ville d’Hyderabad, vient de se conclure et révèle que ce site peut contenir 150 000 tonnes d’uranium.

Si ces estimations se confirment, la mine, où les opérations d’extraction vont commencer cette année, sera dotée des plus grandes réserves en minerai d’uranium dans le monde.

Ces dernières années, pour sécuriser les approvisionnements d’un ambitieux programme de développement de l’énergie nucléaire, l’Inde avait conclu des accords d’approvisionnement avec la France, le Kazakhstan et la Russie.

Opérant quatorze centrales (plus huit à caractère militaire), l’Inde envisage l’ouverture de trente nouveaux réacteurs d’ici à 2050 afin que la part de l”énergie nucléaire dans le total de l’énergie produite passe de 3 à 30 % au cours des trente prochaines années.

La découverte des réserves de la mine de Tumalapalli peut se révéler cruciale pour l’approvisionnement du pays en combustible nucléaire et, indirectement, pour contribuer à alimenter le marché international dans lequel la France joue un grand rôle.

La haine secrète qu’entretient le Pakistan à l’égard de l’Inde

La haine secrète qu'entretient le Pakistan à l'égard de l'Inde

18/07/2011 – 14h30
PARIS (NOVOpress) – Les médias français répètent tant et plus que les musulmans sont compatibles avec la République et que l’islam est une religion comme les autres. Les élites de gauche, comme Emmanuel Todd, reprennent également cette antienne pour dénoncer tous ceux qui contestent l’idéologie officielle de l’assimilationnisme. Comment prouver qu’ils ont tort ? Comment démontrer que la République, machine à fabriquer des Français, est un mythe ? Que le système ne fonctionne, tant bien que mal, que dans la mesure où les Français sont encore majoritaires ?

Une des solutions consiste à se tourner vers des pays qui ont connu des minorités musulmanes puissantes afin de voir si dans ce contexte les musulmans se sont comportés comme de bons citoyens et si l’islam a vraiment été une religion comme les autres.

Dans le Wall Street Journal, l’écrivain indien Aatish Taseer, le fils du gouverneur pakistanais Salman Taseer, récemment assassiné par un islamiste, a publié une intéressante tribune pour expliquer les raisons de la haine que les Pakistanais ressentent à l’égard de l’Inde.

En partant des relations difficiles du fils d’un Pakistanais et d’une Indienne, l’auteur analyse les raisons qui ont conduit à la partition de l’Inde et la création d’un État musulman.

Comme avant lui V. S. Naipaul dans son livre Crépuscule sur l’Islam puis Jusqu’au bout de la foi, Aatish Taseer met en lumière l’impossibilité pour les musulmans de se contenter d’être une religion parmi les autres. En Inde, dès 1930, écrit-il, les musulmans ont désiré la création d’un État à eux où ils pourraient vivre selon les préceptes de leur religion. En dépit de leurs divergences, les musulmans soutenant ce projet s’accordaient au moins sur un point : ce nouvel état ne serait ni pluraliste ni tolérant.

La partition, finalement acceptée et mise en pratique par les Britanniques en août 1947, s’est vite transformée en drame car les musulmans ne voulaient pas de non musulmans parmi eux. Cette politique de nettoyage ethnique a conduit à l’exode massif d’hindous et autres minorités vers l’Inde qui à son tour a suscité des violentes représailles.

Le nouvel État, islamiquement pur, a cherché par tous les moyens à se détacher de la culture du sous-continent indien. De la manière de s’habiller aux fêtes populaires, tout se qui rappelait l’Inde d’avant la partition a été suspecté d’impureté. Pour effacer ce passé rejeté, le Pakistan a voulu à se doter d’une nouvelle culture purement musulmane en cherchant son inspiration dans le monde arabe.

Malheureusement, s’il était possible d’ignorer le passé commun avec l’Inde, il était difficile de faire abstraction de l’immense voisin infidèle, innondant la société pakistanaise de ses productions culturelles, de ses chanteurs populaires aux films produits à la chaîne par Bollywood.

La faillite de l’État pakistanais, incapable de gérer pacifiquement une seule transition politique, contrastait puissamment avec la vigoureuse démocratie indienne. La croissance de l’Inde à partir des années 1990 a choqué un Pakistan englué dans une interminable faillite économique. Aatish Taseer insiste sur le mal être des Pakistanais, forcés d’admettre la réussite économique et culturelle d’un voisin qu’ils abhorrent parce que sa seule existence est un affront à leur religion.

Cette détestation de l’Inde imprègne toute la société pakistanaise, de ses élites éduquées aux classes les moins instruites. Elle explique la complaisance des autorités pakistanaises à l’égard des terroristes islamistes qui frappent en Inde, pas plus tard que le 13 juillet dernier à Mumbai. La lecture de l’analyse de Aatish Taseer doit nous inciter à reconsidérer l’analyse des populations musulmanes qui résident en France à la lumière de l’expérience des pays comme l’Inde qui nous ont précédés dans cette douloureuse expérience.

Ce sont des hommes comme Aatish Taseer ou V. N. Naipaul qui peuvent dessiller les yeux des Européens. Encore faut-il que nos compatriotes aient le courage de sortir la tête du sable. Le livre de Aatish Taseer dans lequel il relate son expérience personnelle, Étranger à mon histoire, a été publié en 2009 par Buchet-Chastel.

Raoni, le combat d’un Indien pour sa terre et son peuple [audio]

Raoni, le combat d'un Indien pour sa terre et son peuple [audio]

Raoni, le grand chef indien du peuple Kayapo, va revenir en Europe à l’automne pour défendre sa terre et son peuple.

L’objectif : Trouver des fonds pour l’Institut Raoni, qui a pour mission d’offrir aux Indiens les moyens de préserver leur forêt et leur culture, mais également de surmonter les difficultés qu’ils rencontrent dans le domaine de la santé et de l’éducation. De graves menaces pèsent aujourd’hui sur la forêt vierge amazonienne et plus particulièrement sur la tribu Indienne Kayapo. Les multinationales déforestent sans vergogne, bétonnent et ne respectent pas la réserve qui a pourtant été mise en place dans le but de maintenir l’environnement et ses peuples tels qu’ils ont toujours été. Pis encore, un projet de grand barrage, à Belo Monte, est en cours, approuvé par la présidente brésilienne : ce projet menacerait toujours plus la stabilité écologique de la région mais qui pourrait également avoir des conséquences pour l’ensemble des peuples de la planète : en effet, la destruction de la forêt amazonienne, considérée comme “le poumon de la planète”, pourrait avoir très rapidement des répercussions partout dans le monde en terme de dégradation climatique notamment.

Une pétition mondiale a été lancée par Raoni et a réuni déjà plus de 50 000 signataires.
Une pétition mondiale a été lancée par Raoni et a réuni déjà plus de 50 000 signataires.

Une pétition mondiale a été lancée par Raoni et a réuni déjà plus de 50 000 signataires. Cette pétition est notamment gérée et relayée par l’Association pour la forêt vierge, fondée en 1989 pour soutenir les actions du chef Raoni visant à veiller à la sauvegarde de la forêt vierge amazonienne et des tribus indigènes qui y vivent.

Gerd-Peter Bruch, porte-parole de l’association, a accepté de répondre à nos questions et de faire le point sur l’Association pour la forêt vierge, sur le combat de Raoni et sur la menace que constitue la mondialisation et la sur-exploitation des terres pour l’ensemble des peuples, ethnies et civilisations mondiales. Pour plus de renseignements sur l’association ou pour les aider, www.raoni.fr

Propos recueillis par Yann Vallerie

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