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Emmanuel Macron veut criminaliser l’Histoire de France, par Gabriel Robin

Emmanuel Macron chercherait-il une issue de secours en cas de défaite à la prochaine élection présidentielle ? En déplacement en Algérie, le candidat du mouvement En Marche ! s’est lancé dans une opération de racolage électoral aussi inconsistante que lamentable, qui pourrait le conduire plus facilement à la présidence algérienne qu’à la présidence française. À propos de l’épisode de la colonisation de l’Algérie par la France, il a ainsi déclaré :

« J’ai toujours condamné la colonisation comme un acte de barbarie. La colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime contre l’humanité. »

Plus à une contradiction près, l’homme qui revendique un positionnement « mi-moite mi-gauche » sur l’échiquier politique, a sciemment oublié qu’il avait tenu des propos moins tranchés en novembre dernier, dans un entretien accordé au journal Le Point. L’héritier autoproclamé de Jeanne d’Arc estimait, alors, que la colonisation de l’Algérie avait apporté un peu plus que des éléments de barbarie, offrant aux Algériens « l’émergence d’un État, de richesses, de classes moyennes ». L’hologramme de François Hollande n’a pas la hauteur de vue pour diriger la France. Il vient de le prouver.

Je ne me lancerai pas dans un examen historique précis de la période coloniale, débat que je laisse aux universitaires qui étudient cette matière, mais il est, à l’évidence, scandaleux qu’un candidat à l’élection présidentielle puisse se permettre de professer des jugements anachroniques sur sa propre nation depuis un pays étranger. Criminaliser l’Histoire est le propre des régimes totalitaires.

Le petit Emmanuel Macron se rend-il compte du poids de la responsabilité qu’il fait peser sur les Français en agissant de la sorte ? Historiquement, la colonisation de l’Algérie résultait de la conjonction de plusieurs éléments : la prise de conscience du déclin relatif de l’ère musulmane, notamment de l’Empire ottoman, qui occupait alors ce qu’on appelle aujourd’hui l’Algérie, consécutive à la campagne d’Égypte ; la volonté d’en finir avec les barbaresques et la piraterie dans le bassin méditerranéen ; et, enfin, plus crucial, l’écart technologique qui s’était creusé entre les deux rives, concomitamment au développement des idéaux universalistes, chrétiens et issus des Lumières, dont se réclame Emmanuel Macron. C’est une constante historique : dès qu’un bloc civilisationnel prend une avance considérable, il est tenté de conquérir ses voisins. Cela vaut pour toutes les époques et pour toutes les civilisations.

Contrairement à ce qui est communément avancé, la colonisation n’a pas enrichi la France. En 1959, l’Algérie consommait 20 % du budget de l’État français. À l’identique des autres colonies, l’Algérie a coûté beaucoup d’argent aux contribuables français. Dans le même temps, sa population s’accroissait de manière exponentielle, conséquence de l’apparition de la médecine moderne qui réduisit considérablement la mortalité infantile… Je passe les détails, mais bien des mythes seraient déconstruits si on se donnait la peine d’examiner objectivement les faits plutôt que de croire sur parole les mensonges des serpents à sornettes médiatiques.

Maintenant, une petite devinette : pourquoi tant d’Algériens ont-ils cherché à s’installer dans une nation criminelle après avoir obtenu leur indépendance ? Un phénomène qu’Emmanuel Macron entend favoriser en garantissant, une fois au pouvoir, une plus grande « mobilité entre la France et l’Algérie ». Ses déclarations encourageront les Algériens à réclamer toujours plus de repentance de la part de la France et des Français.

Gabriel Robin

Source : Boulevard Voltaire – « Emmanuel Macron veut criminaliser l’Histoire de France »


Emmanuel Macron : “La colonisation est un crime… par lepointabonnes

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Jean Sévillia : « Les Français sentent qu’on les a coupés de leurs racines »

Journaliste, essayiste, historien, Jean Sévillia est aujourd’hui chroniqueur au Figaro Magazine et membre du conseil scientifique du Figaro Histoire. Les éditions Perrin viennent de rassembler en un volume intitulé Ecrits historiques de combat ses trois principaux essais, revus, actualisés et enrichis d’une préface inédite : Historiquement correct (2003), Moralement correct (2007) et Le Terrorisme intellectuel (2000). Il a accordé un entretien au quotidien Présent daté du 7 décembre 2016 dont nous extrayons ce passage.

jean-sevillia-livre— Seize ans après la parution de votre essai Le Terrorisme intellectuel, où en est la bataille des idées ? Les « réacs » sont-ils en train de remporter le combat culturel ?

Pour s’en tenir aux livres, qui sont un indicateur assez parlant, le nombre d’ouvrages qui sont ouvertement orientés à droite est considérable par rapport à ce qu’il en était il y a dix ou quinze ans. Regardez à la dernière rentrée, les librairies proposaient parmi les nouveautés des titres d’Eric Zemmour, Philippe de Villiers, Patrick Buisson, etc. Regardez l’audience des « néoréacs », d’Alain Finkielkraut à Michel Onfray. Mais de là à dire que la droite a gagné le combat culturel…

L’enseignement, le monde médiatique et le monde culturel en général restent des bastions de gauche, et des bastions extrêmement influents. Des millions de Français, malheureusement, ont l’esprit formaté par cette pensée unique, même si ceux qui s’en libèrent sont de plus en plus nombreux, comme on l’a vu à la primaire de la droite où la victoire de François Fillon, quoi qu’on pense de celui-ci, traduit une vague conservatrice.

– Records d’affluence au Puy du Fou ou d’audimat pour les émissions historiques (Secrets d’Histoire, par exemple). On sent un véritable engouement chez les Français. Comment expliquez-vous ce phénomène ?

— L’enseignement de l’histoire est un désastre : on a cassé la chronologie, et on a privilégié des modules thématiques qui ne font qu’introduire de la confusion dans l’esprit des élèves tout en faisant l’impasse sur des pans entiers de notre passé. Mais, paradoxalement, ce naufrage de l’histoire officielle cohabite avec un profond désir d’histoire. Ce réflexe est assez logique : les Français sentent qu’on les a coupés de leurs racines mais cette rupture, précisément, les pousse à redécouvrir leurs racines. Ajoutons que, dans une société où tout change et tout bouge, le passé fournit des repères, des repères qui manquent à une époque saisie par le « bougisme », selon le mot de Pierre-André Taguieff.

Eric Zemmour rend hommage à Alain Decaux

30/03/2016 – PARIS (NOVOpress) : Hier matin sur RTL, Eric Zemmour a rendu hommage à l’historien Alain Decaux, décédé dimanche à l’âge de 90 ans. « Il fut l’un des humbles artisans de cette histoire de France qui fabriquait des Français avec beaucoup plus d’efficacité que toutes les incantations contemporaines d’un prétendu “vivre ensemble“ bâti sur du sable puisqu’il n’a pas d’histoire commune mais au contraire des histoires différentes et même conflictuelles. »

« À la confluence de deux traditions séculaires, dit encore Eric Zemmour, il était de ces historiens qui se voulaient cousins des écrivains. » « Il est de cette génération qui a utilisé la télévision pour jouer aux instituteurs de tout un peuple. Les Français en raffolaient. Ils apprenaient et se divertissaient. Ils en redemandaient. Ils avaient tort. Ils faisaient mal. On le leur fit savoir. »

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1214, la naissance de l'unité nationale

1214, la naissance de l’unité nationale, par Philippe Conrad

Éditorial de la Nouvelle Revue d’Histoire n°73 (juillet-août 2014) – Il y a huit siècles, l’année 2014 voit la naissance, le 25 avril, du futur Saint Louis, puis la victoire, remportée le 27 juillet à Bouvines, par son grand-père Philippe Auguste, à l’aube d’un siècle qui verra l’apogée de note « Moyen Âge ». Engagée un dimanche – malgré les interdits de l’époque – la bataille livrée à Otton IV de Brunswick Ferrand de Flandre et Renaud de Dammartin se conclut sur une victoire sans appel du souverain capétien, un succès qui fait écho à celui remporté contre Jean sans Terre à La Roche aux Moines par le prince Louis.

L’empereur germanique en déroute, les comtes félons faits prisonniers, le retour triomphal à Paris font de cette journée l’un des épisodes fondateurs de la puissance française, perçu ultérieurement comme la manifestation d’une élection propre au royaume des lys. Les chroniqueurs exaltent les prouesses du roi, qui fut un moment sur le point de succomber sous les coups de l’ennemi. Une épopée, La Philippide, inspirée du modèle virgilien, raconte ses exploits.

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L’Histoire de France arrangée à la sauce électorale PS

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