Hongrie : 8ème congrès du parti Jobbik

Hongrie : 8ème congrès du parti Jobbik

Le député européen Krisztina Morvai
Le député européen Krisztina Morvai (crédit : Barikad.hu)

02/11/2011 – 09h30
BUDAPEST (NOVOpress via Lionel Baland) — Le 29 octobre 2011, le parti nationaliste hongrois Jobbik (“Mouvement pour une meilleure Hongrie”) tenait son 8èmecongrès à Budapest. Dans son allocution, son président, Gábor Vona, a informé les quelques 600 délégués réunis sur place, et venant de toute la Hongrie, du travail parlementaire accompli lors de l’année écoulée. Le député européen Krisztina Morvai (photo ci-dessus) a quant à elle parlé du travail réalisé par les députés du Jobbik au sein du Parlement européen.

En passe de gouverner la Hongrie

Selon Gabor Vona, le Jobbik monte progressivement en puissance et s’apprête à gouverner le pays. “Le Jobbik doit, en tant que parti, devenir une force de gouvernement et, en tant que mouvement, construire une société organique basée sur des valeurs, prendre le pas sur les structures sociales en train de se désintégrer”.

À l’instar de ce qui existe en Russie, le Jobbik souhaite créer les institutions qui fourniront à la Hongrie ses cadres de demain : une académie destinée aux jeunes gens talentueux, “les Petits-enfants d’Attila”. Ces jeunes seraient soutenus par des subventions et des bourses d’études et formés par les meilleurs universités du le pays.

Hongrie : 8ème congrès du parti JobbikFaisant face à des critiques semble-t-il émises en interne, Gabor Vona a insisté sur le fait que le Jobbik n’a pas renoncé à quelque part que ce soit de sa “radicalité” depuis qu’il est devenu membre du Parlement hongrois, qu’il n’a pas édulcoré son programme. Selon ses propres termes, le Jobbik reste toutefois partisan de la « coexistence pacifique » des Hongrois et des Tsiganes, sans traitements de faveur ou discrimination : “nous devons créer un pays dans lequel deux choix seront présentés à ceux – Hongrois et Tsiganes – qui n’envisagent pas leur place dans le monde du travail, du droit et de l’éducation : soit la prison, soit l’émigration.”

Le Jobbik a décrété l’année 2012 comme “l’année d’Attila” et souhaite organiser le premier congrès mondial pantouranien (relatif à l’ensemble des peuples du Turkestan et de la Russie méridionale).

Photo en Une : le 8ème congrès du Jobbik à Budapest, crédits : Barikad.hu

La Hongrie veut faire plier les banques

La Hongrie veut faire plier les banques

13/10/2011 – 17h30
BUDAPEST (NOVOpress) – Une information que la grande presse aux mains des groupes financiers ne risque pas de diffuser. Le gouvernement hongrois a décidé de faire plier les établissements bancaires !

En effet, une loi très importante a été adoptée par le parlement hongrois en septembre dernier. Comme le rapporte le journal Minute, cette loi permet désormais aux Hongrois ayant souscrit des crédits en francs suisses, euros ou yens, via des produits financiers complexes de banques étrangères, à effectuer leur remboursement en forints, la monnaie nationale ! Les ménages pourront donc rembourser à un taux de change fixe préférentiel. Les Hongrois ont donc jusqu’au 30 décembre prochain pour déposer leur demande auprès des banques et disposeront ensuite de 60 jours pour effectuer leur remboursement. Les endettés pourraient avoir accès à des crédits en forints pour financer leurs transactions, ce qui reviendra à reconvertir ces crédits dans la monnaie hongroise. Ce sont donc les établissements de crédits qui devront éponger la différence.

Taxe exceptionnelle sur les banques

Depuis sa nomination, le Premier ministre hongrois, Viktor Orban (photo ci-dessus) a décidé de « mettre fin à l’ère des banquiers » afin de « protéger les gens dupés par une pratique qui leur fait porter tous les risques et toutes les pertes ». Comme l’indique le journal Minute, depuis mai 2010, le gouvernement Orban a imposé une taxe exceptionnelle aux banques et aux multinationales étrangères. Le gouvernement hongrois a même réussi a rapatrié 11 milliards d’euros accumulés dans les fonds de pensions étrangers vers les caisses de l’Etat.

Des décisions qui déclenchent la fureur des banques

Cette loi a suscité une vive réaction de la part des banques autrichiennes très impliquées en Hongrie. Et évidemment ce que le système bancaire veut, l’Union européenne (UE) obtempère. L’UE a prévenu que ce projet de loi pourrait être illégal, déséquilibrer le marché du crédit et freiner la faible croissance économique de la Hongrie. Pour l’instant aucune mesure de rétorsion n’a été annoncée par l’UE, mais il y a fort à parier qu’elle devrait arriver dans un deuxième temps.

L’Union européenne et les banques ne veulent pas que cette loi fasse tâche d’huile en Europe

L’UE et les banques n’ont qu’une peur : que les peuples européens prennent conscience que de simples mesures sont en capacité de changer les choses. Avec cette question : qui doit gouverner la destinée d’un Etat, les banques ou le peuple ? Les Hongrois ont choisi de prendre leur destin en mains.

[box class=”info”]Photo : Viktor Orban, Premier ministre hongrois. Crédit : OCDE/Flickr sous licence creative common[/box]

Hongrie : György Budaházy remis en liberté

Hongrie : György Budaházy remis en liberté

02/10/2011 – 18h00
BUDAPEST (NOVOpress) —
 En détention préventive depuis juillet 2009, l’activiste nationaliste hongrois György Budaházy a été remis en liberté surveillée (assignation à domicile) le 30 septembre 2011, après près de 800 jours de prison.

Sur la base de soupçons de l’existence d’un groupe terroriste dirigé par Budaházy, la police hongroise avait effectué un grand coup de filet le 17 juillet 2009 en arrêtant 16 personnes. Parmi eux, seuls György Budaházy et Endre Szász étaient encore en détention provisoire (Endre Szász avait été une semaine durant remis en liberté avec assignation à résidence, avant que la justice hongroise ne change d’avis et ne décide de le remettre en détention !).

Le procureur a toutefois fait appel de cette décision de remise en liberté des deux derniers prisonniers politiques, mais la décision est tout de même applicable de suite.

Bien que le procès ait démarré depuis plusieurs mois, la justice hongroise n’a pour le moment toujours pas été en mesure de présenter de preuves probantes d’activités terroristes de Budaházy et de ses amis.

Les conditions de détention de Budaházy étaient particulièrement dures et avaient fait l’objet de nombreuses réclamations de ses avocats : mal nourri, privé de la lumière du jour car enfermé dans une cellule sans fenêtre et n’ayant qu’une promenade quotidienne d’une heure le soir tombé, Budaházy ne pouvait voir qu’une partie de famille une fois par mois (son épouse, accompagnée de seulement deux de ses trois enfants). Par ailleurs, il ne disposait que d’informations extrêmement parcellaires sur son dossier (étant notamment parfois exclu de son propre procès lors de témoignages à son encontre).

Ces dernières semaines, plusieurs « témoins » capitaux ayant initialement accusé Budaházy d’activités terroristes étaient revenus sur les aveux et avaient admis que ceux-ci avaient été obtenus sous la contrainte.

Infatigable dans la défense des nationalistes persécutés par les autorités – et particulièrement dans le cas de Budaházy – la député européenne Krisztina Morvai (sans étiquette, élue sur la liste du parti nationaliste Jobbik) avait encore effectué une interpellation au Parlement Européen (vidéo ci-dessous) deux jours avant la libération du prisonnier politique le plus célèbre de Hongrie, et préparait la visite en prison de Budaházy de plusieurs députés européens non-hongrois.

Le Jobbik s’est officiellement réjoui des libérations de György Budaházy et d’Endre Szász, et a suggéré que l’ancien Premier Ministre socialiste hongrois Ferenc Gyurcsány prenne leur place pour les mensonges électoraux avoués de la campagne de 2006 et la répression extrêmement violente des manifestations nationalistes qui avaient suivi la révélation de ses mensonges.

En attendant, pour peu qu’il reste libre, les nationalistes hongrois semblent avoir décidé de changer le slogan Szabadságot Budaházynak ! (Liberté pour Budaházy) en Amnesztiát Budaházynak ! (Amnistie pour Budaházy).

Crédit photo : DR

Les nationalistes hongrois du parti Jobbik remportent l’élection municipale partielle de Gyöngyöspata

Les nationalistes Hongrois du parti Jobbik remportent l’élection municipale partielle de Gyöngyöspata

18/07/2011 – 17h30
BUDAPEST (NOVOpress) – Petite ville de 2500 habitants située au nord-est de Budapest, Gyöngyöspata a été évoquée dans les médias du monde entier ces derniers mois : après plusieurs assassinats commis par des personnes issues de l’importante communauté Rom, des milices civiles liées pour certaines d’entre elles au parti Jobbik étaient venues défiler à Gyöngyöspata et y assurer l’ordre et la sécurité.

Gyöngyöspata
Gyöngyöspata

La communauté rom avait même été un temps déplacée du village, en raison de la tenue d’un camp d’entraînement paramilitaire d’une autre milice, Véderő, non liée au Jobbik (en Hongrie, les milices civiles municipales sont autorisées ; elles n’existent toutefois que là où elles ont leur utilité… en particulier dans le nord-est du pays).

Ces événements avaient provoqué des réactions politiques et une campagne médiatique extraordinaire autour de ce village, les médias ne cessant d’évoquer d’effroyables milices d’extrême droite venues terroriser les Roms, mais se gardant bien de mentionner l’épouvantable insécurité régnant à Gyöngyöspata.

La succession d’événements a ainsi amené le maire à démissionner, provoquant ainsi une élection municipale anticipée, qui a eu lieu ce dimanche 17 juillet 2011.

À la surprise générale des médias, c’est Oszkár Juhász, le candidat du Jobbik qui l’a assez largement emporté, avec 33% des votes, devançant le maire-adjoint sortant soutenu par le Fidesz (actuellement au pouvoir) qui a receuilli 26% des voix. Le leader de la milice nationaliste Véderő a quant à lui reçu plus de 10% des voix.

Les nationalistes Hongrois du parti Jobbik remportent l’élection municipale partielle de Gyöngyöspata
Les nationalistes Hongrois du parti Jobbik remportent l’élection municipale partielle de Gyöngyöspata

Cette nette victoire du Jobbik a montré le décalage conséquent qui peut exister entre une présentation médiatique extrêmement partiale des événements, et la réalité du vécu quotidien de la population. C’est aussi une grande avancée au niveau national pour le Jobbik, tandis que certains observateurs politiques prédisaient que l’exercice du pouvoir par les conservateurs du Fidesz amoindrirait le poids politique des nationalistes.

Juste après sa victoire, Oszkár Juhász, qui n’a cessé de recevoir applaudissements et accolades tout au long de la soirée, a déclaré à la presse qu’il s’emploierait “à débarrasser sa commune de l’insécurité et à rétablir la concorde civile entre tous les habitants de Gyöngyöspata (sous-entendu entre Hongrois et Roms), et que tous ceux désireux de s’insérer et de travailler auraient leur chance.”

[box class=”info”]Photos : barikad.hu[/box]

Une victoire sur les turcs, journée de commémoration nationale en Hongrie

Une victoire sur les turcs : jour de commémoration nationale en Hongrie
Jean Hunyadi (source : Wikipedia)
Jean Hunyadi (1387 - 1456)

11/07/2011 – 08h00
BUDAPEST (NOVOpress) – Le 22 juillet vient d’être déclaré “jour de commémoration nationale” en Hongrie par un vote unanime du parlement hongrois (à l’exception des socialistes, qui se sont abstenus), à la demande du Premier Ministre Victor Orban. C’est en effet à cette date qu’en 1456, une armée chrétienne a repoussé les envahisseurs turcs.

Après la chute de Constantinople en 1453, l’invasion turque en Europe via la Hongrie semblait inévitable. Cependant, en juillet 1456, un chef militaire hongrois, l’ancien régent Jean Hunyadi, réussit à lever une armée de 40000 hommes, composée de paysans et de croisés, et à engager les forces supérieures en nombre du sultan Mehmed II dans une bataille qui s’est soldée par la défaite cinglante du conquérant de Constantinople.

Pour commémorer cette victoire historique, le pape Calixte III décréta que les cloches des églises devaient être sonnées ce jour là à 12 heures précises dans l’ensemble de la chrétienté.

[box class=info] Source : jungefreiheit.de[/box]

Hongrie : vers la mise en place d’un “plan de travail hongrois”

Hongrie : vers la mise en place d'un "service du travail obligatoire"

06/07/11 – 19h15
BUDAPEST (NOVOpress)
– Les chômeurs hongrois devront désormais, dans le cadre d’un “plan de travail hongrois” être forcés à travailler, indépendamment des qualifications et de leurs indemnisations. On parle de projets de construction majeurs comme la création du nouveau stade de Debrecen, la plus grande ville de l’est de la Hongrie.

De plus, ces chômeurs pourraient être logés dans une “ville de conteneurs”. “Ville de conteneurs” gardée par des policiers à la retraite qui seraient utilisés comme agents de sécurité. Pour compter sur cette ressource, le gouvernement devait permettre de changer la constitution. (…) Ce projet vise notamment les Roms.

L’idée de travail forcé avait été introduite dans la campagne électorale de 2010 par le mouvement nationaliste Jobbik. Il est donc repris par le Fidesz, du Premier ministre Viktor Orban (photo).