[Tribune libre] L’identité dépend-elle de la souveraineté ? par Dominique Venner

[Tribune libre] L’identité dépend-elle de la souveraineté ? par Dominique Venner


[box class = »info »]Source : le site de Dominique Venner[/box]

Remarques liminaires : Je reproduis ici intégralement un article fondateur que j’avais publié dans Le Figaro du 1er février 1999 sous le titre : « La souveraineté n’est pas l’identité ». Cet article s’inscrivait dans le débat provoqué par le Traité d’Amsterdam et les discussions au sujet de la future Union européenne. Mon intention était de libérer les esprits à l’égard de l’histoire jacobine et « statocentrée » (ayant l’État pour explication), qui a toujours été enseignée en France sous l’influence d’un Etat centralisateur exceptionnellement puissant. Cette histoire exclusivement centrée sur l’Etat a pratiqué une sorte de négation du peuple français et de la nation charnelle que j’entendais réhabiliter. Cet article provoqua quelques vives polémiques dans les milieux les plus attachés à l’idée de souveraineté, favorisant une réflexion nouvelle sur l’identité nationale. Je le reproduis tel qu’il fut publié à l’époque.

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Un vent de panique souffle dans nos ultimes chaumières. La France survivra-t-elle à l’Euro, au traité d’Amsterdam, à la conjuration des eurocrates, à l’an 2000 ? Les abandons de souveraineté sont-ils des abandons d’identité ? Sur ces vraies questions, sur le défi de la construction européenne, les historiens sont restés étrangement silencieux. Pourtant, s’il est un domaine où l’histoire peut éclairer l’avenir, c’est bien celui de l’identité française au sein de l’Europe.

Contrairement à la nation allemande qui a vécu sans Etat unitaire pendant six siècles, de 1250 à 1871, la France n’a pas l’expérience d’une telle interruption. L’Etat unitaire s’y est maintenu sans discontinuer dans la même période. De là une relation causale inscrite dans nos esprits entre  souveraineté et identité. C’est même devenu une sorte de dogme, entretenu par l’enseignement jacobin de l’histoire, que la nation française serait une création de l’Etat et que, privée de ce dernier, elle serait en péril de mort et de dissolution.

Si cela était, une telle nation ne vaudrait pas cher. Mais c’est faux. Certes, personne ne contestera que l’Etat, royal ou républicain, a édifié le cadre politique et administratif de la nation. En revanche, il n’est pour rien dans la formation de sa substance. Il n’est pas le créateur du peuple français ni la source de son identité. Et cela, l’histoire le démontre. Mais cette vérité est si contraire à nos idées reçues, qu’il faut quelques développements.

Reportons-nous aux origines, au Serment de Strasbourg, publiquement prêté en février 842 par Charles le Chauve et Louis le Germanique, petits-fils de Charlemagne. Le texte faisant foi fut rédigé en roman (français ancien) et en tudesque. Il s’agit du plus ancien document connu attestant une séparation linguistique entre barons francs germanophones et francophones issus de la même souche. Le Serment de Strasbourg est en quelque sorte l’acte de naissance officiel des Français et des Allemands avant la France et l’Allemagne. En ce IXe siècle, sans qu’il n’y eut jamais d’Etat national, deux peuples et deux cultures différentes sont déjà attestés par l’émergence mystérieuse de deux langues distinctes.

Avançons dans le temps. Dès les XIe et XIIe siècle, les preuves abondent d’une spécificité française rayonnante. A l’époque, l’Etat centralisé est encore inexistant, la petite cour des petits rois de ce temps n’est pour rien dans la Chanson de Roland, ni dans Tristan et Iseult, ni dans le Lancelot de Chrestien de Troyes, monuments primordiaux d’une francité bien enracinée dans le socle européen. Le rôle de l’Etat est tout aussi absent dans l’affirmation du style roman et dans le foisonnement, aux siècles suivants, de l’admirable architecture profane des châteaux, des villes et des maisons rurales, négligée par l’historiographie savante jusqu’à André Chastel.

Qu’est-ce qu’un peuple, qu’est-ce qu’une idendité? Au XIIe siècle, l’illustre Suger, abbé de Saint-Denis et conseiller de Louis VII, répond à sa façon : “Nous sommes Français de France, nés d’un même ventre.” Cinq siècles plus tard, le grammairien Vaugelas, chargé en 1639 de diriger la rédaction du  Grand dictionnaire de l’Académie propose cette définition : “Peuple ne signifie pas plèbe, mais communauté représentée fidèlement par sa noblesse.”

Moins que l’Etat, le facteur déterminant de la naissance d’une nation, est l’existence d’un “peuple-noyau”, homogène, nombreux, actif, “représenté par sa noblesse”, à partir duquel se déploient une langue et un style qui, de proche en proche s’étendent aux peuples voisins et apparentés. Tel fut le destin historique du “peuple-noyau” d’île de France, Picardie et Neustrie, à forte composition franque. Les rois capétiens en firent le socle de leurs ambitions. Qu’est devenu, sous la sèche férule de l’Etat, ce “peuple-noyau”, peuple de Bouvines et de tant d’autres exploits, jadis si vigoureux ?

C’est à lui que nous devons notre langue et sa force intérieure longtemps inentamée. Emile Littré l’a souligné dans son Histoire de la langue française. Il y montrait quelle vitalité puissante et proprement originelle a permis le passage d’un bas-latin celtisé et germanisé au roman puis au français.

Avant que d’être ennoblie par la littérature, la langue a surgi du peuple. Montaigne le savait bien qui écrivait : “J’aimerais mieux que mon fils apprît aux tavernes à parler qu’aux écoles d’éloquence… Puissé-je ne me servir que des mots qui servent aux Halles de Paris!” Ronsard ne disait pas autre chose en assignant cette condition à l’adoption de mots nouveaux : “qu’ils soient moulés et façonnés sur un patron déjà reçu du peuple“. Un patron qu’Etiemble, au XXe siècle, appellera joliment le “gosier populaire“. Encore faut-il naturellement qu’il y ait un peuple, c’est à dire des communautés vivantes et enracinées, tout ce que l’Etat centraliste n’aime pas et a toujours combattu.

L’Etat a sa logique qui n’est pas celle de la nation vivante. Celle-ci n’a rien à craindre des abandons de souveraineté, pour cette bonne raison que la souveraineté ne se confond pas avec l’identité. S’il en fallait encore une preuve, l’histoire du Québec nous l’apporterait éloquemment. Depuis le traité de Paris en 1763, les Français du Canada ont été totalement abandonnés par l’Etat royal. Isolés dans un univers hostile et sous une souveraineté étrangère, non seulement ils n’ont pas disparu, mais ils se sont multipliés, conservant leur langue ancestrale et leurs usages, luttant victorieusement contre l’hégémonie linguistique anglo-saxonne*. Là est l’identité, dans la fidélité à soi-même et nulle part ailleurs.

Notes:
On pourrait ajouter qu’au XIVe siècle plusieurs grands fiefs souvent d’origine carolingienne et de langue française échappaient à l’État royal, mais pas à l’identité française : Grande Bourgogne, Guyenne, Flandre française, Lorraine des ducs, Franche-Comté et Savoie, sans compter la Bretagne indépendante.

Photo : Bataille de Bouvines, tableau d’Horace Vernet/Wikipédia sous licence CC.

Editions Alan Sutton : au cœur de l’identité des régions, villes et villages de France

Editions Alan Sutton : au cœur de l’identité des régions, villes et villages de France

08/07/2012 – 17h30
SAINT-CYR-SUR-LOIRE (NOVOpress)
– Il y a des maisons d’édition qui devraient être déclarées d’utilité publique. Le cas des éditions Alan Sutton, basées à Saint-Cyr-sur-Loire (Indre-et-Loire). Dans la collection « Mémoire en images », cet éditeur consacre des dizaines d’ouvrages à l’identité des villes et villages de France. Parmi les nouveautés : Port-la-Nouvelle, Vannes de 1900 à 1960, Aubervilliers (trois tomes), Nancy d’hier et d’aujourd’hui…

Au fil des pages et des siècles, une identité se dessine : des régions, des traditions, des coutumes françaises et européennes, des lieux de mémoire incontournables (églises chapelles, mairies, écoles, hospices…). Autant de réalités, facteurs d’harmonie et de cohésion, qui rappellent que la France est une terre d’identité multiséculaire.

Cette mise en perspective dépasse le cadre de la commune. Les éditions Alan Sutton consacrent ainsi des ouvrages aux moulins de la Nièvre, à la Côte d’Opale.
Et à la Côte d’Albâtre, à Paris en 100 dates ou encore, proposent 100 photos pour aimer la Touraine. Un riche catalogue, agrémenté de romans et d’études historiques. A découvrir assurément.

 

La suppression des fêtes chrétiennes du calendrier dans le viseur des libéraux

La suppression des fêtes chrétiennes du calendrier dans le viseur des libéraux

03/07/2012 — 11h00
PARIS (NOVOpress) — La ficelle est connue. Elle a servi pour le droit de vote des étrangers ou le mariage homosexuel. Elle consiste à tester la réaction de l’opinion publique en soumettant une proposition aux visées « progressistes » qui cache le plus souvent la destruction de l’identité française et européenne. L’objectif étant de convaincre subrepticement la population de son bien-fondé par le biais d’une propagande savamment orchestrée par médias du système et oligarchie.

Nouvelle tentative avec l’Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH), qui milite pour le remplacement des jours fériés chrétiens par ceux convenant aux salariés ayant embrassé d’autres religions (islam et judaïsme). Mais surtout l’ANDRH ne cache pas ses visées christianophobes, puisque la proposition indique ni plus ni moins que trois jours fériés instaurés en raison de fêtes chrétiennes – le jeudi de l’Ascension, le lundi de la Pentecôte et l’Assomption – seraient « banalisés ». L’alibi de l’ANDRH repose sur l’existence d’une société plurielle où se côtoient diverses religions et d’une volonté d’adapter le monde du travail au nouveau visage des salariés. La mise en œuvre de la proposition permettra à chacun de choisir qui, une fête musulmane qui, une fête juive. Par contre, les fêtes chrétiennes subiraient les foudres de l’ultra-libéralisme et de son orfèvre, à savoir le grand patronat. Il s’agit donc une nouvelle fois pour les thuriféraires du mondialisme de sacrifier sur l’autel de la productivité des marqueurs de l’identité chrétienne de la France.

Décès d’Olivier Ferrand, député PS et président de la fondation Terra Nova, think tank progressiste

Décès d'Olivier Ferrand, député PS et président de la fondation Terra Nova, think tank progressiste
Olivier Ferrand Novopress
Olivier Ferrand

30/06/2012 — 18h00
PARIS (NOVOpress) — Elu le 17 juin dernier député de la huitième circonscription des Bouches-du-Rhône, le socialiste Olivier Ferrand (photo ci-contre) n’aura pas le temps de marquer la nouvelle mandature. Il est en effet décédé ce samedi d’un arrêt cardiaque, au retour de son jogging. Agé de 42 ans, peu connu du grand public Olivier Ferrand n’en est pas moins devenu au fil des années un personnage incontournable de la social-démocratie. Notamment au travers de la très progressiste fondation Terra Nova, qu’il avait fondée en 2008.

Véritable incarnation de l’hyperclasse mondiale et de son idéologie, Olivier Ferrand a ainsi été conseiller technique pour les affaires européennes du Premier ministre Lionel Jospin, conseiller du représentant de la France à la Convention sur l’avenir de l’Europe, Pierre Moscovici, membre du groupe des conseillers politiques du président de la Commission européenne, Romano Prodi, puis délégué général du think tank « À gauche en Europe », fondé par Dominique Strauss-Kahn et Michel Rocard.

Il a été chargé de mission à l’inspection des finances. Puis il été nommé rapporteur général de la mission « l’Europe dans la mondialisation » présidée par Laurent Cohen-Tanugi (2007-2008). Il a également été le rapporteur adjoint de la commission Juppé-Rocard sur les investissements d’avenir2(2009).

Depuis le 1er novembre 2009, il est chargé de mission à l’ IGPDE (Institut de la gestion publique et du développement économique). Européen convaincu, il est rédacteur en 2004 du rapport « Construire l’Europe politique »3 que Romano Prodi a commandé à un groupe de hautes personnalités présidé par Dominique Strauss-Kahn. Administrateur de l’ONG EuropaNova4, il participe aussi à la rédaction du rapport « Peut-on faire l’Europe sans les Européens ? », remis au Conseil européen de juin 2006.

Ancien Young Leader de la très atlantiste French American Foundation, il était diplômé d’HEC, de Sciences PO et de l’Ena.

A travers de nombreux rapports et études, ainsi que par des tribunes libres publiées par exemple par Libération, Slate, Rue 89, Médiapart ou le Nouvel Observateur, sans oublier des chroniques pour LCI, Terra Nova s’est signalée par une volonté d’adapter le PS et la gauche aux nouvelles réalités ethniques. Proposant ainsi d’abandonner les classes populaires au profit des classes moyennes urbaines et au profit des immigrés. La victoire de François Hollande en mai dernier semble lui avoir donné raison.

Bien entendu, Olivier Ferrand s’opposait à tout ce qu’il lui semblait patriote ou identitaire.

La carrière d’élu d’Olivier Ferrand faisait montre d’un certain nomadisme. Maire adjoint de 2001 à 2007 du 3ème arrondissement de Paris, il tente de se faire élire député de la 4ème circonscription des Pyrénées-Orientales (un échec). Devenu maire adjoint de la ville du Thuir (66), il est donc élu député des Bouches-du-Rhône le 17 juin dernier dans le cadre d’une triangulaire contre l’UMP et le FN.

Crédit photo : LeCardinal/Wikipédia sous licence CC.

La campagne de l’UEFA en faveur d’un football européen sans identité

La campagne de l’UEFA en faveur d’un football européen sans identité

29/06/2012 – 12h00
KIEV (NOVOpress) –
Dimanche soir, en finale de l’Euro, le capitaine de l’Espagne, Iker Casillas et son homologue, Gianluigi Buffon, devraient être de nouveau obligés à lire un message de l’UEFA en faveur du « respect de la diversité », juste avant le coup d’envoi du match Italie-Espagne à Kiev.

La même initiative avait eu lieu dès les demi-finales. Le 27 juin, d’une voix mécanique, Iker Casillas a dû affirmer, micro à la main : « Nous devons notre succès à notre esprit d’équipe et à la diversité de nos origines ». Ajoutant : « Nous sommes contre toute forme de discrimination et sommes fiers de soutenir le message de Respect de la diversité de l’UEFA ». Le lendemain, les deux capitaines de l’Allemagne et de l’Italie ont relayé un discours identique avant le coup d’envoi de la seconde demi-finale au stade National de Varsovie.

Cette action fait partie de la thématique Respect de la diversité pour l’UEFA Euro 2012 et s’inscrit dans la « lutte contre le racisme ». Une campagne où « des observateurs vont relever d’éventuels chants racistes, des slogans d’extrême droite ou d’autres signes de discrimination », tandis qu’un numéro spécial permet de dénoncer « les incidents racistes et discriminatoires ». « Respect », « racisme », « diversité », « discriminations »… Une vraie confusion des genres, savamment orchestrée par une propagande bien huilée de l’UEFA en faveur d’un football sans racines. Car le refus du racisme est tout à fait conciliable avec le respect et la promotion de l’identité des peuples.

Crédit photo : Piotr Drabik via Flickr, licence CC.

Samir Nasri, nouvelle campagne pour le Bloc Identitaire [MàJ]

Samir Nasri, nouvelle campagne pour le Bloc Identitaire

27/06/2012 —16h35
PARIS (NOVOpress) — Comme il l’avait prouvé pour l’affaire Merah, le Bloc identitaire sait rebondir sur l’actualité pour ses campagnes. Dernière preuve en date, l’affaire Nasri qui ne fait que rappeller ce que gagnent, en ces temps de crise qui touche nos compatriotes, les « racailles » de l’équipe de France de football. Ce que n’a pas manqué de remarquer la presse : ici et .

Dans un communiqué, le Bloc identitaire explique les raisons de cette campagne : « Les Identitaires, qui organisent depuis plusieurs années un grand tournoi de football, se passionnent pour ce sport populaire. Comme tous les Français, nous sommes attristés de voir l’équipe de France prise en otage par des comportements de racailles, et gérée par des dirigeants incapables de prendre leurs responsabilités. Nous avons à de nombreuses reprises condamné des comportements indignes (irrespect, insultes, silence pendant l’hymne), symboles d’une ‘racaillisation’ du football français et des centres de formation.

Aujourd’hui, nous lançons une campagne « Samir Nasri », qui incarne avec d’autres cette génération de joueurs qui bafouent l’image de la France. Samir Nasri est l’archétype de ces joueurs parvenus et arrogants, prenant de haut le public et les journalistes, ou encore ricanant lors de la minute de silence dédiée à Thierry Roland. »

 

Pour l’hyperclasse mondiale et l’ONU, l’Union européenne doit « saper l’homogénéité » de ses Etats membres !

Pour l'hyperclasse mondiale et l'ONU, l'Union européenne doit « saper l’homogénéité » de ses Etats membres !

Peter Sutherland27/09/2012 — 09h30
LONDRES (NOVOpress) — Comme l’indique un article de la BBC, au moins les choses sont claires pour Peter Sutherland (photo ci-contre), représentant spécial de l’ONU pour les affaires de migration en tant que dirigeant du « Forum Mondial sur la Migration et le Développement » : L’UE devrait « faire de son mieux pour saper l’homogénéité » de ses Etats membres !

Interrogé par le sous-comité aux affaire internes de l’UE de la Chambre des Lords en Angleterre, qui mène actuellement une enquête sur les migrations globales, il a pris pour modèle « les Etats-Unis, l’Australie ou la Nouvelle-Zélande » qui « sont des sociétés d’immigrés » s’accommodant donc « plus facilement des gens d’autres horizons que nous le faisons nous-mêmes »,  qui « entretenons un sens d’homogénéité et de différence par rapport aux autres. Et c’est exactement ce que l’Union Européenne, selon moi, devrait s’efforcer de saper. »

Avant d’ajouter devant le comité de la Chambre des Lords que les migrations étaient une « dynamique cruciale pour la croissance économique » dans certaines nations de l’UE, « malgré le fait que cela soit difficile à expliquer aux citoyens de ces Etats ». La population vieillissante et en déclin dans des pays comme l’Allemagne ou le Sud de l’UE était « l’argument-clef, je rechigne à utiliser ce mot car des gens l’ont attaqué, pour le développement d’Etats multiculturels », a-t-il ajouté. « Il est impossible de considérer que le degré d’homogénéité que l’autre argument implique puisse survivre car les Etats doivent devenir plus ouverts, au niveau des gens qui les peuplent. Tout comme le Royaume-Uni l’a démontré. »

Homme aux multiples casquettes, Peter Sutherland est aussi président non-exécutif de Goldman Sachs International, recteur à la London School of Economics, ancien président du géant du pétrole BP et membre important du Groupe Bilderberg. Ainsi que le patron européen du Transatlantic Policy Network, un institut euro-américain ultra-puissant dont le but est de faire émerger un bloc euro-atlantique unifié dans tous les domaines d’ici 2015. Et de 2001 à 2010, il a présidé la section Europe de la Commission Trilatérale.

Crédit photo : World Economic Forum/Wikipédia sous licence Creative Common.

[box class= »info »]Novopress remercie le traducteur qui lui a permis de rédiger cette dépêche[/box]

[Tribune libre] Lettre sur l’identité à mes amis souverainistes, par Dominique Venner

[Tribune libre] Lettre sur l’identité à mes amis souverainistes, par Dominique Venner

Quand on appartient à une nation associée à Saint Louis, Philippe le Bel, Richelieu, Louis XIV ou Napoléon, un pays qui, à la fin du XVIIe siècle, était appelé « la grande nation » (la plus peuplée et la plus redoutable), il est cruel d’encaisser les reculs historiques répétés depuis les lendemains de Waterloo, 1870, 1940 et encore 1962, fin ignominieuse de la souveraineté française en Algérie. Une certaine fierté souffre nécessairement.

Dès les années 1930, beaucoup d’esprits français parmi les plus audacieux avaient imaginé trouver dans une Europe à venir en entente avec l’Allemagne, un substitut à cet affaiblissement constant de la France. Après la catastrophe que fut la Seconde Guerre mondiale (qui amplifiait celle de 14-18), naquit un projet légitime en soi. Il fallait interdire à tout jamais une nouvelle saignée mortelle entre Français et Allemands. L’idée était de lier ensemble les deux grands peuples frères de l’ancien Empire carolingien. D’abord par une association économique (la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier), puis par une association politique. Le général de Gaulle voulut concrétiser ce projet par le Traité de l’Elysée (22 janvier 1963), que les Etats-Unis, dans leur hostilité, firent capoter en exerçant des pressions sur la République fédérale allemande.

Ensuite, on est entré dans les dérives technocratiques et mondialistes qui ont conduit à l’usine à gaz appelée “Union européenne”. En pratique, celle-ci est la négation absolue de son appellation. La pseudo “Union européenne” est devenue le pire obstacle à une véritable entente politique européenne respectueuse des particularités des peuples de l’ancien Empire carolingien. L’Europe, il faut le rappeler, c’est d’abord une unité de civilisation multimillénaire depuis Homère, mais c’est aussi un espace potentiel de puissance  et une espérance pour un avenir qui reste à édifier.

Pourquoi une espérance de puissance ? Parce qu’aucune des nations européennes d’aujourd’hui, ni la France, ni l’Allemagne, ni l’Italie, malgré des apparences bravaches, ne sont plus des États souverains.

Il y a trois attributs principaux de la souveraineté :

1er attribut : la capacité de faire la guerre et de conclure la paix. Les USA, la Russie, Israël ou la Chine le peuvent. Pas la France. C’est fini pour elle depuis la fin de la guerre d’Algérie (1962), en dépit des efforts du général de Gaulle et de la force de frappe qui ne sera jamais utilisée par la France de son propre chef (sauf si les Etats-Unis ont disparu, ce qui est peu prévisible). Autre façon de poser la question : pour qui donc meurent les soldats français tués en Afghanistan ? Certainement pas pour la France qui n’a rien à faire là-bas, mais pour les Etats-Unis. Nous sommes les supplétifs des USA. Comme l’Allemagne et l’Italie, la France n’est qu’un État vassal de la grande puissance suzeraine atlantique. Il vaut mieux le savoir pour retrouver notre fierté autrement.

2ème attribut de la souveraineté : la maîtrise du territoire et de la population. Pouvoir distinguer entre les vrais nationaux et les autres… On connaît la réalité : c’est l’État français qui, par sa politique, ses lois, ses tribunaux, a organisé le « grand remplacement » des populations, nous imposant la préférence immigrée et islamique avec 8 millions d’Arabo-musulmans (en attendant les autres) porteurs d’une autre histoire, d’une autre civilisation et d’un autre avenir (la charia).

3ème attribut le la souveraineté : la monnaie. On sait ce qu’il en est.

Conclusion déchirante : la France, comme État, n’est plus souveraine et n’a plus de destin propre. C’est la conséquence des catastrophes du siècle de 1914 (le XXe siècle) et du grand recul de toute l’Europe et des Européens.

Mais il y a un « mais » : si la France n’existe plus comme État souverain, le peuple français et la nation existent encore, malgré tous les efforts destinés à les dissoudre en individus déracinés ! C’est le grand paradoxe déstabilisateur pour un esprit français. On nous a toujours appris à confondre l’identité et la souveraineté en enseignant que la nation est une création de l’État, ce qui, pour les Français, est historiquement faux.

C’est pour moi un très ancien sujet de réflexion que j’avais résumé naguère dans une tribune libre publiée dans Le Figaro du 1er février 1999 sous le titre : « La souveraineté n’est pas l’identité ». Je le mettrai en ligne un jour prochain à titre documentaire.

Non, la souveraineté de l’État ne se confond pas avec l’identité nationale. En France, de par sa tradition universaliste et centraliste, l’Etat fut depuis plusieurs siècles l’ennemi de la nation charnelle et de ses communautés constitutives. L’État a toujours été l’acteur acharné du déracinement des Français et de leur transformation en Hexagonaux interchangeables. Il a toujours été l’acteur des ruptures dans la tradition nationale. Voyez la fête du 14 juillet : elle célèbre une répugnante émeute et non un souvenir grandiose d’unité. Voyez le ridicule emblème de la République française : une Marianne de plâtre coiffée d’un bonnet révolutionnaire. Voyez les affreux logos qui ont été imposés pour remplacer les armoiries des régions traditionnelles. Souvenez-vous qu’en 1962, l’État a utilisé toute sa force contre les Français d’Algérie abandonnés à leur malheur. De même, aujourd’hui, il n’est pas difficile de voir que l’État pratique la préférence immigrée (constructions de mosquées, légalisation de la viande hallal) au détriment des indigènes.

Il n’y a rien de nouveau dans cette hargne de l’État contre la nation vivante. La République jacobine n’a fait que suivre l’exemple des Bourbons, ce que Tocqueville a bien montré dans L’Ancien Régime et la Révolution avant Taine et d’autres historiens. Nos manuels scolaires nous ont inculqué une admiration béate pour la façon dont les Bourbons ont écrasé la « féodalité », c’est-à-dire la noblesse et les communautés qu’elle représentait. Politique vraiment géniale ! En étranglant la noblesse et les communautés enracinées, cette dynastie détruisait le fondement de l’ancienne monarchie. Ainsi, à la fin du XVIIIe siècle, la Révolution individualiste (droits de l’homme) triomphait en France alors qu’elle échouait partout ailleurs en Europe grâce à une féodalité et à des communautés restées vigoureuses. Relisez ce qu’en dit Renan dans sa Réforme intellectuelle et morale de la France (disponible en poche et sur Kindle). La réalité, c’est qu’en France l’État n’est pas le défenseur de la nation. C’est une machine de pouvoir qui a sa logique propre, passant volontiers au service des ennemis de la nation et devenant l’un des principaux agents de déconstruction identitaire.

Le cinéma russe contemporain comme instrument de reconstruction nationale

Le cinéma russe contemporain comme instrument de reconstruction nationale

23/06/2012 — 18h00
via Realpolitik.tv Les années 2000 ont marqué un net retour du cinéma russe à grand spectacle. La volonté affichée de l’administration Poutine de restaurer l’idée nationale russe, notamment dans le cadre du 65èmeanniversaire de la victoire contre l’Allemagne, a favorisé la multiplication des films historiques. Ces productions sont imprégnées d’un patriotisme, quelque fois un peu naïf, mais totalement décomplexé. Ce renouveau de la production cinématographique russe correspond ainsi à la volonté de la nouvelle élite dirigeante, d’utiliser les instruments modernes afin d’offrir un contrepoids au règne sans partage du cinéma hollywoodien, perçu comme un instrument de propagande au profit de la vision américaine du monde. Le nouveau cinéma russe est la transcription en image de la pensée « nationale conservatrice » mise en exergue par le parti présidentiel « Russie unie ». Cette pensée se fonde sur une évocation héroïque mais sans complaisance du passé, à l’image du discours de Dimitri Medvedev le 30 octobre 2009, lors de la journée de commémoration des victimes du goulag, ou de celui de Vladimir Poutine à Katyn en avril 2010.

Le nouveau cinéma s’inspire de quatre thèmes principaux : les fondements chrétiens de la Russie et la nécessité d’un retour à l’orthodoxie, la réhabilitation des héros blancs des guerres révolutionnaires, la mise en exergue de l’héroïsme du soldat russe, que ce soit contre la Wehrmacht ou contre les combattants turcs ou afghans, et enfin l’intégration totale de l’histoire soviétique récente. Cela se fait sans concession pour les crimes des communistes, mais avec une fierté non dissimulée pour les grandes victoires soviétiques de la Seconde Guerre mondiale.

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Italie : 100.000 immigrés perdus et retrouvés

Italie : 100.000 immigrés perdus et retrouvés

21/06/2012 — 12h00
ROME (NOVOpress) —
« La mise à jour des chiffres du recensement fait cadeau à l’Italie de cent mille immigrés de plus » : c’est sous cette forme que le site immigrationniste Stranieri in Italia présente les choses.

Quand, fin avril dernier, l’Istitut national italien de la Statistique (équivalent de notre INSEE) avait publié les premiers résultats du recensement, il avait averti que, pour douze villes de la péninsule (Cagliari, Florence, Livourne, Messine, Milan, Naples, Pérouse, Prato, Ravenne, Rome, Salerne et Turin), il s’agissait de simples estimations à partir d’anciens questionnaires, et que le total des immigrés risquait ainsi d’être sous-estimé.

Le problème se posait particulièrement pour Milan, Rome et Naples – les trois principales villes italiennes, rien que ça – où les municipalités avaient confié à des « médiateurs culturels » et des associations le soin de recueillir les questionnaires des étrangers : les « médiateurs culturels » et associations en question ayant démontré une fois de plus leur efficacité, les questionnaires avaient été transmis en retard et n’avaient pu être exploités dans les délais.

Les chiffres remaniés publiés hier pour les villes concernées font passer le total des étrangers résidents de 535.032 à 630.899, soit une augmentation de 95.867 individus par rapport aux chiffres publiés le 27 avril 2012. Pour l’ensemble de l’Italie, le nouveau total est de 3.865.385.

Il manque pourtant encore 700.000 « disparus » par rapport au premier janvier 2011, où les immigrés en situation régulière inscrits à l’État civil des communes étaient 4.570.317. Ces immigrés sont-ils passés à l’étranger, en France par exemple ? Sont-ils toujours en Italie mais, désormais, comme clandestins, avec des titres de séjour expirés ? Les permis de séjour ne sont donnés en Italie qu’aux immigrés qui justifient d’avoir un employeur, et beaucoup n’en ont plus à cause de la crise, même si le gouverment Monti a entrepris de changer la loi en faveur des immigrés non européens. Personne n’a vraiment d’explication. Plusieurs municipalités ont lancé des appels aux « disparus » pour qu’ils se signalent avant d’être radiés de l’État civil.

Comme disait Disraeli au XIXème siècle, « il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les sacrés mensonges et les statistiques ». C’est particulièrement vrai en matière d’immigration.

Racisme ou revendications identitaires à l’Euro 2012 ?

Racisme ou revendications identitaires à l’Euro 2012 ?

22/06/2012 – 10h00
KIEV (NOVOpress) – Avant même son lancement, L’Euro 2012 a été au cœur d’une vaste campagne de désinformation autour du thème du « racisme ». L’Ukraine, l’un des pays hôtes, a remis les pendules à l’heure à ce sujet. Mais l’UEFA (Union européenne des associations de football), l’instance dirigeante du football en Europe, continue une campagne tendancieuse baptisée « Unite against racism ».

Mardi, la Croatie était dans le viseur de l’organisation dirigée par Michel Platini.

« La Fédération croate de football (HNS) écope d’une amende de 80 000 euros pour l’allumage et le jet de fumigènes et pour le mauvais comportement de ses supporters (chants et symboles racistes) lors du match du groupe C de l’Euro 2012 contre l’Italie », affirme un communiqué de l’UEFA. Malheureusement, l’organisation européenne n’en dit pas plus sur le contenu de ces chants et « symboles racistes ». La critique d’un football européen en manque d’identité, à l’aide de banderoles et de chants, doit-elle être assimilée à du « racisme » ?

Une désinformation parfaitement illustrée par ce qui est arrivé à Mesut Özil, joueur aux racines turques évoluant sous le maillot allemand. Dimanche, pendant le match entre la Mannschaft et le Danemark, Mesut Özil aurait été victime de « propos racistes », selon L’Equipe. Pourquoi ? Sur Twitter, un internaute a  écrit : « Özil n’était assurément pas un Allemand. Un bout de papier ne suffit pas à changer son origine ». Une opinion identitaire en rien raciste. Dans le football aussi, le fossé se creuse entre les fans, certaines équipes et élites européennes gagnées à la mondialisation.

Mais l’espoir brille. Hier, sur Facebook, Gianluigi Buffon, le gardien de l’Italie, n’a pas caché son patriotisme. « Même si mon Italie restera toujours une Italie idéale, qui n’a peut-être jamais existé, quand je vois le drapeau tricolore, c’est toujours une immense émotion ». Un amour du pays que Benzema, Evra, Nasri et compagnie pourraient méditer chez les Bleus.

[Tribune libre] Lendemains d’élections : réfléchir un peu, par Dominique Venner

[Tribune libre] Lendemains d’élections : réfléchir un peu, par Dominique Venner

19/06/2012 — 15h30
Tribune parue initialement sur le site de Dominique Venner Il n’est pas dans mes habitudes de commenter des élections. Celles qui se sont déroulées en France depuis la présidentielle de mai 2012 présentent cependant une vraie nouveauté. On peut définir celle-ci comme la manifestation d’une conscience accrue du problème n°1 de notre temps : le « remplacement » des populations de souche par l’immigration de masse arabo-musulmane. Les images des drapeaux africains et maghrébins agités place de la Bastille le soir du 6 mai 2012 pour saluer la victoire du candidat socialiste, ont rappelé les images, dix ans auparavant, de la réélection de Chirac après son duel inégal avec un Le Pen diabolisé comme jamais.

Les conditions sont toutefois très différentes. La personnalité moderne et « apaisante » de Marine Le Pen n’a pas favorisé la même mobilisation contre son mouvement après son score très honorable de 17,9 % des voix au premier tour de l’élection présidentielle du 10 juin. Avec 6,4 millions de voix lors de ce scrutin, le FN se pose comme le troisième parti de France. Une loi électorale cousue sur mesure pour maintenir les oligarchies en place interdit une nouvelle fois que les 6,4 millions d’électeurs du FN soient représentés à l’Assemblée nationale, sinon par deux élus, contre des centaines pour les partis oligarchistes : UMP et socialistes (associés au Front d’extrême gauche).

Ce qui se passe en France n’est pas spécifique à ce pays. C’est un phénomène européen. Cependant, comme je l’ai déjà souligné, les mouvements identitaires européens sont victime d’une « maladie infantile » que je qualifie de chauvine. Agissant en ordre dispersé, sans liens ni concertation, ils sont pour le moment incapables d’imaginer des initiatives face à un adversaire commun. Cela ne signifie par qu’il en sera toujours ainsi. Dans tous les mouvements concernés, les militants les plus réfléchis songent à la nécessité de convergences. Partout en Europe des partis analogues au FN, rejetant le racisme et l’antisémitisme, font de la préservation de l’identité des peuples européens leur raison d’être. Citons entre autres le Parti du peuple danois, le Parti de la liberté néerlandais, le FPÖ et le BSÖ autrichiens, les Vrais Finlandais, Le Parti du progrès norvégien, le Vlaams Belang flamand, l’English Defense League, le Fidesz au pouvoir en Hongrie, Droit et Justice en Pologne, Ataka en Bulgarie, la Ligue du Nord en Italie, les Démocrates en Suède ou l’Union démocratique (UDC) du centre en Suisse. Tous ces partis dépassent 5 % des voix et atteignent parfois 25 % ou plus, en dépit de l’hostilité active des médias qui constituent le « clergé séculier » du Marché, relayé par son « clergé régulier » (prof des universités et des écoles), sans compter le vieux clergé des Eglises traditionnelles chargé d’apporter la dimension compassionnelle et paralysante qui est sa spécialité.

Dans Le Monde du 14 juin 2012, pages Débats, une politologue (Virginie Martin) et un sociologue (Pierre Lénel), après avoir noté l’étonnante permanence du votre FN, malgré son exclusion électorale, en tiraient une conclusion pertinente qui doit être relevée. Ces deux chercheurs estiment en effet qu’il faut réviser l’interprétation habituelle du vote FN comme simplement « protestataire ». Sa permanence dans le temps exige plutôt d’y voir un véritable « vote d’adhésion ». Adhésion à quoi ?

Usant d’un vocabulaire prudent, les deux chercheurs proposent de rechercher un dénominateur commun à tous ceux (nantis ou démunis, jeunes ou plus âgés, urbains ou ruraux, qui ont accordés leurs suffrages à Marine Le Pen à l’élection présidentielle du 10 juin. Ce dénominateur commun c’est, disent-ils, un « trouble civilisationnel », expression juste et modérée.

« Ce trouble, écrivent-ils dans leur jargon, met en avant une lecture du monde qui révèle une hostilité au pluralisme culturel sur le plan intérieur et le refus du multiculturalisme sur le plan international ». En clair, il révèle une forte inquiétude identitaire, face à des menaces toujours plus évidentes.

Les deux chercheurs poursuivent en estimant que le « trouble » se cristallise plus particulièrement autour de quatre points. « La nationalité en constitue le premier marqueur : les Français d’origine immigrée ne sont pas vus comme « légitimes », leur nationalité serait usurpée. Cette illégitimité vient s’appuyer sur la question culturelle et bien souvent cultuelle (islam). C’est le deuxième élément : une relation négative s’instaure entre signes de métissage et identité française. « Nous » s’oppose à « eux », la différence trouve là son expression la plus criante : « eux » ont une autre histoire que celle qui « nous » constituerait de tout temps. »

Ce trouble, ajoutent les auteurs, est un élément nouveau par rapport à leurs enquêtes de la fin des années 1990. Il est relié, disent-ils, aux événements de la scène internationale : le monde arabo-musulman apparaît désormais comme dangereux… « Et c’est bien souvent à cette question que la question sécuritaire est réinterprétée… Tous ces éléments se confondent dans la figure de l’immigré, présence ici de cet ailleurs arabo-musulman qui apparaît comme diabolique ».

« Enfin, poursuivent les deux chercheurs, l’élément le plus prégnant est celui du sentiment d’un rapport de forces devenu défavorable entre les Français d’origine maghrébine et les Français « de souche » : l’idée d’un effet de nombre produit un sentiment de colonisation inversé ».

Rarement les faits ont été observés avec autant de pertinence dans cet organe central de l’oligarchie mondialiste qu’est Le Monde. Au passage, on ne peut négliger un fait anecdotique et cependant gros de symbole : l’un des deux élus du FN à ce deuxième tour du 17 juin 2012 est la propre petite-fille du fondateur, la toute jeune Marion Maréchal-Le Pen, 22 ans, qui a conquis le siège de Carpentras (Vaucluse), ville qui avait été le prétexte d’une opération géante de diabolisation du FN en 1990 par l’instrumentalisation d’un fait divers : la profanation d’une tombe par des loubards (sans lien avec le FN) dans le cimetière juif de la ville. La plus jeune députée de toute l’histoire de la Ve République accorde aux siens une revanche inattendue.

Sans doute peut-on penser que la conscience identitaire est lente à s’éveiller. Mais il faut se souvenir de quel chaos historique et intellectuel elle a surgi, sans compter les obstacles immenses qui lui sont opposés. C’est donc son affirmation qui surprend et non une ampleur jugée encore insuffisante.

Une exception en Bretagne : Marc Le Fur (UMP) réélu brillamment dans les Côtes-d’Armor

Une exception en Bretagne : Marc Le Fur (UMP) réélu brillamment dans les Côtes-d’Armor

19/06/2012 — 14h00
LOUDEAC (NOVOpress Breizh) – Déception pour la gauche bretonne : alors qu’elle espérait remporter les cinq circonscriptions des Côtes-d’Armor, Marc Le Fur, député UMP sortant de la circonscription Loudéac-Lamballe, a été réélu avec 54,28 % des suffrages. Un succès incontestable pour ce député très attaché à l’identité bretonne et européenne.

En 2007, dans la foulée de l’élection de Nicolas Sarkozy, Marc Le Fur avait déjà été réélu avec 52,02% des suffrages. Cette année il réussit – en pleine vague rose – à augmenter son score, face au socialiste Loïc Cauret. «En quatre victoires à la députation, je n’ai jamais fait un score aussi élevé», a-t-il déclaré hier soir, ne cachant pas sa joie. Un succès incontestable pour cet énarque breton, très enraciné dans sa circonscription et qui n’a jamais caché ses convictions.

Dans une tribune publiée par l’hebdomadaire Valeurs Actuelles (25/03/2010) qu’il avait signé avec 13 députés UMP, il affirmait : « Notre peuple a une identité et il exige qu’elle soit respectée. Nous sommes culturellement des Gaulois et nous en sommes fiers… cela marque l’affirmation d’une chance d’exister dans une mondialisation qui tend à niveler les peuples et les nations». Avant d’ajouter : « Les délinquants étrangers arrêtés et condamnés devront être expulsés du territoire national une fois leur peine purgée. Cela évitera un certain nombre de récidives… Agir pour stopper l’immigration de peuplement, c’est préserver la paix civile et notre système de protection sociale, faute de quoi les digues finiront par céder devant les extrémismes de tous bords. »

Bien avant la polémique sur la viande halal, le député des Côtes-d’Armor avait signé en novembre 2010  avec une cinquantaine de ses collègues une proposition de loi pour que l’étiquetage de la viande – ou d’une préparation à base de viande – précise le mode d’abattage de l’animal. Partant du constat « qu’entre un tiers et deux tiers de la viande consommée est issue de la filière certifiée d’abattage rituel, tandis que le nombre de consommateurs potentiels représente tout au plus 1/10e de la population française » les parlementaires estimaient que « le consommateur est en droit d’être informé que l’achat de viande issue d’un abattage rituel implique une participation financière à un culte ».

Le 21 décembre 2011, avec le député de Loire-Atlantique François de Rugy (EELV), Marc le Fur avait déposé un amendement visant à permettre à un département qui souhaiterait changer de région administrative de demander l’organisation d’un référendum local sur son territoire et dans les départements de sa future région de rattachement, sans que les autres départements de sa région ne puissent l’en empêcher. Contre toute attente ce texte, qui visait explicitement à engager le processus de réunification de la Bretagne, avait été adopté par l’Assemblée nationale. Dans un entretien accordé à NOVOpress Breizh, le député des Côtes-d’Armor expliquait les raisons de sa démarche.

Crédit photo : UMP photo, via Flickr, licence CC

Du 28 juin au 1er juillet, Bordeaux fête son identité

Du 28 juin au 1er juillet, Bordeaux fête son identité

16/06/2012 — 18h45
BORDEAUX (NOVOPress via Infos Bordeaux) —
Sur les quais, au cœur du patrimoine mondial Unesco, tous les amoureux du vin, de la gastronomie, de la culture et de l’identité de Bordeaux, sont conviés à cette grande fête populaire. Celle-ci a lieu tous les deux ans à Bordeaux, dans l’intervalle de Vinexpo.

Elle permet aux visiteurs de mieux connaître l’extraordinaire richesse viticole de la région bordelaise, à travers la découverte des nombreuses appellations bordelaises, dont les plus prestigieuses : Médoc, Saint-Emilion…

Pour cette 8ème édition de la fête du vin, c’est la ville de Hong-Kong qui sera cette fois mise à l’honneur. Avec la Chine, c’est désormais la première destination à l’export des vins de Bordeaux. Plus de 500 000 personnes sont attendues à ce qui est la plus grande manifestation de la ville.

Un grand nombre de stands de dégustation, des soirées ponctuées de feux d’artifices, un spectacle son et lumière, ou encore des concerts, viendront animer les quais de Bordeaux du 28 juin au 1er juillet prochain.

[Tribune libre] La communauté ou le cauchemar du Système, par Zentropa

[Tribune libre] La communauté ou le cauchemar du Système, par Zentropa

L’atomisation sociétale, l’anomie sociale, la guerre de tous contre tous et l’extrême individualisation égoïsto-nombriliste des existences contemporaines ne sont pas des « dommages collatéraux » de la société capitalisto-marchande, les symptômes de maux superficiels qui pourraient être guéris par des « ajustements » du système, ce sont tout au contraire le substrat, la matière première et le carburant du monde libéral.

L’oligarchie financiaro-mercantile ne peut en effet régner que sur un conglomérat d’individus séparés, isolés, concurrents les uns des autres en tous domaines (emploi, sexualité, sentimentalité, consommation, représentations symboliques…) et n’ayant pas d’autre horizon que la poursuite de leurs intérêts particuliers et la satisfaction de leurs désirs matériels. C’est pour cela que la bourgeoisie financière, avec l’appui actif et empressé des idiots utiles de la gauche « libérale/ libertaire », n’a jamais eu de cesse que de faire disparaître toutes les entités collectives et les corps intermédiaires qui séparaient encore l’individu du Marché (corporations, syndicats, églises, familles, nations…).

Car le cauchemar du système de l’individu-roi, déraciné et interchangeable, défini uniquement par sa capacité de consommation, porte un nom, celui de « communauté ».

La communauté est un groupement humain rassemblant des individus qui veulent être acteurs et non spectateurs de leur existence, qui ont compris qu’il n’y a ni espoir ni avenir dans la « délégation » du politique à des « élites » expertocratiques qui ne servent jamais que leurs propres intérêts de classe.

A l’opposé du « héros solitaire », notamment vanté par la littérature commerciale et les représentations cinématographiques hollywoodiennes, qui s’oppose au monde au nom de son exceptionnelle singularité, le membre d’une communauté sait que ce n’est que par l’action collective, l’union des qualités et des talents, la collaboration des caractères et des volontés que l’on peut trouver des issues à l’impasse contemporaine et bâtir des alternatives concrètes et durables au suicide général qu’est la mondialisation libérale.

La communauté n’est ni un ghetto ni un refuge, c’est un camp de base, fortifié sur ses fondations mais ouvert sur le monde, un point de ralliement et d’organisation aujourd’hui indispensable à toute perspective de résistance et de reconquête. La communauté c’est l’interdépendance au service d’un projet commun.

Si la communauté se nourrit de la proximité ethnico-culturelle, fruit de la lignée et de l’enracinement historique, elle ne se limite nullement à elle puisque ce qui en fait à la fois la force, la spécificité et le dynamisme est le fait d’incarner des valeurs élevées et exigeantes mais dans lesquelles, potentiellement, tout homme libre, fier et aimant peut se reconnaître.

Ainsi si la communauté offre une nécessaire image d’homogénéité, c’est une homogénéité « plurielle » c’est-à-dire qui associe la diversité des individus, des parcours, des origines et des caractères à un socle moral et politique commun et des objectifs partagés. C’est donc avant tout une homogénéité d’esprit, de vues, d’aspirations et d’espoirs.

Le Larzac plus l’Ordre

Le système se moque des contestations qui ne sont que sonores ou visuelles, des agitations vociférantes, des slogans et des palabres. Il les recycle même avec une déconcertante facilité, les transformant bien souvent en nouvelles micro-niches commerciales nourrissant généreusement le supermarché global. Tant que ses prétendus adversaires continuent à suivre ses programmes télé, à fréquenter ses centres commerciaux et ses agences de voyages, à intégrer ses codes esthétiques et son imaginaire et à apporter leur écot à l’organisation bancaire (épargne, emprunts, assurances-vie…), ils peuvent bien pondre tous les manifestes, tous les fanzines, tous les pamphlets qu’ils souhaitent, ils peuvent même organiser trois fois par an tous les saccages anti G20 ou G8 qu’ils désirent, le système s’en moque éperdument, et même s’en pourléche, pouvant ainsi agiter l’épouvantail factice d’une virulente et redoutable « opposition ».

Aujourd’hui, la seule réelle crainte du système est clairement le retrait et le court-circuit, c’est-à-dire le fait pour des individus, regroupés et organisés au sein de communautés, de rompre non pas avec les superficialités du temps mais avec les fondements de l’époque : la consommation, l’industrie du divertissement et l’omniprésence financière. Il suffit pour s’en convaincre de constater le mépris hargneux de la « gauche » capitalo-compatible envers les tenants de la « décroissance » ou l’acharnement judiciaro-policier dont ont été victimes les SEL (Systèmes d’échanges locaux), les « casseurs de pub » ou les épiciers communautaires de Tarnac.

Que ces expériences socialo-collectivistes se débarrassent de leurs scories libertariennes, xénophiles et ethno-masochistes et s’enrichissent des préoccupations patriotiques, méritocratiques et différentialistes et la plus grand terreur de l’oligarchie prendra alors forme, réveillant les fantômes de la Commune et le souvenir de Louis Rossel.

Pour atteindre cet objectif, qui est tout sauf utopique, il n’y a pas d’autre voie que la communauté, seul « lieu » où le retrait et le court-circuit (consistant à se passer au maximum des infrastructures et des mécanismes imposés par le système) sont viables et porteurs de sens politique. Car il ne s’agit pas d’encourager à la multiplication des retraites au désert et des vocations d’anachorètes mais d’inciter à la mise en place de structures collectives où un autre mode de vie, basé sur la décence commune, le sens de la mesure, l’altruisme, la simplicité volontaire, est possible sans être synonyme d’exclusion et de précarisation progressive.

Prêts sans intérêts entre camarades, habitat collectif, recyclage et récupération, services gratuits, troc, rejet de la lobotomie télévisuelle et de l’emprisonnement facebookien, réappropriation agraire, coopératives, loisirs collectifs, chantiers communs… les moyens, à la fois humbles et gigantesques, sont nombreux pour poser dès aujourd’hui les premières pierres de ces communautés qui seront autant de monastères et de phalanstères conservant et entretenant la flamme de la civilisation au cœur de la longue nuit de la barbarie libérale.

Scandale en Italie : pour un député ligueur, « un gendre marocain serait pire qu’une fille lesbienne »

Scandale en Italie : pour un député ligueur, « un gendre marocain serait pire qu’une fille lesbienne »

05/06/2012 — 12h00
ROME (NOVOpress) —
« Tu aurais peut-être une bonne surprise si nous baissions nos pantalons ». Le député de la Ligue du Nord Massimo Polledri s’était rendu célèbre, il y a un an, par cette réplique à une députée de gauche qui accusait la Ligue du Nord d’avoir « baissé son pantalon ».

Le député Polledri vient de refaire scandale par ses propos à la très populaire émission de radio « La Zanzara ». Après avoir dit que « l’homosexualité était un état malheureux qui pouvait être réversible », le député, psychiatre de formation, a précisé qu’il ne s’agissait pas d’une maladie, mais d’un état qui demandait de consulter un psychologue. Il a ajouté : « Si mes enfants étaient gay, je ne serais pas content, ce serait comme si ma fille me disait : “Je me fais religieuse” ou “je me marie avec un Marocain”. Mais ça, ce serait une des pires situations qui puissent arriver ».

Si la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée n’a pas réagi au propos sur les religieuses, un concert de protestations est venu des associations gay. Polledri a été accusé de combiner « homophobie » et « racisme », et comparé aux « intégristes islamiques ». Pour la députée de gauche et activiste homosexuelle, Paola Concia, la Ligue du Nord « est un parti qui cherche tous les jours à nous ramener à l’âge de pierre ». Polledri a protesté que ses propos avaient été tirés de leur contexte, et que La Zanzara était une émission « proche du comique ».

Les Français noteront en tout cas avec intérêt que personne en Italie, même parmi ceux qui critiquent le plus durement le style d’humour du député Polledri, n’a réclamé qu’il fasse l’objet de poursuites judiciaires. La liberté de parole – pour le meilleur ou pour le pire, comme on voudra – est décidément beaucoup plus grande de l’autre côté des Alpes.

Euro 2012 : l’Ukraine se réjouit de son identité, gage de paix civile

01/06/2012 – 10h00
KIEV (NOVOpress) – Lundi, à l’antenne de la BBC, Sol Campbell, l’ancien capitaine de l’équipe d’Angleterre de football, a accusé l’Ukraine d’être sous l’emprise de gangs néonazis ! Une accusation qui tombe à pic alors que les dirigeants européens, François Hollande en tête, songent à boycotter l’Euro 2012 qui se déroulera en Ukraine. Ce pays de l’Europe de l’est organise en effet cette compétition européenne de football en partenariat avec la Pologne, à partir du 8 juin.

L’ex-footballeur a lui aussi appelé au boycott de l’Euro 2012 en lançant à la télévision : « Restez chez vous, regardez-le à la télévision! », n’hésitant pas à mettre en garde les fans de foot de toute envie de séjour dans la patrie de l’actuel président ukrainien, Viktor Ianoukovitch : « Ne prenez surtout pas ce risque car vous pourriez revenir dans un cercueil ! », a-t-il dramatisé.

Le gouvernement ukrainien, qui a le tort aux yeux du camp occidental d’être plus proche de Moscou que de Washington, ne se laisse pas intimider. « Accuser l’Ukraine d’être fasciste et raciste, et le faire de la manière dont le font les médias britanniques, des footballeurs britanniques et des hommes politiques britanniques est tout simplement scandaleux », a déclaré Oleg Volochine, le porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères.

Oleg Volochine a rappelé quels étaient les vrais dangers auxquels l’Europe doit répondre en 2012 : « Nous n’avons pas de violences interethniques dans nos rues, comme cela s’est passé à Paris il y a quelques années ou à Londres l’an dernier ». Oleg Volochine peut toucher du bois : une identité préservée, c’est une chance  pour l’avenir du peuple ukrainien.

Crédit photo : rafizeldi via Flickr, licence CC.

Le « kan ha diskan » en deuil après la disparition de François Morvan

Le "kan ha diskan" en deuil après la disparition de François Morvan

21/05/2012 – 17H45 GUINGAMP (NOVOpress Breizh) – Aet eo François Morvan d’an Anaon. François Morvan, l’aîné des frères Morvan, est mort samedi à l’âge de 88 ans. Avec sa disparition, c’est toute la culture bretonne et le monde du kan ha diskan (« chant et contre chant » en Breton) qui sont en deuil. Ses obsèques ont eu lieu cet après-midi en la chapelle de Burthulet, à Saint Servais (Côtes- d’Armor).

C’est en 1958 que les frères Morvan (Ar vreudeur Morvan en langue bretonne), Yves (décédé en 1984), François, Henri et Yvon, originaires du village de Botcol, dans la commune de Saint-Nicodème (Côtes-d’Armor) se sont constitués en un groupe de chanteurs traditionnels.

Comme les sœurs Goadec, ils auront contribué à sortir le Kan ha diskan de l’oubli. Leur chant le plus célèbre, Joli coucou, est devenu leur hymne. Tous ces textes, les frères Morvan les avaient appris de leur mère Augustine. Elle-même les tenait de son père, Guillaume Creff, né en 1852.

Agriculteurs avant tout, portant chemises à carreaux et casquettes à chaque concert, les frères Morvan auront arpenté pendant un demi-siècle les festoù-noz (plus de 5000 à leur actif), toujours en Bretagne. Depuis plusieurs années François Morvan avait cessé d’accompagner ses frères pour des raisons de santé. Il avait accepté exceptionnellement de revenir sur scène en 2008 pour les 50 ans de carrière du groupe.

Enracinés dans leur terre bretonne, derniers représentants d’une langue et d’une culture populaire transmise oralement de génération en génération, loin des modes éphémères et du clinquant superficiel, les frères Morvan auront été, à l’égal des anciens bardes, d’authentiques passeurs de mémoire.

Crédit photo : Benoit Boulanger, via Wikipédia, licence CC.