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Profession de foi Marine Le Pen 1

Haro sur Marine Le Pen !, par Guy Rouvrais

Il paraît donc que pour Marine Le Pen, c’est la chute finale, entraînant avec elle, à terme, celle du Front national ! C’est là une curieuse musique qui va crescendo depuis les élections de mai-juin. Le Parisien, dimanche, en faisant même sa une, ce qui prouve, au moins, que la présidente du Front est toujours « vendeuse »… Ses électeurs, dont la feuille de LVMH – leader mondial du luxe – espère qu’ils seront des lecteurs, seraient frappés de « désamour » à son égard au point, assure le journal, qu’elle « a perdu le droit de parler » en leur nom. Bigre ! Et cela, d’abord et surtout, à cause d’un débat raté entre les deux tours, comme si l’avenir d’un leader se jouait pour toujours sur trois heures de joute oratoire ! C’est aussi excessif qu’injuste.

Le même jour, le concurrent de cet organe vespéral, Le Journal du dimanche, suggérait, pour François Hollande, que « son avenir politique n’est pas totalement derrière lui » ! Rappelons qu’il a été incapable de défendre son bilan devant les Français qui l’avaient élu et qu’il a dû renoncer piteusement à se représenter… Mais c’est Marine Le Pen qui a rassemblé près de onze millions d’électeurs sur son nom dont la carrière serait dans l’impasse. Cherchez l’erreur…

C’est entendu, rien ne vaut la victoire, et une défaite, même honorable, reste un échec et la première déçue, c’est l’intéressée elle-même, à l’unisson de ceux dont elle portait les espoirs. Qu’il faille en cerner les raisons, analyser les erreurs, entendre ce qu’ont à dire électeurs, militants et cadres, c’est ce que va faire la présidente du FN dans les semaines qui viennent en sollicitant « l’intelligence collective, l’écoute mutuelle et à la fraternité militante », a-t-elle dit dans son discours de rentrée à Brachay.

Ceux qui voient Marine Le Pen sur le déclin et prédisent la dégringolade du Front national prennent leurs désirs pour des réalités ! Ce sont des récidivistes ! Depuis la création du FN on ne compte plus le nombre de fois où on a annoncé sa fin ! C’était soit, déjà, à la suite d’un échec électoral, ou d’une dissidence, d’une crise dont politologues et journalistes affirmaient au nom de leur expertise infaillible qu’il ne s’en remettrait pas. Ou alors, souvenez-vous, c’était après une petite phrase malheureuse d’un dirigeant à partir de laquelle les mêmes expliquaient que le Front « met bas le masque » et révèle son « vrai visage », dessillant ainsi les yeux de ses électeurs qui allaient enfin apercevoir l’ombre d’Adolf derrière Jean-Marie et l’abandonner à jamais. On sait ce qu’il est advenu de ces sombres prophéties, le Front national sous Jean-Marie Le Pen comme sous la présidence de sa fille, n’a cessé de progresser, jusqu’à battre tous ses records lors de la dernière élection présidentielle.

Il en est ainsi dans la vie politique, les partis et leurs leaders connaissent des hauts et des bas, des victoires et des défaites, des crises et des moments de grâce. L’important, ce ne sont pas ces inévitables péripéties, mais la tendance de fond, et celle de Marine Le Pen et du FN sont ascendantes. Fort heureusement, l’avenir n’appartient pas aux augures journalistiques mais aux Français, laissons les uns parler et attachons-nous à mobiliser les autres pour le salut du pays.

Guy Rouvrais

Article paru dans Présent daté du 19 septembre 2017

Simone Veil panthéonisée – par Guy Rouvrais

Nous ne sommes pas de ceux qui piétinent le cadavre de l’adversaire politique et nous n’allons pas davantage cracher sur leur tombe, ce qui, hélas, n’est pas toujours le cas de nos ennemis. Simone Veil n’est plus du monde des vivants ni de nos terrestres combats. Mais nous ne joindrons pas nos pleurs au torrent qui se déverse dans tous les médias et tous les partis depuis l’annonce de son décès, les politiques rivalisant dans les dithyrambes et l’émulation lacrymale. Economes de nos larmes, nous les réservons aux victimes, aux enfants qui n’ont pas vu le jour, broyés, massacrés, aspirés avant d’avoir pu contempler un visage humain et qui ne sauront jamais ce que c’est d’être bercé par la douceur d’une mère, mais, heureusement, ils connaissent à jamais la tendresse de Dieu à défaut de celles des hommes.

Trop, c’est trop ! Songez que, vendredi, sur France 2, de 14 heures à 23 heures, tous les programmes ont été consacrés à l’ancien ministre de la Santé, films, téléfilms, documentaires, interviews, etc. Que ceux qui l’ont soutenue et aimée saluent avec respect sa mémoire, il n’y a rien que de très normal, mais de là à organiser son culte jusqu’à cette canonisation laïque qu’est son entrée au Panthéon, il y a plus qu’une marge, un gouffre d’obséquiosité. Nous, nous ferons pour elle ce à quoi les autres ne songent pas et qui, pourtant, lui est le plus nécessaire depuis qu’elle a basculé du temps à l’éternité : la confier à la justice et la miséricorde de Dieu par l’intercession des saints innocents, ceux du temps d’Hérode, mais aussi d’aujourd’hui et d’hier qui, eux seuls, ont le droit de demander le pardon pour leurs bourreaux et ceux dont la loi a armé la main.

Nous n’accablerons pas post mortem celle qui n’est plus mais nous ne renierons rien pour autant de notre juste combat contre la loi qu’elle porta et dont nous voyons depuis les funestes conséquences s’amplifier. Les « verrous » de cette loi ont disparu : sa limitation exclusive aux « cas de détresse », l’entretien dissuasif, le délai de réflexion, et cela accompagné du remboursement par la Sécurité sociale, de l’allongement du délai pour avorter, de l’instauration du délit d’entrave à l’avortement, y compris, récemment, « numérique ». Ce que les adversaires de la loi Veil avaient prédit : dès que l’on s’affranchit du respect inconditionnel de la vie commençante, il n’y a plus aucune norme objective pour restreindre le champ de l’avortement. Le droit à la vie, dont la loi de 1975 était une dérogation exceptionnelle et temporaire, est devenu le droit d’avorter.

Attribuer la responsabilité de cette loi à Simone Veil – pour s’en féliciter ou le déplorer – fait bon marché de ceux qui étaient au-dessus d’elle et qui l’ont voulue, à savoir Giscard et Chirac, ce dernier, dit-on, a laissé faire le premier. C’est le chef de l’Etat, d’abord, qui a décidé les lois « sociétales » : abaissement de la majorité à 18 ans, divorce par consentement mutuel, libéralisation de la pornographie, c’est dans ce mouvement que se situe la législation sur l’avortement dont Mme Veil fut l’exécutante efficace. Les coresponsables sont encore de ce monde, il n’est pas trop tard pour eux d’exprimer leurs regrets ici-bas avant d’en rendre compte là-haut.

Guy Rouvrais

Article publié dans le quotidien Présent daté du 13 juin 2017