Afflux d’immigrants clandestins aux îles Canaries

Fin octobre, le nombre d’immigrants illégaux en Espagne depuis le début de l’année (27 551) était légèrement supérieur au nombre enregistré en Italie (26 179) où ce nombre est bien parti pour tripler en 2020 par rapport à l’année 2019 (11 471 arrivées de janvier à décembre, avec une très nette hausse à partir de la mise en place du gouvernement Conte en septembre 2019). En octobre en Espagne, le nombre cumulé d’immigrants illégaux arrivés depuis le début de l’année dépassait pour la première fois les chiffres de la même période de 2019. Seule la Grèce, qui a désormais un gouvernement de droite, fait mieux que l’année dernière en matière de contrôle de l’immigration, avec 12 453 arrivées du 1er janvier au 2 novembre contre 71 386 pour toute l’année 2019.

On constate donc une fois de plus qu’il est possible de réduire l’immigration illégale avec des politiques fermes ou au contraire de l’encourager avec des mesures et annonces en faveur des « migrants ». Les îles Canaries paient aujourd’hui le prix de l’attitude pro-immigration de la coalition socialo-communiste dirigée par Pedro Sánchez à Madrid mais aussi de l’attitude des « sociétés ouvertes » situées plus au nord, à commencer par la France du Trudeau européen, Emmanuel Macron. Le précédent record en ce qui concerne l’immigration illégale aux îles Canaries datait de 2006, avec 39 180 arrivées par voie de mer cette année-là consécutivement aux régularisations massives de clandestins par le gouvernement Zapatero.

Aujourd’hui, les îles Canaries sont redevenues un point de passage obligé pour nombre de candidats à l’émigration vers l’Europe en provenance d’Afrique noire et du Maghreb puisqu’il y a eu 11 409 personnes arrivées sur des embarcations entre janvier et octobre, un chiffre en augmentation de 664,2 % par rapport à la même période de l’année dernière ! Et ce nombre est déjà largement dépassé aujourd’hui. Rien que le week-end dernier, les habitants des Canaries ont vu débarquer sur leurs côtes 2 118 immigrants illégaux en 24 heures.

De la même manière que le port italien de Lampedusa par lequel avait transité en septembre le terroriste tunisien venu assassiner des catholiques à la basilique Notre-Dame de Nice (et où l’afflux de terroristes potentiels continue de plus belle), le port d’Arguineguín sur l’île de Gran Canaria est submergé alors même que cet archipel touristique vit déjà une année extrêmement difficile à cause de la pandémie de Covid-19. Le campement de fortune installé mi-août au port d’Arguineguín avait été prévu pour un maximum de 400 personnes. Le week-end dernier il en accueillait près de 2 000 en même temps. Pourtant ce centre avait été vidé à la hâte au moyen de transferts aériens vers la péninsule ibérique, organisés par la police en préparation de la visite prévue pour le vendredi 6 novembre du ministre de l’Intérieur espagnol Fernando Grande-Marlaska et de la Commissaire européenne aux Affaires intérieures Ylva Johansson, une sociale-démocrate suédoise favorable aux politiques droit-de-l’hommistes en matière d’immigration.

Des politiques droit-de-l’hommistes qui font beaucoup de morts et on ne le dira jamais assez, car la traversée à laquelle ces « migrants » sont encouragés par le manque de fermeté des politiques européennes est extrêmement dangereuse. Rien que pendant la deuxième quinzaine d’octobre, près de 200 Subsahariens ont péri dans l’Atlantique en tentant la traversée vers les îles Canaries.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 12 novembre 2020

Jean-Paul Gourévitch, sur la situation de Lesbos : “La population locale, plutôt accueillante au départ, est maintenant remontée contre les migrants”

Les regards sont tournés vers l’île de Lesbos en Grèce avec le spectaculaire incendie du camp de migrants. Comment Lesbos en est arrivé là ? L’île est-elle une porte d’entrée ou un verrou pour les flux migratoires ?

Pour prendre la mesure de ce drame, il faut le restituer dans son contexte historique et géographique. Cette île grecque qui compte un peu plus de 100.000 habitants se trouve à moins de 10 kilomètres des côtes turques et a toujours constitué une porte d’entrée vers l’Union européenne. Lors de la crise migratoire de 2015, 91.000 réfugiés ont réussi à y aborder et à gagner le continent via le port de Mytilène, la capitale de l’île, s’agglomérant aux quelques 1, 256 million de personnes qui ont pénétré dans l’espace Schengen. Ils auraient encore été plus nombreux si la marine turque n’en avait pas intercepté 445.000.

Le camp de Moria, à 5 kilomètres de Mytilène, construit initialement comme camp de transfert provisoire, a vu sa capacité portée à 2.000, puis 3.000 places, par un accord entre la Grèce, la Turquie et l’Union européenne et devait servir de « hot spot » distinguant ceux qui étaient autorisés à pénétrer en Europe et ceux qui devaient, selon le même accord, être renvoyés en Turquie. Un plan rapidement caduc compte tenu de l’afflux des réfugiés. Ils étaient déjà plus de 4.000 en janvier 2017. Ils sont aujourd’hui, selon les diverses estimations, entre 12 et 20.000, renforcés par les bateaux de passeurs qui en déchargent plusieurs centaines par semaine. On trouve parmi eux des réfugiés politiques (Afghans, Somaliens…) mais aussi un grand nombre de migrants économiques provenant du Bangladesh, du Maghreb, de la Chine, des territoires palestiniens, d’Afrique subsaharienne dont un tiers de mineurs.

La situation est devenue ingérable. Ceux qui n’ont pu trouver place dans les tentes du camp se sont installés sous l’oliveraie alentour – « la jungle ». La situation alimentaire et sanitaire (une toilette et une douche pour 150 à 200 personnes) est désastreuse. Les violences sont quotidiennes avec leur lot de bagarres, de prostitution, de viols, d’enlèvements d’enfants, de trafic de drogue. Plusieurs ONG, qui avaient alerté en vain sur ce drame prévisible, ont plié bagages. La population locale, plutôt accueillante au départ, est maintenant remontée contre les migrants qui, en avril 2020, furieux d’être mal traités, ont saccagé 5.000 oliviers, la principale ressource de l’île, et a peur de la contagion. La fonction « hot spot » n’a pas été dimensionnée pour traiter une population dix fois supérieure à celle prévue et les délais de réponse sont très longs.

Est-ce le seul camp de migrants de l’île ?

Il existe un second camp, à 2,5 kilomètres de Mytilène, Kara Tépé, réservé aux demandeurs d’asile en attente d’inscription et aux familles vulnérables. Ce camp de transit d’environ 1.250 places, géré localement sous l’autorité du HCR, mieux dimensionné, est aussi débordé. Un troisième camp, Pikpa, financé par des dons privés et à vocation solidaire, peut recevoir 120 personnes.

L”incendie est manifestement criminel et venu d’une initiative des migrants eux-mêmes… Geste de désespoir ou calcul sordide ?

Je préfère m’en tenir aux faits. Selon les témoignages recueillis, ce sont 35 migrants contrôlés positifs à la covid-19 qui ont mis le feu au camp et avec certains de leurs compatriotes ont empêché les pompiers d’intervenir rapidement. D’où sa destruction complète. Les autorités, qui ont bloqué l’accès à Mytilène, ont entrepris sa reconstruction qui se heurte à l’hostilité des migrants.

“Les migrants appellent à l’aide”, titre la presse. Assiste-on à une forme de chantage idéologique ?

La situation est insoluble. L’Union européenne n’a pas de politique migratoire commune. La Grèce ne peut pas les accueillir, étant confrontée à un afflux de réfugiés dans les rues de sa capitale, puisque 30 jours après l’obtention de leur statut ou de la protection subsidiaire, l’aide accordée est suspendue. Les recevoir tous dans les différents pays de l’Union européenne, comme l’ont proposé les immigrationnistes, serait envoyer un signal désastreux, puisque, outre l’appel d’air qu’il déclencherait, il pousserait à la contagion des incendies dans les camps. Il y a déjà dans les îles grecques près de 30.000 migrants en attente de décisions sur leur statut. En même temps les migrants de Moria, sont là, en souffrance, et on ne peut les laisser indéfiniment dans cette situation. L’appel de la présidence européenne allemande à la solidarité a été en partie entendu mais surtout pour les mineurs non accompagnés qui auraient de la famille dans un des pays de l’Union européenne. Plus de 600 devraient être dispatchés. Pour les autres, il faut attendre les décisions de justice prises par les hot spots.

Ce drame confirme ce que nous disons depuis de longues années sur les hot spots. Ces derniers ne devraient pas se trouver dans les pays d’accueil car les déboutés y sont à peu près inexpulsables, mais au plus près des pays d’origine, ou sur le littoral est et sud de la Méditerranée ou encore sur des bateaux croisant près de ces côtes. Cette approche sécuriserait ceux qui ont obtenu l’autorisation d’entrer qui n’auraient plus à traverser la Méditerranée au péril de leur vie, et contribuerait à dissuader les autres, même si chacun sait que l’immigration irrégulière zéro est un mythe. Cette procédure faciliterait en tout cas les décisions de renvoi prises par les pays d’accueil à l’égard des migrants non passés par ces hot spots ou qui n’ont pas respecté les décisions prises à leur égard.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Les immigrants clandestins d’Afrique ne sont pas les plus pauvres

27/03/2018 – INTERNATIONAL (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
La pauvreté est le principal argument avancé par les associations humanitaires ainsi que par les élites politiques pour justifier la vague migratoire qui submerge petit à petit l’Europe.

Cependant une étude menée par le Center for European Studies montre que les immigrants ont souvent une qualification et qu’ils exercent chez eux un emploi rémunéré. Le professeur Ransford Gyampo, directeur du CES constate que les jeunes ayant un emploi dans de nombreux pays africains préfèrent néanmoins abandonner leur travail chez eux pour rejoindre les immigrés africains en Europe.

Les immigrants qui arrivent en Europe sont donc des jeunes formés et à même de participer au développement de leurs pays d’origine. En revanche, arrivés en Europe, leur qualification se révèle non adaptée aux besoins de main d’oeuvre.