Les anciens pays de l’Est refusent de voir la censure revenir par les médias sociaux américains

L’Observatoire du Journalisme s’était déjà fait l’écho des actions engagées en Pologne contre la censure politique et idéologique exercée par les médias sociaux américains et par le géant Google via sa plateforme YouTube. Cette censure provoque des réactions également en Hongrie et en Tchéquie.

Pologne

En Pologne, un groupe parlementaire a été créé en décembre 2019 «pour la défense de la liberté d’expression», avec notamment pour but de combattre le phénomène de la censure préventive.

Pendant la récente campagne présidentielle polonaise, le 24 juin dernier, le leader du PiS, Jarosław Kaczyński, clamait que «la Pologne est et doit rester un îlot de liberté » alors que « la liberté est menacée (…) et recule dans nombre de pays qui garantissent cette liberté sur le plan juridique et où, il y a encore peu de temps, cette liberté était effectivement préservée, elle était une pratique sociale. Mais aujourd’hui le politiquement correct et la censure de fait, et même souvent aussi de droit, qui l’accompagne conduisent à mettre en œuvre des moyens de répression contre les gens qui disent des choses inappropriées du point de vue de ce politiquement correct.» Le candidat du PiS, le président sortant Andrzej Duda (réélu le 12 juillet), avait annoncé une «Charte de la liberté sur Internet», avec la promesse d’agir contre la censure par les médias sociaux.

Hongrie

En Hongrie, la ministre de la Justice Judit Varga affirmait le 14 septembre :

Beaucoup de gens me demandent : sur la base de quelles lois et en vertu de quelles garanties de l’État de droit Facebook a‑t-il le droit de censurer des citoyens hongrois ?

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La ministre, qui sortait d’une réunion de la Commission des libertés numériques constituées au sein de son ministère, assurait travailler à « assurer que ces garanties de l’État de droit existent aussi dans l’espace numérique ». La ministre Varga avait déjà déclaré il y a un an qu’il fallait trouver un moyen de réglementer l’action des géants américains pour stopper la censure (d’où la création d’une commission spéciale au sein de son ministère) et que ce serait un des plus grands défis de la décennie à venir.

Le sujet de la censure préventive exercée par les géants américains du Net s’est toutefois propulsé sur le devant de la scène hongroise à la faveur de plusieurs cas de censure qui ont choqué les Hongrois cette année. En février, un tabloïde pro-Fidesz, Pesti Srácok, avait protesté contre le « cyber-stalinisme » de Google après la suppression de sa chaîne YouTube. En juin, un père franciscain hongrois de Roumanie voyait la retransmission de sa messe pour l’anniversaire du traité de Trianon censurée par Facebook. En août, László Toroczkai (qui avait acquis une renommée mondiale en 2015 avec sa vidéo visant à décourager les migrants de passer dans la commune frontalière dont il était maire), le leader du parti nationaliste Mi Hazánk, issu d’une scission avec le Jobbik (qui est devenu un parti centriste), annonçait qu’il allait présenter un projet de loi pour limiter « la censure politique stricte » de Facebook qui représenterait à ses yeux un risque pour la sécurité nationale dans la mesure où le réseau social américain cherche à influer sur la politique hongroise par une «censure dictatoriale». Le chef de l’office hongrois de protection des données proposait lui aussi le mois dernier une « loi Facebook » afin que les médias sociaux ne puissent exclure les utilisateurs de leurs services qu’avec un motif valable, et aussi pour que les autorités hongroises puissent renverser les décisions de censure prises par ces médias sociaux. Cette proposition a justement été formulée lors d’une session de travail de la Commission des libertés numériques du ministère de la Justice.

Tchéquie

En République tchèque, un groupe de musiciens, écrivains, universitaires, développeurs de jeux vidéos et entrepreneurs, ont récemment signé une pétition contre la censure par les médias sociaux. Les signataires de la pétition souhaitent contraindre le parlement, le gouvernement et le président à s’intéresser au problème dans la mesure où, selon eux, «la restriction de la liberté commence à faire obstacle à la compétition politique et au fonctionnement des processus démocratiques». C’est pourquoi ils exigent la création immédiate «d’une commission parlementaire avec la participation de tous les partis de la Chambre des députés ainsi que des experts juridiques. Son objectif serait de traiter les cas de citoyens et personnes morales dont les comptes ont été bloqués et les messages effacés». Il s’agirait aussi, sur la base des constatations, de modifier la loi afin d’empêcher à l’avenir ce type de censure.

D’une part, les signataires de la pétition s’inquiètent du risque d’influence des médias sociaux américains sur les élections tchèques, par le biais de la censure qu’ils exercent. D’autre part, ils considèrent qu’«il est inadmissible que des salariés mal payés travaillant aux Philippines, qui ne parlent souvent pas la langue et se basent sur des traductions automatiques, décident de ce qui est vrai et de ce qui n’est pas vrai. Il est inadmissible que, sur la base d’instructions inconnues, un étudiant anonyme employé à temps partiel détermine quelles opinions politiques peuvent être diffusées». En juillet dernier, YouTube avait suspendu la chaîne du parti Liberté et Démocratie directe (SPD) du Tchéco-Japonais Tomio Okamura, qui a 20 représentants à la Chambre des députés, apparemment à cause de ses vidéos critiquant l’immigration de masse. Okamura avait réagi en appelant cette décision une « attaque grossière contre la liberté d’expression » et « contre les droits civiques fondamentaux », une attaque qui « fausse la libre compétition entre les partis politiques garantie par la Constitution tchèque ».

D’une manière générale, dans ces trois pays qui ont déjà connu la censure communiste, la censure des géants américains du Net vise surtout les opinions classées à droite, les opinions conservatrices, chrétiennes, souverainistes, patriotiques, etc.
Curieusement, le même genre d’opinions qui étaient interdites sous la dictature communiste. Alors que la France et l’Allemagne cherchent à renforcer leur arsenal juridique pour contraindre les médias sociaux à accentuer leur censure préventive, les anciens pays de l’Est s’inquiètent pour leurs libertés durement acquises à un moment où ils voient ces libertés reculer à l’Ouest.

Article repris du site OJIM

Viktor Orbán : “L’Europe occidentale souhaite un monde métissé et vivre ensemble avec des étrangers. Nous préférons rester hongrois”

Dix ans de gouvernements Orbán en Hongrie

Il y a dix ans, le 29 mai 2010, Viktor Orbán et son parti, le Fidesz, formaient un gouvernement après huit ans passés dans l’opposition. Auparavant, Orbán avait déjà occupé le poste de Premier ministre pendant quatre ans, de 1998 à 2002. Le tournant qui conduisit à la victoire éclatante du Fidesz en 2010 s’opéra en 2006, quand, un mois après les élections à nouveau remportées par la gauche et les libéraux, un enregistrement du Premier ministre hongrois Ferenc Gyurcsány fut diffusé à la radio dans lequel on entendait cet ex-communiste devenu oligarque dire : « Nous n’avons rien fait pendant quatre ans. Rien. Vous ne pouvez pas me citer un seul exemple d’une action sérieuse du gouvernement dont nous pourrions être fiers, si ce n’est que nous avons repris le pouvoir avec de la merde. […] Depuis un an et demi, nous mentons matin, midi et soir. » S’ensuivirent des manifestations qui furent brutalement réprimées par les autorités et tournèrent à l’émeute, conduisant même à l’assaut d’une foule excédée contre le siège de la télévision publique. Puis vint la crise financière de 2007 alors que la Hongrie affichait déjà un déficit budgétaire de 9,6 % du PIB en 2006, année électorale oblige, et ensuite les plans de rigueur sous la coupe du FMI.

Arrivés au pouvoir avec une majorité constitutionnelle des deux tiers au Parlement, le Fidesz et son chef allaient mener les réformes au pas de charge, ce qui leur vaudra très rapidement les attaques de l’UE et des médias européens. Cela commença par une nouvelle constitution pour remplacer celle rédigée par Staline en personne, toujours en vigueur sous une forme modifiée. Le préambule de la nouvelle constitution commençant par les mots « Dieu, bénis les Hongrois », la mention du mariage en tant qu’union d’un homme et d’une femme, et le rappel de la présence de Hongrois au-delà des frontières de la Hongrie – héritage du traité de Trianon – suffirent pour que la nouvelle loi fondamentale fût considérée comme imprégnée de cléricalisme, d’homophobie et de nationalisme.

Evitant toujours la confrontation frontale, sachant reculer d’un pas après avoir avancé de trois, fort de ses excellentes relations avec des personnalités européennes de premier plan, Viktor Orbán s’est montré un adversaire redoutable et il a jusqu’ici remporté toutes les manches. Lui et son parti, le Fidesz, ont su, à partir de la défaite de 2002 et après le retour au pouvoir en 2010, imposer un vrai pluralisme médiatique – chose insupportable pour les partisans de la pensée unique et du politiquement correct – et modifier ainsi durablement le rapport de force. Affichant de bons résultats économiques avec des déficits en baisse malgré des politiques natalistes très volontaristes, ayant réduit le chômage à presque rien et redonné à la Hongrie une des plus fortes croissances du continent avant la crise sanitaire actuelle, ayant su également défendre les frontières contre l’assaut migratoire en 2015-2016, l’homme d’Etat hongrois a conduit son parti conservateur et ses alliés chrétiens-démocrates à deux nouvelles victoires écrasantes, en 2014 et 2018.

En 2012, venu répondre aux reproches du Parlement européen, Orbán avait résumé ainsi son programme : « Nos idéaux sont chrétiens. Ils s’appuient sur la responsabilité de l’individu, les sentiments nationaux positifs sont pour nous importants et nous considérons la famille comme le fondement de l’avenir. » Lucide, il avait encore ajouté : « Peut-être sommes-nous minoritaires en Europe, mais nos convictions sont malgré tout européennes et nous avons le droit de les défendre. » Les défendre, c’est ce qu’il fait depuis maintenant dix ans avec le soutien d’une large majorité d’électeurs hongrois.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 28 mai 2020

Lancement de l’Observatoire du journalisme hongrois

Le lundi 6 janvier 2020 à 10h00 était mis en ligne à Budapest le site de la Fondation pour la transparence du journalisme ojim.hu, en lien avec l’Ojim. Après plus d’une année de gestation, quelques voyages entre Paris et Budapest, une jeune équipe enthousiaste est constituée avec un site qui s’inspire de celui de la France mais avec son style propre.

Des points communs

Le logo, les portraits de journalistes, une partie des codes couleurs, la volonté de sortir du ronron et de l’entre-soi du monde libéral libertaire, l’exigence de rester factuel et au plus près du réel, le souhait de voir le journalisme gagner en qualité comme en pluralisme idéologique et ainsi mériter de nouveau le respect du public, tels sont les traits communs entre ojim.fr et ojim.hu

Et des différences

Le site hongrois est édité par une fondation (une association en France), le graphisme est plus jeune avec un recours plus fréquent au dessin. Pour des raisons de langue et de différences culturelles entre les deux pays, la rédaction hongroise est indépendante de celle de Paris et pleinement responsable de ses choix éditoriaux, même si les deux rédactions partagent la même philosophie.

L’équipe de Transzparens Újságírásért Alapítvány (Fondation pour la transparence du journalisme) est dirigée par Partos Bence (en hongrois le nom de famille est placé en premier), docteur en psychologie, 26 ans. Il est assisté dans l’équipe de départ de Pongracz Balint, Teszary Miklos et Szekely David qui sont de la même génération.

Le site a publié six portraits de journalistes, trois considérés comme proches du pouvoir et trois proches de l’opposition pour garder un équilibre. L’équipe organise le 2O janvier un débat entre deux journalistes hongrois connus Apati Bence de Magyar Nemzet un journal conservateur et Planko Gergö de l’influent site internet 444 financé en partie par George Soros. Nous publierons dans les prochains jours une étude fouillée sur les médias hongrois où l’on verra que le pluralisme y est plus respecté qu’en France contrairement à ce qu’écrivent tous les jours les médias de grand chemin. Longue vie à la Transparens Ujsagirasért Alapitvany dont nous rendrons compte régulièrement des activités.

Article repris du site OJIM

Viktor Orban lance sa campagne pour les Européennes

09/04/2019 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
C’est dans un discours offensif que le premier ministre Hongrois a lancé campagne pour les élections européennes de son parti le Fidesz. Pour lui, « Les millions de clandestins arrivés en Europe menacent la sécurité et l’identité chrétienne des Européens. Les Anglais s’en vont, et les migrants sont là. »

Mais que propose-t-il ?

Il a listé sept mesures d’urgences parmi lesquelles « Retirer la gestion de l’immigration aux bureaucrates bruxellois et la rendre aux gouvernements nationaux » ou « Que les instances compétentes – essentiellement le Parlement européen et le Conseil européen – placent des dirigeants opposés à l’immigration à la tête des institutions de l’Union ». Il charge encore le président de la fondation Open Society, Georges Soros, qu’il accuse régulièrement de favoriser et même d’organiser l’immigration. Mais Viktor Orban ne propose pas seulement des choses contre les immigrés clandestins mais propose aussi des mesures pour la défense des siens. Il propose notamment « Personne ne devra faire l’objet de discrimination négative en Europe pour s’être affirmé chrétien ».

Que disent les sondages ?

Ils donnent le parti au pouvoir largement en tête. Il faut dire que la position forte et assumée de Viktor Orban plaît à son peuple. Issu de la campagne, il est encore lié à son peuple dont il comprend l’attente la plus importante : rester hongrois. C’est pourquoi Marine Le Pen, Mattéo Salvini cherche à se rapprocher de lui.

Cependant, avec seulement 22 sièges pour la Hongrie contre 79 pour la France ou 96 pour l’Allemagne cela ne devrait pas trop changer la donne au Parlement européen.

En effet. Il faut que nos auditeurs se rendent compte que depuis les premières élections en 1979 le groupe à droite traditionnelle où siègent Les Républicains aujourd’hui et le groupe de gauche où siège le PS se partagent la présidence du parlement. Il faudrait donc plus de 354 députés européens populistes pour renverser l’ordre établi des copinages entre la droite et la gauche européenne.

La droite européenne suspend le Fidesz, le parti de Viktor Orban

21/03/2019 – EUROPE (NOVOpress)
Le Parti populaire européen (PPE) a voté le 20 mars la suspension avec effet immédiat du parti du Premier ministre Hongrois Viktor Orban, le Fidesz.

En cause, une campagne jugée diffamatoire du Fidesz envers l’Union Européenne et Jean-Claude Juncker et diffusée en Hongrie le 19 février dernier.

Cette exclusion du parti hongrois Fidesz, présidé par Viktor Orban, pourrait ainsi entraîner une diminution de l’influence globale du PPE, car l’homme fort de la Hongrie ne compte pas en rester là. Ce dernier pourrait se tourner vers le parti polonais ultraconservateur « Droit et Justice » dans l’optique de former un nouveau groupe autour de valeurs communes. Cela créerait un appel d’air pour tous les partis conservateurs qui, au sein du Parlement, sont fatigués de composer sans cesse avec le politiquement correct de leurs groupes. L’exclusion de Viktor Orban pourrait donc marquer le début d’un renouveau du conservatisme européen, au cœur des institutions de l’Union.


[reportage] Hongrie : le refus du Grand remplacement

11/02/2019 – EUROPE (NOVOpress)
Affichant un des taux de natalité les plus bas d’Europe, la Hongrie est confrontée à une pénurie de main-d’œuvre et au départ de ses jeunes actifs, attirés par des salaires plus élevés à l’étranger.

Mais pour le Premier ministre Viktor Orbán, il est hors de question d’avoir recours aux migrants pour occuper les postes restés vacants et faire tourner l’économie. Sous son impulsion, la Hongrie a mis en place une politique nataliste volontariste.

Les familles nombreuses sont chouchoutées et les Hongrois sont incités à faire plus d’enfants, le tout dans le respect des valeurs traditionnelles.


Le quotidien historique « Nation Hongroise » de la droite renaît et apparaît de nouveau en kiosque

08/02/2019 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Le quotidien iconique Magyar Nemzet fondé en août 1938 pour combattre l’influence allemande et les dérives de l’influence du gouvernement sur les médias privés fut fermé aux lendemains des législatives du printemps 2018. Ce journal a connu un basculement majeur dans l’opposition le 6 février 2015 suite à la prise de position de son propriétaire de l’époque, Lajos Simicska (un sympathisant de Viktor Orban) qui déclarait une « guerre totale » au gouvernement après une taxe envisagée de 5% sur les médias privés.

C’est ainsi à une date symbolique que le journal apparaît de nouveau en kiosque, réaffirmant « son attachement aux valeurs conservatrices, aux traditions centre-européennes et aux intérêts nationaux ».

Décriée par tous les titres d’oppositions, Magyar Nemzet est assimilé à une « prise de guerre » avec laquelle Viktor Orban s’affiche d’ailleurs sur Facebook.

La politique nataliste ambitieuse d’Orban pour remédier au déclin démographique hongrois

06/02/2019 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Viktor Orban nous montre un exemple de mesures pour augmenter la natalité de son pays sans avoir recours à l’immigration ! Ainsi, la Hongrie met en place la gratuité des crèches, ainsi qu’une prime à la construction de leurs maisons pour les couples qui s’engagent à avoir des enfants.

De cette façon, un couple peut s’engager à avoir trois enfants en dix ans afin de toucher la prime d’état maximale.

Pour le secrétaire d’État hongrois à la Famille, « En Hongrie, nous pensons que l’immigration ne devrait pas être une solution aux défis démographiques. […] Il s’agit de notre avenir, nous demeurons des Hongrois en Hongrie ou nous cessons d’exister ».

Le gouvernement d’Orbán boycotte le Parlement européen, par Olivier Bault

Enième débat sur la Hongrie au Parlement européen mercredi dernier. Le gouvernement hongrois avait cette fois refusé d’y participer. Et pour cause, les reproches adressés à Budapest par les députés des groupes de gauche et de la fausse droite sont les mêmes que depuis huit ans alors que les électeurs hongrois ont déjà eu l’occasion de faire connaître leur propre opinion majoritaire dans les urnes en reconduisant Viktor Orbán en 2014 et 2018 (49 % des voix pour la coalition Fidesz-KDNP aux élections d’avril 2018).

L’autre raison du boycott du gouvernement d’Orbán était l’intervention du premier vice-président de la Commission, le travailliste néerlandais Frans Timmermans dont le parti a en revanche été durement sanctionné aux dernières élections législatives dans son pays, avec seulement 5,7 % des voix contre 24,8 % en 2012. Ne pouvant plus espérer se faire élire chez lui, reste à M. Timmermans l’espoir d’une nomination au poste de président de la prochaine commission. Selon le mécanisme du Spitzenkandidat non prévu dans les traités mais inauguré pour la nomination de Jean-Claude Juncker en 2014, le Parlement européen propose au Conseil européen son candidat à ce poste, et M. Timmermans est le candidat proposé par le groupe socialiste. La Hongrie, comme la Pologne, reproche au vice-président de la Commission chargée de l’amélioration de la législation, des relations interinstitutionnelles, de l’Etat de droit et de la charte des droits fondamentaux de mener sa campagne politique sur son dos.

Pendant la discussion de mercredi au Parlement européen, le Néerlandais a en effet à nouveau lancé ses accusations, toujours populaires auprès de la majorité des députés au Parlement européen qui supportent mal les gouvernements conservateurs, d’atteintes aux droits fondamentaux en Hongrie, de mauvais traitements à l’égard des Roms, de violation de l’indépendance du système judiciaire, d’influence excessive du gouvernement sur les médias, etc.

La Commission a d’ailleurs lancé une procédure contre la Hongrie qui devrait bientôt aboutir devant la Cour de justice de l’UE à propos des fameuses lois « anti-Soros » adoptées l’année dernière afin de lutter contre ces ONG qui favorisent l’immigration illégale.

Commission et députés ont appelé les Etats membres à se saisir de la procédure de sanctions contre la Hongrie lancée en septembre dernier par le Parlement européen, ce que les gouvernements nationaux ne sont pas pressés de faire. Il est vrai que pour lancer cette procédure sans disposer de la majorité des deux tiers prévue dans les traités, la présidence du Parlement avait choisi, en toute illégalité, de ne pas compter les abstentions. Quand on veut faire respecter l’Etat de droit chez les autres, il faut commencer par soi-même !

Pour le gouvernement hongrois, les vraies motivations de ce énième « débat » sont ailleurs. Il s’agit de maintenir les pressions sur un pays qui refuse d’ouvrir ses frontières à l’immigration. Zoltán Kovács, secrétaire d’Etat pour les communications et les relations internationales, l’a exprimé très clairement : « la gauche et les partisans d’une politique d’immigration libérale » ont « kidnappé » les institutions européennes, et le débat de mercredi est « de toute évidence une campagne politique ».

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 1er février 2019

Manifestations en Hongrie et mensonges des médias

Les grands médias français, qui reprennent sans hésiter les éléments de communication du ministère français de l’Intérieur quand il s’agit de parler des manifestations des Gilets jaunes, font tout le contraire pour évoquer des manifestations en Pologne et en Hongrie : ils se transforment alors en caisse de résonance de l’opposition la plus radicale à des gouvernements pourtant issus d’élections plus démocratiques que les dernières élections présidentielles françaises caractérisées par l’intervention du parquet financier socialiste et de juges d’instruction connus pour leur affiliation à gauche.

Il n’en est pas autrement en ce qui concerne les actuelles manifestations contre le gouvernement de Viktor Orbán qui se déroulent en ce moment à Budapest. Si ces manifestations sont réelles, l’image qui en est donnée par les médias mainstream occidentaux est fortement déformée. Mais c’est normal, puisque en Hongrie ceux qui protestent contre le gouvernement sont les adeptes de la gauche et de l’idéologie progressiste, c’est-à-dire les amis de Macron appuyés par les ONG financées, entre autres, par l’Open Society Foundations (OSF) de George Soros. Et s’ils étaient une bonne dizaine de milliers dimanche dernier, dont moins de 3 000 ont poursuivi leur mouvement en se rendant à la télévision publique, leurs actions violentes sont rejetées par 80 % de la population. C’est donc la situation inverse de celle observée ces derniers temps en France.

Les médias français mentent aussi sur la loi à l’origine de ces manifestations. Tout est parti de l’adoption par le parlement hongrois, le 12 décembre, d’une loi sur le travail qui fait passer de 250 à 400 le nombre d’heures supplémentaires qu’un employeur peut exiger de ses salariés. Cela ne concernera qu’une petite minorité de travailleurs, et c’est pour répondre à la pénurie de main-d’œuvre : peu d’immigration, natalité en hausse mais toujours très faible, avec en moyenne 1,45 enfant par femme, chômage à 3,6 % de la population active, croissance du PIB supérieure à 4 %… La nouvelle loi permet aussi aux conventions collectives d’autoriser un calcul du temps de travail hebdomadaire (40 h) sur une période de 36 mois au lieu de 12, pour plus de flexibilité. Les médias français et européens, tels BFM TV et Euronews, prétendent, en reprenant les bobards diffusés par l’opposition hongroise la plus radicale, que les heures supplémentaires seront désormais payées au bout de trois ans, ce qui est faux ainsi que nous l’apprend depuis Budapest le correspondant du Visegrád Post, le site de réinformation sur l’Europe centrale, dans une analyse détaillée de la situation publiée jeudi matin.

Le Visegrád Post publie aussi les vidéos dévoilant les manipulations opérées par les députés de l’opposition qui se sont volontairement couchés à terre sur le ventre, les mains derrière la nuque, pour filmer les « répressions » du « régime » d’Orbán. Des mises en scène plutôt grossières, mais qui marchent quand on peut compter sur la collaboration des grands médias étrangers. Ces députés refoulés par le service d’ordre de la télévision publique prétendaient faire irruption dans le direct pour y lire leurs demandes : l’annulation de la loi « esclavagiste » sur les heures supplémentaires, moins d’heures supplémentaires pour les policiers et les fonctionnaires, des tribunaux indépendants, l’adhésion par la Hongrie au Parquet européen et des médias publics indépendants (alors que les médias privés restent majoritairement antigouvernementaux en Hongrie). La pétition porte le logo du parti libéral-libertaire et eurofédéraliste Momentum qui avait obtenu moins de 3% des voix aux élections législatives d’avril.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 20 décembre 2018

Peter Szijjarto, chef de la diplomatie hongroise : “La Hongrie ne sera jamais un pays d’immigrés”

21/09/2018 – EUROPE (NOVOpress)
Peter Szijjarto, chef de la diplomatie hongroise, a récemment déclaré :

La Hongrie ne sera jamais un pays d’immigrés. Nous protégerons toujours la sécurité du peuple hongrois. Nous ne permettrons jamais qu’un seul immigré illégal entre sur le territoire de notre pays”. L’homme s’est exprimé ainsi hier devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève. Il accuse également l’ONU de répandre des mensonges à propos de la politique migratoire de son pays et de vouloir mettre la Hongrie “sous tutelle”.


La Hongrie, partenaire-clé pour la Russie

19/09/2018 – INTERNATIONAL (NOVOpress)
Sourire et poignée de mains chaleureuse entre Vladimir Poutine et le Premier ministre hongrois Viktor Orban. C’est la 7e fois que les deux hommes se rencontrent depuis 2014. L’occasion d’échanger sur l’état de leur relations bilatérales, ainsi que sur l’impact des sanctions de l’UE contre Moscou.

“La Hongrie est sans aucun doute l’un de nos partenaires principaux en Europe. Nos relations se développent dans tous les domaines. Les commissions intergouvernementales de nos deux pays travaillent activement ensemble, des relations inter-régionales se développent aussi, les liens économiques et commerciaux montrent des dynamiques positives”, estime Vladimir Poutine le président russe.

Viktor Orban a remercié le président russe pour le maintien de relations bilatérales solides entre leurs deux pays.

La Hongrie a besoins de partenaires bons et capables. Je suis très content que nos relations soient stables et équilibrées depuis des années. On ne peut pas dire que les conditions internationales soient toujours favorables à notre coopération mais toutes les choses désagréables existent pour que nous les combattions ensemble. Et nous avons réussi.

Viktor Orban fait partie de ces politiciens qui réclament la levée des sanctions contre la Russie.


Victor Orban réagit au vote du Parlement européen

Hongrie viktor-orban

17/09/2018 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Le Premier ministre conservateur hongrois Viktor Orbán était ce mardi 11 septembre 2018 au Parlement européen de Strasbourg pour s’exprimer dans les discussions portant sur le rapport Sargentini – du nom de sa rédactrice principale Judith Sargentini, députée européenne de la Gauche verte – qui dénonce la situation de « l’État de droit » en Hongrie. Il est demandé à l’encontre de la Hongrie l’activation de l’article 7 du Traité sur l’Union européenne, qui vise à suspendre un certain nombre de droits de l’État-membre ciblé, comme par exemple le droit de vote au sein des institutions de l’UE.

Orban, dans son discours, rappelle l’autonomie procédurale des Etats membres ;

Chaque nation et État-membre a le droit de déterminer comment organiser sa vie dans son propre pays. Nous défendons nos frontières, et nous seuls déciderons avec qui nous vivrons. Nous avons bâti une barrière, et avons arrêté les centaines de milliers d’immigrants. Nous avons défendu la Hongrie, et nous avons défendu l’Europe.

Il n’exprime pas le souhait pour la Hongrie de quitter l’UE, mais préviens les autorités ;

Nous Hongrois sommes prêts pour les élections européennes de l’an prochain, où enfin les gens pourront décider du futur de l’Europe, et pourront ramener la démocratie dans la politique européenne.

Vote du Parlement Européen contre Victor Orban après le rendu du rapport Sargentini

14/09/2018 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Le Parlement européen a voté des sanctions contre la Hongrie d’Orban. Et ce, en suivant les recommandations d’un rapport qui selon les autorités hongroises étaient remplies d’imprécisions et de contre-vérités. En effet, pour ne citer que quelques exemples il est reproché au gouvernement hongrois que les nouveaux manuels scolaires dépeignent principalement les femmes comme des mères et des épouses, ou bien il est reproché aux autorités hongroises un manque de prudence en plaçant dans le même centre de migrants un migrant LGBT et d’autres migrants

Quelles sont les leçons du vote ?

Ce vote était pour activer l’article 7 afin supprimer le droit de vote de la Hongrie dans les institutions européennes. Clairement il y a un éclatement du groupe Parti Populaire Européen (PPE) soit la droite classique dans laquelle siège les députés Les Républicains pour la France. Concernant les députés français de ce groupe, dont la consigne était de voter contre le rapport, ils sont seulement trois dont Nadine Morano à avoir suivi la consigne. Avec pour le groupe seulement les deux tiers votant en faveur du rapport contre la Hongrie, le bloc se fissure un peu. La consigne pour les Français et le résultat du vote sont donc inversés. Fait notable de cette séance de vote c’est l’abandon par Sebastian Kürz de la Hongrie, sûrement dû a des intérêts énergétiques.

La fracture idéologique pour les européennes de juin 2019 serait elle donc posée ?

Absolument. Après le déplacement de Viktor Orban en Italie et sa bonne entente avec Matteo Salvini, ils avaient déjà dénoncé ensemble l’Europe de Macron. Si le PPE éclate et que la partie votant contre lui rejoint les centristes et les libéraux, alors le Parlement sera majoritairement sur la ligne Macron, pro mondialisation et immigration. Si au contraire c’est la ligne Orban-Salvini-Le Pen-Seehoofer qui l’emporte, alors tout sera différent. Si vous voulez plus de détails n’hésitez pas à consulter l’excellent site de réinformation le Visegrad

Budapest criminalise l’aide aux « immigrés illégaux» et taxe les ONG immigrationnistes

22/06/2018 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Le gouvernement hongrois vient d’introduire un dispositif législatif criminalisant les activités d’aide aux immigrés illégaux commises par des activistes et permettant de prélever une taxe de 25 % sur le financement étranger des ONG soutenant l’immigration illégale. Les sommes ainsi collectées serviront à renforcer la protection des frontières de l’UE. Ce projet vient d’être adopté à une écrasante majorité (160 voix contre 18) par le parlement malgré les mises en garde de diverses institutions telles que l’OSCE, du Conseil de l’Europe et, bien sûr, Amnesty International.

Cet ensemble de mesures, dénommé «Stop-Soros», fait partie d’un plan gouvernemental de lutte contre l’influence des réseaux libéraux-libertaires de George Soros qui jouit de l’appui de la quasi-totalité des 2,3 millions de citoyens hongrois consultés.

Toute organisation soutenant l’immigration illégale grâce à des ressources financières étrangères, sera enregistrée et obligée de rendre compte de son activité.
Une taxe de 25 % sur leurs financements étrangers leur sera alors imposée et les sommes collectées seront investies dans la protection des frontières.
Il sera possible de poursuivre tout participant à l’organisation de l’immigration clandestine. Cette mesure restera en vigueur jusqu’à la fin de la crise migratoire.

Un exemple courageux à méditer…

Hongrie : Viktor Orban cible les ONG pro-immigration

21/06/2018 – EUROPE (NOVOpress)
La nouvelle loi hongroise criminalisant les ONG qui aident les migrants a été critiquée mercredi à Bruxelles.

En Hongrie, les ONG sont désormais pénalement et financièrement menacées. Les immigrationnistes y voient une nouvelle provocation de Budapest en pleine journée internationale des réfugiés.

Iverna McGowan, Amnesty international-Europe, a ainsi déclaré :

Les peuples sont confrontés a des facteurs complexes dans toute l’Europe. Or, ils essaient de trouver un bouc émissaire à tous ces problèmes, d’autant que le problème est inexistant en Hongrie. Il s’agit donc d’une campagne de propagande qui vise à stigmatiser les personnes qui défendent les droits, qui défendent la justice, qui défendent ce qui est juste.