La Hongrie, n° 1 européen pour les mariages

mariage couple

Selon les statistiques Eurostat publiées le 16 mai dernier, avec 6,88 mariages pour 1 000 habitants en 2020, la Hongrie est le pays où l’on se marie le plus de toute l’Union européenne. La Lettonie est en deuxième position avec 5,63 mariages pour mille habitants, suivie de la Lituanie avec un taux de 5,47. La moyenne de l’UE est de seulement 3,2. Sur le plan des divorces, en revanche, la Hongrie, avec 1,52 divorce pour 1 000 habitants en 2020, est légèrement en dessous de la moyenne européenne de 1,6. Dans toute l’UE, il y a eu en 2020 environ 1,4 million de mariages et 700 000 divorces.

Et la France dans tout cela ? Avec 2,19 mariages pour 1 000 habitants, notre pays se situe dans le peloton de queue malgré l’extension de ce type d’unions aux couples unisexes, ce qui n’est bien sûr pas le cas en Hongrie. Les autres pays latins sont encore plus à la traîne, avec 1,91 mariage pour 1 000 habitants en Espagne en 2020, 1,84 au Portugal et 1,63 en Italie.

Au niveau de l’UE, le nombre de mariages a chuté de 8 pour 1 000 habitants en 1964 à 3,2 en 2020. Alors certes, 2020 a été l’année des confinements, mais visiblement cela n’a pas empêché les Hongrois de se marier encore plus que les années précédentes, qui étaient déjà des années record.

Toujours en Hongrie, le taux d’avortements a poursuivi sa baisse en 2020. Une baisse entamée en 2010, à l’arrivée au pouvoir de la coalition du Fidesz de Viktor Orbán du petit parti chrétien-démocrate KDNP, avec 16,9 avortements pour 1 000 femmes âgées de 15 à 49 ans en 2010 et « seulement » 10,8 en 2020 (contre 14,4 en France), dernière année où les statistiques sont disponibles à ce jour (la publication des données pour 2021 est annoncée pour la fin juillet sur le site de l’office hongrois de la statistique). En ce qui concerne les mariages en revanche, les statistiques pour 2021 sont déjà disponibles et l’on sait donc que le nombre de mariages a continué d’augmenter en Hongrie en 2021, avec 72 000 mariages dans ce pays de 9,7 millions d’habitants contre un peu moins de 67 000 l’année précédente qui est la dernière prise en compte dans les statistiques Eurostat citées plus haut.

Contrastant avec le reste de l’UE, France comprise, la Hongrie a maintenu son niveau de naissances en 2021 par rapport à 2020. Or 2020 avait marqué une nouvelle progression du taux de fécondité moyen des femmes hongroises, à 1,56 enfant par femme contre 1,49 de 2016 à 2019 et 1,25 en 2010, année de l’arrivée au pouvoir du Fidesz.

Il se confirme donc avec le recul que les politiques familiales généreuses des gouvernements successifs de Viktor Orbán ont un effet à la fois sur la hausse du nombre de mariages, la baisse du nombre de divorces, la hausse de la natalité – même si celle-ci reste largement insuffisante – et la réduction très significative du nombre d’avortements. Et pourtant, l’avortement reste librement accessible en Hongrie jusqu’à la 12e semaine de gestation et la coalition au pouvoir ne semble pas pressée de changer cela. Lorsque le parti nationaliste Mi Hazánk (« notre patrie ») a voulu proposer en mai au Parlement une mesure qui obligerait à montrer à une femme souhaitant avorter l’image de son bébé à l’échographie avant qu’elle ne confirme sa décision, le gouvernement a préféré botter en touche en avançant que le nombre d’avortements était aujourd’hui au plus bas depuis 1954 tandis que les politiques familiales des douze dernières années ont permis la naissance de 125 000 enfants supplémentaires.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 2 juin 2022

Viktor Orbán : « Cette décennie sera une ère de danger, d’incertitude et de guerre. »

Viktor Orbán

Découvrez des extraits – choisis et traduits par la rédaction du Visegrád Post – du discours d’investiture de Viktor Orbán pour son 5e mandat de Premier ministre hongrois.

Sans grande surprise suite aux élections législatives du 3 avril dernier qui avaient amené une nouvelle victoire électorale du Fidesz avec 54,1 % des voix et surtout 135 députés (sur 199), soit une nouvelle majorité des deux tiers pour le parti conservateur hongrois au pouvoir sans interruption depuis 2010, Viktor Orbán a été réélu, ce lundi 16 mai, pour un cinquième mandat de Premier ministre de la Hongrie par 133 voix contre 27.

Après le vote des députés qui lui ont accordé leur confiance pour la quatrième fois consécutive, Viktor Orbán s’est adressé, comme de coutume, au Parlement :

« Mes premiers mots sont des remerciements. Je remercie mes collègues députés pour leur soutien. Merci pour la confiance de l’électorat. J’ai été élu par les membres du Parlement, mais je n’oublierai pas que le mandat vient des électeurs, du peuple hongrois.

[…] Nos opposants ont fait en sorte que l’élection se déroule sous une surveillance internationale et nationale sans précédent. Tout le monde a pu constater que la Hongrie est un pays où il n’y a pas et où il ne peut y avoir de fraude électorale. Je remercie les militants de l’opposition pour leur travail de surveillance, qui a contribué à protéger la réputation de la Hongrie et la confiance du public dans la démocratie hongroise. […]

Après douze ans de gouvernement, nous avons obtenu la majorité absolue des voix. Je m’efforcerai de mériter cette énorme confiance, qui est sans précédent dans toute l’Europe.

L’occident est entré dans une ère de danger, d’incertitude et de guerre

[…] L’Europe, l’homme occidental, et avec lui la Hongrie, nous, le peuple hongrois, sommes entrés dans une ère de danger. Cette décennie sera une ère de danger, d’incertitude et de guerre. La décennie a commencé par l’épidémie de coronavirus et s’est poursuivie par la guerre. La guerre et la politique européenne de sanctions […] ont créé une crise énergétique. La crise énergétique et les hausses des taux d’intérêt américains se sont combinées pour donner naissance à une ère de forte inflation. Tout cela va entraîner une période de récession, de déclin économique, avec une alternance d’années de baisse, de stagnation et de performances économiques médiocres en Europe. […]

Le grand remplacement est un suicide pour l’Europe

Les migrations vers les pays riches vont s’intensifier telle une force tectonique. […] Je considère le grand programme européen d’échange de population, qui vise à remplacer les enfants chrétiens européens manquants par des adultes et des migrants d’autres civilisations, comme une […] tentative de suicide. […]

« Cette guerre n’aurait jamais dû commencer »

La guerre russo-ukrainienne en est à son quatre-vingt-deuxième jour. Cette guerre n’aurait jamais dû commencer.

[…] Aujourd’hui, l’Europe n’a aucun moyen de gérer le conflit dans son voisinage. Faute de force et de moyens, les dirigeants du continent sont convaincus que les sanctions européennes peuvent mettre la Russie à genoux. C’est possible sur le papier, et de nombreux politiciens sur papier brandissent une sorte de preuve théorique. Mais j’ai beau essayer de me souvenir, je ne peux penser à aucun blocus continental qui ait été efficace. […]

La Hongrie ne bloquera pas les sanctions dans l’intérêt de l’unité européenne, tant qu’elles ne franchissent pas la ligne rouge de l’autodéfense de l’économie hongroise, c’est-à-dire tant qu’elles ne menacent pas la sécurité énergétique de la Hongrie.

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Nouveau succès écrasant de Viktor Orbán en Hongrie : pourquoi un tel résultat ?

Viktor Orbán

Dimanche 3 avril se tenaient des élections législatives en Hongrie. Pour la quatrième fois d’affilée, la formation politique de Viktor Orbán remporte une majorité des deux tiers au Parlement. Afin de comprendre ce triomphe inattendu, remettons brièvement le scrutin de dimanche en perspective.
Découvrez cette analyse de Thibaud Gibelin, essayiste, professeur invité au Mathias Corvinus Collegium, auteur de Pourquoi Viktor Orban joue et gagne – Résurgence de l’Europe centrale.

Du retour au pouvoir à 2018

– En 2010, le Fidesz revient au pouvoir après huit années calamiteuses aux affaires de la coalition libérale-socialiste, marquées par des scandales de corruption, des manifestations réprimées par la police (2006), et bien surtout le marasme économique et le recours à un prêt du FMI.
– En 2014, la majorité constitutionnelle des deux tiers est renouvelée de justesse selon la carte électorale et le mode de scrutin modifiés par les réformes constitutionnelles. Désormais, le Parlement hongrois compte 199 sièges : 106 pourvus par autant de circonscriptions et 93 acquis selon un scrutin de liste. Les électeurs votent donc deux fois, pour leur député local et pour la liste de leur choix. Les Hongrois du bassin des Carpates participent seulement au scrutin de liste.
– Même l’obtention de la majorité absolue n’était pas garantie, puisque la « révolution conservatrice » paraissait anachronique et révoltante aux yeux de très nombreux observateurs. Les Hongrois en jugèrent autrement.
– En 2018, l’incertitude est maximale la veille du scrutin. L’évènement majeur de la législature écoulée, la crise migratoire, rebat les cartes. Viktor Orbán a assumé une position forte, clivante et minoritaire sur le refus de l’immigration extra-européenne et des quotas. Privé de marge de manœuvre et pressé d’arriver au pouvoir, le parti d’extrême-droite Jobbik se dit prêt à gouverner avec l’opposition de gauche. Le Fidesz fait campagne avec la slogan trumpien « pour nous, c’est la Hongrie en premier », rejetant l’opposition comme autant de forces inféodées à « l’empire Soros ». La forte participation le jour de l’élection est interprétée par les observateurs occidentaux comme un sursaut démocratique pour chasser Viktor Orbán : c’est l’inverse qui se produit. Le Fidesz renouvelle sa majorité des deux tiers.

La situation en 2022

– Traumatisée par des échecs à répétition, l’opposition a décidé de se coaliser. Les diverses tendances de gauche et l’extrême-droite repentie choisissent à l’automne 2021 le conservateur indépendant Péter Márki-Zay pour mener une liste commune. Face aux scores cumulés de l’opposition, le Fidesz peut effectivement être mis en minorité. Le profil de Péter Márki-Zay, catholique et père de famille nombreuse, doit même séduire la base électorale du Fidesz.
– Une fois encore, rien ne se passe comme prévu. Les partis d’opposition ne veulent rien perdre de leurs prérogatives, la rédaction d’un programme commun s’avère une gageure, Márki-Zay passe pour un prête-nom à la fois sans autorité sur ses puissants soutiens et maladroit dans ses déclarations décousues et unilatérales. De plus, le Jobbik perd son identité politique dans cette coalition, ce qui offre une fenêtre de tir au jeune parti nationaliste Mi Hazank, qui a fait de la défense des libertés face à la « dictature covidique » un de ses chevaux de bataille.
– Les deux blocs reste au coude à coude jusqu’à mi-décembre, fluctuant avec une très faible amplitude entre 43 et 47%, les points restants vont aux indécis revendiqués et aux petites formations alternatives. Le Fidesz dégage depuis le début de l’année une mince mais constante avance. Quand Viktor Orbán s’impose comme champion de la paix face à la guerre russo-ukrainienne, il confirme son avantage. Mais ce n’est que dans les derniers jours que le Fidesz approche la barre des 50% selon certains sondages.
– L’opposition n’a pas cessé de rester très haut dans les intention de votes, entre 43% et 47%, un écart qui laissait toutefois présager la victoire du Fidesz. Enfin, les derniers jours, quelques études ont évalué l’opposition plus près des 40%.

Les résultats

– Dimanche vers 20h30, les premiers résultats partiels paraissent sur les chaînes de télévision. D’emblée le Fidesz semble assuré d’un triomphe, d’autant que les résultats des métropoles, où l’opposition concentre ses forces, ne sont pas encore dépouillés. Mais la tendance ne s’inverse pas. En ce qui concerne les circonscriptions, c’est un raz-de-marée. Si Budapest est acquis à l’opposition – à l’exception de deux circonscriptions périphériques – toutes les circonscriptions du pays élisent un député Fidesz, à l’exception de deux circonscriptions urbaines au sud du pays.
– Le Fidesz non seulement renouvelle sa majorité constitutionnelle des deux tiers, mais la renforce de deux sièges, passant de 133 à 135 députés. Autre record, la liste Fidesz remporte 53% des suffrages, très loin devant l’opposition coalisée (35%).
– L’autre évènement de ce scrutin concerne le parti nationaliste Mi Hazank, qui passe la barre des 5% et envoie 7 députés au Parlement.

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Pourquoi la victoire d’Orban énerve le Système

Les Hongrois ont mal voté : des « démocrates », dépités, vont les accuser de faire le jeu de Vladimir Poutine, des populistes, de l’extrême droite, etc. En renouvelant pour la quatrième fois, hier soir à l’issue des législatives, le mandat de Viktor Orban (53% des suffrages, contre une coalition de six partis), les électeurs ont tourné le dos aux intimidations des européistes et de leur progressisme imposé. La réaction de rejet, ce lundi matin, du journaliste macronien Brice Couturier est révélatrice de la perdition du camp du Bien, quand ses gendarmes jugent insupportable la déviance populaire. Couturier écrit dans un tweet : « Poutine a gagné en Hongrie. Son ami, Viktor Orban remporte, une fois de plus, des élections plus ou moins libres. L’extrême droite hongroise rêve d’une dissolution de l’Ukraine, à la faveur de laquelle Budapest en récupérerait un morceau. L’UE doit sévir. » Revient en mémoire la réplique de Bertolt Brecht : « Puisque le peuple vote contre le Gouvernement, il faut dissoudre le peuple ». En l’occurrence, c’est contre le gouvernement de l’Union européenne, ses technocrates, ses juges et son « état de droit » que les Hongrois ont exprimé majoritairement leur défiance. En réélisant Orban, bête noire de l’UE immigrationniste, multiculturelle et soumise à la tyrannie des minorités, les électeurs avalisent la poursuite de la révolution conservatrice dont la Hongrie est devenue un des fers de lance. Au-delà de ce succès, se lit la défaite de l’idéologie post-nationale que promeut une Union doctrinaire coupée des peuples et des nations.

Cette résistance face à la machinerie du prêt-à-penser européen est révélatrice d’une exaspération plus générale. Elle se lit chez les Européens qui n’entendent pas se soumettre aux lubies de décideurs bruxellois qu’ils n’ont pas élu. Cet avertissement lancé au Système et à ses inféodés présage-t-il d’une même rupture, dimanche, lors du premier tour de la présidentielle française ? Une semblable aspiration à un conservatisme traverse l’opinion. Les mouvements antisystèmes représentent près de 50% de l‘électorat (si l’on y mêle Mélenchon Le Pen, Zemmour, Dupont-Aignan, Lassalle, etc.).

L’européisme macronien est une posture qui s’essouffle et ne produit plus d’idées. Samedi, lors de son unique meeting à grand spectacle, le président-candidat à réduit son programme à « quatre grandes causes » : l’égalité homme-femme, la protection de l’enfance, l’Education, la Santé. Ces choix ont sciemment fait l’impasse sur les questions identitaires et civilisationnelles qui motivent de plus en plus les électeurs inquiets de leur survie, en Hongrie comme en France et ailleurs. La stratégie rudimentaire d’Emmanuel Macron, qui consiste à dénoncer un « danger extrémiste » et une « extrême droite » derrière ceux qui abordent ces questions, est l’aveu de son désintérêt pour la vie des gens ordinaires. Les Français pourraient aussi mal voter, aux yeux de la macronie déphasée.

Ivan Rioufol

Texte daté du 30 mars 2022 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Viktor Orbán sur la guerre en Ukraine : apaisement avec la Russie et besoin d’une Europe-puissance

Orban Poutine

Dans ce conflit sanglant entre la Russie et l’Ukraine, la position de Viktor Orbán est intéressante. Constatant d’un côté que la Russie intervient à cause de l’OTAN, le Premier ministre hongrois soutient malgré tout le peuple ukrainien… tout en appelant à la paix et en refusant l’escalade contre la Russie. Une position qui montre que les implications de cette guerre sont loin des déclarations simplistes de certains responsables occidentaux.
Voici la traduction d’un article paru dans le Magyar Nemzet le 3 mars 2022 réalisée par le Visegrád Post.

« Le plus important, c’est que la Hongrie reste en-dehors de cette guerre. »

– Le plus important, c’est la vie et la sécurité des Hongrois, y compris de ceux de Subcarpatie [province la plus occidentale de l’Ukraine actuelle, nommée Transcarpatie par les peuples vivant à l’est des Carpates : Ukrainiens etc. – n.d.t.] – a affirmé mercredi, à propos de la guerre russo-ukrainienne, le Premier ministre Viktor Orbán, dans un message vidéo publié sur sa page Facebook. À l’issue d’un conseil de gouvernement, il a déclaré que « nous ne pouvons pas prendre de décisions, et ne prendront pas de décisions de nature à transformer en cible des agglomérations hongroises, ou la population hongroise – y compris celle de Subcarpatie, qu’elle soit ethniquement hongroise ou ukrainienne ».

Et d’ajouter : « Après l’évaluation de la situation à laquelle le gouvernement a procédé au septième jour de la guerre, le cabinet a confirmé que la Hongrie continuera à ne pas envoyer de soldats ou d’armes sur le territoire ukrainien. »

« Le plus important, c’est que la Hongrie reste en-dehors de cette guerre. »

Le Premier ministre a néanmoins fait valoir que l’Ukraine est notre amie, qu’elle est en difficulté, et que nous avons le devoir de porter assistance à ceux qui sont en difficulté. « Nous avons lancé l’une des plus vastes missions humanitaires de l’histoire de la Hongrie. Au titre de sa première phase, nous allons envoyer pour 600 millions de forints d’aliments, de matériel hygiénique et de produits de puériculture » – précise-t-il dans ce message vidéo.

L’avantage d’un gouvernement expérimenté

Dans l’interview exclusive qu’il a accordée à l’hebdomadaire Mandiner, Viktor Orbán affirme que la guerre en cours est déjà la troisième à se déchaîner dans notre voisinage sous des gouvernements qu’il dirige. Et d’énumérer : en 1999, le lendemain du jour de notre adhésion, l’OTAN est intervenue dans la guerre du Kosovo. En 2014, c’est la crise de la Crimée qu’il a eu à gérer – et maintenant, cette seconde guerre russo-ukrainienne. Il voit cette expérience gouvernementale comme un avantage – l’avantage de disposer du calme stratégique : peu parler, mais, quand on parle, s’exprimer alors avec précision et responsabilité. Dans de telles circonstances, on ne peut pas permettre que des préoccupations de campagne passent devant les intérêts de la nation, car le moindre geste déplacé peut provoquer des dommages. Pour lui, en situation de guerre, un mot est déjà la moitié d’un acte. « – L’opposition voudrait expédier des armes, qui serviraient ensuite à tirer sur des russes, ou même des soldats, qui iraient se battre contre les Russes. Cela montre bien qu’ils n’ont pas d’expérience, pas de méthode, et que le sens des responsabilités leur fait complètement défaut. Leurs déclarations irresponsables ne font que jeter de l’huile sur le feu, chose qui va à l’encontre des intérêts de la Hongrie. Plutôt que d’aventurisme, nous avons besoin d’une politique responsable, de sécurité et de stabilité » – affirme-t-il. Revenant sur son expérience, il explique que « s’il on dresse le bilan de nos gouvernements, on verra que, depuis 2010, on aura tout vu : une crise financière, l’écoulement de boue rouge du site d’Ajka, l’inondation, la guerre de Crimée, la crise des migrants, le coronavirus, et finalement la guerre russo-ukrainienne. « L’époque des crises, que nous vivons aujourd’hui, nous prive de la période de paisible création que nous aurions méritée, et malgré tout, nous avons, nous autres Hongrois, réussi à construire un système d’aide aux familles, et à redresser l’économie » – mais tout cela, d’après Viktor Orbán reste peu au regard de notre potentiel, étant donné que le gros de nos énergies est passé à compenser les conséquences des crises.

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Árpád Szakács sur les médias et le covidisme : « Partez à la recherche des voix crédibles, et évitez la presse mensongère ! »

Árpád Szakács

Le samedi 15 janvier 2022, à Budapest, près de 2000 personnes – des enseignants et ceux qui les soutiennent – ont manifesté pour prendre la défense des employés acculés à quitter leur métier ou à se voir suspendus sans salaire en raison de la vaccination obligatoire.

Lors de ce rassemblement exempt de politique (partisane et/ou idéologique), outre les enseignants eux-mêmes, ont aussi pris la parole : les médecins József Tamási et Alfréd Pócs, Maître András Schiffer, avocat et ancien député libéral d’opposition (2010-2016) et le journaliste et éditorialiste Árpád Szakács, qui anime le site Erdély.ma [signifiant « Transylvanie aujourd’hui », « ma » voulant dire « aujourd’hui » en hongrois, Árpád Szakács étant originaire de cette région inclue depuis un siècle dans l’État roumain].

Fidèle à ses habitudes, la presse mainstream hongroise a maintenu un silence de mort sur cette manifestation. Árpád Szakács a durant plusieurs années été l’un des piliers des médias favorables au gouvernement de Viktor Orbán en Hongrie, et est durant ces derniers mois devenu un critique de la politique Covid du gouvernement.

Breizh-info a traduit ici son discours :

Selon la définition officielle, on désigne par « liberté de la presse » le fait que les travailleurs de la presse puissent décider des contenus appelés à paraître dans les médias qu’ils produisent en fonction de leur conscience professionnelle, de leurs propres expériences et de leur opinion, sans subir d’influences externes, de menaces ni de contraintes légales.

Or l’un des plus importants des droits civiques est celui de pouvoir librement exprimer son opinion par voie de presse, sans contrôle préalable ni limitation de cette expression par les autorités.

De nos jours, tout cela prend un air de conte de fées ou de rêverie idéaliste, mais il n’y a pas si longtemps, l’une des questions les plus importantes de l’histoire des démocraties bourgeoises des XIXe et XXe siècles était justement celle de la définition de la liberté de presse et de la liberté d’opinion.

Dans l’évolution du droit constitutionnel, l’interprétation, la définition et la défense de ces concepts ont constitué des étapes essentielles, car telle était la ligne de crête séparant les régimes d’oppression dictatoriale des démocraties bourgeoises aussi connues sous le nom de pays libres.

Car un régime qui a peur de la liberté de parole et de la liberté de pensée est de toute évidence, sans l’ombre d’un doute, né dans le péché, et dissimule de toute évidence, sans l’ombre d’un doute, des horreurs dont la révélation menace son pouvoir d’un anéantissement certain dans le cas où la lumière serait faite. C’est pourquoi un tel régime, pareil à un criminel récidiviste de la pire espèce, commettra les pires larcins pour empêcher le côté sombre de son pouvoir d’apparaître au grand jour.

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La Hongrie d’Orban inspire le réveil des peuples, par Ivan Rioufol

L’ « orbanisation » des esprits est en marche. Diabolisé par les médias, le premier ministre hongrois Viktor Orban s’impose progressivement en défenseur écouté des frontières, des nations, des peuples souverains. La France qui se droitise (Le Figaro, ce mercredi) est perméable à ses discours contre l’immigration de masse, le multiculturalisme, la défense des racines chrétiennes ou l’intrusion du lobby LGBT au sein de l’école. Mardi, Marine Le Pen a été reçue en grandes pompes à Budapest par celui qui reste la bête noire d’Emmanuel Macron et d’une Union européenne impériale. « Je ne partage rien de ses valeurs », avait dit d’Orban le chef de l’Etat français, en avril 2018. « L’illilibéralisme n’est pas notre identité », avait-il persisté en décembre 2020. Macron avait même, en 2018, limogé l’ambassadeur de France en Hongrie, Eric Fournier, au motif que ce dernier avait récusé l’accusation en antisémitisme portée contre Orban et avait considéré ce pays comme un « modèle » dans « sa gestion des mouvements migratoires illégaux (mon blog du 2 juillet 2018).

En France, les médias anti-Orban alertent sur ses atteintes à la liberté de la presse ou à l’indépendance de la justice. Mais ces mêmes dénonciateurs ne disent jamais rien de la gauche française qui monopolise l’audiovisuel public, du gouvernement qui multiplie les lois pour mettre les réseaux sociaux sous surveillance, ou de la Justice qui reste sous la tutelle du pouvoir politique. Notre démocratie n’a rien d’exemplaire.

En réalité, Orban récolte les fruits de sa résistance face à une Union européenne arrogante et brutale, coupée des Etats-nations et de leurs lois. L’Europe de Visegrad (Hongrie, Pologne Tchéquie, Slovaquie), par l’attachement qu’elle porte à ses racines et à ses protections identitaires, attise l’intérêt de ceux qui, notamment en France, veulent accompagner le réveil des peuples oubliés.

Ce n’est pas un hasard si Eric Zemmour et Marion Maréchal ont été également reçus par Orban il y a un mois, dans le cadre moins officiel d’un colloque. Quand le Hongrois déclare à l’adresse de Bruxelles, en mars 2015 : « Nous avons renvoyé le sultan et ses janissaires, l’Empereur Habsbourg et ses soldats, les Soviets et leurs camarades (…) », il rappelle le profond attachement historique de son peuple à sa liberté et à son indépendance. Orban fait aussi comprendre que l’actuelle Union européenne pourrait bien connaître le sort funeste de l’Union soviétique si elle devait s’entêter à imposer des « valeurs » – ouverture à l’Autre, relativisme des cultures, soumission aux minorités, accommodements unilatéraux avec l’islam – décrétées par des juges européens sans légitimité démocratique. Dans le bras de fer que Bruxelles cherche à engager avec la Pologne ou la Hongrie rebelles, les apparatchiks européistes risquent d’accélérer la solidarité des nations renaissantes; la France en fait partie.

Ivan Rioufol

Texte daté du 11 octobre 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Propagande LGBT – Malgré les menaces de Clément Beaune, Viktor Orbán ne lâchera rien !

« Il y a une loi homophobe très grave qui a été votée en Hongrie à la mi-juin. Sur ce sujet, il peut, il doit y avoir des sanctions juridiques, voire financières » : c’est sur ces paroles que notre secrétaire d’État aux Affaires européennes, Clément Beaune, s’est envolé, mardi, pour rencontrer son homologue hongrois. Et, accessoirement, apporter son soutien aux associations LGBT hongroises. Sur place, Le Parisien rapporte le témoignage de cinq militants qui décrivent « des brimades homophobes croissantes depuis la loi ». Pas franchement de quoi se bousculer autour de Clément Beaune, cet habitué des voyages dans les pays anti-LGBT. En mars, déjà, c’était la Pologne (ces zones interdites aux LGBT, qui se sont révélées un fantasme) ; cette semaine, cap sur la Hongrie ! Belle occasion, pour le secrétaire d’État, de se payer un coup de projecteur médiatique alors qu’il ne fait que prendre le train « en marche » de la Commission européenne en guerre contre Viktor Orbán depuis 2015. Époque où la Hongrie est le premier pays à se rebeller en refusant les quotas de migrants imposés par Bruxelles.

Cette fois-ci, c’est un amendement de protection des mineurs adopté en juin par le Parlement hongrois en annexe à une loi renforçant les sanctions contre les pédocriminels qui ouvre les hostilités. Les Français, conscients de l’entrisme des associations LGBT à l’école agréées par l’Éducation nationale que vient couronner la dernière circulaire Blanquer, pourraient bien devenir jaloux…

Car en Hongrie, c’est un peu différent de chez nous : la quasi-totalité des députés (à une voix contre) ont décidé de soustraire les enfants à la propagande LGBT. Et ceci, en totale conformité avec la Constitution qui sacralise le mariage comme étant l’union exclusive d’un homme et d’une femme et fait obligation à l’État de « défendre l’auto-identité des enfants concernant leur genre à la naissance et assure leur éducation sur la base de valeurs chrétiennes ».

Une vision anthropologique aux antipodes de celle des dirigeants de l’Union européenne. Lors de la crise des migrants, en 2015, la Hongrie a tracé son chemin et refusé le remplacement de son peuple pour privilégier la relance de sa natalité et le soutien aux familles. En 2010, le pays affichait un taux de natalité catastrophique (1,2 enfant par femme). Dix ans après, les efforts commencent à payer : le nombre de mariages a augmenté de 45 % et le taux de natalité est passé à 1,55.

La Hongrie n’est pas isolée. S’unir pour résister et construire : c’était le but de ce 4e Sommet démographique mondial organisé à Budapest, fin septembre. Avec la participation de responsables politique polonais, tchèques, slovènes, et aussi Mike Pence, l’ancien vice-président de Donald Trump pour les États-Unis, Marion Maréchal et Éric Zemmour pour la France.

Le combat est rude. La Pologne ne le sait que trop. La Hongrie sous la menace exorbitante de ne pas avoir droit aux 7 milliards que doit lui verser la Commission européenne. Mais Viktor Orbán est taillé pour résister. Il fera entendre la voix de son peuple en organisant un référendum en février 2022 sur le sujet de la protection des mineurs. Comme il l’avait déjà fait en 2016 sur le sujet de l’accueil des migrants. Une force pour pouvoir clamer à la face de toute l’Europe : « Nos mesures sont en harmonie avec la volonté des Hongrois. »

Il fut un temps où l’Union européenne s’occupait du calibrage des cages à poules pondeuses, du bisphénol dans les biberons et des jouets pour les porcelets. Une époque révolue : nous avons accouché d’un monstre. Mais les pays de l’ancien bloc communiste ont une avance sur nous. Comme le disait Viktor Orbán au sommet en question : « Nous connaissons la nature des réflexions marxistes, nous sommes vaccinés contre le virus woke. Notre histoire nous défend de la gauche culturelle. » À la tribune, il affichait une détermination sans faille : « Nous allons continuer la lutte contre Bruxelles : on sait exactement ce qu’on a à faire ! »

Courage, la Hongrie !

Sabine de Villeroché

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Cran d’arrêt – Orbán contre la menace afghane

hongrie orban immigration

Les politiciens français ont au moins une qualité, c’est celle de la constance. Constance dans l’aveuglement, l’erreur et le déni, malheureusement. En effet, face à la crise afghane et aux nouveaux flux migratoires qu’elle va engendrer, on assiste aujourd’hui à un véritable concours d’appels à l’accueil inconditionnel de nouveaux migrants alors même que le pays subit au quotidien les conséquences désastreuses de cette politique irresponsable de charité dévoyée.

Ainsi, le maire de Lille, Martine Aubry, appelle les villes de France à accueillir des Afghans, « chacun devant prendre sa part » selon elle. Indiquant avoir déjà reçu 620 dossiers transmis par des Afghans, elle affirme que sa ville est prête à accueillir entre 100 et 120 d’entre eux. L’ancien ministre socialiste dénonce par ailleurs l’imprévoyance de la communauté internationale et évoque un « grave problème moral ».

Pour tenter de régler celui-ci et faire face à l’afflux de migrants, Martine Aubry conseille également « à chaque ville de donner une maison pour une grande famille ». Donner, rien de moins… Les nombreux Français mal logés ou en situation de précarité apprécieront sans doute à sa juste valeur cette noble générosité. D’autant que l’édile a cru bon d’ajouter : « Qu’est-ce que ça coûte d’accompagner une grande famille pendant un an, deux ans, le temps qu’ils apprennent le français et qu’ils se réintègrent ? » En effet, ça ne coûte rien, c’est de l’argent public, comme aurait pu dire un autre brillant gestionnaire, en l’occurrence François Hollande. Et, au-delà du coût, en quoi serait-ce légitime dans un pays frappé par le chômage de masse et la paupérisation ?

De son côté, Marlène Schiappa, ministre chargé de la Citoyenneté, a écrit à une vingtaine d’élus qui avaient proposé d’accueillir des réfugiés afghans pour leur demander de mettre leurs actes en conformité avec leurs belles déclarations d’intention afin « d’offrir aux réfugiés un cadre d’accueil humain et digne, sur l’ensemble de nos territoires, conformément à notre politique d’asile ».

« Sur l’ensemble de nos territoires », personne ne devant échapper à ce nouvel enrichissement culturel.

Pour entendre une voix divergente, prenant à contre-pied cet angélisme xénophile, il faut encore une fois se tourner vers l’étranger et notamment la Hongrie, dont le Premier ministre, Viktor Orbán, répondant aux injonctions à l’accueil lancées par les dirigeants de l’Union européenne, a déclaré :

« Je pense qu’il n’est pas possible de combler les différences d’opinion au sein de l’UE, donc le seul moyen est de rendre aux nations leurs droits sur cette question de la migration. Ceux qui affluent sont tous musulmans et modifient la composition de notre continent. C’est un défi pour notre héritage chrétien. »

Des propos forts et courageux, hélas bien trop rares, qui ont le grand mérite de dépasser le stade purement émotionnel dans lequel se vautre la majorité du personnel politique européen pour poser les véritables problématiques et enjeux de la question migratoire. Puissent-ils être largement entendus. Il y va de l’avenir de notre civilisation.

p class= »relecture » style= »text-align: right; »>Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 2 septembre 2021

Le nouveau rideau de fer – Une résolution contre la Hongrie, par Olivier Bault

rideau fer Hongrie

« Cette pensée me revient depuis que j’assiste avec étonnement aux attaques […] contre notre paquet de lois sur la protection de l’enfance. De plus en plus, je constate que les chemins de l’Europe occidentale et de l’Europe centrale se séparent à nouveau en termes de culture et de valeurs, mais maintenant, nous sommes enfin du bon côté. » Ces mots sont de l’éditorialiste hongrois Tamás Fricz qui les écrivaient lundi dans le quotidien conservateur Magyar Nemzet. Son éditorial est intitulé « Un rideau de fer culturel et des valeurs est descendu à travers l’Europe ». Le Hongrois y fait référence au célèbre discours de Winston Churchill de 1946, qu’il paraphrase.

Comme pour lui donner raison, le Parlement européen, dans sa résolution adoptée jeudi et intitulée « Résolution sur les violations du droit de l’UE et des droits des citoyens LGBTIQ en Hongrie par suite de l’adoption de modifications de la législation au Parlement hongrois », pointe du doigt un certain nombre d’anciens pays de l’Est.

La loi hongroise accentuant les peines pour les crimes de pédophilie et interdisant la promotion auprès des mineurs de l’homosexualité et des pratiques de changement de sexe entrait justement en vigueur jeudi, en dépit des menaces de sanctions fusant de toutes parts : de la Commission européenne qui a promis d’utiliser tous les instruments à sa disposition pour forcer la Hongrie à changer une loi relevant pourtant des compétences nationales, du Parlement européen qui exige donc des sanctions financières immédiates et de 18 chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE, dont Emmanuel Macron, qui ont signé une lettre appelant au respect des personnes homosexuelles faisant l’objet de discriminations. La Hongrie n’y est pas nommée, mais la lettre a été signée et publiée immédiatement après le vote de la loi hongroise.

En ce qui concerne cette résolution du Parlement européen, précisons que 147 députés ont quand même voté contre, mais il s’agissait bien sûr principalement des groupes conservateurs et souverainistes, c’est-à-dire les groupes Conservateurs et Réformistes européens ainsi qu’Identité et Démocratie, dont les députés RN qui ont tous voté contre la résolution. Les Républicains, membres du Parti populaire européen (PPE), se sont coupés en deux avec une moitié qui a voté pour et l’autre moitié, constituée de François-Xavier Bellamy, Brice Hortefeux, Nadine Morano et Arnaud Danjean, qui s’est abstenue, comme la presque totalité de leurs collègues espagnols du PP. Les autres abstentions ou votes contre au PPE étaient principalement le fait de députés d’anciens pays de l’Est.

Et alors que les députés de son parti ANO votaient en faveur des sanctions contre la Hongrie avec le groupe Renew, rassemblant les centristes libéraux-libertaires tels les LREM français, le Premier ministre tchèque Andrej Babis a déclaré qu’il ne voyait pas pourquoi il signerait la lettre des 18 pays de l’UE pour demander des sanctions contre la Hongrie alors que la loi hongroise a pour unique but de protéger les mineurs, qu’elle ne discrimine pas les personnes LGBT et qu’il s’agit de toute façon d’une affaire interne hongroise. Babis n’a pourtant rien d’un conservateur, et son attitude illustre parfaitement ce rideau de fer qui coupe à nouveau l’Europe en deux. Sauf que cette fois, nous sommes, nous, Français, du côté des régimes totalitaires, même s’il s’agit encore d’un totalitarisme mou… en voie de durcissement.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 9 juillet 2021

En Hongrie, la loi contre la “promotion” de l’homosexualité auprès des mineurs [vidéo]

07/07/2021 – EUROPE (NOVOpress)
Adoptée par le parlement hongrois le 15 juin, la loi interdisant la “promotion” de l’homosexualité auprès des mineurs entre en vigueur mercredi.

Un texte de loi qui représente une « honte » et « va à l’encontre de toutes les valeurs fondamentales de l’UE ». Le 23 juin, depuis Bruxelles, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, n’a pas mâché ses mots pour dénoncer la loi hongroise interdisant la « promotion » de l’homosexualité auprès des mineurs. La Hongrie n’a « plus rien à faire dans l’Union européenne » déclarait pour sa part le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, fustigeant un texte discriminatoire visant la communauté LGBT.

Accusé d’homophobie par les dirigeant européens, Viktor Orban reste sur sa ligne. “Il ne s’agit pas d’une loi sur l’homosexualité mais d’une loi sur la manière d’éduquer les enfants sur les questions de sexualité. (…) Il revient aux parents d’en décider. C’est une loi pour protéger les enfants et les parents”, insistait-il au sommet de Bruxelles, le 24 juin.


Viktor Orbán : « Nous ne pouvons pas accepter que d’autres pays membres de l’UE nous disent comment nous devons élever les enfants hongrois. Il faut mettre un terme à ce diktat »

La Hongrie interdit la propagande LGBT à destination des mineurs

propagande LGBT

« Interdire de “promouvoir” l’homosexualité, comme si c’était une maladie, une menace, une idéologie… C’est dans l’UE aujourd’hui. Cette stigmatisation est une discrimination contraire aux valeurs qui nous lient, inscrites dans nos traités. » Voilà ce qu’écrivait à propos de la Hongrie le 15 juin, sur son compte Twitter officiel, Clément Beaune, le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes du gouvernement Castex qui, en décembre dernier dans un entretien pour Têtu, avait dévoilé son homosexualité en annonçant son intention de s’engager dans la bataille pour les « droits LGBT » au niveau européen.

Je lui ai demandé le 16 juin, toujours sur Twitter : « L’homosexualité et sa promotion auprès des mineurs sont une valeur inscrite dans les traités européens ? Pouvez-vous nous dire à quel paragraphe, @Cbeaune ? » J’attends toujours sa réponse. D’autres journalistes, tel Patrick Edery du site Tysol.fr, lui ont posé la même question, mais, du côté de notre diffuseur gouvernemental patenté de « fake news », c’est silence radio.

Ce que critiquait de cette manière le secrétaire d’Etat français, en le faisant au nom de la France puisqu’il utilise son compte officiel, c’est la loi votée cette semaine au parlement hongrois pour lutter contre la pédophilie et pour protéger les enfants tout en préservant les droits des parents à décider de leur éducation. La promotion des modes de vie LGBT et des pratiques de « changement de sexe » sera désormais interdite dans les écoles hongroises et sur les supports à destination des mineurs, et les ONG qui voudront informer les mineurs sur ces sujets devront avoir fait l’objet d’un enregistrement préalable auprès des autorités.

En décembre, l’Assemblée nationale hongroise adoptait déjà un amendement à sa constitution pour protéger le droit des enfants à être identifiés à leur sexe biologique. Autrement dit, il n’est pas possible en Hongrie d’identifier un mineur sur ses papiers ou à l’état civil autrement que par son véritable sexe.

« Lorsqu’il s’agit de protéger nos enfants, il n’y a aucun doute : Nous avons une tolérance zéro pour les pédophiles et nous insistons également sur le fait que l’éducation des enfants en matière d’orientation sexuelle doit être protégée en tant que droit exclusif des parents », écrivait le 16 juin Zoltán Kovács, le porte-parole à l’international du gouvernement hongrois, en réponse aux critiques fusant des capitales européennes.

« Cette loi est contraire à tout ce que nous considérons comme nos valeurs européennes communes », avait ainsi assuré le ministre allemand des Affaires européennes, Michael Roth (SPD), qui est lui-même « marié » à un autre homme.

Face aux menaces de sanctions financières exprimées notamment par Helena Dalli, commissaire européenne à l’Egalité et travailliste maltaise connue pour son combat en faveur des revendications du lobby LGBT et de l’imposition de l’idéologie du genre, y compris dans son propre pays, le premier ministre hongrois Viktor Orbán a sagement fait remarquer dans un entretien publié le 18 juin par l’hebdomadaire croate Glas Koncila : « Nous payons un prix élevé pour la défense du modèle familial chrétien et pour le fait qu’ici, il n’y a pas de place pour la folie LGBT […]. Si nous ne payions pas ce prix et ne défendions pas nos intérêts, nous aurions peut-être une vie plus confortable, mais au final nous perdrions beaucoup plus. »

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 18 juin 2021

Grand remplacement en Europe : la Hongrie à l’avant-poste de la résistance

Orban Poutine

Polémia continue son tour d’Europe du Grand Remplacement. Après avoir étudié l’emblématique cas de la Suède puis l’inquiétante submersion démographique de la Belgique, l’espoir d’une réaction politique au Danemark, le désastre multiculturel britannique, le suicide de l’Allemagne, les tentatives de résistances de l’Autriche, l’espoir naissant en Italie, la spirale infernale en Espagne, l’islamisation galopante des Pays-Bas, le bon élève portugais, la lente chute de la Suisse, la crise migratoire en Grèce et la situation catastrophique de la France… Paul Tormenen s’intéresse à la Hongrie, pays qui envoie un signal d’espoir à tous les défenseurs de leur identité en Europe.

Un pays européen peut-il maîtriser les flux migratoires au lieu de les subir ? Jusqu’où peut-il aller pour affirmer sa souveraineté en la matière dans le cadre de l’Union européenne ? Ces questions importantes méritent d’être posées, car des réponses qui y sont apportées dépend le sort des pays européens soumis au droit communautaire. L’exemple de la Hongrie montre à la fois la détermination de ses dirigeants à rester maîtres chez eux et la difficulté à faire reconnaître une véritable autodétermination en la matière au sein de l’Union européenne.

La Hongrie, au cours de son histoire, a subi le joug de différentes puissances étrangères. Parmi celles-ci, l’Empire ottoman puis l’Union soviétique sont encore dans les mémoires. Depuis que ce pays a recouvré son indépendance, son gouvernement refuse de se faire dicter sa politique migratoire par une puissance étrangère, fût-elle une organisation bureaucratique comme l’est l’Union européenne. Ces dernières années, les Hongrois ont dû lutter pied à pied pour ne pas subir la submersion migratoire à laquelle la situation géographique du pays les prédisposait.

Des flux migratoires plus que modérés

Les récentes déclarations de l’ambassadeur de Hongrie à Paris résument la position du gouvernement hongrois vis-à-vis de l’immigration subie : « Les flux migratoires ne doivent pas être gérés, ils doivent être arrêtés » (1).

Cette volonté de ne pas subir une invasion migratoire se traduit dans les chiffres : la Hongrie n’accepte qu’une immigration extrêmement modérée et essentiellement européenne.
Durant la dernière décennie, les entrées annuelles d’étrangers ont oscillé entre 23 000 en 2010 et 55 000 en 2019.
Les Européens constituent le plus gros contingent des nouveaux arrivés : ils étaient 37 000 en 2019.
En retranchant les sorties, le solde migratoire net du pays est dérisoire. Il s’élevait à 27 200 en 2019.
Le nombre d’immigrés originaires d’Afrique arrivant en Hongrie est très faible : alors qu’il était de 500 en 2010, il est à peine plus important en 2019, 1 400 (2).

Les Hongrois sont de plus en plus nombreux à émigrer à l’étranger. Ce phénomène, assez difficile à quantifier compte tenu de la libre circulation dans l’Union européenne, concernerait plusieurs dizaines de milliers de Hongrois par an, ce qui, avec la faible natalité que connaît la Hongrie, a eu un impact négatif sur l’évolution de la population (3).

La Hongrie connaît également des flux en sens inverse : elle apparaît comme un refuge pour des citoyens européens qui ne supportent plus la transformation accélérée de leur pays, comme en témoigne l’installation d’une communauté d’expatriés venus d’Allemagne, de France, de Belgique, etc.

Le dispositif de l’asile en Hongrie n’est pas, comme en France, une nouvelle voie d’immigration clandestine : le gouvernement n’accorde qu’au compte-gouttes le statut de réfugié et il ne laisse pas les déboutés s’installer sur le territoire national.
La Hongrie a connu une très forte poussée du nombre des demandeurs d’asile au milieu des années 2010, qui a culminé avec l’annonce inconsidérée par la chancelière Merkel de l’ouverture des frontières allemandes en 2015. Entre 2014 et 2016, pas moins de 249 000 personnes ont fait une demande d’asile dans le pays. Mais cela n’a pas poussé les autorités à être plus permissives : seules 540 personnes se sont vu reconnaître le statut de réfugié dans la période (4). Les migrants ont donc pour beaucoup continué leur chemin vers d’autres pays européens beaucoup plus laxistes en la matière.

En 2019, alors que le pays recensait 500 demandes d’asile, 22 personnes ont été admises au statut de réfugié et 31 à la protection subsidiaire.

Tant en matière d’asile que d’immigration au sens large, on est donc loin des chiffres stratosphériques de la France, un pays dont le gouvernement ne cherche ni à réguler les flux délirants qui y arrivent, ni à garder sa cohésion sociale.

La population étrangère en Hongrie

La Hongrie a une population de 9,7 millions d’habitants, un chiffre en baisse légère mais constante depuis plusieurs années (5). Les habitants du pays sont très majoritairement d’origine magyare. Le pays compte plusieurs minorités ethniques dont les Roms sont les plus nombreux.
La population étrangère représente 2 % de la population totale, soit 199 000 habitants en 2020. Ce nombre a faiblement progressé depuis 2008, alors qu’il atteignait 174 000.
Parmi les résidents étrangers, les Européens sont très majoritaires (131 000). Les Chinois forment la communauté extra-européenne la plus importante, avec près de 19 000 personnes (6).

Le gouvernement est de plus en plus restrictif en matière d’acquisition de la nationalité. En 2019, seules 3 200 étrangers sont devenus Hongrois par décision administrative.

Face à la baisse du nombre des naissances que connaît le pays depuis quelques années, le gouvernement hongrois mène surtout depuis 2016 une politique nataliste très volontariste. Le Premier ministre Viktor Orbán résumait en février 2019 la politique en la matière :

« Il y a de moins en moins d’enfants nés en Europe. Pour l’Occident, la réponse (à ce problème) est l’immigration. Pour chaque enfant manquant, il devrait en arriver un et ainsi les chiffres seront bien […]. Mais nous n’avons pas besoin de chiffres. Nous avons besoin d’enfants hongrois »

(7).

Les mesures pour créer un environnement favorable à la vie de famille ont déjà un impact sur le nombre de mariages et de naissances dans le pays (8). En refusant de compenser la baisse de la population par l’immigration, le gouvernement hongrois entend préserver la cohésion sociale et l’identité culturelle du pays. Cette préoccupation est largement partagée dans la population, pour laquelle la situation dans certains pays d’Europe de l’Ouest, traversés par le terrorisme, l’islamisme, la délinquance et les revendications incessantes des minorités, agit contre un contre-exemple à ne pas suivre.

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