Du passe sanitaire au passe vaccinal, par Maxime Tandonnet

pass sanitaire

Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom),
[…] À ces mots, on cria haro sur le baudet.
Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal.

Le passe vaccinal n’a pas un objectif direct d’efficacité supplémentaire, par rapport au passe sanitaire, dans la lutte contre l’épidémie. Il n’a pas été conçu dans ce but. Le passe sanitaire avait pour objectif d’interdire à des personnes non vaccinées ou n’ayant pas subi un test de non contagiosité de fréquenter certains lieux de la vie sociale. L’explosion des contaminations (200 000 par jour en ce moment) mesure le succès de la démarche! Nous savons aujourd’hui que le vaccin n’empêche pas la contagiosité (même s’il est censé la limiter).

Dès lors, la garantie de non contagiosité à l’issue d’un test se prête davantage à la lutte contre l’épidémie. Dans la nouvelle formule de passe vaccinal, la possibilité de prouver que l’on n’est pas contagieux par un test disparaît. Seule désormais la vaccination – qui elle n’assure pas la non contagiosité – autorise à mener une vie normale. Car le but déclaré de cette réforme est d’obliger les 5 à 6 millions de Français réfractaires aux vaccins anti covid 19 à se faire vacciner. « Le passe vaccinal est une façon d’arriver à l’obligation vaccinale, mais moi je pense que c’est plus efficace que de mettre une amende ».

L’objectif déclaré est, sans décider l’obligation formelle de vaccination qui serait susceptible d’engager des responsabilités, d’exercer une pression sur les personnes non vaccinées en multipliant à leur encontre les interdits et les brimades dans la vie courante c’est-à-dire en les condamnant à la mort sociale – en effet pire qu’une amende. 66% des Français y sont favorables selon un sondage odoxa du 23 décembre dont 90% de sympathisants LAREM. Son avantage suprême est de montrer du doigt un groupe de parias (non ou mal vaccinés) auquel est attribué la responsabilité du mal, défaussant ainsi le pouvoir politique, scientifique et médical de ses responsabilités dans les erreurs commises depuis deux ans.

Le principe du bouc émissaire est aussi ancien que l’humanité… Seulement, il n’est pas interdit de s’interroger sur la conformité de cette condamnation à la mort sociale – curieusement encensée par la gauche morale et progressiste – aux principes les plus élémentaires de la civilisation ni même sur sa constitutionnalité. Article 5 de la DDHC : « nul ne peut être contraint à faire ce qu’elle [la loi] n’ordonne pas. » On est en plein dedans…

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

L’impasse sanitaire : comment le pouvoir se noie et hystérise la société